Auteur/autrice : nigeractu

  • Crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur l’urgence d’une réponse globale

    Crise humanitaire au Sahel : le hcr alerte sur l’urgence d’une réponse globale

    Crise humanitaire au Sahel : le HCR lance un appel urgent à une action collective

    Face à une crise humanitaire en pleine aggravation dans la région du Sahel, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) tire la sonnette d’alarme. Selon les dernières estimations, plus de 3,3 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers en raison de violences persistantes et des conséquences dramatiques de la crise climatique.

    « Ce chiffre, en constante augmentation, reflète une situation qui se détériore rapidement et exige une réponse internationale immédiate », a souligné Alpha Seydi Ba, porte-parole du Bureau régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, lors d’une conférence de presse à Genève.

    Une région en proie à l’insécurité et aux déplacements massifs

    Les pays du Sahel central — Burkina Faso, Mali et Niger — sont particulièrement touchés par cette crise. Les données recueillies en avril 2024 révèlent que 2,8 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de ces trois pays au cours des quatre dernières années. Parallèlement, le nombre de réfugiés originaires de ces nations a atteint 550 000 individus.

    Les principaux facteurs de ces déplacements incluent les vols, les attaques contre les civils et les violences basées sur le genre. Les populations les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, sont particulièrement exposées aux risques d’exploitation, d’abus et de traite.

    Au Burkina Faso, la combinaison de l’insécurité et des conditions de vie précaires aggrave la fragilité de la situation. En un an seulement, plus de 117 000 réfugiés burkinabés ont trouvé refuge dans les pays côtiers voisins, selon les dernières estimations.

    Un exode massif vers les pays voisins

    Les flux migratoires ne se limitent pas aux frontières internes. Le Mali accueille actuellement près de 94 000 réfugiés, principalement en provenance du Burkina Faso, du Niger et de la Mauritanie. Dans le même temps, plus de 354 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.

    Quant au Niger, il compte plus de 130 000 réfugiés maliens sur son territoire, tandis que la Mauritanie en abrite plus de 200 000. Près de 40 000 Maliens se sont également réfugiés au Burkina Faso, et quelque 50 000 ont tenté de rejoindre l’Algérie sans obtenir de statut de réfugié.

    Pour une réponse intégrée et durable

    Le HCR insiste sur la nécessité d’une approche globale, combinant l’action humanitaire, le développement et la consolidation de la paix. L’organisation souligne que les besoins du Sahel ne peuvent être comblés sans un investissement massif dans la protection des populations, l’assistance d’urgence et des solutions durables.

    « La communauté internationale doit maintenir son soutien malgré l’instabilité politique persistante dans la région », a déclaré le HCR. L’objectif ? Éviter d’aggraver les crises actuelles et prévenir l’émergence de nouveaux conflits.

    Parmi les priorités identifiées, le HCR plaide pour :

    • Le renforcement des systèmes de protection et d’assistance sociale ;
    • Le soutien aux communautés avant qu’elles ne soient contraintes de fuir ;
    • Une collaboration accrue entre les acteurs humanitaires, de développement et de paix ;
    • Le redéploiement des fonds vers les organisations locales engagées sur le terrain pour une réponse plus efficace.

    Pour financer ces actions urgentes au Burkina Faso, au Mali, au Niger, en Mauritanie et dans les pays du Golfe de Guinée, le HCR sollicite 443 millions de dollars.

    Une image de la crise : le témoignage de Dicko

    Dicko, mère déplacée sur le site de Sokoura au Mali

    Dicko, une mère de famille déplacée, incarne le drame humain derrière ces chiffres. Son témoignage, recueilli sur le site de Sokoura au Mali, illustre l’urgence d’agir pour protéger les populations les plus vulnérables.

    Une mobilisation internationale indispensable

    La crise au Sahel ne peut être résolue sans une mobilisation concertée des États, des organisations internationales et de la société civile. Le HCR appelle à une action immédiate pour éviter que la situation ne dégénère davantage et ne menace la stabilité de toute une région.

    En combinant efforts humanitaires, développement et diplomatie, la communauté internationale peut contribuer à briser le cycle de la violence et à offrir un avenir plus sûr aux populations du Sahel.

  • Gazoduc Nigeria-Maroc : les premières études topographiques lancées sur l’axe ouest-africain

    Gazoduc Nigeria-Maroc : les premières études topographiques lancées sur l’axe ouest-africain

    Gazoduc Nigeria-Maroc : les premières études topographiques lancées sur l’axe ouest-africain

    Le projet d’envergure du gazoduc Nigeria-Maroc entre dans une phase décisive avec le lancement des premières études topographiques sur son segment nord. Ces investigations, menées par le cabinet marocain Etafat, couvrent trois pays majeurs : le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal.

    La mise en route de ces travaux a été officialisée après une réunion technique entre les experts d’Etafat — filiale du groupe français Parera — et les représentants de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) ainsi que de la Nigerian Petroleum Company (NNPC). Le cabinet a partagé des images aériennes des premières opérations, soulignant son engagement dans ce projet stratégique et sa détermination à le mener à bien.

    Premières études topographiques du gazoduc Nigeria-Maroc

    Ces études, qui s’étendront jusqu’au printemps 2025, porteront non seulement sur les aspects topographiques, mais aussi géophysiques et géotechniques du tracé. Elles sont réalisées en partenariat avec le groupe français Fondasol, représenté par Stéphane Ciesielski, directeur des activités internationales.

    Des défis techniques et logistiques majeurs

    L’expert en énergie Amin Bennouna a souligné la complexité de ces opérations par rapport aux études offshore. Contrairement à ces dernières qui se limitent à des aspects purement techniques, les investigations terrestres doivent intégrer de nombreux paramètres :

    • Les contraintes d’accès via les routes ou autres infrastructures ;
    • Les enjeux fonciers, notamment dans les zones urbaines en expansion ;
    • La recherche du tracé optimal pour le gazoduc sur cet axe ouest-africain.

    Ces éléments sont cruciaux pour garantir la faisabilité et la durabilité du projet sur le long terme.

    Un projet pharaonique aux ambitions continentales

    Ce gazoduc, d’une longueur impressionnante de 5 600 km, représente un investissement estimé à 25 milliards de dollars. Il reliera le Nigeria à l’Europe en traversant 13 pays de la côte ouest-africaine. Une fois achevé, il sera connecté au Gazoduc Maghreb-Europe au Maroc, puis intégré au réseau gazier européen.

    Ce projet ambitieux vise à renforcer la sécurité énergétique de l’Afrique de l’Ouest tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques pour les pays traversés.

  • Niger : la liberté de la presse sous pression, les journalistes face à l’intimidation

    Niger : la liberté de la presse sous pression, les journalistes face à l’intimidation

    La liberté de la presse au Niger est sérieusement compromise, alors que les autorités de transition intensifient les intimidations et les détentions arbitraires de journalistes. Ceux-ci sont particulièrement ciblés lorsqu’ils couvrent le conflit national et les enjeux de sécurité, alerte Amnesty International.

    Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, qui a vu le commandant Abdourahamane Tchiani renverser le président Mohamed Bazoum et prendre la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, l’espace médiatique nigérien s’est considérablement réduit. La peur des représailles pousse de nombreux journalistes à l’autocensure.

    « Ce mépris flagrant pour la liberté d’expression et la liberté de la presse, ainsi que pour le rôle essentiel des journalistes, survient à un moment où la population a un besoin criant d’informations fiables sur le conflit et les actions gouvernementales. Nous exhortons les autorités nigériennes à libérer immédiatement tous les journalistes arrêtés et détenus pour avoir exercé leur droit à l’information ou traité de sujets d’intérêt public sensibles. Elles doivent garantir un environnement où les professionnels des médias peuvent travailler sans crainte de harcèlement, d’intimidation ou de détention », déclare Samira Daoud, Directrice du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

    Le 24 avril 2024, Soumana Maiga, directeur de publication du journal L’Enquêteur, a été interpellé après la parution d’un article sur l’installation présumée d’équipements d’écoute russes dans des bâtiments officiels de l’État. Il est actuellement incarcéré pour « atteinte à la défense nationale », une accusation passible de dix ans de prison.

    Les autorités de transition doivent respecter pleinement leurs obligations légales en matière de droits humains pour tous les citoyens du pays.

    Samira Daoud, Directrice du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

    Quelques jours auparavant, le 13 avril 2024, Ousmane Toudou, journaliste et ancien conseiller en communication du président déchu, avait également été arrêté. Après le coup d’État de juillet 2023, M. Toudou avait diffusé un appel largement relayé sur les réseaux sociaux, invitant les démocrates à s’opposer à la prise de pouvoir militaire. Malgré l’expiration du délai légal de garde à vue de quatre jours, il n’a toujours pas été présenté à un juge et sera jugé par un tribunal militaire, en dépit des normes internationales qui réservent cette juridiction aux infractions militaires.

    « Nous faisons plus attention à nos écrits pour nous préserver »

    Tchima Illa Issoufou, correspondante de la BBC en langue haoussa, a été menacée et accusée de vouloir « déstabiliser le Niger » pour ses reportages sur la situation sécuritaire dans la région de Tillabéri, particulièrement affectée par le conflit. Recherchée par les forces de sécurité et ciblée par les partisans du régime sur les réseaux sociaux qui l’accusent d’« influence étrangère », elle a dû fuir le Niger. Son reportage a également entraîné l’arrestation d’Ali Tera, un acteur de la société civile qu’elle avait interviewé. M. Tera a été arrêté le 26 avril 2024 et placé en détention provisoire à la prison civile de Niamey le 29 avril.

    « Le contexte nigérien est devenu extrêmement tendu. Les principes fondamentaux de la liberté de la presse sont bafoués par les nouvelles autorités, et plusieurs de mes confrères et moi-même sommes contraints d’être plus vigilants dans nos écrits pour notre propre sécurité », confie sous couvert d’anonymat le directeur d’un média local à Amnesty International.

    En janvier 2024, la Maison de la Presse, une organisation regroupant divers médias privés et publics du Niger, a été suspendue par les autorités de transition et remplacée par un comité ad hoc sous la direction du secrétaire général du ministère de l’Intérieur.

    « Les droits à la liberté d’expression, d’information et de la presse sont garantis par la législation nationale et les traités internationaux sur les droits humains, tels que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auxquels le Niger est signataire. Il est impératif que les autorités de transition honorent leurs obligations légales de respecter, protéger, promouvoir et réaliser les droits humains de tous les citoyens du pays », réaffirme Samira Daoud.

  • Répression au Mali : le gouvernement musèle la société civile sans relâche

    Répression au Mali : le gouvernement musèle la société civile sans relâche

    Le Mali intensifie sa pression sur la société civile : une analyse des mesures récentes

    Depuis le début de l’année 2024, le Mali a franchi une étape supplémentaire dans sa politique de restriction des libertés associatives. Récemment, le ministre malien de l’Administration territoriale a annoncé la dissolution de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM), une décision qui s’inscrit dans une série de mesures visant à étouffer toute forme de contestation.

    Les autorités accusent l’AEEM d’être à l’origine de violences et d’affrontements dans les milieux scolaires et universitaires. Parmi les griefs avancés, on note des arrestations en 2017 et 2018 de certains de ses membres, découverts en possession d’armes, de stupéfiants et de sommes d’argent non justifiées. Cette dissolution marque la quatrième opération de ce type en moins de quatre mois.

    Une série de dissolutions ciblant les opposants

    Le 6 mars 2024, les autorités ont également dissous la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS). Cette organisation, qui réclamait un retour à un régime démocratique civil via des élections présidentielles, a été qualifiée de menace pour la sécurité publique et de facteur de déstabilisation.

    Quelques semaines auparavant, le 28 février, c’est le parti politique Kaoural Renouveau qui a subi le même sort, sous prétexte de propos diffamatoires et subversifs à l’encontre de la junte militaire. Enfin, le 20 décembre 2023, l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance, une organisation de la société civile spécialisée dans l’évaluation des processus électoraux, a été dissoute. Son président a été accusé d’avoir tenu des déclarations de nature à troubler l’ordre public.

    Une répression systémique depuis le coup d’État de 2021

    Depuis le coup d’État militaire de 2021, les autorités maliennes ont considérablement réduit l’espace civique et politique. La junte, dirigée par le colonel Assimi Goïta, a multiplié les restrictions contre la dissidence pacifique, l’opposition politique et les médias. En mars 2024, le colonel de gendarmerie Alpha Yaya Sangaré, auteur d’un livre dénonçant les exactions des forces armées maliennes, a été arrêté et a disparu, illustrant cette politique de musèlement.

    Réactions nationales et internationales

    La Commission nationale des droits de l’homme du Mali (CNDH) a récemment tiré la sonnette d’alarme. Dans un communiqué, elle dénonce les menaces sérieuses pesant sur les droits civiques et politiques, en particulier la liberté d’association. Elle critique ouvertement la tendance systémique de dissolution ou suspension d’associations et de partis politiques.

    De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé ses inquiétudes. Son porte-parole, Seif Magango, a alerté sur les conséquences de ces mesures pour les libertés fondamentales. Alors que le Mali approche de la troisième année sous un gouvernement non élu, l’espace nécessaire à l’expression démocratique s’amenuise chaque jour.

    Les organisations de la société civile et les défenseurs des droits humains appellent les autorités maliennes à révoquer immédiatement ces dissolutions et à garantir le respect des libertés fondamentales. Sans une société civile libre et un débat politique ouvert, le pays risque de s’enfermer dans un cycle de répression et d’isolement.

  • Trois pays d’Afrique de l’ouest quittent la Cédéao : impact sur les droits humains

    Trois pays d’Afrique de l’ouest quittent la Cédéao : impact sur les droits humains

    Les récentes annonces des gouvernements du Mali, du Niger et du Burkina Faso concernant leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) suscitent de vives inquiétudes quant à la protection des droits fondamentaux des populations de ces nations.

    Départ annoncé du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Cédéao : les droits humains fragilisés?

    L’éloignement de ces trois États de l’institution régionale pourrait en effet restreindre l’accès à la Cour de justice de la Cédéao, un mécanisme clé pour les citoyens confrontés à des violations des droits humains. Ilaria Allegrozzi, experte en droits humains et chercheuse senior pour une ONG internationale, alerte sur les conséquences de cette décision :

    Un tribunal essentiel pour les victimes de violations

    Selon elle, cette Cour constituait une voie de recours cruciale, notamment pour les populations des trois pays concernés, où l’impunité des abus commis par les forces de sécurité et les autorités locales est souvent constatée. « Le manque d’accès à la justice au niveau national rend ce tribunal indépendant encore plus vital », souligne-t-elle.

    Elle évoque également l’importance historique de cette Cour, qui a rendu des décisions majeures dans le passé. Parmi elles, un arrêt condamnant le Niger pour ne pas avoir protégé un de ses citoyens de l’esclavage, ou encore une décision en 2012 pointant la responsabilité du Nigeria face aux violations commises par des entreprises pétrolières.

    Une procédure accessible malgré tout

    Un autre avantage de cette Cour résidait dans sa flexibilité procédurale : contrairement à d’autres instances, il n’était pas nécessaire d’épuiser toutes les voies de recours locales avant de saisir la Cour de justice de la Cédéao. « Cela offrait un accès plus direct à la justice pour les citoyens du Mali, du Niger et du Burkina Faso », ajoute l’experte.

    Avec le départ de ces trois pays, la question de la protection des droits humains dans la région se pose avec une acuité particulière. Les populations pourraient se retrouver privées d’un outil essentiel pour faire valoir leurs droits face aux abus et aux manquements des autorités.

  • Niger post-coup : les libertés fondamentales sous une pression croissante

    Niger post-coup : les libertés fondamentales sous une pression croissante

    Depuis le putsch militaire survenu le 26 juillet 2023, les instances dirigeantes du Niger ont procédé à l’incarcération arbitraire de dizaines d’anciens hauts fonctionnaires et ont violemment réprimé les médias critiques ainsi que toute forme de contestation pacifique. C’est ce qu’ont révélé conjointement Human Rights Watch et Amnesty International. Ces organisations appellent les autorités à libérer sans délai toute personne emprisonnée pour des motifs politiques et à garantir le respect des droits à une procédure légale équitable.

    Le 26 juillet, le Général Abdourahmane Tiani, à la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) autoproclamé, a orchestré le renversement du gouvernement du Président Mohamed Bazoum. Depuis cet événement, le Président Bazoum, son épouse et leur fils sont retenus au palais présidentiel de Niamey, la capitale. Parallèlement, d’autres personnalités gouvernementales ont été arrêtées. Les nouvelles autorités sont également accusées de menacer, harceler, intimider et détenir arbitrairement des journalistes, des jeunes et des opposants politiques présumés, ainsi que toute personne exprimant des opinions divergentes.

    « Les arrestations arbitraires et les atteintes flagrantes à la liberté d’expression perpétrées par les autorités nigériennes engagent le pays sur une trajectoire périlleuse en matière de droits humains. »

    Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch.

    « Il est impératif que les autorités mettent fin aux détentions injustifiées, respectent scrupuleusement les droits humains et assurent l’indépendance de la presse. »

    En réaction au coup d’État, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a imposé, dès le 30 juillet, la fermeture des frontières avec le Niger, a suspendu toutes les transactions commerciales et financières, et a brandi la menace d’une intervention militaire si le CNSP ne rétablissait pas Mohamed Bazoum au pouvoir. Le 10 août, la CEDEAO a renforcé ses sanctions, incluant des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, ciblant les putschistes et le pays. L’Union africaine, le 22 août, a suspendu la participation du Niger à ses instances, tout en exprimant des réserves quant à une éventuelle intervention armée ouest-africaine, privilégiant une approche pacifique pour un « retour à l’ordre constitutionnel ».

    Le 11 octobre, les autorités nigériennes ont sommé la Coordinatrice résidente des Nations Unies, Louise Aubin, de quitter le territoire sous 72 heures. Cette décision faisait suite à des accusations de « sabotage » portées contre le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, pour avoir exclu le Niger de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.

    Depuis le renversement du régime, plusieurs anciens responsables gouvernementaux ont été arbitrairement interpellés, parmi lesquels Sani Mahamadou Issoufou (ancien ministre du Pétrole), Hamadou Adamou Souley (ancien ministre de l’Intérieur), Kalla Moutari (ancien ministre de la Défense) et Ahmad Jidoud (ancien ministre des Finances). En septembre, ces individus ont été transférés dans les prisons de Filingué Say, Kollo (région de Tillaberi) et Niamey, puis inculpés d’« atteinte à la sûreté de l’État » devant un tribunal militaire, malgré leur statut civil, en violation flagrante des garanties de procédure régulière. Amnesty International et Human Rights Watch qualifient ces détentions d’arbitraires, les considérant comme politiquement motivées.

    Human Rights Watch a exprimé de vives préoccupations concernant la sécurité et le bien-être de Mohamed Bazoum et de sa famille. Les deux organisations, Human Rights Watch et Amnesty International, insistent sur la nécessité pour les autorités d’assurer leur protection et de respecter leurs droits fondamentaux. Le 13 août, une intention de poursuivre Bazoum pour « haute trahison » et atteinte à la sécurité nationale a été annoncée, mais aucune comparution devant un juge n’a eu lieu à ce jour. Le 18 septembre, Mohamed Bazoum a saisi la Cour de justice de la CEDEAO à Abuja (Nigeria), dénonçant des violations de ses droits humains et de ceux de sa famille durant leur captivité, et réclamant sa réintégration immédiate en tant que président du Niger. Le 3 octobre, Salem Mohamed Bazoum, fils du président déchu, a contesté la légalité de sa détention devant le tribunal de grande instance de Niamey. Le 6 octobre, le tribunal a ordonné sa libération. Cependant, cette décision judiciaire n’a pas été appliquée par le CNSP. Dans un communiqué du 20 octobre, les avocats de Bazoum ont affirmé que lui, son épouse et son fils étaient détenus au secret, réfutant les allégations des dirigeants militaires selon lesquelles il aurait tenté de s’évader.

    Des membres d’organisations médiatiques et des journalistes ont confié à Human Rights Watch et Amnesty International qu’ils subissaient une pression accrue dans l’exercice de leurs fonctions depuis le coup d’État, ainsi que des intimidations, incluant menaces de violence et surveillance de la part d’agents gouvernementaux et d’autres acteurs.

    Après le putsch, des journalistes locaux et internationaux ont été la cible de menaces, de harcèlement verbal en ligne et d’agressions physiques. Le 3 août, le CNSP a suspendu indéfiniment les émissions des chaînes d’information internationales Radio France Internationale et France 24.

    « L’autocensure est devenue une stratégie de survie pour beaucoup d’entre nous, surtout ceux qui ont pris leurs distances avec les positions et les actions des nouvelles autorités, » a témoigné un journaliste nigérien auprès de Human Rights Watch. « Les journalistes évitent désormais d’aborder les sujets sensibles, tels que les droits humains. »

    Le 30 septembre, des individus se présentant comme des membres des forces de sécurité ont interpellé Samira Sabou, blogueuse et journaliste, au domicile de sa mère à Niamey. « Des hommes en civil, affirmant appartenir aux forces de sécurité, sont venus arrêter Samira, » a rapporté son mari à Amnesty International. « Ils lui ont mis une cagoule sur la tête avant de l’emmener. » Le lieu de sa détention est resté inconnu pendant sept jours. La police judiciaire de Niamey a initialement nié son arrestation, mais le 7 octobre, elle a été transférée à la brigade criminelle de Niamey, où son avocat et son mari ont pu lui rendre visite. Le 11 octobre, elle a été inculpée de « production et diffusion de données susceptibles de troubler l’ordre public » et libérée en attente de son procès.

    Samira Sabou avait déjà été arrêtée par le passé pour ses activités journalistiques. En 2022, elle a écopé d’une peine d’un mois de prison avec sursis pour ses reportages sur le trafic de drogue au Niger, et en 2020, elle a été arbitrairement détenue pendant 48 jours pour cybercriminalité.

    Les autorités ont également réduit au silence les voix dissidentes. Un décret du 22 août, signé par Tiani, le chef militaire du Niger, a prononcé sans explication la révocation de six universitaires et fonctionnaires d’État. La veille, ces personnes, avec d’autres universitaires, avaient signé une pétition se désolidarisant d’une déclaration du 1er août du Syndicat national des enseignants et chercheurs qui apportait son soutien au CNSP. Le 3 octobre, Samira Ibrahim, une influenceuse connue sous le pseudonyme « Precious Mimi », a été condamnée à six mois de prison avec sursis et à une amende de 300 000 francs CFA (environ 480 dollars américains) pour avoir « produit des données susceptibles de troubler l’ordre public ». Son inculpation faisait suite à une publication sur Facebook évoquant le refus de l’Algérie de reconnaître le nouveau gouvernement nigérien.

    Après le coup d’État, des partisans du CNSP, parfois organisés en comités d’autodéfense, ont perpétré des actes de violence contre des membres du parti de Bazoum, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya), et d’autres opposants. Ces violences pourraient avoir été exacerbées par les tensions politiques liées à une potentielle intervention militaire de la CEDEAO.

    Le 27 juillet, des sympathisants du nouveau régime ont saccagé et incendié le siège du PNDS à Niamey. Ils ont également détruit des dizaines de véhicules et agressé physiquement plusieurs membres du parti qui s’y étaient rassemblés. « Un jeune homme m’a frappée avec un bâton, tandis qu’un autre m’agrippait les seins », a témoigné une femme. Des témoins ont rapporté que les forces de sécurité n’avaient pas agi de manière adéquate pour prévenir ces violences.

    En août, de jeunes membres de groupes d’autodéfense soutenant le coup d’État ont commis des agressions sexuelles sur plusieurs femmes lors de patrouilles illégales aux principaux carrefours de Niamey, selon les rapports de la police et de la Ligue nigérienne des droits de la femme. Au moins quatre victimes ont déposé plainte auprès de la police nigérienne contre leurs agresseurs, mais à ce jour, aucune inculpation n’a été prononcée pour ces crimes.

    Le CNSP a suspendu la constitution du Niger, mais a promis de respecter l’état de droit, la « démocratie pluraliste » et les droits et libertés garantis par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont le Niger est signataire, assure le droit à la liberté d’expression et proscrit les arrestations ou détentions arbitraires.

    « Le Niger se trouve à un moment crucial de son histoire », a affirmé Ousmane Diallo, chercheur sur le Sahel au bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

    La liberté d’expression, la dissidence et l’indépendance de la presse sont des piliers essentiels pour la jouissance des autres droits et pour l’obligation de rendre des comptes qui incombe au gouvernement. Les autorités militaires de transition doivent agir avec détermination pour mettre un terme aux menaces, au harcèlement, à l’intimidation, aux arrestations et aux violences croissantes visant les journalistes, les médias et les opposants nigériens, et prendre des mesures efficaces pour respecter, protéger, promouvoir et concrétiser les droits de tous les citoyens du pays.

    Ousmane Diallo, chercheur sur le Sahel au bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale
  • Niger : urgence pour la libération de la journaliste samira sabou

    Niger : urgence pour la libération de la journaliste samira sabou

    La disparition forcée de Samira Sabou, journaliste et blogueuse Nigerienne, suscite une vive émotion et des appels pressants à sa libération immédiate. Enlevée le 30 septembre à son domicile par des individus masqués se présentant comme des agents des services de sécurité, sa situation reste totalement inconnue à ce jour. Ousmane Diallo, chercheur spécialisé sur la région du Sahel au sein du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, alerte sur les risques encourus par la militante.

    Nous sommes profondément préoccupés par l’enlèvement de Samira Sabou. Le Conseil national pour le salut de la patrie (CNSP) doit impérativement révéler sans délai sa localisation et garantir sa libération immédiate et sans condition. Si les autorités affirment ne pas détenir cette information, elles ont l’obligation légale d’enquêter sans attendre. Chaque heure qui passe aggrave les violations des droits fondamentaux de Samira Sabou, notamment son droit à un procès équitable et l’interdiction absolue de la torture ou des traitements inhumains.

    Ousmane Diallo, chercheur sur le Sahel à Amnesty International

    Pourquoi la disparition de Samira Sabou fait-elle polémique ?

    Samira Sabou est une figure engagée dans la lutte contre la corruption et la défense des droits humains au Niger. Son militantisme actif et ses récentes dénonciations d’arrestations arbitraires par le CNSP pourraient expliquer son enlèvement. Son rôle de présidente des blogueurs du Niger et son travail de journaliste en font une cible potentielle pour les autorités en place.

    Amnesty International rappelle que le Niger a ratifié la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Le pays est donc tenu de respecter ses engagements internationaux et nationaux en matière de droits humains. L’organisation exhorte le CNSP à appliquer scrupuleusement ces obligations, notamment :

    • L’interdiction formelle des disparitions forcées ;
    • La garantie de la liberté d’expression et de la liberté de la presse ;
    • La protection des défenseurs des droits de l’homme, conformément aux articles 4, 6 et 7 de la loi de 2022 sur leurs droits et devoirs.

    Une arrestation aux circonstances troubles

    Le 30 septembre 2023, Samira Sabou a été arrachée à son domicile maternel à Niamey par plusieurs hommes masqués s’identifiant comme des forces de l’ordre. Malgré la présentation de cartes professionnelles, son enlèvement s’est déroulé dans des conditions opaques : elle a été cagoulée, transportée dans un véhicule inconnu, et sa famille ainsi que son avocat n’ont plus eu aucun contact avec elle depuis. À ce jour, les autorités nigériennes, y compris le service des enquêtes criminelles de la police de Niamey, n’ont fourni aucune information sur son sort.

    D’autres cas de répression de la liberté d’expression au Niger

    Le climat de répression s’étend au-delà de Samira Sabou. Le 3 octobre, Samira Ibrahim, connue sous le pseudonyme « Precious Mimi » sur les réseaux sociaux, a été condamnée à six mois de prison avec sursis et à une amende de 300 000 francs CFA pour une publication jugée subversive. Son message sur Facebook, évoquant le refus de l’Algérie de reconnaître le nouveau gouvernement du Niger, lui a valu cette sanction disproportionnée. Ces affaires illustrent une tendance inquiétante à museler les voix critiques au Niger.

  • La crise humanitaire au Mali : un million d’enfants menacés de malnutrition aiguë

    La crise humanitaire au Mali : un million d’enfants menacés de malnutrition aiguë

    Une fillette déplacée joue dans l'espace ami des enfants de l'UNICEF dans le camp de déplacés de BAWA. ©UNICEF/UNI430551/N'Daou

    La crise humanitaire au Mali : un million d’enfants menacés de malnutrition aiguë

    Le Mali est confronté à une situation d’urgence où les conflits incessants et les entraves à l’accès humanitaire exacerbent la vulnérabilité des populations.

    Dans l’actualité Mali, le conflit armé prolongé, conjugué aux déplacements massifs de populations et aux restrictions d’accès pour l’aide humanitaire, menace de plonger près d’un million d’enfants maliens de moins de 5 ans dans une situation de malnutrition aiguë d’ici à la fin de l’année 2023. Parmi eux, on estime que pas moins de 200 000 pourraient succomber à la faim si l’assistance vitale ne leur est pas fournie de toute urgence.

    L’insécurité alimentaire impacte déjà gravement près d’un quart de la population malienne. Pour la première fois dans l’histoire du pays, plus de 2 500 personnes, dont de nombreux enfants, sont confrontées à un risque imminent de famine dans la région de Ménaka, sévèrement touchée par cette crise.

    Cette alerte a été lancée à la suite d’une mission de hauts responsables humanitaires de l’UNICEF et du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) au Mali cette semaine. Leur objectif était de réaffirmer l’engagement des deux agences à soutenir les populations maliennes, en collaboration étroite avec les autorités locales et les partenaires humanitaires.

    « Le Mali traverse une crise humanitaire d’une complexité sans précédent et nécessite un soutien immédiat pour prévenir une catastrophe pour les enfants, qui, une fois de plus, paient le prix le plus élevé d’une crise dont ils ne sont pas responsables », a déclaré un représentant de l’UNICEF, soulignant que l’organisation et ses partenaires ont toujours été présents sur le terrain, même pendant les années les plus difficiles, et continueront d’intervenir tant que leurs services seront nécessaires.

    Au total, près de cinq millions d’enfants au Mali ont un besoin impérieux d’aide humanitaire, couvrant la santé, la nutrition, l’éducation, la protection et l’accès à l’eau potable. Ce chiffre représente une augmentation alarmante d’au moins 1,5 million d’enfants en détresse depuis 2020.

    « Il est primordial de veiller à ce que la crise humanitaire au Mali reçoive l’attention qu’elle mérite. Dans un monde où les crises se multiplient, nous ne pouvons pas choisir qui sauver. Nous avons le devoir collectif de travailler pour sauver et transformer des vies », a affirmé un dirigeant du PAM. Il a insisté sur l’importance d’aider les familles vulnérables, en particulier les enfants et les femmes, pour prévenir la famine, s’attaquer de front à l’insécurité alimentaire aiguë et à la malnutrition, et renforcer la résilience des communautés.

    En plus des violences et des conflits, les chocs climatiques ont entraîné des déplacements massifs de populations au cours des derniers mois. Au 30 juin 2023, plus de 377 000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, ont été contraintes de fuir leur domicile. Les dernières estimations indiquent qu’au moins 1,6 million d’enfants au Mali ont un besoin urgent de protection.

    En 2022, les Nations Unies ont recensé 1 024 violations graves à l’encontre des enfants au Mali, incluant le recrutement et l’utilisation par des forces et groupes armés, ainsi que des meurtres et des mutilations. Le conflit et le manque de moyens ont également provoqué la fermeture de plus de 1 700 écoles, privant au moins un demi-million d’enfants de leur droit à l’éducation.

    Malgré l’urgence de la situation, les appels humanitaires pour le Mali demeurent sévèrement sous-financés. À ce jour, en 2023, seulement 21 % des 751,4 millions de dollars requis par les Nations Unies ont été mobilisés. L’appel humanitaire 2023 de l’UNICEF pour les enfants du Mali n’a reçu qu’un tiers de son financement, soit 8,5 millions de dollars au cours du premier semestre de l’année.

    L’UNICEF et le PAM sollicitent de toute urgence 184,4 millions de dollars pour assister 8,8 millions de personnes en 2023, dont 4,7 millions d’enfants. Ce financement est crucial pour fournir une aide alimentaire d’urgence aux personnes vulnérables, soutenir les services médicaux, assurer l’approvisionnement en carburant pour la chaîne du froid des vaccins et acquérir des traitements vitaux pour les enfants souffrant de malnutrition.

    La situation critique des enfants et des familles au Mali s’inscrit dans le cadre d’une urgence régionale plus vaste au Sahel central, qui inclut également le Burkina Faso et le Niger. L’actu Niger, tout comme celle du Mali, met en lumière des défis humanitaires importants dans la région. Malgré ces crises persistantes, il est impératif que les travailleurs humanitaires et les fournitures puissent atteindre en toute sécurité les enfants et les familles les plus vulnérables. Toute interruption ou tout délai dans l’acheminement de l’aide aurait des conséquences dévastatrices sur la survie de ces populations.

  • Crise au Niger : les députés de l’opposition béninoise interrogent leur gouvernement

    Crise au Niger : les députés de l’opposition béninoise interrogent leur gouvernement

    Le Bénin face à la crise nigérienne : une opposition critique envers l’engagement militaire

    Le coup d’État survenu au Niger le 26 juillet 2023 a provoqué une vague de réactions internationales. Des acteurs majeurs comme la CEDEAO, l’Union Africaine et plusieurs pays, dont les États-Unis, la France et la Russie, ont rapidement réagi. Au Bénin, l’annonce d’une possible intervention militaire aux côtés de la CEDEAO divise. Si le président Patrice Talon envisage cette option, des voix s’élèvent, y compris au sein de l’Église catholique et parmi les responsables politiques, pour privilégier la diplomatie plutôt que la force.

    Parmi les détracteurs de cette stratégie, les élus du parti d’opposition « Les Démocrates » ont adressé 19 questions pressantes au gouvernement béninois. Leur principale préoccupation porte sur la légitimité de l’engagement militaire du Bénin, en particulier dans un contexte où les relations entre les deux pays sont traditionnellement fraternelles. Ils s’interrogent également sur le respect de la constitution béninoise, la sécurité des soldats déployés, ainsi que sur les risques d’escalade du conflit et ses répercussions pour les populations civiles et le Bénin lui-même.

    Les enjeux économiques et diplomatiques ne sont pas en reste. La fermeture des frontières avec le Niger pourrait avoir des conséquences lourdes pour le Port Autonome de Cotonou et l’économie béninoise, déjà fragilisée par les sanctions de la CEDEAO. Avec la hausse des prix des produits de première nécessité, l’opposition exige des réponses concrètes du gouvernement pour atténuer l’impact sur les citoyens et les acteurs économiques.

    Le dialogue, une priorité face à l’option militaire

    Plusieurs acteurs, tant au niveau régional qu’international, considèrent le dialogue comme la solution la plus adaptée pour résoudre la crise. Les députés de l’opposition rappellent à Patrice Talon son engagement en faveur du dialogue comme alternative aux coups d’État. Ils l’exhortent à mettre en place un dialogue inclusif au Bénin, afin d’éviter une escalade violente et de préserver la stabilité de la région.

    Les questions clés posées par l’opposition

    Le 26 juillet 2023, un coup d’État militaire a renversé le président nigérien Mohamed BAZOUM, déclenchant une série de réactions à travers le monde. La CEDEAO a organisé un sommet extraordinaire le 10 août 2023, aboutissant à la décision de déployer une force en attente pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger.

    En réponse, le gouvernement béninois a annoncé son intention d’engager des troupes béninoises dans le contingent de la CEDEAO. Cette décision suscite de vives interrogations, notamment au regard de l’article 101 de la constitution béninoise, qui stipule que la déclaration de guerre doit être autorisée par l’Assemblée Nationale. Face aux sanctions économiques déjà en vigueur et à leurs répercussions sur la sécurité, l’économie et la société, l’opposition a soumis 19 questions au gouvernement, exigeant des éclaircissements sur les points suivants :

    • Quelles mesures le gouvernement a-t-il prises pour obtenir l’avis du Parlement avant d’engager les troupes béninoises dans une opération militaire au Niger, conformément à la constitution ?
    • Quelles dispositions ont été mises en place pour assurer la sécurité et l’évacuation éventuelle des ressortissants béninois au Niger, à l’instar de ce que font les États-Unis et la France ?
    • Sur quels fondements le Bénin justifie-t-il son engagement militaire contre le Niger, alors que d’autres pays de la CEDEAO, non frontaliers, refusent de participer ?
    • Quel est l’effectif prévu des soldats béninois, ainsi que la logistique et le budget alloués à cette opération militaire ? Qui financera ces dépenses ?
    • Le gouvernement peut-il garantir la protection des populations civiles nigériennes et des soldats béninois en cas d’intervention ?
    • Quelles sont les compensations financières prévues pour les soldats béninois et leurs familles en cas de décès ou de blessures ?
    • Comment le gouvernement compte-t-il éviter des victimes civiles béninoises en cas de riposte de l’armée nigérienne ?
    • Quelles mesures sont envisagées pour empêcher une infiltration de groupes djihadistes au Bénin, comme cela s’est produit en Libye ?
    • Pourquoi ne pas privilégier le dialogue politique, comme cela a été fait au Mali, au Burkina Faso ou en Guinée ?
    • Le Bénin pourrait-il jouer un rôle pionnier au sein de la CEDEAO en luttant contre les exclusions électorales et les coups d’État institutionnels, comme ceux observés en Côte d’Ivoire en 2020, en Guinée en 2021 ou au Bénin en 2019, 2020 et 2021 ?
    • La restauration du pouvoir de Mohamed BAZOUM est-elle une priorité absolue au détriment de la vie de milliers de Nigériens et de soldats de la CEDEAO ?
    • Quel sera l’avenir du Niger après une éventuelle intervention militaire ?
    • Comment le Bénin compte-t-il restaurer la confiance des populations envers la CEDEAO, souvent perçue comme un « syndicat des chefs d’État » ?
    • Quand le président Patrice Talon mettra-t-il en œuvre le dialogue inclusif promis comme alternative aux coups d’État ?
    • Quels sont les impacts de la fermeture des frontières avec le Niger sur le Port Autonome de Cotonou ?
    • Comment les sanctions de la CEDEAO affectent-elles l’économie béninoise et les populations ?
    • Quelles actions immédiates ont été mises en place pour limiter la hausse des prix des produits de première nécessité ?
    • Quel soutien le gouvernement prévoit-il pour les acteurs économiques, notamment les opérateurs portuaires et les transporteurs, déjà victimes des sanctions ?

    Vers une solution pacifique pour éviter l’escalade

    Alors que les tensions persistent, la nécessité d’une solution pacifique et consensuelle s’impose. L’opposition béninoise insiste sur l’urgence de rétablir le dialogue et de trouver des réponses adaptées aux défis politiques, économiques et sécuritaires posés par la crise au Niger.

  • Crise politique au Niger : le parti les démocrates prône le dialogue face à la menace de la CEDEAO

    Crise politique au Niger : le parti les démocrates prône le dialogue face à la menace de la CEDEAO

    Crise au Niger : une situation explosive qui interroge l’Afrique de l’Ouest

    L’instabilité politique qui secoue actuellement le Niger, couplée à la menace d’une intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suscite de vives inquiétudes au sein du parti ‘Les Démocrates’ au Bénin. Dans un communiqué publié récemment, le président de ce parti d’opposition béninois, Eric Houndété, a souligné que le coup d’État militaire nigérien plonge ce pays voisin dans une « situation des plus critiques », tout en attirant les profiteurs de crises comme des vautours en quête de gains faciles.

    Les Démocrates rejettent fermement les prises de pouvoir par la force

    Le parti ‘Les Démocrates’ a fermement condamné toute accession au pouvoir par des moyens illégitimes, quelle qu’en soit la forme. Eric Houndété a pointé du doigt les causes profondes de cette instabilité récurrente en Afrique de l’Ouest : « l’injustice sociale, les privations de libertés fondamentales, l’exploitation éhontée des populations, la mainmise d’une minorité sur les ressources nationales, la confiscation des institutions démocratiques, la répression systématique des citoyen·ne·s et les manipulations constitutionnelles à répétition ». Autant de facteurs qui alimentent un terreau propice aux dérives autoritaires.

    Privilégier le dialogue : une solution pragmatique et africaine

    Face à cette crise, Les Démocrates appellent les pays membres de la CEDEAO à adopter une approche diplomatique plutôt qu’une escalade militaire. Le parti béninois insiste sur l’importance du dialogue comme « voie privilégiée de résolution des conflits », en phase avec les valeurs et traditions culturelles partagées par les nations de la région. Il recommande également de renforcer les mécanismes de prévention pour éradiquer les coups d’État constitutionnels, la mauvaise gouvernance et les politiques d’exclusion.

    Le parti, dirigé par le député Eric Houndété, s’interroge sur la légitimité juridique d’une déclaration de guerre contre un État membre de la CEDEAO. Il questionne également les modalités selon lesquelles le gouvernement pourrait obtenir l’approbation du Parlement pour engager des forces militaires contre un pays voisin, mettant en lumière les risques humains et financiers d’une telle entreprise.

    Une alternative à la guerre : la voix de la raison

    Pour Eric Houndété, la solution réside dans le dialogue et la négociation plutôt que dans le recours à la force. « Plutôt que d’emprunter une voie hasardeuse et dangereuse, nos dirigeants doivent incarner l’esprit de dialogue, de réconciliation et de coopération », affirme-t-il. Selon lui, cette approche est le seul gage de paix pour le Niger et de préservation des intérêts communs entre les deux nations. C’est pourquoi Les Démocrates réitèrent leur appel à un dialogue politique national au Niger, considéré comme un levier essentiel pour promouvoir la stabilité et le développement durable.

  • Renforcer la protection des droits humains au Sahel : une conférence régionale cruciale face à l’insécurité

    Renforcer la protection des droits humains au Sahel : une conférence régionale cruciale face à l’insécurité

    Une initiative régionale majeure s’est tenue à Niamey le mardi 23 mai 2023 : l’ouverture d’une conférence dédiée aux mécanismes de protection des droits humains au Sahel. Présidée par M. Maty El Hadj Moussa, président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), cet événement rassemble des acteurs clés pour aborder les défis posés par l’insécurité grandissante dans la zone des trois frontières, englobant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Parmi les personnalités présentes figuraient le Secrétaire général adjoint du Ministère de la Justice, la directrice Afrique du DCAF et l’ambassadeur d’Allemagne au Niger, aux côtés de nombreux experts.

    Organisée sur deux jours, cette rencontre stratégique vise plusieurs objectifs fondamentaux. Elle cherche notamment à sensibiliser les parties prenantes aux bonnes pratiques en matière de défense des droits fondamentaux et à consolider leurs compétences concernant les outils et dispositifs de prévention des violations. De plus, la conférence aspire à contribuer activement à l’amélioration de la gouvernance et de l’état de droit en renforçant les capacités des institutions de contrôle, tant internes qu’externes, afin qu’elles puissent pleinement exercer leurs prérogatives et missions.

    Lors de la séance inaugurale, M. Maty El Hadj Moussa, président de la CNDH, a alerté sur l’ampleur de l’insécurité qui frappe les régions frontalières du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Cette situation se traduit par des violations massives des droits humains, perpétrées non seulement par des groupes armés non identifiés, semant terreur et désolation parmi les populations civiles, mais aussi, parfois, par certains éléments des forces de défense et de sécurité engagés dans la lutte contre cette instabilité. Il a souligné que ces populations sont confrontées aux horreurs d’une guerre asymétrique, d’une violence inouïe, où l’ennemi se fond dans les communautés, faisant de toute suspicion de dénonciation une sentence de mort certaine.

    Face à la persistance de cette crise, le président de la CNDH a exhorté tous les défenseurs des droits de l’homme à s’engager, comme lors de cette conférence, dans des réflexions constructives pour élaborer des solutions répondant aux aspirations légitimes des citoyens à la paix, à la sécurité et à la stabilité.

    De son côté, M. Moussa Sahirou Tchida, Secrétaire général adjoint du ministère de la Justice, a insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions entre tous les acteurs pour la mise en œuvre des initiatives vitales pour les pays du Sahel. Il a salué le soutien des partenaires, notamment celui des pays membres de l’Union Européenne, dont l’appui à l’organisation de cette conférence est une illustration parfaite, renforçant leur détermination. Il a réaffirmé l’entière disponibilité de son ministère à collaborer pour concrétiser toutes les initiatives visant à stabiliser la zone des trois frontières.

    Mme Anne Benette, Directrice Afrique du DCAF, a mis en lumière la complexité de la gouvernance au Sahel, exacerbée par une série de crises politiques, sociales, humanitaires, sanitaires et environnementales. L’escalade de l’insécurité, les conflits, les assauts des groupes armés, les activités criminelles transnationales et les tensions communautaires sont autant de facteurs qui génèrent des violations des droits humains et dégradent progressivement le tissu social. Elle a ainsi souligné l’importance capitale de cette conférence régionale, qui offre un cadre d’échanges sur les bonnes pratiques, met en lumière les défis actuels et permet un apprentissage mutuel pour optimiser la réponse collective aux menaces sécuritaires pesant sur l’état de droit et le respect des droits humains.

    Enfin, M. Herman Nicolai, Ambassadeur d’Allemagne au Niger, a déploré l’intensification tragique des violences dans l’espace sahélien, un phénomène plus rapide que dans toute autre région d’Afrique. Il a évoqué la propagation ininterrompue d’événements violents liés aux activités des groupes extrémistes et des acteurs de la criminalité transnationale organisée, qui ont, depuis plus d’une décennie, causé des milliers de morts civils et militaires, ainsi que des déplacements massifs de populations.

  • Liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso : un collectif appelle à la fin des intimidations

    Liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso : un collectif appelle à la fin des intimidations

    Sous l’impulsion de Reporters sans frontières (RSF), près d’une trentaine d’organisations médiatiques et de défense des droits humains ont conjointement adressé une lettre ouverte aux autorités du Mali et du Burkina Faso, ainsi qu’aux instances régionales et internationales. Leur objectif est de réclamer la cessation immédiate des atteintes à la liberté de la presse dans ces nations ouest-africaines.

    RSF a orchestré cette mobilisation d’une trentaine de médias et d’associations œuvrant pour les droits humains afin de défendre activement la liberté d’informer au Mali et au Burkina Faso. Dans leur communication officielle, ils interpellent les dirigeants de ces deux pays, les institutions régionales et la communauté mondiale pour exiger la fin des pressions et intimidations ciblant les journalistes, qu’ils soient locaux ou étrangers. Ils insistent également sur le respect des engagements internationaux pris par ces nations en matière de liberté d’expression et de presse, en particulier la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

    Cette démarche solidaire souligne l’importance primordiale de la protection et de la promotion de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso. À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, il est crucial que les autorités de ces deux États en saisissent pleinement la signification et prennent sans délai les mesures nécessaires pour garantir que chaque journaliste puisse exercer sa profession sans craindre de représailles.

    Sadibou Marong
    Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF

    Parmi les signataires figurent des médias nationaux comme Joliba Tv News au Mali et Lefaso.net au Burkina Faso, ainsi que des organisations majeures dédiées à la défense de la liberté de la presse et des droits des journalistes. On retrouve notamment la Fédération des Journalistes Africains (FAJ), l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF) et la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), aux côtés de plusieurs médias internationaux.

    Sans surprise, le Mali et le Burkina Faso ont enregistré une chute dans le récent Classement mondial de la liberté de la presse, publié le 3 mai 2023. Le Burkina Faso est désormais classé 58e et le Mali 113e sur 180 pays évalués.

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    Lettre ouverte pour la protection des journalistes et la défense de la liberté d’expression et de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso

    • Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine,
    • Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’UEMOA,
    • Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,
    • Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,
    • Monsieur le Président du Parlement panafricain,
    • Monsieur le Secrétaire général de l’ONU,
    • Monsieur le Président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU,
    • Madame la Directrice générale de l’UNESCO,
    • Madame la Secrétaire générale de l’OIF,
    • Mesdames et Messieurs les Présidents des instances de régulation des médias des 15 pays de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président du Réseau francophone des régulateurs des médias,
    • Monsieur le Président de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée,
    • Mesdames et Messieurs les ministres de la Communication des 15 pays de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR),

     

    Les menaces pesant sur la liberté d’expression et la presse sont alarmantes au Burkina Faso. Des appels au meurtre de journalistes et leaders d’opinion, des intimidations ciblant la presse nationale, des campagnes de désinformation contre des reporters, la suspension des médias internationaux RFI et France 24, ainsi que l’expulsion des correspondants des journaux français Libération et le Monde, témoignent d’une situation critique. Les décisions prises par les autorités burkinabè, particulièrement ces derniers mois, compromettent gravement le droit fondamental des citoyens à une information libre. L’accès à l’information est un pilier essentiel de la liberté.

    Au Mali, la situation n’est guère meilleure, avec une multiplication des pressions et intimidations envers les journalistes et les figures d’opinion. Le 20 février 2023, la Maison de la presse de Bamako a été vandalisée. Le 13 mars, le chroniqueur radio Mohamed Youssouf Bathily, connu sous le nom de Ras Bath, a été incarcéré et inculpé pour avoir dénoncé l’assassinat de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.

    Le 15 mars, Rokia Doumbia, alias « Rose vie chère », a été arrêtée après avoir communiqué sur la hausse des prix et « l’échec » de la transition. Le 6 avril, le journaliste Aliou Touré a été enlevé par des individus armés et masqués, avant d’être retrouvé libre quatre jours plus tard. La presse internationale n’est pas épargnée non plus.

    En février 2022, un reporter de Jeune Afrique a été expulsé de Bamako. Un mois plus tard, RFI et France 24 ont été coupées sur l’ensemble du territoire malien. De novembre à décembre 2022, la chaîne Joliba TV a été suspendue par la Haute Autorité de la Communication (HAC) suite à la diffusion d’un éditorial jugé critique envers le pouvoir.

    Au Burkina Faso comme au Mali, ces agressions sont amplifiées sur les réseaux sociaux par des « influenceurs » soutenant les régimes militaires. Ces derniers se posent en justiciers et menacent de mort les journalistes et leaders d’opinion perçus comme trop indépendants. La violence s’accompagne désormais d’une vague de « fake news » inondant les plateformes, comme l’a souligné le quotidien burkinabè L’Observateur Paalga en évoquant l’instauration d’un « régime de terreur ». Les principales victimes de ces actions sont les populations malienne et burkinabè, privées d’un débat démocratique éclairé.

    Face à la grave crise sécuritaire qui touche ces deux pays, les journalistes, essentiels à l’information des citoyens, sont conscients de leurs responsabilités. Ils appréhendent la complexité du contexte politique, géopolitique et militaire, et subissent eux-mêmes les lourdes conséquences de cette crise. Comme tous les citoyens, ils aspirent à un retour rapide à la paix. Cependant, la lutte contre le terrorisme ne doit en aucun cas servir de prétexte pour imposer une nouvelle norme de l’information et restreindre les droits fondamentaux des populations malienne et burkinabè à rechercher et obtenir des informations via des médias professionnels et indépendants.

    Au Burkina Faso, la situation des journalistes est devenue si précaire que même l’instance de régulation en est préoccupée. Dans un communiqué du 29 mars 2023, le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) « constate avec regret la récurrence des menaces proférées à l’endroit d’organes de presse et d’acteurs des médias ». Le CSC exhorte les autorités burkinabè à « prendre les mesures idoines pour assurer la sécurité des médias et des journalistes dans l’exercice de leur profession ». De son côté, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, s’est dit « profondément troublé » par la situation des médias au Burkina Faso, ajoutant que « en cette période de transition, la protection des voix indépendantes est plus nécessaire que jamais ».

    Le 20 février, Alioune Tine, l’expert indépendant des Nations Unies sur les droits de l’homme au Mali, a exprimé sa « vive préoccupation face au rétrécissement de l’espace civique, de la liberté d’expression et d’association » dans le pays.

    Forts de ces constats, nous, signataires de cette lettre ouverte :

    • Exhortons les autorités du Mali et du Burkina Faso à mettre un terme à toutes les mesures portant atteinte à la liberté de la presse.
    • Soulignons l’absence de protection de la part des forces de sécurité et le silence de la justice face aux campagnes d’intimidation et aux menaces de mort visant les journalistes de ces deux pays. Tout en respectant l’indépendance judiciaire, nous appelons les procureurs et officiers de police judiciaire à une plus grande réactivité face à ces actes répréhensibles par le droit pénal.
    • Demandons aux autorités de ces deux pays de garantir la protection et la sécurité de tous les professionnels des médias victimes de menaces, intimidations, harcèlement et agressions physiques.
    • Demandons aux autorités d’ouvrir des enquêtes impartiales, efficaces et indépendantes pour élucider les abus commis contre les journalistes, identifier les responsables et les traduire en justice.
    • Appelons les deux gouvernements à respecter les obligations internationales qu’ils ont signées et ratifiées concernant la liberté d’expression et de la presse, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
    • Appelons les responsables nationaux et les instances panafricaines et internationales destinataires de cette lettre ouverte à soutenir cette démarche au plus haut niveau : l’accès à l’information est un droit fondamental des peuples. À la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, il est essentiel de le défendre et de le protéger.

    SIGNATAIRES

    1. AfrikaJom Center

    2. Association des Journalistes du Burkina Faso (AJB)

    3. Association des Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL Sénégal)

    4. Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation (CENOZO)

    5. Centre National de la Presse Norbert Zongo (CNP-NZ Burkina Faso)

    6. Courrier confidentiel (Burkina Faso)

    7. Fédération des Journalistes Africains (FAJ)

    8. Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)

    9. Fédération Internationale pour les Droits de l’Homme (FIDH)

    10. France 24 (France)

    11. Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA)

    12. Human Rights Watch (HRW)

    13. International Press Institute (IPI)

    14. Jeune Afrique (France)

    15. Joliba TV News (Mali)

    16. Le Pays (Burkina Faso)

    17. Le Monde (France)

    18. Lefaso.net (Burkina Faso)

    19. Le Reporter (Burkina Faso)


    20. L’Événement (Burkina Faso)

    21. Libération (France)

    22. L’Observateur Paalga (Burkina Faso)

    23. Radio France Internationale (France)

    24. Reporters sans frontières (RSF)

    25. Société des Editeurs de la Presse Privée du Burkina Faso (SEP)

    26. Omega Médias (Burkina Faso)

    27. Union Internationale de la Presse Francophone (UPF)

    28. Union des Journalistes d’Afrique de l’Ouest (UJAO)

    29. 24heures.bf (Burkina Faso)

    30. Wakat Sera (Burkina Faso)