Auteur/autrice : nigeractu

  • Crises alimentaires : l’ONU tire la sonnette d’alarme sur 16 zones critiques

    Crises alimentaires : l’ONU tire la sonnette d’alarme sur 16 zones critiques

    crises alimentaires : l’ONU tire la sonnette d’alarme sur 16 zones critiques

    L’Organisation des Nations unies alerte sur l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans seize régions du monde, qualifiées de « zones critiques ». Ces territoires, où des millions de personnes risquent de sombrer dans la famine, illustrent l’urgence d’une réponse internationale coordonnée.

    des territoires au bord de la famine : quels pays concernés ?

    Parmi les seize zones identifiées par l’ONU, plusieurs pays se distinguent par leur situation dramatique. Haïti, le Mali, la Palestine, le Soudan du Sud, le Soudan et le Yémen figurent en tête de liste, où les populations subissent un risque imminent de famine catastrophique.

    D’autres régions connaissent une situation « très préoccupante » : l’Afghanistan, la République démocratique du Congo, la Birmanie, le Nigeria, la Somalie et la Syrie. Quatre autres zones critiques sont également mentionnées : le Burkina Faso, le Tchad, le Kenya et la situation des réfugiés rohingyas au Bangladesh.

    les causes multiples d’une crise humanitaire

    Selon le rapport conjoint de la FAO et du Programme alimentaire mondial (PAM), les conflits armés, les chocs économiques, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’insuffisance des financements aggravent considérablement la situation. Ces facteurs combinés plongent des millions de personnes dans une précarité alimentaire sans précédent.

    une aide humanitaire en péril

    Le financement de l’aide humanitaire est « dangereusement insuffisant ». Sur les 29 milliards de dollars nécessaires pour soutenir les populations vulnérables, seulement 10,5 milliards ont été récoltés. Cette pénurie de fonds menace directement l’assistance alimentaire, notamment pour les réfugiés.

    Le PAM a dû réduire ses programmes d’aide, suspendre les distributions de nourriture dans certaines zones et abandonner des initiatives comme les repas scolaires. De son côté, la FAO met en garde contre la suspension des programmes de soutien agricole, essentiels pour les moyens de subsistance des populations locales.

    des conséquences dévastatrices à long terme

    Cindy McCain, directrice générale du PAM, rappelle que « nous sommes au bord d’une catastrophe alimentaire totalement évitable ». Elle souligne que l’inaction ne fera qu’aggraver l’instabilité dans ces régions déjà fragilisées.

    Qu Dongyu, directeur général de la FAO, insiste sur l’importance de la prévention de la famine : « Ce n’est pas seulement un devoir moral, mais un investissement judicieux pour la paix et la stabilité à long terme ».

    urgence d’une mobilisation internationale

    Les deux organisations appellent à une augmentation urgente des financements pour éviter une famine généralisée. Elles soulignent que sans une aide immédiate, des millions de vies seront menacées, et les conséquences humanitaires et géopolitiques seront irréversibles.

  • Nouveau représentant de l’OMS au Niger : dr jean baptiste nikiema entre en fonction

    Nouveau représentant de l’OMS au Niger : dr jean baptiste nikiema entre en fonction

    Dr Jean Baptiste Nikiema nommé représentant résident de l’OMS au Niger : une nouvelle étape pour la santé publique

    Niamey, capitale du Niger, a été le théâtre d’un événement majeur pour le système de santé du pays. Le Dr Jean Baptiste Nikiema, figure éminente de la santé publique, a officiellement pris ses fonctions en tant que Représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Niger. Une cérémonie solennelle, marquée par la remise de ses lettres de créance à Son Excellence M. Bakary Yaou Sangaré, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, a symbolisé le début d’une collaboration renforcée entre l’OMS et les autorités nigériennes.

    Cette rencontre, réunissant les équipes de l’OMS au Niger et les membres du cabinet ministériel, a mis en lumière les liens étroits et historiques tissés entre le Niger et l’institution onusienne. Après la formalité protocolaire, le Dr Nikiema a été reçu en audience par le Ministre, où des enjeux sanitaires stratégiques ont été abordés avec une attention particulière. Le Ministre a souligné le rôle central de l’OMS en tant que partenaire technique essentiel, tout en insistant sur la nécessité d’une coopération efficace pour consolider le système de santé nigérien et améliorer la qualité de vie des populations.

    Priorités sanitaires et engagements communs

    Plusieurs axes de collaboration prioritaires ont été identifiés lors de cet échange. Parmi eux, l’amélioration de l’accès aux soins primaires, le renforcement des infrastructures sanitaires et la protection de la santé maternelle et infantile figurent en tête de liste. D’autres domaines clés incluent la promotion de la santé, la gestion des déterminants sanitaires, la lutte contre les épidémies et la préparation aux urgences sanitaires.

    Le Dr Nikiema a salué les progrès significatifs réalisés par le Niger sous la direction de ses plus hautes autorités. Il a notamment cité les avancées remarquables en matière de vaccination des enfants, de réduction de la mortalité maternelle et périnatale, d’élimination de l’onchocercose et de gestion des épidémies. La question de la crise financière impactant les opérations de l’OMS a également été évoquée, le Représentant saluant le soutien du Gouvernement nigérien, notamment via le Ministre de la Santé, ainsi que les efforts déployés pour mobiliser des ressources locales, digitaliser les services de santé et développer la télémédecine.

    Engagé à œuvrer dans le respect de la souveraineté nationale, le Dr Nikiema a réaffirmé sa détermination à soutenir les priorités sanitaires du Niger. Son objectif : améliorer la santé et le bien-être des populations en alignement avec les stratégies nationales.

    Un profil d’exception au service de la santé publique

    Originaire du Burkina Faso, le Dr Jean Baptiste Nikiema est un expert reconnu en santé publique et en diplomatie sanitaire. Fort de plus de trente ans d’expérience, il a développé une expertise pointue dans des domaines variés : recherche thérapeutique (biologie moléculaire, phytochimie, pharmacognosie, pharmacologie), politiques de santé, couverture sanitaire universelle, résilience des systèmes de santé et gestion des urgences.

    Son parcours professionnel impressionnant inclut des fonctions stratégiques tant au niveau national qu’international. Il a notamment occupé le poste de Directeur général de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires au Burkina Faso, dirigé un département universitaire et présidé le Conseil d’administration du Centre Muraz. À l’échelle internationale, il a été Conseiller régional de l’OMS pour l’Afrique dans le domaine des médicaments, ainsi que Représentant adjoint de l’OMS en République Démocratique du Congo, où il a joué un rôle clé dans la gestion de crises sanitaires, de déplacements de populations et de catastrophes naturelles.

    Parmi ses réalisations majeures, on compte la création de l’Agence Africaine du Médicament, la promotion de la production locale de médicaments, le renforcement des systèmes de réglementation pharmaceutique et la coordination d’achats groupés pour les petits États insulaires africains, générant des économies substantielles.

    Parallèlement à ses responsabilités, le Dr Nikiema a encadré plus de cinquante doctorants en pharmacie et médecine, ainsi qu’une dizaine de masters en santé publique. Auteur ou co-auteur de plus de cinquante publications scientifiques dans des revues internationales, il contribue activement à l’avancement des connaissances en politiques de santé, pharmacologie et résilience des systèmes sanitaires.

    Polyglotte, maîtrisant le français et l’anglais, il allie leadership stratégique, gestion des risques et capacité à mobiliser des ressources. Sa mission au Niger s’articule autour de quatre piliers : soutenir la souveraineté sanitaire, prioriser les interventions essentielles, améliorer l’efficience des opérations et renforcer les partenariats pour mobiliser des fonds additionnels, en parfaite adéquation avec les priorités nationales.

    Contact et informations complémentaires

    Pour toute demande d’information ou d’interview, vous pouvez contacter :

    • Fati Amadou Oumarou
      • Chargée des Communications – OMS Niger
      • Email : fatia [at] who.int
  • La Mauritanie confirme la condamnation de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz

    La Mauritanie confirme la condamnation de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz

    La haute juridiction mauritanienne a rendu son verdict, confirmant partiellement la décision de la Cour d’appel de Nouakchott concernant l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz. Si les chefs d’accusation d’abus de pouvoir et de trafic d’influence ont été écartés, la Cour suprême a maintenu les charges d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent, ainsi que la peine de 15 ans de prison ferme.

    Avec l’achèvement des procédures judiciaires, l’éventualité d’une grâce présidentielle est désormais envisagée. Une telle mesure pourrait être facilitée par l’engagement des institutions de la société civile mauritanienne et le soutien de partenaires de la Mauritanie.

    Il est à noter que l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz et l’actuel chef de l’État, Mohamed Cheikh Ghazouani, partagent une amitié de longue date, s’étendant sur quatre décennies. Tous deux sont d’anciens officiers généraux à la retraite, ayant suivi leur formation militaire au Maroc.

    Maître Lô Gourmo, avocat représentant le collectif de défense de l’État constitué partie civile, a souligné que la Cour suprême a « cassé à moitié » la décision de la Cour d’appel de Nouakchott. Il a précisé que si les charges d’abus de pouvoir et de trafic d’influence ont été écartées, les éléments fondamentaux du dossier, à savoir l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent et le recel, ont été confirmés. Ce sont ces accusations qui fondent la peine de quinze ans de prison ferme.

    L’avocat a également expliqué que l’abandon des charges d’abus de pouvoir et de trafic d’influence était significatif. Une condamnation sur ces points aurait en effet renvoyé à la nature des fonctions exercées par l’ancien président et aurait potentiellement impliqué l’application de l’article 93 de la loi fondamentale, relatif à la compétence de la Haute Juridiction, une disposition que le Conseil Constitutionnel avait déjà écartée par le passé.

    Pour Mohamed Mahmoud Tolba, représentant de l’organisation Mauritanie Transparency, le verdict, bien qu’important, ne répond pas entièrement aux attentes de son association. Il a rappelé que Mauritanie Transparency « s’attendait à un procès plus vaste, incluant tous les acteurs ayant participé à la dilapidation des fonds publics ». Selon lui, de nombreux responsables sont impliqués dans ces pratiques de gouvernance, mais seul le cas de Mohamed Ould Abdel Aziz a été retenu. Malgré ces lacunes, il a exprimé l’espoir que cette procédure marque le début d’une nouvelle ère de transparence dans la gouvernance du pays.

  • L’ambitieux projet de modernisation hospitalière au Mali : un bond pour la santé publique

    L’ambitieux projet de modernisation hospitalière au Mali : un bond pour la santé publique

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    Le Président Goïta initie un programme ambitieux pour les infrastructures de santé au Mali

    Le 10 novembre 2025, à Bamako, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, a officiellement inauguré le Projet présidentiel d’urgence hospitalière en posant sa première pierre. Cette cérémonie significative, qui s’est déroulée au Centre de santé de référence de Korofina, dans la Commune I du District de Bamako, marque le coup d’envoi d’une vaste initiative visant à transformer et à moderniser le système de santé malien.

    La Ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-Major Assa Badiallo Touré, a souligné que ce programme s’inscrit dans la lignée des recommandations formulées lors des États généraux de la santé de décembre 2024. Ces assises avaient clairement mis en évidence l’impératif d’améliorer l’accès aux soins et la qualité des services médicaux pour l’ensemble de la population malienne.

    Une restructuration profonde des infrastructures hospitalières

    Ce projet d’envergure, selon les précisions de la Ministre Touré, vise une « modernisation et restructuration » fondamentale de l’appareil hospitalier national. Il prévoit la construction de 15 nouvelles structures hospitalières et la conversion des Centres de santé de référence (CSREF) du district de Bamako en véritables hôpitaux de district. Le financement de ces travaux est entièrement assuré par le budget national. Les chantiers à Bamako devraient être achevés en 12 mois, tandis que ceux des régions s’étendront sur 24 mois.

    Le Projet présidentiel d’urgence hospitalière se décline en trois axes stratégiques majeurs pour une meilleure couverture sanitaire :

    1. La mutation des CSREF des sept arrondissements de Bamako en hôpitaux de district pleinement opérationnels.
    2. L’édification de nouveaux hôpitaux de district dans les localités stratégiques de Bla et Kangaba.
    3. La construction d’hôpitaux régionaux modernes dans les villes de San, Koutiala, Bougouni, Dioïla, Nioro, Bandiagara et Koulikoro.

    Ces futures infrastructures médicales seront dotées d’équipements de pointe, offriront des capacités d’hospitalisation significativement accrues et proposeront des services spécialisés. Il est notamment prévu l’intégration d’unités d’hémodialyse au sein des hôpitaux des 1er et 6e arrondissements de Bamako, répondant ainsi à un besoin crucial.

    Engagement présidentiel et suivi rigoureux des chantiers

    À l’issue de la cérémonie inaugurale, le Président de la Transition, Assimi Goïta, a réaffirmé que la santé est un pilier indispensable au développement socio-économique du Mali. Il a instruit la Ministre de la Santé de garantir la continuité des services publics durant la période des travaux et d’assurer un respect scrupuleux des délais contractuels. Le Président a également insisté sur la vocation humaine de ce projet : rendre les soins de qualité plus accessibles aux populations, réduire le nombre d’évacuations sanitaires coûteuses et désengorger les établissements de santé existants.

  • Mali : libération immédiate de moussa mara et respect des droits humains

    Mali : libération immédiate de moussa mara et respect des droits humains

    Mali : la condamnation de moussa mara, symbole d’une justice défaillante et d’une répression politique

    L’ancien premier ministre malien Moussa Mara a été condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA (762 euros), pour des accusations d’atteinte au crédit de l’État. Cette sentence, qualifiée de parodie de justice par Amnesty International, s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre les voix critiques et les opposants politiques au Mali. Les autorités maliennes sont appelées à libérer immédiatement Moussa Mara, ainsi que tous les détenus arbitrairement incarcérés pour leurs opinions politiques.

    « Cette condamnation illustre le mépris persistant des autorités maliennes envers les obligations internationales en matière de droits humains, notamment la Constitution malienne, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques », a souligné Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Il a également rappelé que les autorités doivent cesser de museler les critiques et garantir la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique pour tous les citoyens.

    Les détentions arbitraires, les disparitions forcées et l’utilisation abusive du système pénal ne doivent plus servir à réduire au silence les opposants pacifiques au Mali.

    Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

    moussa mara : un ancien premier ministre ciblé pour ses prises de position

    Ancien chef du gouvernement entre avril 2014 et janvier 2015, Moussa Mara est également président du parti d’opposition Yéléma. Son arrestation, intervenue le 1er août, fait suite à un tweet publié le 4 juillet, dans lequel il exprimait sa solidarité avec plusieurs activistes et politiciens emprisonnés. Dans ce message, il évoquait une « nuit » et promettait de se battre « par tous les moyens pour que le soleil apparaisse ». Il a été accusé d’atteinte au crédit de l’État, d’incitation au trouble à l’ordre public et d’opposition à l’autorité légitime.

    répression des voix critiques : des cas emblématiques de violations des droits humains

    él béchir thiam : journaliste enlevé et libéré après quatre mois de détention

    Le 8 mai 2025, El Béchir Thiam, journaliste et membre du parti Yéléma, a été enlevé par des hommes cagoulés se présentant comme des agents des services de renseignement. Ce kidnapping est intervenu après une prise de parole publique où il critiquait la décision du parlement de transition d’accorder un nouveau mandat de cinq ans au gouvernement militaire. Son lieu de détention était inconnu pendant des mois, et les autorités n’ont pas reconnu sa détention ni fourni d’informations à ce sujet. Libéré le 26 septembre après quatre mois de disparition forcée, il a porté plainte pour enlèvement dès le 17 juillet.

    clément dembélé : activiste anti-corruption toujours détenu malgré un non-lieu

    Clément Dembélé, figure de la lutte contre la corruption, a été arrêté en novembre 2023 alors qu’il s’apprêtait à organiser une conférence de presse pour dénoncer les coupures d’électricité récurrentes. Accusé d’avoir proféré des menaces de mort à l’encontre du chef de l’État Assimi Goïta et de sa famille, il a bénéficié d’un rejet des accusations par un juge d’instruction en avril 2025. Pourtant, il reste incarcéré de manière arbitraire, malgré cette décision.

    L’expert indépendant des Nations unies sur le Mali avait déjà dénoncé en août et septembre 2025 la disparition forcée d’El Béchir Thiam et l’arrestation arbitraire de Clément Dembélé, exigeant leur libération immédiate et inconditionnelle.

    rokiatou doumbia, mohamed youssouf bathily et adama diarra : d’autres victimes de la répression

    Rokiatou Doumbia, connue sous le nom de « Rose Vie Chère » ou « Tantie Rose », a été arrêtée en mars 2023 pour avoir dénoncé la dégradation de la situation sécuritaire et la hausse du coût de la vie depuis le coup d’État de 2020. Condamnée à un an de prison pour « incitation à la révolte » et « atteinte au crédit de l’État », elle est toujours détenue arbitrairement malgré l’expiration de sa peine initiale.

    Mohamed Youssouf Bathily, alias « Ras Bath », animateur radio et activiste, a été arrêté en mars 2023 après avoir qualifié de « assassinat » la mort en détention de l’ancien premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga. Condamné à 18 mois de prison pour « simulation d’infraction », il a purgé sa peine mais reste incarcéré pour de nouvelles accusations, dont « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l’État ».

    Adama Diarra, surnommé « Ben le Cerveau », a été arrêté en septembre 2023 après avoir appelé au rétablissement d’un régime civil constitutionnel. Condamné à deux ans de prison pour « atteinte au crédit de l’État », sa demande de libération provisoire a été rejetée en février 2025. Il est toujours détenu de manière arbitraire.

    issa kaou n’djim : un ancien membre du cnt condamné pour avoir questionné une déclaration officielle

    Issa Kaou N’Djim, ancien membre du Conseil national de transition (cnt), a été condamné à deux ans de prison en novembre 2024 après avoir remis en cause la véracité d’une déclaration des autorités burkinabè concernant une tentative de coup d’État. Arrêté suite à une plainte déposée par le Burkina Faso, il a été accusé d’offense commise publiquement envers un chef d’État étranger.

    contexte politique : une transition militaire prolongée et une restriction des libertés

    Depuis le coup d’État qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, le Mali est dirigé par des autorités militaires. La transition, initialement prévue pour durer 18 mois, a été prolongée à plusieurs reprises. En avril 2025, le gouvernement a annoncé la dissolution de tous les partis politiques et la prolongation de la transition pour cinq nouvelles années. Ces mesures, couplées à la répression des opposants et à la restriction des libertés fondamentales, soulèvent des inquiétudes quant à l’état de droit et au respect des droits humains dans le pays.

    Face à cette situation, les organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, exigent que les autorités maliennes mettent fin à la répression des voix critiques, libèrent immédiatement tous les détenus arbitrairement incarcérés et respectent leurs obligations internationales en matière de droits humains.

  • Mali : les maliens veulent une couverture santé universelle avant tout

    Mali : les maliens veulent une couverture santé universelle avant tout

    Le Mali face à l’urgence d’une couverture santé universelle

    Le Mali a connu des avancées notables ces dernières années en matière de santé publique. Les indicateurs clés comme la réduction de la mortalité infantile et maternelle, l’amélioration de l’espérance de vie et la baisse de la mortalité chez les moins de 5 ans témoignent de ces progrès, notamment selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé et de l’UNICEF.

    En 2018, le pays a lancé un plan national d’assurance maladie universelle, une initiative ambitieuse visant à garantir à tous les citoyens un accès équitable aux soins. Pourtant, malgré ces efforts, l’accès à des soins de qualité reste un défi majeur. Plusieurs obstacles persistent :

    • Une pénurie criante de personnel médical qualifié, particulièrement en zones rurales où les besoins sont les plus importants.
    • Un financement encore insuffisant des structures sanitaires, aggravé par les conséquences des crises politiques successives.
    • Une concentration disproportionnée des médecins dans la capitale, Bamako, où plus de la moitié des professionnels de santé exercent, laissant les régions excentrées sous-équipées.

    Ces difficultés se reflètent dans le score de 41/100 obtenu par le Mali dans l’Indice de couverture des services de santé universelle de l’OMS en 2024. Ce résultat place le pays en dessous de la moyenne africaine (44/100) et bien loin de la moyenne mondiale (68/100).

    Les attentes des Maliens : une santé prioritaire pour le gouvernement

    Les résultats de l’enquête Afrobarometer Round 10 révèlent que la santé est la préoccupation principale des citoyens. Pour eux, c’est le problème le plus urgent que le gouvernement doit résoudre. Pourtant, seulement environ un adulte sur sept bénéficie actuellement d’une couverture médicale. Une majorité de Maliens expriment leur inquiétude quant à leur capacité à payer des soins ou à y accéder en temps utile.

    Une large majorité des citoyens plébiscitent l’idée d’une couverture santé universelle, même si cela implique une hausse des impôts. Leur demande est claire : « Le gouvernement doit garantir à tous les Maliens un accès à des soins de qualité, sans exclusion ni discrimination. »

    Des expériences contrastées dans les établissements publics

    Parmi les personnes ayant fréquenté un hôpital ou une clinique publique au cours de l’année écoulée, les avis sont partagés. Si une majorité affirme avoir pu obtenir les soins nécessaires, les retours soulignent des problèmes récurrents :

    • Des coûts prohibitifs des soins et des médicaments.
    • Des délais d’attente excessifs avant une prise en charge.
    • Un manque chronique de médicaments et de matériel médical.

    Plus alarmant encore, près de la moitié des Maliens déclarent qu’un membre de leur famille n’a pas pu bénéficier des soins nécessaires au cours de l’année précédente, faute de moyens ou de structures adaptées.

    Un bilan contrasté malgré des efforts reconnus

    Malgré ces défis persistants, deux tiers des Maliens reconnaissent les progrès accomplis par le gouvernement en matière de soins de santé de base. Leur confiance dans le Ministère de la Santé reste globalement positive, même si des améliorations sont clairement attendues.

    Face à ces constats, une question s’impose : comment concilier ambitions politiques et réalités du terrain pour faire de la santé une priorité accessible à tous ?

  • Tchad : une révision constitutionnelle met en péril la démocratie et l’état de droit

    Tchad : une révision constitutionnelle met en péril la démocratie et l’état de droit

    une menace majeure pour les institutions démocratiques

    La récente révision de la constitution du Tchad, supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels, représente un recul alarmant pour l’état de droit et la démocratie, selon les analystes. Cette modification constitutionnelle, adoptée en octobre 2025 par le Parlement dominé par le Mouvement patriotique du salut (MPS), ouvre la voie à un maintien indéfini au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby, déjà en fonction depuis 2021. Cette décision affaiblit les espoirs d’un changement politique conforme aux normes internationales, notamment en matière de droit de vote et de participation citoyenne.

    des conséquences graves pour les libertés politiques

    « En supprimant la limite des mandats, les autorités tchadiennes ont détruit un rempart essentiel contre l’autoritarisme », déclare Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. Cette réforme, accélérée par une approbation parlementaire massive, prolonge également la durée de chaque mandat de cinq à sept ans. Certains députés de l’opposition ont boycotté le vote, dénonçant un processus anticonstitutionnel et illégitime.

    Le gouvernement justifie ces amendements en les qualifiant de « techniques », mais leur principal effet est de légaliser un règne potentiellement illimité pour Mahamat Idriss Déby, fils de l’ancien président Idriss Déby Itno, qui a dirigé le pays pendant trois décennies. Cette réforme supprime un contrôle constitutionnel crucial, garantissant traditionnellement le transfert pacifique du pouvoir et empêchant la domination d’un seul parti ou individu.

    un recul démocratique en Afrique centrale

    Cette modification s’inscrit dans une tendance inquiétante en Afrique centrale, où plusieurs gouvernements modifient leurs constitutions pour consolider leur pouvoir. Ces pratiques, souvent qualifiées de « coups d’État constitutionnels », contredisent la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, à laquelle le Tchad est partie. Cette charte interdit explicitement les amendements constitutionnels visant à contourner les principes d’alternance démocratique.

    Le Tchad, où l’opposition et la société civile subissent déjà des pressions constantes, voit son paysage politique encore plus verrouillé par cette réforme. Les élections de 2021, précédées de violences contre les manifestants pacifiques, illustrent la répression systématique des voix dissidentes. Après la mort d’Idriss Déby Itno, l’armée, dirigée par son fils, a pris le contrôle du pays, promettant une transition démocratique avant de renforcer son emprise autoritaire.

    une transition militaire détournée

    Selon la constitution de 2018, en cas de décès du président, le président de l’Assemblée nationale devait assurer une transition temporaire de 45 à 90 jours avant de nouvelles élections. Pourtant, l’armée a maintenu Mahamat Idriss Déby au pouvoir, prolongeant un cycle d’autoritarisme. Les violences d’octobre 2022, lors desquelles des manifestants ont été tués et des centaines arrêtés, ont marqué un tournant dans la répression des revendications démocratiques.

    la répression des opposants politiques

    Le dirigeant de l’opposition Succès Masra, ancien Premier ministre, a été arrêté en mai 2025 et condamné à 20 ans de prison pour des accusations jugées politiques. Cette condamnation, issue d’un procès à caractère partisan, illustre la stratégie du régime pour museler toute contestation. Malgré les appels internationaux, Succès Masra reste incarcéré dans des conditions dénoncées comme inhumaines.

    l’historique des manipulations constitutionnelles

    Cette n’est pas la première fois que le Tchad supprime la limitation des mandats. Idriss Déby Itno avait déjà aboli cette restriction en 2005, lui permettant de rester au pouvoir jusqu’à sa mort. En 2018, une limite de deux mandats avait été rétablie, mais avec une durée allongée à six ans. Son fils, Mahamat Idriss Déby, vient à nouveau de supprimer cette limite, confirmant l’utilisation des réformes constitutionnelles comme outil de maintien au pouvoir.

    Les autorités tchadiennes sont appelées à rétablir la limitation des mandats présidentiels et à garantir un processus de réforme constitutionnelle transparent et inclusif. Les dirigeants de l’opposition, qui ont boycotté le vote, réclament un référendum pour légitimer ces changements. Un référendum similaire avait été organisé en 2023 pour mettre fin au régime militaire, mais les promesses de démocratisation restent lettre morte.

    Les organisations de défense des droits humains exigent également la fin des poursuites politiques, la libération des opposants comme Succès Masra, et le respect des libertés fondamentales. « La répression est désormais institutionnalisée au Tchad, et la Constitution elle-même est réécrite pour restreindre davantage les droits des citoyens », alerte Lewis Mudge.

    Sans mécanisme crédible de transition démocratique, les institutions comme le Parlement, la justice et les médias perdent leur capacité à contrôler l’exécutif, plongeant le pays dans une spirale autoritaire.

  • Urgence humanitaire au Sahel : le cri d’alarme du HCR pour quatre millions de déplacés

    Urgence humanitaire au Sahel : le cri d’alarme du HCR pour quatre millions de déplacés

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé un avertissement solennel concernant la dégradation de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Actuellement, près de quatre millions de personnes sont déracinées au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ce chiffre alarmant représente une augmentation de plus de 60 % par rapport à la situation d’il y a cinq ans, illustrant une actu Niger et régionale de plus en plus préoccupante.

    Abdouraouf Gnon-Konde, Directeur du Bureau régional du HCR pour l’Afrique occidentale et centrale, a souligné que si la majorité des déplacés restent à l’intérieur de leurs frontières, les mouvements vers les pays voisins s’intensifient. Cette dynamique accroît la pression sur les infrastructures nationales et les populations hôtes, déjà fragilisées par une politique nigérienne et régionale complexe.

    Un déficit de financement aux conséquences dramatiques

    La crise au Sahel central souffre d’un manque criant de moyens. Alors que les besoins explosent, les ressources financières s’amenuisent. Pour l’année en cours, le HCR n’a collecté que moins d’un tiers des 409 millions de dollars nécessaires à ses interventions. Ce sous-financement impacte directement des services vitaux tels que l’hébergement, la santé et l’éducation.

    L’absence de documentation est l’un des problèmes majeurs : plus de 212 000 demandeurs d’asile et réfugiés au Niger, au Mali et au Burkina Faso ne sont toujours pas enregistrés. Cette situation de précarité administrative les expose à des risques de harcèlement et de détentions arbitraires, aggravant les chiffres de la Niamey actualité en matière de droits humains.

    Femmes et enfants : premières victimes de l’insécurité

    Les violences perpétrées par les groupes armés continuent de terroriser les civils. Les femmes et les enfants constituent 80 % des populations déplacées de force. Dans ce contexte d’instabilité, les violences basées sur le genre ont connu une hausse significative cette année, selon les mécanismes de suivi de la protection.

    Le secteur social est totalement sinistré :

    • Plus de 14 800 écoles ont fermé leurs portes à la mi-2025, privant 3 millions d’enfants d’instruction.
    • Environ 900 centres de santé ne sont plus opérationnels.
    • Le risque de recrutement forcé par des groupes terroristes et la traite des êtres humains menacent quotidiennement la jeunesse.

    Le climat et la faim, catalyseurs de l’exode

    Au-delà des conflits, l’économie du Niger et de ses voisins subit de plein fouet les chocs climatiques. La raréfaction des ressources naturelles, comme l’eau et les terres cultivables, exacerbe les tensions entre les communautés. L’insécurité alimentaire est désormais citée deux fois plus souvent qu’auparavant comme une cause majeure de départ.

    Face à cette Niger actualité tragique, le HCR appelle la communauté internationale à ne pas détourner le regard et à renforcer son engagement pour éviter une catastrophe humaine de plus grande ampleur dans tout le Sahel.

  • Crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur 4 millions de déplacés

    Crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur 4 millions de déplacés

    crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur 4 millions de déplacés

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour soutenir ses opérations dans la région du Sahel. Près de 4 millions de personnes sont actuellement déplacées au Burkina Faso, au Mali, au Niger et dans les pays voisins. Ce chiffre représente une augmentation de deux tiers en cinq ans, principalement en raison de l’insécurité croissante, des difficultés d’accès aux services essentiels et des conséquences du changement climatique.

    Abdouraouf Gnon-Konde, Directeur du Bureau régional du HCR pour l’Afrique occidentale et centrale, a souligné lors d’un point de presse : « Bien que la majorité des déplacés restent dans leur pays, les mouvements transfrontaliers deviennent de plus en plus fréquents. Ces déplacements exercent une pression accrue sur les communautés d’accueil et les systèmes nationaux, déjà fragilisés. »

    Des ressources insuffisantes face à l’urgence

    La crise humanitaire dans le centre du Sahel s’aggrave alors que l’accès à l’aide et le financement sont de plus en plus limités. Depuis 2022, les besoins humanitaires ont fortement augmenté tandis que les ressources disponibles ont considérablement diminué. Pour 2025, le HCR n’a reçu que moins d’un tiers des 409 millions de dollars demandés pour financer ses missions.

    Cette insuffisance budgétaire a des répercussions dramatiques sur des activités vitales telles que l’enregistrement des déplacés, la documentation, l’éducation, les soins de santé et l’hébergement. Selon M. Gnon-Konde, « plus de 212 000 réfugiés et demandeurs d’asile au Burkina Faso, au Mali et au Niger ne sont toujours pas enregistrés. Cela limite leur accès aux services de base et augmente les risques de détention arbitraire ou de harcèlement. »

    L’insécurité et ses conséquences dramatiques

    Les violences perpétrées par les groupes djihadistes persistent dans toute la région, exposant les populations à des menaces constantes : recrutement forcé, restrictions de mouvement et détention arbitraire. Les femmes et les enfants, qui représentent 80 % des personnes déplacées de force, sont particulièrement vulnérables. La violence sexiste, déjà omniprésente, a connu une hausse alarmante cette année selon le système interinstitutions de suivi de la protection en Afrique occidentale et centrale.

    Éducation et santé : des secteurs en crise

    Dans ce contexte d’insécurité, plus de 900 établissements de santé ont dû fermer leurs portes, privant des millions de personnes de soins essentiels. Parallèlement, plus de 14 800 écoles ont été contraintes de fermer leurs portes d’ici mi-2025, privant 3 millions d’enfants d’accès à l’éducation et à des espaces sûrs. Cette situation expose davantage les jeunes déplacés à des risques accrus de recrutement forcé et de trafic d’êtres humains.

    L’insécurité alimentaire s’est également imposée comme un facteur majeur de déplacement. La proportion de personnes déplacées et de membres des communautés d’accueil citant ce problème comme cause de leur déplacement a doublé ces dernières années. Le HCR souligne que les chocs climatiques amplifient ces risques en intensifiant la compétition pour des ressources naturelles déjà rares, comme la terre et l’eau. Ces tensions exacerbent les difficultés de coexistence pacifique et de cohésion sociale avec les communautés locales.

    Un appel à l’action internationale

    Face à l’ampleur de cette crise, le HCR insiste sur la nécessité d’un engagement international renforcé et renouvelé. Les pays de la région ne peuvent relever ces défis seuls. Sans un soutien accru, des milliers de vies resteront en danger, et les progrès accomplis jusqu’à présent pourraient être anéantis.

  • Niger : le bilan sombre des droits humains après le coup d’état de 2023

    Un recul inquiétant des droits fondamentaux au Niger après 2023

    Dans le cadre de la 52e session du Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, un rapport d’Amnesty International dresse un état des lieux alarmant de la situation des droits humains au Niger. Cette évaluation, prévue pour avril-mai 2026, porte sur l’application des recommandations formulées lors du précédent cycle d’examen, en mettant en lumière plusieurs violations persistantes et préoccupantes.

    Les atteintes aux libertés individuelles sous le microscope

    • Détentions arbitraires et arrestations illégales : L’organisation dénonce une augmentation des cas de privation de liberté sans base légale, notamment ciblant des opposants et des militants.
    • Persécutions des défenseur·e·s des droits humains : Les acteurs engagés dans la promotion des libertés fondamentales subissent des pressions croissantes, allant des intimidations aux condamnations injustes.
    • Atteintes à la liberté de la presse : Les médias indépendants font face à des restrictions accrues, limitant leur capacité à informer librement et à jouer leur rôle de contre-pouvoir.

    Un cadre juridique national en décalage avec les standards internationaux

    Le document souligne un décalage persistant entre les engagements pris par le Niger sur la scène internationale et la réalité juridique locale. Malgré les promesses de réformes, les lois nationales continuent de restreindre l’exercice des droits à la liberté d’expression et à l’information, favorisant ainsi un climat de répression.

    Quelles perspectives pour les droits humains au Niger ?

    Face à ce bilan préoccupant, Amnesty International appelle à une réévaluation urgente des politiques publiques. L’organisation recommande notamment :

    • La libération immédiate des personnes détenues illégalement.
    • La fin des poursuites judiciaires contre les militant·e·s et journalistes.
    • Une révision des textes législatifs pour les aligner sur les conventions internationales.

    Cette communication s’inscrit dans un contexte où la communauté internationale observe de près l’évolution de la situation au Niger, un pays déjà fragilisé par des crises politiques et sécuritaires.

  • Crise économique au Niger : une génération en proie à la faim

    Crise économique au Niger : une génération en proie à la faim

    Le Niger confronté à sa pire crise économique depuis des décennies : l’urgence humanitaire

    Dans les rues poussiéreuses de Zinder, au sud-est du Niger, le quotidien de Rabiatou, 29 ans, illustre l’effondrement économique qui frappe le pays. Cette mère de famille, commerçante d’articles d’occasion, peine à écouler son stock. Après une journée entière d’efforts, elle ne parvient à vendre qu’un seul vêtement pour 1 000 F CFA – une somme dont la moitié est engloutie par les frais de transport. De retour chez elle, son bébé déjà endormi, elle incarne le désespoir d’une population en proie à une crise sans précédent.

    Cette situation dramatique n’est malheureusement pas isolée. Le Niger, déjà fragilisé par des années d’instabilité politique et la menace persistante des groupes armés, traverse aujourd’hui la pire crise économique de son histoire récente. Entre l’isolement diplomatique imposé par la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tiani et l’avancée des groupes jihadistes, le pays se trouve dans une impasse sans précédent.

    Une économie exsangue et une population en détresse

    Les indicateurs économiques du Niger affichent des signes alarmants. L’inflation galopante, la dépréciation du franc CFA, et la chute des revenus liés aux exportations, notamment des ressources naturelles, ont plongé des millions de ménages dans une précarité extrême. Selon les dernières estimations, plus de 40 % de la population nigérienne vit désormais sous le seuil de pauvreté, un chiffre en hausse constante depuis 2020.

    Les secteurs clés de l’économie sont particulièrement touchés :

    • L’agriculture, qui emploie plus de 80 % de la population active, subit de plein fouet les effets des changements climatiques et des violences dans les zones rurales. Les récoltes sont en baisse, et les prix des denrées alimentaires flambent.
    • Le commerce transfrontalier, autrefois dynamique avec les pays voisins comme le Bénin et le Nigeria, est paralysé par les restrictions imposées par la junte et les barrières sécuritaires.
    • Les hydrocarbures, secteur historique du pays, voient leur production chuter en raison des sanctions internationales et du manque d’investissements étrangers.

    Un isolement diplomatique et sécuritaire aux conséquences dévastatrices

    La prise de pouvoir par la junte militaire en juillet 2023 a entraîné une rupture des relations avec les partenaires internationaux, notamment les anciennes puissances coloniales et les organisations régionales comme la CEDEAO. Ces tensions ont accéléré l’isolement du pays sur la scène internationale, aggravant les difficultés économiques.

    Parallèlement, la montée en puissance des groupes armés dans les régions de Tillabéri, Diffa et Tahoua a forcé des milliers de personnes à fuir leurs foyers. Les déplacements massifs de populations, combinés à la destruction des infrastructures agricoles et commerciales, aggravent la crise alimentaire et humanitaire.

    Dans ce contexte, le gouvernement de transition dirigé par le général Abdourahamane Tiani tente de maintenir une stabilité relative, mais les défis restent immenses. Les négociations avec les partenaires internationaux pour lever les sanctions et relancer l’économie piétinent, tandis que la population endure les conséquences de cette crise multidimensionnelle.

    Des solutions urgentes pour éviter l’effondrement

    Face à l’urgence, plusieurs pistes sont évoquées pour tenter de stabiliser la situation :

    • Relancer le dialogue diplomatique : La levée des sanctions internationales et la normalisation des relations avec les partenaires régionaux et internationaux pourraient permettre un accès accru aux aides humanitaires et aux financements.
    • Renforcer la sécurité alimentaire : Des programmes ciblés pour soutenir les agriculteurs, améliorer les infrastructures de stockage et faciliter l’accès aux marchés sont indispensables pour éviter une famine généralisée.
    • Diversifier l’économie : Réduire la dépendance aux hydrocarbures et aux exportations agricoles en développant des secteurs comme les énergies renouvelables ou le numérique pourrait offrir de nouvelles perspectives économiques.
    • Soutenir les initiatives locales : Les associations et coopératives locales, souvent plus proches des réalités du terrain, jouent un rôle clé dans l’aide aux populations vulnérables. Leur renforcement doit être une priorité.

    Pour Rabiatou et des millions d’autres Nigériens, chaque jour est une lutte pour survivre. La crise actuelle n’est pas seulement économique : elle menace l’avenir même d’une génération entière. Sans une réponse rapide et coordonnée, le Niger risque de sombrer dans un chaos dont les répercussions se feront sentir bien au-delà de ses frontières.

    Un appel à l’action internationale

    La communauté internationale ne peut ignorer la détresse du Niger. Les organisations humanitaires, les États voisins et les partenaires multilatéraux doivent unir leurs efforts pour apporter une aide concrète et durable. Chaque contribution, qu’elle soit financière, logistique ou politique, peut faire la différence entre la survie et l’effondrement d’un pays déjà en première ligne face aux défis du XXIe siècle.

  • Procès controversé contre l’ancien premier ministre moussa mara au Mali

    Procès controversé contre l’ancien premier ministre moussa mara au Mali

    Un procès politique au Mali : l’ancien premier ministre Moussa Mara face à la répression

    Au Mali, un procès à charge contre l’ancien Premier ministre Moussa Mara soulève de vives inquiétudes quant à la liberté d’expression. Mardi dernier, alors que ses avocats plaidaient pour une libération provisoire, les juges ont rejeté leur demande. Pire, le parquet a requis une peine de deux ans de prison à son encontre, illustrant ainsi la répression systématique menée par la junte militaire malienne contre toute opposition.

    Moussa Mara, qui a exercé la fonction de Premier ministre pendant huit mois entre 2014 et 2015, a été arrêté le 1er août. Son crime ? Avoir partagé sur les réseaux sociaux un message de solidarité envers des prisonniers politiques maliens, annonçant vouloir œuvrer pour leur libération. Une démarche interprétée par les autorités comme une atteinte à l’image de l’État, une opposition à l’autorité en place, une incitation aux troubles publics ou encore la diffusion de fausses informations.

    Un procès sous haute tension : équité et liberté d’expression en question

    Le tribunal de lutte contre la cybercriminalité de Bamako a ouvert le procès de Moussa Mara le 29 septembre. Le verdict, attendu pour le 27 octobre, suscite de sérieuses interrogations quant à son équité. Les avocats de l’ancien Premier ministre dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. « Ces accusations n’ont aucun lien avec le contenu du message publié par Moussa Mara sur X », a souligné un membre de son équipe. Le bâtonnier Mounkaïla Yayé a, quant à lui, qualifié ce procès de « attaque frontale contre la liberté d’expression », mettant en garde contre un « précédent dangereux » pour l’avenir du pays.

    Mali : une junte militaire qui musèle opposition et médias

    Depuis le coup d’État de 2021 mené par le général Assimi Goïta, la junte au pouvoir a drastiquement réduit l’espace politique, civique et médiatique au Mali. Les partis d’opposition ont été interdits, tandis que journalistes et militants des droits humains subissent intimidations, emprisonnements ou disparitions forcées. Le général Goïta a également prolongé son mandat sans organiser d’élections, retardant ainsi tout retour à un régime démocratique civil.

    Par ailleurs, les autorités maliennes ont ignoré les appels internationaux exigeant des comptes pour les violations des droits humains commises par les forces de sécurité. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO en janvier, privant leurs citoyens de la possibilité de saisir la Cour de justice de cette organisation pour réclamer justice. En septembre, ces trois pays ont également annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale, une décision qui fragilise davantage l’accès à la justice pour les victimes de crimes graves.

    Un signal inquiétant pour la liberté d’expression au Mali

    L’arrestation et le procès de Moussa Mara envoient un message clair : exprimer sa solidarité avec des opposants est désormais passible de poursuites au Mali. Cette affaire révèle surtout l’intolérance croissante de la junte envers toute forme de dissidence. Pour les défenseurs des droits humains, il est urgent que les autorités abandonnent toutes les charges contre Moussa Mara, libèrent tous les prisonniers détenus arbitrairement et respectent enfin le droit fondamental à la liberté d’expression.