Auteur/autrice : nigeractu

  • Coups d’État récents en afrique depuis 2020 : chronologie et impacts

    Coups d’État récents en afrique depuis 2020 : chronologie et impacts

    Le Bénin s’ajoute à la liste des nations africaines marquées par des tentatives de prise de pouvoir militaire depuis 2020. Cette instabilité, devenue récurrente en Afrique de l’Ouest, a connu un nouvel épisode ce dimanche, où des officiers ont brièvement annoncé le renversement du président Patrice Talon et la dissolution des institutions. Cependant, les autorités ont rapidement rassuré : le coup d’État a été déjoué.

    Le ministre de l’Intérieur béninois, Alassane Seidou, a dénoncé une « mutinerie visant à déstabiliser l’État », tout en réaffirmant l’engagement de l’armée envers la République. Cet événement illustre les tensions persistantes dans la région, où des facteurs comme les crises sécuritaires, les contestations électorales et les frustrations populaires alimentent les bouleversements politiques.

    Les coups d’État en Afrique depuis 2020 : une chronologie détaillée

    Depuis 2020, plusieurs pays africains ont été secoués par des putschs militaires, souvent liés à des crises institutionnelles ou sociales. Voici les principaux événements.

    Mali : deux tentatives de coup d’État en 2020 et 2021

    En août 2020, des soldats maliens ont renversé le président Ibrahim Keïta après des mois de manifestations anti-gouvernementales. Le colonel Assimi Goïta a ensuite orchestré un second putsch en mai 2021, écartant le gouvernement de transition. Le Burkina Faso et le Niger, dirigés par des juntes militaires, ont formé un bloc commun en opposition à la CEDEAO, rejetant un retour à l’ordre démocratique.

    Tchad : succession dynastique en 2021

    Après la mort du président Idriss Déby en avril 2021, son fils, le général Mahamat Idriss Déby, a pris le pouvoir. Bien qu’il ait promis des élections, celles-ci ont été jugées truquées par l’opposition. La répression s’est intensifiée, avec des figures comme l’ancien Premier ministre Succès Masra condamnées à de lourdes peines.

    Guinée : renversement d’Alpha Condé en 2021

    Le président Alpha Condé, au pouvoir depuis 2010, a été destitué par des militaires menés par Mamady Doumbouya. Condé avait modifié la Constitution pour briguer un troisième mandat, déclenchant des tensions. Doumbouya, désormais candidat à la présidentielle, a prolongé la durée des mandats à sept ans via un référendum controversé.

    Soudan : conflit post-coup d’État en 2021

    En octobre 2021, l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel-Fattah Burhan, a renversé Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989. Burhan a partagé le pouvoir avec Muhammad Dangalo (Hemetti), chef des Forces de soutien rapide. Leur rivalité a dégénéré en guerre civile en 2023, selon l’ONU.

    Burkina Faso : deux putschs en 2022

    En janvier 2022, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba a renversé le président Roch Kaboré, invoquant l’insécurité croissante. Sept mois plus tard, le capitaine Ibrahim Traoré a pris le pouvoir, dissolvant la commission électorale indépendante. Traoré reste à la tête du pays malgré les critiques internationales.

    Niger : coup d’État de 2023 et tensions régionales

    En juillet 2023, le général Abdourahamane Tchiani a destitué le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, provoquant une crise majeure au sein de la CEDEAO. Le Niger s’est rapproché du Burkina Faso et du Mali pour former l’Alliance des États du Sahel, en opposition aux sanctions internationales.

    Gabon : prise de pouvoir post-élection en 2023

    Après la réélection contestée du président Ali Bongo en 2023, des militaires ont annoncé le renversement du régime. Brice Oligui Nguema, cousin de Bongo, a pris les rênes du pays et a remporté l’élection présidentielle d’avril 2024.

    Madagascar : instabilité politique en 2025

    En octobre 2025, des manifestations contre les pénuries d’eau et d’électricité ont conduit à une prise de pouvoir militaire. Le président Andry Rajoelina, sous pression, a dissous son gouvernement sans céder à la rue.

    Guinée-Bissau : crise post-électorale en 2025

    En novembre 2025, des soldats ont pris le pouvoir après une élection présidentielle contestée entre le président sortant Umaro Sissoco Embaló et l’opposant Fernando Dias. Embaló a fui au Sénégal, tandis que la nouvelle junte a nommé des alliés du régime déchu.

    Bénin : tentative avortée de putsch en décembre 2025

    Quelques semaines après la Guinée-Bissau, des soldats béninois ont annoncé la destitution du président Patrice Talon via un « Comité militaire pour la refondation ». Le lieutenant-colonel Pascal Tigri a été proposé à la tête du comité, mais les forces armées ont finalement déjoué cette tentative, réaffirmant leur loyauté envers la République.

  • Coup d’état avorté au Bénin : les putschistes en fuite, otages libérés

    Coup d’état avorté au Bénin : les putschistes en fuite, otages libérés

    coup d’état avorté au Bénin : les putschistes en fuite, otages libérés

    La journée de dimanche au Bénin a été marquée par une tentative de coup d’État qui a semé le trouble dans le pays. Des militaires ont pris d’assaut la télévision nationale pour annoncer le renversement du président Patrice Talon. Pourtant, ce dernier a rapidement rassuré la population en déclarant que la situation était totalement sous contrôle dès le dimanche soir.

    Malgré cette affirmation, les putschistes à l’origine de cette action restent introuvables. Les autorités béninoises poursuivent activement leurs recherches pour les appréhender. En revanche, tous les otages retenus, dont des officiers de haut rang, ont été libérés sans délai.

    Cette tentative de coup d’État a suscité une mobilisation rapide dans la région. Plusieurs pays voisins ont proposé leur soutien, notamment une assistance militaire, pour renforcer la stabilité du Bénin et éviter toute escalade de la crise.

  • Bénin : les autorités déjouent une tentative de putsch à Cotonou

    Bénin : les autorités déjouent une tentative de putsch à Cotonou

    Dans la matinée du dimanche 7 décembre 2025, des coups de feu ont retenti dans la capitale économique du Bénin, Cotonou, plongeant momentarily la ville dans l’incertitude. Des militaires ont rapidement bloqué l’accès au palais présidentiel, où le président Patrice Talon se trouvait. Les autorités locales ont immédiatement réagi en qualifiant la situation de totalement sous contrôle, assurant que l’ordre et la sécurité étaient rétablis sur l’ensemble du territoire national.

    Une tentative de putsch avortée

    Selon les informations relayées par les médias locaux, une faction de militaires a tenté de s’emparer du pouvoir en s’introduisant à la télévision nationale. Ces derniers ont annoncé la destitution du président Talon, invoquant des motifs liés à la détérioration de la situation sécuritaire et à la remise en cause des libertés fondamentales au Bénin.

    Quelques heures plus tard, le ministre béninois de l’Intérieur, Alassane Seidou, est apparu à son tour à l’antenne pour confirmer que la tentative de coup d’État avait été déjouée. Une déclaration qui a été immédiatement reprise par le président Patrice Talon dans une adresse solennelle à la Nation. Ce dernier a réaffirmé que la sécurité et l’ordre public seraient maintenus partout dans le pays, tout en promettant que les auteurs de ce complot ne resteraient pas impunis.

    Réactions internationales et soutien régional

    La tentative de putsch au Bénin intervient dans un contexte régional particulièrement tendu. Plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest — comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou encore la Guinée-Bissau — ont connu des coups d’État ces dernières années, exacerbant les instabilités politiques dans la sous-région. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rapidement réagi en annonçant le déploiement immédiat de troupes nigérianes, ivoiriennes, ghanéennes et sierra-léonaises pour soutenir le gouvernement béninois et préserver l’ordre constitutionnel.

    L’aviation nigériane a d’ailleurs mené des frappes aériennes à Cotonou en coordination avec les protocoles de la CEDEAO, bien que les cibles précises n’aient pas été dévoilées. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des missions de la Force en attente de la CEDEAO, qui avait déjà été déployée en Gambie en 2017 pour garantir une transition pacifique après une crise post-électorale.

    Par ailleurs, l’Union africaine (UA) a condamné avec la plus grande fermeté cette tentative de déstabilisation, réaffirmant son attachement au respect des institutions démocratiques. De son côté, la France, ancienne puissance coloniale, a appelé ses ressortissants présents au Bénin à faire preuve de la plus grande prudence et à rester confinés en raison d’un contexte encore volatil.

    Un climat politique sous haute tension

    Cette tentative de coup d’État survient à un moment charnière pour le Bénin. Patrice Talon, en place depuis 2016, achève son second mandat en 2026, la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Son dauphin désigné, Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances, est largement favori pour lui succéder, notamment après l’exclusion des principaux partis d’opposition du processus électoral. Une décision qui a alimenté les tensions politiques dans le pays ces derniers mois.

    Si Patrice Talon est reconnu pour avoir impulsé un développement économique notable, il est également critiqué par ses détracteurs pour avoir adopté une dérive autoritaire, s’éloignant du modèle démocratique qui avait fait la réputation du Bénin dans les années 1990 et 2000. Cette situation a engendré une méfiance croissante parmi la population, comme en témoigne Anatole Zinsou, un informaticien de Cotonou : « Il y a une tension palpable dans le pays depuis des mois, notamment à cause des élections. L’exclusion de certains acteurs du processus électoral ne fait qu’aggraver les divisions. »*

    Témoignages de la population

    Dans les rues de Cotonou, la journée s’est déroulée dans un calme relatif, malgré les rumeurs persistantes. Michelle Eudoxie, une coiffeuse de 50 ans, a expliqué à l’AFP : « Ce soir, on va essayer de rentrer plus tôt. On ne sait pas qui est à l’origine de ce coup d’État, alors mieux vaut être prudent. »*

    Pour Nabil Sacca, un vendeur d’essence ayant travaillé près du palais présidentiel ce matin-là, la peur a dominé : « J’ai entendu les coups de feu ce matin. J’ai quitté mon quartier pour me mettre à l’abri. On ne peut pas savoir ce qui va se passer. »*

    Une histoire politique marquée par les coups d’État

    Le Bénin, malgré son passé démocratique, n’a pas été épargné par les instabilités politiques. Le dernier coup d’État remonte à 1972, lorsque Mathieu Kérékou avait pris le pouvoir. Depuis, le pays avait connu une transition démocratique exemplaire, jusqu’à l’arrivée de Patrice Talon. Remy Agblo, un commerçant, a confié : « Aujourd’hui, c’est comme si je revivais ce que nos parents ont vécu à l’époque. Heureusement que ça a été déjoué. »*

    Alors que les autorités béninoises et leurs alliés régionaux maintiennent une surveillance accrue, la situation reste sous haute tension. Les prochaines heures seront déterminantes pour comprendre les conséquences de cette tentative de putsch et son impact sur la stabilité politique et sécuritaire du Bénin.

  • Crise politique au Bénin : putsch avorté et pouvoir présidentiel maintenu

    Crise politique au Bénin : putsch avorté et pouvoir présidentiel maintenu

    Crise politique au Bénin : un groupe de militaires tente un putsch

    Des militaires se réclamant du Comité militaire pour la refondation (CMR) ont annoncé, dimanche matin, sur la télévision publique béninoise, avoir destitué le président Patrice Talon. Cependant, l’entourage de ce dernier a immédiatement démenti cette annonce en affirmant que le chef de l’État était en sécurité et que l’armée régulière reprenait le contrôle de la situation.

    Le président béninois Patrice Talon, à Paris le 9 novembre 2021

    Contexte politique et tensions au Bénin

    Patrice Talon, en poste depuis 2016, doit terminer son second mandat en 2026, conformément à la limite constitutionnelle. Le pays, connu pour sa croissance économique, fait également face à des violences jihadistes dans sa région septentrionale. Depuis le début des années 2020, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger ou encore la Guinée, ont connu des coups d’État, renforçant l’instabilité dans la région.

    Réactions immédiates et mesures de sécurité

    Peu après l’annonce des putschistes, une source proche de Patrice Talon a confirmé à l’AFP que le président était sain et sauf et que l’armée reprenait le contrôle. Selon cette source, le groupe à l’origine de la tentative de coup d’État n’a ni investi la résidence présidentielle ni la présidence de la République à Cotonou. La situation était qualifiée de sous contrôle et les autorités assuraient que le nettoyage des derniers foyers de résistance était en cours.

    L’ambassade de France à Cotonou a signalé des coups de feu à proximité du domicile du président, invitant les ressortissants français à rester chez eux par précaution. Une source militaire a également indiqué que la ville de Cotonou et le pays dans son ensemble étaient totalement sécurisés.

    Critiques et enjeux démocratiques

    Bien que Patrice Talon soit reconnu pour ses efforts en matière de développement économique, ses détracteurs lui reprochent un virage autoritaire dans un pays autrefois salué pour son dynamisme démocratique. Par ailleurs, le principal parti d’opposition a été écarté de la prochaine élection présidentielle, prévue pour avril, opposant le parti au pouvoir à un candidat dit modéré.

    Historique des coups d’État au Bénin

    Le Bénin, comme plusieurs nations d’Afrique de l’Ouest, a une histoire politique marquée par des coups d’État ou des tentatives avortées. Cette instabilité récente dans la sous-région rappelle les défis persistants auxquels font face les gouvernements pour maintenir la stabilité institutionnelle.

    À retenir :

    • Une tentative de coup d’État a été avortée dimanche matin au Bénin.
    • Le président Patrice Talon est en sécurité et l’armée a repris le contrôle.
    • Le pays reste sous haute surveillance dans un contexte régional tendu.
    • Les autorités assurent que la situation est maîtrisée et que les derniers foyers de résistance sont neutralisés.
  • Crise politique au Bénin : putsch avorté contre patrice talon

    Crise politique au Bénin : putsch avorté contre patrice talon

    Des tirs ont retenti ce dimanche à Cotonou, la plus grande ville du Bénin, alors que des militaires ont annoncé à la télévision nationale la destitution du président Patrice Talon. Rapidement, le gouvernement béninois a qualifié cette action de tentative de coup d’État, précisant qu’elle avait été neutralisée par les forces armées.

    Le président béninois Patrice Talon lors d’une cérémonie à Cotonou, en 2022.

    Comment s’est déroulée cette tentative de coup d’État ?

    Huit militaires, identifiés comme le Comité militaire pour la refondation (CMR), ont pris le contrôle des studios de la télévision publique pour annoncer la chute du président Patrice Talon. Ils ont justifié leur action par plusieurs griefs :

    • une détérioration de la sécurité dans le nord du pays,
    • le manque de soutien envers les soldats et leurs familles,
    • des promotions jugées injustes au sein de l’armée,
    • et une atteinte aux libertés fondamentales sous le gouvernement Talon.

    Des barrages ont été installés autour du palais présidentiel et de l’hôtel Sofitel, tandis que des coups de feu ont été signalés dans la capitale économique. Malgré cette agitation, la majorité des habitants de Cotonou ont poursuivi leurs activités quotidiennes.

    Réaction des autorités et des forces de l’ordre

    Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a affirmé que les forces armées béninoises étaient restées fidèles à leur engagement républicain. « Les militaires loyalistes ont repris le contrôle de la situation et neutralisé cette manœuvre », a-t-il déclaré à la télévision nationale. Selon ses propos, il s’agissait d’un groupuscule isolé sans réelle emprise sur l’armée régulière. « La ville et le pays sont totalement sécurisés », a-t-il ajouté.

    Les autorités ont confirmé l’arrestation d’une douzaine de militaires impliqués dans cette tentative de putsch.

    Qui est Patrice Talon et quel est son bilan ?

    Patrice Talon, en fonction depuis 2016, devrait quitter le pouvoir en avril 2026 après deux mandats présidentiels, conformément à la Constitution béninoise. Bien que son gouvernement soit salué pour ses réalisations économiques, il est critiqué pour son tour autoritaire, notamment la restriction des libertés et l’exclusion de l’opposition principale lors des prochaines élections.

    Le Bénin, malgré sa croissance économique, fait face à des menaces terroristes dans sa région septentrionale, ce qui a été évoqué par les putschistes pour justifier leur action.

    Quelle est la position de la communauté internationale ?

    La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fermement condamné cette subversion anticonstitutionnelle, réaffirmant son soutien au gouvernement légitime et au peuple béninois.

    L’Union africaine (UA) a également dénoncé cette tentative de coup d’État, appelant les militaires à rentrer dans leurs casernes et à respecter l’ordre constitutionnel. Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a exigé l’arrêt immédiat des actions illégales et le retour des soldats à leurs obligations professionnelles.

    Contexte politique : un pays habitué aux crises

    Le Bénin a une histoire politique tumultueuse, marquée par plusieurs coups d’État depuis son indépendance en 1960. Après des périodes de régime militaire dans les années 1960 et 1970, le pays a connu une alternance démocratique avant de faire face à de nouvelles tensions sous la présidence Talon.

    Cette tentative de putsch s’ajoute à deux autres complots déjoués en 2020 et en septembre 2024. Elle s’inscrit dans un contexte régional instable, avec des coups d’État récents au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée-Bissau.

  • Tentative de coup d’État au Bénin : l’armée rétablit l’ordre

    Tentative de coup d’État au Bénin : l’armée rétablit l’ordre

    Bénin : une tentative de renversement maîtrisée par l’armée

    Un groupe de militaires se faisant appeler le « Comité militaire pour la refondation » (CMR) a annoncé dimanche matin, via la télévision publique béninoise, avoir renversé le président Patrice Talon. Cependant, une source proche du chef de l’État a rapidement démenti cette information en affirmant que Patrice Talon était en sécurité et que l’armée béninoise reprenait le contrôle de la situation.

    L’entourage de Patrice Talon a précisé que cette tentative de coup d’État ne concernait qu’un groupuscule limité, sans impact sur la stabilité du pays. « La ville de Cotonou et l’ensemble du Bénin sont totalement sécurisés. L’armée régulière intervient pour rétablir l’ordre », a déclaré cette source.

    une situation sous surveillance

    L’ambassade de France au Bénin a relayé sur X des informations indiquant des coups de feu près de la résidence présidentielle à Cotonou. Elle a immédiatement conseillé aux ressortissants français de rester confinés par précaution.

    Une source militaire béninoise a confirmé que la situation était désormais maîtrisée et que les putschistes n’avaient pas réussi à s’emparer de la résidence présidentielle ni des locaux de la présidence. « Le nettoyage des zones occupées est en cours. Tout devrait rentrer dans l’ordre rapidement », a-t-elle ajouté.

    blocages et restrictions dans la capitale économique

    Dès le début de la matinée, l’accès à la télévision nationale et à la présidence avait été bloqué par des militaires. Plusieurs zones stratégiques, dont le Sofitel de Cotonou et des quartiers abritant des institutions internationales, étaient également interdites d’accès. Malgré ces mesures, l’aéroport et le reste de la ville fonctionnaient normalement, sans perturbation majeure pour la population.

    contexte politique et tensions au Bénin

    Patrice Talon, en fonction depuis 2016, doit achever son second mandat en 2026, conformément à la Constitution béninoise. Bien que salué pour son action en faveur du développement économique, son leadership est critiqué par une partie de l’opposition qui lui reproche un durcissement autoritaire dans un pays autrefois reconnu pour sa démocratie dynamique.

    L’annonce de cette tentative de coup d’État survient dans un contexte régional marqué par une instabilité politique récurrente, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et, plus récemment, en Guinée-Bissau où un putsch a eu lieu fin novembre.

  • Tentative de coup d’État au Bénin : ce qu’il faut retenir de l’incident

    Tentative de coup d’État au Bénin : ce qu’il faut retenir de l’incident

    Un événement majeur a éclaté ce dimanche matin à Cotonou, la capitale économique du Bénin. Le gouvernement béninois a annoncé avoir mis en échec une tentative de coup d’État après qu’un groupe de militaires, se faisant appeler le Comité militaire pour la refondation (CMR), a revendiqué la destitution du président Patrice Talon à la télévision nationale.

    Selon les autorités, Patrice Talon, actuellement en sécurité, doit quitter ses fonctions en avril 2025 après deux mandats consécutifs. Le pays, connu pour sa croissance économique en Afrique de l’Ouest, fait face à des défis sécuritaires dans sa région nord, où des violences jihadistes persistent.

    Patrice Talon, président du Bénin

    Un groupe de militaires revendique le pouvoir

    Huit militaires, identifiables à leurs bérets aux couleurs variées, ont déclaré avoir créé le Comité militaire pour la refondation (CMR) et nommé un lieutenant-colonel comme président du comité. Leurs motivations incluent la détérioration de la sécurité au nord du Bénin, la négligence envers les soldats décédés en mission et leurs familles, ainsi que des promotions jugées injustes.

    Ils ont également critiqué une restriction déguisée des libertés fondamentales sous l’administration actuelle et formulé des revendications sociales.

    L’armée béninoise réaffirme son autorité

    Contrairement aux putschistes, l’armée régulière est restée fidèle à ses obligations, selon les déclarations d’Alassane Seidou, ministre béninois de l’Intérieur. « Les forces armées béninoises ont gardé le contrôle de la situation et mis fin à cette manœuvre », a-t-il affirmé lors d’une intervention télévisée.

    Des témoins ont rapporté avoir entendu des tirs dans la capitale, tandis que des soldats sécurisaient le palais présidentiel. Plusieurs zones stratégiques, dont l’hôtel Sofitel et des quartiers abritant des institutions internationales, étaient bloquées.

    Une situation sous contrôle

    Une source militaire a confirmé que les putschistes n’avaient ni atteint le domicile du chef de l’État ni la présidence. « Le nettoyage est en cours et tout devrait rentrer dans l’ordre rapidement », a-t-elle déclaré.

    Réactions des organisations régionales et internationales

    La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a condamné fermement cette action, la qualifiant de subversion de la volonté du peuple béninois. Elle a réaffirmé son soutien au gouvernement légitime.

    L’Union africaine (UA) a également dénoncé sans équivoque cette tentative, appelant les militaires impliqués à retourner immédiatement dans leurs casernes et à abandonner leurs actions illégales.

    Contexte politique et tensions au Bénin

    Patrice Talon, en place depuis 2016, est critiqué par ses détracteurs pour un virage autoritaire dans un pays autrefois reconnu pour sa démocratie dynamique. Le principal parti d’opposition est exclu de la prochaine élection présidentielle, prévue pour 2025.

    L’Afrique de l’Ouest a connu une série de coups d’État ces dernières années, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et plus récemment en Guinée-Bissau. Ces événements soulèvent des questions sur la stabilité politique de la région.

  • Tentative de coup d’État au Bénin : patrice talon échappe à un putsch armé

    Tentative de coup d’État au Bénin : patrice talon échappe à un putsch armé

    Un groupe de militaires mutins a tenté de renverser Patrice Talon ce dimanche 7 décembre 2025, marquant la première tentative de putsch au Bénin depuis plus de cinq décennies. Les insurgés ont brièvement pris le contrôle de la télévision nationale, la SRTB à Cotonou, avant d’être neutralisés par les forces armées loyales au président. Cette action audacieuse, qui a débuté aux premières heures du jour, a ciblé plusieurs sites stratégiques dont la résidence présidentielle dans le quartier Guézo et le palais présidentiel.

    patrice talon sous haute protection après une attaque éclair

    Dès l’aube, les mutins ont engagé une série d’assauts coordonnés. Selon les informations recueillies auprès de sources sécuritaires, ils ont d’abord tenté de s’introduire dans les domiciles de hauts gradés militaires avant de se diriger vers la demeure du chef de l’État. Les unités fidèles à Patrice Talon ont rapidement réagi, sécurisant les lieux et repoussant les assaillants. En milieu de matinée, la capitale économique du Bénin était placée sous haute surveillance, avec des patrouilles militaires et des hélicoptères survolant la ville.

    Dans une allocution télévisée diffusée en soirée, Patrice Talon a qualifié ces événements de « gravissimes » et promis que les responsables seraient traduits en justice. Le président a également évoqué la présence de plusieurs personnes encore détenues par les mutins en fuite, soulignant l’importance de restaurer la sécurité pour tous les citoyens.

    bilan humain lourd : un général et sa famille touchés

    Cette tentative de coup d’État a coûté la vie à l’épouse du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire de Patrice Talon. La fille du général, également blessée lors de l’assaut contre leur domicile à Abomey-Calavi, a été transportée d’urgence dans un centre hospitalier. Ces événements tragiques illustrent la violence de cette opération qui visait à déstabiliser les institutions béninoises.

    réaction des autorités et démenti des mutins

    Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a précisé en milieu de journée que seul un petit groupe de soldats avait participé à cette mutinerie. Les Forces armées béninoises, restées fidèles à leur serment républicain, ont rapidement repris le contrôle des zones occupées. Le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a confirmé que la majorité des militaires étaient restés loyaux au président.

    Les mutins, dirigés selon leurs déclarations par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, avaient proclamé la suspension de la Constitution et la prise de pouvoir par un « Comité militaire pour la refondation ». Ils accusaient Patrice Talon de gouvernance autoritaire, évoquant notamment l’adoption de lois controversées et la restriction des libertés démocratiques.

    réactions internationales et intervention militaire

    Dès les premiers échanges de tirs, les ambassades des États-Unis et de France ont émis des alertes à l’attention de leurs ressortissants, invitant à la prudence. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine ont immédiatement condamné cette tentative de putsch. L’Union africaine a qualifié l’action de « fermement inacceptable » et appelé à un retour immédiat des militaires dans leurs casernes.

    La CEDEAO a annoncé le déploiement d’une force régionale composée de contingents nigérians, ivoiriens, ghanéens et sierra-léonais pour soutenir le gouvernement béninois et préserver l’ordre constitutionnel. Le Nigeria a également envoyé des avions de chasse et des troupes au sol pour sécuriser la télévision publique et un camp militaire occupé par les mutins.

    un climat politique tendu à l’approche de la présidentielle

    Cette tentative de coup d’État survient dans un contexte politique déjà fragile au Bénin. À quelques mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, qui marquera la fin du second mandat de Patrice Talon, le pays fait face à plusieurs défis. Le nord du Bénin reste exposé aux attaques djihadistes, avec plus de cinquante soldats tués lors d’affrontements en avril dernier.

    Sur le plan institutionnel, la récente révision constitutionnelle, adoptée pour créer un Sénat et allonger la durée des mandats, suscite de vives critiques. Cette réforme, perçue comme une manœuvre pour maintenir l’influence du pouvoir sortant, a été dénoncée par l’opposition. Malgré ces tensions, Patrice Talon a déjà désigné son successeur : Romuald Wadagni, ministre des Finances et pilier de la coalition au pouvoir.

    Les analystes soulignent que cette tentative de putsch pourrait révéler des divisions profondes au sein de l’armée et du paysage politique. Les motivations des mutins, mêlant griefs politiques et ambitions personnelles, restent à éclaircir dans les prochaines semaines.

  • Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Gros plan sur Fernando Dias portant un chapeau rouge

    Quelques jours après qu’un coup d’État a interrompu l’annonce des résultats électoraux en Guinée-Bissau, le Nigeria a officiellement octroyé l’asile à Fernando Dias da Costa, l’un des candidats à la présidence.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères a confirmé que le candidat du Parti pour le renouveau social, âgé de 47 ans, bénéficiait déjà d’une protection spéciale au sein de l’ambassade du Nigeria en raison de « menaces proférées à son encontre ».

    M. Dias était le principal concurrent d’Umaro Sissoco Embaló, qui visait un second mandat présidentiel. Ce dernier a d’ailleurs quitté le pays après le putsch militaire.

    Face à cette situation, une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est rendue sur place pour presser les militaires de se retirer du pouvoir et de permettre la publication des résultats du scrutin.

    Lors de l’élection présidentielle du 23 novembre, MM. Embaló et Dias avaient tous deux proclamé leur victoire. Il est à noter que le PAIGC, mouvement historique de libération qui a mis fin à la domination coloniale portugaise, n’a pas pu présenter de candidat.

    Le coup d’État est survenu trois jours seulement après le vote. L’armée a suspendu le processus électoral et bloqué la diffusion des résultats, affirmant agir pour contrecarrer un complot visant à déstabiliser ce pays déjà marqué par une forte instabilité politique.

    La junte a par ailleurs imposé des restrictions sévères, interdisant toute manifestation et « toutes les actions perturbant la paix et la stabilité dans le pays ».

    La tension reste palpable à Bissau, la capitale. Le PAIGC a dénoncé une « invasion illégale de son siège par des milices lourdement armées » suite au coup de force. Son dirigeant, Domingos Pereira, a été arrêté le jour même du putsch, selon des informations de sa famille et de son parti.

    Fernando Dias a raconté avoir dû fuir son quartier général de campagne le jour du coup d’État, alors que des hommes armés venaient pour l’appréhender.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a précisé que le président Bola Tinubu avait personnellement approuvé la protection de M. Dias à l’ambassade du Nigeria à Bissau.

    « La décision d’accueillir M. [Fernando Dias] da Costa dans les locaux nigérians souligne notre ferme engagement à protéger les aspirations démocratiques et la volonté souveraine du bon peuple de Guinée-Bissau », a écrit M. Tuggar dans une lettre adressée à Alieu Omar Touray, président de la Commission de la CEDEAO.

    Cette même lettre demandait le déploiement de soldats d’une unité de la CEDEAO déjà présente dans le pays pour renforcer la sécurité de M. Dias à l’ambassade.

    Les pourparlers de médiation menés lundi entre la délégation de la CEDEAO, dirigée par le ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, Alhaji Musa Timothy Kabba, et la junte se sont avérés tendus. Bien que M. Kabba ait qualifié les discussions de « productives », il a reconnu que « les deux parties avaient exprimé leurs préoccupations ».

    La junte a rapidement fait prêter serment à un nouveau dirigeant de transition, le général Horta N’Tam, qui est censé diriger le pays pendant une année. En réponse, les dirigeants de la CEDEAO ont suspendu la Guinée-Bissau de tous leurs organes décisionnels jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

    Les véritables motivations derrière ce coup d’État demeurent obscures, et certains soupçonnent une mise en scène. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko ainsi que l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan ont tous deux suggéré, sans fournir de preuves, que le coup d’État était une fabrication.

    Des organisations de la société civile locale ont également accusé Umaro Sissoco Embaló d’avoir orchestré un « coup d’État simulé » avec le soutien de l’armée. Selon elles, il s’agirait d’une manœuvre pour empêcher la publication des résultats électoraux en cas de défaite.

    M. Embaló, déjà critiqué par le passé pour avoir instrumentalisé des crises afin de réprimer l’opposition, n’a pas réagi à ces accusations. L’homme de 53 ans a été autorisé à se rendre au Sénégal voisin jeudi, d’où il aurait voyagé vers le Congo-Brazzaville durant le week-end.

    La Guinée-Bissau a une histoire marquée par l’instabilité, avec au moins neuf coups d’État ou tentatives de putsch au cours des cinquante dernières années. Ce pays, situé entre le Sénégal et la Guinée, est également considéré comme une plaque tournante du trafic de drogue, où l’armée conserve une influence considérable depuis l’indépendance du Portugal en 1974.

  • Le Niger renforce sa souveraineté sanitaire lors du sommet de Dakhla

    Le Niger renforce sa souveraineté sanitaire lors du sommet de Dakhla

    le Niger s’engage pleinement dans la souveraineté sanitaire africaine

    Le Niger affiche une volonté affirmée de renforcer son système de santé et d’atteindre la souveraineté sanitaire. Lors du premier sommet africain sur les systèmes de santé et la souveraineté sanitaire, organisé à Dakhla (Maroc) les 28 et 29 novembre, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publiques du Niger, le colonel-major Garba Hakimi, a réaffirmé cette ambition. Il a souligné que cette dynamique s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités nigériennes, notamment celle du Général d’armée Abdourahmane Tiani, Président de la République.

    des infrastructures sanitaires en plein essor au Niger

    Pour construire un système de santé robuste, le Niger mise sur le développement d’infrastructures modernes. Le ministre Hakimi a évoqué la construction récente de plusieurs hôpitaux et centres de santé intégrés répartis sur l’ensemble du territoire national. Ces structures visent à booster les soins de santé primaires au niveau communautaire, un pilier essentiel pour une couverture sanitaire universelle. « Sans infrastructures de base, il est impossible de garantir un système de santé performant », a-t-il précisé.

    équipements de pointe et formation des professionnels : deux piliers complémentaires

    L’acquisition d’équipements médicaux de pointe et de technologies de diagnostic constitue une priorité pour le gouvernement nigérien. Ces investissements permettent aux médecins et techniciens de poser des diagnostics précis et d’assurer une prise en charge optimale des patients. Cependant, le ministre Hakimi a rappelé que « l’essentiel ne réside pas uniquement dans les outils, mais aussi dans la formation des professionnels ». Ainsi, de nombreux agents bénéficient de cycles de spécialisation et de formations continues pour maîtriser ces nouvelles technologies.

    • Amélioration des équipements : acquisition de matériel de pointe pour les diagnostics et les soins curatifs.
    • Renforcement des compétences : programmes de formation pour les professionnels de santé afin de garantir une utilisation optimale des outils disponibles.

    mesures sociales et gratuité partielle : un accès aux soins pour tous

    Le gouvernement nigérien a mis en place plusieurs mesures pour faciliter l’accès aux soins. Parmi elles, on retrouve :

    • La gratuité partielle de certains actes médicaux, comme les accouchements et la prise en charge des enfants de moins de cinq ans.
    • Une réduction de 50% des tarifs des soins dans les formations sanitaires publiques.
    • Des allocations budgétaires substantielles pour le secteur de la santé.

    Ces initiatives visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à tendre vers une couverture sanitaire universelle, comme le préconisent les autorités nigériennes.

    les défis identifiés lors du sommet de Dakhla

    Lors de ce sommet, les experts africains ont passé en revue les systèmes de santé du continent. Si des avancées ont été constatées, plusieurs défis majeurs ont été identifiés :

    • Fragilité des systèmes sanitaires nationaux.
    • Problèmes de gouvernance et de gestion des ressources.
    • Financement insuffisant des systèmes de santé.

    Pour le ministre Hakimi, l’enjeu n’est pas seulement de reconnaître ces défis, mais de définir des stratégies concrètes pour les surmonter. L’objectif est de construire un système de santé résilient, performant et capable de répondre aux besoins de la population.

    la vision royale du Maroc : un modèle pour l’afrique

    Le sommet de Dakhla a également permis de mettre en lumière la vision du Roi du Maroc, qui prône une Afrique souveraine sur le plan sanitaire. Le Maroc s’est engagé dans ce projet avec la construction d’hôpitaux universitaires, d’universités et de formations sanitaires, comme le complexe de Dakhla visité lors de l’événement. Le ministre nigérien a souligné l’importance des ressources humaines qualifiées pour atteindre cet objectif : « Un système de santé solide ne peut exister sans des professionnels compétents ».

    vers une souveraineté sanitaire africaine

    Le ministre Hakimi a rappelé que plusieurs chefs d’État africains recommandent l’allocation de 15% du budget national au secteur de la santé pour garantir un financement suffisant. Cette approche permettrait d’acquérir les équipements nécessaires, de former les professionnels et de construire des infrastructures adaptées. « La souveraineté sanitaire est à notre portée. Il suffit d’un engagement fort et de stratégies innovantes », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné l’importance des financements innovants, combinés aux budgets alloués, pour renforcer la résilience des systèmes de santé. Le sommet de Dakhla a abouti à une feuille de route en cinq axes :

    • Épidémiologie : surveillance et gestion des maladies.
    • Capital humain et formation : renforcement des compétences professionnelles.
    • Recherche et innovation : développement de solutions adaptées.
    • Financement et gouvernance : optimisation des ressources et des processus.
    • Infrastructures et accès équitable : construction et accessibilité des structures de santé.

    « En travaillant ensemble sur ces cinq piliers, l’Afrique peut atteindre la souveraineté sanitaire. L’essentiel est d’agir maintenant », a conclu le ministre.

    Ce sommet a réuni près de 200 experts africains autour d’une réflexion commune sur l’avenir de la santé en Afrique, avec le soutien du Roi du Maroc.

  • Vaccination contre le vph au Mali : un an de progrès et d’espoir

    Vaccination contre le vph au Mali : un an de progrès et d’espoir

    Vaccination contre le VPH au Mali : un an de progrès et d’espoir après son lancement

    Un an après l’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain (VPH) au Mali, la campagne de vaccination prend de l’ampleur. Dans la capitale Bamako et ses environs, de plus en plus de filles âgées de 10 ans bénéficient de cette protection essentielle contre le cancer du col de l’utérus. Malgré les défis persistants — réticences, rumeurs et contraintes logistiques —, soignants, associations et familles saluent une avancée majeure pour la santé des femmes maliennes.

    Des dizaines de jeunes filles brandissent leur carnet de vaccination après avoir reçu la dose unique contre le VPH. Crédit : Centre Djiguiya, Bamako

    Ce jeudi 30 octobre, dans le quartier de Korofina à Bamako, une séance d’information rassemble femmes et jeunes filles au centre d’état civil. Amin Dem, sage-femme, anime la discussion. « Au début, il y avait beaucoup de réticence. Les filles avaient peur, et les parents aussi. Mais avec la sensibilisation, les choses ont changé », explique-t-elle.

    Selon elle, la principale préoccupation reste le mythe selon lequel le vaccin rendrait les filles stériles. « Quand on prend le temps d’expliquer, surtout dans leur langue, elles comprennent. »

    Une percée majeure dans la prévention du cancer du col de l’utérus

    Lancée en novembre 2024, la campagne de vaccination contre le VPH marque un tournant décisif pour le Mali. Grâce au schéma à dose unique, offrant une protection complète, plus de 145 000 filles de 10 ans ont été vaccinées entre janvier et septembre 2025. Parmi elles, plus de 113 000 sont scolarisées, tandis que 32 400 filles non scolarisées ont également été touchées. Les autorités reconnaissent cependant la nécessité d’intensifier les efforts pour atteindre davantage les populations les plus vulnérables, souvent laissées pour compte.

    Pour le Dr Ibrahima Téguété, gynécologue-obstétricien au CHU du Point G, cette initiative rapproche le Mali des objectifs 90-70-90 de l’OMS : vacciner 90 % des filles contre le VPH, dépister 70 % des femmes à deux âges clés, et garantir l’accès au traitement pour 90 % de celles présentant des lésions. « L’introduction du vaccin est une grande satisfaction. Elle nous permet enfin d’agir en prévention primaire », souligne-t-il. Il reste cependant conscient des limites du système : « Nous n’avons qu’une seule unité de radiothérapie. Le dernier “90” sera encore difficile à atteindre. »

    Mobilisation collective : un pilier du succès

    Si la campagne s’appuie sur les structures de santé publique, la société civile joue un rôle clé. À Bamako, l’ONG Solidaris223 a multiplié les séances de sensibilisation depuis le lancement. « Nous sommes intervenus dans toutes les communes. Les mamans venaient nous demander où vacciner leurs filles », raconte sa présidente, Amina Dicko.

    Au Centre Djiguiya, à Bamako, une journée entière a été consacrée à la vaccination. « Soixante-dix filles internes ont reçu leur dose, et aucune n’a eu d’effet secondaire », assure la directrice, Mme Togo Mariam Sidibé.

    Les adolescentes partagent également leur expérience. Awa, 10 ans, confie : « J’avais peur de l’aiguille, mais c’est passé vite. Je suis contente, parce que ça nous protège pour plus tard. » Haby, vaccinée à l’école, ajoute : « La maîtresse nous a expliqué pourquoi c’est important. J’ai demandé à ma mère, elle m’a rassurée. Je suis fière d’être vaccinée. » Pour le Dr Téguété, ces initiatives illustrent l’engagement des acteurs : « Les premières dotations ont été utilisées très rapidement. Cela prouve qu’il y a une volonté collective. »

    Réticences en déclin, mais défis persistants

    Les rumeurs sur la fertilité continuent d’alimenter certaines résistances. « Certains prétendent que le vaccin nous veut du mal. C’est totalement faux », insiste le Dr Téguété. Amin Dem observe au quotidien : « Aujourd’hui, certaines mamans viennent spontanément demander le vaccin. Dès qu’on prend le temps d’expliquer, tout change. »

    Fannata Dicko, mère d’une fille vaccinée, témoigne de ce changement de mentalité. « J’ai fait vacciner ma fille parce que le cancer du col de l’utérus est une maladie grave. Ma belle-mère en est décédée cette année. J’ai vu de mes propres yeux à quel point une femme peut souffrir lorsqu’elle en est atteinte. Alors j’ai préféré prévenir, pour que ma fille n’ait jamais à affronter cela plus tard. »

    Malgré ces avancées, le déploiement du vaccin n’est pas sans obstacles. « Entre Mopti et Gao, les déplacements sont parfois impossibles par la route », reconnaît le Dr Téguété. Pour contourner ces difficultés, certaines dotations sont acheminées par avion vers les chefs-lieux de région.

    Pour aller plus loin

    Le vaccin reste entièrement gratuit pour toutes les filles de 10 ans, une mesure maintenue grâce aux efforts conjoints de l’État et de ses partenaires techniques et financiers, notamment Gavi. Cette gratuité garantit un accès équitable, même dans les zones les plus reculées. « Si nous parvenons à maintenir cet effort pendant encore quelques années, nous aurons vacciné toutes les filles de 9 à 14 ans », estime le spécialiste.

    Un avenir prometteur malgré les défis

    Les efforts de prévention ne sont pas nouveaux. Entre 2016 et 2022, le programme Weekend 70 a permis d’augmenter le taux de dépistage du cancer du col de 15 % à plus de 70 % dans le district de Bamako. Pourtant, la désinformation reste un frein majeur. « Ce que les gens ne savent pas, ils le craignent. Il faut continuer à expliquer, informer et dialoguer », insiste le Dr Téguété.

    Il souligne également l’importance du soutien des leaders religieux. « Leur implication a rassuré de nombreuses familles. » À Bamako, les résultats sont visibles : les parents sont plus confiants, les filles plus nombreuses à se faire vacciner. « Bamako n’est pas le Mali, mais c’est un bon indicateur de ce que nous pouvons accomplir ensemble. »

    Amin Dem partage cet optimisme. « Avant, on nous demandait pourquoi on parlait du cancer ici. Aujourd’hui, les gens viennent chercher des réponses. »

    Pour les professionnels et les associations, le vaccin contre le VPH représente le début d’une transformation profonde de la santé des femmes au Mali. Comme le rappelle le Dr Téguété, « Derrière chaque fille vaccinée, c’est une femme sauvée. »

  • Avocate burkinabè Ini Benjamine Esther Doli : détention arbitraire et condamnation dénoncées

    Avocate burkinabè Ini Benjamine Esther Doli : détention arbitraire et condamnation dénoncées

    Condamnation de Maître Ini Benjamine Esther Doli : une atteinte aux libertés fondamentales au Burkina Faso

    Une avocate et défenseure des droits humains au Burkina Faso, Ini Benjamine Esther Doli, a été condamnée à un an de prison ferme pour ses prises de position publiques, illustrant une fois de plus la répression croissante des voix critiques dans le pays. Son cas s’inscrit dans un contexte alarmant de restrictions des libertés et de détentions arbitraires ciblant les défenseur·es des droits et les journalistes.

    Ini Benjamine Esther Doli

    Le 10 novembre 2025, le tribunal de grande instance de Ouagadougou a reconnu Maître Ini Benjamine Esther Doli coupable de deux chefs d’accusation : « outrage au chef de l’État » (article 352-2 du Code pénal) et « entreprise de démoralisation des forces armées » (article 312-11 du Code pénal). Ces condamnations font suite à des publications qu’elle a partagées sur son compte Facebook, où elle critiquait ouvertement les autorités et les dysfonctionnements du système judiciaire. Elle a écopé d’une peine d’un an de prison ferme, assortie d’une amende de 1 000 000 F.CFA (environ 1 525 euros).

    Bien que relaxée pour le chef de « trahison » qui lui était initialement reproché, Maître Doli reste incarcérée au quartier féminin de la prison civile de Ouagadougou. Elle a interjeté appel de cette décision et continue d’avoir accès à ses avocats ainsi qu’à sa famille.

    Un parcours marqué par l’engagement et la répression

    Ini Benjamine Esther Doli est une figure connue pour son combat en faveur des droits humains. Diplômée en droit, elle a occupé des fonctions clés au sein de l’appareil judiciaire burkinabè, notamment en tant que substitut du procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso et commissaire du gouvernement au tribunal administratif de Ouagadougou. Depuis juillet 2024, elle est inscrite au tableau de l’Ordre des avocats du Burkina Faso.

    Son engagement public s’est intensifié après son retour d’un voyage à l’étranger, où elle avait partagé une publication sur Facebook critiquant vivement la situation politique et sociale du pays. Peu après cette publication, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2025, elle a été enlevée à son domicile à Ouagadougou par des individus se présentant comme des membres de la gendarmerie nationale. Cet événement marque le début d’une série de persécutions judiciaires à son encontre.

    Une voix critique contre les violations des droits humains

    Sur les réseaux sociaux, Maître Doli dénonçait régulièrement les atteintes aux libertés fondamentales, notamment les enlèvements, les séquestrations et les intimidations perpétrés contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes. Elle pointait du doigt les dysfonctionnements du système judiciaire burkinabè, soulignant les lenteurs, le manque d’indépendance de la magistrature et les entraves constantes aux libertés individuelles. Ses publications mettaient en lumière des cas concrets de violations, comme l’enlèvement de citoyens ou l’utilisation abusive des forces de l’ordre pour museler la population.

    Ses prises de parole publiques, perçues comme un soutien aux victimes de violations et un plaidoyer pour la justice, lui ont valu des poursuites. Dès le 4 septembre 2025, le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Burkina Faso avait été informé de l’ouverture imminente d’une procédure judiciaire à son encontre. Le 6 septembre, le procureur du Faso avait officiellement lancé une enquête pour « trahison », « outrage au chef de l’État » et « entreprise de démoralisation des forces armées », en lien avec ses publications sur Facebook.

    Un contexte de répression généralisée au Burkina Faso

    Le cas de Maître Doli n’est malheureusement pas isolé. Plusieurs autres défenseur·es des droits humains et journalistes ont été victimes d’enlèvements, de disparitions forcées ou de détentions arbitraires au Burkina Faso ces derniers mois. Parmi eux :

    • Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement Balai citoyen, toujours détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs » après son arrestation en janvier 2024 ;
    • Amadou Sawadogo, cadre du Balai citoyen, porté disparu le 21 mars 2025 avant d’être libéré le 26 mai 2025 ;
    • Miphal Ousmane Lankoandé, secrétaire exécutif du même mouvement, toujours porté disparu depuis son enlèvement le 30 mars 2025 ;
    • Les journalistes Boukary Ouoba, Luc Pagbeguem et Guezouma Sanogo, enlevés le 24 mars 2025 puis libérés respectivement les 17 juillet et 21 juillet 2025 ;
    • Atiana Serge Oulon, journaliste d’investigation et directeur de publication du bimensuel l’Événement, toujours porté disparu depuis son enlèvement le 24 juin 2024.

    Ces événements illustrent une tendance inquiétante : la répression ciblée des voix dissidentes et des acteur·rices de la société civile, en particulier celles et ceux qui dénoncent les manquements des autorités militaires au pouvoir.

    Appel à l’action : libérer Ini Benjamine Esther Doli et garantir les libertés fondamentales

    Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités militaires du Burkina Faso à mettre un terme immédiat à la détention arbitraire de Maître Doli et à abandonner toutes les charges à son encontre. Elles exigent également la fin de toute forme de harcèlement judiciaire contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes dans le pays.

    Il est crucial que les autorités garantissent le respect des libertés fondamentales, conformément aux standards internationaux, notamment :

    • Les Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ;
    • Les Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples ;
    • La Constitution et la Charte de la transition du Burkina Faso.

    Voici les actions que vous pouvez entreprendre pour soutenir cette cause :

    • Écrire aux autorités du Burkina Faso pour exiger :
      • La libération immédiate et inconditionnelle de Maître Ini Benjamine Esther Doli ;
      • La garantie de l’intégrité physique et psychologique de Maître Doli et de l’ensemble des défenseur·es des droits humains ;
      • L’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de son enlèvement et de sa détention ;
      • Le respect strict des libertés d’expression et d’association.

    Destinataires des courriers :

    Nous vous encourageons également à interpeller les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays pour relayer ces exigences.

    La liberté d’expression et la protection des défenseur·es des droits humains sont des piliers essentiels de toute société démocratique. Leur respect doit être une priorité absolue pour les autorités burkinabè.