Auteur/autrice : nigeractu

  • Crise des prix au moyen-Orient : la Mauritanie maintient sa stabilité des produits alimentaires

    Crise des prix au moyen-Orient : la Mauritanie maintient sa stabilité des produits alimentaires

    La guerre au Moyen-Orient exerce une pression sur les marchés internationaux, mais la Mauritanie résiste pour l’instant à la hausse des prix des denrées essentielles. Les autorités ont déployé une opération de contrôle renforcé pour éviter toute spéculation sur les produits alimentaires de base.

    Des équipes de surveillance déployées dans tout le pays

    Pour garantir la stabilité des prix, des équipes dédiées, déjà actives à Nouakchott, sillonnent progressivement l’ensemble du territoire. Leur mission ? Surveiller les stocks disponibles, protéger les consommateurs et traquer les fraudes commerciales. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale pour limiter l’impact de la conjoncture internationale sur les prix locaux.

    Des commerçants rassurants sur les prix actuels

    Plusieurs acteurs du marché confirment que les tarifs des produits de première nécessité restent stables. Aissata Bâ, spécialisée dans la vente de produits importés comme le Kadi (bouillon), le Jedida (beurre) ou le Delia (chocolat), déclare : «Pour l’instant, nous n’avons pas augmenté nos prix».

    Fatimetou mint Ahmed, une consommatrice, partage cette observation : «Les prix du riz, de l’huile, du sucre et du lait n’ont pas bougé, malgré quelques rumeurs infondées». Mohamed ould Bouh, commerçant, ajoute que la situation reste calme et qu’aucune tension n’est perceptible sur le marché.

    Des sanctions contre les pratiques abusives

    Les autorités mauritaniennes ne tolèrent aucun manquement. Fin mars, le Premier ministre Mokhtar Ould Diay a annoncé la fermeture de plusieurs commerces et l’application d’amendes à des dizaines d’établissements en infraction. Cette campagne vise à éradiquer les pratiques anticoncurrentielles et à prévenir les hausses de prix injustifiées.

    Grâce à ces mesures, la Mauritanie parvient à contenir la pression inflationniste venue de l’extérieur, préservant ainsi le pouvoir d’achat des ménages.

  • Can 2025 : le Sénégal conteste la décision de la caf sur l’organisation du tournoi

    Can 2025 : le Sénégal conteste la décision de la caf sur l’organisation du tournoi

    Trois semaines après l’annonce controversée de la Confédération africaine de football (CAF) concernant le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 au Sénégal, au profit du Maroc, les Lions de la Teranga persistent dans leur combat. Cette décision, motivée par les incidents survenus lors de la finale du 18 janvier dernier à Rabat, a été officiellement notifiée à la Fédération sénégalaise de football ce lundi.

    Une étape cruciale pour le Sénégal, qui va désormais pouvoir saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) afin de contester cette sanction. Une démarche juridique essentielle pour faire valoir ses droits et espérer récupérer l’organisation du tournoi.

    Le TAS, juge ultime dans ce litige sportif

    Le président de la CAF a confirmé sa confiance dans le TAS pour trancher ce différend. Bien que le calendrier précis des délibérations ne soit pas encore connu, la décision devrait intervenir dans les prochaines semaines. Le processus sera définitif, sans possibilité d’appel pour les parties impliquées, à savoir le Sénégal et le Maroc.

    « Le TAS dispose de toutes les compétences nécessaires pour régler ce type de conflit, avec des arbitres spécialisés et totalement indépendants », a déclaré Me Matthieu Reeb, directeur général du TAS. « Nous comprenons l’impatience des équipes et des supporters à obtenir une réponse rapide. Nous veillerons à ce que la procédure soit menée dans les meilleurs délais, tout en garantissant un procès équitable à toutes les parties. »

  • Can 2025 : le Sénégal lance son appel au tas après la décision de la caf

    Can 2025 : le Sénégal lance son appel au tas après la décision de la caf

    can 2025 : le Sénégal lance son appel au tas après la décision de la caf

    Après un suspens de près d’un mois, la Fédération Sénégalaise de Football a enfin obtenu, juste avant le week-end, la décision motivée du jury d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF). Un document clé pour engager le processus d’appel devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et contester la décision rendue au profit du Maroc par victoire sur tapis vert.

    Ce délai d’attente a été particulièrement éprouvant pour les Sénégalais, les amateurs de football et les parties prenantes. La CAF a transmis cette décision motivée aux différentes équipes impliquées dans ce litige, dans le but de clore officiellement cette édition de la CAN 2025.

  • Bénin 2026 : l’effervescence démocratique et l’élan sportif en perspective

    Bénin 2026 : l’effervescence démocratique et l’élan sportif en perspective

    Politique : À l’approche d’un scrutin présidentiel historique

    À moins d’une semaine d’une élection présidentielle d’une importance capitale, le Bénin est animé par une effervescence palpable. Loin de toute incertitude, une anticipation croissante caractérise l’état d’esprit des citoyens béninois, désireux de participer activement au processus électoral.

    L’engagement citoyen est sans précédent et transcende les frontières régionales. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, en passant par le centre du pays, la campagne électorale déploie son dynamisme sur l’ensemble du territoire national. Des hauteurs de Dassa aux étendues du Grand Popo, des rives de la Pendjari aux lagunes de Porto-Novo, l’intégralité du Bénin prend part à l’avènement de cette nouvelle période.

    La fin d’un cycle : La dynamique de la succession

    Ce dimanche 12 avril 2026 marquera un jalon significatif pour la nation béninoise. Après une décennie caractérisée par les réformes impulsées par Patrice Talon, le chef de l’État se prépare à transmettre le pouvoir, en stricte conformité avec la limitation constitutionnelle à deux mandats.

    Cette transition s’opère dans un climat de maturité politique exemplaire. Pour l’électorat, l’enjeu réside dans la réaffirmation de la robustesse du modèle démocratique béninois. La ferveur actuelle témoigne de la détermination populaire à exercer sa souveraineté. Comme le soulignent les observateurs, le Bénin confirme une fois de plus son rôle de garant de la stabilité en Afrique de l’Ouest.

    Entre infrastructures et sécurité : Le pari de la modernité

    Tandis que l’agitation électorale gagne les différents quartiers, le paysage des agglomérations poursuit sa transformation. Le développement urbain demeure une priorité manifeste pour l’ensemble des citoyens :

    • Vidéoverbalisation : Une avancée substantielle pour la sécurité routière, destinée à protéger les usagers et à optimiser la fluidité du trafic sur les axes principaux.
    • Infrastructures : La modernisation est une réalité concrète, élevant Cotonou et Porto-Novo au rang de capitales connectées et dynamiques.

    Sport : Les Guépards, emblème de la cohésion nationale

    Si la politique mobilise les esprits, le sport, quant à lui, renforce l’unité nationale. En parfaite adéquation avec l’élan patriotique ambiant, les Guépards du Bénin incarnent les aspirations du pays en vue de la CAN 2027 (organisée au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda).

    Pour la sélection nationale, chaque rencontre est une opportunité de célébrer l’identité béninoise et de démontrer que, sur les terrains de jeu comme dans les urnes, le Bénin progresse de manière unie, avec fierté et détermination.

  • Pacte de sécurité transfrontalier : le bénin et le nigeria s’engagent contre le terrorisme

    Pacte de sécurité transfrontalier : le bénin et le nigeria s’engagent contre le terrorisme

    Une annonce capitale a marqué ce dimanche 5 avril 2026 : les états-majors du Bénin et du Nigeria ont, depuis Cotonou, officialisé la mise en place d’un mécanisme de coopération militaire renforcée. Ce partenariat stratégique représente un tournant décisif pour la stabilité régionale, visant à neutraliser les groupes armés terroristes actifs le long de leur frontière commune.

    Cette initiative est accueillie comme un véritable espoir par les populations du Septentrion. Les autorités militaires des deux nations, réunies pour élaborer une riposte plus efficace face à l’insécurité transfrontalière, ont franchi une étape majeure : celle du passage d’une simple surveillance à une stratégie d’offensive conjointe.

    Un rempart commun dans l’alibori et le borgou

    L’axe central de cet accord repose sur le déploiement immédiat de patrouilles coordonnées dans les départements de l’Alibori et du Borgou. Ces zones sont particulièrement exposées aux incursions de groupes armés, et jusqu’à présent, les forces de défense se heurtaient à la complexité des limites territoriales, un avantage exploité par les assaillants pour se replier d’un pays à l’autre.

    Désormais, ce qui était perçu comme une « zone grise » devient un espace d’intervention partagé. Des unités d’élite des deux armées mèneront des opérations synchronisées, permettant d’exercer une pression constante sur les réseaux logistiques des insurgés.

    Le renseignement : pilier essentiel de la collaboration

    Au-delà de la présence physique sur le terrain, cette alliance intègre une dimension technologique et humaine sans précédent :

    • L’échange de renseignements en temps réel : Création d’une cellule de liaison directe pour anticiper les mouvements suspects.
    • L’harmonisation des systèmes de communication : Assurer une interopérabilité complète pour une meilleure réactivité opérationnelle lors des engagements.
    • La surveillance aérienne partagée : Déploiement de dispositifs de reconnaissance pour quadriller les vastes étendues forestières et broussailleuses de la frontière.

    Un impact crucial pour les populations rurales

    Pour les observateurs locaux, l’impact de cette décision dépasse le cadre purement militaire. Depuis plusieurs mois, la pression terroriste a lourdement pesé sur l’économie rurale, entravant les activités agricoles et le commerce transfrontalier.

    « Cette alliance est le signal que l’État ne recule pas », confie un spécialiste des questions sécuritaires. « En sécurisant ces corridors, les deux nations ne font pas que réaffirmer l’autorité de l’État ; elles permettent également le retour de la sérénité nécessaire au développement local. »

    Vers une pacification régionale durable

    Alors que le Bénin s’apprête à vivre des échéances électorales cruciales, cette consolidation du verrou sécuritaire dans le nord témoigne d’une volonté de fer à protéger l’intégrité du territoire. En s’alliant au géant nigérian, le Bénin renforce son architecture de défense et adresse un message clair : la lutte contre l’obscurantisme se gagnera par la solidarité et l’action commune.

    Cette avancée majeure pourrait bien servir de modèle de coopération bilatérale pour d’autres pays de la sous-région, confrontés à des défis asymétriques similaires.

  • Niger : l’intégration des civils dans la lutte antiterroriste, une stratégie à double tranchant

    Niger : l’intégration des civils dans la lutte antiterroriste, une stratégie à double tranchant

    Face à une menace terroriste persistante et à l’asymétrie croissante des combats, le Niger a récemment officialisé l’intégration de civils dans sa stratégie de lutte contre le terrorisme. Cette décision, qui révèle les défis auxquels l’armée régulière est confrontée, soulève toutefois de nombreuses interrogations quant à ses implications sur la sécurité nationale et la stabilité à long terme.

    Le défi de la formation : entre bravoure et expertise opérationnelle

    L’engagement de citoyens non professionnels dans la lutte antiterroriste sans une préparation adéquate représente un risque majeur. Confondre le courage intrinsèque des populations locales avec une compétence militaire ou tactique est une erreur périlleuse. Une formation militaire et éthique rigoureuse est indispensable pour toute personne participant aux opérations de défense. Sans une compréhension approfondie du droit international humanitaire et des règles d’engagement complexes, ces groupes de défense civile risquent non seulement de devenir des cibles vulnérables face aux groupes terroristes armés, mais aussi de commettre des erreurs graves. Ces manquements peuvent malheureusement exacerber la colère des communautés et, paradoxalement, favoriser le recrutement par les mouvances extrémistes.

    La question cruciale de l’armement : une fausse impression de puissance

    L’équipement des civils armés soulève des préoccupations logistiques et stratégiques significatives. Offrir des armes légères à ces volontaires peut créer une illusion de supériorité de feu, alors que les groupes armés terroristes (GAT) opèrent fréquemment avec un équipement plus lourd et une expérience de combat supérieure. Pire encore, la distribution massive d’armes difficilement traçables au sein de la population représente un danger latent pour la sécurité régionale. L’exemple des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) au Burkina Faso a montré comment la prolifération des armes en dehors d’un cadre militaire strict peut éroder l’autorité étatique et déstabiliser la région sur le long terme.

    L’instabilité des allégeances : un danger insidieux

    Le risque le plus perfide réside dans l’instabilité des loyautés au sein de ces groupes. Dans les régions où la présence étatique est faible ou inexistante, l’allégeance des populations est souvent dictée par la nécessité de survie ou des considérations économiques. Si ces groupes de défense civile se sentent délaissés par le gouvernement central – que ce soit par des retards de paiement ou un soutien insuffisant face aux attaques – ou si les organisations terroristes leur présentent des propositions de "protection" ou des avantages financiers plus attractifs, le changement de camp devient une éventualité non négligeable. Les armes fournies par l’État pourraient alors être utilisées contre lui ou contribuer à l’escalade du grand banditisme.

    L’érosion du monopole étatique sur la violence légitime

    En institutionnalisant l’armement et l’implication des civils, l’État nigérien risque d’affaiblir un pilier fondamental de sa souveraineté : le monopole de la violence légitime. Lorsque la distinction entre les forces de l’ordre et les citoyens armés s’estompe, la porte est ouverte à une confusion dangereuse entre la sécurité publique et l’exercice d’une justice privée. Cette situation pourrait dégénérer en conflits intercommunautaires, masqués sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, rendant tout effort de réconciliation nationale extrêmement complexe, même après une éventuelle accalmie des hostilités.

  • Ibrahim Traoré : pourquoi le Burkina Faso doit tourner le dos à la démocratie

    Ibrahim Traoré : pourquoi le Burkina Faso doit tourner le dos à la démocratie

    Le chef de l’État burkinabé, le capitaine Ibrahim Traoré, a déclaré lors d’une intervention télévisée que la démocratie était « mortelle » et que le peuple du Burkina Faso devait « l’oublier ». Selon lui, ce système politique ne serait pas adapté aux réalités africaines.

    Arrivé au pouvoir par un coup d’État il y a trois ans, le dirigeant avait initialement promis un retour à un régime démocratique pour juillet 2024. Cependant, à l’approche de cette date, la junte a annoncé une prolongation de son mandat pour une durée de cinq ans. Cette décision a été précédée en janvier par l’interdiction de tous les partis politiques, une mesure présentée comme nécessaire pour « reconstruire l’État ».

    On voit Ibrahim Traoré en gros plan, vêtu d'une tenue militaire beige et d'un béret rouge.

    « Les gens doivent oublier la question de la démocratie. La démocratie n’est pas pour nous », a insisté le capitaine Traoré. Pour illustrer son propos, il a cité l’exemple de la Libye, un pays voisin qui, après quatre décennies de régime autocratique sous Mouammar Kadhafi, a sombré dans le chaos suite à une intervention militaire occidentale. Il a soutenu que partout où les puissances occidentales tentent d’imposer la démocratie, le résultat est un « bain de sang ».

    Concernant la dissolution des partis, Ibrahim Traoré les a décrits comme des sources de division et incompatibles avec son projet révolutionnaire. « La vérité, c’est qu’en Afrique – ou du moins d’après ce que nous avons connu au Burkina –, un vrai homme politique est quelqu’un qui incarne tous les vices : un menteur, un flagorneur, un beau parleur », a-t-il déclaré.

    Sans proposer un modèle de gouvernance précis, le chef de la junte a affirmé vouloir développer une approche unique pour le pays. « Nous avons notre propre approche. Nous n’essayons même pas de copier qui que ce soit », a-t-il expliqué. Il a mis en avant la construction d’un nouveau système centré sur la souveraineté, le patriotisme et une mobilisation révolutionnaire, où les chefs traditionnels et les structures locales joueraient un rôle clé. Il a également insisté sur l’autonomie économique et militaire et la nécessité de travailler davantage pour rattraper le retard de développement.

    Sous sa direction, le gouvernement a réprimé la dissidence, ciblant l’opposition, les médias et la société civile. Certains critiques auraient même été enrôlés de force pour combattre les groupes islamistes. Malgré cela, sa vision panafricaniste et ses critiques de l’influence occidentale lui ont valu un soutien notable sur le continent.

    Le Burkina Faso, à l’instar de ses voisins le Mali et le Niger également dirigés par des régimes militaires, a rompu sa coopération avec les partenaires occidentaux, notamment la France, dans la lutte contre l’insurrection djihadiste qui sévit dans la région depuis une décennie. Ces trois pays se sont tournés vers la Russie pour un soutien militaire, mais la violence persiste.

    Un récent rapport de Human Rights Watch (HRW) a d’ailleurs révélé que plus de 1 800 civils ont été tués au Burkina Faso depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré en 2023. L’organisation attribue les deux tiers de ces décès à l’armée et à ses milices alliées, le reste étant le fait des groupes islamistes.

  • Chef junte Burkina Faso rejette démocratie et prolonge pouvoir

    Chef junte Burkina Faso rejette démocratie et prolonge pouvoir

    chef junte Burkina Faso rejette démocratie et prolonge pouvoir

    BFM I.H avec AFP
    Le chef de la junte au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à Ouagadougou le 15 octobre 2022
    La junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a adopté une charte autorisant le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir en septembre 2022 via un coup d’État, à se présenter aux élections présidentielle, législatives et municipales.

    Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte au Burkina Faso, a clairement indiqué le 2 avril lors d’un entretien télévisé que la démocratie n’était pas adaptée à son pays. « Il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie c’est pas pour nous« , a-t-il affirmé sans détour. Il a ainsi confirmé sa volonté de maintenir le régime militaire en place.

    Ibrahim Traoré a accédé au pouvoir en septembre 2022 par un coup d’État, le deuxième en seulement huit mois pour le pays. cette prise de pouvoir a marqué le début d’une transition politique initialement prévue pour s’achever en juillet 2024 avec des élections nationales.

    plus d’élections en vue pour le moment

    Cependant, la junte a adopté une charte lui permettant de rester au pouvoir cinq années supplémentaires à partir de juillet 2024. cette nouvelle charte autorise également Ibrahim Traoré à se présenter aux prochaines élections présidentielle, législatives et municipales, prévues après cette période prolongée.

    En octobre 2025, le régime militaire a dissous la Commission électorale nationale indépendante (Céni). en février 2026, il a également suspendu l’activité de tous les partis politiques du pays, dont certains avaient déjà été interdits.

    « On ne parle même pas d’élections pour l’instant (…) il faut que les gens oublient la démocratie« , a réitéré Ibrahim Traoré lors de cette intervention télévisée. « Nous ne sommes pas dans une démocratie« , avait-il déjà déclaré en 2025. Le capitaine a accordé une longue interview de plus de deux heures à des journalistes locaux et internationaux, dont des représentants de la télévision publique italienne Rai et de la chaîne britannique Sky News, ce qui reste exceptionnel.

    restrictions accrues des médias internationaux

    Depuis son arrivée au pouvoir, le régime militaire, connu pour son hostilité envers les pays occidentaux et notamment la France, a multiplié les interdictions et suspensions à l’encontre de plusieurs médias internationaux. certains journalistes ont également été expulsés du territoire.

    Lors de cette conférence de presse, Ibrahim Traoré a également évoqué le cas de son prédécesseur, l’ex-lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. cet officier, arrivé au pouvoir lors du premier coup d’État de janvier 2022, est actuellement poursuivi pour corruption et est suspecté d’avoir orchestré plusieurs tentatives de putsch. il a été récemment extradé vers Ouagadougou par le Togo à la demande des autorités burkinabè.

    « Un juge l’a déjà rencontré (…) il est désormais entre les mains de la justice« , a indiqué Ibrahim Traoré. Le Burkina Faso fait face depuis près d’une décennie à une insurrection jihadiste responsable de milliers de victimes.

    Ibrahim Traoré a également nié les accusations portées contre l’armée burkinabè et ses alliés, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), selon lesquelles ils seraient responsables de la mort de civils. « Il n’y a pas de preuves« , a-t-il déclaré. il a précisé que la Russie, principal allié du régime, fournissait du matériel militaire mais que « personne ne forme l’armée burkinabè ». « Sur le terrain, ce sont les soldats burkinabè qui se battent« , a-t-il ajouté.

  • Économie ouest-africaine: le Bénin crée la surprise face au Nigeria

    Économie ouest-africaine: le Bénin crée la surprise face au Nigeria

    Un bouleversement économique notable se dessine en Afrique de l’Ouest. Le Bénin, nation sans ressources pétrolières, est en passe de détrôner le Nigeria, géant pétrolier de la région, en termes de richesse par habitant. Cette évolution, soulignée par les récentes projections du Fonds Monétaire International (FMI), met en lumière des stratégies de développement contrastées.

    Décryptage d’une ascension économique inattendue

    Les chiffres prévisionnels pour 2025 sont éloquents. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant au Bénin devrait atteindre 1 635 dollars, dépassant ainsi celui du Nigeria, estimé à 1 200 dollars. Une performance remarquable pour Cotonou, qui n’est pourtant pas dotée des vastes réserves d’hydrocarbures de son voisin.

    Les leviers de la prospérité béninoise

    L’essor économique du Bénin repose sur plusieurs piliers. La modernisation significative de son port, un atout stratégique majeur, a joué un rôle crucial. Parallèlement, le pays a misé sur la valorisation et la transformation de ses exportations agricoles, en particulier le coton, grâce à des infrastructures comme la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).

    Le revers de la médaille pour le nigeria

    À l’inverse, le Nigeria semble payer le prix de sa forte dépendance aux revenus pétroliers. La libéralisation de sa monnaie, le Naira, a eu des répercussions dramatiques. Son effondrement historique face au dollar américain a eu pour conséquence une érosion substantielle du PIB nigérian en termes de valeur réelle.

    Une leçon de résilience économique

    Cette situation offre une illustration concrète des principes de gestion financière, applicables aussi bien à l’échelle d’un État qu’à celle d’un individu. Une économie qui repose sur une source unique de revenus, à l’image du Nigeria avec le pétrole, s’expose à une vulnérabilité accrue. En revanche, la diversification des sources de richesse, stratégie adoptée par le Bénin, se révèle être un chemin vers la prospérité et la stabilité.

  • Les conséquences coûteuses de la nouvelle orientation diplomatique du niger

    Les conséquences coûteuses de la nouvelle orientation diplomatique du niger

    L’avènement du CNSP au pouvoir a marqué un tournant radical dans la politique étrangère du Niger. Cette réorientation diplomatique, censée offrir une nouvelle liberté, est perçue par de nombreux observateurs comme une impasse. En choisissant de rompre avec ses partenaires historiques et de se désengager de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la junte militaire a fragilisé la solidarité et l’entraide régionales. Une situation d’autant plus préoccupante que la menace terroriste persiste et ne connaît pas de frontières, exigeant une coopération internationale renforcée.

    Ce repositionnement stratégique a conduit à l’établissement de nouvelles alliances, souvent jugées opaques et peu définies, en lieu et place des collaborations antérieures. En adoptant une posture d’isolement et en déclinant la participation à des forums régionaux cruciaux, le Niger se trouve désormais confronté à un isolement financier et à une diminution de son influence politique au sein de l’espace ouest-africain. Ce qui était initialement présenté comme un élan de souveraineté nationale se traduit, en réalité, par une gestion incertaine des affaires étrangères, dont le coût économique retombe lourdement sur le portefeuille des citoyens nigériens.

  • Crimes contre l’humanité au Burkina Faso : une crise humanitaire sous les projecteurs

    Crimes contre l’humanité au Burkina Faso : une crise humanitaire sous les projecteurs

    Crimes contre l’humanité au Burkina Faso : une crise humanitaire sous les projecteurs

    • L’armée burkinabè, ses milices alliées et un groupe armé affilié à Al-Qaïda ont causé la mort de plus de 1 800 civils et déplacé de force des dizaines de milliers de personnes depuis 2023.
    • La junte militaire au pouvoir est responsable de graves exactions, refuse d’engager des poursuites contre les auteurs des violences et restreint la diffusion d’informations pour masquer l’ampleur des souffrances civiles.
    • Les organisations régionales et les partenaires internationaux sont invités à collaborer avec les autorités du Burkina Faso pour mettre fin aux violations des droits humains et établir les responsabilités.

    Depuis 2023, l’armée du Burkina Faso, épaulée par des milices locales et un groupe armé lié à Al-Qaïda, a perpétré des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Ces actes, incluant des massacres massifs et des déplacements forcés, ont coûté la vie à plus de 1 800 civils et forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers. Dans un rapport détaillé de 341 pages, intitulé « Personne ne pourra s’échapper » : crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Burkina Faso, l’organisation Human Rights Watch documente l’impact dévastateur de ce conflit sur les populations civiles, souvent ignoré à l’échelle mondiale.

    Les chercheurs ont analysé 57 incidents impliquant les forces armées, les milices des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) depuis le coup d’État de septembre 2022 ayant porté Ibrahim Traoré au pouvoir. Grâce à des entretiens avec plus de 450 personnes au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali, ainsi qu’à l’examen de sources ouvertes, d’images satellites et de documents officiels, l’organisation a reconstitué les événements et identifié les commandants impliqués.

    Une junte militaire accusée de répression et de violations massives

    Sous la direction du président Ibrahim Traoré, la junte a instauré un climat de terreur en réprimant l’opposition politique, les mouvements de contestation pacifique et les médias indépendants. Ces mesures ont entravé la diffusion d’informations sur le conflit et ses conséquences, tout en favorisant l’impunité des responsables des exactions.

    L’insurrection lancée en 2016 par le GSIM et d’autres groupes armés islamistes a déclenché une série de violences dans la région du Sahel. Ces groupes ont tué des civils, pillé des biens et assiégé des villes, poussant l’armée burkinabè à mener des opérations de contre-insurrection brutales. Les deux camps, qu’il s’agisse des forces gouvernementales ou des groupes armés, ont systématiquement ciblé les civils, souvent accusés de soutenir l’ennemi, transformant les meurtres et les déplacements forcés en tactiques de guerre.

    Des massacres ciblant les communautés peules

    L’armée et les milices ont particulièrement visé les communautés peules, accusées de soutenir les groupes armés islamistes. Ces attaques ont conduit à des nettoyages ethniques dans plusieurs régions, comme en témoignent les événements suivants :

    • Décembre 2023 : Plus de 400 civils ont été tués lors d’une opération militaire près de la ville de Djibo, dans le nord du pays. Une survivante de 35 ans a raconté : « Mes deux filles sont mortes sur le coup. Mon fils de 9 mois et moi avons été grièvement blessés par les balles. Un milicien a ordonné : « Assurez-vous que personne ne respire avant de sortir. » »
    • Novembre 2023 : Treize civils peuls, dont six femmes et quatre enfants, ont été exécutés dans le village de Bassé. Un survivant de 41 ans a décrit les corps : « Tous les cadavres, sauf celui de mon fils, étaient regroupés dans la cour, les yeux bandés, les vêtements déchirés et les mains liées derrière le dos… criblés de balles. Mon fils était allongé sur le ventre, tué d’une balle dans la nuque. »

    Le GSIM : terreur et contrôle territorial

    Le GSIM, dirigé par Iyad Ag Ghaly (recherché par la Cour pénale internationale pour des crimes présumés au Mali entre 2012 et 2013), a également commis des atrocités. Le groupe a assiégé des dizaines de villes et de villages, bloquant l’accès aux biens et aux personnes, ce qui a provoqué des famines et des maladies. En août 2024, une attaque à Barsalogho a causé la mort d’au moins 133 civils, dont des dizaines d’enfants, accusés de soutenir les VDP. Un survivant de 39 ans a témoigné : « Les combattants ont tiré en continu, comme s’ils avaient des quantités illimitées de munitions. Les gens tombaient comme des mouches. Ils sont venus nous exterminer. Ils n’ont épargné personne. »

    Une impunité généralisée et des responsabilités à établir

    Les deux camps ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment des homicides intentionnels, des attaques contre des civils, des pillages, des déplacements forcés et des violences sexuelles. Selon Human Rights Watch, le président Ibrahim Traoré, commandant suprême des forces armées, ainsi que six hauts commandants militaires, pourraient être tenus pour responsables de ces exactions au titre de la responsabilité de commandement. De même, quatre commandants du GSIM, dont Iyad Ag Ghaly, devraient faire l’objet d’enquêtes.

    Les victimes et leurs familles dénoncent un système judiciaire défaillant, où les institutions nationales ne garantissent ni justice ni accès à des recours. Les autorités minimisent ou nient les allégations d’abus, en particulier ceux commis par les forces gouvernementales et les milices, et refusent de mener des enquêtes crédibles.

    Appel à la justice internationale et à l’action des partenaires

    Les gouvernements internationaux, y compris les Nations Unies, l’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis, sont appelés à agir pour mettre fin aux cycles de violence et d’impunité. Human Rights Watch recommande d’imposer des sanctions ciblées contre les commandants responsables et d’ouvrir un examen préliminaire devant la Cour pénale internationale pour examiner les crimes présumés perpétrés par toutes les parties depuis septembre 2022.

    Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch, a déclaré : « L’ampleur des atrocités commises au Burkina Faso est stupéfiante, tout comme le manque d’attention mondiale portée à cette crise. Le monde doit reconnaître l’ampleur de ces violences afin qu’il y soit mis un terme. Les organismes régionaux et les gouvernements partenaires devraient coopérer avec les autorités du Burkina Faso pour s’attaquer aux graves violations commises par toutes les parties et établir les responsabilités. »

  • La Nazionale absente du mondial 2026 : l’analyse d’une crise structurelle du football italien

    La Nazionale absente du mondial 2026 : l’analyse d’une crise structurelle du football italien

    Pour la troisième fois consécutive, l’Italie est privée de Coupe du monde de football. Loin d’une simple malchance, cette élimination répétée pour le Mondial 2026 révèle des problèmes profonds et persistants au sein du football italien, selon un expert du domaine.

    L’Italie, quadruple championne du monde et double championne d’Europe, n’a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde de cet été, subissant une nouvelle défaite face à la Bosnie-Herzégovine lors des barrages européens le mardi 31 mars. Cette absence marque un triste triplé après les éditions de 2018 et 2022, un constat alarmant pour la Nazionale.

    Johann Crochet, journaliste spécialisé dans le football italien et animateur du podcast Calcio et Pépé, rejette l’idée d’une simple fatalité. Pour lui, le football italien n’a pas su tirer les leçons de ses précédentes mésaventures. Son pessimisme avant le match était justifié : « Après les deux échecs précédents, rien n’a bougé. C’est le véritable problème de l’Italie. »

    L’expert souligne l’ampleur de cet échec : « Des jeunes de 20 ans en Italie n’auront jamais vu la Nazionale participer à un Mondial ! C’est catastrophique. » Pourtant, malgré cette série noire, les instances dirigeantes – fédération, ligue italienne, ministère des Sports – restent étrangement inertes. « Il est difficile d’espérer un résultat positif quand on observe une stagnation depuis une décennie en Italie », déplore-t-il.

    Le quotidien italien La Repubblica a d’ailleurs parfaitement résumé la situation : « Ce n’est pas l’échec d’un projet, c’est l’absence même de projet. » Johann Crochet confirme ce diagnostic, attribuant l’immobilisme à un manque criant d’idées et à un conservatisme tenace. Le football italien semble figé dans les schémas des années 1990 et début 2000, refusant d’évoluer. Des nations comme l’Allemagne et l’Espagne, confrontées à des périodes difficiles, ont su entreprendre des réformes audacieuses, une démarche qui fait cruellement défaut en Italie.

    « En Italie, rien ne bouge, rien ne change, on ne voit pas ce qui se fait ailleurs, on ne regarde pas ce qui se fait même dans des plus petits pays. »

    Johann Crochet, journaliste spécialiste du football italien et responsable du podcast Calcio et Pépé

    à franceinfo

    L’absence de curiosité est frappante. Lorsque l’Italie subit de lourdes défaites, par exemple contre la Norvège, il semble que le pays découvre seulement les méthodes de formation et la collaboration entre fédération et ligue en Norvège. Cette inertie empêche la mise en œuvre de tout projet moderne.

    La formation des jeunes : un talent gâché ?

    La question de la formation est souvent soulevée. Si l’Italie ne produit plus des Ballons d’or comme Francesco Totti ou Roberto Baggio, c’est une tendance globale dans un football qui privilégie désormais le collectif. Le véritable enjeu réside dans le « pont » manquant entre les centres de formation et les équipes premières. Des clubs étrangers de renom, tels que le Bayern Munich, le Borussia Dortmund ou le Barça, n’hésitent pas à recruter de jeunes talents italiens issus d’académies comme Pescara, Cremonese, Atalanta ou Sassuolo. Cela prouve l’existence de compétences, mais la difficulté des jeunes joueurs à intégrer les équipes seniors en Italie est symptomatique d’un problème plus large, celui de l’accès des jeunes au marché du travail dans le pays.

    Un management frileux et un déni de réalité

    Le problème s’étend également à l’encadrement et au management. La préférence pour l’expérience au détriment de profils novateurs limite l’émergence de jeunes entraîneurs italiens prometteurs. Des techniciens comme Roberto De Zerbi (Marseille, Tottenham) ou Francesco Faioli (Ajax, Porto) trouvent des opportunités à l’étranger, faute de confiance dans leur propre pays. « Il y a de bons jeunes, il y a de bons joueurs, il y a de bons entraîneurs. Le problème, c’est que pour chapeauter tout ça, il faut avoir des personnes compétentes. Et aujourd’hui, les dirigeants italiens ne sont pas compétents et n’ont surtout pas envie de faire bouger les choses », martèle Johann Crochet.

    Ce déni de réalité est flagrant. Autrefois, le football italien servait de modèle d’excellence. Aujourd’hui, La Gazzetta dello Sport exhorte les footballeurs à s’inspirer d’autres sportifs, comme le tennisman Jannik Sinner ou le jeune pilote de Formule 1 Kimi Antonelli. Ce changement de paradigme est éloquent. De plus, le coût croissant du football en club pour les enfants conduit à un intérêt grandissant pour d’autres disciplines, même le tennis, traditionnellement perçu comme élitiste, devient plus accessible que le sport populaire par excellence. Tous ces facteurs convergent pour expliquer la profonde crise qui secoue le football italien et son élimination du Mondial 2026.