Auteur/autrice : nigeractu

  • Frais de campagne trop élevés : comment l’opposition africaine est exclue des élections

    Frais de campagne trop élevés : comment l’opposition africaine est exclue des élections

    Un électeur consulte la liste des inscrits à Cotonou lors du scrutin présidentiel au Bénin, le 12 avril 2026

    Scrutins verrouillés, victoires annoncées, candidats d’opposition absents avant même le dépôt de candidature : l’année 2025 a confirmé une tendance inquiétante sur le continent africain. Les élections présidentielles, censées incarner l’expression démocratique, se transforment souvent en formalités sans enjeu réel. Les derniers exemples en date ? Ceux de Djibouti, le 10 avril, et du Bénin, deux jours plus tard. Dans le premier cas, le président sortant Ismaïl Omar Guelleh a obtenu 97,8 % des voix, tandis qu’au Bénin, Romuald Wadagni, soutenu par Patrice Talon, a décroché 94 % des suffrages. Des scores sans appel dans des élections où l’opposition n’a jamais pesé.

    À Djibouti, l’un des principaux opposants, Alexis Mohamed, a finalement renoncé à se présenter. La raison ? Non pas un manque de soutien populaire, mais bien l’impossibilité de supporter le poids financier d’une candidature. Entre frais de dossier exorbitants et coûts cachés de campagne, les obstacles se sont révélés infranchissables. « Ce scrutin n’avait plus rien d’un vrai vote, mais plutôt d’une mascarade organisée », confiait un observateur présent sur place.

    Quand l’argent remplace le bulletin de vote

    Ce phénomène, loin d’être isolé, touche de nombreux pays africains. Les candidats indépendants ou issus de l’opposition se heurtent systématiquement à un mur financier. Des frais de candidature pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros sont exigés, rendant toute participation illusoire pour les petits partis ou les figures marginalisées. Résultat : les élections se résument à une compétition entre candidats soutenus par le pouvoir, où les urnes ne font que valider une victoire déjà écrite.

    Les observateurs dénoncent une « privatisation des scrutins » au profit d’une classe politique bien établie. Les frais élevés ne servent pas seulement à éliminer la concurrence, mais aussi à financer des campagnes coûteuses, réservées à une élite politique capable de mobiliser des ressources colossales. Ainsi, même les candidats les plus déterminés finissent par jeter l’éponge, faute de moyens.

    Cette situation pose une question cruciale : comment parler de démocratie lorsque les règles du jeu favorisent systématiquement le même camp ? Les élections en Afrique de l’Ouest et de l’Est deviennent des rituels où la compétition électorale n’existe pas, réduites à des procédures administratives vidées de leur sens.

  • Frais de campagne trop élevés : l’opposition africaine systématiquement écartée ?

    Frais de campagne trop élevés : l’opposition africaine systématiquement écartée ?

    Un électeur consulte la liste des inscrits à Cotonou lors d'un scrutin au Bénin

    Les élections présidentielles africaines de 2025 ont révélé une tendance alarmante : des scrutins sans réelle compétition, où les candidats d’opposition se retirent avant même le début des campagnes. Les derniers exemples en date ? Djibouti, le 10 avril 2026, et le Bénin, le 12 avril de la même année. Dans le premier pays, Ismaïl Omar Guelleh a été reconduit pour un sixième mandat avec 97,8 % des voix, tandis qu’au Bénin, Romuald Wadagni, héritier politique de Patrice Talon, a obtenu 94 % des suffrages. Des scores qui soulèvent des questions sur la crédibilité de ces processus électoraux.

    À Djibouti, l’un des principaux opposants, Alexis Mohamed, a renoncé à sa candidature. Si ses craintes pour sa sécurité ont été évoquées, c’est surtout le montant des frais de candidature qui a joué en défaveur des candidats indépendants. Un obstacle financier devenu si élevé qu’il prive de fait l’opposition de toute possibilité de participation équitable. Résultat ? Des élections qualifiées de « purement symboliques » par de nombreux observateurs.

    Le portefeuille, nouveau juge des élections africaines

    Ce phénomène n’est pas isolé. Sur le continent, les coûts exorbitants des campagnes électorales constituent un filtre systématique contre les candidats non soutenus par le pouvoir en place. Les frais de dépôt de candidature, souvent disproportionnés, deviennent une barrière infranchissable pour les formations politiques minoritaires ou les indépendants.

    Les scrutins récents en Afrique subsaharienne illustrent cette réalité : des élections jouées d’avance, où les résultats sont connus avant même l’ouverture des urnes. Une tendance qui interroge sur l’équité des systèmes démocratiques locaux et sur la capacité des citoyens à choisir librement leurs dirigeants.

  • Élections en Afrique : des frais de campagne “exorbitants” disqualifient l’opposition

    Élections en Afrique : des frais de campagne “exorbitants” disqualifient l’opposition

    Un homme cherche son nom sur la liste des électeurs, à Cotonou, lors de l’élection présidentielle au Bénin, le 12 avril 2026.

    “Élections jouées d’avance”, “scrutins sans suspens”, “victoires du président sortant dès le premier tour”. Les élections présidentielles en Afrique au cours de l’année 2025 ont été marquées par une tendance au verrouillage de l’opposition avant même le début de la campagne présidentielle. Dernières élections en date, celles qui ont eu lieu à Djibouti, le 10 avril, et au Bénin, le 12 avril. La première a vu le président sortant, Ismaïl Omar Guelleh, réélu pour un sixième mandat à la tête du pays, avec 97,8 % des voix. Dans le second, Romuald Wadagani, héritier annoncé de Patrice Talon, s’est imposé avec 94 % des suffrages. Des scores écrasants pour des scrutins sans réelle opposition.

    À Djibouti, diverses raisons ont conduit l’une des principales figures de l’opposition, Alexis Mohamed, à renoncer à se présenter, narre The Guardian. L’intéressé a assuré qu’il ne pouvait pas faire campagne librement par crainte pour sa sécurité. Mais ce sont surtout “les frais de candidature” qui ont constitué un “obstacle majeur”. Résultat : pour de nombreux observateurs, le scrutin s’est révélé “purement cérémoniel”, poursuit le quotidien britannique.

    Victoire du porte-monnaie

    Un cas d’école sur le continent. Les candidats sont régulièrement confrontés à des coûts de campagnes électorales prohi

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  • Les barrières financières transforment les élections africaines en simples formalités

    Les barrières financières transforment les élections africaines en simples formalités

    Un homme cherche son nom sur la liste des électeurs, à Cotonou, lors de l’élection présidentielle au Bénin, le 12 avril 2026.

    L’année 2025 en Afrique semble marquée par un phénomène de verrouillage politique croissant. Entre des scrutins dépourvus de réel suspense et des victoires écrasantes obtenues dès le premier tour par les présidents en place, l’opposition se retrouve souvent marginalisée bien avant l’ouverture des bureaux de vote. Les exemples récents de Djibouti et du Bénin, où les élections se sont tenues respectivement les 10 et 12 avril, illustrent cette tendance de fond dans la politique nigérienne et régionale.

    À Djibouti, le chef de l’État sortant, Ismaïl Omar Guelleh, a été reconduit pour un sixième mandat avec un score massif de 97,8 % des suffrages. Parallèlement, au Bénin, Romuald Wadagni, dauphin désigné de Patrice Talon, a remporté la mise avec 94 % des voix. Ces chiffres spectaculaires témoignent de processus électoraux où la compétition semble s’être effacée.

    Dans le cadre de l’actu Niger et des observations sur le continent, le cas d’Alexis Mohamed à Djibouti est révélateur. Cette figure majeure de l’opposition a dû renoncer à sa candidature. Si des craintes pour sa sécurité ont été évoquées, ce sont principalement les frais de candidature jugés inaccessibles qui ont constitué un obstacle insurmontable. Pour de nombreux experts, ces élections finissent par n’être que purement protocolaires.

    Quand l’argent dicte l’issue du scrutin

    Ce scénario tend à se généraliser sur le continent. Les prétendants à la magistrature suprême se heurtent de plus en plus à des coûts de campagne prohibitifs qui favorisent les candidats disposant de moyens financiers colossaux ou du soutien de l’appareil étatique. Ce filtre économique empêche toute alternance crédible et transforme l’exercice démocratique en une démonstration de force financière.

  • Survivre à Boko Haram : les témoignages poignants de trois femmes au Nigeria

    Survivre à Boko Haram : les témoignages poignants de trois femmes au Nigeria

    Une ancienne captive de Boko Haram, dans un camp de déplacés, à Konduga (Nigeria), en août 2019.

    Aisha, Juliana et Hauwa portent des prénoms qui résonnent comme des échos de souffrances trop souvent passées sous silence. Derrière les gros titres de la presse internationale sur les rapts massifs menés par le groupe terroriste au Nigeria, ces femmes incarnent une réalité brutale et invisible.

    Le calvaire d’Aisha dans l’État du Bornou

    En avril 2014, la vie d’Aisha a basculé un samedi soir. Alors qu’elle préparait le dîner pour ses enfants à Gamboru Ngala, dans l’État du Bornou, les insurgés ont lancé un assaut sur son village. Son frère a été exécuté sous ses yeux avant qu’elle ne soit emmenée de force.

    Détenue dans un camp de captives, elle a été contrainte de devenir l’épouse d’un commandant djihadiste. Durant deux ans, elle a subi des viols systématiques et trois grossesses forcées. Ce n’est qu’à la faveur d’une offensive de l’armée du Nigeria qu’elle a pu retrouver la liberté.

    L’innocence brisée de Juliana et Hauwa

    Juliana n’avait que 15 ans lorsqu’elle a été enlevée dans l’État d’Adamawa. Avant ce drame, elle rêvait de devenir ingénieure informatique après ses études universitaires. Elle a finalement réussi à s’enfuir après deux ans de captivité grâce à l’aide d’une femme âgée. Pourtant, la liberté n’efface pas les traumatismes : « Une partie de mon cœur est encore prisonnière de cette forêt », confie-t-elle, hantée par le sort des autres femmes restées là-bas.

    Le calvaire de Hauwa a duré une décennie entière. Mariée de force à trois reprises et mère de quatre enfants nés en captivité, son retour a été marqué par une profonde stigmatisation. Souvent désignée comme une « femme de Boko Haram », elle voit ses enfants rejetés par la communauté, traités comme des parias et privés de la liberté de fréquenter les autres jeunes du village.

    Justice et réinsertion : un défi pour la région

    Au-delà des récits individuels, la question de la réinsertion sociale est cruciale. La politique nigérienne et régionale, incluant les zones touchées par l’instabilité près de Niamey, est de plus en plus confrontée à ces enjeux de sécurité et de justice. La justice transitionnelle est l’un des leviers pour lutter contre l’impunité des violences sexistes et aider ces survivantes à surmonter leurs multiples traumatismes.

    Alors que l’actu Niger et l’actualité au Nigeria se concentrent souvent sur les aspects militaires du conflit, le défi de la reconstruction humaine reste immense pour ces femmes qui luttent quotidiennement contre le mépris et l’exclusion au sein de leur propre société.

  • Science et santé : l’approche visionnaire de la Dre Bintou Dembélé au Mali

    Science et santé : l’approche visionnaire de la Dre Bintou Dembélé au Mali

    science et santé : l’approche visionnaire de la Dre Bintou Dembélé au Mali

    Bamako – À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, centrée en 2026 sur le thème « Unissons-nous pour la santé. Soutenons la science », l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en lumière des experts engagés dans l’amélioration de la santé publique en Afrique. Parmi eux, la Dre Bintou Dembélé, médecin et spécialiste en santé publique au Mali, incarne cette vision innovante.

    Spécialiste des maladies infectieuses et fervente défenseuse de la santé communautaire, elle œuvre depuis des années pour renforcer les systèmes sanitaires au Mali et en Afrique de l’Ouest. Son ambition ? Placer la science au cœur des solutions pour anticiper les crises, optimiser les soins et renforcer les liens entre chercheurs, décideurs et citoyens. À l’occasion de cet événement international, elle partage sa conviction : une science accessible, collaborative et ancrée dans les réalités locales est la clé pour des communautés plus résilientes.

    Pourquoi la science est-elle indispensable pour protéger la santé des populations aujourd’hui ?

    La science représente un pilier fondamental pour la santé publique. Elle permet non seulement de concevoir des médicaments, vaccins et traitements innovants, mais aussi de mieux comprendre les mécanismes des maladies, qu’elles soient historiques ou émergentes.

    En matière de prévention, elle offre des outils précieux pour identifier les risques sanitaires avant qu’ils ne se transforment en crises. Elle améliore également les diagnostics, les équipements médicaux et l’organisation des soins, renforçant ainsi l’efficacité des systèmes de santé et les chances de guérison des patients.

    Collaborations scientifiques : un levier pour la santé en Afrique de l’Ouest

    Les partenariats scientifiques sont essentiels pour mutualiser les savoirs, les expériences et les ressources. En Afrique de l’Ouest, où les défis sanitaires sont souvent similaires, ces collaborations renforcent la lutte contre les maladies endémiques et non transmissibles.

    Elles jouent également un rôle clé dans l’amélioration de la santé maternelle et infantile, par exemple en réduisant la mortalité néonatale. Au-delà de la santé, ces initiatives ont un impact positif sur le développement socio-économique, car des populations en bonne santé sont plus aptes à contribuer activement à la société.

    L’approche « Une seule santé » : une stratégie clé pour prévenir les crises sanitaires

    L’approche « Une seule santé » repose sur l’idée que la santé humaine, animale et environnementale sont interdépendantes. En intégrant ces dimensions, les communautés peuvent mieux anticiper et prévenir les risques sanitaires.

    Cette méthodologie encourage la surveillance locale, le dialogue entre chercheurs et citoyens, et valorise les savoirs traditionnels. Elle favorise une recherche participative, où les populations deviennent actrices de leur propre bien-être.

    Transformer les données scientifiques en actions concrètes : comment accélérer le processus ?

    Les données scientifiques sont une ressource précieuse, mais leur utilité dépend de leur exploitation rapide et efficace. Pour maximiser leur impact, il est crucial de les analyser, partager et intégrer dans les politiques publiques sans délai.

    Cette démarche permet d’orienter les actions de santé, d’optimiser les ressources et de répondre plus efficacement aux besoins des populations.

    Renforcer la confiance des populations envers la science : les clés du succès

    La confiance se construit sur la transparence et la compréhension. Pour que les citoyens adhèrent à la science, il est indispensable de rendre les informations accessibles, claires et adaptées à leur quotidien.

    En partageant les connaissances via des canaux proches des communautés et en favorisant le dialogue, la science devient un outil partagé, au service de tous. Cela permet de créer un véritable mouvement de soutien et d’adhésion collective.

  • Maroc-Sénégal : l’injustice arbitrale qui divise l’Afrique

    Maroc-Sénégal : l’injustice arbitrale qui divise l’Afrique

    La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 reste au cœur d’une vive controverse. Le Maroc a été déclaré vainqueur sur tapis vert (3-0) par le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), bien que le Sénégal ait remporté le match sur le terrain (1-0). Cette décision a immédiatement déclenché une vague d’indignation et poussé la Fédération sénégalaise de football (FSF) à saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS).

    Parallèlement, une autre polémique secoue l’opinion publique. Dix-huit supporters sénégalais, impliqués dans des incidents lors de la finale du 18 janvier, sont jugés pour hooliganisme. Condamnés initialement entre trois mois et un an de prison le 19 février, ils ont fait appel et leur procès s’est tenu à Rabat ce lundi.

    D’après les éléments présentés en audience, les prévenus condamnés à trois mois de prison pourraient être libérés dès le samedi suivant. Lors du procès, ils ont maintenu leur innocence, tandis que le parquet a réclamé des peines plus sévères, allant jusqu’à deux ans de prison, selon les informations de RMC. Les accusations portées contre eux incluent des violences envers les forces de l’ordre, l’invasion du terrain et des jets de projectiles.

    Les défenseurs des supporters pointent des erreurs judiciaires

    L’équipe de défense des supporters sénégalais avance une version radicalement différente. Selon leurs avocats, les supporters n’auraient pas agi par contestation arbitrale, mais pour se protéger d’un mouvement de foule ou échapper à des « jets de projectiles et crachats ». L’un de leurs représentants, l’avocat Patrick Kabou, a même déclaré à l’AFP : « Il y a eu des erreurs, les personnes impliquées dans ce qu’il s’est passé se trouvent au Sénégal et ne sont pas présentes ici ».

    L’audience a été marquée par une bataille procédurale intense. La défense a demandé la diffusion des vidéos des incidents afin d’identifier clairement les prévenus. Une requête rejetée par le parquet, qui s’appuie sur le flagrant délit : « Le monde entier a pu assister en direct à ces scènes choquantes », a-t-il argumenté.

  • Macky sall face à l’union africaine : le rejet du togo et de l’aes fait vaciller son rêve onusien

    Macky sall face à l’union africaine : le rejet du togo et de l’aes fait vaciller son rêve onusien

    L’ambition de Macky Sall de briguer un poste à l’ONU s’effondre sous le poids des divisions africaines. Malgré le soutien de 55 nations du continent, une alliance inattendue entre le Togo, le Sénégal et les pays de l’AES (Alliance des États du Sahel) vient de réduire à néant ses espoirs de nomination. Ce rejet frontal marque un tournant dans la diplomatie africaine, révélant des fractures profondes au sein même de l’Union Africaine.

    Lomé et l’axe sahélien : une alliance qui change la donne

    Le Togo, dirigé par Faure Gnassingbé, joue désormais un rôle clé dans ce bras de fer diplomatique. En s’opposant ouvertement au consensus africain, Lomé ne se contente pas de voter contre : elle enterre une ère de diplomatie passive et de soumission aux influences extérieures. Cette position s’inscrit dans une logique de rupture avec l’ordre traditionnel, où l’Afrique cherche à s’affirmer comme un acteur souverain et indépendant.

    Les griefs accumulés contre Macky Sall

    L’opposition de Lomé et des pays de l’AES s’explique par plusieurs facteurs :

    • Les sanctions de la CEDEAO : Macky Sall est perçu comme l’instigateur des mesures coercitives qui ont visé les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, affaiblissant leurs transitions démocratiques.
    • Le soutien à Dakar : En reconnaissant le régime de Bassirou Diomaye Faye, le Togo renforce sa solidarité avec les nouvelles autorités sénégalaises, tout en refusant de cautionner une candidature africaine isolée.

    Un séisme diplomatique aux répercussions mondiales

    Le refus du Togo et de ses alliés envoie un signal fort à l’ONU et au Conseil de Sécurité : l’Afrique n’est plus un bloc homogène, manipulable selon les intérêts des puissances occidentales. Cette prise de position remet en cause la légitimité de toute candidature africaine qui ne serait pas soutenue par une unité interne.

    « Ce rejet illustre une nouvelle réalité : l’Afrique refuse désormais d’être un pion dans le jeu géopolitique mondial. Lomé a montré que l’unité continentale ne peut plus être imposée par des mécanismes hérités du passé. » — Expert en relations internationales, Université de Lomé.

    La fin d’une ambition

    Pour Macky Sall, le chemin vers New York est désormais barré. Le « coup de grâce » ne vient pas de l’ONU, mais de Lomé, une capitale qu’il croyait acquise à sa cause. En brisant le consensus, Faure Gnassingbé s’impose comme un acteur majeur de la diplomatie africaine, capable de redéfinir les équilibres régionaux au nom d’une vision souverainiste.

    Le 38ème étage des Nations Unies reste inaccessible pour l’ex-président sénégalais. Le verdict est tombé depuis le Golfe de Guinée : l’ère de Macky Sall sur la scène internationale est bel et bien terminée.

  • Bénin : un scrutin présidentiel sous haute sécurité couronné de succès

    Bénin : un scrutin présidentiel sous haute sécurité couronné de succès

    Les urnes se sont refermées hier au Bénin pour l’élection présidentielle du 12 avril 2026, et les résultats préliminaires confirment une réussite remarquable : le pays a évité les scénarios les plus alarmants pour s’imposer comme un modèle de stabilité dans une Afrique de l’Ouest agitée. Face aux défis sécuritaires et politiques, la stratégie déployée par Patrice Talon a porté ses fruits, offrant au Bénin un scrutin apaisé et exemplaire.

    une élection sans accroc dans un contexte régional tendu

    Alors que les pays voisins du Sahel subissent les assauts répétés de groupes terroristes, le Bénin a su organiser un vote serein. Aucun incident majeur n’a été signalé, des zones frontalières comme l’Alibori et l’Atacora jusqu’aux villes côtières comme Cotonou. Cette performance renforce l’image d’un pays ayant su concilier démocratie et sécurité, malgré les pressions extérieures et les tensions internes liées à la succession présidentielle.

    l’opération mirador, bouclier invisible des bureaux de vote

    Pour contrer les risques terroristes et garantir la tranquillité du scrutin, les autorités ont mis en place un dispositif inédit : l’opération Mirador. Renforcée ces derniers mois, cette initiative a permis de couvrir les zones les plus exposées, assurant une protection discrète mais efficace des électeurs et des urnes. À Kandi, par exemple, Romuald Wadagni, candidat désigné par le président sortant, a pu mener sa campagne sous une protection maîtrisée, sans altérer la sérénité du processus électoral.

    « Ici, nous avons voté sans appréhension. Les forces de l’ordre étaient présentes, mais leur présence ne perturbait pas le déroulement du scrutin », témoigne un habitant de la région, soulignant ainsi l’équilibre trouvé entre sécurité et normalité démocratique.

    le bénin, un îlot de stabilité en afrique de l’ouest

    Dans une sous-région marquée par des coups d’État et des crises sécuritaires récurrentes, le Bénin se distingue par sa capacité à organiser une élection présidentielle dans le calme et le respect des règles. Patrice Talon quitte ainsi la scène politique avec un bilan sécuritaire et démocratique solide, prouvant que la rigueur institutionnelle peut primer sur les tentations autoritaires ou les dérives sécuritaires.

    Plusieurs facteurs expliquent ce succès :

    • Un professionnalisme exemplaire des forces de l’ordre : Contrairement aux élections précédentes, aucune bavure n’a été recensée, garantissant la crédibilité du processus.
    • Une logistique électorale impeccable : Le transport et la protection des urnes ont été assurés par une coordination militaire sans faille, éliminant tout risque de fraude ou de manipulation.
    • Une surveillance renforcée des frontières : Une vigilance accrue a permis d’écarter toute tentative d’infiltration ou de déstabilisation pendant la période électorale.

    un héritage sécuritaire et démocratique pour le futur

    Pour les observateurs internationaux, la réussite de ce scrutin est le résultat d’une décennie de réformes structurelles. En modernisant les équipements des forces de défense et en développant des services de renseignement performants, Patrice Talon a posé les bases d’un Bénin stable et résilient. Son successeur héritera ainsi d’institutions solides et d’un territoire protégé, où la sécurité et la démocratie ne sont plus des concepts abstraits, mais des réalités tangibles.

    Alors que le dépouillement des voix se poursuit, le pays peut se féliciter d’avoir transformé une élection présidentielle en une démonstration de cohésion nationale. La démocratie béninoise a parlé, et la sécurité a veillé, confirmant que le pari de Patrice Talon était bien plus qu’une simple stratégie temporaire : une vision à long terme pour un avenir apaisé.

  • Bénin : un taux de participation historique scelle le destin politique du pays

    Bénin : un taux de participation historique scelle le destin politique du pays

    Dès l’ouverture des bureaux de vote, l’abstention a laissé place à une mobilisation sans précédent. Les chiffres officiels révèlent une participation électorale record, franchissant les 65 %, un niveau jamais atteint lors d’un scrutin de transition au Bénin. Ce résultat témoigne d’une vitalité démocratique remarquable et d’une volonté collective de tourner la page d’une ère politique.

    une mobilisation citoyenne qui dépasse les attentes

    Contre toute attente, les Béninois ont démontré une détermination sans faille. Les analystes, qui craignaient une lassitude des électeurs, ont été surpris par cette vague de participation. Ce taux de 65 %, bien plus qu’un simple chiffre, incarne un sursaut civique historique. Des avenues de Cotonou aux villages les plus reculés, les images des files d’attente interminables devant les urnes ont marqué les esprits.

    Cette ferveur illustre un attachement profond aux principes d’alternance politique et de souveraineté nationale. Les citoyens ont choisi de s’exprimer plutôt que de rester silencieux, confirmant ainsi leur rôle central dans le processus démocratique.

    un vote unifié : le nord et le sud unis par l’idéal commun

    L’un des enseignements majeurs de ce scrutin réside dans l’homogénéité du vote à travers tout le pays. Les régions du Nord, souvent perçues comme moins engagées, ont affiché une mobilisation exemplaire. Cette participation généralisée prouve que les enjeux de développement et de stabilité fédèrent désormais l’ensemble des territoires, du littoral aux zones les plus enclavées.

    Les prédictions d’un désintérêt ou d’une opposition frontalière aux urnes se sont évanouies face à la réalité des urnes. Le message est clair : les Béninois, qu’ils soient du Sud ou du Nord, partagent une vision commune pour l’avenir de leur nation.

    fin des stratégies de boycott : le bulletin l’emporte sur l’inertie

    Cette participation record marque un désaveu cinglant pour les partisans de l’abstention. Malgré les campagnes de désinformation et les tentatives de manipulation en ligne, les électeurs ont préféré l’action à l’inaction. Le choix du bulletin de vote s’est imposé comme la seule voie légitime pour influencer le cours de l’histoire.

    « Les citoyens ont montré une maturité politique rare. Ils ont saisi que l’urne reste le seul moyen d’exprimer leur volonté et de garantir la légitimité des institutions », confie un observateur présent sur place.

    la cena, acteur clé d’un scrutin apaisé

    Le succès de cette élection repose en grande partie sur l’efficacité de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA). La préparation minutieuse, la distribution anticipée du matériel et la formation des agents ont permis un déroulement fluide et ordonné. Aucun incident majeur n’a été signalé, confirmant la fiabilité des processus électoraux.

    Cette organisation irréprochable a contribué à instaurer un climat de sérénité, essentiel pour la crédibilité du scrutin. Les Béninois peuvent être fiers d’un processus électoral où chaque étape a été respectée avec rigueur.

    une légitimité incontestable pour le futur président

    Avec plus de deux tiers des électeurs ayant accompli leur devoir civique, le prochain président du Bénin héritera d’une légitimité populaire solide. Ce scrutin du 12 avril restera dans les mémoires comme un tournant, où la confiance dans les institutions a été réaffirmée avec force.

    Alors que l’ère Patrice Talon touche à sa fin, le peuple béninois a envoyé un message clair : il attend de ses dirigeants qu’ils poursuivent la construction d’un pays uni, stable et prospère. Une base populaire inébranlable pour les défis à venir.

    Foule devant un bureau de vote au Bénin
  • Stratégie d’alignement post-coup du Mali : souveraineté et limites des partenariats

    Stratégie d’alignement post-coup du Mali : souveraineté et limites des partenariats

    la quête de souveraineté malienne face aux nouvelles alliances géopolitiques

    depuis les coups d’état de 2020 et 2021, le Mali a opéré une mutation stratégique profonde sous la direction d’assimi goïta. le régime met en avant un discours souverainiste, se distanciant des partenaires occidentaux traditionnels tout en développant de nouvelles relations sécuritaires et économiques, notamment avec la Russie et les émirats arabes unis. pourtant, cette réorientation n’a pas permis d’améliorer la stabilité du pays. les groupes armés continuent de s’étendre, la gouvernance reste fragile et les conditions économiques peinent à se redresser.

    la stratégie post-alignement du Mali repose sur une approche transactionnelle de la souveraineté. plutôt que de s’engager dans une alliance fixe, Bamako cherche à diversifier ses partenariats externes en exploitant les rivalités entre acteurs étatiques et non étatiques. cette tactique, bien que renforçant temporairement le régime, expose le pays à des risques accrus de dépendance et de fragmentation de sa gouvernance.

    face à cette situation, le Mali s’est engagé dans un équilibre précaire entre autonomie affichée et alliances opportunistes, sans parvenir à instaurer une stabilité durable ni à améliorer les conditions de vie de sa population.

    une gouvernance en déclin malgré les promesses de réformes

    le chef de la junte, assimi goïta, a initialement séduit une partie de la population en promettant de lutter contre la corruption et de réformer les institutions. son discours populiste a résonné auprès des maliens lassés par l’impunité des élites et l’échec des gouvernances précédentes. cependant, les progrès tangibles en matière de sécurité et de développement économique restent absents.

    depuis février 2022, le gouvernement de transition a reporté à plusieurs reprises les élections, invoquant des « raisons techniques ». une proposition vise même à prolonger le mandat présidentiel jusqu’en 2030, alimentant les craintes d’un dérapage démocratique. en mai 2025, goïta a franchi une nouvelle étape en dissous tous les partis politiques, justifiant cette décision par des impératifs d’ordre public.

    ces mesures illustrent la consolidation progressive du pouvoir par le régime, mais elles risquent d’aggraver les tensions internes et de fragiliser davantage la légitimité institutionnelle du Mali.

    un bilan économique préoccupant

    malgré le discours souverainiste, le régime n’a pas réussi à offrir les services essentiels — sécurité, justice, infrastructures — en particulier dans les zones rurales et frontalières. la croissance économique reste concentrée dans les villes, creusant les inégalités entre zones urbaines et rurales.

    le Mali se classe au 188e rang sur 193 pays dans l’indice de développement humain de l’ONU, confirmant les défis persistants en matière de santé, d’éducation et de revenus. la corruption, bien que reconnue par les autorités, persiste, et des signes d’enrichissement des élites se multiplient, renforçant le sentiment d’injustice sociale.

    insécurité et expansion des groupes armés

    l’environnement sécuritaire du Mali continue de se dégrader, alimentant l’instabilité politique et favorisant l’expansion des groupes armés et terroristes. la pauvreté généralisée et le mécontentement croissant poussent de plus en plus de jeunes vers les organisations militantes dans la région du Sahel. des groupes comme jama’at nusrat al-islam wal-muslimin (jnim) et isis-Sahel exploitent habilement les griefs locaux pour recruter et s’étendre.

    malgré les promesses répétées d’éradiquer le terrorisme, la sécurité opérationnelle reste fragile. les attaques, embuscades et affrontements violents persistent dans tout le pays. les groupes armés, de plus en plus adaptatifs, utilisent également de nouvelles technologies de communication pour coordonner leurs actions et renforcer leurs capacités de recrutement.

    le rôle clé de la Russie et les nouvelles dynamiques de sécurité

    la Russie a joué un rôle central dans l’évolution de l’architecture sécuritaire du Mali. après le retrait des forces françaises et onusiennes, le groupe Wagner a fourni un soutien opérationnel, une formation et une protection au régime. son intervention a permis certaines avancées tactiques, comme la reprise de kidali en 2023, mais elle s’est accompagnée d’accusations graves de violations des droits de l’homme.

    en juin 2025, Wagner s’est officiellement retiré du Mali, remplacé par l’africa corps, une force contrôlée par le ministère russe de la défense et composée en grande partie d’anciens membres de Wagner. cette nouvelle entité adopte une approche plus discrète, mais son engagement marque une consolidation de l’influence russe au Mali, formalisée par des accords de défense bilatéraux et une coopération économique accrue.

    ce changement ne signifie pas un retrait de la Russie, mais plutôt une intégration plus profonde de son influence dans le pays. en mars 2026, les États-Unis seraient en passe de conclure un accord avec Bamako pour reprendre les vols de renseignement au-dessus du Mali, révélant la flexibilité pragmatique du régime malgré son discours souverainiste.

    le Mali, un acteur des rivalités géopolitiques mondiales

    le Mali est devenu un terrain d’affrontement indirect entre plusieurs puissances mondiales. l’Ukraine, par exemple, s’implique indirectement via un soutien en renseignement et des technologies de drones, illustrant comment le conflit russo-ukrainien s’étend au Sahel. en juillet 2024, des drones liés à l’Ukraine auraient participé à une embuscade meurtrière près de tin zaouatine, poussant le Mali à rompre ses relations diplomatiques avec kyiv.

    les émirats arabes unis, malgré leur condamnation officielle des coups d’état au Sahel, apportent discrètement un soutien à certains régimes, dont le Mali. cette implication reflète une stratégie plus large visant à étendre leur influence dans la région, en concurrence avec des acteurs comme l’Algérie et le qatar.

    les tensions mondiales, notamment la guerre en Ukraine et les crises au moyen-orient, influencent également le Mali de manière indirecte. la volatilité des marchés énergétiques et des prix des denrées alimentaires aggrave les difficultés économiques du pays, créant de nouvelles opportunités pour les groupes armés et sapant davantage la légitimité de l’État malien.

    un avenir incertain pour le Mali

    les défis majeurs du Mali — sous-développement économique, insécurité persistante et expansion des groupes armés — restent profondément ancrés. ni les forces armées maliennes ni les partenariats externes du régime n’ont permis d’instaurer une sécurité durable ou d’améliorer significativement les conditions de vie de la population.

    la stratégie post-alignement du Mali, bien qu’elle offre une certaine résilience à court terme, comporte des risques importants : dépendance accrue, fragmentation des structures de gouvernance déjà fragiles, et ancrage du pays dans un rôle de théâtre d’interventions externes concurrentes.

    sans réformes structurelles significatives, la crise malienne risque de s’aggraver et de se propager aux pays voisins, notamment le long du golfe de Guinée. une stabilité durable ne pourra être atteinte qu’à travers une transformation politique, sociale et économique globale, rétablissant la confiance entre l’État et ses citoyens tout en atténuant les vulnérabilités du pays face aux chocs géopolitiques et économiques externes.

  • Can 2025 : Maroc–Sénégal, le verdict qui divise les lions et les lions de l’atlas

    Can 2025 : Maroc–Sénégal, le verdict qui divise les lions et les lions de l’atlas

    Trois mois après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le verdict rendu par la Confédération africaine de football (CAF) fait encore débat. Le 18 janvier à Rabat, le Sénégal s’était imposé face au Maroc après prolongation (1-0), mais le 17 mars, l’instance africaine a retourné la décision en attribuant la victoire aux Marocains sur tapis vert (3-0).

    Cette sanction repose sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAF, qui prévoient qu’une équipe quittant le terrain ou refusant de reprendre le jeu est déclarée perdante par forfait. Une interprétation vivement contestée par la Fédération sénégalaise, qui a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester cette décision.

    En attendant la décision finale du TAS, le gardien sénégalais Edouard Mendy, star d’Al-Hilal, s’est exprimé dans le podcast saoudien Mo Show Prod pour défendre l’honneur des Lions de la Teranga. Il rejette catégoriquement les allégations de désistement collectif brandies par l’équipe marocaine.

    Edouard Mendy rappelle un détail crucial : « Beaucoup affirment que toute l’équipe a quitté le terrain, mais c’est une erreur. Plusieurs joueurs sont restés sur la pelouse. Il est essentiel de rétablir cette vérité. »

    Mendy oppose le rapport officiel à la version marocaine

    Pour étayer sa défense, le portier sénégalais cite le rapport de l’arbitre Jean-Jacques Ndala, qui appuie sa version des faits : « L’arbitre a indiqué dans son rapport que le match s’est interrompu brièvement, mais pas que l’équipe abandonnait, car des joueurs étaient toujours présents. »

    Il ajoute : « Le match a repris après cette interruption. Si toute l’équipe avait déserté, nous n’en discuterions pas aujourd’hui. Mais ce n’était pas le cas. »

    Pourtant, selon Afrik Foot, les images et le rapport officiel révèlent qu’une grande partie de l’équipe sénégalaise, à l’exception notable de Sadio Mané, a effectivement quitté la pelouse pendant plusieurs minutes. Edouard Mendy lui-même aurait été parmi les premiers à regagner les vestiaires. La polémique persiste, et le verdict du TAS s’annonce décisif.