Auteur/autrice : nigeractu

  • Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Gros plan sur Fernando Dias portant un chapeau rouge

    Quelques jours après qu’un coup d’État a interrompu l’annonce des résultats électoraux en Guinée-Bissau, le Nigeria a officiellement octroyé l’asile à Fernando Dias da Costa, l’un des candidats à la présidence.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères a confirmé que le candidat du Parti pour le renouveau social, âgé de 47 ans, bénéficiait déjà d’une protection spéciale au sein de l’ambassade du Nigeria en raison de « menaces proférées à son encontre ».

    M. Dias était le principal concurrent d’Umaro Sissoco Embaló, qui visait un second mandat présidentiel. Ce dernier a d’ailleurs quitté le pays après le putsch militaire.

    Face à cette situation, une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est rendue sur place pour presser les militaires de se retirer du pouvoir et de permettre la publication des résultats du scrutin.

    Lors de l’élection présidentielle du 23 novembre, MM. Embaló et Dias avaient tous deux proclamé leur victoire. Il est à noter que le PAIGC, mouvement historique de libération qui a mis fin à la domination coloniale portugaise, n’a pas pu présenter de candidat.

    Le coup d’État est survenu trois jours seulement après le vote. L’armée a suspendu le processus électoral et bloqué la diffusion des résultats, affirmant agir pour contrecarrer un complot visant à déstabiliser ce pays déjà marqué par une forte instabilité politique.

    La junte a par ailleurs imposé des restrictions sévères, interdisant toute manifestation et « toutes les actions perturbant la paix et la stabilité dans le pays ».

    La tension reste palpable à Bissau, la capitale. Le PAIGC a dénoncé une « invasion illégale de son siège par des milices lourdement armées » suite au coup de force. Son dirigeant, Domingos Pereira, a été arrêté le jour même du putsch, selon des informations de sa famille et de son parti.

    Fernando Dias a raconté avoir dû fuir son quartier général de campagne le jour du coup d’État, alors que des hommes armés venaient pour l’appréhender.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a précisé que le président Bola Tinubu avait personnellement approuvé la protection de M. Dias à l’ambassade du Nigeria à Bissau.

    « La décision d’accueillir M. [Fernando Dias] da Costa dans les locaux nigérians souligne notre ferme engagement à protéger les aspirations démocratiques et la volonté souveraine du bon peuple de Guinée-Bissau », a écrit M. Tuggar dans une lettre adressée à Alieu Omar Touray, président de la Commission de la CEDEAO.

    Cette même lettre demandait le déploiement de soldats d’une unité de la CEDEAO déjà présente dans le pays pour renforcer la sécurité de M. Dias à l’ambassade.

    Les pourparlers de médiation menés lundi entre la délégation de la CEDEAO, dirigée par le ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, Alhaji Musa Timothy Kabba, et la junte se sont avérés tendus. Bien que M. Kabba ait qualifié les discussions de « productives », il a reconnu que « les deux parties avaient exprimé leurs préoccupations ».

    La junte a rapidement fait prêter serment à un nouveau dirigeant de transition, le général Horta N’Tam, qui est censé diriger le pays pendant une année. En réponse, les dirigeants de la CEDEAO ont suspendu la Guinée-Bissau de tous leurs organes décisionnels jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

    Les véritables motivations derrière ce coup d’État demeurent obscures, et certains soupçonnent une mise en scène. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko ainsi que l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan ont tous deux suggéré, sans fournir de preuves, que le coup d’État était une fabrication.

    Des organisations de la société civile locale ont également accusé Umaro Sissoco Embaló d’avoir orchestré un « coup d’État simulé » avec le soutien de l’armée. Selon elles, il s’agirait d’une manœuvre pour empêcher la publication des résultats électoraux en cas de défaite.

    M. Embaló, déjà critiqué par le passé pour avoir instrumentalisé des crises afin de réprimer l’opposition, n’a pas réagi à ces accusations. L’homme de 53 ans a été autorisé à se rendre au Sénégal voisin jeudi, d’où il aurait voyagé vers le Congo-Brazzaville durant le week-end.

    La Guinée-Bissau a une histoire marquée par l’instabilité, avec au moins neuf coups d’État ou tentatives de putsch au cours des cinquante dernières années. Ce pays, situé entre le Sénégal et la Guinée, est également considéré comme une plaque tournante du trafic de drogue, où l’armée conserve une influence considérable depuis l’indépendance du Portugal en 1974.

  • L’Afrique entre coups d’État et résistance démocratique

    L’Afrique entre coups d’État et résistance démocratique

    Une nouvelle vague de putschs déstabilise le continent africain. Depuis 2020, on dénombre près de dix prises de pouvoir par la force. Le cas le plus récent concerne la Guinée-Bissau, une nation lusophone marquée par une grande pauvreté, où un groupe d’officiers a pris le contrôle mercredi dernier pour une période de transition annoncée d’un an. Ce scénario, devenu tristement classique, a entraîné le blocage des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre.

    Le président évincé, Umaro Sissoco Embalo, se serait exilé au Congo-Brazzaville. De son côté, le leader de l’opposition, Fernando Dias da Costa, revendique la victoire et dénonce une mise en scène. Selon lui, ce coup d’État serait une manœuvre orchestrée par les proches du président sortant pour éviter de reconnaître une défaite électorale, les sondages créditant Dias da Costa de plus de 60 % des intentions de vote.

    Le Sahel sous l’emprise des juntes militaires

    Le Mali a relancé cette tendance en 2020 et 2021 sous l’impulsion du colonel Goïta. Aujourd’hui, quatre pays d’Afrique de l’Ouest — le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger — sont dirigés par des militaires. En ce qui concerne le Niger actualité, le pays a vu ses autorités élues être chassées au profit d’une junte. Cette politique nigérienne a conduit au renvoi des troupes françaises, parfois remplacées par les mercenaires russes d’Africa Corps (anciennement Wagner).

    L’actu Niger et la situation chez ses voisins sont étroitement liées à la lutte contre les insurrections djihadistes affiliées à al-Qaïda ou à l’État islamique. Au Mali, la menace est telle que certaines régions hors de Bamako subissent l’imposition d’un ordre moral strict. Les Niger nouvelles et les rapports régionaux soulignent la persistance de ce défi sécuritaire malgré les changements de régime.

    Des dynasties vacillantes et des dirigeants inamovibles

    Au Tchad, Mahamat Idriss Déby a succédé à son père après le décès de ce dernier en 2021. Au Gabon, le renversement d’Ali Bongo en 2023 a mis fin à une dynastie familiale de plusieurs décennies, bien que le général Brice Oligui Nguema semble désormais s’installer durablement au pouvoir. À Madagascar, la fuite d’Andry Rajoelina sous la pression de la jeunesse a également laissé la place à une administration militaire.

    Parallèlement, des figures historiques continuent de régner sans partage : Teodoro Obiang en Guinée équatoriale depuis 1979, Paul Biya au Cameroun depuis 1984, ou encore Paul Kagame au Rwanda, réélu avec 99 % des suffrages. Dans ces pays, le processus électoral est souvent perçu comme une simple formalité sans réel pluralisme.

    Des signaux d’espoir pour la démocratie en Afrique

    Malgré ce sombre bilan, la démocratie n’a pas dit son dernier mot. Une étude récente de l’Istituto Studi di politica internazionale souligne la résilience de certains États. En 2024, des élections libres ont permis de véritables alternances au Sénégal, au Botswana, au Cap-Vert et au Ghana. Ces nations maintiennent une presse libre et une société civile active. En Afrique du Sud, l’ANC est désormais contraint de partager le pouvoir, signe d’une maturité démocratique croissante.

    La jeunesse africaine, qui constitue la grande majorité de la population, s’organise pour contester l’autoritarisme et la corruption. Alors que l’Occident traverse une crise de confiance envers ses propres institutions libérales, les mouvements citoyens en Afrique continuent de se battre pour un avenir choisi et non imposé.

  • « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

    « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

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    « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est interrogé au Sénat, mercredi 26 novembre, sur la situation au Mali, où la pression des groupes djihadistes est croissante sur Bamako.
  • Un nouvel afflux de déplacés dans l’ouest du Niger, la commune de Téra saturée

    Un nouvel afflux de déplacés dans l’ouest du Niger, la commune de Téra saturée

    Un mouvement de population d’une ampleur inédite est observé, d’après de nombreuses sources locales. La commune de Téra, située dans la région occidentale du Niger, est actuellement submergée par l’arrivée massive de personnes déplacées. Ces nouveaux arrivants, originaires de villages du sud du département, se sont installés en ville et dans ses environs depuis la fin du mois dernier.

    Le village de Diagourou est en cours de désertion par ses habitants. Plusieurs témoignages concordent pour affirmer que des membres du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) ont enjoint les populations d’une trentaine de localités à quitter leurs foyers. Diagourou se trouve à une dizaine de kilomètres de Téra, une ville-garnison qui héberge la zone de défense numéro 9. Cette zone, située sur la rive droite du fleuve Niger, est particulièrement exposée aux activités du Jnim et de l’État islamique au Sahel (EIS), dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger).

    Des conditions de vie extrêmement difficiles pour les déplacés

    Les récits recueillis auprès des personnes concernées décrivent des conditions de vie très précaires pour les déplacés à Téra. De nombreuses familles, incluant femmes et enfants, se retrouvent sans abri, contraintes de vivre en plein air, sur des terrains inoccupés ou accueillies par des familles d’accueil déjà en difficulté.

    À ce jour, il n’existe pas de chiffres précis concernant ces récentes vagues de déplacement. Néanmoins, les villages de la commune de Diagourou comptent des milliers d’habitants, ce qui suggère un nombre conséquent de personnes affectées.

  • Le Burkina Faso reçoit un appui majeur pour son capital humain

    Le Burkina Faso reçoit un appui majeur pour son capital humain

    Une collaboration fructueuse entre le Gouvernement du Burkina Faso et la Banque mondiale se concrétise par la signature d’un accord de crédit. Ce financement additionnel, d’un montant de 100,4 millions de dollars, est spécifiquement alloué au Projet de protection du capital humain. Il vise à garantir la pérennité des services sociaux essentiels à travers le Burkina Faso, un pilier fondamental pour le développement.

    Ces fonds stratégiques sont destinés à des initiatives clés : la consolidation de la gratuité des services de santé pour les femmes et les jeunes enfants, l’intensification des campagnes de vaccination régulières, l’organisation rigoureuse des examens nationaux, et le soutien indispensable à la formation des professionnels de l’enseignement. Ces actions sont cruciales pour préserver et valoriser le capital humain, tout en offrant une protection vitale aux segments les plus fragiles de la population burkinabè.

    Lancé en septembre 2024, le projet a déjà démontré son efficacité par des réalisations probantes. Dans le domaine de la santé, il a facilité plus de 16 millions de consultations médicales gratuites pour les femmes et les enfants de moins de cinq ans. De plus, 1,13 million d’enfants ont bénéficié de la vaccination, un succès majeur. L’amélioration du taux de remboursement des frais de soins gratuits, passant de 75 % en 2023 à 82 % fin 2024, témoigne également de la bonne gestion du dispositif.

    Concernant le secteur éducatif, le projet a joué un rôle déterminant. Il a notamment permis l’organisation de neuf sessions d’examens nationaux, enregistrant un excellent taux de participation de 98 %. La certification de 99,8 % des enseignants souligne l’engagement envers la qualité de l’enseignement, complétée par la distribution de 69 000 kits pédagogiques, essentiels au processus d’apprentissage.

    Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, a souligné l’importance cruciale de cette initiative : « L’impact du capital humain sur le développement national est indéniable. Ce financement supplémentaire viendra incontestablement amplifier les actions du Gouvernement visant à protéger et à optimiser ce capital. C’est un facteur primordial pour la croissance économique et l’avancement social du Burkina Faso. »

    Soutenu par l’Association internationale de développement (IDA), le Projet de protection du capital humain s’intègre parfaitement dans la stratégie régionale de la Banque mondiale, dédiée à l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour la période 2021-2025. Cette stratégie vise à consolider les institutions fondamentales pour la fourniture de services. Il est également en parfaite adéquation avec le Cadre de partenariat-pays spécifique au Burkina Faso.

    Ousmane Deme, spécialiste principal du secteur public, et Daniel Pajank, économiste senior, tous deux responsables du projet à la Banque mondiale, ont insisté sur l’importance de ce soutien : « Cet apport financier additionnel est essentiel pour renforcer les progrès réalisés dans les domaines de la santé et de l’éducation, particulièrement fragilisés par la situation sécuritaire. Il garantira que toutes les populations, y compris les personnes déplacées à l’intérieur du pays, puissent continuer à jouir d’un accès amélioré aux services sociaux fondamentaux. »

  • Champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    Champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    Un agriculteur délimite sa parcelle lors d'un champ école paysan au Tchad.

    Dans la région du Guéra, au Tchad, les agriculteurs-maraîchers bénéficient d’un accompagnement innovant : les champs écoles paysans (CEP). Ces programmes visent à transmettre des méthodes durables de gestion des sols et à encourager la diversification des cultures. Après plusieurs années de mise en œuvre, les résultats sont remarquables : une hausse significative de la production agricole et une meilleure sécurité alimentaire pour les communautés locales.

    Le projet Nachbo, dont le nom signifie « nous serons rassasiés » en arabe, incarne cette dynamique. Porté par l’ONG SOS Sahel, il s’appuie sur le concept des CEP pour enseigner aux producteurs des techniques culturales adaptées à leurs besoins. L’objectif ? Renforcer leur productivité tout en luttant contre l’insécurité alimentaire. Un cycle complet en champ école s’étend sur environ cinq mois, de janvier à juin, période alignée avec le début des pluies.

    comment les champs écoles paysans transforment l’agriculture tchadienne

    Les CEP ne se contentent pas d’enseigner des pratiques agricoles : ils représentent une stratégie d’adaptation face aux défis posés par le changement climatique. En intégrant des itinéraires techniques personnalisés, les agriculteurs améliorent leur résilience et optimisent leurs rendements. Voici les principaux bénéfices observés :

    • amélioration des techniques culturales : rotation des cultures, gestion durable des sols et utilisation rationnelle des ressources en eau ;
    • diversification des cultures : introduction de nouvelles variétés plus résistantes aux aléas climatiques ;
    • renforcement des capacités locales : formation des producteurs et des animateurs communautaires ;
    • impact positif sur la sécurité alimentaire : augmentation des récoltes et meilleure autonomie des villages.

    le rôle clé des acteurs locaux et des partenaires

    Pour réussir, le projet Nachbo s’appuie sur une collaboration étroite entre différents acteurs :

    • Etienne Djedangombaye, directeur pays de SOS Sahel au Tchad, supervise la mise en œuvre du programme et garantit son alignement avec les besoins des agriculteurs ;
    • Younous Mahadjir, animateur communautaire pour l’ONG Nagdaro (basée à Bitkine, dans le Guéra), joue un rôle central dans l’accompagnement des producteurs sur le terrain ;
    • des radios locales, comme la voix de l’Ouham en République centrafricaine, assurent la diffusion des bonnes pratiques auprès d’un public plus large.

    un modèle reproductible pour d’autres régions

    Les succès enregistrés dans le Guéra prouvent que les champs écoles paysans peuvent être un levier puissant pour l’agriculture africaine. En combinant savoir-faire local et innovations adaptées, ce modèle offre des solutions concrètes aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique. Une initiative inspirante à suivre de près !

    Younous Mahadjir, animateur communautaire, dans un champ école paysan au Tchad.
  • Campagne intégrée de vaccination contre la Méningite et la Fièvre Typhoïde au Niger. – Agence Nigérienne de Presse

    Campagne intégrée de vaccination contre la Méningite et la Fièvre Typhoïde au Niger. – Agence Nigérienne de Presse

    Première récolte de la Ferme Agro-pastorale de l’Université de Diffa: une initiative « Cultivons notre autonomie » et financée par le Projet PROLAC.
  • Tchad : l’inaction de l’état face aux affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs

    Tchad : l’inaction de l’état face aux affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs

    Un nouveau rapport d’Amnesty International pointe du doigt la défaillance des autorités du Tchad dans la protection des populations civiles lors des conflits armés entre pasteurs et cultivateurs. L’organisation souligne également l’absence de garanties concernant le droit à la justice et aux réparations pour les victimes.

    L’étude intitulée « Vivre de la terre et mourir pour elle » analyse sept séquences de violences survenues dans quatre provinces tchadiennes entre 2022 et 2024. Ces heurts, intensifiés par les dérèglements climatiques, ont causé la mort de 98 personnes et fait plus d’une centaine de blessés. Des centaines de foyers se retrouvent aujourd’hui sans ressources ni logement. Selon les Nations unies, ces tensions communautaires ont fait des milliers de victimes ces dernières années, un constat qui résonne avec les défis de sécurité que l’on retrouve souvent dans le Niger actualité.

    Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, déplore une réaction souvent trop tardive des forces de l’ordre. Elle souligne que l’impunité dont bénéficient les auteurs de meurtres et de pillages renforce le sentiment d’abandon au sein des communautés locales. Cette situation rappelle les enjeux de stabilité régionale souvent abordés dans la politique nigérienne et sahélienne.

    L’impact de la crise climatique sur les tensions rurales

    Le rapport documente des événements tragiques, comme à Sandana, dans le Moyen-Chari, où des intrusions de bétail ont mené à des tueries en 2019 et 2022. Plus récemment, en août 2024, le village de Pala Koudja, dans le Logone Occidental, a été le théâtre d’affrontements mortels suivis de l’incendie de plus de 50 habitations par des assaillants non identifiés.

    Ces cycles de violence sont alimentés par une compétition féroce pour les ressources naturelles. Le réchauffement climatique pousse les éleveurs du centre du pays à migrer vers le sud, créant des frictions avec les agriculteurs locaux qui cherchent à protéger ou étendre leurs cultures. Comme pour le Niger économie, la gestion des terres et de l’eau devient un facteur de crise majeur.

    L’urgence est de mettre en place des solutions pérennes respectant les droits humains, car le changement climatique ne fera qu’aggraver ces confrontations.

    Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

    Une gestion de crise jugée inefficace par les populations

    Malgré une augmentation des budgets alloués à la sécurité, les interventions restent lentes. Un responsable communautaire du Logone Oriental témoigne avoir alerté les autorités locales dès 2014, sans succès, avant qu’une attaque massive ne fasse 18 morts en 2023. Pour protester contre ce silence, les habitants avaient alors exposé les dépouilles sur la voie publique.

    Le rapport dénonce également un manque de neutralité de certains administrateurs locaux. Certains posséderaient du bétail confié à des éleveurs armés, ce qui entrave la résolution impartiale des litiges. Ces problématiques de gouvernance locale sont des sujets récurrents dans l’actu Niger et les pays limitrophes.

    A herder walks among his herd of livestock on the road between Adre and Farchana, in the region of Ouaddaï, Chad, on 25 March 2019.

    La nécessité de réformes en profondeur

    L’impunité demeure la règle : sur les sept crises majeures étudiées, seules trois ont débouché sur des procès. Amnesty International rappelle que le Tchad a l’obligation internationale de sécuriser son territoire et de poursuivre les coupables.

    Pour briser ce cycle, l’organisation préconise un désarmement effectif, un cadre légal clair pour la transhumance et une revitalisation des comités de médiation. Ces mesures de stabilisation sont essentielles pour l’avenir de la région, tout comme les réformes suivies de près dans les Niger nouvelles ou à Niamey actualité.

    Méthodologie du rapport

    Cette enquête repose sur des entretiens menés avec 110 personnes, incluant de nombreuses victimes, dans 14 villages du sud du Tchad. Bien que les conclusions aient été transmises au gouvernement tchadien en juin 2025, aucune réponse officielle n’a été communiquée à ce jour.

  • Mali : massacre de civils par l’armée et des miliciens dans le centre du pays

    Mali : massacre de civils par l’armée et des miliciens dans le centre du pays

    Violences dans la région de Ségou : l’armée et les milices dozos accusées de meurtres ciblés

    Des massacres de civils ont été perpétrés les 2 et 13 octobre dans deux villages de la région de Ségou, au Mali. Selon les investigations menées par une organisation internationale, l’armée malienne et des milices alliées, dont les dozos, seraient responsables de ces exactions ayant fait au moins 31 morts et des destructions importantes de biens.

    Des attaques ciblées contre des villages sous influence djihadiste

    Le 2 octobre, des soldats maliens accompagnés de miliciens dozos ont pris d’assaut le village de Kamona. Les assaillants, équipés de véhicules blindés et de pick-ups, ont exécuté sommairement au moins 21 hommes avant d’incendier une dizaine d’habitations. Les survivants ont rapporté que ces violences s’inscrivaient dans une logique de représailles contre des accusations de collaboration avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

    Quinze jours plus tard, le 13 octobre, une opération similaire a visé le village de Balle, situé à environ 55 kilomètres de Kamona. Neuf hommes et une femme ont été tués, tandis que plus de 100 têtes de bétail ont été volées. Les témoins ont décrit des scènes de violence extrême, avec des corps criblés de balles et des habitations réduites en cendres.

    Des accusations de crimes de guerre et des appels à la justice

    Une organisation de défense des droits humains a dénoncé ces actes, soulignant l’absence de distinction entre civils et combattants présumés. « Les autorités maliennes doivent diligenter une enquête transparente et impartiale pour faire la lumière sur ces atrocités et sanctionner les responsables », a déclaré une responsable de cette ONG. Les investigations menées par l’organisation incluent des entretiens avec des survivants, des chefs communautaires et des journalistes.

    Les dozos, miliciens traditionnels principalement issus de l’ethnie bambara, agissent en soutien à l’armée depuis une décennie. Leur présence, couplée à celle des forces régulières, a été identifiée par les victimes grâce à leurs tenues distinctives : camouflage militaire pour les soldats et vêtements traditionnels avec amulettes pour les miliciens.

    Un contexte de tensions accrues dans le centre du Mali

    Ces massacres surviennent dans un contexte de crise sécuritaire exacerbée par les offensives du GSIM, qui multiplie les attaques contre les forces de sécurité et les infrastructures civiles. En août, une usine sucrière stratégique avait notamment été visée, illustrant l’ampleur des hostilités dans la région.

    Les habitants de Balle ont expliqué vivre sous le contrôle du GSIM depuis des années, payant une taxe islamique et réglant leurs litiges via les djihadistes. « L’armée ne fait pas la différence entre nous et les terroristes », a témoigné un villageois, dénonçant une stigmatisation généralisée des populations locales.

    Un conflit aux conséquences humanitaires dramatiques

    Depuis 2012, le conflit au Mali a causé la mort de milliers de civils et déplacé plus de 400 000 personnes. Les deux camps, forces armées maliennes et groupes djihadistes, sont régulièrement pointés du doigt pour des violations graves du droit international humanitaire. L’article 3 commun aux Conventions de Genève interdit notamment les attaques contre les civils et les traitements cruels.

    Malgré le retrait du Mali de la Cour pénale internationale (CPI) en 2025, le pays reste sous juridiction de cette institution jusqu’en 2026. Une enquête sur les crimes de guerre présumés commis depuis 2012 y est toujours en cours.

    Des réactions internationales timides face à l’escalade

    L’Union africaine (UA) est critiquée pour son inaction face à l’aggravation de la crise. Une responsable de l’ONG a appelé le Conseil de paix et de sécurité de l’UA à prioriser ce dossier, réclamant des mesures diplomatiques renforcées et une coordination internationale pour lutter contre l’impunité.

  • Liberté de la presse au Niger : six journalistes devant la justice après une arrestation arbitraire

    Liberté de la presse au Niger : six journalistes devant la justice après une arrestation arbitraire

    Arrestations de journalistes au Niger : une atteinte directe à la liberté de la presse

    Le 2 novembre 2025, la police judiciaire de Niamey a procédé à l’arrestation de six professionnels des médias, marquant une nouvelle étape dans le recul des libertés fondamentales au Niger. Parmi eux, trois journalistes ont été placés en détention arbitraire, suscitant une vague de condamnations internationales. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), via l’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, dénoncent avec fermeté cette violation flagrante de la liberté de la presse et exigent leur libération immédiate et sans conditions.

    Une inculpation contestée et des peines lourdes

    Les six journalistes concernés – Moussa Kaka, Abdoul Aziz Idé, Ibro Chaibou, Youssouf Seriba, Oumarou Kané et Souleymane Brah – ont été inculpés de « complicité dans la diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public », selon l’article 31 de la loi sur la cybercriminalité (modifiée en 2024 par l’ordonnance 2024-28). Ces charges, passibles de deux à cinq ans de prison, reposent sur la publication et le débat autour d’une invitation diffusée sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, liée à une conférence organisée par le Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP).

    Trois d’entre eux – Ibro Chaibou, Youssouf Seriba et Oumarou Kané – ont été incarcérés à la prison de Kollo, à 50 km de Niamey, tandis que les trois autres ont été libérés sous caution, bien que les charges contre eux persistent.

    Un contexte politique tendu et des précédents inquiétants

    Ces arrestations s’inscrivent dans un climat de répression accrue depuis le coup d’État de juillet 2023, qui a restreint drastiquement l’espace civique. Plusieurs défenseur·es des droits humains et journalistes ont déjà été victimes d’arrestations arbitraires, comme Moussa Tchangari, détenu depuis près d’un an, ou encore les journalistes de Sahara FM (Hamid Mahmoud, Mahaman Sani et Massaouda Jaharou), toujours emprisonnés pour avoir relayé une information jugée sensible. Moussa Kaka, déjà poursuivi en 2007 sous un régime précédent, voit son histoire se répéter, avec la fermeture de RFI Niger en 2023.

    L’Observatoire rappelle que la simple diffusion d’une invitation ou l’organisation d’un débat ne saurait constituer une infraction. Selon lui, ces poursuites visent à intimider la presse et à étouffer toute voix dissidente, en violation de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de l’article 9 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.

    Des appels à l’abandon des charges et à la révision de la loi

    L’Observatoire exige la libération sans délai des journalistes encore détenus – Ibro Chaibou, Youssouf Seriba, Oumarou Kané, Hamid Mahmoud et Mahaman Sani – ainsi que l’abandon de toutes les charges contre l’ensemble des professionnels visés. Il appelle également à une révision urgente de la loi sur la cybercriminalité, dont les dispositions actuelles permettent des interprétations abusives, notamment pour museler les critiques du pouvoir. En 2024, une ordonnance a rétabli des peines de prison pour des infractions comme la diffamation ou la diffusion d’informations jugées « troublantes », une mesure jugée dangereuse pour les défenseur·es des droits humains.

    Le Niger, sous la pression internationale, doit garantir le respect de la liberté de la presse et mettre fin à ces pratiques arbitraires.

  • Mali : la crise du carburant asphyxie les opérations humanitaires

    Mali : la crise du carburant asphyxie les opérations humanitaires

    Mali : la crise du carburant asphyxie les opérations humanitaires

    Aide humanitaire

    Une pénurie aiguë de carburant provoquée par un blocus djihadiste sur plusieurs axes routiers stratégiques nourrit la crise humanitaire au Mali. Une situation qui bouleverse la vie quotidienne des habitants et paralyse les opérations onusiennes dans un pays déjà miné par la faim et l’insécurité.

    Selon le bureau de l’ONU en charge des affaires humanitaires (OCHA), les difficultés d’approvisionnement en carburant ont fortement ralenti les interventions dans plusieurs régions du centre et du sud du pays, notamment autour de Ségou, San, Koutiala, Mopti et Bandiagara. Ces zones charnières relient la capitale Bamako au nord du Mali, en proie à l’insécurité.

    Plusieurs partenaires humanitaires ont dû réduire leurs missions de terrain, limitant les cliniques mobiles à un rayon d’environ dix kilomètres autour de leurs bases. Les restrictions de mouvement, les braquages et les contrôles irréguliers ont conduit à la suspension temporaire de certaines opérations.

    Depuis septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, bloque notamment les importations de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, par où transitent la plupart des biens importés dans ce pays enclavé d’Afrique de l’Ouest. Le blocus affecte désormais Bamako et la majorité des régions du pays, plongeant les populations dans une crise énergétique et alimentaire.

    Léré coupée du monde

    Dans la région de Tombouctou, au nord-ouest du pays, la ville de Léré, proche de la frontière mauritanienne, est soumise depuis le 27 octobre à une restriction d’accès imposée par des groupes armés.

    « Cette nouvelle mesure a provoqué des déplacements de populations vers des zones plus sûres », indique l’OCHA dans un rapport sur l’accès humanitaire au Mali pour le mois d’octobre, précisant que « hormis les acteurs humanitaires déjà présents dans la ville […], aucun acteur humanitaire ou organisation humanitaire n’a accès à la localité ».

    Selon le rapport, une cinquantaine d’incidents d’accès ont été recensés dans le pays, soit une hausse de 13 % par rapport à septembre. Les engins explosifs demeurent la principale menace, avec 28 cas signalés. Trois attaques directes contre des humanitaires ont été rapportées, et neuf enlèvements ont été enregistrés, principalement dans les régions de Ségou, au centre du pays, et de Gao, dans le nord.

    À Douentza, deux agents humanitaires ont perdu la vie dans le chavirement d’une pinasse sur le fleuve Niger, près du village de Kagnimé. « Ces violences compromettent la sécurité du personnel et ralentissent les opérations sur le terrain », souligne le rapport de l’OCHA, ajoutant que « le contexte reste relativement imprévisible » et que « les contraintes logistiques, notamment liées au carburant et autres facteurs physiques, accentuent les défis d’accès aux populations dans le besoin ».

    Un climat de répression 

    Cette crise s’inscrit dans un contexte politique de plus en plus répressif. Depuis l’arrivée de la junte au pouvoir en 2020, le général Assimi Goïta a consolidé son emprise sur l’appareil d’État, suspendant indéfiniment les élections présidentielles et dissolvant en mai 2025 tous les partis politiques. En juillet, une loi lui a donné la possibilité de prolonger son mandat « autant de fois que nécessaire, jusqu’à la pacification du pays ».

    Le chef des droits humains à l’ONU, Volker Türk, a depuis dénoncé « la fermeture de la porte à toute élection démocratique au Mali dans un avenir prévisible » et une « instrumentalisation de la loi contre l’expression de la dissidence ». Les arrestations d’opposants et de simples citoyens se sont multipliées, à l’image de l’ancien Premier ministre Moussa Mara, arrêté en août, puis condamné à une peine de prison pour « atteinte à la crédibilité de l’État ».

    Cette évolution s’accompagne d’une recrudescence des violences armées. Les attaques des groupes djihadistes du GSIM et de la branche locale de Daech continuent de frapper le centre et le nord du pays, notamment à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger. Depuis le mois d’avril, le bureau de Volker Türk fait état de « centaines d’exécutions extrajudiciaires, d’arrestations et de détentions arbitraires, de disparitions forcées et d’autres enlèvements commis par toutes les parties au conflit ».

    À cela s’ajoute à la crise humanitaire dans un pays où 6,4 millions de personnes ont besoin d’aide, dont 3,5 millions d’enfants, selon l’OCHA. Le Mali compte plus de 400 000 déplacés internes et 335 000 réfugiés dans les pays voisins. Selon un rapport de l’ONU publié mercredi sur l’insécurité alimentaire dans le monde, le Mali figure parmi les six crises alimentaires les plus graves de la planète, aux côtés d’Haïti, de la Palestine, du Soudan du Sud, du Soudan et du Yémen. Et la situation continue de se dégrader à un rythme alarmant dans plusieurs zones déjà fragilisées en raison du désengagement de la communauté internationale. 

    10-10-2025-UNHCR-Mali (AZnOYRS7AfQPIoujwTaC)

    L’afflux des réfugiés burkinabés

    Dans le cercle de Koro, à la frontière avec le Burkina Faso, l’afflux massif de réfugiés accentue encore la pression. Depuis avril, près de 50 000 Burkinabés s’y sont installés, doublant la population réfugiée.

    Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), cette arrivée met à rude épreuve les capacités locales d’accueil. Pour y répondre, l’agence a ouvert un bureau de terrain à Koro, opérationnel depuis le 16 octobre, afin de renforcer la coordination et d’accélérer la réponse humanitaire.

    Le Mali abrite aujourd’hui plus de 150 000 réfugiés burkinabés et nigériens, fuyant à la fois les attaques djihadistes et les opérations militaires menées contre les groupes armés.

  • Burkina Faso : la justice sous les projecteurs, des magistrats poursuivis pour corruption

    Burkina Faso : la justice sous les projecteurs, des magistrats poursuivis pour corruption

    Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré a mis au jour un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Une dizaine de magistrats, interpellés en octobre, sont désormais inculpés pour avoir influencé des décisions judiciaires en échange de rétributions financières.

    Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption, selon le régime

    Dysfonctionnements majeurs au sein du système judiciaire burkinabè

    Selon un communiqué officiel, une dizaine de hauts magistrats du Burkina Faso, incluant des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, font l’objet de poursuites pour corruption. Ces arrestations, réalisées en octobre, sont le résultat d’une série d’auditions qui ont exposé un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag – l’organe chargé de la « révolution progressive populaire » du régime militaire – a confirmé ces révélations.

    Enjeux financiers considérables et décisions judiciaires controversées

    Le porte-parole a souligné que « d’importantes sommes d’argent ont été utilisées pour des actes de corruption et d’influence », ce qui a conduit à des instructions partiales et des jugements partisans. Une affaire spécifique est mise en avant : celle d’une dizaine de douaniers qui avaient été relaxés suite à un non-lieu. Le Korag dénonce cette décision comme une « mascarade judiciaire », estimant qu’elle « compromet sérieusement la lutte contre la corruption ».

    Le gouvernement militaire s’engage à renforcer la lutte

    Le régime du capitaine Traoré, en place depuis 2022 et se réclamant de l’héritage de Thomas Sankara, a fait de la lutte contre la corruption un élément fondamental de son programme. « Nous intensifierons la bataille contre la corruption et l’impunité au sein des acteurs judiciaires », a affirmé le capitaine Sorgho, tout en pointant un « grave dysfonctionnement au sein de la chaîne de justice ». Cette posture vise également, pour le régime militaire souvent critiqué pour sa gestion des voix dissidentes, à démontrer sa détermination face aux dérives internes qui pourraient ternir son image.