Auteur/autrice : nigeractu

  • Réforme des tarifs médicaux au Burkina Faso : une révolution pour l’accès aux soins

    Réforme des tarifs médicaux au Burkina Faso : une révolution pour l’accès aux soins

    Une barrière financière enfin levée pour des milliers de Burkinabè

    Accéder à des soins vitaux sans s’endetter : pendant des années, cette équation semblait impossible pour de nombreux Burkinabè. Pourtant, depuis mars 2024, une réforme audacieuse a transformé cette réalité.

    En abaissant drastiquement les coûts de plusieurs examens médicaux et en supprimant la caution exigée pour les séances de dialyse dans les hôpitaux publics, l’État burkinabè a franchi un pas décisif. Désormais, l’accès aux soins n’est plus réservé à une élite, mais s’ouvre à toutes les couches sociales.

    Des témoignages qui parlent d’espoir

    Dans les couloirs bondés du Centre hospitalier universitaire de Bogodogo, à Ouagadougou, l’émotion est palpable. Madi Diallo, dont la sœur a succombé faute de moyens pour payer une caution de 500 000 F CFA, partage un soulagement teinté de regret : « Cette mesure arrive trop tard pour ma famille, mais elle sauvera d’autres vies. »

    Un autre patient, confronté à une insuffisance rénale, explique : « Avant, chaque séance de dialyse coûtait une fortune. Aujourd’hui, je n’ai plus à avancer de caution. C’est une bouffée d’oxygène. » Ces récits illustrent l’impact concret des nouvelles dispositions.

    Des tarifs divisés par deux pour les examens coûteux

    Le ministre de la Santé, le Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, a détaillé les changements majeurs :

    • Le prix d’un scanner est passé de 50 000 à 25 000 F CFA ;
    • Celui d’une IRM est tombé de 100 000 à 40 000 F CFA ;
    • La caution pour la dialyse a été supprimée.

    Ces ajustements tarifaires s’appliquent dans tous les établissements publics du pays, offrant une accessibilité inédite aux diagnostics et aux traitements spécialisés.

    Une réforme qui change la donne sur le terrain

    À Ziniaré, au Centre hospitalier régional, la baisse des tarifs a permis de réduire les évacuations vers la capitale. Le directeur de l’établissement souligne : « Les examens sont désormais réalisés sur place, ce qui évite des déplacements longs et coûteux. »

    À Bobo-Dioulasso, au Centre hospitalier universitaire Sourou Sanou, les patients profitent aussi de ces mesures. Élie Ouattara, venu acheter des produits médicaux, témoigne : « Les prix sont bien plus abordables. C’est un vrai soulagement pour les familles. »

    Des progrès, mais des défis persistants

    Malgré ces avancées, des obstacles subsistent. Au CHU Yalgado Ouédraogo, le service de dialyse, très sollicité, ne peut accueillir tous les patients. La Tuina Nsoma Hélène, responsable du service, explique : « Chaque décès libère une place, mais la demande reste bien supérieure à l’offre. »

    Les frais annexes (médicaments, examens complémentaires) pèsent encore sur les budgets des patients chroniques. La Dame Sanou, dialysée depuis 2018, espère une extension de la réforme : « Si les coûts indirects baissaient aussi, ce serait une avancée majeure. »

    Une dynamique qui s’amplifie

    Au-delà des chiffres, c’est une transformation culturelle qui s’opère. Le Professeur Nina Astrid Ouédraogo, chef du département de Radiologie à Ouagadougou, constate une hausse de 38 % des scanners réalisés depuis la réforme. « C’est un vrai soulagement pour les patients, » affirme-t-elle.

    Les nouvelles infrastructures, comme le Centre hospitalier universitaire de Pala avec son centre de radiothérapie, renforcent cette dynamique. Le Capitaine Ibrahim Traoré a inauguré ces équipements, symboles d’une volonté politique forte.

    « Petit à petit, l’oiseau fait son nid », rappelle un proverbe local. Au Burkina Faso, cette maxime prend tout son sens : la santé n’est plus un privilège, mais un droit en construction.

    Vers une santé accessible à tous ?

    Si les résultats sont encourageants, des efforts restent nécessaires :

    • Augmenter le nombre de machines de dialyse ;
    • Réduire les coûts des examens complémentaires ;
    • Développer des centres spécialisés en région.

    Les patients, comme Youl Sié, en dialyse depuis 2021, plaident pour une décentralisation : « Si chaque communauté avait son centre, ce serait un immense soulagement. »

    Conclusion : un premier pas vers l’équité sanitaire

    La réforme des tarifs médicaux au Burkina Faso marque un tournant. Bien que perfectible, elle offre une lueur d’espoir à des milliers de familles. Comme le résume un observateur : « La santé n’est plus un luxe, mais une promesse en marche. »

  • Le Mali face à une propagation alarmante de la diphtérie dans un contexte humanitaire tendu

    Le Mali face à une propagation alarmante de la diphtérie dans un contexte humanitaire tendu

    Le Mali est aux prises avec une résurgence préoccupante de la diphtérie depuis la mi-septembre. Cette maladie, pourtant évitable par la vaccination, trouve un terrain propice à sa propagation dans un système de santé affaibli, des manques persistants de ressources et un accès humanitaire de plus en plus complexe.

    Au début du mois de décembre, les données officielles faisaient état de plus de 530 cas de diphtérie et d’une trentaine de décès. Cependant, les Nations Unies alertent sur une possible sous-estimation significative de ces chiffres, suggérant que l’ampleur réelle de l’épidémie est vraisemblablement bien supérieure.

    Les zones les plus durement touchées, affichant les taux de mortalité les plus élevés, se situent dans les régions centrales de Mopti et Ségou, ainsi qu’à Tombouctou, au nord-ouest du pays. Ces territoires sont déjà gravement affectés par l’insécurité, les entraves aux déplacements et la dégradation des services essentiels. La diffusion de la maladie y est exacerbée par une carence en vaccins et un accès insuffisant aux soins médicaux, des problématiques amplifiées par les mouvements de populations et une instabilité chronique.

    Un million de dollars pour une réponse immédiate

    Devant cette situation critique, Tom Fletcher, le responsable des opérations d’urgence des Nations Unies, a alloué un million de dollars provenant du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF). Ce financement vise à soutenir une action sanitaire prompte. Grâce à cette aide, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourra déployer des unités médicales d’urgence, distribuer des antibiotiques et des antitoxines, intensifier les mesures de prévention des infections, améliorer la gestion des cas, assurer le traçage des contacts et sensibiliser activement les populations locales.

    Cependant, cette riposte sanitaire se heurte à des obstacles majeurs : l’accès pour les acteurs humanitaires au Mali devient de plus en plus difficile. Dans de nombreuses zones du centre et du nord du pays, le manque de carburant, les limitations de déplacement et l’insécurité ont fortement ralenti les opérations sur le terrain ces dernières semaines. Les capacités d’intervention des cliniques mobiles sont limitées, les circuits d’approvisionnement sont sous tension, et les communautés les plus reculées demeurent privées d’accès aux services de santé.

    Cette recrudescence de la diphtérie s’inscrit donc dans une crise humanitaire de grande ampleur. Dans un pays où plus du quart de la population a besoin d’aide, cette épidémie met en lumière, de manière poignante, la fragilité des infrastructures étatiques.

  • Patrice talon, un dirigeant atypique en afrique de l’ouest

    Patrice talon, un dirigeant atypique en afrique de l’ouest

    Patrice Talon lors d'un conseil des ministres à Cotonou

    Un dirigeant hors normes face à une crise politique au Bénin

    Le 7 décembre 2025, une tentative de coup d’État éclate au Bénin. Des militaires mutins annoncent, à la télévision nationale, le renversement du président Patrice Talon. Pourtant, en quelques heures, l’armée béninoise, soutenue par les forces de sécurité, rétablit l’ordre. Cette réaction rapide met fin aux velléités putschistes et renforce la légitimité du pouvoir en place.

    Dès le lendemain, des milliers de citoyens, principalement des jeunes, manifestent à Cotonou pour saluer l’échec du complot et réaffirmer leur soutien au chef de l’État. Cette mobilisation populaire illustre la confiance d’une partie de la population envers un dirigeant souvent considéré comme atypique sur la scène africaine.

    Patrice Talon : un parcours politique distinctif

    Patrice Talon incarne une figure politique qui se distingue dans un paysage africain marqué par des pratiques parfois controversées. Élu en 2016 puis réélu en 2021, il a mis en œuvre des réformes structurelles visant à moderniser l’économie et à renforcer la gouvernance au Bénin.

    Parmi ses actions phares :

    • La digitalisation de l’administration : simplification des démarches pour les citoyens et lutte contre la corruption.
    • La diversification économique : promotion du secteur agricole et des énergies renouvelables.
    • La réduction de la dette publique : politique budgétaire rigoureuse et partenariats internationaux stratégiques.
    • La stabilité institutionnelle : renforcement des mécanismes démocratiques malgré les tensions.

    Ces initiatives, bien que parfois critiquées, lui valent une image de dirigeant pragmatique et résolu, loin des clichés du dirigeant à vie ou du prince héritier que l’on retrouve dans certains pays voisins.

    Une tentative de déstabilisation aux conséquences limitées

    L’échec du putsch du 7 décembre a démontré la solidité des institutions béninoises. Contrairement à d’autres pays africains où les coups d’État se multiplient, le Bénin a su préserver sa stabilité grâce à une armée professionnelle et une société civile active.

    Les auteurs présumés de cette tentative de déstabilisation ont été rapidement neutralisés, limitant ainsi les risques de contagion régionale. Cette crise avortée a également permis de révéler les fragilités du système de sécurité, incitant le gouvernement à renforcer ses dispositifs.

    Patrice Talon, un modèle pour l’afrique de l’ouest ?

    À l’heure où de nombreux pays africains font face à des instabilités politiques récurrentes, Patrice Talon se positionne comme un acteur clé d’un modèle alternatif. Son approche, mêlant réformes économiques et stabilité politique, attire l’attention des observateurs internationaux.

    Cependant, malgré ses succès relatifs, le président béninois doit composer avec des défis persistants :

    • La pression sociale liée au coût de la vie et au chômage des jeunes.
    • Les tensions politiques internes et les rivalités entre élites.
    • La nécessité de concilier croissance économique et justice sociale.

    Son mandat, qui s’achève en 2026, sera déterminant pour ancrer ces avancées et léguer un Bénin plus résilient aux générations futures.

    Conclusion : un dirigeant atypique dans un contexte africain en mutation

    Patrice Talon reste une personnalité politique dont le parcours interroge et fascine. Entre réformes audacieuses et gestion de crises, il incarne une nouvelle génération de dirigeants africains, soucieux de concilier pragmatisme et vision à long terme.

    Alors que le Bénin célèbre sa capacité à surmonter les tentatives de déstabilisation, son président continue de tracer une voie originale sur le continent, loin des sentiers battus.

  • Alliance du Mali, du Burkina et du Niger : une force armée conjointe en préparation

    Alliance du Mali, du Burkina et du Niger : une force armée conjointe en préparation

    Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont engagé une dynamique de coopération renforcée face aux défis sécuritaires et politiques majeurs. Ces trois nations, dirigées par des juntes issues de putschs récents (2020-2023), affichent une volonté commune d’affirmer leur souveraineté et de s’éloigner des influences extérieures traditionnelles.

    une réunion stratégique à Bamako pour concrétiser les ambitions de l’AES

    Le président malien, Assimi Goïta, a accueilli à Bamako son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, pour une rencontre bilatérale suivie d’un sommet trilatéral. Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte burkinabé, a rejoint la discussion le lendemain, marquant ainsi une étape clé dans l’avancement des projets communs.

    Parmi les priorités discutées, la création d’une force armée conjointe occupe une place centrale. Cette initiative vise à renforcer la lutte contre l’expansion des groupes jihadistes, notamment affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique, qui sévissent depuis plus d’une décennie dans la région.

    une force multinationale encore en phase symbolique

    Le samedi précédent, Assimi Goïta a officiellement présenté un étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES). Cet acte symbolique officialise le lancement de cette structure, bien que son activation effective ne soit pas encore programmée. « Chaque pays a contribué avec des troupes et du matériel. Nous serons ensemble sur le terrain », a déclaré un responsable malien de la Défense, soulignant l’engagement des trois nations.

    les enjeux sécuritaires au cœur des débats

    Les attaques jihadistes, autrefois concentrées dans le nord, s’étendent désormais vers le sud du Mali, où elles menacent l’économie locale. Au Burkina Faso et au Niger, ces groupes continuent de défier les autorités et poussent des milliers de civils à l’exil. Face à cette situation, les juntes de l’AES misent sur une collaboration accrue pour endiguer la menace.

    Parallèlement, les discussions ont porté sur la création d’une banque d’investissement commune, dont le siège serait situé à Bamako. Cette initiative économique s’inscrit dans une volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des anciens partenaires traditionnels, comme la France, et de se tourner vers de nouveaux alliés, notamment la Russie.

    des projets concrets, mais des défis persistants

    Outre la force armée et la banque d’investissement, les dirigeants de l’AES ont également inauguré les locaux de Télévision AES, bien que sa date de lancement officielle reste à préciser. Ces projets illustrent une volonté de renforcer l’intégration régionale, mais leur mise en œuvre concrète dépendra de la stabilité politique et sécuritaire des trois pays.

  • Force unifiée de l’AES : quelles stratégies pour une action efficace ?

    Force unifiée de l’AES : quelles stratégies pour une action efficace ?

    Force unifiée de l’AES : quelles stratégies pour une action efficace ?

    Le général Assimi Goïta, président de la Transition au Mali, passe en revue des troupes en tenue militaire avec un béret vert et un cache-nez

    Les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger se réunissent à Bamako pour une session cruciale de deux jours. L’objectif ? Évaluer les progrès réalisés depuis la création de la Confédération des États du Sahel (AES) et tracer la voie pour l’année à venir. Parmi les points clés : le bilan sécuritaire, les défis diplomatiques et le renforcement des institutions confédérales.

    Le sommet des 22 et 23 décembre 2024 marque une étape importante dans la mise en œuvre de la feuille de route de l’AES. Après un an d’existence, les trois pays souhaitent passer à l’action concrète en opérationnalisant pleinement leurs structures communes. Les enjeux régionaux et internationaux seront également au cœur des discussions.

    La Force unifiée de l’AES : un pas décisif contre l’insécurité

    Un véhicule militaire jaune portant l'inscription 'FU-AES'

    Face à une insécurité croissante aux frontières et à la menace persistante des groupes armés, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont lancé la Force unifiée de l’AES (FU-AES). Cette force multinationale de 5 000 soldats, placée sous le commandement du Général Daouda Traoré du Burkina Faso, représente une réponse concrète à la nécessité de coordonner les efforts militaires.

    Selon le Général Sadio Camara, ministre malien de la Défense, cette force incarne une mutualisation stratégique fondée sur les valeurs sahéliennes de solidarité et de dignité. « La paix, la sécurité et la souveraineté ne se délèguent pas », a-t-il souligné lors de la cérémonie de lancement. Pour les trois États, cette initiative est un engagement irréversible.

    Comment la Force unifiée pourrait-elle atteindre ses objectifs ?

    Des soldats de la Force unifiée de l'AES avec des engins roulants

    Pour être efficace, la Force unifiée doit relever plusieurs défis majeurs. Fiacre Vidjenagninou, Chercheur Principal au Behanzin Institute (Cotonou) et Chercheur associé Senior à l’Egmont Institute (Bruxelles), identifie des leviers essentiels :

    • Une coordination renforcée : Le partage des renseignements, le commandement unifié et la rapidité des décisions sont cruciaux. Une méthode simple doit être adoptée : concentrer les efforts sur les zones où l’ennemi est le plus structuré, puis agir avec célérité.
    • Une présence durable sur le terrain : Les opérations ponctuelles ne suffisent pas. Il faut contrôler les axes stratégiques, sécuriser les marchés, protéger les villages et rassurer les populations pour éviter le retour des groupes armés.
    • Une gouvernance locale renforcée : La Force unifiée peut gagner des batailles, mais sans une administration minimale et une justice accessible, la stabilisation reste illusoire. Les conflits fonciers, les exactions et l’absence de services de base alimentent le cycle de la violence.

    Le chercheur insiste : « Une force peut gagner la bataille. Mais sans gouvernance minimale, elle ne gagne pas la stabilisation ».

    S’ouvrir pour être efficace ?

    Les dirigeants militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger lors du sommet de l'AES à Niamey en juillet 2024

    La Force unifiée de l’AES est un projet ambitieux, mais son succès dépendra de sa capacité à surmonter des défis organisationnels. Fiacre Vidjenagninou recommande une approche progressive :

    • Commencer à trois : Prouver l’efficacité de la force avec les pays fondateurs (Mali, Burkina Faso, Niger).
    • Élargir progressivement : Coopérer avec des voisins de manière opérationnelle, en ciblant des couloirs précis et en renforçant les accords transfrontaliers.
    • Instaurer la confiance : Une intégration formelle ne doit intervenir qu’après avoir démontré des résultats concrets et une coordination sans faille.

    L’expert met en garde contre une expansion trop rapide : « Plus on élargit cette force à d’autres pays, plus la coordination devient difficile, avec des intérêts et doctrines différents empreints parfois de méfiance ».

    Et demain ?

    Lors de cette réunion à Bamako, les chefs d’État de l’AES auront l’occasion d’échanger avec le commandement de la Force unifiée. Les discussions porteront également sur la création de nouvelles institutions, comme la Télévision de l’AES (siège à Bamako) et la radio « Daandè Liptako » (base à Ouagadougou), ainsi que sur la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA.

    L’AES est née dans un contexte de tensions avec la CEDEAO, après les coups d’État au Mali (2020), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023). Le retrait de ces pays de l’organisation régionale et la création de l’Alliance des États du Sahel en septembre 2023 ont marqué un tournant. Officiellement établie le 6 juillet 2024, l’AES incarne une nouvelle vision de la coopération sahélienne, centrée sur la souveraineté et la sécurité collective.

  • Can 2025 : le Maroc en quête d’un sacre historique à domicile

    Can 2025 : le Maroc en quête d’un sacre historique à domicile

    CAN 2025 : le Maroc en quête d’un sacre historique à domicile

    Alors que la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 se profile à l’horizon, le Maroc affiche une ambition claire : remporter le trophée continental pour la première fois depuis 1976. Avec une organisation historique sur son sol, les Lions de l’Atlas entendent bien écrire une nouvelle page dorée de leur histoire footballistique, sous le regard passionné de supporters comme Ibrahim, jeune fan de 20 ans.

    Un rêve de demi-siècle à concrétiser

    Depuis près de 50 ans, le Maroc attend son heure de gloire en Coupe d’Afrique des nations. Malgré une génération talentueuse et une demi-finale historique à la Coupe du monde 2022 au Qatar, le titre continental reste insaisissable. Ibrahim, étudiant en management sportif et exilé à Ottawa pour ses études, incarne cette impatience collective : « Ce n’est pas acceptable qu’un pays de notre envergure n’ait remporté la CAN qu’une seule fois, et encore, il y a près de cinq décennies. Après les exploits de 2022, une élimination précoce en 2024 serait un nouveau revers inacceptable. »

    Une équipe renforcée pour relever le défi

    Malgré les craintes suscitées par la grave blessure d’Achraf Hakimi, victime d’un tacle violent en Ligue des champions, Ibrahim reste confiant. Le jeune supporter souligne la profondeur de l’effectif marocain : « Oui, Hakimi est un joueur clé, mais son absence ne doit pas être une fatalité. Nous avons des jeunes prometteurs comme Zakaria El Ouahdi et des cadres expérimentés pour compenser. L’équipe est plus solide que jamais. »

    Le Ballon d’or africain 2025 en poche, le Maroc aborde cette CAN avec la ferme intention de briller. Ibrahim espère même assister à l’ouverture de la compétition, prévue le 21 décembre à Rabat, aux côtés de milliers de supporters en liesse.

    Une mobilisation populaire sans précédent

    L’engouement autour de la CAN 2025 est palpable au Maroc. Après 37 ans d’attente, les supporters ont enfin l’opportunité d’assister à une compétition majeure dans leur pays. Malgré un bug technique sur la billetterie en ligne, près de 140 000 tickets se sont écoulés en 24 heures. Ibrahim fait partie des heureux élus : « C’est un privilège de vivre cette expérience sur place. Voir le Sénégal affronter la République démocratique du Congo le 27 décembre à Tanger sera un moment inoubliable. »

    Alors que l’enthousiasme gagne tout le pays, les Lions de l’Atlas n’ont plus qu’un objectif : ramener le trophée à la maison. Pour Ibrahim et des millions de supporters, un autre résultat qu’une victoire serait un échec cuisant.

  • Mali : semaine nationale anti-corruption 2025, l’engagement de la jeunesse et des institutions

    Mali : semaine nationale anti-corruption 2025, l’engagement de la jeunesse et des institutions

    Mali semaine nationale anti-corruption 2025 engagement jeunesse institutions

    Le Mali célèbre cette année la Semaine Nationale de Lutte contre la Corruption, édition 2025, lancée officiellement le 9 décembre à Bamako. Cette initiative, portée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, s’articule autour du thème : « S’unir avec la jeunesse contre la corruption : former l’intégrité de demain ». L’événement vise à sensibiliser l’opinion publique et à mobiliser l’ensemble des acteurs sociaux contre ce fléau.

    Une mobilisation politique sans précédent

    Cette édition de la Semaine Anti-Corruption s’inscrit dans une démarche de refondation de l’État et de changement de paradigmes dans la gestion des affaires publiques. Le Général d’armée Assimi Goïta, chef de l’État, affiche une volonté politique claire pour une lutte « implacable et irréversible » contre la corruption. L’annonce de cette semaine nationale reflète l’engagement des plus Hautes Autorités de la Transition pour éradiquer ce phénomène aux conséquences « incommensurables », comme l’a rappelé le ministre Kassogué en citant Kofi Annan : « La corruption est un mal insidieux qui menace la démocratie et l’État de droit ».

    La jeunesse malienne, acteur clé du changement

    Le thème de cette année met en avant le rôle central de la jeunesse dans la lutte contre la corruption. Le ministre s’est félicité de la mobilisation marquée des mouvements de jeunesse, soulignant leur devoir de génération. En effet, les jeunes sont appelés à devenir le « fer de lance » du changement, porteurs de valeurs d’intégrité et de patriotisme pour construire un Mali plus transparent.

    Renforcement de la réponse judiciaire et des réformes

    Le Ministère de la Justice a réaffirmé sa détermination à accélérer les réformes judiciaires pour renforcer l’efficacité de la lutte contre la délinquance économique et financière. Plusieurs dispositifs innovants ont été mis en place :

    • Pôle National Économique et Financier (PNEF) : Ce pôle utilise des méthodes modernes pour traquer et poursuivre les auteurs de délits financiers, garantissant une justice plus rapide et plus efficace.

    • Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) : Cette agence se concentre sur le recouvrement des avoirs illégalement détournés, privant ainsi les délinquants des profits issus de leurs actes.

    Effet dissuasif accru : « L’action combinée du PNEF et de l’ARGASC renforce significativement l’effet dissuasif de la lutte contre la corruption et la délinquance économique. Les produits du crime ne pourront plus bénéficier à leurs auteurs. »

    Nouvelles mesures dans le Code pénal

    Le nouveau Code pénal introduit des dispositions révolutionnaires pour intensifier la répression :

    • Imprescriptibilité des infractions criminelles liées aux détournements de biens publics.

    • Suppression des privilèges accordés aux parlementaires dans les affaires de corruption.

    • Protection renforcée pour les lanceurs d’alerte, témoins, experts et victimes.

    Outils technologiques et numériques pour une justice plus transparente

    Plusieurs outils sont déployés pour moderniser les procédures judiciaires :

    • La ligne verte « Binkani Kunafoni » (3611), gratuite et accessible à tous, permet de signaler anonymement les actes de corruption.

    • La plateforme informatique de la justice, bientôt opérationnelle après une phase de test réussie, facilitera la dématérialisation des dossiers et réduira les risques de corruption dans les procédures.

    Coordination renforcée entre institutions

    Le ministre Mamoudou Kassogué a insisté sur la nécessité d’une collaboration accrue entre les différentes institutions engagées dans la lutte contre la corruption, telles que :

    • Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI).

    • Bureau du Vérificateur général (BVG).

    • Cour des comptes, issue de la réorganisation institutionnelle de 2023.

    Un cadre de concertation et de coordination sera mis en place dans les meilleurs délais pour optimiser l’efficacité de la lutte contre la corruption au Mali.

  • Vaccination au Burkina Faso : un bouclier contre les maladies infantiles

    Vaccination au Burkina Faso : un bouclier contre les maladies infantiles

    Pourquoi la vaccination au Burkina Faso sauve des vies chaque jour

    À Fada N’Gourma, au Burkina Faso, des milliers de mères comme Nadège Thiombiano font de la vaccination une priorité absolue pour leurs enfants. Leur conviction est simple : protéger aujourd’hui, c’est garantir une vie saine demain. Découvrez comment cette mobilisation collective transforme la santé infantile dans le pays.

    Une mère engagée : Nadège et sa fille Mouzaratou

    Nadège, mère de famille résidant dans l’aire de responsabilité du Centre de santé et de Promotion sociale (CSPS) du secteur 9, incarne l’engagement des parents burkinabè envers la vaccination. Dès l’annonce d’une campagne contre la poliomyélite, elle a veillé à ce que sa fille Mouzaratou, âgée de 13 mois, reçoive son vaccin. Pour elle, c’est un acte de responsabilité parentale et de prévention inconditionnelle. « Je ne laisserai jamais mon enfant sans protection. La vaccination, c’est une question de vie ou de mort », déclare-t-elle avec détermination.

    Son expérience personnelle a renforcé cette conviction : elle a vu les conséquences dévastatrices de la poliomyélite, une maladie évitable par la vaccination. Aujourd’hui, Mouzaratou est à jour dans son calendrier vaccinal, symbole d’une génération protégée.

    Des campagnes qui dépassent les attentes

    Du 7 au 10 novembre 2025, le CSPS du secteur 09 a organisé une campagne ciblant les enfants de 0 à 59 mois. Résultat ? 5 290 enfants vaccinés, soit un taux de couverture de plus de 104 %, dépassant l’objectif initial de 5 060. Ce succès illustre l’efficacité des stratégies mises en place.

    Les clés de la réussite : mobilisation et coordination

    André Yonli, infirmier chef du CSPS, explique que ces chiffres reflètent une synergie parfaite entre parents, vaccinateurs et mobilisateurs sociaux. « L’implication des communautés et la planification rigoureuse ont permis d’atteindre même les zones les plus reculées, y compris les quartiers non lotis et les sites de personnes déplacées », précise-t-il. Les équipes mobiles ont sillonné les villages pour vacciner les enfants dans les zones difficiles d’accès.

    Une communication ciblée pour convaincre

    Pour lever les réticences, des séances de sensibilisation ont été organisées avec les leaders religieux, coutumiers et les associations féminines. Talato Lompo, mère de quatre enfants, témoigne : « Avant, je craignais les effets secondaires des vaccins. Grâce aux explications des agents de santé, j’ai compris leur importance. Mes enfants sont moins malades depuis qu’ils sont vaccinés. » Son parcours illustre l’impact des campagnes d’information.

    Un engagement national salué par les partenaires

    Le Médecin-chef du district de Fada N’Gourma, la Dre Sandrine Bienvenue Sam, a souligné le rôle crucial des partenaires comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « L’OMS a fourni un appui logistique et technique essentiel, de la logistique au transport des vaccins, en passant par la formation des équipes. Plus de 20 experts ont été déployés pour superviser les opérations et garantir leur qualité », explique-t-elle.

    Des résultats qui parlent d’eux-mêmes

    À l’échelle du district sanitaire, plus de 134 000 enfants ont été vaccinés, avec un taux de couverture de 103 %. Ces chiffres confirment la détermination du Burkina Faso à maintenir son statut de pays libéré de la poliomyélite depuis 2015 et à prévenir toute résurgence.

    Un avenir sans poliomyélite est possible

    Nadège résume cet espoir en une phrase : « Ce vaccin est un petit geste, mais il protège toute une vie. » Grâce à l’engagement des familles et au soutien des partenaires, chaque enfant burkinabè peut grandir en bonne santé, loin des menaces des maladies évitables.

    Et vous, quel rôle jouez-vous dans la protection des enfants ? Partagez cette information et encouragez les parents autour de vous à faire vacciner leurs enfants. Ensemble, faisons du Burkina Faso un modèle de santé infantile.

  • Economic warfare escalates as militants expand beyond the Sahel

    Economic warfare escalates as militants expand beyond the Sahel

    Economic warfare escalates as militants expand beyond the Sahel

    Previously distinct conflicts in the Sahel and coastal West Africa are merging into a single, interconnected one that will likely become a key arena of militant competition.

    11 December 2025


    7-minute read

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    By the numbers

    From 1 January to 28 November 2025:

    • Political violence resulted in the deaths of over 10,000 people in Burkina Faso, Mali, and Niger.
    • Militants kidnapped 30 foreign nationals in Mali (22) and Niger (8).
    • ACLED records nearly 70% more fatalities in Benin compared to the first 11 months of 2024.

    In 2025, jihadist militant groups escalated their campaigns in the central Sahel, threatening the stability and security of military-led regimes in the region. Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) and the Islamic State Sahel Province (ISSP) consolidated their influence across much of Mali, Burkina Faso, and Niger, while extending operations into the Benin, Niger, and Nigeria borderlands.

    As a deliberate strategy employed by militant groups to disrupt economic functions and pressure states in the region, economic warfare became a defining feature. In Mali, JNIM imposed a sweeping fuel and transport embargo on the cities of Kayes and Nioro du Sahel as part of coordinated offensives spanning Kayes, Sikasso, Koulikoro, Segou, and Mopti. The blockade disrupted trade and transport routes linking Bamako and the surrounding regions, resulting in fuel shortages and nationwide price hikes. It was part of a deliberate effort to paralyze the economy, undermine government authority, and destabilize the military regime. As a result of JNIM’s operations and counter-offensives by the military, violence in KayesSikasso, and Segou surged to the highest monthly levels since ACLED began recording data in 1997.

    In Burkina Faso, JNIM sustained its offensives against the military and the Volunteers for the Defense of the Homeland (VDP). In May, the group briefly seized the provincial capitals of Djibo and Diapaga in rapid succession, demonstrating a step change in its military capacity. In September, the group launched a devastating ambush on a military convoy near Koubel-Alpha in Soum province, killing about 90 soldiers in one of the deadliest attacks on the country’s military forces to date. The offensives in both Mali and Burkina Faso further demonstrate JNIM’s growing military capabilities and its clear intent to destabilize these military regimes by undermining state authority and territorial control and disrupting economies and key transit routes.

    Niger has not experienced the same scale of violence as its neighbors, but it is becoming increasingly vulnerable to militant activities. Militancy has spread well beyond traditional hotspots into the southern Dosso and northern Agadez regions. Similar to JNIM, ISSP has carried out its own form of economic warfare and intensified its attacks on the Benin-Niger oil pipeline in the Dosso and Tahoua regions along the border with Nigeria. The kidnapping of a United States citizen in Niamey on 21 October illustrates the country’s growing fragility and further demonstrates that militant reach now extends into urban centers once considered secure and less affected by militancy.

    Both JNIM and ISSP launched kidnapping campaigns targeting foreigners, which drove record-high instances of kidnapping in Mali and Niger (see graph below).1 JNIM primarily targeted foreign workers as part of its economic warfare strategy. It focused on industrial production facilities, mining sites, and transit routes. ISSP adopted a different approach by targeting both Western nationals and foreign laborers. Most abductions occurred in Niger. ACLED records additional incidents in the nearby border areas of Burkina Faso and Algeria. The ISSP-sponsored operations mark a shift toward taking high-value Western nationals hostage and outsourcing abductions to criminal networks.


    Spreading conflict into coastal West Africa will challenge regional cooperation in 2026

    One of the key developments shaping the outlook for 2026 is the consolidation of a new frontline in the Benin, Niger, and Nigeria borderlands, which is now strategically important for both Sahelian and Nigerian militant groups. 

    Throughout 2025, JNIM and ISSP further entrenched their presence in this tri-border area, transforming it into a conflict hotspot with implications for both the Sahel and coastal West Africa (see map below). Northern Benin experienced its deadliest year on record as JNIM intensified cross-border operations from eastern Burkina Faso in April, culminating in the killing of over 50 soldiers in Park W. By midyear, the group had advanced further south into the Borgou department, along the border with Nigeria, marking a southward expansion of its operations beyond the northernmost regions of Atacora and Alibori.2 JNIM also claimed its first attack in Nigeria in late October.3

    Meanwhile, ISSP reinforced its foothold in southwestern Niger, moving closer to the city of Gaya, on the border with Benin, and continued operations in Nigeria’s Sokoto and Kebbi states. In the Niger-Nigeria border areas, the group attacked villages, security posts, and military patrols and sabotaged critical infrastructure. Both Sahelian groups have now established themselves in northwestern and western Nigeria. 

    The growing convergence between Sahelian and Nigerian militants represents a turning point, as the previously distinct Sahelian and Nigerian theaters gradually merge into a single, interconnected conflict environment stretching from Mali to western Nigeria. In the coming year, this subregion is likely to become a key arena of competition among militant groups. JNIM, ISSP, Ansaru, Mahmuda, Islamic State West Africa Province factions, and bandit groups increasingly overlap in these border areas. As their areas of operation expand into shared spaces, we may see increased interaction among these groups, with evolving dynamics and new patterns of violence across these borderlands.

    While this tri-border expansion reshapes the southern frontline of the Sahelian conflict, the military regimes in the central Sahel face mounting internal and external pressures. In Mali and Burkina Faso, JNIM’s sustained offensives, blockades, and sieges have weakened state control and exposed deep structural vulnerabilities. In Mali, the fuel and transport embargo continues to affect the economy and the movement of goods and people, intensifying hardship for civilians and undermining the regime’s legitimacy. Prolonged disruption risks deepening existing fractures within the armed forces and triggering unrest that the junta may struggle to contain.

    Burkina Faso faces similar challenges. Years of attrition have left the army and the VDP overstretched. JNIM’s ability to temporarily seize major towns is not only indicative of the group’s strategic and tactical evolution, but also its potential to target regional capitals like Fada N’Gourma in the east of the country, given the state’s incapacity to effectively defend and secure departmental and provincial capitals. Continued heavy military casualties and territorial losses could generate the same internal dissent and coup pressures that brought down previous governments.

    Across the central Sahel, state authority is steadily eroding, despite junta promises to restore security. JNIM and ISSP now contest sovereignty across vast rural territories, where they enforce their social order, tax the population, and condition access to livelihoods. Their influence is increasingly encroaching on major population centers once considered relatively insulated from militant activity. ISSP’s incursions into Ayorou and Tillaberi, along with operations in Niamey, underscore that no population center is beyond militant reach.

    Local self-defense groups, which are central to state counter-insurgency efforts in rural areas, are under unprecedented strain. In Mali, many Dozo militias have been disarmed or forced into agreements with JNIM, leaving entire communities dependent on militant-enforced arrangements for limited security and economic access. In Burkina Faso, the VDP — which was once central to Traoré’s mobilization strategy — has suffered heavy losses and remains largely defensive, limiting the state’s ability to hold or reclaim territory. As these groups weaken, militants are likely to expand their authority further.

    Russia’s military partnership with the Sahelian countries has achieved limited results. The replacement of the Wagner Group with Africa Corps effectively left large areas unprotected — Africa Corps has a more limited scope and has been unable to prevent military advances. However, toward the end of the year, Africa Corps’ role increasingly shifted to securing fuel convoys and key supply routes in southern Mali,4 where JNIM’s embargo began to lose momentum. The military partnership is likely to remain important in 2026, with Africa Corps providing essential logistical and aerial support to help the junta maintain control over major transit routes and urban centers, even as broader security challenges continue. 

    The combination of sustained militant pressure, weakened militias, and declining state capacity and legitimacy heightens the risk of political destabilization in the central Sahel. If either the Malian or Burkinabe military regimes succumb to internal divisions or popular unrest, a regional domino effect could occur, placing neighboring regimes in increasingly precarious positions. If current trends continue, 2026 may bring deeper political instability and territorial fragmentation in the central Sahel and along its southern borders.

    Visual produced by Christian Jaffe.


    Conflict Watchlist 2026

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  • Crise politique au Bénin : les autorités rétablissent l’ordre après une tentative de putsch

    Crise politique au Bénin : les autorités rétablissent l’ordre après une tentative de putsch

    Une tentative de coup d’État rapidement neutralisée à Cotonou

    Le président béninois Patrice Talon en 2022
    Le président béninois Patrice Talon en 2022.© LUDOVIC MARIN / AFP

    Le Bénin a vécu une journée de tension politique ce dimanche, marquée par une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon. Huit militaires ont diffusé un message à la télévision nationale annonçant la destitution du chef de l’État. Pourtant, dès l’après-midi, le gouvernement béninois a rassuré la population : la situation était « totalement sous contrôle ».

    Les affrontements entre les mutins et les forces loyales ont fait plusieurs victimes. Pour rétablir l’ordre, le Nigeria, voisin du Bénin, a apporté un soutien décisif. Des frappes aériennes ont visé la base militaire de Togbin, à Cotonou, où s’étaient retranchés les putschistes. Des troupes nigérianes sont également intervenues au sol, permettant la reprise de la base dans la nuit de dimanche à lundi.

    Intervention régionale et soutien international

    La CEDEAO a réagi sans délai en annonçant l’envoi de renforts militaires provenant de quatre pays membres. L’objectif était clair : « préserver l’ordre constitutionnel » dans la région. Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, a qualifié la situation d’urgence, évoquant à la fois la menace jihadiste persistante et la multiplication des coups d’État.

    Du côté de la France, Emmanuel Macron a joué un rôle actif en coordonnant les échanges d’informations avec les pays de la région. Le président français s’est entretenu avec Patrice Talon, ainsi qu’avec les dirigeants du Nigeria et de la Sierra Leone, alors que ce dernier assurait la présidence tournante de la CEDEAO. « La France a apporté son plein soutien politique à la CEDEAO, qui a mené un effort très important ce week-end », a confirmé un conseiller de l’Élysée.

    Un pays sous haute tension électorale

    Alors que le calme revenait progressivement à Cotonou, capitale économique du Bénin, les autorités ont annoncé l’arrestation d’une douzaine de militaires. Parmi eux, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, chef des putschistes, reste en fuite. Deux hauts gradés de l’armée, initialement pris en otage, ont été libérés le lendemain.

    Cette crise survient à quelques mois de l’élection présidentielle d’avril, où Patrice Talon ne peut plus se représenter après avoir effectué deux mandats. Bien que salué pour le développement économique du pays, son gouvernement est critiqué pour son tournant autoritaire. L’opposition, notamment le parti des Démocrates, a été exclue du scrutin faute de parrainages suffisants. Thomas Boni Yayi, ancien président et actuel dirigeant des Démocrates, a fermement condamné la tentative de coup d’État.

    Dans un communiqué, il a dénoncé « une attaque sanglante et ignoble » et appelé à des « élections libres et transparentes ». Omar Alieu Touray a également souligné le lien entre les tensions politiques et l’érosion de l’inclusivité électorale dans plusieurs États de la CEDEAO, où les scrutins deviennent un facteur d’instabilité majeur.

    Bilan et perspectives

    Avec une douzaine d’arrestations et des mutins toujours en fuite, la stabilité au Bénin reste fragile. La reprise des activités à Cotonou marque un retour progressif à la normale, mais les défis politiques et sécuritaires persistent. La communauté internationale, notamment la CEDEAO et la France, continue de surveiller de près l’évolution de la situation dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.


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  • Urgence humanitaire en Afrique : l’ONU sollicite 5,1 milliards de dollars pour 2026

    Urgence humanitaire en Afrique : l’ONU sollicite 5,1 milliards de dollars pour 2026

    Dans le cadre d’un plan de réponse global estimé à 33 milliards de dollars pour l’année 2026, les Nations Unies et leurs partenaires humanitaires lancent un appel de 5,1 milliards de dollars. Cette somme est destinée à soutenir 24 millions de personnes parmi les plus vulnérables en Afrique de l’Ouest et du Centre.

    Les prévisions pour 2026 indiquent que plus de 42 millions d’individus nécessiteront une assistance vitale et une protection renforcée dans plusieurs pays, notamment au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali, au Niger, au Nigéria, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo et au Tchad.

    Charles Bernimolin, Chef du Bureau régional d’OCHA, prévient que l’absence de ressources immédiates aggravera la famine, les déplacements de populations et les risques sécuritaires pour les familles de la région. Selon l’organisme onusien, la persistance des conflits et les chocs climatiques privent des millions de personnes de leurs moyens de subsistance fondamentaux.

    Une insécurité croissante au Sahel et dans le bassin du lac Tchad

    L’instabilité qui frappe le Sahel central, particulièrement le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a des répercussions directes sur les pays voisins comme le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et la Mauritanie. Parallèlement, les tensions dans le bassin du lac Tchad et le conflit soudanais accentuent les flux migratoires forcés. Cette situation complexe alimente le Niger actualité et les préoccupations régionales.

    La région compte actuellement 12,7 millions de déplacés internes et 3,7 millions de réfugiés. Ces populations, majoritairement composées de femmes et d’enfants, subissent des traumatismes multiples, incluant des violences basées sur le genre et des mécanismes de survie extrêmes.

    Aux crises sécuritaires s’ajoute l’impact du dérèglement climatique. En 2025, des inondations massives ont dévasté 12 pays, affectant 2 millions de personnes et détruisant infrastructures de santé, écoles et cultures. La République démocratique du Congo a été lourdement touchée avec plus de 830 000 sinistrés.

    Le manque de financements : un frein majeur à l’aide

    L’OCHA alerte sur le fossé financier qui paralyse les interventions. En 2025, seulement 24 % des fonds nécessaires ont été collectés, soit 1,8 milliard de dollars sur les 7,8 milliards requis. Ce déficit oblige les acteurs humanitaires à opérer des arbitrages douloureux, délaissant parfois des communautés entières en situation de détresse.

    Les conséquences de ces coupes budgétaires sont concrètes :

    • En République centrafricaine, l’aide monétaire directe a chuté de 75 %.
    • En RDC, 85 % des personnes nécessitant un abri d’urgence n’ont reçu aucune assistance.

    Malgré ces obstacles, les organisations humanitaires maintiennent leurs efforts. Si 19 millions de personnes auront bénéficié d’un soutien d’ici la fin 2025, les agences soulignent que des millions d’autres restent sur la touche faute de moyens. Suivre l’actu Niger et la situation au Sahel reste crucial pour comprendre l’ampleur des besoins dans une zone où la politique nigérienne et la stabilité régionale sont étroitement liées à la réponse humanitaire.

  • L’ONU et ses partenaires réclament 5,1 milliards de dollars pour l’aide d’urgence en Afrique de l’Ouest et du Centre

    L’ONU et ses partenaires réclament 5,1 milliards de dollars pour l’aide d’urgence en Afrique de l’Ouest et du Centre

    L’ONU et ses partenaires réclament 5,1 milliards de dollars pour l’aide d’urgence en Afrique de l’Ouest et du Centre

    Dans le cadre d’un appel humanitaire global de 33 milliards de dollars pour l’année 2026, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses alliés sollicitent un financement de 5,1 milliards de dollars. Cet effort vise à apporter une assistance vitale à 24 millions de personnes parmi les plus vulnérables des régions d’Afrique de l’Ouest et du Centre, confrontées à une crise sans précédent.

    Pour l’année 2026, on estime que plus de 42 millions d’individus nécessiteront une aide cruciale pour leur survie et leur sécurité dans des pays comme le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Nigéria, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Tchad.

    Charles Bernimolin, qui dirige le Bureau régional d’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a lancé un avertissement sévère : « Sans une mobilisation rapide de ressources, les populations de l’Afrique de l’Ouest et du Centre seront confrontées à une aggravation de la faim, à des déplacements massifs et à des risques accrus pour leur sécurité, entraînant des souffrances indicibles. »

    Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) met en lumière une crise humanitaire qui ne cesse de s’intensifier, impactant des millions de vies. Les violences incessantes, les conflits prolongés et les catastrophes écologiques forcent de nombreuses familles à quitter leurs foyers, les privant de leur capacité à subvenir à leurs besoins fondamentaux.

    L’escalade de l’insécurité au Sahel et dans le bassin du lac Tchad

    L’instabilité croissante au cœur du Sahel, touchant particulièrement le Burkina Faso, le Mali et le Niger, provoque un débordement des violences vers des nations voisines telles que le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et la Mauritanie. Simultanément, la dégradation de la sécurité dans le bassin du lac Tchad et le conflit au Soudan poussent un nombre encore plus grand de personnes à l’exode.

    En conséquence, des millions de personnes demeurent déplacées au sein de la région, avec 12,7 millions de déplacés internes et 3,7 millions de réfugiés ou demandeurs d’asile. Une majorité écrasante de ces individus sont des femmes et des enfants, souvent contraints à des déplacements répétés et exposés à des dangers accrus, incluant la violence basée sur le genre, l’exploitation, et des signalements alarmants de viols et de « sexe de survie ».

    Alors que l’onde de choc des violences s’étend, les effets du changement climatique exacerbent davantage cette vulnérabilité. En 2025, des épisodes de pluies torrentielles et d’inondations ont affecté plus de 2 millions d’habitants à travers 12 pays. Ces désastres ont anéanti des récoltes, endommagé des habitations et rendu l’accès aux écoles et aux centres de santé impossible. La République démocratique du Congo, en particulier, a été lourdement touchée, comptabilisant plus de 830 000 personnes affectées.

    Les conséquences dévastatrices d’un sous-financement chronique

    En République centrafricaine, le nombre de bénéficiaires d’aide monétaire a diminué de 75%

    L’OCHA souligne qu’en dépit de la générosité des donateurs en 2025, les efforts humanitaires dans la région ont été gravement entravés par un déficit de financement criant. Sur les 7,8 milliards de dollars jugés nécessaires, seulement 1,8 milliard a été perçu, représentant à peine 24 % des fonds requis.

    Ce manque de ressources a contraint les organisations humanitaires à réduire l’ampleur de leurs interventions, les forçant à des choix difficiles quant aux zones d’action et aux populations les plus vulnérables à soutenir.

    Ces restrictions budgétaires ont eu des répercussions dramatiques. Par exemple, en République centrafricaine, le nombre de personnes recevant une aide financière a chuté de 75 %, limitant drastiquement leur capacité à couvrir leurs besoins urgents. En République démocratique du Congo, où le conflit a engendré de nouveaux déplacements massifs, 85 % des individus ciblés pour une aide au logement n’ont reçu aucune forme de soutien.

    Malgré ces obstacles financiers, les partenaires humanitaires restent déterminés à adresser les besoins les plus pressants en Afrique de l’Ouest et du Centre.

    D’ici la fin de l’année 2025, les acteurs humanitaires auront fourni une assistance, sous une forme ou une autre, à quelque 19 millions de personnes dans cette vaste région. « Cependant, l’insuffisance des fonds a malheureusement empêché d’atteindre plusieurs millions d’autres individus qui en avaient désespérément besoin », ont déploré les agences d’aide humanitaire.