Succès Masra, opposant tchadien détenu : l’appel urgent de sa sœur pour sa libération

L’opposant tchadien Succès Masra, toujours emprisonné sans preuve, réclame une prise en charge médicale urgente

Depuis un an, l’opposant politique Succès Masra croupit derrière les barreaux au Tchad. Condamné à vingt ans de prison ferme en août 2025 pour un prétendu rôle dans des violences intercommunautaires, il clame son innocence. Sa sœur, Chancelle Masra, installée en France, alerte sur son état de santé et son enfermement dans des conditions indignes. Elle dénonce une injustice flagrante et exige sa libération immédiate.

Un militant pacifique emprisonné sans fondement juridique

Ancien Premier ministre et fondateur du parti Les Transformateurs, Succès Masra a obtenu 18 % des voix à la présidentielle de 2024. Pourtant, depuis mai 2025, il est détenu dans une cellule exiguë, sans lumière naturelle, au sein d’un bureau de la police judiciaire à N’Djaména. Son procès en appel traîne en longueur, sans aucune information sur une date possible pour les audiences.

Sa sœur précise : « Il n’a jamais été prouvé qu’il ait incité à la haine ou à la violence. Au contraire, il a toujours prôné le dialogue et signé des accords de paix. Enfermer un homme aussi pacifique ne fera qu’aggraver les tensions au Tchad. »

Une santé dégradée et une prise en charge médicale inexistante

Chancelle Masra révèle que son frère souffre de problèmes respiratoires et a besoin d’analyses médicales approfondies. Or, celles-ci sont impossibles à réaliser au Tchad. « Les médecins ont confirmé son état, mais il n’a pas accès aux soins nécessaires. C’est une véritable urgence. »

Depuis son arrestation, ses appareils électroniques lui ont été confisqués, le privant de tout contact avec sa famille, y compris sa fille et son épouse. « Il n’a aucun moyen de communiquer, pas même un appel téléphonique. C’est une torture psychologique en plus de l’injustice judiciaire. »

Une famille mobilisée malgré les obstacles

Malgré les restrictions, Chancelle Masra et sa mère parviennent à lui rendre visite, sous conditions strictes. Les avocats de Succès Masra se rendent régulièrement auprès de lui, mais les visites familiales restent rares et encadrées. « Chaque contact est une victoire, mais cela ne suffit pas. Il a besoin de retrouver sa liberté. »

La sœur de l’opposant souligne aussi l’importance de la solidarité internationale. Plusieurs organisations, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont interpellé les autorités tchadiennes. « Sans cette mobilisation, mon frère ne serait peut-être plus en vie. Mais la pression doit continuer. »

Un climat politique qui se dégrade au Tchad

Récemment, huit opposants du collectif GCAP ont été condamnés à huit ans de prison pour avoir tenté d’organiser une marche pacifique. Chancelle Masra s’indigne : « Si les opposants ne peuvent pas s’exprimer librement, le Tchad n’est plus une démocratie. Ces condamnations sont un signal dangereux. »

Elle rappelle que son frère a toujours refusé la violence et a même renoncé à son salaire de Premier ministre pour servir son pays. « Son engagement pour le dialogue et le développement mérite d’être salué, pas d’être étouffé par une justice instrumentalisée. »

Que réserve l’avenir pour Succès Masra ?

Alors que son procès en appel est toujours en suspens, Chancelle Masra espère une issue favorable. « La justice tchadienne doit réparer cette erreur. Un pays qui se veut moderne ne peut pas emprisonner des innocents sans preuve. »

Elle appelle également à une mobilisation continue, tant au niveau national qu’international, pour exiger la libération immédiate de son frère. « La dignité humaine doit primer sur les calculs politiques. »