Auteur/autrice : nigeractu

  • Renforcement de la sécurité au Maghreb : Maroc et Mauritanie unis face au Sahel

    Renforcement de la sécurité au Maghreb : Maroc et Mauritanie unis face au Sahel

    Le Maroc et la Mauritanie renforcent leur alliance stratégique pour une sécurité renforcée au Sahel

    Une coordination accrue entre Rabat et Nouakchott devient essentielle pour sécuriser les frontières, lutter contre les menaces transfrontalières et consolider la stabilité régionale face à l’instabilité grandissante du Sahel.

    Les défis sécuritaires qui s’intensifient au Sahel poussent le Maroc et la Mauritanie à resserrer leurs liens en matière de sécurité. Cette coopération, désormais au cœur des discussions entre les deux pays, s’articule autour de plusieurs axes majeurs : la lutte contre le terrorisme, la gestion des migrations irrégulières, la surveillance des frontières et la neutralisation des réseaux criminels transfrontaliers.

    Lors d’une rencontre à Rabat, le ministre marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, et son homologue mauritanien, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, ont acté la mise en place de nouveaux dispositifs de collaboration. Ces échanges visent à renforcer les échanges d’informations, à harmoniser les actions sur le terrain et à sécuriser les corridors commerciaux reliant l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne.

    Cette alliance stratégique s’appuie sur une réalité géographique incontournable. La Mauritanie, située à la jonction entre le Maghreb et le Sahel, constitue un point de passage obligatoire pour les flux migratoires, les échanges commerciaux et les mouvements sécuritaires. Quant au Maroc, il représente une interface majeure entre l’Afrique et l’Europe, ce qui en fait un acteur clé pour la stabilité de la région méditerranéenne.

    Une réponse commune aux enjeux migratoires

    Le littoral atlantique mauritanien est devenu ces dernières années une zone de départ privilégiée pour les migrants en direction des îles Canaries. Cette nouvelle donne a conduit les autorités des deux pays à renforcer leur vigilance sur les routes migratoires, à démanteler les réseaux de passeurs et à échanger des données sur les mouvements suspects.

    Les discussions ont également porté sur les moyens de sécuriser les points de passage terrestres et maritimes, tout en luttant contre les réseaux criminels qui exploitent la vulnérabilité des migrants. Une approche intégrée est désormais privilégiée pour protéger les populations tout en respectant les droits humains.

    Lutter contre les menaces transfrontalières

    Au-delà de la question migratoire, les deux gouvernements ont souligné l’urgence de combattre les réseaux criminels opérant dans le Sahara. Trafic d’armes, de drogue et de carburant : ces activités illicites menacent la sécurité des populations et la stabilité économique de la région.

    Pour contrer ces phénomènes, le Maroc et la Mauritanie intensifient leur collaboration en matière de renseignement et de coordination opérationnelle. L’objectif est clair : empêcher les groupes armés et les réseaux criminels de profiter des zones frontalières pour s’infiltrer ou établir des bases logistiques.

    Les observateurs s’accordent à dire que l’amélioration récente des relations entre Rabat et Nouakchott a donné un nouvel élan à cette coopération sécuritaire. Ce partenariat, autrefois centré sur la gestion des frontières, s’élargit désormais à une vision stratégique plus large, intégrant la protection des voies commerciales, la sécurité des corridors de transport et la réponse aux menaces transnationales.

    Un partenariat aux enjeux régionaux majeurs

    Pour le Maroc, une alliance renforcée avec la Mauritanie permet de sécuriser ses frontières méridionales et de consolider son rôle d’acteur régional en matière de sécurité. Pour la Mauritanie, cette collaboration apporte un soutien précieux face à des défis sécuritaires croissants et à des réseaux criminels de plus en plus organisés.

    À l’échelle de la région, ce partenariat pourrait devenir un levier de stabilisation essentiel. Alors que plusieurs pays du Sahel traversent des crises politiques et sécuritaires, et que les groupes armés gagnent du terrain, cette coopération bilatérale pourrait servir de modèle pour une approche collective et coordonnée.

    Les échanges menés à Rabat ne se limitent pas à la coordination bilatérale. Ils s’inscrivent dans une démarche plus ambitieuse : l’édification d’un cadre sécuritaire régional capable de répondre aux défis du Maghreb occidental et du Sahel. L’enjeu dépasse ainsi le simple cadre des relations entre le Maroc et la Mauritanie pour toucher à la stabilité de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Nord.

  • Mercenaires russes au Mali : une stratégie qui limite les pertes ?

    Mercenaires russes au Mali : une stratégie qui limite les pertes ?

    Mercenaires russes au Mali : une stratégie qui limite les pertes ?

    Depuis leur déploiement au Mali, les paramilitaires russes d’Africa Corps semblent subir moins de pertes lors des affrontements avec les groupes djihadistes que les forces armées maliennes. Cette différence s’explique par plusieurs facteurs structurels et opérationnels.

    Forces militaires au Mali

    Une présence militaire moins exposée

    Le nombre réduit de pertes parmi les mercenaires russes s’explique en grande partie par leur rôle précis au sein de la stratégie antiterroriste malienne. Contrairement aux Forces armées maliennes (FAMa), qui comptent plus de 13 000 soldats, les effectifs d’Africa Corps sont estimés entre 1 500 et 2 000 hommes.

    Cette différence numérique joue un rôle clé. Les militaires maliens, présents en première ligne, subissent davantage les attaques des groupes djihadistes. Les paramilitaires russes, quant à eux, interviennent principalement en appui logistique et tactique, sans remplacer les FAMa sur le terrain.

    Comme l’explique Mamadou Mouth Bane, analyste spécialisé dans les conflits sahéliens : « Les soldats maliens sont en première ligne dans les zones à haut risque. Les mercenaires russes, eux, se concentrent souvent sur des missions de soutien, comme l’analyse des données des drones ou la gestion des communications. Résultat : la majorité des victimes et des otages sont des militaires maliens. »

    Des vétérans mieux équipés pour le combat

    Les pertes limitées des mercenaires russes s’expliquent aussi par leur profil. Contrairement aux soldats maliens, souvent moins expérimentés, les paramilitaires russes sont pour la plupart des vétérans de plusieurs conflits internationaux.

    Leur expertise en matière de techniques de combat et leur accès à des équipements modernes (drones, systèmes de protection avancés) réduisent leur exposition directe aux attaques. Comme le souligne Abdoulaye Sounaye, chercheur au Centre Leibniz pour l’Orient moderne : « Ces mercenaires professionnels maîtrisent les stratégies de combat et disposent de moyens aériens et terrestres bien supérieurs à ceux des forces maliennes. Cela leur permet de mieux anticiper et contrer les offensives djihadistes. »

    Spécialiste des djihadistes au Sahel

    Une stratégie de déploiement ciblée

    Enfin, les choix tactiques d’Africa Corps contribuent à limiter les pertes. Avec des effectifs réduits, les mercenaires russes privilégient les opérations à haute valeur stratégique, comme la protection de sites sensibles ou les interventions ponctuelles dans les zones les plus dangereuses.

    Cette approche permet aux forces maliennes de maintenir une présence continue sur le terrain, mais les expose davantage aux attaques prolongées. Les mercenaires russes, eux, interviennent surtout en renfort lors des assauts les plus critiques, où leur expertise fait la différence.

    En résumé, la combinaison d’une expérience militaire supérieure, d’un déploiement stratégique et d’un rôle de soutien explique pourquoi les pertes parmi les mercenaires russes restent bien inférieures à celles des forces maliennes.

  • Niger : le ccr et l’unowas en pleine coordination à Niamey

    Niger : le ccr et l’unowas en pleine coordination à Niamey

    Le Niger et l’UNOWAS : une rencontre stratégique pour repenser l’avenir du Sahel

    Dans une volonté d’affirmer sa position sur la scène régionale, le Niger a reçu à Niamey une figure clé des Nations unies. Le président du Conseil consultatif de la Refondation (CCR), Dr Mamoudou Harouna Djingarey, a accueilli Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie et responsable de la Revue stratégique indépendante (RSI) de l’UNOWAS. Cette entrevue, qui s’inscrit dans un contexte de tensions sécuritaires et de mutations politiques majeures, marque un tournant dans les échanges entre le Niger et les institutions onusiennes.

    Une mission onusienne au cœur des enjeux sahéliens

    L’UNOWAS, Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, fait l’objet d’une évaluation approfondie pour adapter son action aux réalités changeantes de la sous-région. Depuis plusieurs semaines, Sahle-Work Zewde sillonne les capitales de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel afin de recueillir les avis des dirigeants sur les défis auxquels le bureau est confronté. Entre crises sécuritaires, transitions politiques et urgences humanitaires, les attentes sont immenses pour redéfinir le rôle de cette structure.

    Lors de sa visite à Niamey, elle a échangé avec le président du CCR, mettant en lumière les priorités nigériennes en matière de gouvernance et de stabilité régionale. Le Niger, engagé dans un processus de refondation nationale, a saisi cette opportunité pour exposer sa vision des relations internationales et de la coopération régionale.

    Conseil Consultatif de la Refondation du Niger

    Le CCR et la souveraineté nigérienne au cœur du débat

    Pour le Conseil consultatif de la Refondation, créé par les autorités nigériennes, cette rencontre était l’occasion de présenter les orientations stratégiques du pays. Dr Mamoudou Harouna Djingarey a souligné l’importance de consolider la souveraineté nationale, renforcer la cohésion sociale et promouvoir une paix durable. Ces objectifs, selon lui, sont indissociables des solutions à apporter aux crises qui secouent le Sahel.

    Les discussions ont porté sur des thématiques essentielles : gouvernance, stabilité régionale, prévention des conflits et mécanismes de coopération entre les États. Le Niger a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle central dans la définition des politiques régionales, tout en insistant sur le respect de son autonomie décisionnelle.

    L’UNOWAS face à l’évolution des défis sahéliens

    La Revue stratégique indépendante de l’UNOWAS vise à évaluer l’efficacité de ce bureau et à proposer des pistes pour moderniser ses missions. Confronté à des menaces sécuritaires croissantes, à des transitions politiques complexes et à des besoins humanitaires urgents, l’UNOWAS doit s’adapter pour rester pertinent.

    À l’issue de l’entretien, Sahle-Work Zewde a salué l’engagement des autorités nigériennes et la pertinence des échanges. Les contributions recueillies lors de cette mission enrichiront les conclusions de la revue stratégique, qui pourrait redéfinir le rôle du bureau onusien dans la région.

    Conseil Consultatif de la Refondation du Niger

    Un dialogue fondé sur la souveraineté et la coopération internationale

    Cette audience à Niamey illustre la volonté du Niger de maintenir un dialogue constructif avec ses partenaires internationaux. Pour le Conseil consultatif de la Refondation, la coopération reste possible à condition de respecter les principes de souveraineté et les choix politiques du pays.

    L’échange s’est tenu en présence du rapporteur général du CCR, Abdou Moustapha, marquant une étape supplémentaire dans les consultations menées par la mission de la Revue stratégique indépendante. Les conclusions de cette évaluation pourraient redéfinir le rôle de l’UNOWAS dans un contexte sahélien en pleine mutation, où les défis sécuritaires et politiques exigent des réponses innovantes et adaptées.

  • Déchéance de nationalité au Mali pour les binationaux nés maliens

    Déchéance de nationalité au Mali pour les binationaux nés maliens

    Le Mali renforce sa législation : la déchéance de nationalité frappe les binationaux

    L’exécutif malien en transition a marqué un tournant décisif dans sa politique de sécurité nationale. Réuni lors d’un Conseil des ministres, le gouvernement a validé un projet d’ordonnance visant à modifier en profondeur le code de la nationalité. Désormais, un individu reconnu comme Malien de naissance mais détenant une autre nationalité pourra se voir retirer sa citoyenneté malienne s’il est jugé coupable d’avoir porté atteinte aux intérêts fondamentaux du pays.

    Cette réforme législative marque un changement majeur par rapport à la législation antérieure, qui ne concernait que les personnes ayant acquis la nationalité malienne par naturalisation. Désormais, le champ d’application s’élargit aux Maliens binationaux dès leur naissance, renforçant ainsi l’arsenal juridique de l’État.

    Quels actes peuvent entraîner la perte de la nationalité malienne ?

    Les critères énoncés dans le nouveau texte sont particulièrement stricts. Les autorités pourront engager une procédure de déchéance de nationalité contre toute personne impliquée dans des actes considérés comme menaçants pour la sécurité nationale. Parmi les infractions visées :

    • Complicité ou allégeance à une puissance étrangère hostile : toute collaboration avec des entités jugées ennemies du Mali sera passible de sanctions.
    • Participation à des mouvements sécessionnistes : les individus soutenant ou promouvant la division du territoire malien encourent des mesures radicales.
    • Soutien à des groupes armés terroristes : financement, logistique ou apologie de groupes qualifiés de terroristes seront sévèrement réprimés.

    Pour se conformer aux normes internationales, le décret précise que la déchéance ne pourra être appliquée qu’à condition que l’individu dispose d’une autre nationalité, afin d’éviter toute situation d’apatridie.

    Une mesure politique aux répercussions stratégiques

    Sur le plan national, ce texte est interprété comme une réponse ciblée aux opposants au régime de transition. Plusieurs figures politiques suspendues, journalistes réduits au silence et membres de groupes armés, notamment ceux affiliés au Cadre stratégique permanent (CSP), vivent aujourd’hui en exil. Leur influence, bien que réduite sur le territoire malien, reste significative via des réseaux médiatiques ou opérationnels à l’étranger.

    En adoptant cette mesure, Bamako cherche à couper les liens administratifs et légaux avec ces acteurs perçus comme des menaces à la stabilité et à la refondation du pays. La déchéance de nationalité devient ainsi un outil de contrôle renforcé sur les dissidents, qu’ils soient présents sur le sol malien ou à l’étranger.

    Un tournant dans la gestion de la crise malienne

    Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de durcissement des politiques sécuritaires et juridiques au Mali. En ciblant spécifiquement les binationaux, le gouvernement entend affaiblir les réseaux d’opposition tout en renforçant son contrôle sur les questions de souveraineté. Une stratégie qui pourrait redéfinir les rapports de force dans un contexte post-crise déjà complexe.

  • RDC : la coalition C64 ajourne sa marche et impose un ultimatum au pouvoir

    RDC : la coalition C64 ajourne sa marche et impose un ultimatum au pouvoir

    RDC : la coalition C64 ajourne sa marche et impose un ultimatum au pouvoir

    Kinshasa, 20 juillet 2026 — La Coalition Article 64 (C64), regroupant les principaux leaders de l’opposition congolaise, a annoncé aujourd’hui le report de la marche pacifique initialement prévue pour ce 22 juillet. Cette décision, prise lors de ses réunions des 18 et 20 juillet, vise à donner une chance au dialogue national, après l’appel lancé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’ECC-CENCO.

    Dans un communiqué signé par les cinq figures emblématiques de la coalition — Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata (LGD) et Delly Sesanga (Envol) — la C64 justifie ce report par la volonté du Président Félix Tshisekedi d’engager un « dialogue inclusif, apaisé et républicain, respectueux des institutions et de la Constitution ».

    Une décision tactique pour relancer le dialogue national

    La C64 a souligné que cette mesure constituait un « geste de responsabilité », tout en réaffirmant son attachement aux principes constitutionnels. Les leaders rappellent que, conformément aux articles 70 et 220 de la Constitution, le mandat présidentiel est limité à deux périodes. « Nous ne renonçons pas à nos revendications, mais nous privilégions une solution pacifique », a déclaré un porte-parole sous couvert d’anonymat.

    Cependant, la coalition a posé des conditions strictes pour la suite des négociations. Elle exige notamment :

    • La convocation immédiate d’un dialogue national inclusif pour aborder les défis majeurs du pays : l’insécurité dans l’Est, la crise économique et sociale, ainsi que les réformes institutionnelles.
    • Des mesures de confiance pour apaiser les tensions entre les parties prenantes.

    « Le pouvoir doit prouver sa bonne foi », a prévenu un membre de la C64. « Tout acte provocateur, comme la promulgation d’une loi sur le référendum, sera interprété comme une rupture de confiance. »

    Un ultimatum fixé au 15 août

    La coalition a fixé un délai impératif au 15 août 2026. Si à cette date, le dialogue national n’a pas été officiellement convoqué ou si les engagements pris restent lettre morte, la C64 se réserve le droit de « tirer toutes les conséquences politiques ».

    En attendant, la coalition maintient ses structures, tant en RDC qu’à l’étranger, en « état de mobilisation maximale ». Les leaders appellent à la prudence, tout en rappelant leur détermination à défendre l’ordre constitutionnel.

    « Ce n’est pas une capitulation, mais une stratégie pour rassembler le peuple congolais autour d’un processus pacifique », a conclu un responsable de la C64.

    Les leaders de la C64 lors de leur conférence de presse à Kinshasa
  • Mali : les attaques du JNIM à Mopti révèlent l’effondrement sécuritaire sous la junte

    Mali : les attaques du JNIM à Mopti révèlent l’effondrement sécuritaire sous la junte

    Une vague d’attaques coordonnées frappe le centre du Mali

    Dimanche 19 juillet, la région de Mopti a subi une nouvelle offensive du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). L’organisation, affiliée à Al-Qaïda, a revendiqué quatre assauts simultanés contre les Forces armées maliennes (FAMa), leurs alliés d’Africa Corps et des milices locales. Ces attaques, menées avec une précision redoutable, confirment la capacité du JNIM à frapper en profondeur le territoire malien, cinq ans après le coup d’État d’Assimi Goïta.

    Les cibles et la méthode des djihadistes

    Dans le cercle de Douentza, le JNIM a ciblé des convois logistiques et des détachements militaires à moto en utilisant des engins explosifs improvisés (IED). Ces engins ont visé à la fois les soldats malien et les mercenaires russes d’Africa Corps, ex-groupe Wagner. Plus au nord, à Kansila, une attaque directe a été menée contre les chasseurs Dozo, milice locale alliée à Bamako. Selon les communiqués du groupe, trois miliciens Dozo ont été tués lors de cet assaut.

    Assimi Goïta face à un bilan accablant

    Les promesses de restauration de la souveraineté territoriale faites par la junte militaire se heurtent à une réalité implacable. Les statistiques, compilées par des centres de recherche comme l’ACLED, révèlent une escalade dramatique des violences depuis 2019. Le nombre de victimes a doublé, voire triplé dans certaines zones, tandis que les acteurs du conflit se multiplient. L’émergence d’Africa Corps et les tensions interethniques exacerbées par les opérations militaires ont alimenté le recrutement djihadiste, transformant le Mali en un foyer de crise durable.

    Une multiplication des acteurs et des violences

    • Les attaques au IED et les embuscades sont devenues quotidiennes, paralysant les axes routiers majeurs.
    • Les groupes armés comme le JNIM et l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS) imposent des blocus alimentant une crise humanitaire sans précédent.
    • Les déplacements forcés de populations dépassent les 400 000 personnes, selon les agences onusiennes.

    Un État en recul : la perte de contrôle territorial

    Malgré quelques succès symboliques, comme la reprise de Kidal fin 2023, l’armée malienne peine à maintenir une présence durable sur le terrain. Le Centre et le Nord du pays sont désormais des zones grises, où l’État a perdu toute emprise administrative. Les populations locales, prises entre les exactions des groupes armés et les opérations militaires, subissent un isolement croissant.

    Africa Corps : un partenaire militaire inefficace et controversé

    Pour remplacer les forces françaises et la mission onusienne MINUSMA, Bamako a choisi de s’allier à Moscou. Initialement sous la bannière du groupe Wagner, cette coopération s’est poursuivie sous le nom d’Africa Corps, directement rattachée au ministère russe de la Défense. Pourtant, les résultats sont décevants :

    • Les mercenaires russes sont régulièrement accusés d’exactions contre les civils, alimentant le recrutement djihadiste.
    • Les pertes régulières et l’absence de stratégie contre-insurrectionnelle efficace affaiblissent leur impact.
    • Les frappes aériennes, censées compenser le manque de troupes au sol, se révèlent coûteuses et peu efficaces.

    Les drones et hélicoptères, un investissement coûteux et risqué

    Le régime d’Assimi Goïta a massivement investi dans des drones turcs Bayraktar TB2 et des hélicoptères d’attaque russes pour compenser le déficit en effectifs. Cependant, cette stratégie bute sur deux obstacles majeurs :

    • La maintenance des appareils, dépendante de pièces détachées russes, est souvent défaillante, entraînant des accidents et des pertes.
    • Les groupes djihadistes ont adapté leurs tactiques, se déplaçant en petits groupes et se fondant dans les populations pour échapper aux frappes.

    Une stratégie du tout-militaire condamnée à l’échec

    Les attaques du 19 juillet illustrent les limites d’une approche purement militaire. En s’aliénant les partenaires régionaux et internationaux, en rompant les canaux de dialogue et en misant sur des mercenaires aux méthodes brutales, Bamako s’est enfermé dans une impasse. Sans une solution politique intégrant la gouvernance, le retour des services publics et la protection des civils, le Mali risque de voir son territoire se fragmenter davantage, sous la pression d’un djihadisme sahélien en pleine expansion.

  • Avancement des fonctionnaires béninois : 1 110 agents passent au 12ème échelon

    Avancement des fonctionnaires béninois : 1 110 agents passent au 12ème échelon

    Un soulagement pour des milliers de fonctionnaires au Bénin

    Le gouvernement du Bénin a finalisé une avancée majeure pour plus de 1 110 agents de la fonction publique. Après des mois d’attente, ces travailleurs ont vu leur situation administrative évoluer positivement, avec un passage automatique au douzième échelon. Cette décision administrative et financière marque un tournant pour les agents concernés, dont les carrières étaient bloquées depuis des années.

    Dans le cadre d’une réunion du Conseil des ministres présidée par le président Romuald Wadagni, l’exécutif a validé cette régularisation. Les critères d’éligibilité, basés sur l’ancienneté et le mérite au 31 décembre 2025, ont été strictement appliqués pour sélectionner les bénéficiaires.

    Fin des blocages administratifs et financiers

    Ce déblocage met un terme à des années de lenteurs dans la gestion des carrières administratives. Bien que la grille de progression ait été élargie pour faciliter les avancements au sein du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines et de la Paie (SIGRHP), des retards techniques avaient jusqu’ici freiné la mise en œuvre effective de ces réformes. La décision récente permet de corriger ces dysfonctionnements et de sécuriser les parcours professionnels des agents concernés.

    Pour les fonctionnaires, cette régularisation ne se limite pas à une reconnaissance symbolique. Le décret publié prévoit des ajustements financiers immédiats sur leurs fiches de paie, incluant le versement des rappels de salaires dus. Les ministères ont reçu des consignes précises pour appliquer ces mesures sans délai.

    Un geste fort en faveur de la cohésion sociale

    Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer la stabilité sociale au Bénin. En répondant aux revendications des syndicats et en clarifiant les droits des fonctionnaires, le gouvernement envoie un message clair : celui d’une administration plus transparente et plus juste. Cette mesure pourrait également renforcer l’engagement des agents publics, essentiels dans la mise en œuvre des réformes en cours dans le pays.

  • Sonko à Ouakam : un geste marquant pour la famille du Jaraaf Papa Youssou Ndoye

    Sonko à Ouakam : un geste marquant pour la famille du Jaraaf Papa Youssou Ndoye

    Le président du parti Pastef, Ousmane Sonko, a rendu hommage au Jaraaf Papa Youssou Ndoye en se recueillant auprès de sa famille à Ouakam. Une visite empreinte d’émotion et de solidarité pour saluer la mémoire d’une personnalité respectée.

    Ousmane Sonko à Ouakam pour présenter ses condoléances à la famille du Jaraaf Papa Youssou Ndoye

    Une tournée de condoléances marquée par l’émotion

    Après avoir rendu hommage aux familles endeuillées à Yoff et Pikine, Ousmane Sonko a poursuivi son périple de solidarité en se rendant à Ouakam. Cette démarche s’inscrit dans une série de visites destinées à apporter un soutien aux proches de personnalités disparues ces derniers jours.

    Le leader de Pastef a exprimé toute sa compassion aux membres de la famille du défunt, saluant la mémoire d’un homme profondément respecté au sein de la communauté. Son déplacement à Ouakam intervient à la suite du décès du Jaraaf Papa Youssou Ndoye, survenu le 16 juillet 2026 à l’Hôpital Principal de Dakar.

    Un témoignage fort de solidarité et de proximité

    En se recueillant auprès de la famille du Jaraaf, Ousmane Sonko a réaffirmé son engagement à accompagner les Sénégalais dans les moments difficiles. Cette visite symbolise son attachement à rester proche des citoyens, notamment lors des épreuves personnelles.

    Par ce geste, le président du parti Pastef a non seulement partagé la douleur des proches, mais aussi rendu hommage à une figure emblématique de la société sénégalaise. Son initiative s’ajoute à une série de déplacements similaires, témoignant d’une volonté de maintenir un lien constant avec la population.

  • Le Bénin mise sur le kanvo et l’indigo pour booster son économie locale

    Le Bénin mise sur le kanvo et l’indigo pour booster son économie locale

    Une soirée d’exception pour un projet économique ambitieux

    Le Bénin a franchi une étape décisive avec La Nuit du Kanvo et de l’Indigo, un événement inédit organisé au Sofitel Cotonou Marina Hôtel. Cette manifestation, bien plus qu’une simple présentation de mode, symbolise la volonté du pays de faire du Kanvo et de l’Indigo des piliers de son développement économique. Sous le thème « Héritage d’avant-garde : luxe, modernité, identité africaine », cette première édition a révélé une stratégie nationale pour industrialiser le secteur textile et conquérir les marchés internationaux.

    Une mobilisation sans précédent des décideurs

    L’événement a rassemblé l’élite politique et économique du Bénin. Aux côtés du Directeur général du Fonds de Développement de l’Artisanat (FDA), Monsieur Nestor Clétus GUEZO, les ministres des Petites et Moyennes Entreprises, de la Culture, ainsi que le Maire de Cotonou et le Préfet du Littoral, ont marqué leur soutien à cette initiative. Cette mobilisation reflète une ambition claire : transformer le patrimoine textile béninois en un levier de croissance durable, passant d’une économie de subsistance à une industrie créative génératrice d’emplois et de valeur ajoutée.

    Le Kanvo et l’Indigo : des trésors culturels aux ambitions économiques

    Longtemps cantonnés aux cérémonies locales, le Kanvo et l’Indigo sont désormais au cœur d’une stratégie de valorisation économique. Le FDA a souligné l’importance de structurer la filière textile pour renforcer la compétitivité des créateurs béninois. L’objectif ? Créer des liens directs entre les tisserands traditionnels et les marchés modernes, nationaux et internationaux. Pour les artisans, cette approche ouvre des perspectives de revenus stables et valorise leur savoir-faire ancestral. En misant sur le Made in Benin, le pays lutte contre les contrefaçons et garantit des prix rémunérateurs pour ses producteurs.

    L’artisanat textile, secteur inclusif par excellence, représente un vivier d’emplois majeurs. La Ministre des Petites et Moyennes Entreprises a lancé un appel vibrant à la jeunesse béninoise pour qu’elle s’engage dans ces métiers d’avenir, désormais soutenus par des financements publics et privés accrus. Ces mesures transforment des pratiques ancestrales en carrières entrepreneuriales solides et rentables.

    Un défilé qui a marqué les esprits

    Le clou de la soirée a été un défilé mettant en lumière soixante-quinze créations originales, imaginées par quinze stylistes renommés. Trente mannequins ont porté ces tenues, démontrant que le Kanvo et l’Indigo peuvent s’imposer dans l’univers exigeant du luxe contemporain. Ce défilé a agi comme un incubateur de tendances, prouvant que l’authenticité et la modernité peuvent coexister harmonieusement. Pour les investisseurs et acheteurs présents, la démonstration était sans équivoque : ces textiles béninois sont exportables, industrialisables et recherchés par une clientèle internationale en quête d’authenticité et de mode éco-responsable.

    Vers une plateforme textile pérenne et compétitive

    La soirée s’est conclue par une cérémonie de remise de distinctions, récompensant le talent et l’engagement des acteurs de la filière. Mais au-delà des trophées, c’est l’avenir du secteur qui s’est dessiné. Le succès de cet événement pose les bases d’une plateforme d’affaires durable, capable de moderniser les outils de production sans altérer l’essence artisanale. Les autorités ont appelé à intensifier les investissements pour industrialiser les processus, améliorer la qualité des fils, utiliser des teintures écologiques locales et standardiser les volumes de production. Ces mesures permettront de répondre à la demande croissante des marchés régionaux et internationaux.

    Le textile béninois, un levier de souveraineté économique

    En réussissant cet événement, le Bénin prouve que la culture est un capital économique de premier ordre. La Nuit du Kanvo et de l’Indigo n’a pas seulement célébré un héritage textile ; elle a tracé la voie vers une industrie souveraine, génératrice d’emplois locaux et de devises. En positionnant ces textiles uniques dans le segment porteur du luxe et de la modernité, le FDA démontre que le patrimoine béninois n’est pas un vestige du passé, mais un moteur d’avenir pour toute une nation.

  • L’ombre qui façonne l’histoire de la République démocratique du Congo

    L’ombre qui façonne l’histoire de la République démocratique du Congo

    Au cœur de la République démocratique du Congo (RDC), depuis son indépendance en 1960, le pouvoir s’exerce souvent dans l’ombre. Derrière chaque régime, chaque transition ou chaque rébellion, se cache une figure invisible : le maître espion. Redouté, insaisissable, indispensable, il incarne l’autorité ultime, bien au-delà des institutions officielles.

    Les services de renseignement congolais ne se contentent pas de jouer un rôle administratif. Ils constituent l’épine dorsale du pouvoir. Quand la Sûreté tousse, le palais présidentiel tremble. Quand le CND écoute, les ministres baissent la voix. Quand l’ANR arrête, la justice n’a d’autre choix que de plier.

    Pourquoi une telle influence ? Parce que la RDC est née dans un contexte de guerre froide, de coups d’État et de défiance généralisée. Le 30 juin 1960, l’indépendance est proclamée. Moins de trois mois plus tard, Mobutu instaure un régime où la peur devient un outil de gouvernement. Entre ces deux dates, un vide s’installe… et c’est la Sûreté qui le comble.

    Une mission secrète : protéger, surveiller, intimider

    Officiellement, ces services sont chargés de collecter des renseignements « politiques, économiques et sociaux ». En réalité, leur mission se résume en trois axes :

    • Protéger le dirigeant : des ennemis extérieurs, des factions militaires, des révoltes populaires.
    • Surveiller l’ensemble de la société : opposants, hauts fonctionnaires, religieux, étudiants, diaspora.
    • Instaurer un climat de terreur : pour dissuader toute velléité de contestation.

    De 1960 à 1990, un système s’est imposé, avec trois hommes clés ayant marqué l’histoire par leur brutalité et leur ingéniosité.

    Victor Nendaka Bika, l’architecte de la peur

    Ancien infirmier devenu directeur de la Sûreté Nationale, Nendaka a transformé l’institution en une machine à broyer les opposants. Surnommé « l’Oufkir congolais », il a instauré une règle implacable : le chef des services secrets ne rend de comptes qu’au président, jamais aux ministres.

    En décembre 1961, il défie ouvertement le ministre de l’Intérieur, Christophe Gbenye, en faisant encercler les bureaux de la Sûreté par l’armée. Résultat : Gbenye est limogé, et Nendaka reste en place. Un précédent qui marque le début d’une ère où l’espion prime sur l’homme politique.

    Seti Yale, le stratège formé à l’étranger

    Professionnalisé grâce à des formations dispensées par Israël et les États-Unis, Seti Yale a bâti le Centre National de Documentation (CND), surnommé le « KGB zaïrois ». Il y perfectionne les techniques d’écoute, de filature et de torture, faisant du renseignement un outil de domination absolue.

    Honoré Ngbanda, le « Terminator » qui industrialise la terreur

    Ce dernier pousse l’organisation à son paroxysme. Le CND devient un État dans l’État : chaque ministère, chaque ambassade, chaque frontière a son espion. La répression ne connaît plus de limites, s’étendant même jusqu’en Europe.

    L’équation du pouvoir : qui contrôle les services secrets contrôle la RDC

    Mobutu a compris cette règle dès son arrivée au pouvoir. Pour éviter qu’un seul homme ne devienne trop puissant, il multiplie les services rivaux : CND, SNIP, SARM, DSP. Chacun surveille l’autre, mais aucun ne domine. Nendaka est écarté en 1965, Seti Yale limogé, Ngbanda chassé en 1990. Le système, lui, survit.

    En 1997, la chute de Mobutu marque un tournant, mais pas une fin. Les sigles changent – SNIP, AND, ANR –, les méthodes, elles, persistent. Les caves restent, tout comme l’omerta qui les entoure.

    Octobre 1960 : l’infirmier qui a changé le cours de l’histoire

    Un mois après le premier coup d’État de Mobutu, Victor Nendaka est nommé à la tête de la Sûreté. Son objectif ? Neutraliser les partisans de Patrice Lumumba. Il crée le Bureau d’Investigations Nationales (BIN), un service dont la mission officielle – lutter contre la criminalité – cache une réalité bien plus sombre : ficher, espionner et éliminer les lumumbistes.

    Nendaka intègre le « Groupe de Binza », un cercle restreint qui dirige le pays dans l’ombre. Son héritage ? Trois principes qui hanteront la RDC pendant des décennies :

    • La Sûreté au-dessus des lois : il fait encercler son bureau par l’armée pour empêcher son limogeage.
    • Le renseignement comme levier politique : membre influent du Groupe de Binza, il influence les nominations de Premiers ministres avec le soutien de la CIA.
    • L’impunité : face aux accusations concernant la mort de Lumumba, il rejette toute responsabilité, attribuant les torts à d’autres acteurs.

    17 janvier 1961 : l’ordre qui a scellé le destin de Lumumba

    Quarante ans plus tard, Victor Nendaka brandit une preuve accablante devant la Commission d’enquête belge : une note manuscrite.

    « Quand on a appris que Tshombe accueillerait Lumumba, les plans d’évacuation de trois prisonniers ont été modifiés par André Lahaye, agent de la Sûreté […] J’ai conservé ce document », explique-t-il.

    Ce document ? L’ordre de transfert de Patrice Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito vers Élisabethville. Dans la nuit du 17 janvier, les trois hommes sont exécutés. Nendaka, en tant qu’administrateur en chef de la Sûreté, a orchestré le convoi.

    Sa défense reste la même : « Kasa-Vubu a accepté ce transfert, car il pensait, comme moi, que Lumumba ne serait pas tué à Elisabethville. Chez nous, il n’était pas dans nos habitudes de tuer nos adversaires ; c’était le règne de la palabre sous le baobab. » Pourtant, les historiens soulignent son rôle central dans cet événement tragique.

    L’héritage d’un système qui refuse de mourir

    En 1965, Mobutu écarte Nendaka, trop puissant. Mais la machine est lancée. Seti Yale, Honoré Ngbanda et leurs successeurs ne feront qu’industrialiser sa méthode. En 1990, Ngbanda est limogé. Le système, lui, survit.

    Les archives de la terreur congolaises regorgent de témoignages sur ces années noires. Les caves du CND dans les années 1970, les disparitions inexpliquées, les transferts fatals… Tout cela fait partie d’une histoire que l’on murmure, jamais que l’on n’écrit officiellement.

    Cette plongée dans les sous-sols du pouvoir congolais révèle une vérité crue : au Congo, le vrai pouvoir ne s’exerce pas à la tribune, mais dans l’ombre.

    affiche historique de la RDC
  • Absences prolongées du président camerounais : l’UDC exige plus de transparence

    Absences prolongées du président camerounais : l’UDC exige plus de transparence

    L’absence prolongée du président Paul Biya soulève des interrogations et pousse l’Union démocratique du Cameroun à réclamer des mesures immédiates

    Depuis plus de quarante jours, le chef de l’État du Cameroun s’est absenté du pays pour un séjour privé en Europe, sans que la moindre information officielle ne précise la nature exacte de ce déplacement ni la durée prévue. Parti de Yaoundé le 7 juin 2026, son absence prolongée alimente les débats parmi les acteurs politiques et la population, tandis que les mécanismes de continuité de l’action publique suscitent des inquiétudes.

    L’Union démocratique du Cameroun (UDC), dirigée par Patricia Tomaino Ndam Njoya, a rompu le silence en pointant du doigt l’opacité entourant cette absence. Dans une déclaration publique, la présidente du parti a souligné l’urgence de clarifier la situation, notamment en raison des enjeux liés à la stabilité des institutions et à l’exercice effectif des responsabilités présidentielles.

    Pour l’UDC, cette absence prolongée met en lumière les lacunes des textes en vigueur. La révision constitutionnelle du 14 avril 2026, qui prévoit notamment la nomination d’un vice-président de la République, n’a toujours pas été appliquée. Le parti exige donc que des règles strictes encadrent les absences du président, avec des délais précis pour informer la nation et le Parlement. Il demande également une procédure claire pour constater un éventuel empêchement définitif, afin d’éviter tout blocage institutionnel.

    Cette situation intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par l’organisation récente d’une élection présidentielle et le début du huitième mandat du président Biya. Les Camerounais s’interrogent également sur l’absence persistante d’une nouvelle équipe gouvernementale, pourtant promise pour concrétiser la politique du septennat en cours. Le vide laissé par cette absence prolongée a même donné lieu à des tentatives de manipulation, comme en témoignent des faux décrets présidentiels introduits à la télévision nationale.

    Au-delà des questions institutionnelles, cette absence alimente les spéculations au sein de l’opposition et des formations politiques. Le parti au pouvoir, le RDPC, a convoqué une réunion statutaire de son comité central le 21 juillet 2026, toujours en l’absence de son président. Parallèlement, les prochaines élections législatives et municipales approchent, un scrutin qui pourrait redistribuer les cartes au sein du paysage politique camerounais.

    Face à cette absence prolongée, les Camerounais attendent des réponses concrètes. L’UDC appelle les institutions compétentes à éclairer la nation sur la continuité effective de l’État, tandis que la pression s’intensifie pour que des mesures soient enfin prises afin de garantir la stabilité et la transparence.

  • Togo : l’opacité militaire étrangère alimente les interrogations

    Togo : l’opacité militaire étrangère alimente les interrogations

    Dans toute démocratie, la gestion des questions de défense nationale obéit à une logique de confidentialité nécessaire. Les opérations militaires, les stratégies de renseignement ou encore les partenariats bilatéraux ne peuvent être divulgués sans discernement. Pourtant, lorsque le secret devient systématique et touche des enjeux capitaux pour le pays, il finit par alimenter les doutes plutôt que la sérénité.

    Au Togo, des témoignages convergents évoquent la présence de militaires étrangers sur le sol national. Selon les observations disponibles, ces effectifs seraient majoritairement issus de Russie et de Turquie. Si cette présence est avérée, elle soulève des questions légitimes, auxquelles les autorités togolaises doivent apporter des réponses concrètes.

    Un rempart contre l’instabilité politique ?

    Au-delà des impératifs stricts de sécurité, cette absence de transparence nourrit des hypothèses plus sombres. Plusieurs analystes y voient le signe d’une faiblesse perçue du président Faure Gnassingbé. Confronté à des contestations récurrentes sur sa gestion du pouvoir, marquée par des crises socio-économiques et un contrôle accru des institutions, le régime pourrait chercher à se prémunir contre tout risque de déstabilisation, qu’il soit populaire ou interne.

    Pour ses détracteurs, l’arrivée de ces forces étrangères ne reflète pas une volonté de protéger le territoire, mais plutôt une volonté de sécuriser le pouvoir, quel qu’en soit le prix. Cette interprétation alimente les craintes d’une dépendance accrue à des soutiens extérieurs, au détriment de la souveraineté nationale.

    Des missions floues et un cadre juridique incertain

    La nature exacte de leur intervention reste largement inconnue. S’agit-il de formations militaires, de conseils stratégiques, de maintenance d’équipements ou encore de protection rapprochée des hautes autorités ? Sans communication officielle détaillée, les spéculations se multiplient. Une autre zone d’ombre concerne leur rôle opérationnel : ces militaires sont-ils de simples instructeurs ou participent-ils activement à des missions de sécurité intérieure ? Leur action se limite-t-elle à un appui technique ou s’étend-elle à des opérations conjointes avec les forces togolaises ? Ces distinctions sont cruciales pour évaluer la portée réelle des accords conclus.

    La question de la responsabilité légale est tout aussi cruciale. Tout pays accueillant des forces militaires étrangères établit généralement un cadre juridique définissant leurs droits, leurs obligations et les mécanismes de contrôle. Au Togo, quelles sont les dispositions en vigueur pour encadrer ces activités ? Existe-t-il des garanties suffisantes pour éviter les abus et s’assurer que ces personnels respectent les lois nationales et les engagements internationaux du pays ?

    Le coût d’un manque de clarté

    L’aspect financier représente un autre point de friction. Combien de ces militaires étrangers sont effectivement déployés ? Quelle est la durée de leur mission ? Quel budget leur est alloué ? Ces dépenses sont-elles couvertes par les fonds publics togolais, par les pays contributeurs ou dans le cadre d’accords spécifiques ? Les citoyens, dont les ressources financent les politiques publiques, ont le droit de connaître l’ampleur de ces engagements.

    Ces interrogations ne remettent pas en cause l’utilité des coopérations militaires. De nombreux États recourent à des partenariats extérieurs pour renforcer leurs capacités face à des menaces partagées. Le Togo, confronté à un contexte régional instable – notamment la menace terroriste au Nord – pourrait légitimement justifier de telles collaborations.

    Transparence : la clé de la confiance

    Pourtant, la confiance des populations repose en grande partie sur la transparence. Lorsqu’un gouvernement expose clairement les objectifs, le cadre juridique et les modalités d’une coopération militaire, il limite les risques de rumeurs et de malentendus. Dans un environnement régional marqué par des tensions politiques persistantes et une reconfiguration des alliances sécuritaires, la meilleure réponse aux doutes des citoyens reste l’information.

    Sans porter atteinte aux impératifs de sécurité nationale, les autorités peuvent et doivent apporter des éléments concrets : quels sont les objectifs poursuivis ? Quelles garanties ont été mises en place ? Qui est responsable en cas de dérive ? En matière de défense, comme dans tout domaine de l’action publique, la transparence n’est pas un simple choix, mais une condition de légitimité.

    Lorsque la présence de militaires étrangers suscite autant de questions que de réponses et semble s’inscrire dans une logique de maintien absolu du pouvoir, il revient aux dirigeants de lever les ambiguïtés. Dans une démocratie, le silence n’est jamais une stratégie durable : il ouvre inévitablement la porte aux incertitudes.