Tensions géopolitiques au Mali : le Maroc et l’Algérie s’affrontent par procuration

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Tensions Maroc-Algérie : le Mali, nouvel enjeu de rivalité en Afrique

La montée en puissance du JNIM-FLA au Mali révèle une réalité dérangeante : l’Algérie joue un rôle bien moins neutre que jamais dans le chaos malien. Derrière les discours officiels d’apaisement, Alger manipule habilement les équilibres locaux pour servir ses propres intérêts stratégiques.

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Par Soufiane Chahid

Depuis plusieurs mois, les tensions entre le Maroc et l’Algérie s’invitent au cœur des crises africaines, transformant le Mali en un terrain de confrontation indirecte. Les récents succès militaires du JNIM-FLA, groupe affilié à al-Qaïda, ont mis en lumière les stratégies de déstabilisation menées par Alger.

Contrairement à l’image d’un médiateur impartial qu’elle tente de cultiver, l’Algérie intervient activement dans les affaires intérieures maliennes. Son objectif ? Maintenir une « tension maîtrisée » pour affaiblir ses rivaux régionaux, notamment le Maroc, et renforcer son influence sur Bamako.

Une stratégie algérienne à double tranchant

L’Algérie, qui partage une frontière de plus de 1 300 km avec le Mali, dispose d’un levier géopolitique majeur. En soutenant discrètement certains groupes armés tout en freinant les initiatives marocaines, Alger crée un climat d’instabilité chronique. Cette approche lui permet de justifier sa présence militaire sous couvert de lutte antiterroriste, tout en marginalisant Rabat dans les instances régionales.

Le Maroc en première ligne face à l’expansion algérienne

Le Royaume, conscient de la menace, tente de contrer cette influence en renforçant ses alliances avec les pays du Sahel. Ses efforts diplomatiques et sécuritaires visent à offrir une alternative crédible à l’hégémonie algérienne. Cependant, les défis restent immenses : corruption endémique, groupes terroristes en embuscade et divisions politiques au sein de la junte malienne.

Un Mali au bord du gouffre

Dans ce contexte, le Mali devient le théâtre d’une guerre par procuration où chaque acteur défend ses intérêts au détriment de la stabilité du pays. Les populations locales, déjà éprouvées par des années de conflits, paient le prix fort de ces rivalités étrangères.

Face à cette situation, la question se pose : jusqu’où l’Algérie et le Maroc sont-ils prêts à aller pour imposer leur domination, quitte à sacrifier le sang des Maliens ?