Auteur/autrice : nigeractu

  • Disparition de Youssouf Mahamat Youssouf, figure centrale de la province du Ouaddaï

    Disparition de Youssouf Mahamat Youssouf, figure centrale de la province du Ouaddaï

    Tchad : décès de Youssouf Mahamat Youssouf, président du Conseil provincial du Ouaddaï

    La province du Ouaddaï est en deuil suite à la perte de son dirigeant provincial. Youssouf Mahamat Youssouf, qui occupait la présidence du Conseil provincial dans cette région de l’est du Tchad, s’est éteint à N’Djamena.

    L’illustre disparu a rendu l’âme durant la nuit de dimanche à lundi au sein de l’Hôpital moderne de la capitale, succombant à une maladie de courte durée. Véritable pilier de l’administration et de la vie politique locale, il dirigeait l’institution provinciale depuis plusieurs années.

    Les informations relatives au déroulement des obsèques et aux hommages qui lui seront rendus seront communiquées ultérieurement par ses proches ou les autorités.

  • Mali : la faillite d’une souveraineté sous influence et les nouveaux équilibres du Sahel

    Mali : la faillite d’une souveraineté sous influence et les nouveaux équilibres du Sahel

    Drapeau du Mali

    Depuis 2012, le Mali est plongé dans une crise complexe qui a profondément redessiné la géopolitique sahélienne. L’autorité de l’État central s’est érodée, créant une fragmentation du territoire où s’affrontent divers groupes armés et intérêts étrangers. Autrefois un pilier des stratégies antiterroristes occidentales, notamment avec les opérations françaises Serval en 2013 et Barkhane en 2014, le pays a amorcé une rupture majeure en 2022. En exigeant le départ des forces françaises, la junte au pouvoir a orchestré un pivot stratégique vers la Russie, plaçant la réaffirmation de sa souveraineté au centre de son discours politique.

    Cette volonté s’est concrétisée en septembre 2023 par la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). En s’associant au Burkina Faso et au Niger, Bamako a affiché son intention de remodeler les dynamiques régionales, loin de l’influence occidentale. Cependant, ce projet de souveraineté se heurte à des réalités militaires et diplomatiques implacables. Les offensives coordonnées du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et du FLA (Front de libération de l’Azawad), l’instabilité au sommet du pouvoir et le redéploiement des forces paramilitaires russes fragilisent les fondations de cette nouvelle alliance.

    Comment l’effondrement sécuritaire en cours et le retrait négocié d’Africa Corps de Kidal exposent-ils la vulnérabilité du projet souverainiste de l’AES face au jeu d’influence complexe mené par l’Algérie et la Russie ?

    L’effondrement du commandement malien : de l’offensive du 25 avril à la chute de Kidal

    La dégradation sécuritaire a été précédée de signaux alarmants : l’assassinat d’un soldat malien à Konna le 20 avril, puis l’attaque de Tessit par l’État islamique au Sahel le 22 avril. La perméabilité des lignes de défense a mis en lumière la fragilité du pouvoir malien. L’arrestation de généraux influents comme Abass Demblélé et Kéba Sangaré témoigne d’un climat de suspicion où les services de renseignement sont mobilisés pour la survie du régime. Le départ des troupes françaises a créé un vide que les forces locales, même avec le soutien russe, peinent à combler. L’arrivée de Wagner s’est d’ailleurs accompagnée d’une augmentation de la violence contre les civils, comme l’a illustré l’opération « Mourrah ». En échouant à stabiliser le pays, la junte voit son discours souverainiste contredit par un échec opérationnel manifeste.

    L’insécurité persistante n’est donc plus seulement un enjeu militaire ; elle devient un facteur de délégitimation politique pour un gouvernement incapable d’améliorer les conditions de vie dramatiques de sa population.

    Le 25 avril, une offensive d’une ampleur sans précédent a visé simultanément des points stratégiques : Mopti, Konna, Sévaré, Bourem, Gao, l’aéroport de Bamako et la garnison de Kati. À Kati, un véhicule piégé a anéanti la résidence du ministre de la Défense, causant la mort de Sadio Camara et blessant gravement les généraux Modibo Koné et Oumar Diarra. L’exfiltration du président Assimi Goïta a symbolisé l’effondrement du commandement politico-militaire, exposant la vulnérabilité du cœur du pouvoir.

    Le soir même, le JNIM a revendiqué ces attaques et a annoncé, en collaboration avec le FLA, la prise de Kidal. Le 26 avril, les forces russes d’Africa Corps ont dû négocier un couloir de sortie avant de quitter la ville. Ce retrait rapide a signifié pour le Kremlin la perte d’un point d’appui stratégique et symbolique, abandonnant matériel et munitions sur place.

    Le 27 avril, la présidence est restée silencieuse, tandis que l’armée parlait d’un simple « repositionnement », en décalage flagrant avec la réalité. Simultanément, des sources locales ont rapporté des mouvements de troupes chaotiques, des désertions et une rupture des communications entre les états-majors.

    Entre le 28 avril et le 1er mai, la situation s’est rapidement détériorée. Des attaques coordonnées ont paralysé les axes vitaux entre Gao, Ménaka et Ansongo, isolant les principales garnisons de l’Est. Face à cette manœuvre d’encerclement, le dispositif sécuritaire malien a montré des signes de rupture. Plusieurs unités loyalistes se sont repliées vers Ségou et Koulikoro, une retraite accélérée par la pression des groupes armés et une désorganisation interne croissante.

    De plus, des affrontements entre factions militaires ont alimenté des rumeurs de coup d’État, tandis que l’absence prolongée d’Assimi Goïta de la scène publique a intensifié les spéculations sur une vacance du pouvoir. Dans ce contexte tendu, des initiatives de dialogue ont été lancées le 2 mai en Algérie et en Mauritanie pour trouver une issue politique. Cependant, le succès de ces démarches est compromis par l’émergence d’une alliance tactique entre le FLA et le JNIM.

    L’alliance FLA – JNIM : trajectoires historiques, guerre asymétrique et contrôle des corridors stratégiques

    Le partenariat entre le Front de Libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) représente un tournant majeur dans la crise malienne. Cette alliance est le fruit de deux parcours historiques distincts qui convergent aujourd’hui vers un objectif commun : renverser la junte malienne et redéfinir les équilibres dans le Nord et le Centre. Pour ces acteurs, il s’agit surtout de reprendre le contrôle des corridors stratégiques qui alimentent les économies criminelles du Sahel.

    Leur collaboration a été spectaculairement démontrée lors des offensives coordonnées qui ont mené à la chute de Kidal et à la désorganisation rapide des forces loyalistes.

    Le FLA s’inscrit dans la lignée des rébellions touarègues des années 1990, 2006 et 2012, motivées par des revendications identitaires et territoriales mal gérées par Bamako. Les accords de Tamanrasset (1991) et d’Alger (2006, 2015) ont tenté d’apporter des réponses, mais leur application partielle a entretenu un sentiment de marginalisation. Après 2015, les divisions internes et les purges menées par la junte ont affaibli les structures touarègues, favorisant une recomposition dont le FLA est l’expression la plus structurée.

    Le JNIM, issu de la transformation du GSPC algérien puis d’AQMI, a renforcé son implantation au Mali dès les années 2000. Sa structure actuelle est le résultat de la fusion en 2017 d’Ansar Dine, d’Al-Mourabitoune et de la Katiba Macina, sous le commandement unifié d’Iyad Ag Ghali. Depuis 2025, le groupe mène une stratégie ambiguë de « nationalisation », tentant de s’établir comme un interlocuteur politique local tout en maintenant une violence extrême et en décentralisant ses katibas pour mieux correspondre aux réalités locales.

    Cette approche lui permet d’étendre son influence dans les zones rurales du Centre et du Nord, en exploitant les tensions intercommunautaires, la corruption et l’inefficacité de l’État.

    L’alliance FLA-JNIM repose sur une maîtrise de la guerre asymétrique. L’efficacité du JNIM tient à ses modes d’action hybrides : des attaques complexes combinant véhicules piégés (VBIED) pour créer des brèches et motos pour les exploiter, des infiltrations nocturnes, et un usage massif d’engins explosifs improvisés (IED) pour paralyser les mouvements de l’armée. Une campagne d’assassinats ciblés et le harcèlement des garnisons isolées achèvent de saper le moral des troupes. La maîtrise des drones et des capacités anti-aériennes leur donne un avantage tactique, comme à Tinzaouaténe.

    Le FLA, de son côté, apporte une connaissance indispensable du terrain : maîtrise des pistes, mobilité, attaques éclairs, et exploitation des réseaux tribaux. Il dispose également d’un service de renseignement performant. Le retrait négocié d’Africa Corps le 26 avril a confirmé la perte de contrôle de Bamako sur le Nord.

    Au-delà de l’aspect militaire, le conflit est une lutte pour le contrôle des ressources et des circuits commerciaux, licites comme illicites. En s’emparant du triangle stratégique Kidal-Gao-Mopti, le JNIM et le FLA cherchent à sécuriser les corridors de transit essentiels à l’économie de guerre. Le contrôle de ces axes leur permet de financer leurs opérations grâce aux revenus de la contrebande (or, carburant) et des trafics (stupéfiants, migrants), transformant le territoire en un levier financier crucial. Cette logique s’applique également à l’axe Bamako-Kayes-Bakel, où des péages sont prélevés sur les milliers de camions qui ravitaillent le Mali depuis le port de Dakar.

    Le verrouillage des corridors sahariens a saturé les capacités de réaction de l’armée, transformant une guerre de mouvement en un effondrement systémique. La chute rapide de Kidal, Gao et Sévaré illustre l’efficacité de la complémentarité FLA-JNIM face à un commandement malien décapité. La perte des piliers du régime et les rumeurs de putsch à Bamako confirment que la crise menace désormais l’existence même de l’État malien.

    Ce vide politique et militaire profite à l’État islamique au Sahel (EIS), qui exploite l’effondrement pour étendre son influence.

    L’État islamique au Sahel (EIS) : le grand bénéficiaire du chaos sahélien

    L’État islamique au Sahel (EIS) est aujourd’hui l’acteur le plus imprévisible de la région. Depuis 2023, il a renforcé son implantation dans le couloir Ménaka-Ansongo, profitant de l’effondrement de l’État et des rivalités entre groupes armés pour étendre son contrôle sur les zones frontalières entre le Mali et le Niger. À la différence du JNIM, qui cherche à s’ancrer localement, l’EIS poursuit une stratégie d’expansion basée sur la terreur, éliminant les communautés jugées hostiles et s’emparant des routes commerciales. L’effondrement du commandement malien lui ouvre un espace stratégique qu’il pourrait exploiter, soit en défiant directement le JNIM pour le leadership djihadiste, soit en conquérant de nouveaux sanctuaires.

    Dans un contexte où l’AES est incapable de mutualiser ses forces, l’EIS apparaît comme le principal bénéficiaire potentiel de la crise malienne. Cette dynamique est accentuée par le retrait précipité d’Africa Corps de certaines zones, laissant un vide sécuritaire que ni l’armée malienne affaiblie ni ses alliés régionaux ne peuvent combler.

    L’Africa Corps au Mali : la fin de l’exception russe ?

    Depuis 2022, la Russie se sert du Mali comme d’un laboratoire sécuritaire et d’un point de projection vers le Sahel. Elle y opère en tant que custom security broker, échangeant armes, instructeurs et mercenaires contre des concessions minières et des avantages politiques. La stratégie de Moscou est purement extractive : la sécurisation des gisements d’or et de lithium prime sur le développement du Mali.

    Cinq ans après le déploiement de Wagner, la présence paramilitaire russe est désormais institutionnalisée sous la bannière d’Africa Corps. Ce contingent de 1 000 à 1 200 hommes est directement supervisé par le ministère de la Défense russe. Malgré un maillage entre Bamako et les centres névralgiques de Mopti, Gao et Kidal, le bilan sécuritaire est paradoxal. Loin de la stabilité promise, la violence s’est intensifiée et le contrôle des zones rurales a été perdu. Ce constat révèle les limites du modèle de « sécurité par procuration », où la substitution des forces nationales par un contingent étranger s’avère inefficace.

    Le revers subi à Kidal et Gao fin avril 2026 expose l’échec structurel du partenariat entre la junte et Africa Corps. Le retrait négocié des forces russes symbolise une rupture majeure, transformant le partenaire stratégique en un acteur en retraite. Plus encore, la tentative du JNIM de communiquer directement avec le Kremlin pour un pacte de non-agression, en ignorant le gouvernement malien, achève d’isoler Bamako.

    La position russe est d’autant plus fragile que la Turquie émerge comme un acteur sécuritaire alternatif. Ankara fournit à Bamako des drones, des munitions guidées et des véhicules blindés. Ces équipements, plus flexibles et moins coûteux, séduisent une partie de l’appareil militaire malien et alimentent des rivalités au sein de la junte. Certains officiers se tournent vers le partenariat turc, tandis que d’autres restent fidèles à Moscou. Cette compétition affaiblit la cohésion du commandement, déjà ébranlé par la mort de Sadio Camara et l’absence d’Assimi Goïta. Le recours à des forces privées turques pour la sécurité du chef de la junte suggère une méfiance envers les contingents russes.

    Finalement, la posture russe au Sahel passe d’une offensive souverainiste à une retraite défensive. L’incapacité d’Africa Corps à sécuriser les axes vitaux et à tenir Kidal révèle les limites de l’offre de sécurité de Moscou face à une menace complexe, tandis que l’alternative turque affaiblit son influence.

    Ce vide laissé par la chaîne de commandement malienne impose un retour à la diplomatie régionale, où l’Algérie devient un acteur clé.

    Alger, pivot silencieux de la recomposition sahélienne

    Depuis les années 1990, l’Algérie joue un rôle central dans la gestion de la crise malienne, ayant parrainé les accords de Tamanrasset (1991) et d’Alger (2006, 2015). Pour Alger, le Nord-Mali est une zone tampon vitale pour sa sécurité nationale. Sa doctrine repose sur deux piliers : interdire la présence de forces étrangères à ses frontières et maintenir un équilibre entre les groupes armés locaux.

    L’Algérie préfère un Mali ni totalement effondré, ni complètement autonome. Sa stratégie vise une stabilité relative qui maintient Bamako dépendant de sa médiation. Pour cela, Alger s’appuie sur ses liens historiques avec les communautés touarègues tout en surveillant les groupes djihadistes. En gardant un canal de communication avec ces groupes, l’Algérie s’assure que le Mali ne devienne pas une base arrière pour des attaques sur son territoire.

    La stratégie d’Alger s’est historiquement fondée sur le « levier touareg », utilisant les mouvements de l’Azawad comme un contre-pouvoir face à Bamako. Cependant, cette architecture diplomatique a été brisée lorsque la junte malienne a sollicité l’intervention massive d’Africa Corps, violant ainsi le premier pilier de la doctrine algérienne. Parallèlement, le rapprochement entre Alger et Nouakchott s’est intensifié, avec le soutien politique de la Mauritanie.

    L’influence croissante du Maroc auprès de la junte malienne pousse également l’Algérie à renforcer sa vigilance. Le Mali est devenu l’épicentre d’une confrontation diplomatique entre Rabat et Alger. En facilitant l’accès de l’AES à l’Atlantique, le Maroc étend son influence au Sahel, ce que l’Algérie perçoit comme une manœuvre d’encerclement stratégique.

    Dans la crise actuelle, Alger agit comme l’acteur silencieux mais décisif. Elle a refusé la présence de mercenaires russes à Kidal et a obtenu de Moscou un retrait conforme à sa doctrine. Elle se positionne ainsi comme le médiateur incontournable, bien que contesté par Bamako.

    Malgré ce rôle, Alger doit composer avec l’émergence de l’AES, un bloc régional politiquement soudé mais militairement impuissant.

    L’AES : un projet politique au défi de l’impuissance opérationnelle

    Fondée en septembre 2023, l’Alliance des États du Sahel (AES) réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger autour d’une ambition souverainiste. Ce bloc cherche à s’émanciper des organisations régionales traditionnelles et à établir une autonomie sécuritaire.

    L’Alliance a des objectifs ambitieux, comme la création d’une force antiterroriste conjointe et d’un marché commun. Pour y parvenir, les trois juntes multiplient les partenariats avec de nouveaux alliés comme la Russie, la Turquie ou l’Iran. Pourtant, ces projets restent largement à l’état d’intentions.

    L’AES demeure une construction principalement déclarative, sans commandement intégré ni doctrine commune. Hormis l’emploi mutualisé de drones, sa capacité opérationnelle est quasi nulle. Son incapacité totale à intervenir lors de la chute de Kidal et des attaques coordonnées qui ont suivi illustre le fossé entre les ambitions politiques et les moyens militaires. Aucun mécanisme de solidarité n’a été activé.

    Les trois États membres sont eux-mêmes enlisés dans des crises profondes : l’érosion du contrôle territorial, une crise économique aggravée par les sanctions et une instabilité institutionnelle alimentée par des purges internes. De plus, la rupture avec la CEDEAO isole l’AES, la privant de partenaires régionaux capables de compenser ses faiblesses.

    Ainsi, l’AES fonctionne davantage comme un outil de légitimation politique pour les régimes en place que comme une véritable alliance militaire capable de stabiliser la région.

    Dynamiques sahéliennes : lecture prédictive des scénarios de recomposition régionale

    Une analyse géopolitique prédictive permet d’anticiper les évolutions stratégiques qui pourraient redéfinir l’équilibre régional. Quatre trajectoires futures se dessinent, dépendant des rapports de force entre les acteurs.

    Le scénario central est une stagnation des tensions, avec la poursuite des attaques et une dégradation économique continue, laissant l’AES comme une coquille politique vide. À l’opposé, un scénario de stabilisation relative pourrait voir le jour si une médiation algérienne parvenait à instaurer une initiative de paix. Toutefois, la menace d’une dégradation rapide reste plausible : une attaque terroriste majeure pourrait suffire à provoquer un effondrement généralisé. Enfin, un scénario de rupture, comme un coup d’État interne, n’est pas à écarter.

    Le Sahel à l’épreuve du vide : vers une recomposition totale de la région ?

    La survie du pouvoir d’Assimi Goïta est aujourd’hui très incertaine. Sa capacité à rétablir un commandement crédible dans un État disloqué est cruciale. La mort de Sadio Camara et la neutralisation de Modibo Koné ont détruit l’ossature sécuritaire de la junte. L’absence prolongée du président alimente les rivalités et ouvre la voie à un possible renversement. L’armée, affaiblie, n’est plus un instrument de souveraineté mais un corps fragmenté dépendant d’alliés extérieurs volatils.

    Depuis 2025, le blocus du JNIM autour de Bamako a épuisé la capitale, et l’attaque du 25 avril a révélé la vulnérabilité du centre du pouvoir. Le Mali ne perd pas seulement du territoire, il perd le contrôle de son narratif souverainiste. Le retrait d’Africa Corps, la montée de l’alliance FLA-JNIM et le retour de la diplomatie algérienne montrent un pays redevenu un simple terrain d’influence pour les puissances extérieures.

    Dans cette recomposition, la population malienne est la principale victime, subissant l’insécurité, l’isolement et la crise économique. Sa souveraineté est confisquée par les militaires, les groupes armés et les puissances étrangères. Le projet démocratique s’éloigne, et le retour à une souveraineté populaire semble de plus en plus incertain.

    Le Burkina Faso apparaît comme le prochain maillon faible, avec ses frontières poreuses et ses institutions affaiblies. La crise malienne n’est plus un cas isolé ; elle inaugure une phase de déstabilisation régionale dont les conséquences, notamment sur les flux migratoires, les trafics et la sécurité des États du golfe de Guinée, se feront sentir bien au-delà du Sahel.

    La crise malienne déclenche ainsi une séquence de recomposition profonde où l’effondrement des États, la montée en puissance des acteurs armés et la compétition des puissances extérieures façonnent un Sahel instable, dont les répercussions seront globales.

  • Parcours inspirant de Babily Dembélé en Côte d’Ivoire

    Parcours inspirant de Babily Dembélé en Côte d’Ivoire

    Parcours de Babily Dembélé : un modèle de réussite en politique, affaires et solidarité en Côte d’Ivoire

    portrait de Babily Dembélé

    Babily Dembélé incarne un parcours exceptionnel en Côte d’Ivoire, alliant politique, entrepreneuriat et engagement social. Issu d’un milieu modeste, il a su transformer les défis en opportunités pour devenir une figure majeure du développement ivoirien.

    Né dans un foyer marqué par la précarité, Babily Dembélé a grandi entre tradition animiste, catholicisme et islam. Fils d’un cultivateur et d’une mère au foyer, il a connu une enfance difficile, notamment après le déplacement de son père de Kouto vers Dimbokro pour des travaux forcés. Malgré ces conditions, ses parents lui ont transmis des valeurs essentielles : travail, dignité et persévérance.

    Envoyé à Sassandra chez un parent, il a vécu des conditions de vie extrêmement dures, dormait parfois dans un poulailler. Ces épreuves ont renforcé sa résilience et sa détermination à réussir. Son destin a basculé lorsqu’il a rencontré un prêtre français, le père Alib, qui lui a apporté un soutien moral et éducatif. Grâce à son sérieux et ses excellents résultats scolaires, Babily Dembélé s’est rapidement distingué comme l’un des meilleurs élèves de sa génération.

    Durant sa scolarité, il a côtoyé des personnalités comme Maître Boga Doudou (futur avocat) et Adama Koné (proche de l’ambassadeur Aboubacar Koné). Tous ont obtenu leur baccalauréat la même année, mais ont suivi des voies différentes. Alors que Boga Doudou choisissait le droit, Babily Dembélé s’orientait vers les sciences. Son talent a été reconnu en 1977-1978 lorsqu’il est devenu lauréat national en mathématiques. Cette distinction a attiré l’attention du président Félix Houphouët-Boigny, qui l’a soutenu dans son parcours académique.

    Grâce à cet appui, Babily Dembélé a intégré l’Académie des sciences de Paris, où il a obtenu un diplôme d’architecte expert. Passionné par les cultures africaines et occidentales, il a ensuite poursuivi des études à l’Université Al-Azhar en Égypte, décrochant un diplôme en anthropologie des cultures africaines et occidentales. Cette double formation a profondément influencé sa vision du développement et du dialogue interculturel.

    De retour en Côte d’Ivoire au milieu des années 1980, il a été recruté par la Banque Africaine de Développement sur recommandation du président Houphouët-Boigny. Sa carrière internationale l’a conduit à intervenir dans 53 pays africains, notamment sur des projets d’infrastructures comme les bâtiments, routes et ponts.

    Une carrière politique marquée par l’engagement et les épreuves

    En 1995, le président Henri Konan Bédié l’a nommé conseiller spécial chargé des cultes, des partis politiques et de la société civile. Cette expérience lui a permis d’acquérir une expertise politique et diplomatique de haut niveau. Cependant, les crises politiques en Côte d’Ivoire ont eu un impact sur son parcours : après le coup d’État de 1999, il a été arrêté et emprisonné pendant plus d’un mois. La crise de 2002 l’a ensuite contraint à l’exil en France pendant cinq ans.

    Malgré ces épreuves, Babily Dembélé est resté profondément attaché à la Côte d’Ivoire. En 2007, à la demande du président Laurent Gbagbo, il est revenu dans le pays en tant que représentant spécial auprès des pays arabes. Parallèlement à ses activités politiques, il a développé plusieurs projets dans le secteur privé, notamment l’acquisition de la société CIAD-Primo et le lancement d’un projet immobilier de 800 logements à M’Pouto, dans la commune de Riviera, pour un investissement estimé entre 5 et 7 milliards de FCFA.

    Un engagement social et religieux au service du vivre-ensemble

    Babily Dembélé s’est également illustré dans la promotion du vivre-ensemble. Il a contribué à la construction de plusieurs lieux de culte, dont 11 mosquées et 7 églises. Son engagement religieux s’est particulièrement manifesté en 1999 lorsqu’il a facilité l’organisation du pèlerinage de 2 000 Ivoiriens à La Mecque et Médine en affrétant un avion saoudien, réduisant ainsi significativement les coûts.

    Un héritage de résilience et de réussite

    Le parcours de Babily Dembélé est celui d’un homme qui a su transformer les épreuves en opportunités. De son enfance difficile à ses responsabilités politiques, économiques et sociales, il représente une figure de résilience, de réussite et d’engagement au service du développement humain et du vivre-ensemble en Côte d’Ivoire.

  • Tragédie sur le lac Tchad : frappes militaires et victimes parmi les pêcheurs

    Tragédie sur le lac Tchad : frappes militaires et victimes parmi les pêcheurs

    tragédie sur le lac Tchad : frappes militaires et victimes parmi les pêcheurs

    Actualités urgentes

    Des opérations aériennes menées par l’armée du Tchad contre des positions présumées de Boko Haram sur le lac Tchad auraient causé la mort de plusieurs dizaines de pêcheurs en provenance du Nigeria, selon les derniers témoignages recueillis par l’AFP.

    Vue aérienne du lac Tchad où des frappes ont causé des victimes parmi les pêcheurs

    opérations militaires ciblées contre les bastions de Boko Haram

    Depuis le vendredi précédent, des aéronefs de combat tchadiens bombardent des îles stratégiques du lac Tchad, zones sous contrôle de Boko Haram, à proximité des frontières entre le Nigeria, le Niger et le Tchad. Ces frappes, lancées en représailles à une attaque récente contre des forces tchadiennes, auraient notamment visé l’île de Shuwa, identifiée comme un repaire jihadiste et un lieu de pêche majeur fréquenté par des Nigérians.

    pêcheurs pris dans l’enfer des bombardements

    Un représentant du syndicat des pêcheurs du lac Tchad indique qu’au moins quarante professionnels de la pêche nigérians sont portés disparus, probablement morts noyés lors des attaques. « Beaucoup de personnes ont péri », déclare Adamu Haladu, un pêcheur originaire de Baga, dans le nord-est du Nigeria. La majorité des victimes proviendraient des villes de Doron Baga et de l’État nigérian de Taraba. Les rescapés expliquent que les pêcheurs accédaient à ces zones riches en ressources halieutiques après avoir versé une redevance imposée par Boko Haram.

    À découvrir également : Tchad : l’état d’urgence décrété dans la province du Lac après des attaques de Boko Haram

    une zone déchirée par l’insécurité prolongée

    Le lac Tchad, partagé entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, est depuis plus de quinze ans un sanctuaire pour les groupes armés Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Pour contrer cette menace, les pays riverains avaient relancé en 2015 une force multinationale mixte. Cependant, la coopération régionale s’est affaiblie ces dernières années, notamment avec le retrait du Niger de cette coalition en 2025. L’armée tchadienne n’a pas encore réagi publiquement à ces allégations.

  • Événement juridique majeur à Niamey : rentrée solennelle et concours en droit ohada les 22 et 23 mai 2026

    Événement juridique majeur à Niamey : rentrée solennelle et concours en droit ohada les 22 et 23 mai 2026

    affiche de l'événement juridique à Niamey en 2026

    Niamey accueille une rentrée solennelle et un concours de plaidoirie en droit OHADA les 22 et 23 mai 2026

    Le Club OHADA de l’Université Abdou Moumouni de Niamey (Club OHADA UAM) organise les 22 et 23 mai 2026, de 9h à 12h, une rentrée solennelle sous le thème « L’OHADA, le passé, le présent et le futur ! ».

    Cette manifestation allie académique et pratique avec la 8e édition du Concours de l’As de la Plaidoirie en Droit OHADA. L’objectif ? Promouvoir la culture juridique OHADA, perfectionner l’éloquence judiciaire et stimuler la réflexion sur l’évolution du droit des affaires en Afrique.

    Thématiques abordées lors du concours

    • Phase éliminatoire : « Faut-il redéfinir le droit des affaires dans l’OHADA ? »
    • Finale : « Le Droit OHADA : Droit des Affaires ou Droit des activités économiques ? »

    Ces sujets illustrent les enjeux actuels autour de l’extension du champ d’application du droit OHADA et de son adaptation aux transformations économiques du continent africain.

    Récompenses pour les participants

    Les organisateurs ont annoncé un lot prestigieux pour le lauréat :

    • Un stage professionnel en droit des affaires ;
    • Un ordinateur portable ;
    • Un trophée symbolique.

    Partenariats et soutiens

    L’événement bénéficie du soutien de la Commission Nationale OHADA du Niger, de l’UNIDA / www.ohada.com ainsi que d’autres acteurs académiques et institutionnels.

    Cette initiative s’inscrit dans la volonté du Niger de renforcer l’intégration juridique africaine et de sensibiliser les étudiants, praticiens et chercheurs au droit OHADA.

    Contacts utiles :

    Housseina Yaye
    Email : [email protected]
    Tél. : +227 993 37 73 / +227 89 89 99 46

  • Pourquoi le Togo devient le partenaire stratégique incontournable de l’Union Européenne

    Pourquoi le Togo devient le partenaire stratégique incontournable de l’Union Européenne

    Une alliance renforcée entre Bruxelles et Lomé face aux crises régionales

    Dans un climat international de plus en plus instable, l’Union Européenne (UE) a réaffirmé sa volonté de consolider ses liens avec le Togo. Lors de la célébration de la Journée de l’Europe à Lomé, Gwilym Ceri Jones, à la tête de la délégation européenne, a souligné l’importance de ce partenariat. Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, l’Europe souhaite s’afficher comme un allié stable et prévisible pour les nations africaines.

    Des résultats concrets pour le développement social et économique

    La coopération entre les deux entités se traduit par des avancées tangibles sur le terrain. Actuellement, plus de 1,3 million de citoyens au Togo profitent des initiatives d’électrification financées par l’UE. Par ailleurs, les infrastructures de gestion des déchets bénéficient désormais à 2,5 millions de personnes. Un autre chantier majeur concerne la réhabilitation de la route nationale RN2, reliant Lomé à Aného jusqu’à la frontière avec le Bénin.

    L’ambition ne s’arrête pas là, puisque l’UE se dit prête à accompagner le pays dans une transition énergétique majeure, visant à accroître la production d’électricité de 18 % grâce aux énergies renouvelables. Ces projets ne sont pas uniquement techniques ; ils visent à garantir une paix sociale durable en offrant des services essentiels aux populations.

    Le Togo, pivot sécuritaire et diplomatique au Sahel

    Au-delà du développement, c’est sur le plan de la sécurité que le rôle du Togo s’avère crucial. Le pays accueille actuellement environ 60 000 réfugiés dans sa partie septentrionale, fuyant les troubles du Sahel. Bruxelles reconnaît également l’influence diplomatique de Lomé, qui agit comme médiateur dans les crises touchant le Sahel et la région des Grands Lacs.

    Face à la montée du terrorisme et aux changements de régimes dans les pays limitrophes, le Togo apparaît comme un rempart stratégique. En soutenant les forces de défense locales et en investissant dans la stabilité du pays, l’Union Européenne cherche à prévenir une extension de l’instabilité vers le Golfe de Guinée. Cette relation dépasse le cadre de l’aide classique pour devenir une véritable stratégie d’endiguement géopolitique.

  • Venance Konan et les dérives du panafricanisme contemporain

    Dans l’attente du verdict de la justice en Afrique du Sud concernant Kémi Séba, appréhendé mi-avril alors qu’il tentait de pénétrer illégalement au Zimbabwé, l’écrivain Venance Konan s’interroge sur la légitimité de l’activiste en tant que figure de proue du panafricanisme moderne. Avec plus d’un million et demi d’abonnés sur les réseaux sociaux, Kémi Séba soulève des questions de fond sur l’évolution et les multiples visages de ce mouvement historique.

    L’arrestation de l’activiste, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a révélé une alliance pour le moins surprenante. Le président de l’ONG « Urgences panafricanistes », détenteur d’un passeport diplomatique du Niger, voyageait en compagnie de son fils et de François Van der Merwe, un militant sud-africain prônant la suprématie blanche. Ce rapprochement entre un défenseur de la cause noire et un nostalgique de l’apartheid interpelle.

    Déchu de sa nationalité française en raison de ses positions radicales contre la France et le franc CFA, Kémi Séba est également sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par le Bénin. On l’accuse d’incitation à la révolte après avoir soutenu une tentative de coup d’État manquée.

    Kémi Séba devant la cour de Pretoria, le 20 avril.

    Entre influence russe et soutien aux régimes militaires

    Aux côtés de Franklin Nyamsi et Nathalie Yamb, Kémi Séba incarne une nouvelle vague de militants très actifs en Afrique francophone. S’ils s’opposent farouchement à l’influence française, ils se font parallèlement les relais de la propagande de la Russie. Leur soutien indéfectible aux dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Assimi Goïta au Mali, Ibrahim Traoré au Burkina Faso et Abdourahamane Tiani au Niger — pose question : le panafricanisme consiste-t-il à troquer une tutelle pour une autre, tout en validant des régimes hostiles à la démocratie ?

    À l’origine, le panafricanisme est une idéologie d’émancipation et d’unité, portée au début du 20e siècle par des intellectuels de la diaspora noire. Ce mouvement a galvanisé les luttes pour l’indépendance avec des leaders comme Kwame Nkrumah ou Patrice Lumumba. La Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) en fut également un moteur essentiel avant sa dissolution en 1980.

    D’un idéal d’unité aux fractures actuelles

    Malgré la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue l’Union africaine (UA) sous l’impulsion de Mouammar Kadhaffi, le rêve d’un État fédéral s’est heurté aux nationalismes locaux. Les conflits internes, les sécessions au Soudan ou en Érythrée, et la montée de la xénophobie envers les autres ressortissants africains, notamment en Afrique du Sud, montrent la fragilité de cette solidarité.

    Aujourd’hui, le label « panafricaniste » est utilisé par de nombreux partis politiques, comme le PPA-CI de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ou le PASTEF au Sénégal. Cependant, Venance Konan dénonce une forme de dévoiement. Pour lui, le discours porté par le trio SébaNyamsiYamb s’apparente à de l’opportunisme, surtout lorsqu’il s’accompagne d’un alignement sur les intérêts de puissances étrangères comme la Russie.

    En conclusion, l’auteur souligne que face aux prédateurs géopolitiques actuels, l’Afrique doit impérativement s’unir de manière sincère. Le panafricanisme ne doit plus être un slogan de façade ou un outil de propagande, mais une véritable urgence pour la survie et le développement du continent.

  • Venance Konan et les métamorphoses du panafricanisme moderne

    Venance Konan et les métamorphoses du panafricanisme moderne

    Alors que l’on attend le verdict de la justice en Afrique du Sud concernant Kémi Séba, interpellé en avril lors d’une tentative d’entrée illégale au Zimbabwe, l’écrivain Venance Konan s’interroge sur la légitimité de l’activiste en tant que figure de proue du panafricanisme actuel. Cette situation permet de revisiter les évolutions et les contradictions de ce mouvement historique.

    Quelle étrange alliance peut bien unir un militant panafricaniste noir et un défenseur de la suprématie blanche ? Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kémi Séba, citoyen du Bénin et porteur d’un passeport diplomatique du Niger, a été arrêté sur le sol sud-africain. Il était accompagné de son fils ainsi que de François Van der Merwe, un militant sud-africain nostalgique de l’époque de l’apartheid.

    À la tête de l’organisation « Urgences panafricanistes », Kémi Séba s’est illustré par ses diatribes contre la France, le franc CFA et ses propos antisémites, entraînant la perte de sa nationalité française. Selon les informations disponibles, il cherchait à rejoindre clandestinement le Zimbabwe avec l’aide de son compagnon de route suprémaciste, probablement pour rallier ensuite l’Europe. Parallèlement, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt au Bénin pour incitation à la révolte et apologie de crimes contre l’État, suite à son soutien affiché aux auteurs d’une tentative de coup d’État.

    Entre influence russe et régimes militaires

    Aux côtés de figures comme Franklin Nyamsi et Nathalie Yamb, Kémi Séba s’impose comme une voix dominante du panafricanisme francophone, farouchement opposée à l’influence française. Cependant, ce trio se distingue aussi par son rôle de relais pour la propagande de la Russie en Afrique et son appui indéfectible aux dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) : Assimi Goïta au Mali, Ibrahim Traoré au Burkina Faso et Abdourahamane Tiani au Niger. Ce nouveau visage du panafricanisme, qui délaisse la France pour s’aligner sur les intérêts russes tout en soutenant des régimes hostiles à la démocratie, soulève des interrogations sur la nature réelle du mouvement.

    Historiquement, le panafricanisme est né au début du siècle dernier au sein de l’intelligentsia noire d’Amérique et des Caraïbes. Il visait l’émancipation et l’unité des peuples africains, porté par des leaders comme Kwame Nkrumah au Ghana ou Patrice Lumumba au Congo. Ce courant a également animé la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), qui a lutté pour la décolonisation avant d’être dissoute en 1980.

    De l’idéal d’unité aux réalités nationalistes

    Si les indépendances des années 1960 semblaient marquer la victoire de cet idéal, elles ont rapidement laissé place à des nationalismes locaux. Malgré la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le continent a connu des fragmentations douloureuses, comme en Érythrée ou au Soudan. La tentative de Mouammar Kadhafi de transformer l’OUA en Union africaine (UA) en 2002 n’a pas suffi à briser ces barrières, et des initiatives comme le NEPAD semblent aujourd’hui tombées dans l’oubli.

    Aujourd’hui, le label « panafricaniste » est devenu un passage obligé pour tout responsable politique sur le continent. En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a lancé le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), tandis qu’au Sénégal, le parti au pouvoir, le PASTEF, revendique cette identité. Pourtant, la réalité est souvent marquée par des tensions fratricides, des conflits frontaliers ou des politiques xénophobes envers les autres ressortissants africains, notamment en Afrique du Sud.

    Un mouvement en quête de sincérité

    Que reste-t-il du panafricanisme originel derrière les discours virulents de Kémi Séba, Franklin Nyamsi et Nathalie Yamb ? S’ils se disent victimes de persécutions occidentales, leur proximité avec les intérêts de la Russie et leur soutien à des dictatures répressives interrogent. Peut-on parler de libération quand on change simplement de tutelle étrangère ?

    Des révélations récentes suggèrent même des liens entre certains de ces activistes et le pouvoir de Faure Gnassingbé. De plus, Kémi Séba aurait exprimé des regrets concernant la perte de sa nationalité française, un comble pour un leader anti-français. Face aux prédateurs mondiaux, l’Afrique doit impérativement s’unir, mais cette union nécessite un panafricanisme authentique, loin des postures opportunistes et des alliances douteuses.

  • Suspension de médias internationaux au Niger : quelles conséquences sur l’information ?

    Suspension de médias internationaux au Niger : quelles conséquences sur l’information ?

    Suspension de neuf médias internationaux au Niger : une décision controversée pour la liberté de la presse

    L’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger, dirigé par Ibrahim Manzo Diallo, a annoncé la suspension de neuf médias internationaux francophones et panafricains sur l’ensemble du territoire nigérien. Cette mesure, communiquée via la chaîne publique «Télé Sahel», s’appuie sur des arguments liés à la préservation de l’ordre public et à la cohésion nationale.

    Liste des médias suspendus par les autorités nigériennes

    • France 24
    • Radio France Internationale
    • Agence France-Presse
    • TV5Monde
    • TF1 Info
    • Jeune Afrique
    • Mediapart
    • France Afrique Média
    • LSI Africa

    Selon l’ONC, certains contenus diffusés par ces organes d’information seraient jugés «susceptibles de compromettre gravement l’ordre public, l’unité nationale et la stabilité des institutions» nigériennes. La suspension s’applique à tous les canaux de diffusion : satellites, réseaux câblés, sites internet, plateformes numériques et applications mobiles. Les autorités de Niamey semblent ainsi considérer l’espace médiatique comme un levier stratégique pour la sécurité nationale.

    Contexte sécuritaire à l’origine de cette décision

    Cette mesure restrictive intervient dans un contexte marqué par une intensification des menaces terroristes dans la région ouest du Niger, notamment près de Tillabéri, frontalière avec le Mali et le Burkina Faso. Depuis le 18 janvier 2026, des attaques attribuées à l’«État islamique au Sahel» (EIS) ont causé la mort de 31 civils, dont quatre enfants, ainsi que cinq combattants capturés. Face à cette dégradation de la situation sécuritaire, le gouvernement nigérien durcit son contrôle sur les flux d’information.

    Une stratégie de souveraineté informationnelle partagée par l’Alliance des États du Sahel

    La décision nigérienne s’inscrit dans une dynamique régionale, en lien avec les deux autres membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Mali et le Burkina Faso. Ces pays collaborent étroitement pour renforcer la régulation des médias et encadrer les flux d’information, perçus comme des enjeux de sécurité nationale. Les autorités de Niamey, tout comme celles de Bamako et Ouagadougou, accordent désormais une importance croissante à la maîtrise de l’information, au même titre que les politiques ou la diplomatie.

    Cette approche reflète une volonté de protéger la stabilité institutionnelle face à des défis multidimensionnels, incluant la menace terroriste et les pressions internationales. Cependant, elle soulève des interrogations sur l’équilibre entre sécurité nationale et liberté de la presse dans la région.

  • Sénégal : les gares de Dakar et Rufisque, gardiennes d’un patrimoine intemporel

    Sénégal : les gares de Dakar et Rufisque, gardiennes d’un patrimoine intemporel

    Malgré les profondes modernisations apportées par l’avènement du Train Express Régional (TER), l’essence même de ces infrastructures historiques est restée scrupuleusement préservée. Cette décision délibérée vise à sauvegarder et à mettre en valeur un patrimoine exceptionnel, désormais officiellement protégé au Sénégal.

    Érigée en 1914, la gare de Dakar a longtemps constitué le cœur névralgique du réseau ferroviaire Dakar-Niger. Bien avant l’indépendance, elle incarnait déjà le dynamisme économique et les flux commerciaux de l’ensemble de l’Afrique occidentale française. La gare de Rufisque partageait un destin similaire, se positionnant comme un carrefour stratégique pour le commerce de l’arachide, connectant le port aux régions intérieures du pays.

    Après des décennies de désuétude et le déclin du transport ferroviaire au profit de la route, ces deux édifices emblématiques ont connu une véritable renaissance grâce au projet TER, inauguré en 2019.

    Aujourd’hui encore, leurs murs imprégnés d’histoire exercent une fascination certaine sur les habitants, les voyageurs et les touristes. Pour beaucoup, elles représentent bien plus qu’une simple station : elles sont un héritage inestimable à transmettre aux générations futures.

    Pour Amadou Diallo, un résident de Dakar, la conservation de cette architecture d’origine est une nécessité absolue pour préserver la mémoire collective. Il les décrit comme un véritable livre d’histoire à ciel ouvert. «En maintenant l’architecture originale de la gare de Dakar, nous œuvrons à la sauvegarde d’un patrimoine. Comme vous le savez, l’UNESCO a reconnu et classé certaines infrastructures d’avant les indépendances, comme les gares de Dakar et de Rufisque, en tant que patrimoines historiques. C’est ce qui justifie leur aspect d’antan, et c’est une excellente chose pour nos enfants nés après les indépendances de comprendre que cette gare est un patrimoine.»

    Moustapha Fall partage cet avis. Cet habitué des lieux estime que la splendeur architecturale des gares constitue désormais une attraction touristique à part entière. Entre récit historique et esthétisme, ces bâtiments continuent de captiver les visiteurs. «Je trouve cela formidable, car ces constructions datent de l’époque coloniale. Bien qu’il y ait eu des réaménagements et des reconstructions ponctuelles, l’architecture fondamentale est préservée, ce qui nous renseigne sur le mode de vie et les techniques de construction de nos ancêtres. La gare est magnifique et hautement symbolique; de nombreuses personnes viennent ici simplement pour immortaliser l’instant en photo.»

    Classées parmi les monuments historiques du Sénégal, les gares de Dakar et de Rufisque incarnent désormais un dialogue harmonieux entre le passé et la modernité. Le quartier historique du Vieux Rufisque figure même, depuis 2005, sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO, témoignant de la valeur urbaine et architecturale exceptionnelle de ce site.

    Victor Hugo Manga, un voyageur, souligne que cette démarche de conservation est cruciale pour maintenir un lien solide entre les générations passées et actuelles, particulièrement dans un contexte de modernisation rapide des infrastructures. «Tous ceux qui passent ici quotidiennement, qu’ils soient résidents ou étrangers, découvrent ce joyau ancestral et peuvent s’interroger sur son histoire. Aujourd’hui, avec l’arrivée du TER, c’est une excellente initiative de préserver ce pan de notre histoire pour permettre aux enfants et aux écoliers de comprendre comment vivaient leurs grands-parents et de mesurer toute l’évolution accomplie.»

    Entre l’efficacité moderne du TER et le charme intemporel de ces bâtisses séculaires, les gares de Dakar et de Rufisque continuent ainsi de traverser les époques sans jamais perdre leur identité profonde. Au-delà de simples points de départ ou d’arrivée, elles demeurent les gardiennes silencieuses d’une mémoire collective que le Sénégal s’engage à ne pas laisser s’éteindre.

  • Coopération énergétique : Sonelgaz lance le projet d’une centrale de 40 MW au Tchad

    Coopération énergétique : Sonelgaz lance le projet d’une centrale de 40 MW au Tchad

    Une délégation d’experts du groupe Sonelgaz s’est rendue à N’Djamena afin d’amorcer les préparatifs techniques pour la construction d’une nouvelle infrastructure de production d’électricité. Ce projet d’envergure, d’une capacité de 40 MW, marque une étape clé dans le renforcement des capacités énergétiques du Tchad.

    Un partenariat stratégique entre l’Algérie et le Tchad

    Cette initiative répond aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui prône une accélération de la coopération Sud-Sud et une intégration économique africaine accrue. Ce projet fait directement suite à la visite officielle effectuée en Algérie par le chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, en avril dernier.

    La mission algérienne, pilotée par Yazid Djellouli, Président-directeur général de Sonelgaz-International, a été accueillie par la direction générale de la société Tchad-Elec. Des rencontres diplomatiques et ministérielles ont également eu lieu, notamment avec Tahir Hamid Nguilin, ministre d’État chargé des Finances et de l’Économie, ainsi que Passalé Kanabé Marcelin, ministre de l’Eau et de l’Énergie du Tchad. Ces échanges soulignent la dimension hautement stratégique de cette collaboration bilatérale.

    Expertise technique et déploiement sur le terrain

    Les séances de travail entre les équipes de Sonelgaz et de Tchad-Elec ont permis de définir les contours réglementaires et techniques de l’opération. Une feuille de route précise a été établie pour coordonner les interventions sur le site devant accueillir la centrale de 40 MW.

    • Évaluation approfondie des infrastructures locales disponibles.
    • Analyse des modalités de raccordement au réseau électrique national du Tchad.
    • Vérification de la conformité aux standards technologiques internationaux.

    Au-delà de la simple construction, Sonelgaz s’engage dans une démarche de transfert de savoir-faire. L’objectif est d’accompagner les partenaires tchadiens par le biais de solutions énergétiques concrètes et durables, consolidant ainsi l’influence de l’expertise algérienne sur le continent africain.

  • Maroc 2026 : les jeunes aigles du Mali débarquent à rabiat pour la can u17

    Maroc 2026 : les jeunes aigles du Mali débarquent à rabiat pour la can u17

    La délégation des Aiglonnets du Mali a posé ses valises à Rabat pour préparer la phase finale de la CAN U17 Maroc 2026. Après une semaine de stage intensif à Casablanca du 4 au 10 mai, l’équipe nationale des moins de 17 ans a entamé son périple vers la capitale marocaine.

    Un accueil chaleureux et des préparatifs en cours à Rabat

    Dès leur arrivée, les jeunes joueurs maliens ont pris leurs quartiers dans un hôtel de Rabat, où ils ont entamé les ultimes préparatifs avant le coup d’envoi de la compétition. Les membres de la délégation ont également participé à une réunion d’accueil organisée par la CAF, l’instance dirigeante du football africain. Cet échange a permis de passer en revue le règlement de la compétition et de clarifier les dernières directives pour les équipes engagées.

    Équipe U17 du Mali à Rabat pour la CAN 2026

    Objectif : briller lors de la CAN U17 Maroc 2026

    Les Aiglonnets, déterminés à représenter fièrement leur pays, multiplient les efforts pour se préparer au mieux à cette compétition d’envergure. Avec des yeux rivés sur les performances attendues, l’équipe malienne mise sur ses jeunes talents pour réaliser un parcours mémorable au Maroc. Les supporters sont invités à suivre avec attention les prochains résultats et les exploits de cette génération prometteuse.

    À ne pas manquer : Mali U17 : la quête du troisième titre continental, un défi pour toute une nation