Auteur/autrice : nigeractu

  • Une exposition poignante sur la crise humanitaire au Mali s’installe à Bruxelles

    Une exposition poignante sur la crise humanitaire au Mali s’installe à Bruxelles

    Du 23 janvier au 12 février, les Halles Saint-Géry à Bruxelles deviennent le théâtre d’une sensibilisation nécessaire à travers une exposition photographique majeure. Baptisée « In Their Eyes », cette présentation a pour vocation d’alerter l’opinion publique sur la crise humanitaire au Mali, une tragédie qui bouleverse la vie de plus de 6,4 millions de personnes à travers le pays.

    Un regard artistique sur une urgence absolue

    Ce projet est le fruit d’une synergie entre sept organisations non gouvernementales de renom : Médecins du Monde, Action contre la Faim, le Conseil norvégien pour les réfugiés, le Conseil Danois pour les Réfugiés, International Medical Corps, l’International Rescue Committee et Première Urgence Internationale. Cette initiative reçoit l’appui institutionnel de l’Union européenne.

    Le parcours se compose d’environ trente photographies capturées par l’artiste malien Tiécoura N’Daou. Réalisés en septembre 2025, ces clichés proviennent des régions de Gao et de Mopti, des zones où les ONG déploient des programmes d’aide essentiels. Selon les organisateurs, l’ambition est de documenter les épreuves quotidiennes « à travers les yeux de celles et ceux qui la vivent chaque jour », en mettant en lumière les récits de perte et de résilience des populations déplacées, tout en valorisant l’action des travailleurs humanitaires.

    Une détresse humaine documentée par les chiffres

    La situation sur le sol malien est qualifiée d’alarmante par les acteurs de terrain. Les statistiques révèlent l’ampleur du désastre :

    • Plus de 400 000 déplacés internes, principalement des femmes et des enfants.
    • Une insécurité alimentaire sévère touchant 1,5 million d’habitants.
    • Près de 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë.
    • Un recensement de plus de 35 000 violations des droits humains au cours de l’année 2024.

    Cette exposition bruxelloise offre ainsi une fenêtre cruciale sur les défis de survie auxquels est confrontée la population civile dans un contexte de vulnérabilité extrême.

  • Le Sénégal sacré champion d’Afrique face au Maroc après une finale sous haute tension

    Le Sénégal sacré champion d’Afrique face au Maroc après une finale sous haute tension

    Le Sénégal a gravé une nouvelle ligne à son palmarès en remportant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) ce dimanche 18 janvier. Dans un duel haletant face au Maroc, pays organisateur, les Lions de la Terenga l’ont emporté 1-0 grâce à une réalisation de Pape Gueye durant les prolongations. Ce deuxième titre continental pour le Sénégal vient clore une rencontre épique, bien que marquée par des tensions arbitrales majeures. À Saint-Denis, en France, comme dans les rues de Rabat, la ferveur était à son comble pour suivre ce choc au sommet.

    Un incident de jeu qui a failli tout faire basculer

    Le match a pris une tournure dramatique à la 96e minute. Alors qu’un penalty venait d’être sifflé en faveur des Lions de l’Atlas, les joueurs sénégalais, exaspérés par un but précédemment refusé, ont brièvement quitté la pelouse en signe de protestation. Un geste qui a suscité l’incompréhension totale des supporters marocains. Hassan, venu avec son fils Sami, a déploré ce comportement : « C’est la décision de l’arbitre, pourquoi vouloir gâcher la fête ? Ce n’est vraiment pas fair-play », a-t-il fustigé, rejoint par son fils qui jugeait anormal de refuser de jouer à un tel moment de la partie.

    L’influence de Sadio Mané et le dénouement épique

    Il a fallu l’intervention décisive de Sadio Mané pour ramener le calme. La star sénégalaise, pour qui c’était la dernière CAN, a convaincu ses jeunes coéquipiers de reprendre le jeu. Le tournant du match a eu lieu lorsque Brahim Diaz, l’attaquant du Real Madrid, a manqué son tir au but. En prolongation, le Sénégal a su faire la différence pour s’imposer définitivement. Si l’événement a été suivi avec passion par les amateurs de football sur tout le continent, de Dakar jusqu’à Niamey actualité, les réactions divergent radicalement selon les camps.

    Côté sénégalais, la fierté balaie toutes les polémiques. Ibrahima, un supporter enthousiaste, souligne que seul le résultat final compte : la victoire est acquise et la fête peut commencer. Chez les Marocains, la désillusion est immense. Certains fans s’interrogent même sur le penalty raté par Brahim Diaz, l’accusant presque de ne pas avoir mis toute sa conviction dans son tir. Pour la jeunesse de Rabat, perdre cette finale à domicile, dans leur propre stade, laisse une cicatrice profonde après un parcours qui semblait pourtant tracé vers le sacre.

  • Exposition photographique à Bruxelles : la crise humanitaire au Mali sous les projecteurs

    Exposition photographique à Bruxelles : la crise humanitaire au Mali sous les projecteurs

    Du 23 janvier au 12 février, les Halles Saint-Géry à Bruxelles accueilleront une exposition photographique poignante intitulée « In Their Eyes ». Organisée par sept ONG humanitaires majeures, cette initiative vise à sensibiliser le public à la crise humanitaire au Mali, un pays où plus de 6,4 millions d’individus sont actuellement affectés par des conditions de vie extrêmes.

    Une collaboration humanitaire soutenue par l’Union européenne

    Cette exposition d’envergure est le fruit d’une collaboration entre plusieurs organisations non gouvernementales de renom, œuvrant sans relâche sur le terrain. Parmi elles figurent Médecins du Monde, Action contre la Faim, le Conseil norvégien pour les réfugiés, le Conseil Danois pour les Réfugiés, International Medical Corps, l’International Rescue Committee et Première Urgence Internationale. L’Union européenne apporte également son soutien précieux à ce projet.

    « In Their Eyes » : un témoignage visuel de la réalité malienne

    L’exposition mettra en lumière une trentaine de photographies captivantes, réalisées par le talentueux photographe malien Tiécoura N’Daou. Ces clichés ont été pris en septembre 2025 dans les régions de Gao et de Mopti, des zones où les ONG partenaires déploient activement leurs projets. L’objectif principal de cette exposition photographique est de présenter la réalité de la crise « à travers le regard de ceux qui la vivent quotidiennement« . Elle offre une perspective intime sur les récits des populations déplacées et touchées par la perte, tout en soulignant l’engagement vital du personnel humanitaire.

    La situation humanitaire au Mali : des chiffres alarmants

    Les ONG qualifient la situation humanitaire au Mali d’ »alarmante« . Les défis sont immenses :

    • Plus de 400 000 personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays, avec une forte majorité de femmes et d’enfants.
    • Environ 1,5 million d’individus sont confrontés à une grave crise alimentaire.
    • Un nombre tout aussi préoccupant de 1,5 million d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë.
    • En 2024, le pays a enregistré plus de 35 000 violations des droits humains, témoignant de l’ampleur des souffrances.

    Cette exposition à Bruxelles est une occasion cruciale pour le public européen de prendre conscience de l’urgence de la situation et de soutenir les efforts humanitaires au Mali.

  • Interdiction du magazine Jeune Afrique au Mali : l’ujpla dénonce une menace pour la liberté de la presse

    Interdiction du magazine Jeune Afrique au Mali : l’ujpla dénonce une menace pour la liberté de la presse

    L’Union des Journalistes de la Presse Libre Africaine (UJPLA) exprime une vive opposition face à l’interdiction imposée par les autorités du Mali concernant la vente et la diffusion du magazine Jeune Afrique sur l’ensemble du territoire national.

    Cette décision est perçue comme une violation flagrante des principes fondamentaux de la liberté de la presse, de l’expression et du droit des citoyens maliens à accéder à une information diversifiée, équitable et indépendante.

    Depuis plusieurs décennies, Jeune Afrique s’impose comme un acteur incontournable du paysage médiatique africain. Ce magazine panafricain joue un rôle crucial dans le débat démocratique, l’analyse des enjeux politiques, économiques et sociaux du continent. Son interdiction en territoire malien représente un signal préoccupant et une tendance autoritaire qui remet en cause les engagements du Mali en matière de droits humains.

    L’UJPLA tient à rappeler que la liberté de la presse ne constitue ni un faveur accordée, ni une variable d’ajustement par les gouvernements, mais un droit inaliénable protégé par des textes internationaux, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

    Les actions et revendications de l’UJPLA

    • Condamnation sans réserve de cette mesure arbitraire et injustifiée ;
    • Exigence immédiate de la levée de l’interdiction visant Jeune Afrique au Mali ;
    • Appel au dialogue et au respect des libertés fondamentales de la part des dirigeants maliens ;
    • Mobilisation des défenseurs des droits humains et de la liberté de la presse pour contrer cette dérive autoritaire.

    L’UJPLA réaffirme avec force son engagement sans faille en faveur de la liberté de la presse et de la protection des journalistes à travers toute l’Afrique.

  • Crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : l’urgence humanitaire s’aggrave

    Crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : l’urgence humanitaire s’aggrave

    Une urgence humanitaire sans précédent en Afrique de l’Ouest et du Centre

    En Afrique de l’Ouest et du Centre, des millions de personnes sont aujourd’hui confrontées à une crise alimentaire aiguë, aggravée par la hausse des violences et les coupes budgétaires. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 55 millions d’habitants pourraient être touchés par une famine critique dès cet été, dont plus de 13 millions d’enfants en situation de vulnérabilité extrême.

    Les prévisions sont alarmantes : plus de trois millions de personnes devraient connaître une insécurité alimentaire de niveau d’urgence (phase 4 de l’IPC) en 2026, ce qui représente un doublement par rapport aux 1,5 million de personnes concernées en 2020. Quatre pays concentrent à eux seuls 77 % des besoins : le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger.

    Parmi les zones les plus critiques, l’État de Borno au Nigeria inquiète particulièrement : 15 000 personnes pourraient basculer dans une famine catastrophique (IPC-5), un niveau inédit depuis près de dix ans.

    Des pays en première ligne face à la faim

    Plusieurs pays de la région subissent les conséquences d’un cercle vicieux : conflits, déplacements massifs et effondrement économique. Au Mali, la réduction des aides alimentaires a entraîné une augmentation de 64 % des cas de famine aiguë dans certaines zones, tandis que les rations complètes ont permis une baisse de 34 %. Avec 1,5 million de Maliens vulnérables, le risque de crise alimentaire reste très élevé.

    Au Nigeria, le manque de financements en 2025 a forcé le PAM à réduire ses programmes nutritionnels, affectant plus de 300 000 enfants. La situation s’est dégradée, passant de grave à critique dans plusieurs États du nord. En février 2026, seulement 72 000 personnes pourraient être secourues, contre 1,3 million l’année précédente.

    Au Cameroun, plus d’un demi-million de personnes risquent de ne plus recevoir d’aide vitale si les fonds d’urgence ne sont pas mobilisés rapidement.

    13 millions d’enfants menacés par la malnutrition

    Selon Jean Martin Bauer, directeur de l’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition au PAM, environ 13 millions d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre seront exposés à la faim chronique en 2026. Ces enfants, parmi les plus vulnérables, ont besoin de programmes nutritionnels prioritaires pour éviter des conséquences irréversibles.

    Le PAM alerte sur l’impact de l’IPC-5, qui concerne 15 000 personnes dans le nord-est du Nigeria et certaines zones de l’État de Borno. Ce classement signifie un risque immédiat de mortalité accru. « Les gens meurent de faim », a souligné Jean Martin Bauer, insistant sur l’urgence d’agir pour sauver les populations les plus exposées.

    Un appel à l’action urgent : 453 millions de dollars nécessaires

    Pour éviter une catastrophe humanitaire, le PAM lance un appel à l’aide : plus de 453 millions de dollars doivent être mobilisés dans les six prochains mois afin de maintenir les opérations d’urgence dans la région. Sans ces fonds, des millions de vies seront en danger.

    Sarah Longford, directrice régionale adjointe du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, met en garde : « Il est essentiel de soutenir les communautés en crise pour éviter que la faim ne s’aggrave et ne provoque davantage de troubles, de déplacements et de conflits dans toute la région. »

    Des solutions existent, mais elles manquent de financements

    Le PAM déploie depuis plusieurs années des programmes de résilience, des initiatives d’alimentation scolaire et des infrastructures communautaires pour lutter contre les causes profondes de l’insécurité alimentaire. Ces efforts ont déjà porté leurs fruits : plus de 300 000 hectares de terres dégradées ont été réhabilités depuis 2018, protégeant environ quatre millions de personnes contre les chocs climatiques.

    Malgré ces avancées, les solutions restent sous-financées. « Les réponses existent, mais elles ne sont pas assez soutenues financièrement », a souligné Jean Martin Bauer. Pour briser le cycle de la faim et offrir un avenir aux générations futures, les gouvernements locaux et leurs partenaires doivent investir davantage dans la préparation, les mesures anticipatives et le renforcement de la résilience des communautés.

    Des femmes et des enfants camerounais participent à une séance de sensibilisation dans le cadre du projet PULCCA, visant à renforcer la résilience face à l'insécurité alimentaire.
    Enfant dans un camp de déplacés à Maiduguri, État de Borno, Nigeria : une illustration de la crise humanitaire dans la région.

    Agir maintenant pour éviter une catastrophe

    Face à l’urgence, le PAM appelle à une mobilisation immédiate des fonds pour éviter que la situation ne dégénère davantage. Les solutions existent : renforcement des programmes de résilience, soutien aux gouvernements locaux et protection des populations les plus vulnérables. Mais sans une réponse financière rapide, des millions de personnes continueront de souffrir de la faim et de ses conséquences dévastatrices.

    La communauté internationale doit agir dès maintenant pour sauver des vies et préserver l’avenir de millions d’enfants et d’adultes en Afrique de l’Ouest et du Centre.

  • Femmes maliennes piégées par l’orpaillage artisanal : quand la survie tue

    Femmes maliennes piégées par l’orpaillage artisanal : quand la survie tue

    femmes travaillant dans une mine artisanale au Mali

    L’éboulement survenu à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba, a emporté six femmes, dont deux mères de famille, le 9 janvier 2026. Cette tragédie révèle une réalité glaçante : la pauvreté extrême pousse des femmes à risquer leur vie chaque jour pour subvenir aux besoins de leur foyer.

    Des mères de famille condamnées par la misère

    Dans les mines artisanales du Mali, les femmes n’ont d’autre choix que de travailler dans des conditions extrêmes. Leur combat quotidien pour nourrir leurs enfants les expose à des dangers mortels. Dans la région de Kayes, certaines d’entre elles passent plus de 12 heures sous un soleil accablant pour extraire quelques grammes d’or.

    Les zones de travail qui leur sont attribuées sont souvent les plus instables. Reléguées dans des galeries abandonnées ou des fosses fragilisées, elles doivent braver des parois instables, jugées trop risquées par les autres orpailleurs. Ces sites, qualifiés de « résiduels », deviennent leurs tombes dès que la terre s’effondre sous leur poids.

    Une spirale de risques et d’exploitation

    Les dangers ne se limitent pas aux effondrements. Les femmes manipulent des substances toxiques, comme le mercure, sans aucune protection. Elles subissent également des violences et des exploitations sur les sites miniers, aggravant leur précarité. L’éboulement de Kéniéty, où six femmes ont perdu la vie, illustre tragiquement cette situation.

    En grattant les parois d’une ancienne mine chinoise, ces mères de famille ont été surprises par un effondrement soudain. Malgré l’intervention rapide des secours, la terre a eu raison de leur fragile espoir.

    Vers une solution durable pour briser ce cycle

    Pour les habitants de Dialafara, la sécurité après l’exploitation minière est devenue une priorité. Les sociétés minières, en quittant les sites sans les sécuriser, laissent des cratères dangereux où les populations pauvres s’engouffrent. Le remblayage des anciennes mines est désormais une demande pressante pour éviter de nouvelles tragédies.

    Au-delà de la sécurisation des sites, il est essentiel d’offrir aux femmes des alternatives économiques viables. Les autorités sont appelées à renforcer leurs actions sociales pour les orienter vers des activités génératrices de revenus. Sans une solution concrète, la pauvreté continuera de sacrifier des vies humaines dans les entrailles de la terre malienne.

  • Corruption au Mali : l’impact dévastateur des petits cadeaux sur la société

    Corruption au Mali : l’impact dévastateur des petits cadeaux sur la société

    Au Mali, les expressions comme « bonya » (respect), « woro songo » (prix de la cola) ou « buru songo » (prix du pain) ne servent pas uniquement à désigner des cadeaux anodins. Elles symbolisent bien souvent des pots-de-vin, des faveurs indues ou des avantages personnels qui s’insinuent dans le quotidien des citoyens et des institutions. Une pratique qui, bien que répandue, reste un fléau aux conséquences dramatiques pour la société malienne.

    Qu’est-ce que la corruption et pourquoi est-elle si ancrée au Mali ?

    Selon Transparency International, la corruption se définit comme « le détournement à des fins privées d’un pouvoir confié en délégation ». Cette définition s’applique parfaitement à la situation actuelle du Mali, où les petits cadeaux et les avantages personnels sont devenus monnaie courante. Que ce soit dans les services publics, les administrations ou même les relations commerciales, cette pratique s’est normalisée au point d’être perçue comme acceptable, voire nécessaire.

    Myriam, directrice commerciale à Bamako, en témoigne avec amertume : « Chaque fois que je décroche un marché, des agents de l’administration ou de l’entreprise contractante exigent un pourcentage de retour. C’est à prendre ou à laisser. » Une situation qui la pousse à douter de sa capacité à poursuivre son activité dans ces conditions, tant cette extorsion systématique est devenue une norme ancrée dans les mœurs.

    Des pratiques corruptives qui touchent tous les secteurs

    La corruption au Mali ne se limite pas aux grands contrats ou aux hauts fonctionnaires. Elle se manifeste aussi dans des situations du quotidien :

    • Un pot-de-vin pour accélérer une démarche administrative ;
    • Un « cadeau » pour obtenir une note élevée à un examen ;
    • Une faveur accordée grâce à des relations plutôt qu’au mérite ;
    • Des paiements informels pour accéder à des services essentiels comme la santé ou l’éducation.

    Omar Keita, entrepreneur à Bamako, raconte avoir dû débourser 10 000 FCFA à un pompiste pour être servi après une longue attente. Une situation qu’il qualifie de « profondément blessante », mais qui illustre la banalisation de ces pratiques. Avec la pénurie de carburant qui a frappé le pays, ces petits paiements informels sont devenus encore plus fréquents, créant un cercle vicieux où la corruption est perçue comme un mal nécessaire.

    Une corruption qui menace les fondements de la démocratie et de l’économie

    Pour Sibiri Diarra, ancien fonctionnaire international, « les cadeaux, même symboliques, doivent être encadrés pour éviter toute dérive ». Pourtant, au Mali, ces règles sont souvent ignorées, ouvrant la porte à tous les abus. Le manque de sanctions réelles et l’absence de cadre juridique strict renforcent cette tendance, rendant la lutte contre la corruption particulièrement difficile.

    Mohamed Abdellahi Elkhalil, sociologue spécialiste du Sahel, met en garde : « La corruption a infiltré les rouages de la société malienne. Ce n’est pas une question culturelle, mais sociologique. » Selon lui, « l’envie de vivre au-delà de ses moyens » et la précarité économique sont des catalyseurs majeurs de cette pratique. Oumar Korkosse, membre du Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement au Mali (Recotrade), ajoute que « la pauvreté et le chômage poussent les citoyens à adopter des comportements corruptifs pour survivre ».

    Face à cette réalité, l’Association Malienne de Lutte contre la Corruption et la Délinquance Financière (AMLCDF) insiste sur la nécessité de construire une conscience citoyenne fondée sur l’éthique et le respect du bien commun. Les initiatives de la société civile, les programmes d’éducation à la citoyenneté et les discours religieux pourraient jouer un rôle clé dans cette prise de conscience.

    Un phénomène endémique aux conséquences désastreuses

    Selon un sondage réalisé en mars 2024 par Afrobaromètre, les juges, les hommes et femmes d’affaires, les fonctionnaires, les agents des impôts, les policiers et les gendarmes sont perçus comme les plus impliqués dans des affaires de corruption. De nombreux citoyens avouent avoir dû verser un pot-de-vin pour accéder à des services publics, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la police.

    illustration des pratiques de corruption au Mali

    Les résultats de l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2024 de Transparency International confirment cette tendance inquiétante. Avec un score de 27/100, le Mali se classe à la 135e position sur 180 pays évalués. En 2025, malgré une légère amélioration (28/100), le pays reste parmi les nations où le secteur public est considéré comme fortement corrompu.

    Le Worldwide Governance Indicators de la Banque mondiale révèle également que le contrôle de la corruption au Mali se situe à -0,86, un score bien en dessous de la moyenne mondiale (-0,04). Cette situation indique une faible capacité des institutions à combattre et contrôler ce fléau.

    Me. Soumaré Boubacar, avocat au Barreau de Bamako, explique cette résignation par un phénomène de « normalisation de la corruption » : « Quand une grande partie de la population doute de l’intégrité des institutions, la corruption devient une stratégie de survie. Puisque tout le monde le fait, pourquoi pas moi ? »

    Vers une prise de conscience collective ?

    Pour briser ce cycle, plusieurs pistes sont évoquées :

    • Renforcer les sanctions contre les auteurs de corruption ;
    • Sensibiliser la population via des programmes d’éducation et des campagnes de communication ;
    • Encourager la transparence dans les administrations et les entreprises ;
    • Impliquer la société civile et les leaders religieux dans la lutte contre ce fléau.

    La corruption au Mali n’est pas une fatalité. Elle peut être combattue, mais cela nécessite une volonté politique forte, une mobilisation citoyenne et une refonte des mentalités. Seule une approche globale, combinant répression et prévention, pourra permettre au pays de se libérer de l’emprise de ce drame social.

  • Malgré les efforts, le Mali peine à réduire la corruption selon l’indice 2024

    Malgré les efforts, le Mali peine à réduire la corruption selon l’indice 2024

    Un score inquiétant pour le Mali dans le dernier classement de la corruption

    Le Mali se classe à la 136e position sur 180 pays dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2024 publié par Transparency International, avec un score de 28/100. Ce résultat confirme les difficultés persistantes du pays à endiguer ce fléau qui entrave la bonne gouvernance et freine son développement économique.

    Des failles structurelles dans la lutte contre la corruption

    Selon le rapport, les institutions de contrôle au Mali montrent des signes d’affaiblissement, tandis que les marchés publics manquent cruellement de transparence. La gestion opaque des finances publiques alimente une méfiance généralisée envers les autorités, renforçant un climat d’impunité pour les élites dirigeantes.

    Des services publics corrompus et inaccessibles

    L’administration publique malienne est particulièrement touchée. Les citoyens subissent des pratiques de favoritisme ou des pots-de-vin pour accéder à des services essentiels comme la justice, la santé ou l’éducation. Les rapports de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) et du Bureau du Vérificateur Général illustrent cette réalité préoccupante.

    Une région africaine particulièrement touchée

    Le Mali n’est pas le seul pays ouest-africain confronté à ce problème. Plusieurs nations de la région affichent des scores médiocres dans l’IPC 2024, en raison d’une gouvernance fragile et de finances publiques opaques.

    • Nigeria (25/100) : premier pays économique de la région, mais miné par le détournement de fonds publics, notamment dans le secteur pétrolier.
    • Burkina Faso (30/100) : malgré une transition politique, le pays reste sous la barre critique de 50/100, symbole d’une administration peu intègre.
    • Ghana (43/100) : l’un des rares pays de la région à afficher une transparence relative, bien que son score soit en légère baisse.

    L’Afrique subsaharienne, une zone particulièrement vulnérable

    Avec un score moyen de 32/100, l’Afrique subsaharienne figure parmi les régions les plus corrompues au monde. Plus des deux tiers des pays africains obtiennent un score inférieur à 50, révélant une incapacité à lutter efficacement contre ce phénomène.

    Transparency International met en garde contre le risque de détournement des fonds climatiques, alors que plusieurs pays africains devraient bénéficier d’aides internationales pour faire face au changement climatique. L’absence de contrôles rigoureux menace de priver les populations vulnérables des ressources nécessaires à leur adaptation.

    • Somalie (11/100)
    • Soudan du Sud (13/100)
    • République centrafricaine (19/100)

    Ces pays, en proie à des conflits prolongés, subissent un effondrement institutionnel aggravant l’impunité.

    Les bons élèves mondiaux en matière de transparence

    À l’inverse, les pays nordiques dominent le classement, avec des scores exceptionnels :

    • Danemark (90/100) : le pays le moins corrompu au monde.
    • Finlande (88/100) et Norvège (87/100) : suivent de près.
    • Canada (75/100) et Allemagne (79/100) : malgré quelques controverses, ces pays maintiennent une bonne gouvernance.

    Les pays les plus corrompus au niveau mondial

    Les dernières places du classement sont occupées par des États en crise, où l’absence de gouvernance stable favorise la corruption à grande échelle :

    • Somalie (11/100)
    • Soudan du Sud (13/100)
    • Syrie (14/100)
    • Venezuela (14/100)
    • Yémen (16/100)

    Ces nations souffrent de guerres civiles, d’un effondrement institutionnel et d’une impunité totale pour les acteurs corrompus.

    Quelles solutions pour le Mali ?

    Transparency International insiste sur la nécessité de renforcer le cadre juridique, d’assurer l’indépendance de la justice et de protéger les lanceurs d’alerte pour lutter efficacement contre la corruption au Mali.

    Sans réformes concrètes, la corruption continuera de fragiliser les institutions, de freiner le développement et d’accentuer la méfiance des citoyens. Une mobilisation nationale et internationale est indispensable pour garantir une croissance économique durable et une stabilité politique au Mali.

  • Burkina Faso : 2025, l’année des transformations sanitaires et de l’accessibilité aux soins

    Burkina Faso : 2025, l’année des transformations sanitaires et de l’accessibilité aux soins

    L’année 2025 s’est imposée comme un moment clé pour le système de santé au Burkina Faso. Malgré un contexte national marqué par des enjeux sécuritaires et économiques importants, le secteur sanitaire a enregistré des progrès remarquables, tant au niveau des infrastructures que des soins spécialisés et de l’accessibilité financière aux services.

    En 2025, pour la toute première fois, le Burkina Faso a réalisé une transplantation rénale sur son propre territoire.

    Cette prouesse chirurgicale, fruit d’une collaboration exemplaire entre les équipes burkinabè et turques au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo, constitue un jalon historique dans la prise en charge de l’insuffisance rénale. Elle vise à diminuer significativement le recours aux évacuations sanitaires vers l’étranger, auparavant indispensables pour ce type de pathologie.

    Dans la même dynamique, une autre réussite médicale notable a eu lieu à Kaya, dans la région du Kuilsé. Une équipe dirigée par le neurochirurgien Dr Lassané Taoko, avec l’appui du Dr Fabrice Lompo, anesthésiste-réanimateur, a mené à bien une intervention complexe sur une patiente atteinte d’une tumeur cérébrale. Cette opération illustre le renforcement de l’expertise en chirurgie spécialisée au niveau national.

    Concernant les infrastructures, l’année 2025 a été marquée par l’inauguration du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pala. Dotée d’équipements de pointe, cette nouvelle structure contribue à améliorer considérablement l’offre de soins spécialisés dans sa zone d’influence.

    À cela s’ajoute l’ouverture du centre d’hémodialyse de Gaoua, une solution concrète face aux besoins croissants des patients souffrant de maladies rénales dans la région du Djôrô.

    De plus, des avancées significatives ont été observées en matière d’accessibilité financière aux soins. Les autorités sanitaires ont mis en œuvre une réduction des coûts pour certains examens médicaux essentiels dans les hôpitaux publics. Ainsi, le tarif du scanner a été divisé par deux, passant de 50 000 FCFA à 25 000 FCFA, et celui de l’IRM a baissé de 60 %, de 100 000 FCFA à 40 000 FCFA.

    Pour l’hémodialyse, la caution de 500 000 FCFA a été purement et simplement supprimée. Ces mesures sociales ont pour objectif d’alléger le fardeau économique des patients et de favoriser une détection plus précoce des affections graves.

    Dans le domaine de la prévention et de la santé publique, les efforts se sont poursuivis. La campagne nationale de chimio-prévention du paludisme saisonnier a atteint la majorité des enfants ciblés (âgés de 3 à 59 mois), contribuant ainsi à une baisse des formes sévères et des décès liés à cette maladie endémique. Parallèlement, la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale a été intensifiée grâce à l’implémentation de nouveaux mécanismes de suivi et de gestion des décès évitables.

    L’année 2025 a également été le théâtre de transformations structurelles essentielles, incluant le renforcement des soins de santé primaires, la numérisation graduelle des services de santé communautaire et l’intensification des politiques de prévention, à l’image du durcissement de la réglementation anti-tabac.

    En somme, 2025 représente une année de réalisations tangibles et de progrès remarquables pour le système de santé burkinabè. Si des défis persistent, ces développements témoignent d’un engagement clair à construire un système de santé plus robuste, plus ouvert et davantage orienté vers les besoins des populations.

  • Afrique 2025 : une année de turbulences pour la démocratie

    Afrique 2025 : une année de turbulences pour la démocratie

    Coups d’État, élections contestées et manifestations : une année difficile pour la démocratie en Afrique

    Gros plan sur trois femmes en deuil, bouleversées. Elles pleurent devant un cercueil, invisible sur la photo.

    Les événements troublants survenus en Tanzanie en octobre dernier donnent un aperçu des tensions qui ont jalonné une année complexe pour la politique africaine. Des manifestants ont été tués par la police lors de protestations contre une élection qu’ils jugeaient frauduleuse, un scrutin condamné par les instances régionales et continentales. Cet épisode a terni la réputation de stabilité du pays.

    Avec des opposants emprisonnés ou écartés de la course, la présidente Samia Suluhu Hassan a été réélue avec un score de 98 %. Les progrès vers une démocratie plus inclusive en Tanzanie semblent avoir été balayés. Ce cas illustre une fracture plus large observée dans de nombreux pays africains entre les peuples et leurs gouvernants.

    L’année 2025 a été marquée par des manifestations et des conflits électoraux dans plusieurs nations, tandis que des régimes militaires ont renforcé leur pouvoir dans d’autres. Les analystes prévoient que l’année à venir pourrait connaître encore plus de bouleversements.

    « En observant la situation globale sur le continent, la tendance est inquiétante », affirme Mo Ibrahim, dont la fondation analyse les données pour évaluer la gouvernance en Afrique. Son dernier rapport suggère que les progrès en matière de gouvernance, mesurés par des critères comme la sécurité, la participation citoyenne, la santé et l’éducation, ont ralenti par rapport à la décennie précédant 2022. « La multiplication des coups d’État, le retour des militaires et la restriction de l’espace démocratique pointent tous vers le même problème : un échec de la gouvernance. »

    L’augmentation du coût de la vie a souvent été l’étincelle qui a allumé le feu du mécontentement. Bien que ce phénomène ne soit pas exclusif au continent, M. Ibrahim souligne que « le risque pour l’Afrique est que ces tendances négatives se propagent sans contrôle, anéantissant une grande partie des progrès durement acquis ces dernières décennies ».

    Un groupe de personnes brandit une image géante de la tête de Lazarus Chakwera qui a été arrachée d'un panneau d'affichage.

    Pour les partisans de la démocratie, 2025 a tout de même offert quelques lueurs d’espoir, avec des transferts de pouvoir pacifiques et des élections jugées libres. Au Malawi, l’ancien président Peter Mutharika a regagné le pouvoir après un passage dans l’opposition. Aux Seychelles, le parti United Seychelles, longtemps au pouvoir, a fait son retour cinq ans après sa défaite électorale. Dans les deux cas, les dirigeants sortants ont payé leur incapacité perçue à gérer l’inflation.

    Ces résultats s’inscrivent dans la lignée de revers subis par les partis au pouvoir en 2024. En Afrique du Sud, l’African National Congress a perdu sa majorité absolue pour la première fois depuis 1994, formant une coalition avec son principal rival. Au Sénégal, la mobilisation populaire et des décisions de justice ont contrecarré les tentatives du président de prolonger son mandat, menant à l’élection d’un candidat peu connu après l’invalidation du principal leader de l’opposition.

    Cependant, les analystes mettent en avant des évolutions inverses ailleurs, témoignant d’une remise en question de la démocratie sur le continent. La consolidation du pouvoir par les régimes militaires dans la région du Sahel en est l’exemple le plus frappant. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont quitté la CEDEAO pour créer une nouvelle alliance de gouvernements issus de coups d’État. L’actualité au Niger et dans les pays voisins illustre cette tendance de la politique nigérienne et sahélienne.

    Là où la démocratie subsiste, la démographie est un facteur de tension. L’Afrique est le continent le plus jeune, mais ses dirigeants sont les plus âgés du monde. Les réseaux sociaux informent une jeunesse qui exige de plus en plus d’être entendue. Au Cameroun, où l’âge moyen est d’à peine 18 ans, le président Paul Biya, à 92 ans, a consolidé son pouvoir. En poste depuis 43 ans, il a prêté serment pour un huitième mandat, ce qui pourrait le maintenir au pouvoir jusqu’à près de 100 ans. Son élection en octobre, jugée ni libre ni équitable par ses détracteurs, a provoqué des jours de manifestations, signe d’une jeunesse prête à défier ouvertement le dirigeant.

    Un groupe de manifestants, dont certains brandissent une banderole « Génération Z », lèvent les poings en l'air.

    Si les manifestations au Cameroun et en Tanzanie n’ont pas entraîné de changements immédiats, l’année 2025 a montré comment l’action directe peut porter ses fruits. En septembre, à Madagascar, des semaines de manifestations menées par des jeunes contre la mauvaise qualité des services publics ont forcé le président Andry Rajoelina à renvoyer son gouvernement. Face à la poursuite des protestations, Rajoelina a été renversé par un coup d’État en octobre, et l’armée a installé l’ancien officier Michael Randrianirina comme président par intérim.

    Bien que les coups d’État militaires représentent un recul démocratique, ils peuvent rappeler aux dirigeants civils la nécessité d’écouter leur électorat. De nombreux analystes pensent que les manifestations deviendront un élément de plus en plus central de la politique africaine.

    « Nous assistons à de nombreuses manifestations », explique Nerima Wako, directrice de Saisa, une organisation kényane. « Ce n’est pas la meilleure façon d’obtenir des changements, mais c’est souvent la seule. » Elle ajoute : « Les contrats sociaux se brisent. Partout en Afrique, les jeunes exigent l’accès à la santé, à l’eau, à des opportunités. »

    Un grand incendie près d'un arbre tombé.

    Pour Adem Abebe, de l’Institut international pour la démocratie, cette désillusion est cruciale. « Les gens sont de plus en plus en colère face à l’érosion des libertés et au manque de services publics. » Il souligne également le rôle de la géopolitique, qui offre aux gouvernements du continent une plus grande marge de manœuvre vers l’autoritarisme. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, privilégient des relations transactionnelles. « Les partenaires démocratiques traditionnels se retirent, et les gouvernements africains ont désormais le choix, avec des alternatives comme la Chine ou la Russie, ce qui leur permet de poursuivre leurs objectifs sans craindre les critiques. »

    L’avenir de la gouvernance africaine est incertain. Fin 2025, un coup d’État en Guinée-Bissau a porté à huit le nombre de pays du continent dirigés par des militaires. Une tentative de putsch au Bénin a cependant déclenché une réaction rapide de la CEDEAO, suggérant une possible défense plus ferme de la démocratie en Afrique de l’Ouest.

    Un nuage de gaz lacrymogène dessine la silhouette d'un groupe de personnes qui tentent de courir sur un sol poussiéreux pour échapper à la fumée.

    Début janvier, des élections auront lieu en Ouganda, dirigé depuis 40 ans par Yoweri Museveni, 81 ans. Pour Mo Ibrahim, la question clé est la réponse des gouvernements aux aspirations de la jeunesse. « Si nous les écoutons et investissons en eux, les années à venir pourraient marquer un tournant pour le continent. »

    « Nous sommes en crise », conclut Mme Wako. « Nous sommes entrés dans une nouvelle ère dans les relations entre les peuples et le pouvoir. Les gouvernements qui le comprendront rapidement survivront. »

  • Ouagadougou : la DGSV déclenche une opération majeure pour la sécurité des produits aviaires

    Ouagadougou : la DGSV déclenche une opération majeure pour la sécurité des produits aviaires

    La Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV) a initié une vaste opération de contrôle à Ouagadougou ce lundi 29 décembre 2025, ciblant spécifiquement la commercialisation de volailles illégales. Avec le soutien stratégique de la Gendarmerie nationale, pas moins de onze équipes ont été mobilisées sur le terrain pour passer au crible les points de vente, assurant ainsi la sécurité alimentaire des citoyens et la protection de leur santé.

    Alors que les festivités de fin d’année approchent, les autorités du Burkina Faso accentuent leur vigilance sur les marchés. L’ambition première est d’éradiquer la présence de produits aviaires importés frauduleusement, qui ne respectent pas les normes sanitaires strictes et mettent en péril la santé publique.

    Les agents de la DGSV, accompagnés de la Gendarmerie nationale, inspectant un point de vente de volailles à Ouagadougou

    Dr Timothée Bationo, qui dirige le service de l’inspection et de la santé publique vétérinaire au sein de la DGSV, a souligné que cette démarche s’inscrit dans un cadre réglementaire rigoureux.

    Il a précisé que « depuis la période 2015-2017, des dispositions légales prohibent formellement l’introduction de poulets et d’autres produits aviaires provenant de nations touchées par des épidémies ». L’objectif principal de cette interdiction est de contrecarrer l’arrivée de la grippe aviaire, une pathologie qui a malheureusement affecté le territoire burkinabè à diverses reprises par le passé.

    Saisie de produits aviaires importés sans certificat sanitaire

    L’expert a insisté sur le danger inhérent à l’absence de certificat vétérinaire pour ces marchandises. Sans ce précieux sésame, aucune garantie ne peut être donnée quant à la salubrité de la viande pour la consommation. « Tout produit aviaire qui a pénétré le territoire burkinabè sans les attestations requises est, par définition, une importation illégale », a affirmé le Dr Bationo, insistant sur la gravité de la situation.

    La complexité des contrôles est accentuée par les ruses des importateurs clandestins. Ces derniers ont recours à des stratégies de dissimulation ingénieuses, dissimulant par exemple les cargaisons de poulets au milieu de camions censés transporter du poisson. Cette méthode rend l’identification des marchandises frauduleuses particulièrement ardue pour les inspecteurs lors des opérations de déchargement.

    Le Dr Timothée Bationo, Chef de service à la DGSV, expliquant les risques liés à l’importation illégale de poulets

    Au-delà de la stricte question sanitaire, cette campagne vise à sauvegarder l’économie locale. Le marché burkinabè subit en effet une pression constante de ces produits frauduleux, générant une concurrence inéquitable pour les éleveurs nationaux. Le responsable de la DGSV a affirmé : « Nous avons activement soutenu la production avicole locale afin que nos concitoyens puissent profiter de produits du terroir. En régulant et en assainissant le marché, l’État offre aux producteurs locaux de meilleures perspectives pour commercialiser leurs volailles ».

    Les équipes de contrôle saisissent les produits importés sans autorisation ni document sanitaire

    Les autorités lancent un appel pressant à la responsabilité des commerçants. Il est formellement stipulé que toute marchandise saisie sans les attestations sanitaires obligatoires sera irrévocablement détruite. De plus, les infractions commises exposent les responsables à des poursuites judiciaires rigoureuses, pouvant entraîner de lourdes amendes et des peines d’emprisonnement.

    La Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV) a confirmé que cette vigilance renforcée se maintiendra sans relâche tout au long de la période des fêtes, avec pour mission d’assurer à chaque consommateur l’accès à des produits avicoles de qualité et sans risque.

    Lire également ⇒Ouagadougou : La DGSV désinfecte les marchés de volaille pour des fêtes sécurisées

    Akim KY

    Burkina 24

  • Crise sanitaire au Mali : l’épidémie de diphtérie s’intensifie

    Crise sanitaire au Mali : l’épidémie de diphtérie s’intensifie

    Le Mali traverse une période sanitaire critique. Depuis la mi-septembre, une accélération fulgurante de la diphtérie est observée sur le territoire. Cette pathologie, que l’on peut pourtant prévenir, trouve un terrain fertile dans un système de santé affaibli par des années de troubles et un accès humanitaire de plus en plus complexe.

    Un bilan officiel probablement sous-estimé

    À l’approche de la fin d’année, les chiffres font état de plus de 530 contaminations et d’une trentaine de décès. Néanmoins, les instances internationales redoutent que ces statistiques ne soient que la partie émergée de l’iceberg. Le manque de remontées d’informations suggère une réalité bien plus alarmante sur le terrain.

    Les foyers de mortalité les plus importants se situent dans les régions de Mopti, Ségou et Tombouctou. Ces zones, déjà éprouvées par l’instabilité et la dégradation des services publics, voient la maladie se propager rapidement. Les mouvements de populations fuyant l’insécurité et la pénurie de vaccins aggravent la situation sanitaire régionale, un sujet qui reste étroitement surveillé dans l’actu Niger et les pays limitrophes du Sahel.

    Une aide d’urgence d’un million de dollars

    Pour tenter de freiner cette spirale, Tom Fletcher, responsable des secours d’urgence aux Nations unies, a autorisé le déblocage d’un million de dollars via le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF). Ce financement est destiné à l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pour orchestrer une riposte immédiate.

    • Déploiement de brigades médicales d’urgence.
    • Distribution d’antitoxines et d’antibiotiques essentiels.
    • Renforcement des protocoles de prévention et de suivi des cas contacts.
    • Campagnes de sensibilisation auprès des populations locales.

    Des obstacles logistiques et sécuritaires majeurs

    Malgré cette aide financière, les opérations de secours se heurtent à des barrières concrètes. Dans le centre et le nord du Mali, l’insécurité et les restrictions de circulation freinent l’acheminement de l’aide. Le manque de carburant paralyse les cliniques mobiles, isolant davantage les communautés vulnérables.

    Cette flambée épidémique n’est qu’un symptôme d’une crise humanitaire globale. Alors qu’une part significative de la population malienne dépend de l’assistance internationale, la diphtérie met en lumière la fragilité extrême des infrastructures étatiques face aux enjeux de santé publique actuels.