Catégorie : A la Une

  • Sénégal : Bassirou Diomaye Faye menacé d’exclusion du Pastef ?

    Sénégal : Bassirou Diomaye Faye menacé d’exclusion du Pastef ?

    La question agite les coulisses politiques sénégalaises : le président Bassirou Diomaye Faye risque-t-il d’être exclu du Pastef, le parti qu’il a contribué à fonder ? Cette interrogation, qui monte en puissance, alimente les spéculations au sein de la classe politique et dans l’opinion publique. Alors que le Pastef traverse une période de turbulences internes, l’avenir de son leader charismatique est au cœur des débats. Aucune décision officielle n’a encore été prise, mais les rumeurs d’une possible radiation circulent, ravivant les tensions entre les différentes factions du mouvement.

  • Processus de paix en RDC : la médiation africaine affine sa stratégie à Lomé

    Processus de paix en RDC : la médiation africaine affine sa stratégie à Lomé

    Le président du Togo, Faure Gnassingbé, en sa qualité de médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre la crise à l’est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs, a animé une réunion de travail à Lomé les 7 et 8 juin 2026. Cette session visait à faire le point sur l’avancement des initiatives diplomatiques engagées depuis le début de l’année et à définir les priorités pour les six prochains mois, alors que les confrontations entre les forces loyalistes et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, persistent.

    Ce conclave a rassemblé les membres du Collège des facilitateurs nommé par l’Union africaine, ainsi que des émissaires des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L’ordre du jour portait sur l’évaluation des avancées depuis la mise en place de l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026, ainsi que sur la planification des actions à mener au second semestre, en appui aux processus de Washington et de Doha, pilotés respectivement par les États-Unis et le Qatar.

    Des orientations claires pour le second semestre 2026

    Les discussions ont permis d’arrêter plusieurs axes stratégiques. Il a été décidé de renforcer la coordination interne entre le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant. Les participants ont également souligné la nécessité de structurer et de présenter une contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha, afin d’en assurer une meilleure appropriation et de favoriser leur mise en œuvre. Par ailleurs, un appel a été lancé à tous les États et organisations impliqués dans les efforts de médiation pour qu’ils intensifient leur coopération dans un esprit de solidarité, tout en respectant les mandats et les responsabilités définis dans l’architecture de Lomé.

    Des décisions immédiates pour gagner en efficacité

    La réunion a également débouché sur des mesures concrètes visant à améliorer l’efficacité du processus. Parmi elles, l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026, et la rédaction, sous quinze jours, d’un plan d’action opérationnel précisant les modalités d’exécution des décisions prises. Les participants se sont engagés à mettre en œuvre ces décisions avec diligence et cohérence, à honorer leurs engagements et à œuvrer de concert pour parvenir à une paix durable dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.

    Cette rencontre fait suite à celle de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé. À cette occasion, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation, confiant le rôle de médiateur principal au président togolais Faure Gnassingbé. Cinq co-facilitateurs, tous d’anciens chefs d’État africains, ont été désignés pour des thématiques spécifiques : Olusegun Obasanjo (Nigeria) pour les questions militaires et sécuritaires, Sahle-Work Zewde (Éthiopie) pour les questions humanitaires, Uhuru Kenyatta (Kenya) pour le dialogue avec les groupes armés locaux, Mokgweetsi Masisi (Botswana) pour la coopération économique régionale, et Catherine Samba-Panza (République centrafricaine) pour la société civile, la réconciliation et les questions de genre. Un Secrétariat conjoint indépendant, associant le Togo, l’Union africaine, la CAE, la SADC et la CIRGL, a également été mis en place, tandis que la Commission de l’Union africaine assure la coordination avec les partenaires internationaux, dont les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

  • Est de la RDC : Lomé fixe le cap pour la médiation africaine au second semestre 2026

    Est de la RDC : Lomé fixe le cap pour la médiation africaine au second semestre 2026

    Le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine pour la résolution de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, a dirigé lundi 8 juin 2026 à Lomé une réunion d’évaluation semestrielle des travaux de la médiation africaine. Cette rencontre s’est déroulée dans un contexte marqué par un statu quo diplomatique et la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

    Y ont pris part les membres du Collège des facilitateurs désignés par l’Union africaine, ainsi que des représentants des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

    Les assises, tenues les 7 et 8 juin 2026, avaient pour but d’évaluer les progrès accomplis depuis la mise en place de l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026, et de déterminer les priorités pour le second semestre de l’année, en appui aux processus de Washington et de Doha, pilotés respectivement par les États-Unis et le Qatar.

    Des orientations stratégiques pour le second semestre 2026

    Selon le compte-rendu officiel, la réunion a adopté plusieurs orientations, notamment le renforcement de la coordination interne entre le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant.

    Les participants ont également souligné la nécessité de structurer et de mettre à disposition une contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha, afin d’en accroître l’appropriation, de la légitimer et d’en faciliter la mise en œuvre.

    Ils ont aussi appelé l’ensemble des États et organisations engagés dans les efforts de médiation à renforcer leur coopération dans un esprit de solidarité, tout en respectant les responsabilités et les mandats définis dans l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026.

    Des décisions immédiates

    La réunion a adopté plusieurs mesures destinées à renforcer l’efficacité du processus de médiation. Il s’agit notamment de l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026, ainsi que de l’élaboration, dans un délai de quinze jours, d’un plan d’action opérationnel précisant les modalités de mise en œuvre des décisions arrêtées.

    « Animés d’une volonté collective renouvelée et d’un esprit de responsabilité partagée, les participants se sont engagés à mettre en œuvre avec diligence et cohérence les décisions de la présente réunion, à honorer les engagements souscrits et à œuvrer de concert pour l’avènement d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs », précise le communiqué final.

    Cette rencontre fait suite à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier à Lomé. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur principal désigné par l’Union africaine pour l’Est de la RDC, cette réunion visait à renforcer la confiance entre les parties, faire progresser le dialogue et veiller au respect des engagements pris par les différents acteurs impliqués dans le processus de paix.

    Cette initiative, qui avait réuni autour d’une même table un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la CAE et de la SADC, ainsi que plusieurs partenaires internationaux, s’inscrivait dans le prolongement des efforts diplomatiques engagés ces derniers mois en faveur de la stabilité dans l’Est de la RDC.

    À l’issue de ces assises, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’Est de la RDC. D’après ce schéma, la médiation est placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé, désigné médiateur de l’Union africaine. Celui-ci est appuyé par une équipe de soutien à la médiation togolaise, composée du ministère togolais des Affaires étrangères et de la présidence de la République.

    Cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, sont chargés de thématiques spécifiques. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est responsable des questions militaires et sécuritaires. L’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde est chargée des questions humanitaires. L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta supervise le dialogue avec les groupes armés locaux. L’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi est responsable des questions liées à la coopération économique régionale, tandis que l’ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, pilote les dossiers relatifs à la société civile, à la réconciliation et aux questions de genre.

    Le dispositif comprend également un Secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’Union africaine, la CAE, la SADC et la CIRGL. La Commission de l’Union africaine assure, pour sa part, la coordination avec les partenaires internationaux, notamment les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne ainsi que le Groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

  • Sexisme au Parlement congolais : quand les élues restent des cibles

    Sexisme au Parlement congolais : quand les élues restent des cibles

    Le 15 mai 2026, une scène choquante s’est déroulée à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Alors que la députée Micheline Mpundu achevait sa motion d’information et s’apprêtait à quitter l’hémicycle, le second vice-président Christophe Mboso, qui présidait la séance, a lancé : « Merci collègue, elle est très belle… hein. » Puis, en lingala, il a ajouté : « Regardez-la par vous-mêmes », imitant les formes de l’élue avec ses mains, sous les rires et les applaudissements nourris de l’assemblée. « Dieu l’a créée », a-t-il poursuivi, avant de conclure : « ce sont les choses d’un autre ». La séance s’est poursuivie comme si de rien n’était.

    Ce n’est qu’après l’indignation de plusieurs figures politiques, d’activistes des droits humains et de pressions internes que M. Mboso a présenté des excuses, plusieurs jours plus tard, sans faire l’objet de sanction. Cet incident relance une question centrale : quand les parlements africains, et congolais en particulier, cesseront-ils d’être des espaces hostiles aux femmes qu’ils sont censés représenter ?

    Mes recherches doctorales en science politique examinent les masculinités au sein des institutions législatives congolaises. Sous un angle comparatif africain, cette vidéo ne révèle pas un simple écart de conduite, mais un problème structurel. J’interroge ici le fossé entre les engagements officiels de la RDC en faveur de l’égalité et la réalité vécue par les femmes élues.

    Un phénomène qui dépasse la RDC

    Les violences parlementaires font partie du continuum des violences subies par les femmes en politique, en RDC comme ailleurs. Avant l’affaire Mboso, d’autres épisodes sexistes avaient déjà été documentés. La participation féminine a progressé avec les démocratisations des années 1990, mais cette présence s’est heurtée à des résistances structurelles. L’Union interparlementaire (UIP) a montré dans son enquête mondiale de 2016 que plus de 65,5 % des élues déclaraient avoir subi des agressions verbales répétées durant leur mandat. Ces violences viennent souvent de collègues masculins, et la société évalue davantage l’apparence des femmes politiques que leur bilan.

    Le sexisme ne s’arrête pas aux portes du Parlement : il s’y installe et s’y exhibe, comme en RDC. L’étude régionale de l’UIP et de l’Union parlementaire africaine (2021) confirme que les progrès restent insuffisants. Les applaudissements entendus dans la vidéo ne sont pas anodins : ils révèlent un système qui tolère ces comportements. La philosophe Kate Manne analyse cela comme un mécanisme de contrôle. Les gestes et les mots, ce que Mona Lena Krook appelle « violence sémiotique », rappellent aux élues qu’elles sont d’abord des corps. La colonialité du genre, concept de María Lugones, éclaire cette hiérarchie naturalisée héritée de la colonisation.

    Des exemples africains

    D’autres cas illustrent cette réalité. En 2022, la députée sénégalaise Amy Ndiaye, enceinte, a été giflée et frappée au ventre dans l’hémicycle. En 2025, la sénatrice nigériane Natasha Akpoti-Uduagha a été suspendue pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel du président du Sénat. Ces trois femmes, de trois pays différents, ont vécu des violences similaires, montrant que si les parlements africains tolèrent la voix des femmes, leur dignité n’est pas respectée.

    Les précédents congolais

    En RDC, le 30 avril 2020, l’ancien président du Sénat Thambwe Mwamba a humilié la sénatrice Bijoux Ngoya en séance plénière, révélant des réunions privées et l’accusant d’avances. Le 15 juillet 2021, le député Nsingi Pululu a interrompu la députée Christelle Vuanga en lui disant simplement : « Vous êtes une femme », pour discréditer son intervention. L’affaire Mboso n’est donc pas surprenante. La RDC a ratifié des conventions, adopté des lois, mais dans l’hémicycle, rien n’a changé.

    Une réflexion qui perdure

    Simone de Beauvoir écrivait en 1949 que les femmes étaient définies comme « les autres ». En 2026, cette altérité persiste au Parlement congolais : les députées sont réduites à leur corps. Ces incidents signalent que le patriarcat sape la démocratie de l’intérieur. Tant que les comportements sexistes resteront impunis, le Parlement congolais demeurera un lieu misogyne, alors qu’il compte seulement 65 femmes sur 477 députés (13 %), dans un pays où elles représentent près de 51 % de la population. D’autres parlements ont trouvé des solutions avec des campagnes comme #NotTheCost ou #NotInMyParliament, prouvant qu’une culture peut changer par des sanctions et la protection des victimes. La RDC a de belles lois, mais sans mise en œuvre, elles restent des vœux pieux. Ne pas sanctionner M. Mboso envoie un signal clair aux femmes congolaises qui envisagent une carrière politique.

  • Port de Kobe-Kobe : le Gabon bâtit son avenir économique par l’industrialisation

    Port de Kobe-Kobe : le Gabon bâtit son avenir économique par l’industrialisation

    Le Gabon accélère sa mutation en hub minier et industriel en Afrique centrale d’ici 2030. Un mois après la signature d’un accord stratégique avec Africa Global Logistics (AGL) pour le projet Kobe-Kobe, le gouvernement mise sur le développement des infrastructures nationales pour concrétiser sa vision.

    Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement lancé les travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe le 8 juin 2026, en posant la première pierre. Ce projet structurant comprendra un terminal minéralier, un quai polyvalent, une boucle ferroviaire, une zone résidentielle, des espaces de stockage et des bureaux. L’objectif affiché est de renforcer la souveraineté économique en transformant localement les matières premières.

    Cette ambition repose sur une collaboration internationale, chaque partenaire apportant son expertise dans les mines, le fer et les usines de transformation. « Tout le monde doit travailler et produire des résultats », a insisté le chef de l’État.

    Le ministre des Transports et de la Marine marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a déclaré : « Aujourd’hui, nous ne lançons pas simplement un chantier d’infrastructures. Nous posons les fondations d’un nouveau modèle de développement, fondé sur l’industrialisation, la création de valeur locale, l’intégration des territoires et la souveraineté logistique du Gabon. Votre ambition est claire, faire du Gabon un acteur incontournable de la logistique régionale et un hub stratégique en Afrique centrale. »

    Ce projet figure parmi les cinq plus grands projets miniers au monde. Le directeur général d’AGL, Philippe Labone, a annoncé que « les exportations du port de Kobe-Kobe commenceront en avril 2031 ». Un corridor ferroviaire de près de 550 km reliera les sites de production au complexe portuaire en environ huit heures.

    Les études sont en cours, et AGL prévoit d’envoyer des jeunes Gabonais en formation pour assurer leur implication directe dans le processus. Les retombées économiques attendues sont considérables : plus de 100 000 emplois, une hausse de plus de 50 % du PIB et une valeur annuelle estimée à plus de 10 milliards de dollars.

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  • Mali: Bamako veut instaurer un dialogue panafricain pour les professionnels des médias

    Mali: Bamako veut instaurer un dialogue panafricain pour les professionnels des médias

    Le premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a inauguré une série de panels lors d’un forum dédié aux enjeux médiatiques en Afrique. Plusieurs thématiques ont été abordées, notamment l’éducation aux médias à l’ère numérique, la lutte contre la désinformation et la formation aux médias.

    Le Maroc, invité d’honneur, était largement représenté à cet événement qui s’est déroulé du 3 au 6 juin 2026.

    Aziz Boucetta, directeur de publication de Panorapost.com, a souligné que la communauté panafricaine se réunit au Mali pour échanger sur les défis du continent, ajoutant que le Maroc apportera sa perspective et espère établir des partenariats pour le développement de l’Afrique.

    Le directeur général de l’école de journalisme, Aboubacar Abdoulwahidou Maïga, a indiqué que le taux d’internautes maliens est passé de 2 % en 2012 à 35 % aujourd’hui, dont 80 % de jeunes de moins de 35 ans. Parmi eux, 60 % s’informent via les réseaux sociaux.

    Il a également insisté sur le besoin de numérisation des médias maliens, condition nécessaire à leur rentabilité.

    Le chef du gouvernement, le général de brigade Abdoulaye Maïga, a déclaré que la sous-région fait face à des défis sécuritaires complexes, souvent accompagnés de batailles de perception. Les conflits d’aujourd’hui ne se limitent plus au terrain militaire, mais s’étendent au champ médiatique numérique. Dans ce contexte, le journaliste devient un acteur clé pour la stabilité des États, la cohésion sociale et la résilience des sociétés.

    Il a conclu en insistant sur le renforcement des compétences nationales et africaines : il est essentiel de renforcer les capacités professionnelles des médias pour qu’ils remplissent pleinement leur mission.

  • Ebola en RDC : le bilan atteint 550 cas confirmés et 101 décès, l’Ituri reste l’épicentre

    Ebola en RDC : le bilan atteint 550 cas confirmés et 101 décès, l’Ituri reste l’épicentre

    La souche Bundibugyo du virus Ebola continue de se propager dans l’est de la République démocratique du Congo. Les dernières données de l’Institut national de santé publique (INSP) révèlent que les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu comptent désormais 550 cas confirmés, dont 101 décès.

    Au 6 juin, 27 nouveaux cas avaient été détectés en 24 heures, signe que la transmission reste active dans plusieurs zones. Actuellement, 283 patients sont hospitalisés ou placés en isolement.

    Avec 91 décès parmi les cas confirmés, le taux de létalité s’établit à 17,7 %, selon les autorités sanitaires, qui précisent que certaines données sont encore en cours de consolidation.

    L’Ituri, province la plus touchée

    L’analyse géographique montre que l’Ituri demeure le principal foyer de l’épidémie. Sur les 25 zones de santé affectées, 17 se trouvent dans cette province, soit près de la moitié des 36 zones de santé de l’Ituri.

    Les zones concernées sont notamment Aru, Aungba, Bambu, Bunia, Damas, Gety, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rimba et Rwampara.

    Cette large répartition témoigne de la circulation persistante du virus sur plusieurs territoires, malgré les efforts de surveillance et de sensibilisation des équipes de riposte.

    Foyers actifs au Nord-Kivu et au Sud-Kivu

    Au-delà de l’Ituri, plusieurs zones de santé du Nord-Kivu et du Sud-Kivu enregistrent également des cas. Katwa reste le principal foyer actif avec 11 cas confirmés et 8 décès, suivie de Beni (5 cas, 3 décès), Butembo (4 cas, 2 décès), Miti-Murhesa (3 cas, 1 décès), Oïcha (2 cas, 2 décès), Kalunguta (1 cas, 1 décès), Kyondo (1 cas, 0 décès) et Goma (1 cas, 0 décès).

    Malgré cette progression, des signes encourageants apparaissent. Trois patients confirmés ont récemment été déclarés guéris : deux ont quitté les structures de prise en charge de Bunia, tandis qu’un autre a regagné son domicile dans la zone de santé de Katwa.

    L’INSP indique que les interventions se poursuivent dans toutes les zones affectées, avec un accent particulier sur la prévention des infections dans les établissements de santé, le suivi des contacts et la sensibilisation des communautés.

    Les autorités sanitaires estiment que le renforcement de la confiance des populations, la détection précoce des cas et le respect des mesures de prévention restent les clés pour briser les chaînes de transmission dans les semaines à venir.

  • Cameroun : 2 090 postes dans la fonction publique en 2026, un signal de reprise

    Cameroun : 2 090 postes dans la fonction publique en 2026, un signal de reprise

    Le gouvernement camerounais relance le recrutement dans la fonction publique avec 2 090 postes ouverts pour 2026, selon une note d’information du ministre Joseph Lé datée du 5 juin. Ce volume, bien que modéré par rapport aux années antérieures à 2021, marque une rupture après quatre années de restrictions budgétaires visant à maîtriser la masse salariale de l’État.

    Santé et éducation, piliers du recrutement public 2026

    L’essentiel des nouvelles places est concentré dans deux secteurs prioritaires. La santé publique obtient un quota spécial de 200 postes pour des médecins spécialistes, alors que les hôpitaux souffrent d’un manque criant de personnel qualifié. L’éducation bénéficie de 1 000 places pour des enseignants recrutés comme auditeurs libres, c’est-à-dire des diplômés intégrés en cours de formation.

    La répartition linguistique reflète l’équilibre constitutionnel entre les deux sous-systèmes éducatifs. L’enseignement général francophone reçoit 322 postes, contre 285 pour le versant anglophone. L’enseignement technique dispose de 193 places côté francophone et 200 côté anglophone. Hors santé et éducation, les volumes restent limités, indiquant une prudence budgétaire maintenue pour les autres administrations.

    Le seuil des 2 000 postes n’avait plus été atteint depuis 2023, où 2 235 recrutements avaient été autorisés. À l’époque, Joseph Lé avait justifié cette hausse par les besoins des administrations dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030.

    Une décennie de rationnement dans la fonction publique

    Le contraste avec la décennie précédente est frappant. En 2018, l’État avait ouvert 5 179 places, puis 5 411 en 2019 et 3 700 en 2020. La chute survient en 2021 avec seulement 1 536 postes, suivie d’un niveau inférieur à 1 000 en 2022. En 2024, les ouvertures peinaient à dépasser 1 200, témoignant d’un arbitrage durable en faveur du contrôle des effectifs.

    Cette compression répond à un impératif macroéconomique. La masse salariale de l’État est passée de 706,1 milliards de FCFA en 2012 à 1 080,1 milliards en 2021, soit une progression de plus de 50 % en moins d’une décennie. Cette hausse mobilise une part croissante des recettes fiscales et réduit les marges d’investissement public.

    Les autorités attribuent cette dérive à plusieurs catégories d’agents, notamment les enseignants du secondaire et les militaires, longtemps recrutés en grand nombre. Le retour de l’enseignement secondaire dans le concours 2026, après deux à trois années de suspension, pourrait raviver la pression sur les dépenses de personnel.

    Le plafond Cemac sur la masse salariale toujours dépassé

    La discipline budgétaire n’est pas qu’une décision souveraine. Le Cameroun est soumis aux critères de surveillance multilatérale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), qui plafonne le ratio des dépenses de personnel par rapport aux recettes fiscales à 35 %. Ce seuil de soutenabilité est régulièrement dépassé par Yaoundé.

    Le constat est partagé par l’ensemble des États membres. Dans son dernier rapport, la Cemac indique qu’aucun de ses six pays n’a respecté en 2024 les normes de pression fiscale et de masse salariale. Pour le Cameroun, première économie de la zone, le ratio reste au-dessus du plafond communautaire, confirmant une contrainte budgétaire structurelle.

    L’arbitrage pour 2026 reflète cette équation : répondre aux carences des services publics de santé et d’éducation sans relancer une spirale salariale scrutée par les bailleurs multilatéraux, alors que le pays poursuit son programme avec le Fonds monétaire international. Pour les candidats aux concours, cette fenêtre représente une rare opportunité après cinq années de restrictions. Pour l’exécutif, c’est un test de sa capacité à concilier exigences sociales et orthodoxie financière.

  • Cameroun : remboursement de 120 milliards FCFA sur l’emprunt BVMAC 2023

    Cameroun : remboursement de 120 milliards FCFA sur l’emprunt BVMAC 2023

    Le Cameroun honorera le 23 juin 2026 une nouvelle échéance de son emprunt obligataire ECMR 2023 à tranches multiples, pour un montant dépassant 120 milliards de FCFA. L’information provient d’un avis signé le 5 juin 2026 par Louis Banga Ntolo, directeur général de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Sur cette somme, 10,7 milliards de FCFA sont consacrés au paiement des intérêts, le reste correspondant à des amortissements en principal sur certaines lignes obligataires. Les encaissements aux guichets des sociétés de bourse et des banques teneurs de comptes débuteront le 24 juin.

    Une échéance structurée selon les maturités

    Contrairement à un remboursement classique portant sur une seule ligne, cette échéance combine un amortissement partiel du capital et le versement des coupons sur l’ensemble des tranches. Concrètement, les détenteurs de la tranche A recevront un coupon net de 10 580 FCFA par obligation, dont 10 000 FCFA en principal et 580 FCFA en intérêts. La tranche B donnera lieu à un versement de 5 600 FCFA, avec 5 000 FCFA d’amortissement et 600 FCFA de coupon.

    Les tranches C et D, à maturité plus longue, ne supportent pour l’instant que le paiement des intérêts, fixés respectivement à 675 et 725 FCFA par titre. Cette configuration reflète la logique d’un emprunt structuré sur plusieurs horizons de placement, où les souscripteurs aux maturités les plus longues acceptent de différer la récupération du capital en échange d’un rendement supérieur. Le mécanisme illustre la sophistication croissante de l’ingénierie obligataire dans la zone CEMAC.

    Une opération record sur le marché régional

    L’emprunt initial avait permis à Yaoundé de mobiliser plus de 176 milliards de FCFA en 2023, dépassant nettement la cible de 150 milliards. Il s’agissait de la septième émission obligataire réussie par le Cameroun sur le marché financier sous-régional unifié, et de la première opération à tranches multiples expérimentée dans la sous-région. La formule visait à élargir la base d’investisseurs en proposant un menu de maturités adapté aux profils de risque et aux contraintes de liquidité des souscripteurs.

    Le contexte d’émission n’était pourtant pas favorable. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) avait engagé un cycle de resserrement monétaire pour contenir les pressions inflationnistes, ce qui renchérissait mécaniquement le coût des ressources levées par les Trésors nationaux. En segmentant son offre, le Cameroun donnait aux investisseurs la possibilité d’arbitrer entre des placements courts moins rémunérateurs et des engagements longs assortis de coupons plus généreux. Le succès de la souscription a validé ce pari technique.

    Crédibilité souveraine et poids du service de la dette

    Pour les autorités camerounaises, le respect scrupuleux du calendrier de remboursement dépasse la simple obligation contractuelle. Il s’agit d’un signal envoyé à une communauté d’investisseurs régionaux dont les arbitrages conditionnent les futures levées de fonds. Les États de la CEMAC sollicitent de plus en plus fréquemment le marché obligataire pour financer leurs déficits budgétaires et leurs programmes d’investissement public, dans un environnement où l’accès aux ressources extérieures s’est nettement durci.

    L’échéance du 23 juin met également en lumière la montée en puissance du service de la dette intérieure dans les finances publiques camerounaises. Le recours répété au marché financier régional offre une alternative précieuse aux bailleurs internationaux et aux eurobonds, mais son coût demeure étroitement corrélé aux conditions monétaires fixées par la BEAC et à la perception du risque souverain par les souscripteurs locaux. Chaque paiement honoré dans les délais consolide la signature de Yaoundé et conditionne les marges de manœuvre des prochaines émissions du Trésor.

    Reste que l’équilibre entre besoins de financement et soutenabilité de la charge d’intérêts constituera l’un des paramètres déterminants des prochains exercices budgétaires.

  • Dialogue stratégique Gabon-UE : cap sur les investissements durables

    Dialogue stratégique Gabon-UE : cap sur les investissements durables

    Le lundi 8 juin 2026, la session 2026 du dialogue de partenariat stratégique entre le Gabon et l’Union européenne s’est ouverte au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba. Cette rencontre, présidée par le Vice-président du Gouvernement Hermann Immongault, représentant le chef de l’État, et par l’ambassadrice de l’UE au Gabon Cécile Abadie, marque une nouvelle étape dans les relations bilatérales. Deux ans après les assises de 2024 et dans le cadre de la Ve République instaurée après l’élection présidentielle d’avril 2025, Libreville souhaite consolider sa stabilité institutionnelle et promouvoir un modèle de coopération basé sur le co-investissement durable. Les échanges, réunissant les ambassadeurs européens et les membres du gouvernement, ont porté sur les réformes politiques, les perspectives économiques, la gouvernance, l’environnement ainsi que la coopération régionale et multilatérale.

    Dans son allocution, Hermann Immongault a déclaré que la phase de transition était définitivement achevée et que, depuis l’élection présidentielle du 12 avril 2025, une nouvelle dynamique institutionnelle s’était engagée avec l’édification de la Ve République. Il a souligné la volonté du Gabon de passer d’une logique d’aide à une logique de partenariat économique structurant, fondé sur l’investissement, la création de valeur locale, le transfert de compétences et le développement du capital humain. L’Accord de Samoa constitue désormais le nouveau cadre de référence de cette coopération renouvelée.

    Investissement et transition écologique

    Le Vice-président a rappelé que la protection du patrimoine naturel gabonais est un enjeu mondial. Selon lui, la préservation de cette richesse dépasse le cadre national et nécessite une reconnaissance plus juste des efforts des pays qui assurent une protection effective. Il a plaidé pour le renforcement des mécanismes internationaux de financement de la transition écologique, afin de concilier croissance économique, industrialisation et préservation de l’environnement. Le Gabon a réaffirmé son engagement pour le multilatéralisme, la stabilité en Afrique centrale et la sécurisation du Golfe de Guinée.

    De son côté, Cécile Abadie a salué la qualité du dialogue. Elle a estimé nécessaire d’adapter les outils de coopération entre le Gabon et l’Union européenne, en mettant l’accent sur un partenariat renouvelé répondant aux nouvelles priorités communes. Se disant preneuse d’échanges libres, la diplomate européenne a réaffirmé la volonté de l’UE d’accompagner le Gabon dans une coopération plus équilibrée, orientée vers les investissements, les réformes et des résultats concrets.

  • Maroc : l’économie bondit de 4,9 % en 2025 grâce à la demande intérieure et l’agriculture

    Maroc : l’économie bondit de 4,9 % en 2025 grâce à la demande intérieure et l’agriculture

    L’économie du Maroc a accéléré son rythme de croissance en 2025, atteignant 4,9 %, contre 4,4 % l’année précédente, d’après les comptes nationaux. Cette performance est soutenue par la vigueur de la demande intérieure, dans un contexte d’inflation maîtrisée et de hausse des besoins.

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  • Mali : l’offensive djihadiste et rebelle s’intensifie, les civils pris pour cible

    Mali : l’offensive djihadiste et rebelle s’intensifie, les civils pris pour cible

    La guerre du Mali s’étend : combats, diplomatie et civils en première ligne

    Au Mali, une question domine désormais : qui contrôle encore le terrain, et à quel prix pour les civils ? Dans le nord comme autour de Bamako, la réponse dépend moins d’un camp net que d’un enchevêtrement de rébellions, de groupes djihadistes, de forces gouvernementales et de soutiens extérieurs.

    Le conflit malien ne date pas d’hier. Il s’enracine dans la crise de 2012, quand le nord du pays a basculé entre rébellion touarègue et expansion djihadiste, sur fond d’effondrement de l’État après le coup d’État de mars 2012. Depuis, la guerre a changé de forme, mais elle n’a jamais disparu.

    La reprise de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023 a marqué un tournant symbolique. Cette ville du nord-est, bastion historique des rebelles touaregs, était un point de bascule dans le rapport de force. Mais la prise de la ville n’a pas refermé la crise. Au contraire, elle a nourri une nouvelle séquence d’affrontements et de représailles.

    Ce que disent les faits sur le terrain

    Depuis 2024, la situation s’est encore durcie. En septembre 2024, le GSIM, groupe djihadiste lié à Al-Qaïda, a revendiqué des attaques à Bamako, près de l’école de gendarmerie de Faladié et de l’aéroport militaire. Puis, au printemps 2026, une offensive coordonnée a de nouveau visé plusieurs sites dans le pays, jusqu’à la capitale, selon des informations recueillies sur place.

    Au même moment, les autorités maliennes ont multiplié les mesures d’urgence. Début juin 2026, elles ont interdit la vente et l’usage de grosses motos hors des grandes villes et créé des zones militaires interdites aux civils. Objectif affiché : compliquer les attaques de groupes mobiles, souvent capables de frapper puis de disparaître rapidement.

    Pour les habitants, l’effet est immédiat : déplacements plus risqués, économie locale freinée, accès à l’aide plus difficile. Des organisations humanitaires ont averti en mai 2026 que la situation s’aggravait rapidement, avec des civils tués, déplacés et privés de nourriture et d’assistance après les attaques coordonnées.

    Le cœur du problème reste militaire. La junte malienne veut reprendre le contrôle territorial. Les groupes armés, eux, misent sur l’usure. Les djihadistes cherchent à fragiliser l’État. Les rebelles touaregs, eux, revendiquent l’Azawad, cette région du nord qu’ils veulent voir autonome ou indépendante. Les deux agendas ne sont pas identiques, mais ils convergent parfois sur le terrain contre Bamako.

    La polémique Ukraine-France : accusations, démentis et rapport de force

    C’est ici que la lecture politique se brouille. En 2024, la junte malienne a accusé l’Ukraine d’avoir soutenu des rebelles touaregs après une lourde défaite de forces maliennes et de mercenaires russes près de Tinzaouaten. Kiev a rejeté ces accusations et dit que Bamako n’avait fourni aucune preuve. Le Front de libération de l’Azawad a aussi nié avoir reçu une aide ukrainienne.

    Ce dossier a ensuite servi à la junte pour durcir son discours contre l’Ukraine et ses alliés. Mais il ne permet pas, sur la base des éléments disponibles, d’affirmer que la France serait “dans le même camp” que les djihadistes. Au contraire, les positions officielles françaises connues publiquement portent sur le soutien à l’Ukraine et sur la fin de la coopération de défense avec Bamako, après la dénonciation par les autorités maliennes des accords militaires en 2022.

    La France, de son côté, a réduit puis arrêté son ancrage militaire au Mali après la rupture avec la junte. Cela a laissé un vide sécuritaire que Bamako a tenté de combler en se tournant vers la Russie, d’abord avec Wagner puis avec les dispositifs russes qui lui ont succédé. Ce choix a renforcé la rhétorique souverainiste des autorités maliennes, mais il n’a pas stoppé l’insurrection.

    Qui gagne, qui perd

    La junte gagne politiquement quand elle présente la crise comme une guerre contre des ennemis extérieurs et des complots étrangers. Cette lecture lui permet de resserrer le discours national, de justifier les restrictions sécuritaires et de souder ses soutiens. Mais elle ne répond pas aux fractures locales, ni à l’insécurité quotidienne.

    Les rebelles touaregs gagnent, eux, quand ils apparaissent comme une force capable de reprendre du terrain au nord. Leur mouvement profite aussi du vide laissé par le départ de la MINUSMA et de l’affaiblissement des dispositifs internationaux. Mais leur alliance tactique avec des groupes djihadistes, ponctuelle et instable, brouille leur image et inquiète les populations locales.

    Les djihadistes, enfin, tirent parti du chaos. Ils n’ont pas besoin de conquérir Bamako pour peser. Ils cherchent surtout à épuiser l’État, à étendre l’insécurité sur les routes, et à montrer que la junte ne contrôle plus tout. Des analyses récentes montrent d’ailleurs qu’ils frappent désormais loin de leurs bastions initiaux.

    Pour les civils, le bilan est le plus lourd. Les habitants du nord vivent avec les combats, les déplacements et la peur des représailles. À Bamako, les attaques de 2024 ont brisé l’idée d’une capitale protégée. Et les annonces sécuritaires de 2026 montrent que l’État malien reste sur la défensive.

    Ce qu’il faut surveiller maintenant

    La prochaine question n’est pas seulement militaire. Elle est aussi diplomatique. Il faut suivre l’évolution des relations entre Bamako, Kiev, Moscou et les capitales ouest-africaines, ainsi que la capacité réelle de la junte à contenir les offensives du GSIM et des rebelles touaregs. La suite dira si le Mali entre dans une phase de stabilisation fragile, ou dans une nouvelle escalade.