Auteur/autrice : nigeractu

  • Togo: des déclarations de loyauté absolue aux Gnassingbé alimentent les craintes

    Togo: des déclarations de loyauté absolue aux Gnassingbé alimentent les craintes

    Dans un climat politique togolais marqué par une polarisation croissante, des propos récents attribués à des groupes qualifiés de milices ou d’éléments paramilitaires loyalistes provoquent une onde de choc au sein de la société civile et de l’opposition. Des enregistrements et interventions diffusés sur les réseaux sociaux montrent des individus affirmant leur volonté de « défendre le pouvoir de la famille Gnassingbé jusqu’à la mort », y compris face à une contestation populaire massive.

    Ces prises de parole, qui contournent le devoir de réserve républicain, ravivent le débat sur la sécurisation de l’espace politique et la nature des soutiens au régime en place.

    Un discours de fidélité sans limite qui dépasse le cadre républicain

    Les déclarations de ces groupes se distinguent par une rhétorique de rupture avec la neutralité de l’État. En liant explicitement leur engagement sécuritaire à la survie politique d’une dynastie présidentielle, plutôt qu’à la Constitution ou aux institutions de la République, ces acteurs s’inscrivent dans une logique de « garde prétorienne ».

    « Si le peuple ne veut plus d’eux, nous nous battrons jusqu’au bout. »

    Cette formule, répétée dans les discours de ces groupements, est perçue par les observateurs comme une tentative d’intimidation face aux aspirations de changement d’une partie de la population. Elle soulève également la question de l’existence de structures armées parallèles ou de franges radicalisées au sein de l’appareil sécuritaire informel.

    Les réactions de la société civile et de l’opposition

    Pour les organisations de défense des droits humains et les leaders de l’opposition, ces propos ne doivent pas être pris à la légère. Ils évoquent les périodes sombres des crises politiques passées au Togo, souvent marquées par des violences politiques.

    • Menace sur le processus démocratique : L’opposition estime que ces discours visent à instaurer un climat de terreur pour dissuader toute mobilisation populaire pacifique.
    • Appel à la responsabilité de l’État : Plusieurs collectifs demandent aux autorités publiques et au commandement militaire officiel de clarifier leur position vis-à-vis de ces éléments et de condamner fermement ces dérives verbales.

    L’enjeu de la neutralité des forces de défense

    En analyse politique, ces déclarations imposent de distinguer les structures officielles de l’État des initiatives zélées de groupes de pression ou de milices privées. Au Togo, l’armée régulière a souvent été le pivot du pouvoir. Cependant, l’apparition publique de groupes revendiquant un rôle de « bouclier ultime » en dehors des canaux officiels pourrait indiquer une volonté de privatiser la violence légitime.

    Jusqu’à présent, les autorités officielles n’ont pas commenté directement ces déclarations spécifiques, maintenant une ligne de conduite axée sur la stabilité institutionnelle et la sécurité nationale face aux menaces régionales.

    Perspectives

    Alors que le pays évolue dans un contexte post-constitutionnel complexe, la gestion de ces discours ultra-loyalistes sera un indicateur clé de la volonté du pouvoir à Lomé de maintenir un dialogue politique apaisé ou de s’en remettre à une logique de confrontation.

  • Gabon : entre promesses et réalité, le difficile accès à l’eau et à l’électricité

    Gabon : entre promesses et réalité, le difficile accès à l’eau et à l’électricité

    Ce n’est pas la première fois que le président de la République aborde ce sujet, mais dans le contexte actuel, il a souhaité faire preuve de transparence. Selon lui, le problème de l’approvisionnement régulier en eau dans les foyers ne sera pas résolu immédiatement. Les Gabonais doivent donc faire preuve de patience.

    L’eau et l’électricité, pourtant des besoins essentiels, restent difficilement accessibles pour de nombreux ménages du Grand Libreville et de l’intérieur du pays. En rappelant les investissements massifs réalisés par le gouvernement depuis la Transition, le général Oligui Nguema a affirmé que « des solutions seront trouvées ».

    Mais la question du « quand » demeure. Le temps passe et les populations peinent toujours à bénéficier correctement de ces biens indispensables au quotidien. Dénonçant une gestion désastreuse au cours des quatorze dernières années, Brice Clotaire Oligui Nguema promet de mettre fin à ce calvaire.

    Conscient des lacunes de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), le chef de l’État a annoncé la scission de cette entreprise publique. Comme il l’a rappelé : « La SEEG, dans son état actuel, ne peut pas investir. C’est pourquoi elle doit être réformée. Elle compte un effectif pléthorique de 2 300 personnes, avec seulement 300 ingénieurs et environ 500 agents de terrain. La SEEG sera divisée en deux : une partie dédiée à l’eau, l’autre à l’électricité. »

    Cette réforme vise à séparer et à mieux organiser la production, la distribution et la commercialisation de ces services.

  • Bénin : accélération de la transformation agricole pour une souveraineté alimentaire

    Bénin : accélération de la transformation agricole pour une souveraineté alimentaire

    Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a achevé une tournée nationale de trois jours. Du centre au nord du pays, le message est sans équivoque : le Bénin doit mettre fin à l’exportation de ses matières premières brutes et structurer une transformation locale pour assurer sa sécurité alimentaire et générer des richesses.

    Une mobilisation tous azimuts sur le terrain

    Entre le 11 et le 13 juin, le ministre a sillonné les principaux pôles agricoles, notamment Paouignan, Glazoué et Parakou. L’objectif : vérifier sur le terrain que la vision présidentielle — rompre définitivement avec l’exportation de produits bruts — se concrétise à l’échelle industrielle.

    Riz et manioc : les piliers de l’autosuffisance

    Dans la filière rizicole, un signal fort est venu de Glazoué. Le groupe agro-industriel Premium, déjà actif dans la transformation du riz paddy, accélère ses investissements. Une troisième unité est en construction à Dangbo, ce qui portera la capacité totale de 300 000 à 500 000 tonnes de riz par an. De quoi réduire significativement la dépendance aux importations asiatiques.

    À Paouignan, le manioc est à l’honneur. La nouvelle usine de transformation locale est sur le point d’être achevée. Elle produira du gari, du tapioca et surtout de la farine panifiable, une alternative locale au blé importé. L’innovation majeure réside dans sa gestion : une cogestion entre privé et groupements de producteurs, garantissant une répartition équitable des bénéfices et la sécurisation des emplois ruraux.

    Anacarde : lutte contre la fuite des noix

    La progression de la transformation bute sur un obstacle : la disponibilité de la matière première. Dans la filière anacarde, les transformateurs locaux alertent sur la contrebande des noix brutes vers les pays voisins. Le ministre Goubalan a été ferme : l’État va renforcer les contrôles aux frontières et prioriser l’approvisionnement des usines nationales. Laisser sortir les noix brutes, c’est exporter les emplois des jeunes Béninois, a-t-il martelé.

    Coton : l’objectif ambitieux de 700 000 tonnes

    La tournée s’est conclue sur le dossier phare : le coton. Après trois campagnes en baisse, le gouvernement veut relancer la production. L’objectif est fixé à 700 000 tonnes pour 2026-2027. Pour motiver les producteurs face au coût élevé des intrants, une prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilo sera versée dès que ce seuil sera atteint.

    Entre rigueur contre la contrebande, incitations financières et grands chantiers industriels, le Bénin dessine une agriculture plus résiliente. Restent les défis logistiques et climatiques, mais la volonté politique semble solidement ancrée.

  • Niger : le nouveau code pénal durcit les sanctions pour corruption

    Niger : le nouveau code pénal durcit les sanctions pour corruption

    Dans le cadre d’une vaste réforme de son arsenal juridique, le Niger a récemment promulgué un code pénal profondément remanié, marquant un tournant décisif dans la répression des infractions économiques et des détournements de fonds publics. Ce texte instaure des peines d’une sévérité inédite.

    Les agents publics, hauts fonctionnaires et intermédiaires impliqués dans des malversations financières encourent désormais des sanctions pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité, voire la peine de mort pour les cas les plus aggravés.

    Des seuils financiers déterminant la gravité des peines

    L’une des innovations majeures de cette réforme réside dans l’établissement de seuils précis liés aux montants détournés. Cette approche tranche avec les pratiques précédentes, souvent perçues comme trop indulgentes par l’opinion publique.

    • Pour tout détournement égal ou supérieur à 200 millions de francs CFA, la loi prévoit la réclusion criminelle à perpétuité.
    • Au-delà d’un milliard de francs CFA, les auteurs s’exposent à la peine capitale, considérée par le législateur comme la réponse la plus extrême face aux atteintes graves aux intérêts de l’État.

    Un signal fort pour la bonne gouvernance

    En renforçant ainsi les sanctions, les autorités nigériennes manifestent leur détermination à éradiquer la grande corruption et à protéger les deniers publics. L’objectif est de préserver les ressources allouées au développement économique, à l’éducation, à la santé et à la sécurité nationale.

    Pour le gouvernement, les détournements massifs ne sont plus de simples délits financiers. Ils représentent désormais une menace directe contre la stabilité et la souveraineté du pays.

    Une rupture nette avec l’ancien cadre légal

    Avant cette réforme, les détournements de grande ampleur étaient déjà passibles de lourdes peines d’emprisonnement, généralement comprises entre dix et vingt ans. Toutefois, les possibilités d’aménagement de peine et certaines transactions nourrissaient régulièrement un sentiment d’impunité.

    Avec ce nouveau code pénal, le Niger entend instaurer une politique de tolérance zéro et adresser un message clair aux acteurs économiques ainsi qu’à ses partenaires internationaux.

    Des interrogations sur l’application concrète

    Si cette réforme se veut fortement dissuasive, plusieurs observateurs s’interrogent sur sa mise en œuvre effective. Le Niger observe depuis de nombreuses années un moratoire de fait sur la peine de mort, les condamnations capitales étant systématiquement commuées en réclusion à perpétuité.

    L’introduction de la peine capitale pour des crimes économiques soulève donc une question cruciale : les autorités maintiendront-elles cette pratique ou envisageront-elles une application plus rigoureuse de la loi ?

    Par ailleurs, le succès de cette réforme dépendra largement de l’indépendance de la justice et de sa capacité à traiter des dossiers sensibles, à l’abri des pressions politiques.

    En relevant considérablement le niveau des sanctions, le Niger fait le pari d’une lutte sans concession contre la corruption. Reste à savoir si cette fermeté législative se traduira par une transformation durable de la gestion des ressources publiques.

  • Partenariat renforcé entre le Niger et la Libye lors de la visite de Zeine à Tripoli

    Partenariat renforcé entre le Niger et la Libye lors de la visite de Zeine à Tripoli

    Le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, a atterri à Tripoli ce lundi 15 juin 2026 à la tête d’une imposante délégation gouvernementale. Cette visite officielle vise à consolider les relations entre Niamey et Tripoli. Accueilli avec tous les honneurs par son homologue libyen Abdel Hamid Dbeibah, M. Zeine a pris part à une cérémonie protocolaire marquée par les hymnes nationaux et les honneurs militaires.

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    Face‑à‑face à Tripoli : paix et sécurité au cœur des échanges

    Les deux chefs de gouvernement ont d’abord eu un entretien en aparté consacré à l’état de la coopération bilatérale et aux pistes de son renforcement. Les discussions ont porté sur la paix, la sécurité, l’intégration régionale et le développement économique — des enjeux majeurs pour deux pays voisins confrontés à des défis sécuritaires et migratoires.

    Ce premier tête‑à‑tête a été suivi d’une séance élargie réunissant les délégations des deux nations. Les responsables ont passé en revue plusieurs dossiers de coopération bilatérale, ainsi que des questions d’ordre régional et international nécessitant une coordination accrue entre Niamey et Tripoli. L’objectif affiché est de transformer les intentions politiques en projets concrets sur le terrain.

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    Une délégation nigérienne de premier plan : militaires et diplomates en première ligne

    Le Premier ministre nigérien était accompagné d’une délégation de haut niveau, comprenant notamment le Général de Brigade Ibro Amadou Bacharou, membre du CNSP, et le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré. Leur présence témoigne de l’importance que Niamey accorde à cette visite, tant sur le volet sécuritaire que diplomatique.

    Les autorités des deux pays ont souligné que cette visite s’inscrit dans la volonté de renforcer les liens historiques d’amitié et de fraternité entre le Niger et la Libye. Il s’agit de bâtir un partenariat stratégique capable de relever les grands défis régionaux, notamment la stabilisation des frontières, la lutte contre les groupes armés et la gestion des flux migratoires.

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    Modernisation de l’administration : un axe stratégique pour le ministère des Mines du Niger

    En parallèle des rencontres bilatérales, le ministère des Mines du Niger a mis en place et financé une formation à l’intention des cadres du secteur. Présidée par la secrétaire générale du ministère, Mme Yaou Fatimata Korgom, cette session vise à renforcer les compétences administratives et managériales du personnel, afin d’améliorer l’efficacité des services, d’optimiser la gestion des équipes et de promouvoir une culture tournée vers les résultats. Ce volet technique, intégré à la visite, illustre l’attention de Niamey pour la gouvernance des secteurs clés de l’économie.

    Au final, pour les citoyens nigériens et libyens, ces entretiens pourraient aboutir à des actions concrètes : renforcement de la sécurité aux frontières, projets économiques communs, meilleur contrôle des migrations et coopération dans la gestion des ressources. Reste désormais à concrétiser les annonces par des accords opérationnels et à assurer leur mise en œuvre sur le terrain.

  • Gabon : un nouveau chapitre de redevabilité s’ouvre

    Gabon : un nouveau chapitre de redevabilité s’ouvre

    Libreville, 15 juin 2026 – Le Gabon a franchi une étape décisive dans son histoire politique. Pour la première fois sous la Ve République, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a prononcé un discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en Congrès au Palais Léon Mba.

    Cette adresse ne fut pas qu’un simple exercice institutionnel. Elle a instauré une nouvelle culture politique axée sur la transparence, la redevabilité et le renforcement démocratique. Dans un pays marqué par une relation verticale entre l’exécutif et les représentants du peuple, ce rendez-vous annuel transforme le rapport au pouvoir et place le Parlement au cœur de la vie républicaine.

    Une architecture institutionnelle repensée

    L’innovation clé de la Ve République est la création d’un Congrès annuel dédié à l’état de la Nation. Prévu par l’article 59 de la Constitution issue du Dialogue National Inclusif, ce mécanisme oblige le président à présenter chaque année son bilan et ses perspectives devant les députés et sénateurs. Cette disposition dépasse le symbole : elle établit un lien institutionnel permanent entre l’exécutif et le législatif. Dans les démocraties modernes, la légitimité ne vient plus seulement de l’élection, mais aussi de la capacité à expliquer ses choix et à assumer ses résultats.

    Le choix du Palais Léon Mba comme siège du Congrès renforce cette logique. Là où le Palais du Bord de Mer était autrefois le centre du pouvoir, la représentation nationale devient désormais le lieu où s’exprime la parole présidentielle. Ce déplacement du centre de gravité institutionnel traduit une volonté de rééquilibrer les pouvoirs et de renforcer le rôle du Parlement.

    Un bilan axé sur la transformation

    Devant les parlementaires, Brice Clotaire Oligui Nguema a dressé un état des lieux ambitieux de l’action menée depuis août 2023. Son discours reposait sur un message central : le Gabon est entré dans une phase de reconstruction accélérée, visant à restaurer l’État, moderniser l’économie et améliorer les conditions de vie. Les mesures sociales ont été mises en avant : création d’un quatrième fonds de la CNAMGS pour les travailleurs informels, construction de 3 100 logements sociaux pour les fonctionnaires, versement de 35 milliards de francs CFA de rappels de solde aux agents publics, et remboursement de 10 milliards aux épargnants de la Poste.

    Le chef de l’État a également souligné la régularisation de plus de 60 000 situations administratives et la création de 22 000 emplois dans le secteur privé. Ces chiffres traduisent une volonté de répondre aux attentes sociales et de rétablir la confiance entre l’administration et les citoyens.

    Sur le plan économique, le discours a insisté sur la souveraineté nationale. Le rachat d’actifs pétroliers stratégiques (Assala, Tullow Oil) et l’ouverture de nouveaux puits illustrent une ambition de mieux contrôler les ressources. Dans les transports, l’expansion de Fly Gabon, l’acquisition de bus urbains et la réhabilitation du réseau ferroviaire s’inscrivent dans une stratégie de modernisation des infrastructures.

    Vers un nouveau contrat national

    Au-delà des chiffres, l’enjeu principal de cette adresse était la vision politique qu’elle porte. Le président gabonais cherche à instaurer un nouveau contrat entre l’État et les citoyens, fondé sur la responsabilité, l’efficacité et la participation. La réforme annoncée des secteurs de l’eau et de l’électricité montre la volonté de s’attaquer aux défaillances structurelles. De même, les investissements dans les infrastructures publiques, les programmes pour les jeunes comme Taxi Gab, et la montée en puissance de la diplomatie gabonaise témoignent d’une stratégie globale de repositionnement.

    Cette première adresse sur l’état de la Nation intervient dans un contexte où de nombreux pays africains cherchent à renforcer leurs institutions tout en répondant aux défis du développement. En faisant du Congrès un exercice annuel obligatoire, la Ve République gabonaise tente d’institutionnaliser une pratique rare sur le continent.

    Le véritable test ne réside pas dans la qualité du discours, mais dans la capacité des institutions à faire vivre cette exigence de redevabilité dans la durée. Car une démocratie se construit moins par les promesses que par la régularité des comptes rendus et la cohérence des résultats.

    À Libreville, le 15 juin 2026, le président Oligui Nguema n’a pas seulement présenté un bilan. Il a inauguré un rituel républicain appelé à devenir l’un des marqueurs de la nouvelle architecture politique gabonaise. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse désormais la transition. Il s’agit de démontrer que la Ve République peut transformer l’exercice du pouvoir en un engagement permanent envers la Nation.

  • 1770 tonnes de riz offertes par la Chine au Tchad pour renforcer la sécurité alimentaire

    1770 tonnes de riz offertes par la Chine au Tchad pour renforcer la sécurité alimentaire

    N’Djamena, 16 juin 2026 – Le Tchad a reçu ce mardi un don de 1 770 tonnes de riz en provenance de la Chine, une aide destinée à atténuer les effets des crises climatiques et économiques sur les populations vulnérables. La cérémonie de remise s’est déroulée à l’hôtel Radisson Blu, présidée par la ministre de l’Action sociale, Zara Mahamat Issa.

    Dans son discours, la ministre a souligné que ce geste va bien au-delà d’une simple assistance matérielle. « Il incarne l’amitié solide et la profondeur du partenariat entre nos deux nations, bâti sur le respect et l’entraide », a-t-elle déclaré. Reprenant un proverbe chinois, elle a rappelé que « dans une calamité, un seul grain de riz vaut une once d’or », insistant sur l’importance vitale de cette denrée pour les déplacés, les réfugiés et les familles éprouvées par les crises.

    Le directeur général de l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA), Ahmat Mahamat Kosseï, a exprimé sa gratitude pour ce soutien qui vient compléter les efforts du gouvernement tchadien, sous la direction du maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. « L’ONASA s’engage à une distribution transparente, efficace et équitable de ce stock », a-t-il assuré, rappelant que la Chine a déjà offert plusieurs dons de céréales au Tchad, notamment 5 000 tonnes en 2014 et 2017, 5 966 tonnes en 2019, ainsi que du blé et du riz en 2022 et 2025.

    L’ambassadeur de Chine au Tchad, Wang Xining, a précisé que cette aide s’inscrit dans une solidarité de long terme. « Le Tchad subit les conséquences des conflits dans les pays voisins, l’afflux de réfugiés et des conditions climatiques extrêmes, ce qui pèse sur la sécurité alimentaire. Le peuple chinois est solidaire. C’est pourquoi nous fournissons chaque année des céréales d’une valeur moyenne de près de 2 milliards de francs CFA », a-t-il indiqué. Il a également mentionné l’engagement des entreprises chinoises dans la responsabilité sociale à travers des dons de matériel et des actions de proximité.

    Wang Xining a toutefois nuancé : « L’aide matérielle ne répond qu’aux urgences immédiates. Mieux vaut apprendre à pêcher que de donner un poisson. » Dans cet esprit, la Chine dépêche des missions techniques agricoles qui testent des cultures à haut rendement et organisent des formations sur les technologies modernes. Il a souligné le potentiel agricole exceptionnel du Tchad : eau abondante, ensoleillement, terres fertiles et une main-d’œuvre travailleuse. « Cette année marque une étape clé avec la synergie de nos plans de développement. Par ailleurs, la Chine a annoncé un tarif douanier zéro pour tous les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle », a-t-il ajouté.

    La cérémonie s’est achevée par une visite de l’entrepôt de Chagoua FDAR, dans le 7e arrondissement de N’Djamena, où le riz sera stocké avant distribution.

  • Un plan d’action pour une meilleure gestion des eaux souterraines au Tchad

    Un plan d’action pour une meilleure gestion des eaux souterraines au Tchad

    Gouvernance des eaux souterraines au Tchad

    Un atelier national de trois jours dédié au renforcement de la gouvernance des eaux souterraines a débuté à N’Djamena. Cette rencontre, qui rassemble une cinquantaine de représentants des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, de la société civile et des usagers, vise à élaborer un plan d’action concerté pour améliorer la gestion des eaux souterraines et faire face aux risques liés à leur quantité et à leur qualité.

    Au Tchad, les eaux souterraines sont essentielles pour la sécurité hydrique. Elles alimentent l’eau potable, l’irrigation, les systèmes pastoraux et le développement urbain, surtout dans les régions confrontées au stress climatique et à la rareté des eaux de surface. C’est dans ce contexte que cet atelier national a été organisé afin de construire un plan d’action multipartite et consensuel pour renforcer la gouvernance de cette ressource vitale et répondre aux priorités identifiées.

    À l’ouverture, la représentante de l’UNICEF, Natascha Paddison, a souligné le devoir collectif de garantir à chaque enfant un accès équitable aux services essentiels, notamment l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Selon elle, chaque décision technique sur les eaux souterraines a un impact direct sur la santé, l’éducation, le développement du capital humain et la dignité des populations.

    Elle a invité les participants à partager leurs connaissances, confronter leurs expériences, identifier les risques prioritaires et construire ensemble des solutions concrètes. Elle a insisté sur le fait que les ressources en eaux souterraines doivent être une assurance pour la santé, un levier de développement et non une source de conflits, tout en préservant les intérêts des générations futures.

    Natascha Paddison a réaffirmé l’engagement de l’UNICEF à accompagner le gouvernement tchadien et les partenaires dans ce processus. Elle a également remercié le Royaume-Uni, par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères, dont le soutien a permis l’organisation de cet atelier.

    De son côté, la directrice générale des Ressources en eau, Fatimé Hassan, a précisé que l’objectif de cette rencontre est d’élaborer un plan d’action concerté pour améliorer la gouvernance des eaux souterraines au Tchad. Les travaux permettront d’établir une compréhension commune de la situation, d’identifier les principaux enjeux de gouvernance et de définir les activités nécessaires à la mise en œuvre des actions retenues. Les résultats seront consignés dans un rapport détaillant les discussions et une note d’orientation technique intégrant les conclusions de l’évaluation exploratoire nationale 2026 sur les risques liés aux eaux souterraines.

    Cet atelier réunit environ cinquante participants, incluant les autorités nationales de l’eau, les ministères sectoriels, les organisations régionales, les partenaires techniques et financiers, les agences des Nations unies, les ONG, le secteur privé, les groupes d’usagers et des experts académiques. Les échanges doivent aboutir à des recommandations concrètes pour une gestion plus efficace, inclusive et durable des eaux souterraines au Tchad.

  • Gabon : la Cour des comptes intensifie le contrôle des industries extractives

    Gabon : la Cour des comptes intensifie le contrôle des industries extractives

    Pour renforcer la mobilisation des recettes publiques, la Cour des comptes du Gabon passe à l’action. Le 10 juin 2026, à Libreville, l’institution a organisé une masterclass de haut niveau destinée à ses auditeurs et magistrats financiers. L’objectif est clair : doter les équipes de contrôle d’une expertise approfondie dans l’audit des secteurs pétrolier, minier et forestier, qui constituent les piliers de l’économie nationale.

    Auditer efficacement nécessite d’abord une compréhension fine des mécanismes. Pendant trois jours, les participants ont exploré les aspects techniques, fiscaux et opérationnels qui régissent ces industries. L’enjeu pour les finances publiques est crucial : une mauvaise analyse des contrats pétroliers ou des flux miniers et forestiers pourrait priver l’État de ressources importantes.

    Grâce aux échanges avec des experts sectoriels, les magistrats financiers améliorent leurs grilles d’analyse. Cette immersion technique leur permettra de détecter plus facilement les anomalies, d’optimiser le suivi des recettes et, à terme, de garantir que les richesses naturelles du sous-sol et des forêts bénéficient pleinement au budget national.

    L’arme du numérique pour plus de transparence

    Cette formation n’est que la première étape d’une vaste stratégie de modernisation. Pour accompagner cette montée en compétences, la Cour des comptes mise désormais sur la technologie avec le déploiement d’une plateforme numérique dédiée à l’audit des ressources extractives.

    Cet outil moderne transforme en profondeur les méthodes de vérification. En centralisant et en analysant plus rapidement les données financières et de production, la plateforme réduit les risques d’évasion fiscale et limite les pertes de revenus pour l’État.

    Un cap vers la performance budgétaire

    Alors que le Gabon cherche à consolider sa trajectoire économique, le renforcement de la gouvernance financière devient une priorité absolue. Avec cette masterclass et la digitalisation de ses procédures, la Cour des comptes réaffirme son rôle de garde-fou. En devenant plus incisive dans ses contrôles, l’institution envoie un signal fort aux opérateurs économiques et s’impose comme un acteur central de la transparence et de la performance publique.

  • Gabon : le CLR relance ses activités à un an du congrès

    Gabon : le CLR relance ses activités à un an du congrès

    Les cadres du Centre des Libéraux Réformateurs (CLR) se sont réunis à Libreville ce week-end pour lancer officiellement la reprise des activités du parti. À douze mois de son prochain congrès, la formation politique de Jean-Boniface Assélé veut se restructurer, remotiver ses troupes et réitérer son appui au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.

    En vue des prochains rendez-vous politiques de la Ve République, le CLR ambitionne de retrouver une place centrale dans le paysage politique gabonais. Les responsables du parti se sont retrouvés au Cabaret des Artistes, dans le 5ᵉ arrondissement de la capitale, pour une réunion élargie du directoire visant à poser les fondations d’une nouvelle dynamique organisationnelle.

    Une relance orientée vers le congrès de 2027

    Face aux militants et aux cadres, Jean-Boniface Assélé, président du CLR, a tenu à dissiper les doutes sur l’avenir de sa formation. Il a réfuté les discours annonçant la fin du parti. « Beaucoup, comme d’habitude, ont dit que le CLR est mort », a-t-il affirmé, soulignant que la forte participation à cette réunion prouvait le contraire.

    La préparation du prochain congrès, prévu dans un an, a été au centre des discussions. La direction du CLR voit dans cette échéance une opportunité pour clarifier les orientations stratégiques et consolider son ancrage sur tout le territoire. Jean-Boniface Assélé a appelé les militants à une auto-évaluation sans concession sur le fonctionnement et les défis du parti. « Cette réunion va nous permettre, sans complaisance, d’examiner la suite du chemin à faire et surtout dans quelles conditions », a-t-il déclaré.

    Pour soutenir cette démarche, un comité de réflexion a été installé, chargé de proposer les modalités de la relance. Le président du CLR a également promis la nomination prochaine de nouveaux responsables pour dynamiser les structures internes.

    Le CLR revendique son rôle sous la Transition

    La séance a aussi été l’occasion de présenter le rapport d’activités 2024-2025. Ce document retrace l’implication du CLR dans les grandes étapes de la Transition politique, notamment les campagnes référendaire et présidentielle. La formation veut ainsi rappeler sa contribution aux transformations institutionnelles entamées depuis le 30 août 2023 et son alignement sur les réformes menées par le président.

    Alors que de nombreux partis cherchent à se repositionner dans le nouveau contexte politique gabonais, le CLR entend rester un acteur clé du débat. La prochaine étape sera de traduire cette volonté de renaissance en une mobilisation militante concrète pour peser lors des futures élections et dans la consolidation de la Ve République.

  • À Gaya, des enfants apprennent leurs droits à l’école

    À Gaya, des enfants apprennent leurs droits à l’école

    Des enfants poursuivent leur scolarité malgré les difficultés causées par Boko Haram et Al-Qaïda au Niger

    À peine la cloche a-t-elle retenti que les élèves âgés de 9 à 12 ans continuent de réfléchir au sujet du jour dans les allées de l’école mission de Gaya. Ce thème, les droits de l’enfant, les a profondément marqués :

    « Avant, je pensais que les droits étaient réservés aux adultes : conduire, voter… »
    « Oui, on a le droit d’être soigné quand on est malade, et personne ne peut nous faire de mal. »
    « Les amis, on peut aussi parler, donc les parents et les instituteurs doivent nous écouter. Si on a besoin de quelque chose, on peut l’expliquer sans se faire gronder. »

    L’institutrice Aïssatou a abordé la question des droits de l’enfant pendant le cours de morale, une matière qui dépasse les murs de la classe. Selon elle, les effets sont immédiats : « Effectivement, la discussion continue. Après le cours, j’ai remarqué que les élèves étaient excités à l’idée de savoir qu’ils possèdent eux-mêmes des droits. Vous savez, les enfants apprennent beaucoup lors des leçons de morale. Ils mémorisent et mettent en pratique tout ce qu’on leur apprend. »

    Reportage audio

    Transmettre des valeurs aux jeunes apprenants

    Les droits sont enseignés selon la méthode pédagogique APC (approche par compétences) adaptée à chaque niveau, comme l’explique le conseiller Omar : « Depuis la maternelle, on apprend à l’enfant ses droits à travers des contes et des chants. J’ai droit à l’éducation, à la santé. Progressivement, jusqu’au secondaire, on aborde l’instruction civique et le cours de morale. Au primaire, seul le cours de morale est dispensé. Ainsi, on leur donne les bases des droits humains. »

    Méconnaissance des droits

    Cependant, tous les enfants n’ont pas la chance d’atteindre le secondaire. Certains abandonnent et grandissent sans jamais accéder à ces notions. Dans la rue, un garçon de onze ans qui ramasse des bouteilles en plastique confie, hors micro, qu’il pense que « les droits sont réservés aux adultes ». Cela montre l’urgence de former les enfants au-delà des salles de classe et des tableaux noirs.

  • Le Gabon se porte candidat pour le sommet de l’Union africaine 2027

    Le Gabon se porte candidat pour le sommet de l’Union africaine 2027

    Ecouter l’article

    Le lundi 15 juin 2026, devant les parlementaires réunis en congrès au Palais Léon Mba, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement annoncé que le Gabon pose sa candidature pour organiser le Sommet de l’Union africaine (UA) en 2027. Cette déclaration marque une nouvelle étape dans la stratégie de repositionnement de Libreville sur la scène continentale.

    Pour le chef de l’État, cette démarche traduit une volonté politique claire : renforcer le rayonnement international du Gabon grâce à une diplomatie dynamique et un engagement renouvelé en faveur du multilatéralisme.

    Le président a également dressé un bilan positif des trois dernières années, soulignant que le Gabon a su porter haut sa voix sur des thématiques mondiales essentielles telles que la paix, la sécurité, le développement durable et la transition écologique.

    Réformes sociales au sein de la diplomatie

    Pour briller à l’extérieur, il faut des bases solides à l’intérieur. Évoquant la situation difficile des missions diplomatiques et consulaires avant le 30 août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu les conditions précaires dans lesquelles travaillaient les agents de l’État à l’étranger.

    Afin de redynamiser ces équipes et d’accroître l’efficacité de la représentation gabonaise, l’exécutif a engagé d’importantes réformes structurelles. La plus notable est la revalorisation financière des émoluments des diplomates. « Nous avons augmenté les salaires de nos ambassadeurs et des attachés de défense pour améliorer leurs conditions de vie et leur permettre d’atteindre les objectifs fixés », a déclaré le président.

    Un rôle régional renforcé

    Ces mesures concrètes ne sont pas de simples ajustements techniques ; elles visent à consolider durablement l’influence du Gabon au sein des organisations régionales et internationales.

    En postulant pour le rendez-vous panafricain de 2027, les autorités de la Vème République affichent clairement leur feuille de route : faire du Gabon un carrefour incontournable de la prise de décision en Afrique centrale et sur l’ensemble du continent. Les cartes sont désormais sur la table.