Auteur/autrice : nigeractu

  • Bénin : un dimanche électoral décisif pour la succession de Patrice Talon

    Bénin : un dimanche électoral décisif pour la succession de Patrice Talon

    Cotonou a été le théâtre d’une journée électorale capitale, marquant le premier tour de la présidentielle béninoise de 2026. Dès 7h00 du matin, les citoyens béninois se sont massivement dirigés vers les urnes, dans une atmosphère de quiétude notable. Ce scrutin est d’une importance capitale, car il met fin à l’ère du président Patrice Talon et jette les bases du futur politique du Bénin.

    Ce dimanche historique a vu le pays afficher une exemplarité en matière de sérénité. Partout sur le territoire national, les 17 764 bureaux de vote ont ouvert leurs portes à l’aube. De Cotonou à Porto-Novo, en passant par Parakou et les localités les plus éloignées, des files d’attente ordonnées se sont formées, témoignant de l’engagement civique des électeurs.

    Un processus électoral empreint de paix

    Contrairement aux épisodes de tension qui ont pu jalonner des consultations passées, cette matinée électorale s’est déroulée sans incident majeur. La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a d’ailleurs confirmé la livraison ponctuelle de l’ensemble du matériel électoral dans la quasi-totalité des sites de vote, garantissant ainsi le bon déroulement des opérations.

    « J’ai tenu à voter très tôt pour remplir mon devoir de citoyen. Tout se passe admirablement bien, les agents électoraux sont à leur poste et l’ambiance est des plus cordiales », a partagé Marc, un électeur rencontré dans le quartier de Fifadji, soulignant l’esprit fraternel de cette journée.

    Statistiques clés de la journée électorale

    Un dispositif logistique d’envergure a été mis en œuvre pour orchestrer cette transition politique majeure :

    • 7 986 984 : le nombre d’électeurs inscrits sur la Liste Électorale Informatisée (LEI).
    • 17 764 : le total des bureaux de vote opérationnels.
    • 07h00 : l’heure d’ouverture générale des bureaux (avec d’éventuelles exceptions locales).

    L’enjeu majeur : l’après-Patrice Talon

    Cette élection présidentielle béninoise est suivie avec une attention particulière par la scène internationale. Après une décennie à la tête de l’État, le président sortant Patrice Talon, en conformité avec les dispositions constitutionnelles, ne brigue pas un nouveau mandat. Ce transfert de pouvoir est perçu comme une étape fondamentale pour la consolidation démocratique du Bénin.

    Le principal affrontement de ce scrutin 2026 oppose le candidat de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni, à Paul Hounkpè, représentant de l’opposition modérée. Pour de nombreux observateurs, le grand défi de ce vote résidera dans le taux de participation, indicateur essentiel de l’adhésion populaire à ce moment charnière de la vie politique nationale.

    Dispositif de sécurité discret mais efficace

    Afin d’assurer la sérénité des opérations de vote, un important dispositif de sécurité a été déployé. Les forces de défense et de sécurité ont veillé attentivement, tout en adoptant une posture discrète, permettant ainsi aux Béninois de choisir leur prochain président « dans la paix et la concorde », comme l’avaient souhaité les leaders religieux et de la société civile la veille du vote.

    Les premiers dépouillements des bulletins sont prévus dès la fermeture des bureaux. Les premières tendances électorales à l’échelle nationale sont anticipées dans les 48 heures suivant la clôture du vote.

  • Le Maroc et la Mauritanie scellent une alliance militaire renforcée face aux défis du Sahel

    Le Maroc et la Mauritanie scellent une alliance militaire renforcée face aux défis du Sahel

    Une collaboration stratégique pour la stabilité régionale

    L’intensification de la coopération en matière de sécurité et de défense entre le Maroc et la Mauritanie s’inscrit dans une réponse directe à la dégradation du climat sécuritaire au Sahel. Face à la prolifération des réseaux de trafics et à l’instabilité grandissante, les deux nations privilégient désormais la sécurisation de leurs frontières désertiques communes.

    Le déplacement du lieutenant-général Mohammed Berrid à Nouakchott témoigne de cette volonté de structurer davantage les relations militaires. Ce partenariat, autrefois principalement technique, évolue vers un cadre opérationnel plus robuste, spécifiquement calibré pour répondre aux enjeux de sécurité contemporains.

    Rencontre de haut niveau à Nouakchott

    Cette visite s’est déroulée durant la sixième session de la Commission militaire mixte Maroc-Mauritanie. Sous la coprésidence de Mohammed Berrid et du général Mohamed Vall Ould Rayess, les délégations ont acté des progrès significatifs. Ces avancées visent à consolider la coordination sur le terrain pour mieux contrer les périls transfrontaliers.

    Sur le plan diplomatique, le chef de l’État mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a reçu officiellement le haut responsable marocain en présence de l’ambassadeur Hamid Chabar. À cette occasion, la ministre de la Défense de la Mauritanie, Hanana Ould Sidi, a remis au lieutenant-général l’Ordre national du Mérite au grade de commandant, illustrant la profondeur politique de cet axe sécuritaire.

    Évolution du cadre de la Commission militaire mixte

    Si les premiers jalons de cette entente remontent à 1971, c’est en 2006 qu’un mémorandum d’entente a officiellement instauré la commission mixte. L’exacerbation des tensions au Sahara et au Sahel a transformé ce mécanisme en un levier stratégique majeur. Aujourd’hui, les deux pays collaborent étroitement sur des problématiques vitales : lutte contre le terrorisme, contrôle des flux migratoires irréguliers et démantèlement des filières du crime organisé.

    La surveillance des itinéraires de contrebande dans les zones reculées constitue l’un des piliers de cette alliance. L’objectif est de réduire drastiquement l’influence et la mobilité des groupes criminels transnationaux qui profitent de la porosité des frontières.

    Enjeux opérationnels et lutte contre les trafics

    Les discussions bilatérales ont mis l’accent sur la vulnérabilité des territoires désertiques face à l’infiltration de groupes armés. Les réseaux impliqués dans le trafic de stupéfiants et d’armes représentent une menace persistante pour la Mauritanie et le Maroc. Pour y remédier, un dispositif de stabilisation pratique a été élaboré afin de prévenir toute escalade conflictuelle dans la zone sahélo-saharienne.

    Formation et entraînements militaires mutuels

    Un volet essentiel de cette coopération repose sur le partage d’expertise entre les académies militaires. Des programmes d’instruction communs sont régulièrement organisés, incluant :

    • La planification des opérations militaires complexes.
    • Les techniques avancées de déminage.
    • L’entraînement intensif au tir et aux manœuvres de terrain.

    En complément, l’implication dans les structures liées au G5 Sahel permet d’affiner la préparation des troupes via des outils de simulation de pointe, essentiels pour faire face à des menaces asymétriques.

    Un pilier pour la sécurité du Sahara occidental et du Sahel

    Le contexte politique entourant le Sahara occidental et la poussée des mouvements extrémistes imposent une vigilance constante. Le Maroc et la Mauritanie s’efforcent, par cette entente globale, de sécuriser les couloirs stratégiques et de maintenir un équilibre régional fragile.

    Cette alliance bilatérale ne se limite pas à une simple entente diplomatique ; elle constitue un véritable instrument de gestion des risques. En unissant leurs forces, Rabat et Nouakchott apportent une réponse structurée aux défis sécuritaires qui pèsent sur l’une des zones les plus sensibles du continent africain.

  • Niger : le jnim frappe à touré et say avec deux attaques dévastatrices

    Niger : le jnim frappe à touré et say avec deux attaques dévastatrices

    Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda au Sahel, a revendiqué deux attaques distinctes dans l’ouest du Niger au cours des dernières 24 heures. Selon son communiqué, ces opérations ont fait au moins trois victimes et causé des dégâts matériels dans les localités de Touré et Say.

    une menace terroriste en hausse dans l’ouest du niger

    La région des « Trois Frontières », où se rejoignent le Mali, le Burkina Faso et le Niger, reste un foyer d’instabilité chronique. Dans un message diffusé sur ses canaux habituels, le JNIM a revendiqué des attaques ciblées contre les forces de défense et de sécurité nigériennes, illustrant sa capacité à frapper sur plusieurs fronts simultanément.

    un engin explosif improvisé (ied) sur l’axe de touré

    La première attaque signalée a visé un convoi militaire sur la route de Touré grâce à un engin explosif improvisé (IED). Bien que le groupe n’ait pas détaillé le nombre exact de victimes, il a confirmé avoir ciblé une patrouille. Ces dispositifs artisanaux, souvent placés sur des axes secondaires, représentent une menace majeure pour les déplacements des forces armées dans cette zone.

    une embuscade meurtrière près de say

    Plus au sud, dans la zone de Say, le JNIM a revendiqué une embuscade ayant coûté la vie à trois militaires. Cette région, proche du parc du W, est régulièrement infiltrée par des groupes armés visant à étendre leur influence sur les territoires frontaliers du Burkina Faso et du Bénin.

    une stratégie de harcèlement bien établie

    Ces deux attaques s’inscrivent dans une tactique délibérée du JNIM, combinant l’utilisation de mines et d’embuscades mobiles pour :

    • Déstabiliser les approvisionnements entre les zones urbaines et rurales.
    • Affaiblir les forces de sécurité par une guerre d’usure prolongée.
    • Maintenir une pression constante sur les zones périurbaines, notamment autour de Niamey.

    réactions et mesures de sécurité en cours

    À ce jour, le ministère nigérien de la Défense n’a pas encore réagi officiellement pour confirmer ou infirmer les allégations du groupe djihadiste. Depuis le changement de régime au sein du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), les autorités ont renforcé les dispositifs militaires le long de la rive droite du fleuve Niger. Cette zone, stratégique pour les déplacements logistiques, est sous haute surveillance.

    Les populations locales et les transporteurs sont invités à restreindre leurs déplacements sur les axes secondaires, où les risques d’attaques restent élevés. La menace terroriste, qui pèse sur la stabilité de la région, exige une vigilance accrue pour éviter de nouvelles victimes.

  • Attaque meurtrière au Niger : un capitaine de gendarmerie perd la vie dans une embuscade du JNIM sur le fleuve à Say

    Attaque meurtrière au Niger : un capitaine de gendarmerie perd la vie dans une embuscade du JNIM sur le fleuve à Say

    Une tragédie a frappé la région de Say au Niger le mercredi 8 avril, où le capitaine Maman Ada Sahabi, commandant du groupement de gendarmerie local, a trouvé la mort. Il a été victime d’une embuscade orchestrée par des combattants du Jama’at Nasr al-Islam wal-Muslimin (JNIM) sur les eaux du fleuve Niger, emportant avec lui au moins deux de ses hommes. Plus d’une journée après ce drame, l’embarcation transportant la dépouille de cet officier supérieur continue de dériver, les tentatives de récupération par les autorités restant infructueuses.

    L’officier Sahabi, accompagné de quatre gendarmes, était en mission de reconnaissance à bord d’une vedette, une opération qui coïncidait avec l’animation du marché hebdomadaire de Say. Aux alentours de 17h, leur embarcation a été la cible de tirs intenses provenant des berges du fleuve. Cette attaque s’est déroulée dans un secteur particulièrement volatil, situé entre les régions de Tillabéri et Dosso, zones connues pour leur forte activité terroriste.

    L’assaut a été d’une violence extrême, entraînant la mort immédiate d’au moins trois gendarmes, dont le capitaine. Si la dépouille du capitaine est restée à bord de l’embarcation, les corps de deux autres militaires ont malheureusement été emportés par les flots du fleuve. L’embarcation demeure à la dérive, les équipes de sécurité sur place étant confrontées à la crainte d’engins explosifs improvisés (IED) ou d’une potentielle seconde embuscade, compliquant toute intervention.

    Un officier expérimenté et un symbole local

    Le capitaine Maman Ada Sahabi, un homme d’une quarantaine d’années, était à la tête du groupement de gendarmerie de Say depuis plus de cinq ans. Il représentait un pilier fondamental de la sécurité dans cette région frontalière cruciale, ayant dédié sa carrière à la lutte acharnée contre les groupes armés terroristes (GAT) sévissant dans le Liptako-Gourma. Son décès survient alors que les incursions contre les patrouilles, qu’elles soient fluviales ou terrestres, s’intensifient dans la région de Tillabéri, un épicentre historique pour des groupes comme le JNIM et l’État islamique au Sahel (EIGS).

    L’onde de choc de la non-récupération des corps

    Au-delà de la violence de l’attaque, c’est l’apparente négligence entourant la dépouille de cet officier supérieur, abandonnée pendant plus de 24 heures, qui suscite une profonde indignation. L’absence d’ordres clairs de la part de la hiérarchie a empêché toute manœuvre de récupération, une situation incompréhensible tant pour les militaires sur le terrain que pour les habitants de Say.

    « Laisser le corps de notre commandant dériver ainsi sur le fleuve est un affront inacceptable envers ceux qui donnent leur vie pour le pays », a exprimé un membre des forces de sécurité. Cet événement est perçu par beaucoup comme la marque d’un commandement indécis, peinant à rendre un hommage digne à ses soldats tombés au combat – une tendance qui, d’après certaines critiques, se serait accentuée depuis le coup d’État du 26 juillet 2023.

    La valeur des sacrifices militaires au cœur des interrogations au Niger

    Cette tragédie ravive le débat fondamental sur la reconnaissance des sacrifices consentis par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) dans le cadre de la lutte antiterroriste, sous l’égide du régime militaire actuel mené par le général Abdourahamane Tiani. Bien que les communiqués officiels fassent régulièrement état de succès et de « terroristes neutralisés », les zones considérées comme « rouges » – notamment Tillabéri, Tahoua et Dosso – continuent de déplorer des pertes humaines régulières.

    La récurrence des embuscades, particulièrement sur le fleuve Niger, souligne l’agilité des groupes jihadistes à s’adapter, tirant parti de la perméabilité des frontières et de la facilité de mouvement offerte par le réseau fluvial. Une frustration grandissante s’installe parmi les familles des soldats disparus, les survivants et les communautés les plus exposées. Elle oppose un discours souverainiste officiel à une réalité de terrain marquée par une insécurité persistante et une gestion opérationnelle parfois décousue.

  • Bénin : l’heure de vérité pour Paul Hounkpè à lobogo avant l’élection présidentielle

    Bénin : l’heure de vérité pour Paul Hounkpè à lobogo avant l’élection présidentielle

    À deux jours seulement de la fin de la campagne électorale officielle, le village de Lobogo, situé dans la commune de Bopa, s’agite comme jamais. Ce bastion historique de Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), se retrouve au cœur des enjeux de ce scrutin présidentiel prévu dimanche 12 avril. Entre l’enthousiasme des militants et les remises en question de l’opposition, l’ancien maire doit défendre sa légitimité dans un territoire qu’il connaît intimement.

    Un village sous les couleurs de la « Cauris »

    La poussière soulevée par les pas des nombreux partisans se mêle aux slogans politiques dans les ruelles de Lobogo. Ici, chaque mur semble arborer les teintes de la campagne FCBE, symbole d’un ancrage local indéniable. À l’approche du vendredi 11 avril, dernier jour de mobilisation avant le silence électoral à minuit, les rassemblements se multiplient pour tenter de galvaniser les électeurs avant le scrutin décisif.

    Paul Hounkpè, « l’enfant du pays » face à ses détracteurs

    Pour les habitants, Paul Hounkpè n’est pas qu’un candidat : c’est une figure locale, un enfant du village devenu maire de Bopa. Son parcours et son implication passée dans la gestion des problèmes locaux lui valent une reconnaissance sans équivoque. « Il a toujours été à nos côtés, il comprend nos difficultés », assure un militant, foulard vert au cou, lors d’un échange animé sous un manguier.

    Pourtant, cette élection s’annonce plus complexe que prévu. Les FCBE affrontent une opposition divisée, notamment après le rejet de la candidature du parti Les Démocrates. Dans ce contexte, Paul Hounkpè doit prouver qu’il incarne une alternative crédible face à Romuald Wadagni, le candidat du pouvoir en place, dont la campagne s’appuie sur un bilan décennal et une logistique imposante.

    L’abstention, un risque majeur pour l’opposition

    Le débat sur l’abstention résonne fortement à Lobogo. Si les militants FCBE s’activent pour mobiliser, une partie de la population reste sceptique. « Nous voterons pour Paul, car il est des nôtres, mais l’absence de certaines figures de l’opposition radicale nous pèse », confie un sage du village, assis sous l’ombre d’un iroko centenaire. Pour Hounkpè, l’enjeu est double : transformer son ancrage local en une dynamique nationale de rejet du pouvoir tout en contrant l’apathie d’une frange de l’électorat.

    Une course contre la montre et contre l’adversité

    Pendant que le camp de Romuald Wadagni sillonne le pays avec des moyens colossaux, Paul Hounkpè mise sur une stratégie de proximité, privilégiant les rencontres de terrain et les échanges directs avec les électeurs. À Lobogo, les réunions s’enchaînent sans relâche, jusqu’à des heures avancées de la nuit. Vendredi, à minuit pile, les haut-parleurs se tairont, marquant la fin officielle de la campagne.

    Pour le candidat FCBE, le résultat à Lobogo sera déterminant. Un score écrasant dans son fief lui permettrait non seulement de rivaliser avec Wadagni, mais aussi de démontrer que les FCBE restent un pilier incontournable de l’opposition béninoise, malgré les divisions internes.

    Dimanche matin, les bureaux de vote ouvriront à 7 heures. Lobogo, sous le regard des observateurs, deviendra alors le thermomètre d’une opposition en quête de survie dans les urnes.

    Paul Hounkpè lors d'un meeting à Lobogo
  • Crise des réfugiés au Tchad : des milliers de vies en danger faute d’aides

    Crise des réfugiés au Tchad : des milliers de vies en danger faute d’aides

    crise des réfugiés au Tchad : des milliers de vies en danger faute d’aides

    Plus d’un million de réfugiés soudanais au Tchad risquent de subir des coupes drastiques dans leur aide vitale, selon les dernières alertes des agences onusiennes. Depuis le début du conflit au Soudan, qui entre dans sa quatrième année, la situation humanitaire se dégrade rapidement, avec un risque mortel pour les populations déjà vulnérables.

    des réductions mortelles de l’aide humanitaire au Tchad

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) tirent la sonnette d’alarme : leurs ressources actuelles ne couvrent même pas la moitié des besoins essentiels. Un déficit de 428 millions de dollars, dont 289 millions pour le HCR et 139 millions pour le PAM, menace directement l’accès des réfugiés à l’alimentation, à l’eau, aux abris, aux soins et à la protection.

    « Sans un financement urgent, les réductions d’aide seront inévitables et pourraient avoir des conséquences dramatiques », ont averti les deux agences.

    le Tchad en première ligne face à la crise soudanaise

    Le Tchad accueille aujourd’hui 1,3 million de réfugiés soudanais, dont plus de 900 000 arrivés depuis 2023. Dans certaines régions de l’est du pays, une personne sur trois est désormais un réfugié, mettant une pression sans précédent sur les infrastructures locales et les ressources disponibles.

    Malgré cette situation critique, les autorités tchadiennes maintiennent leurs frontières ouvertes et continuent d’accueillir des nouveaux arrivants. Depuis janvier 2026, près de 15 000 personnes supplémentaires ont franchi la frontière, aggravant encore la crise.

    Des réfugiés recevant une aide alimentaire du PAM à Adre, au Tchad, en mars 2026.

    seulement 40 % des réfugiés bénéficient d’une aide de base

    Sur le terrain, les conséquences des coupes budgétaires se font déjà sentir. Le HCR ne peut fournir une assistance de base qu’à 40 % des réfugiés, laissant des centaines de milliers de personnes sans accès suffisant à l’eau, aux abris ou aux soins médicaux.

    « Les insuffisances de financement ont un coût humain inacceptable », déclare Patrice Ahouansou, représentant du HCR au Tchad. Environ 80 000 familles vivent sans abri, et dans certaines zones, les réfugiés survivent avec moins de la moitié de la quantité minimale d’eau quotidienne requise.

    Les centres de santé sont saturés, les services de protection pour les victimes de violences sexuelles sont réduits à leur minimum, et les écoles comptent parfois plus de 100 élèves par enseignant. Par ailleurs, 243 000 personnes restent bloquées dans les zones frontalières de l’est, faute de moyens pour les relocaliser vers des sites plus sûrs.

    Un jeune enfant africain nommé Naba est montré en train de consommer des compléments alimentaires nutritionnels à Adré, Ouaddai, Tchad.

    le pam réduit de moitié les rations alimentaires

    Le Programme alimentaire mondial soutient plus d’un million de personnes au Tchad, mais ses ressources ne couvrent même pas la moitié de ses besoins. Résultat : les rations alimentaires ont déjà été réduites de moitié pour la majorité des réfugiés.

    « Les femmes et les jeunes enfants sont les premières victimes de cette situation », explique le PAM. Malgré les efforts pour trouver des solutions durables comme la résilience ou l’inclusion sociale, l’assistance d’urgence reste indispensable.

    « Avec moins de la moitié des fonds nécessaires, nous ne pouvons pas fournir une aide alimentaire suffisante. Les familles seront contraintes de recourir à des stratégies de survie dangereuses, mettant en péril des vies », alerte Sarah Gordon-Gibson, directrice et représentante du PAM au Tchad.

    Un membre du personnel du PAM verse du sorgho dans un bol lors d'une distribution d'aide alimentaire à Adré, au Tchad.

    appel urgent à la solidarité internationale

    Les agences onusiennes appellent à une mobilisation immédiate pour éviter une détérioration rapide de la situation. « Nous avons terminé 2025 avec seulement un tiers des ressources nécessaires. Sans un soutien urgent des donateurs, les coupes budgétaires s’aggraveront et les conditions de vie des familles déjà éprouvées se détérioreront encore davantage », préviennent le HCR et le PAM.

    Ils soulignent également l’importance d’un partage équitable des responsabilités internationales pour soutenir le Tchad, dont les frontières restent ouvertes malgré les défis immenses.

    « L’aide humanitaire doit être maintenue sans délai pour éviter une catastrophe encore plus grande. La solidarité est plus que jamais nécessaire. »

  • Influence de la Russie au Sahel : affaiblissement stratégique des États-Unis en afrique de l’ouest

    Influence de la Russie au Sahel : affaiblissement stratégique des États-Unis en afrique de l’ouest

    Les régimes militaires du SahelMali, Burkina Faso et Niger — renforcent leur alliance sécuritaire et politique tout en s’éloignant de leurs partenaires occidentaux. La Russie joue un rôle central dans cette dynamique, comblant le vide d’influence laissé par le retrait progressif des États-Unis et de leurs alliés dans la région.

    Grâce à des accords de coopération militaire, des livraisons d’armes et le recours à des structures privées, Moscou étend son emprise sur les gouvernements locaux. Cette présence accrue représente une menace directe pour les intérêts américains, car elle mine la stratégie de lutte antiterroriste de Washington. La perte d’accès aux bases militaires et aux infrastructures de renseignement limite la capacité des États-Unis à surveiller les mouvements jihadistes, tandis que la Russie gagne en influence politique et en contrôle sur des ressources stratégiques dans des États fragiles.

    Ce recul américain s’inscrit dans un contexte plus large en Afrique, où de nouvelles alliances régionales se forment sans participation occidentale. Les régimes du Sahel renforcent également leur rhétorique anti-occidentale, soutenue par des campagnes d’information russes, rendant un retour des États-Unis dans la région encore plus complexe. L’émergence de ces blocs alternatifs réduit l’efficacité de la coordination internationale et crée un risque de marginalisation à long terme pour Washington.

    La stratégie russe dans le Sahel repose sur une combinaison d’outils militaires, politiques et informationnels, exploitant les faiblesses institutionnelles et l’instabilité chronique de la région. Après une série de coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les nouvelles autorités ont revu leurs alliances internationales, accusant les pays occidentaux de ne pas avoir combattu efficacement le terrorisme et de s’ingérer dans les affaires intérieures.

    Ces critiques ont ouvert la voie à une collaboration renforcée avec la Russie, qui se présente comme un partenaire sans conditions politiques. Parallèlement, les défis socio-économiques — pauvreté, stress climatique — exacerbent l’instabilité, offrant un terrain propice aux interférences extérieures. En profitant du retrait occidental, Moscou consolide rapidement son influence avec des moyens limités, posant les bases d’un déséquilibre stratégique durable en Afrique.

    conséquences majeures de cette évolution

    1. affaiblissement des capacités de lutte antiterroriste des États-Unis

    L’absence de bases militaires et de moyens de renseignement dans la région prive les États-Unis de leurs capacités opérationnelles. Cela pourrait permettre aux groupes extrémistes de gagner en puissance, non seulement au Sahel, mais aussi au-delà, avec des répercussions potentielles sur le territoire américain.

    2. affaiblissement de la coordination internationale en matière de sécurité

    Les nouvelles alliances régionales, excluant les pays occidentaux, réduisent l’efficacité des opérations conjointes contre le terrorisme et compliquent l’élaboration d’une stratégie sécuritaire unifiée.

    3. amplification des discours anti-occidentaux grâce à la propagande russe

    Les campagnes d’information russes renforcent les narratifs anti-américains auprès des populations et des élites locales, rendant un retour des États-Unis politiquement plus difficile.

    4. le contrôle des ressources naturelles devient un enjeu stratégique

    Les ressources minières et naturelles du Sahel — uranium, or, lithium — revêtent une importance économique et géopolitique majeure pour la Russie. Une influence russe accrue pourrait perturber les marchés mondiaux des matières premières et marginaliser les États-Unis dans ces secteurs clés.

    pourquoi les juntes du Sahel privilégient-elles la Russie ?

    Les gouvernements militaires du Sahel voient en la Russie un partenaire plus adapté à leurs besoins pour cinq raisons principales :

    • absence de conditions liées à la gouvernance ou à la démocratie pour l’octroi d’aide ;
    • livraison rapide d’armes et de matériel militaire ;
    • soutien sécuritaire axé sur la préservation des régimes ;
    • soutien diplomatique face aux sanctions occidentales ;
    • campagnes d’information renforçant leur légitimité anti-occidentale.

    Ce modèle transactionnel favorise la pérennité des régimes autoritaires tout en réduisant les incitations à une transition démocratique.

    les outils d’influence de la Russie au Sahel

    instruments militaires

    • ventes d’armes et approvisionnement en munitions ;
    • déploiement d’advisers et de formateurs militaires russes ;
    • recours à des contractors privés pour sécuriser les intérêts du régime ;
    • partage de renseignements.

    instruments politiques

    • soutien diplomatique dans les instances internationales ;
    • reconnaissance et légitimation des gouvernements issus de coups d’État ;
    • accords bilatéraux évitant les contrôles multilatéraux.

    instruments informationnels

    • propagande anti-occidentale via des médias liés à l’État russe ;
    • campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux ciblant la France et les États-Unis ;
    • amplification de récits présentant la Russie comme un libérateur anti-colonial.

    Cette approche multidimensionnelle permet à Moscou de gagner en profondeur stratégique à moindre coût.

    impacts stratégiques pour les États-Unis

    perte de capacité de surveillance et de réponse aux crises

    La fermeture des bases aériennes et des hubs logistiques au Niger et dans les pays voisins réduit considérablement la capacité des États-Unis à détecter précocement les mouvements extrémistes et à réagir rapidement en cas de crise.

    affaiblissement de la crédibilité américaine en Afrique

    Le retrait américain pourrait être interprété comme un désengagement stratégique, incitant d’autres gouvernements africains à se tourner vers Moscou ou Pékin.

    expansion des zones de repli pour les groupes jihadistes

    Les régimes soutenus par la Russie priorisent la sécurité du pouvoir en place plutôt que les réformes structurelles, laissant persister les causes profondes de l’extrémisme et risquant d’aggraver l’expansion des insurgés.

    risques pour la stabilité régionale

    L’alliance russe au Sahel pourrait apporter une stabilité à court terme, mais elle comporte des risques majeurs à long terme :

    1. militarisation de la gouvernance sans renforcement institutionnel ;
    2. augmentation de la répression, alimentant les griefs locaux ;
    3. fragmentation de la coopération antiterroriste régionale ;
    4. exploitation des ressources naturelles au profit de la corruption ;
    5. vulnérabilité accrue aux conflits par procuration entre puissances extérieures.

    L’absence de mécanismes de gouvernance transparents rend ces alliances fragiles et sujettes aux crises.

    perspectives à long terme (2026-2030)

    Si les tendances actuelles se poursuivent, trois scénarios principaux pourraient se dessiner :

    scénario a : consolidation de la sphère d’influence russe (haute probabilité)

    Moscou s’impose comme l’acteur sécuritaire dominant au Sahel, rendant tout retour occidental politiquement improbable.

    scénario b : compétition multipolaire (probabilité modérée)

    Les États-Unis, la Chine, la Turquie et les pays du Golfe pourraient se livrer une concurrence pour l’influence, aboutissant à des alliances fragmentées.

    scénario c : effondrement des régimes et vide stratégique (risque modéré)

    En cas d’échec des juntes à contenir les insurrections ou à redresser l’économie, l’effondrement des États pourrait créer des zones de conflit incontrôlables, au-delà de la capacité de stabilisation de la Russie.

    recommandations pour Washington

    Pour contrer cette perte d’influence, les États-Unis pourraient envisager les mesures suivantes :

    • renforcer leur présence par des partenariats civils et économiques plutôt que militaires ;
    • élargir la coopération avec les États côtiers d’Afrique de l’Ouest pour limiter les débordements ;
    • renforcer les alternatives offertes par l’Union africaine et la CEDEAO ;
    • combattre la désinformation russe via des initiatives médiatiques en langues locales ;
    • cibler les réseaux d’extraction liés à la Russie par des sanctions adaptées.

    Une réponse purement militaire serait insuffisante sans une approche politique et économique complémentaire.

    Le Sahel n’est plus seulement un théâtre de lutte antiterroriste : il devient un terrain d’expérimentation pour la stratégie russe visant à marginaliser l’influence occidentale en Afrique. En s’alliant aux juntes militaires, Moscou construit un corridor anti-occidental durable, combinant protection des régimes, accès aux ressources et levier géopolitique. Si cette dynamique n’est pas contrée, la Russie pourrait établir un modèle reproductible dans d’autres régions fragiles du continent africain.

  • Visite officielle d’une délégation marocaine en Mauritanie pour renforcer les liens militaires

    Visite officielle d’une délégation marocaine en Mauritanie pour renforcer les liens militaires

    Rencontre au sommet entre les plus hautes autorités militaires marocaines et mauritaniennes

    Lors de cette visite officielle d’envergure, le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales (FAR) et commandant de la zone Sud du Maroc, a été chaleureusement accueilli, mardi à Nouakchott, par le président de la République islamique de Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghezouani. Cette audience s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Royaume du Maroc en Mauritanie, Hamid Chabar.

    Cérémonie de remise d’une distinction honorifique

    Dans la foulée de cette rencontre, le général Mohammed Berrid s’est rendu au ministère de la Défense mauritanien, où il a été reçu par le ministre de la Défense, Hanana Ould Sidi. À cette occasion, ce dernier a remis, au nom du chef de l’État mauritanien, la médaille de l’Ordre national du mérite au grade de Commandeur au haut gradé marocain.

    Renforcement de la coopération militaire bilatérale

    L’après-midi, le général Mohammed Berrid, toujours accompagné de ses homologues mauritaniens, a présidé conjointement avec le chef d’État-major des armées de Mauritanie les travaux de la sixième session de la Commission militaire mixte. Les échanges ont porté sur l’évaluation des avancées enregistrées dans le cadre de la collaboration militaire entre les deux pays.

    Les participants ont souligné, avec satisfaction, les progrès significatifs réalisés dans ce domaine. Ils ont également salué la qualité des résultats obtenus, qualifiant cette coopération de modèle de partenariat stratégique dans la région.

  • Une délégation conduite par l’inspecteur général des FAR effectue une visite de travail en Mauritanie

    Une délégation conduite par l’inspecteur général des FAR effectue une visite de travail en Mauritanie

    À cette occasion, le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales et commandant la zone Sud, a été reçu, mardi à Nouakchott, par le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghezouani, en présence de l’ambassadeur du Royaume du Maroc à Nouakchott, Hamid Chabar, indique un communiqué de l’État-major général des Forces armées royales (FAR).

    Dans la même journée, le général de corps d’armée, inspecteur général des FAR s’est rendu au siège du ministère de la Défense où il a eu des entretiens avec le ministre de la Défense Hanana Ould Sidi qui lui a remis au nom du président de la République la médaille de l’Ordre national du mérite de grade de Commandeur.

    Par la suite, l’inspecteur général des FAR et commandant la Zone Sud et le chef d’État major des armées mauritanien ont co-présidé les travaux de la 6ème Commission militaire mixte.

    Les responsables militaires ont exprimé leur satisfaction quant au bilan positif de coopération caractérisant les relations militaires entre le Maroc et la Mauritanie, précise la même source, ajoutant qu’ils ont salué les résultats concrets issus de cette coopération fructueuse, qui représente un modèle de partenariat stratégique.

    Par Le360 (avec MAP)
    Le 08/04/2026 à 15h00
  • Visite officielle des forces armées marocaines en Mauritanie

    Visite officielle des forces armées marocaines en Mauritanie

    Rencontre historique entre les dirigeants militaires marocains et mauritaniens

    Le général Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales (FAR) et commandant de la zone Sud, a été reçu en audience officielle, mardi à Nouakchott, par le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghezouani. Cette rencontre s’est tenue en présence de l’ambassadeur du Maroc à Nouakchott, Hamid Chabar, marquant un moment fort des relations bilatérales entre les deux pays.

    Quelques heures plus tard, le haut responsable militaire marocain s’est rendu au ministère mauritanien de la Défense pour un échange approfondi avec le ministre Hanana Ould Sidi. À l’issue de cet entretien, ce dernier a décerné, au nom du chef de l’État mauritanien, la médaille de l’Ordre national du mérite de grade de Commandeur au général Berrid.

    Renforcement des liens stratégiques entre le Maroc et la Mauritanie

    La journée s’est poursuivie avec la présidence conjointe, par le général Berrid et le chef d’État-major mauritanien, des travaux de la 6ème Commission militaire mixte. Cet événement a permis aux deux parties de dresser un bilan positif des collaborations militaires en cours entre les deux nations.

    Les échanges ont mis en lumière les résultats concrets issus de cette coopération, salués par les responsables présents. Ce partenariat est désormais considéré comme un modèle d’alliance stratégique dans la région, renforçant la stabilité et la sécurité mutuelles.

  • Rencontre stratégique entre hauts gradés marocains et mauritaniens à Nouakchott

    Rencontre stratégique entre hauts gradés marocains et mauritaniens à Nouakchott

    Une délégation de haut niveau des Forces armées royales (FAR) du Maroc a mené une visite officielle en Mauritanie. À sa tête, le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des FAR et commandant la zone Sud, a été reçu par le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghezouani. Cette rencontre s’est déroulée à Nouakchott en présence de l’ambassadeur du Maroc, Hamid Chabar.

    Lors de cette journée, le général Mohammed Berrid s’est également rendu au ministère mauritanien de la Défense. Il y a eu des échanges approfondis avec le ministre Hanana Ould Sidi. Ce dernier a remis, au nom du chef de l’État mauritanien, la médaille de l’Ordre national du mérite, grade Commandeur, au général marocain.

    Par la suite, le général Mohammed Berrid et le chef d’État-major des armées mauritaniennes ont présidé ensemble les travaux de la 6ᵉ Commission militaire mixte. Les deux parties ont souligné l’excellence des relations militaires entre le Maroc et la Mauritanie. Elles ont salué les avancées concrètes issues de cette collaboration, qualifiée de modèle de partenariat stratégique.

  • Sénégal-Maroc : rebondissement majeur dans l’affaire can 2025

    Sénégal-Maroc : rebondissement majeur dans l’affaire can 2025

    L’affaire concernant la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc prend une nouvelle tournure. Depuis que la CAF a décidé d’accorder le titre de champion d’Afrique au Maroc par décision administrative, deux mois après la finale, le Sénégal a saisi le Tribunal arbitral du sport. Une révélation récente d’un membre clé du jury d’appel de la CAF vient renforcer la polémique.

    Lors d’un entretien exclusif, Faustino Varela Monteiro, vice-président de la commission, a vivement critiqué la sanction prononcée. « Je ne partage absolument pas cette décision », déclare-t-il, révélant avoir été le seul à voter contre ce verdict qui pénalise les Lions de la Teranga.

    « Je ne peux accepter l’interprétation retenue par l’instance. Quand l’arbitre autorise la fin du match, cela signifie qu’aucun abandon n’a été constaté. Imposer une sanction en contradiction avec cette observation revient à trahir l’éthique sportive. »

    Une décision contestée au sein même de la CAF

    « Si une décision prise sur le terrain peut être remise en cause arbitrairement, alors quid de la crédibilité des instances disciplinaires ? », s’interroge-t-il avant de préciser que « le TAS n’interviendra que si des preuves flagrantes de partialité ou de malveillance sont apportées. »

    Le match en question, disputé à Rabat le 18 janvier, avait vu le Sénégal s’imposer 1-0 en prolongation grâce à un but de Pape Gueye. Pourtant, l’affrontement avait été marqué par une interruption de près de 15 minutes, les joueurs sénégalais ayant quitté le terrain en protestation contre un penalty accordé au Maroc dans les arrêts de jeu. Brahim Diaz avait finalement échoué à transformer cette occasion.