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  • Diplomatie togolaise : faure gnassingbé reçoit deux émissaires onusiens pour la crise à l’est de la rdc

    Diplomatie togolaise : faure gnassingbé reçoit deux émissaires onusiens pour la crise à l’est de la rdc

    Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a accueilli ce lundi 8 juin 2026 à Lomé deux hauts responsables des Nations unies impliqués dans la gestion de la crise sévissant dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Il s’agit de James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, ainsi que Huang Xia, envoyé spécial pour la région des Grands Lacs. Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi semestriel de la médiation menée par l’Union africaine.

    Une rencontre au service de la médiation

    Les échanges ont principalement porté sur l’avancement des démarches diplomatiques en cours et le rôle des Nations unies dans l’appui à la médiation africaine. À Lomé, les acteurs ont examiné les efforts entrepris pour rapprocher les points de vue et préserver un espace de dialogue autour d’un dossier toujours complexe sur les plans sécuritaire et politique.

    Par ailleurs, la présence conjointe des émissaires onusiens et du médiateur désigné par l’Union africaine souligne une nécessité devenue évidente : la résolution de la crise dans l’Est de la RDC exige une meilleure coordination entre les acteurs africains et leurs partenaires internationaux. Dans ce schéma, Lomé cherche à s’affirmer comme un carrefour diplomatique clé.

    Le Togo mise sur son rôle croissant

    Au cours de l’entretien, les représentants de l’ONU ont salué l’implication du Togo en faveur de la paix et de la stabilité en Afrique. Ils ont également réitéré leur volonté d’accompagner les initiatives dirigées par Faure Gnassingbé en vue d’une solution durable et équilibrée à la crise.

    Cette posture confirme l’intérêt pour la méthode togolaise, qui repose sur des consultations régulières, une diplomatie discrète et la recherche de consensus entre les parties prenantes. Pour Lomé, l’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance en véritable levier d’influence sur le dossier des Grands Lacs.

    Une coordination indispensable

    Les consultations entre le médiateur africain et les Nations unies ne sont pas récentes, mais elles gagnent en importance dans un contexte marqué par la persistance des violences dans l’Est congolais. Les deux parties entendent ainsi maintenir une approche concertée pour éviter l’éparpillement des efforts de paix.

    Cette dynamique répond à un constat simple : multiplier les initiatives est insuffisant si elles ne sont pas alignées. En recevant ces émissaires onusiens, Faure Gnassingbé vise à renforcer une architecture diplomatique plus cohérente, capable d’unir les acteurs régionaux et internationaux autour d’un même objectif.

    Lomé, plateforme de dialogue

    Enfin, la rencontre de ce lundi confirme le positionnement de Lomé comme cadre de discussion sur la crise congolaise. Le Togo, qui accueille régulièrement des consultations liées à la médiation africaine, entend faire de cette visibilité un atout dans la recherche de solutions politiques aux conflits régionaux.

    Reste à savoir si cette coordination renforcée entre l’Union africaine et les Nations unies permettra des avancées concrètes. Dans une crise longue et complexe, la valeur d’une médiation se mesure à sa capacité à maintenir l’engagement des acteurs et à faire évoluer, même progressivement, les conditions d’un accord durable.

  • Crise en rdc : Faure Gnassingbé structure la médiation africaine à Lomé

    Crise en rdc : Faure Gnassingbé structure la médiation africaine à Lomé

    Ce lundi 8 juin 2026, Lomé a servi de cadre à une réunion de haut niveau sur la médiation africaine dans la crise qui touche l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs. Présidée par Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, cette rencontre a mis l’accent sur un point crucial : mieux coordonner les initiatives de paix encore éparpillées.

    Autour de la table, se sont retrouvés les facilitateurs nommés par l’Union africaine, ainsi que des représentants de l’ONU, de la CAE, de la CEEAC, de la SADC, de la CIRGL et du CICR. Cette diversité d’acteurs illustre la complexité d’un dossier où s’entremêlent cadres régionaux, mandats institutionnels et efforts diplomatiques parallèles.

    Une médiation en phase de structuration

    Cette réunion semestrielle s’inscrit dans le prolongement des échanges tenus à Lomé en janvier dernier. À l’époque, les participants avaient déjà travaillé sur la cohérence du dispositif de médiation et sur la nécessité de consolider le processus de paix.

    Présidence du Conseil

    Faure Gnassingbé a estimé que des progrès avaient été réalisés depuis, notamment dans l’organisation interne de l’architecture de médiation. Selon lui, l’enjeu n’est plus seulement de multiplier les initiatives, mais de les rendre plus lisibles, plus cohérentes et plus efficaces sur le terrain.

    Cette approche répond à une difficulté récurrente dans les crises prolongées : trop d’acteurs interviennent parfois sans coordination suffisante, ce qui affaiblit la portée des efforts diplomatiques. À Lomé, la priorité affichée a donc été de remettre de l’ordre dans le processus.

    Présidence du Conseil

    Le pari du dialogue africain

    Le médiateur de l’Union africaine a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa mission avec détermination, malgré les obstacles. Il a insisté sur la nécessité de maintenir la mobilisation collective en faveur de la stabilité dans l’Est congolais, où les violences et les tensions armées continuent de peser sur les populations civiles.

    En plaçant le dialogue inclusif au centre de sa démarche, Faure Gnassingbé défend une ligne diplomatique claire : privilégier des solutions africaines, portées par des mécanismes africains, tout en maintenant un lien avec les autres initiatives internationales. Cette position vise à éviter les doublons et à renforcer la crédibilité du processus.

    Les parties prenantes ont salué ce leadership, estimant qu’il contribue à restaurer la confiance entre les acteurs et à harmoniser les démarches engagées. Pour elles, la réussite de la médiation passe d’abord par une architecture claire, des responsabilités bien réparties et un suivi rigoureux des engagements.

    Présidence du Conseil

    Des décisions pour le second semestre

    La réunion de Lomé a abouti à plusieurs orientations concrètes. Les participants ont notamment décidé de renforcer la coordination entre le Bureau du Médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant.

    Ils ont aussi souligné l’importance de construire une contribution africaine plus structurée aux processus de Washington et de Doha. L’objectif est de permettre une meilleure appropriation de ces initiatives par les acteurs de la région et de faciliter leur mise en œuvre.

    Dans le même esprit, les États et les organisations impliqués ont été appelés à intensifier leur coopération, dans le respect des rôles définis par l’architecture adoptée à Lomé le 17 janvier 2026. Un plan d’action opérationnel doit désormais être finalisé dans un délai de quinze jours afin de traduire ces orientations en mesures concrètes.

    Présidence du Conseil

    Lomé comme point d’appui

    Au fond, cette réunion confirme le rôle croissant de Lomé comme plateforme diplomatique sur le dossier congolais. Le Togo s’impose progressivement comme un lieu de convergence pour les discussions liées à la paix dans les Grands Lacs.

    Reste à savoir si cette volonté de coordination produira des effets tangibles sur le terrain. Dans une crise aussi longue et mouvante, la valeur d’une médiation se mesure moins à ses annonces qu’à sa capacité à maintenir les acteurs autour d’une même table et à faire avancer, pas à pas, une feuille de route commune.

  • Gabon : vers un partenariat d’égal à égal avec l’Union européenne

    Gabon : vers un partenariat d’égal à égal avec l’Union européenne

    Libreville, mardi 9 juin 2026 – Le dialogue stratégique entre le Gabon et l’Union européenne, qui s’est tenu à Libreville, dépasse de loin le simple cadre d’une rencontre diplomatique annuelle.

    Dans le contexte de la Ve République issue de l’élection présidentielle d’avril 2025, cette session révèle une mutation profonde des relations entre Libreville et Bruxelles. Le Gabon ne veut plus être perçu comme un simple bénéficiaire de l’aide internationale. Il entend désormais s’imposer comme un partenaire économique, politique et environnemental à part entière.

    À travers les échanges menés au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba sous la houlette du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et de l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, une nouvelle philosophie de coopération semble voir le jour. Elle repose sur l’investissement, la création de valeur locale, le transfert de compétences et la reconnaissance du rôle stratégique du Gabon dans les équilibres régionaux et mondiaux.

    La Ve République à l’épreuve du regard européen

    La deuxième session du dialogue politique Gabon–Union européenne était très attendue. Elle constituait la première grande évaluation internationale du nouveau cycle institutionnel ouvert après la transition politique et l’élection présidentielle de 2025.

    Les questions liées aux réformes politiques et à la gouvernance ont naturellement occupé une place centrale. Le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, a détaillé les fondements de la nouvelle Constitution, présentée comme un texte visant à renforcer l’unité nationale, la participation citoyenne et le développement durable.

    Le gouvernement gabonais a notamment mis en avant la reconnaissance institutionnelle des peuples autochtones ainsi que l’intégration de la diaspora au sein des institutions. Selon les autorités, ces évolutions traduisent la volonté de bâtir un cadre institutionnel plus inclusif et plus représentatif des réalités contemporaines du pays.

    Les élections de 2025 ont également été examinées. Libreville défend le bilan d’un processus électoral qualifié de libre, crédible et apaisé, marqué, selon les chiffres officiels, par une participation supérieure à 70 %. Pour les autorités gabonaises, cette mobilisation témoigne de l’adhésion populaire au nouvel ordre institutionnel.

    Derrière ces discussions se joue un enjeu majeur : consolider la crédibilité démocratique du Gabon auprès de ses partenaires internationaux afin de sécuriser les investissements et renforcer son attractivité économique.

    De l’aide au co-investissement

    Le message le plus fort adressé à Bruxelles est toutefois venu d’Hermann Immongault. Le vice-président du gouvernement a clairement plaidé pour un changement de paradigme dans les relations entre le Gabon et l’Union européenne.

    Selon lui, le temps est venu de passer d’une logique principalement fondée sur l’aide et l’accompagnement à un partenariat économique structurant reposant sur l’investissement productif, la création de richesse locale et le développement du capital humain.

    Cette orientation s’inscrit pleinement dans l’esprit de l’Accord de Samoa, nouveau cadre régissant les relations entre l’Union européenne et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

    Pour Libreville, l’objectif est clair : attirer davantage de capitaux européens dans les secteurs stratégiques tels que l’industrie, les infrastructures, la transformation locale des ressources naturelles, les énergies renouvelables, le numérique et la formation.

    Cette évolution correspond également aux ambitions économiques affichées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema : diversifier l’économie, réduire la dépendance aux matières premières exportées sous forme brute et accélérer l’industrialisation du pays.

    La réponse européenne semble aller dans le même sens. Cécile Abadie a évoqué la nécessité d’adapter les outils de coopération afin de construire un partenariat renouvelé davantage orienté vers les résultats économiques concrets et les intérêts mutuels.

    La diplomatie verte du Gabon

    L’autre grand sujet de cette rencontre concerne l’environnement. Le Gabon possède près de 88 % de couverture forestière et abrite une part essentielle du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie.

    Pour les autorités gabonaises, cette contribution à la stabilité climatique mondiale mérite désormais une reconnaissance financière plus importante.

    Hermann Immongault a rappelé que la protection de ces écosystèmes représente un effort considérable pour les pays forestiers. Libreville plaide ainsi pour le renforcement des mécanismes internationaux de financement de la transition écologique afin de concilier préservation des ressources naturelles et développement économique.

    Cette revendication trouve un écho croissant dans les débats internationaux sur le climat. Alors que les grandes puissances multiplient les engagements environnementaux, les pays qui assurent concrètement la préservation des grands massifs forestiers réclament une rémunération plus juste des services écologiques qu’ils rendent à la planète.

    Au-delà des questions environnementales, les discussions ont également porté sur la coopération régionale, la stabilité en Afrique centrale, le rôle de la CEEAC, la sécurité du Golfe de Guinée et le renforcement du multilatéralisme.

    Le dialogue de Libreville révèle finalement une réalité nouvelle. Le Gabon cherche désormais à redéfinir sa place dans l’ordre international. Plus stable institutionnellement, plus affirmé diplomatiquement et plus ambitieux économiquement, il entend construire avec l’Union européenne une relation moins asymétrique et davantage fondée sur la réciprocité.

    Pour Bruxelles comme pour Libreville, l’enjeu dépasse la seule coopération bilatérale. Il s’agit de bâtir un modèle de partenariat capable de répondre simultanément aux défis de la croissance, de la transition écologique et de la stabilité régionale. C’est sur cette capacité à conjuguer souveraineté nationale et coopération internationale que se jouera l’avenir des relations entre le Gabon et l’Union européenne dans les années à venir.

  • Mali : le pari controversé des primes aux têtes jihadistes

    Mali : le pari controversé des primes aux têtes jihadistes

    Les autorités de transition maliennes ont mis en place un système de récompenses pouvant atteindre deux milliards de francs CFA pour la capture ou la neutralisation de plusieurs figures du jihadisme et du Front de libération de l’Azawad. Cette initiative a provoqué une onde de choc dans les sphères politique et médiatique du pays.

  • Le Maroc intègre des drones Bayraktar Akıncı à sa flotte aérienne

    Le Maroc intègre des drones Bayraktar Akıncı à sa flotte aérienne

    Les Forces Armées Royales marocaines viennent d’intégrer à leur arsenal les drones turcs Bayraktar Akıncı, une avancée significative confirmée par des images satellite de la sixième base aérienne de Ben Guerir. Ces appareils de haute technologie, issus des chaînes de production de Baykar, ont été réceptionnés au début de l’année précédente et sont désormais opérationnels sur cette base.

    Sur place, ils évoluent aux côtés des drones Bayraktar TB2, déjà en service depuis quelque temps, renforçant ainsi la capacité de surveillance et de dissuasion du royaume. Cette acquisition s’inscrit dans une stratégie de modernisation continue des équipements de défense marocains.

  • Médiation de l’UA en RDC : Faure Gnassingbé réaffirme son engagement pour la paix

    Médiation de l’UA en RDC : Faure Gnassingbé réaffirme son engagement pour la paix

    Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo et médiateur désigné par l’Union africaine (UA) pour la crise qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs, a conduit ce lundi à Lomé une rencontre de haut niveau. Cette réunion portait sur le bilan semestriel des actions de la médiation africaine.

    Y ont pris part les facilitateurs de l’UA, ainsi que des représentants des partenaires internationaux tels que l’ONU et le CICR, et des organisations régionales comme la CAE, la CEAC, la SADC et la CIRGL.

    Le médiateur s’est félicité des progrès enregistrés dans l’organisation de la médiation africaine, notamment depuis la précédente réunion de Lomé, qui visait à renforcer la cohérence et à consolider le processus de paix en RDC et dans les zones voisines.

    « Depuis janvier, nous avons accompli un pas décisif en organisant plus clairement la structure de la médiation africaine », a affirmé Faure Gnassingbé. « Je suis persuadé que cette réunion représente un progrès notable pour renforcer notre action commune et trouver des réponses pérennes à cette crise. »

    Cependant, le médiateur a aussi insisté sur la poursuite des efforts pour améliorer la cohérence et la coordination entre les multiples mécanismes de médiation impliqués dans le processus de paix dans cette partie du continent.

    Gnassingbé a réitéré sa volonté de mener à bien la mission confiée par l’UA et a lancé un appel à la poursuite de la mobilisation collective pour la stabilité en RDC.

    « Nous continuerons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Malgré les obstacles, nous voyons aussi beaucoup de bonnes volontés désireuses de nous soutenir dans cette quête de paix », a-t-il ajouté.

    Afin de prolonger la dynamique impulsée par le médiateur, la réunion a validé plusieurs mesures pour optimiser la médiation, dont l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour la deuxième moitié de 2026, et la préparation d’ici quinze jours d’un plan d’action opérationnel détaillant la mise en œuvre des décisions prises.

    Les participants, renouvelant leur engagement collectif, se sont engagés à exécuter ces mesures avec « diligence et cohérence ».

  • Gabon : le port de Kobe-Kobe, symbole d’une nouvelle ambition industrielle

    Gabon : le port de Kobe-Kobe, symbole d’une nouvelle ambition industrielle

    Les diplomates autour du chef de l'État gabonais à Kobe-Kobe

    Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement lancé les travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe, sur la façade atlantique du Gabon. Peu après, il a réuni à Nyonie un cercle stratégique composé des ambassadeurs et représentants des grandes puissances impliquées dans le projet. Cette rencontre diplomatique a marqué le début d’une nouvelle ère pour le pays : celle de la transformation en plateforme industrielle, logistique et minière de premier plan en Afrique centrale.

    Un nouveau modèle économique pour le Gabon

    Le chef de l’État a clairement fait comprendre aux partenaires internationaux que Kobe-Kobe n’est pas qu’une simple infrastructure portuaire. C’est la base d’un nouveau modèle économique destiné à préparer l’après-pétrole, à renforcer la souveraineté économique et à repositionner le Gabon dans les chaînes de valeur mondiales.

    Le projet s’appuie sur le gisement de fer de Belinga, l’un des plus importants du continent africain avec environ 7,5 milliards de tonnes de réserves et une teneur exceptionnelle de près de 65 %. Pendant des décennies, l’économie extractive africaine a consisté à extraire et exporter les matières premières brutes. L’ambition du président gabonais est de rompre avec cette logique.

    Le futur complexe intégré comprendra la mine de Belinga, une ligne ferroviaire électrique de plus de 500 kilomètres, un port en eau profonde capable d’accueillir les plus grands navires, et des infrastructures énergétiques pour alimenter l’ensemble. Cette intégration verticale vise à conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire et à faire émerger une industrie sidérurgique gabonaise.

    La diplomatie des partenariats multiples

    Devant les diplomates réunis à Kobe-Kobe, Brice Clotaire Oligui Nguema a exposé un pilier de sa stratégie internationale : la diversification des partenariats. Il a insisté sur le fait que l’avenir du Gabon ne peut reposer sur un seul partenaire ou une seule zone d’influence, mais sur une coopération ouverte avec plusieurs puissances économiques.

    Cette approche se concrétise dans le consortium international du projet : la Chine intervient sur les infrastructures ferroviaires et minières, la France via des opérateurs logistiques, et l’Italie, l’Inde, les États-Unis et l’Australie apportent leurs expertises industrielles, financières, énergétiques ou commerciales. Cette architecture permet de sécuriser financements et technologies tout en préservant l’autonomie de décision du Gabon.

    Les ambassadeurs de France, Fabrice Mauriès, et de Chine, Zhou Ping, ont salué cette approche équilibrée, porteuse de nouvelles opportunités de coopération. Leur soutien public reflète l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le Gabon depuis l’instauration de la Vème République.

    Un pari industriel pour l’Afrique centrale

    Au-delà des infrastructures, Kobe-Kobe représente un pari économique de grande ampleur. Les projections gouvernementales évoquent plus de 100 000 emplois directs et indirects à terme, l’émergence d’un vaste tissu de sous-traitance nationale et un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie : transport, énergie, logistique, métallurgie, services, ingénierie, formation professionnelle, construction et maintenance industrielle.

    L’impact géopolitique est tout aussi significatif. Avec son futur port en eau profonde, le Gabon pourrait devenir l’une des principales portes d’entrée maritimes d’Afrique centrale, dans un contexte de compétition régionale entre plateformes logistiques.

    En invitant les diplomates à relayer cette vision auprès de leurs gouvernements et institutions financières, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à élargir le cercle des investisseurs. Kobe-Kobe est bien plus qu’un chantier : c’est le symbole d’une stratégie nationale visant à transformer les ressources naturelles en levier d’industrialisation, à attirer des capitaux internationaux tout en consolidant la souveraineté économique du pays. Si ces objectifs sont atteints, le Gabon pourrait, d’ici la prochaine décennie, passer du statut d’exportateur de matières premières à celui d’acteur industriel majeur en Afrique centrale. L’entretien avec les partenaires internationaux juste après le lancement des travaux montre que la bataille du développement se joue désormais à l’échelle mondiale.

  • Verdict à Bamako : vingt ans de prison pour l’officier français Yann V.

    Verdict à Bamako : vingt ans de prison pour l’officier français Yann V.

    La cour criminelle de Bamako a prononcé une peine de vingt années de réclusion contre le lieutenant-colonel français Yann V., plus de dix mois après son interpellation au Mali. L’officier, qui travaillait officiellement au sein de l’ambassade de France, a dû également s’acquitter d’une amende de 3,6 millions de francs CFA pour des charges liées à une prétendue atteinte à la sûreté de l’État.

    Les responsables maliens lui reprochent d’avoir pris part à des actions destinées à fragiliser les institutions nationales, en sollicitant des personnalités politiques, des membres de la société civile et des gradés de l’armée. La France écarte fermement ces griefs, qualifiant le dossier d’infondé et exigeant sa remise en liberté.

    Ce jugement s’inscrit dans un climat de vive tension entre Bamako et Paris depuis la fin de l’opération Barkhane et le virage stratégique du Mali vers la Russie. Bien qu’une coopération discrète en matière de renseignement ait perduré, cette décision judiciaire accentue la détérioration des liens bilatéraux.

    Selon plusieurs analystes, ce verdict judiciaire envoie un message politique fort de la part du gouvernement malien, désireux de réaffirmer sa souveraineté face à l’ancienne puissance coloniale. Il permet aussi aux autorités de différer l’examen du rôle éventuel de certains militaires maliens mentionnés dans l’affaire.

    Malgré la lourdeur de la sanction, une issue diplomatique reste envisageable. Des scénarios de transfèrement vers la France ou de grâce présidentielle sont évoqués, mais toute avancée dépendra d’une décision des autorités de Bamako.

    Yann V. est incarcéré dans un centre relevant de la sécurité d’État à Bamako où il serait traité correctement, même si son état de santé s’est détérioré au cours des mois de détention.

  • Gabon : le déficit budgétaire atteint 5,3% du PIB en 2025, un record inquiétant

    Gabon : le déficit budgétaire atteint 5,3% du PIB en 2025, un record inquiétant

    Le déficit budgétaire du Gabon s’est fortement creusé en 2025, atteignant 5,3% du produit intérieur brut (PIB), contre 3,8% un an plus tôt. Cette aggravation découle d’une politique budgétaire expansionniste doublée d’une charge de la dette alourdie. L’endettement public a grimpé à 78,9% du PIB, un niveau qui a entraîné une dégradation de la note souveraine du pays en décembre 2025.

    Ce creusement intervient dans un contexte de ralentissement économique. La croissance du PIB est passée de 3,4% en 2024 à 2,7% en 2025, freinée par la baisse de la production pétrolière, minière, forestière et des transports. Malgré la bonne tenue des travaux publics, de l’industrie manufacturière et des services, les dépenses publiques engagées pour soutenir l’économie ont pesé davantage sur l’équilibre budgétaire, accentuant les besoins de financement de l’État.

    Des pressions accrues sur les finances publiques

    L’élargissement du déficit s’accompagne d’une montée des vulnérabilités financières. L’assouplissement de la politique monétaire de la banque centrale régionale a favorisé une forte progression des crédits accordés à l’État, renforçant l’exposition des banques au risque souverain. Par ailleurs, les créances douteuses poursuivent leur hausse, illustrant les tensions persistantes dans le système financier national.

    Cette contrainte budgétaire réduit les marges de manœuvre du gouvernement face aux défis sociaux. La pauvreté est restée quasiment stable à 33,1% de la population en 2025, tandis que le chômage demeure élevé, à 20,2%, avec une incidence particulièrement marquée chez les jeunes et les femmes. Pour un redressement durable, il faudrait maîtriser les dépenses, gérer la dette de manière plus soutenable et mettre en œuvre des réformes pour renforcer les recettes de l’État.

  • Kobe-Kobe : le nouveau port qui pourrait transformer l’économie gabonaise

    Kobe-Kobe : le nouveau port qui pourrait transformer l’économie gabonaise

    Libreville, lundi 8 juin 2026 – Le lancement officiel des travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe marque bien plus que le début d’un chantier. Il représente l’entrée du Gabon dans une nouvelle ère économique.

    Derrière les engins de chantier et les études techniques se dessine un projet de transformation nationale dont les retombées pourraient redéfinir durablement la place du pays dans les échanges régionaux et mondiaux.

    À Nyonié, sur la façade atlantique de la province de l’Estuaire, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a donné le coup d’envoi d’un programme qui concentre plusieurs ambitions stratégiques : industrialisation, souveraineté économique, diversification post-pétrole, développement territorial, création d’emplois et rayonnement régional. Rarement un projet n’aura mobilisé autant d’acteurs internationaux et suscité autant d’attentes parmi les Gabonais.

    Le cœur d’un nouveau modèle économique

    Réduire Kobe-Kobe à un simple port serait une erreur. Le complexe repose sur quatre piliers interconnectés : le gisement de fer de Belinga, l’une des plus grandes réserves de minerai à haute teneur encore inexploitées ; une nouvelle ligne ferroviaire de 535 kilomètres reliant les zones de production au littoral ; un port minéralier en eau profonde avec quatre postes à quai ; et un barrage hydroélectrique de 400 mégawatts à Booué pour alimenter l’ensemble.

    Cette architecture intégrée rompt avec les schémas historiques d’exploitation des ressources africaines, où les matières premières étaient exportées brutes. Le projet Kobe-Kobe vise à capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. L’objectif officiel est clair : faire des ressources naturelles gabonaises un levier de transformation industrielle plutôt qu’une simple source d’exportation.

    Le partenariat signé en avril 2026 entre l’État gabonais, Africa Global Logistics et Algest Investment Bank traduit cette volonté de construire une chaîne économique complète, de l’extraction à la commercialisation internationale.

    Une bataille logistique pour l’Afrique centrale

    L’enjeu dépasse le seul secteur minier. Avec un tirant d’eau de 14 à 16 mètres, Kobe-Kobe offrira un avantage naturel majeur dans une région où plusieurs ports atteignent leurs limites opérationnelles. Les navires de très grande capacité pourront y accoster directement, réduisant les coûts logistiques et renforçant l’attractivité du territoire pour les investisseurs. Dans un contexte où les États d’Afrique centrale cherchent à améliorer leur compétitivité commerciale, la maîtrise des infrastructures logistiques devient décisive.

    Le Gabon entend se positionner comme une plateforme régionale, desservant non seulement son marché intérieur mais aussi une partie importante des flux commerciaux sous-régionaux. Cette ambition s’inscrit dans la stratégie plus large de Brice Clotaire Oligui Nguema : préparer activement l’après-pétrole en s’appuyant sur les ressources minières, le potentiel énergétique et la position géographique privilégiée du pays. La présence de partenaires comme China Railway, EDF-Sinohydro, Trafigura, Fortescue et Africa Global Logistics témoigne de la crédibilité de cette vision.

    L’enjeu social derrière les infrastructures

    Au-delà des investissements, l’impact humain est sans doute la dimension la plus attendue. Les projections officielles évoquent plus de 9 000 emplois directs et jusqu’à 100 000 emplois indirects d’ici 2030. D’autres estimations avancent même un potentiel de 160 000 emplois directs et indirects à mesure du déploiement du corridor industriel.

    Pour les populations de Nyonié, du Komo-Océan et des territoires traversés par les futures infrastructures ferroviaires, le projet représente une perspective de transformation économique sans précédent. L’amélioration des transports, le développement des services, l’implantation de nouvelles activités industrielles et commerciales, ainsi que la montée en compétence de la main-d’œuvre nationale pourraient profondément modifier le paysage socio-économique de plusieurs régions.

    La réussite de Kobe-Kobe se mesurera à un défi essentiel : transformer cette infrastructure monumentale en moteur concret de prospérité pour les Gabonais. Car derrière les grues, les quais et les convois ferroviaires se joue une question fondamentale : la capacité du Gabon à convertir ses richesses naturelles en développement durable, en emplois qualifiés et en souveraineté économique. Si les objectifs annoncés sont atteints, Kobe-Kobe ne sera pas simplement un nouveau port. Il pourrait devenir le symbole de l’émergence d’un nouveau modèle gabonais fondé sur l’industrialisation, la création de valeur locale et l’intégration des chaînes économiques nationales. À l’échelle du continent, rares sont les projets qui incarnent avec autant de clarté cette ambition : celle d’une Afrique qui ne se contente plus d’exporter ses ressources, mais construit les infrastructures capables de transformer son avenir.

  • Autochtonie au Cameroun : un faux débat qui fragmente la nation

    Autochtonie au Cameroun : un faux débat qui fragmente la nation

    Selon Oscar Njiki, la Constitution camerounaise garantit l’égalité entre tous les citoyens. Les droits ne dépendent pas de l’origine, mais de la citoyenneté. L’autochtonie relève de l’identité culturelle, pas d’un privilège juridique.

    Voici son analyse en plusieurs points :

    1) Est-on autochtone partout au Cameroun en tant que citoyen ?

    Non. L’autochtonie n’est pas une qualité universelle liée à la citoyenneté. Elle repose sur une mémoire, une filiation et une histoire. Posséder une terre, s’y installer et y investir ne suffit pas à devenir autochtone. Les peuples autochtones entretiennent un lien ontologique avec leurs terres : elles sont le prolongement de leur identité. Les droits coutumiers ne se transmettent pas par simple transaction marchande ; ils s’éteignent lors de la cession.

    On ne peut pas être autochtone partout.

    2) Faut-il nécessairement être autochtone pour se sentir chez soi ?

    Non. La citoyenneté transcende l’autochtonie. Tout Camerounais est chez lui partout au Cameroun. La légitimité de son installation ne dépend pas de ses origines, mais de son appartenance à la communauté nationale. Être Camerounais, c’est avoir droit de cité à Yaoundé, Bangangté, Maroua… sans condition d’autochtonie.

    Chaque citoyen camerounais est chez lui partout au Cameroun.

    3) Un autochtone est-il partout chez lui dans son village ?

    Non. Même dans le village, l’espace est structuré par la propriété. Chacun possède ses terres, ses maisons, ses champs. L’autochtonie n’autorise pas la violation de domicile ni l’appropriation des biens d’autrui. L’allogène propriétaire est chez lui dans le village de l’autochtone, car la possession fonde un droit reconnu par la loi.

    L’autochtonie ne confère pas tous les droits aux autochtones, et l’allochtonie ne retire pas les droits des allogènes.

    4) Un autochtone a-t-il plus de droits dans son village qu’un allogène ?

    Non. La loi est une et indivisible. La Constitution garantit l’égalité des citoyens. Les droits ne varient pas selon l’origine, mais selon la citoyenneté. L’autochtonie est une identité culturelle, non un privilège juridique.

    Autochtones et allogènes sont égaux devant la loi.

    5) Exception : la loi prévoit que certaines fonctions – maire de la ville, président du Conseil régional – soient réservées aux autochtones. Mais pour les autres charges électives (députés, maires, conseillers), aucune condition d’autochtonie n’est exigée.

    La loi réserve deux fonctions aux autochtones, mais tous les autres postes électifs sont ouverts à tous les citoyens, autochtones comme allogènes.

    En définitive, le débat sur l’autochtonie et l’allochtonie est une impasse. Il enferme les citoyens dans des appartenances fragmentées et détourne l’attention de l’essentiel : notre avenir commun. Ce qui importe, ce n’est pas la concurrence des origines, mais la convergence des destins. L’autochtonie et l’allochtonie ne doivent pas être des armes de division, mais des réalités culturelles intégrées dans une République une et indivisible.

    Nous devons regarder ensemble dans la même direction, comme les enfants d’une seule nation, et non comme des micro-États rivaux à l’intérieur du pays. Car l’avenir du Cameroun ne se construira pas dans la fragmentation, mais dans l’unité, la solidarité et la conscience partagée d’un destin commun.

    OSCAR NJIKI

  • Rabat accueille Shelter Afrique pour le financement des villes africaines

    Rabat accueille Shelter Afrique pour le financement des villes africaines

    Ce 9 juin 2206, Rabat accueille la 45e Assemblée générale annuelle de Shelter Afrique (ShafDB), la banque de développement dédiée au logement et à l’habitat. L’événement met en lumière un défi crucial pour les économies africaines : financer l’urbanisation accélérée du continent. La cérémonie d’ouverture se déroule en présence de Nadia Fettah Alaoui.

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