Depuis plusieurs semaines, des informations sensibles circulent au Cameroun, alimentées par les déclarations de deux anciens hauts responsables de l’appareil sécuritaire. Maxime Eko Eko, ex-directeur général de la DGRE, et le capitaine Effoudou, ancien chef du service de renseignements à l’état-major particulier de la présidence, ont tous deux évoqué des faits graves, dont une tentative présumée de coup d’État contre le président Paul Biya.
Selon leurs propos rapportés, un complot aurait été ourdi en 2023 pour renverser le pouvoir en place.
Lors d’une récente comparution devant le tribunal dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, Maxime Eko Eko aurait affirmé avoir été arrêté juste après avoir remis au chef de l’État un rapport confidentiel sur ce prétendu complot.
Trois ans après la mort de Martinez Zogo et les événements relatés par l’ancien patron de la DGRE, ces éléments sont désormais exposés au grand public.
Cette situation intervient dans un climat marqué par des changements notables au sein des forces de sécurité et de l’armée, notamment des nominations de nouveaux généraux, des réorganisations dans la justice militaire et des mouvements dans la logistique des armées.
Maxime Eko Eko : bouc émissaire ou lanceur d’alerte ?
Ancien chef de la DGRE, Maxime Eko Eko détenait l’un des postes les plus sensibles de la sécurité nationale.
Les conditions de son arrestation, telles qu’elles apparaissent dans les débats judiciaires, soulèvent des questions. Il aurait été appréhendé peu après avoir transmis aux autorités un rapport sur une tentative de déstabilisation du régime. Une semaine plus tard, une source proche des services de sécurité aurait indiqué qu’il allait être libéré rapidement.
Or, trois ans plus tard, il est toujours détenu.
Certains analystes estiment que cette situation pourrait être liée à la volonté de révéler progressivement, au fil des procédures, des éléments sur l’affaire Martinez Zogo et sur la tentative de putsch. Cette interprétation, bien sûr, reste à confirmer.
Le capitaine Effoudou accuse le SGPR
Contrairement à Maxime Eko Eko, le capitaine Effoudou aurait, dans une interview accordée à Morgan Palmer, désigné nommément le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR) comme étant impliqué dans cette tentative de coup d’État.
Cette accusation est d’autant plus lourde qu’elle soulève une question cruciale : si le SGPR était réellement impliqué dans un complot et que les renseignements en avaient informé Paul Biya, comment expliquer que ce dernier lui ait ensuite confié des responsabilités aussi stratégiques ?
Le SGPR a notamment dirigé les consultations au palais présidentiel pour préparer l’élection présidentielle. Il aurait aussi joué un rôle clé dans la gestion de la crise postélectorale.
Plus récemment, son nom est associé à l’idée de créer un poste de vice-président de la République.
Coupable ou victime ?
Ce contexte peut expliquer que certains s’étonnent de la confiance que le chef de l’État semble lui renouveler.
Les mouvements récents au sein de l’appareil sécuritaire et militaire alimentent les spéculations sur une possible reconfiguration du pouvoir autour de Paul Biya.
Certains y voient les prémices d’une transition institutionnelle qui pourrait aboutir à la création d’un poste de vice-président chargé d’assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir, et éventuellement de terminer le mandat présidentiel.
Aucune confirmation officielle pour l’instant
Pour l’heure, aucune de ces hypothèses n’est officiellement confirmée.
Une certitude demeure : Paul Biya reste le maître du jeu politique camerounais, et les prochaines évolutions au sommet de l’État pourraient éclairer le véritable sens de ces manœuvres.
Depuis quelques jours, les réseaux sociaux sont inondés de photos de Franck Biya, qui semble vouloir montrer son rôle de père de famille attentionné auprès de ses enfants.
