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  • Cameroun : pourquoi la réunion du Conseil supérieur de la magistrature est indispensable

    Cameroun : pourquoi la réunion du Conseil supérieur de la magistrature est indispensable

    Cameroun : pourquoi la réunion du Conseil supérieur de la magistrature est indispensable

    Dans son éditorial politique du lundi 8 juin 2026, diffusé sur Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang), le journaliste camerounais Eric Boniface Tchouakeu analyse l’urgence de convoquer le Conseil supérieur de la magistrature après les dernières nominations présidentielles.

    Le 2 juin 2026, le président de la République a signé un décret renouvelant les membres du Conseil supérieur de la magistrature. Paul Biya a en réalité reconduit dix des quatorze conseillers, dont les mandats avaient expiré depuis un an, pour une nouvelle période de cinq ans. Or, le Conseil n’a pas siégé depuis août 2020, soit près de six ans.

    Selon l’avocat et défenseur des droits humains Me Felix Nkongo Agbor Balla, cette situation constitue une grave défaillance institutionnelle aux lourdes conséquences sur l’État de droit, l’indépendance de la justice et la confiance des citoyens envers le système judiciaire.

    Le Conseil supérieur de la magistrature est chargé par la Constitution de gérer les carrières, la discipline, l’intégration et la régulation éthique des magistrats. « Sa mise en sommeil prolongée a paralysé ces fonctions essentielles et considérablement affaibli le secteur judiciaire », écrivait l’avocat dans une tribune publiée en janvier 2026, où il dresse un diagnostic quasi exhaustif.

    « L’une des conséquences les plus graves de l’inaction du Conseil est que les magistrats sortis de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) ces six dernières années n’ont toujours pas été formellement intégrés dans le corps judiciaire. Ils ne peuvent donc ni prêter serment ni exercer leurs fonctions. Ce vide inédit a créé une pénurie alarmante de magistrats dans les juridictions du pays », déplorait Me Agbor Balla.

    « Le Cameroun fait face à une carence critique de magistrats, entraînant une surcharge des tribunaux, une accumulation excessive de dossiers, des détentions prolongées et des retards généralisés dans l’administration de la justice », ajoutait-il, constat amer.

    « L’absence prolongée de réunion du Conseil supérieur de la magistrature prive également les citoyens d’un accès rapide à la justice, d’autant que de nombreux postes sont vacants suite à des décès, des départs à la retraite ou des désengagements. Ce vide a conduit à des nominations juridiquement contestables, notamment dans certaines juridictions administratives où des juges ont été désignés sans l’avis préalable du Conseil, pourtant seul organe compétent pour les nominations et affectations. »

    « Au-delà de l’intégration, les procédures disciplinaires sont bloquées, les promotions suspendues et les fautes professionnelles ne peuvent être examinées. Les magistrats intègres sont découragés tandis que la corruption prospère en l’absence de contrôle », soulignait Me Agbor Balla.

    Face à ce constat lucide et alarmant, la tenue urgente du Conseil supérieur de la magistrature s’impose comme une évidence. Il ne reste qu’à respecter scrupuleusement la législation, qui prévoit la réunion de cette instance deux fois par an.

  • Au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye face au défi législatif sans Pastef

    Au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye face au défi législatif sans Pastef

    Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, le 30 mai 2026.

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye se trouve à un carrefour politique délicat. Élu sur la promesse d’une rupture, il doit désormais composer avec un Parlement où son parti, Pastef, ne dispose pas d’une majorité absolue confortable. La question centrale est de savoir s’il pourra faire adopter ses réformes sans l’appui automatique de ses propres troupes.

    Un équilibre parlementaire fragile

    Depuis les dernières élections législatives, l’Assemblée nationale sénégalaise est fragmentée. Pastef, bien que première force politique, doit chercher des alliances pour atteindre la majorité des voix. Cette situation inédite depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye l’oblige à négocier avec des partis d’opposition ou des groupes indépendants, ce qui complique la mise en œuvre de son programme.

    Le chef de l’État a déjà montré sa capacité à trouver des compromis sur certains textes, mais des dossiers sensibles comme la réforme foncière ou la lutte contre la vie chère pourraient buter sur des blocages. Sans une discipline de vote stricte de Pastef, chaque loi devient un test de gouvernance.

    Les défis de la cohésion interne

    Au sein même de Pastef, des divergences stratégiques émergent. Certains cadres historiques plaident pour une ligne dure, tandis que d’autres prônent l’ouverture. Bassirou Diomaye Faye doit maintenir l’unité de son parti tout en menant une politique d’alliance. Cette double contrainte pourrait fragiliser sa marge de manœuvre législative.

    L’opposition, de son côté, surveille chaque faux pas. Des figures comme Ousmane Sonko, bien que membre de Pastef, gardent une influence propre et pourraient peser sur les arbitrages. La présidentielle de 2027 se profile déjà, et chaque vote à l’Assemblée est scruté comme un indicateur de la stabilité du pouvoir.

    En attendant, le gouvernement s’active pour convaincre les députés hésitants. Des consultations discrètes se multiplient dans les couloirs de l’hémicycle. L’enjeu est de taille : si Bassirou Diomaye Faye échoue à légiférer efficacement, c’est tout son projet de société qui sera remis en question. Les prochains mois seront décisifs pour l’avenir politique du Sénégal.

  • Tribalisme au Cameroun : Jean Claude Mbede dénonce une imposture sociale

    Tribalisme au Cameroun : Jean Claude Mbede dénonce une imposture sociale

    Jean Claude Mbede livre une analyse percutante du tribalisme au Cameroun, en s’appuyant sur une expérience personnelle révélatrice.

    Dans une tribune qui a fait réagir, le journaliste camerounais basé en Italie explore les mécanismes cachés du tribalisme dans son pays. Il raconte une anecdote édifiante avec une « amie » originaire du Grand Nord, diplômée de l’ESSTIC et de l’IRIC, deux écoles prestigieuses dont l’accès est souvent réservé aux initiés. Fille d’un cadre des douanes, elle fait partie des privilégiés du système, mais n’hésite pas à accuser les Betis de monopoliser les ressources.

    « Le pays est difficile, sauf pour les Betis qui contrôlent tout et qui ne réussissent qu’entre eux », lui a-t-elle lancé. Selon elle, l’exil de Jean Claude Mbede depuis vingt ans serait dû à son « orgueil » et il lui suffirait de « demander pardon » aux Betis pour retrouver une place au Cameroun. Une assertion qui l’a profondément choqué.

    Il lui a demandé : « Demander pardon pour quel crime ? Quelle faute ? » En évoquant le sort tragique de Martinez Zogo, assassiné par des bourreaux issus de toutes les ethnies, il rappelle que le crime et la mangeoire n’ont pas de tribu. Malgré ses arguments, son interlocutrice n’a pas changé d’avis. Il a alors pris la décision radicale de la bloquer, ne tolérant pas le tribalisme, surtout chez les nantis.

    Jean Claude Mbede conclut en affirmant qu’au Cameroun, il n’existe en réalité que deux ethnies :

    1. Ceux qui possèdent les clés du système : ils placent leurs enfants dans les grandes écoles (IRIC, ESSTIC, ENAM, EMIA) grâce au réseau des élites.
    2. Les autres : enfants de mamans débrouillardes, vendeuses d’eau à la sauvette, qui luttent pour survivre.

    Le vrai clivage, selon lui, n’est pas régional mais social. Il appelle à ne plus se laisser distraire par ceux qui bénéficient du système tout en pleurant la marginalisation. « Le tribalisme des privilégiés est le plus dangereux de tous », conclut-il.

  • Numérisation des collectivités au Cameroun : 163 millions USD en quête de financement

    Numérisation des collectivités au Cameroun : 163 millions USD en quête de financement

    Le Cameroun amorce une phase cruciale de sa modernisation administrative. À Yaoundé, les autorités cherchent à réunir 163 millions de dollars, soit environ 90 milliards de francs CFA, pour digitaliser les collectivités territoriales décentralisées (CTD). L’objectif est d’équiper communes et régions d’outils numériques afin d’améliorer la gestion des services publics locaux, dans un pays comptant plus de 360 communes et dix régions.

    Un financement stratégique pour la décentralisation camerounaise

    Ce besoin de financement fait suite au Code général des collectivités territoriales décentralisées adopté en 2019, un texte fondateur qui a redéfini la gouvernance locale. Depuis, le transfert de compétences vers les communes et régions s’est accéléré, mais les moyens techniques n’ont pas toujours suivi. La numérisation est perçue comme un levier pour combler cet écart entre des prérogatives élargies et des capacités opérationnelles encore hétérogènes.

    Concrètement, les fonds recherchés doivent permettre la mise en place de plateformes de gestion administrative, la dématérialisation des actes d’état civil, l’informatisation des régies de recettes et la connexion des exécutifs municipaux aux systèmes d’information de l’État central. Pour des collectivités souvent confrontées à une faible mobilisation fiscale, l’enjeu est aussi budgétaire : un meilleur recouvrement via le numérique conditionne l’autonomie financière promise par la décentralisation.

    Souveraineté numérique : un enjeu du projet

    Le choix des partenaires techniques et financiers sera déterminant. Le Cameroun a multiplié ces dernières années les coopérations avec des bailleurs multilatéraux comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou l’Agence française de développement sur des projets de gouvernance électronique. Parallèlement, la Chine s’est imposée comme un fournisseur majeur d’infrastructures télécoms, notamment via le backbone national déployé en partenariat avec Huawei.

    Pour un projet touchant aux données des citoyens et à la chaîne administrative locale, la question de l’hébergement souverain est cruciale. Le pays dispose d’un cadre légal sur la cybersécurité et la protection des données depuis 2010, mais son application opérationnelle reste perfectible. La numérisation des CTD impliquera de choisir entre solutions hébergées localement, recours au cloud d’opérateurs étrangers ou architectures hybrides, chaque option ayant des implications en termes de coût, de résilience et de contrôle.

    Le contexte régional offre des points de comparaison. Le Rwanda a fait de l’Irembo une vitrine de la dématérialisation des services publics jusqu’au niveau des secteurs administratifs. Le Sénégal a engagé une stratégie similaire via sa Délégation générale à la transformation numérique. Le Bénin a mis en service un guichet unique des formalités administratives qui inspire plusieurs voisins d’Afrique centrale.

    Au-delà du financement, des défis opérationnels

    Mobiliser 163 millions USD ne garantit pas le succès du projet. La fracture numérique territoriale reste marquée au Cameroun, avec des zones rurales encore mal desservies par la fibre optique et la 4G. L’Agence de régulation des télécommunications (ART) et le ministère des Postes et Télécommunications devront coordonner le déploiement des services numériques communaux avec l’extension des infrastructures de connectivité, sous peine d’accentuer les inégalités entre métropoles et zones reculées.

    La formation des agents communaux est un autre défi majeur. Sans personnel formé à l’utilisation des outils, à la maintenance de base et à la cybersécurité élémentaire, les investissements matériels risquent d’être inefficaces. Plusieurs partenaires techniques insistent désormais sur la nécessité de coupler les projets d’équipement avec des programmes de renforcement des capacités sur plusieurs années.

    Enfin, le calendrier reste flou. Le gouvernement camerounais n’a pas encore communiqué d’échéancier précis pour la mobilisation des fonds ni de liste arrêtée des bailleurs sollicités. Le rythme effectif du chantier conditionnera la crédibilité de la décentralisation, présentée comme un axe majeur de la modernisation de l’État.

  • Lomé : la médiation africaine renforce son dispositif pour la paix dans l’Est de la RDC

    Lomé : la médiation africaine renforce son dispositif pour la paix dans l’Est de la RDC

    Les acteurs impliqués dans la résolution de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo ont salué des progrès notables dans la structuration de la médiation africaine. C’est l’un des principaux enseignements de la réunion technique d’évaluation semestrielle du processus de paix, organisée les 7 et 8 juin 2026 à Lomé, à l’initiative de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil du Togo et médiateur de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs.

    Après une phase ministérielle menée par le ministre togolais de la Coopération et des Togolais de l’extérieur, Yackoley Johnson, le président du Conseil a présidé, le lundi 8 juin, une rencontre consacrée au bilan des activités de la médiation. Autour de la table se sont réunis les membres du Collège des facilitateurs désignés par l’UA, des représentants des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge.

    Selon la présidence togolaise, Faure Gnassingbé a salué la présence de ces acteurs, y voyant un signe de leur engagement constant pour la paix, la stabilité et le développement dans les Grands Lacs. Le médiateur de l’UA s’est particulièrement félicité des avancées réalisées depuis la réunion de Lomé sur la cohérence et la consolidation des initiatives de paix en RDC, tenue en janvier. Ces progrès constituent, selon lui, une étape importante vers une meilleure coordination des efforts diplomatiques et politiques en faveur d’une solution durable à la crise qui frappe l’Est congolais.

    « Nous avons franchi une étape importante depuis le mois de janvier en mettant davantage d’ordre dans l’architecture de la médiation africaine. Je suis convaincu que cette rencontre marque une avancée significative dans l’amélioration de notre action collective et dans la recherche de solutions durables à cette crise », a déclaré le médiateur de l’Union africaine.

    M. Gnassingbé a souligné la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer la cohérence, la complémentarité et la coordination entre les différents mécanismes de médiation. Il a insisté sur l’importance d’une mobilisation collective et soutenue pour la stabilité, la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC. Selon lui, seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettra de consolider les acquis et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

    « Nous poursuivrons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Malgré les difficultés, nous constatons également l’existence de nombreuses bonnes volontés prêtes à nous accompagner dans cette recherche de la paix », a-t-il ajouté.

    Cette rencontre fait suite à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier à Lomé. Initiée par Faure Gnassingbé, médiateur principal de l’UA pour l’Est de la RDC, cette réunion visait à renforcer la confiance entre les parties, faire progresser le dialogue et veiller au respect des engagements pris. Elle avait rassemblé un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la CAE et de la SADC, ainsi que plusieurs partenaires internationaux.

    À l’issue des assises de janvier, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation. Selon ce schéma, la médiation est placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé, appuyé par une équipe de soutien comprenant le ministère togolais des Affaires étrangères et la présidence de la République. Cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, sont chargés de thématiques spécifiques : l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo pour les questions militaires et sécuritaires ; l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde pour les questions humanitaires ; l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta pour le dialogue avec les groupes armés locaux ; l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi pour la coopération économique régionale ; et l’ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, pour la société civile, la réconciliation et les questions de genre.

    Le dispositif comprend également un secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’UA, la CAE, la SADC et la CIRGL. La Commission de l’UA assure la coordination avec les partenaires internationaux, notamment les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et le Groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

  • Modeste Mopa Fatoing, le fonctionnaire qui a tenu tête à la mafia fiscale au Cameroun

    Modeste Mopa Fatoing, le fonctionnaire qui a tenu tête à la mafia fiscale au Cameroun

    Modeste Mopa Fatoing, ancien directeur général des Impôts du Cameroun, a osé défier ce qu’il désigne comme « la mafia fiscale ». Son nom est associé à des figures de premier plan telles que Louis Paul Motaze, Jean-Pierre Amougou Belinga et Martinez Zogo.

  • Mali: incarcération d’un journaliste après des critiques contre la junte

    Mali: incarcération d’un journaliste après des critiques contre la junte

    Un journaliste malien derrière les barreaux pour avoir dénoncé la junte lors d’un forum à Bamako

    Chahana Takiou, directeur de publication de l’hebdomadaire malien « 22 septembre », a été placé en détention provisoire lundi, à l’issue d’une convocation judiciaire. Il avait ouvertement critiqué le pouvoir militaire quelques jours plus tôt, lors du Forum panafricain des médias qui s’est tenu à Bamako du 3 au 6 juin.

    Une source judiciaire a indiqué que le journaliste est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Son procès est fixé au 27 juillet prochain. Des proches de M. Takiou ont confirmé son incarcération.

    Lors du panel animé par le procureur Idrissa Hamidou Touré, le journaliste avait déclaré : « Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali. Vous arrêtez les journalistes et au lieu de les juger selon le régime de presse et délit de presse au Mali, c’est la loi sur la cybercriminalité que vous appliquez. »

    La Maison de la Presse au Mali a réagi lundi soir par un communiqué, exprimant son « incompréhension » et sa « profonde préoccupation ». L’organisation condamne « avec fermeté ce mandat de dépôt qui ternit l’image de la justice, de la presse et de notre pays », et y voit « une atteinte flagrante et grave à la liberté d’opinion et de presse ».

  • Yaoundé sous l’œil des caméras : sécurisation des biens et des personnes

    Yaoundé sous l’œil des caméras : sécurisation des biens et des personnes

    Au Cameroun, et tout particulièrement dans la capitale politique Yaoundé, les caméras de surveillance sont devenues un outil incontournable pour dissuader les actes délictueux, protéger les biens et les personnes, mais aussi pour fluidifier le trafic routier.

    Depuis leur installation dans les zones névralgiques de la ville, les habitants constatent une nette amélioration en matière de sécurité. Un résident du quartier Madagascar témoigne : « Avant, nous vivions dans la peur permanente des braquages. Les malfaiteurs débarquaient à toute heure, pillant boutiques, banques et boulangeries avant de disparaître sans être inquiétés. Mais depuis que les caméras sont en place, ces bandits se font beaucoup plus rares. Je remercie les autorités pour cette initiative. »

    Ces dispositifs sont gérés à distance depuis le Centre national de commandement de la vidéosurveillance, installé dans le quartier Etoudi.

    Face aux résultats probants obtenus dans la baisse de la criminalité, le président de la République, Paul Biya, a signé le 17 décembre 2025 un décret autorisant le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à contracter un nouvel emprunt de 39,2 milliards de francs CFA. Cette somme est destinée au « financement complémentaire du projet d’extension au plan national du système intelligent de vidéosurveillance urbaine ».

    Avec ce nouveau financement, le gouvernement s’apprête à boucler un quatrième crédit consacré à ce projet, auprès de trois bailleurs chinois. En huit ans, ce sont ainsi 150,8 milliards de francs CFA qui auront été mobilisés pour la vidéosurveillance au Cameroun.

    Selon les autorités, la première phase du projet a permis l’installation de 1 500 caméras de vidéosurveillance dans plusieurs villes du pays. Ce maillage a été complété par 2 000 postes émetteurs-récepteurs portatifs, destinés à renforcer les capacités d’intervention et de surveillance de la police.

    Au-delà des centres urbains et des zones frontalières sensibles, les caméras se déploient désormais dans les domiciles privés. Un particulier qui a équipé sa maison explique : « Avant d’installer ce système, j’étais régulièrement cambriolé. Aujourd’hui, je suis totalement rassuré. Les rares bandits qui tentent quelque chose sont immédiatement repérés, et la justice s’en occupe. »

    Le prix d’une caméra de surveillance varie autour de 15 000 francs CFA, selon le modèle choisi. Elles peuvent être installées non seulement dans les habitations et sur la voie publique, mais aussi dans les plantations, les véhicules, et même dans les écoles, afin d’assurer la sécurité de tous.

    Cette technologie permet aux utilisateurs de contrôler leurs biens à distance, via leur téléphone, leur téléviseur ou d’autres supports connectés.

  • Solidarité énergétique : l’Algérie pose la première pierre d’une centrale de 40 MW au Tchad

    Solidarité énergétique : l’Algérie pose la première pierre d’une centrale de 40 MW au Tchad

    L’Algérie poursuit ses actions de solidarité envers les pays africains. Le Premier ministre Sifi Ghrieb, accompagné de son homologue tchadien Allamaye Halina, a présidé lundi à N’Djamena la cérémonie de pose de la première pierre de la centrale électrique de solidarité algéro-tchadienne, d’une capacité de 40 mégawatts. Ce projet intervient quelques jours après l’inauguration à Niamey d’une centrale similaire de 40 MW offerte au Niger, implantée à Gorou Banda. Il s’agit de dons de l’Algérie.

    L’initiative s’inscrit dans la continuité de l’engagement algérien pour le développement économique et social des anciens pays colonisés, en particulier dans la région sahélo-saharienne, prolongement naturel de l’Algérie. L’Algérie a déjà doté son Agence de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AICA) d’un milliard de dollars pour financer des projets en Afrique.

    Dans son allocution, Sifi Ghrieb a réaffirmé « le plein engagement de l’Algérie à poursuivre son accompagnement de la République du Tchad, pays frère, dans son processus de développement, à travers le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités et le partage des expériences réussies, accumulées par nos institutions nationales dans les domaines de l’énergie, des mines, de l’industrie et des infrastructures ». Il a souligné que ce projet « revêt des dimensions économiques et sociales et humaines profondes, au regard de sa contribution dans le renforcement des capacités énergétiques du Tchad ». Il a également précisé que la centrale « incarne la volonté politique inébranlable animant les dirigeants des deux pays frères » et « traduit les hautes orientations du président de la République et de son frère, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, président de la République du Tchad, visant à promouvoir les relations algéro-tchadiennes au niveau d’un partenariat stratégique solide, fondé sur la solidarité agissante, le développement commun et les intérêts mutuels ».

    Le Premier ministre a transmis aux autorités tchadiennes et au peuple tchadien les salutations du président de la République, ainsi que son attachement à « promouvoir les liens de fraternité unissant les deux peuples frères et à renforcer les relations de coopération bilatérale, de manière à concourir à la réalisation des objectifs communs pour l’édification d’un espace africain plus intégré et prospère ». Ce projet, décidé par le président de la République, concrétise les premiers fruits de la visite officielle du maréchal Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie en avril 2026, et des accords ambitieux conclus alors. Sifi Ghrieb a été reçu lundi à N’Djamena par le président tchadien, dans le cadre d’une visite officielle visant à renforcer les liens de fraternité et la coopération bilatérale.

  • Zinder : une saisie de cocaïne dévoile le stratagème des ballots de fripes

    Zinder : une saisie de cocaïne dévoile le stratagème des ballots de fripes

    L’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) a frappé fort le vendredi 5 juin 2026 dans le quartier Djaguindi, à Zinder. Au terme d’une opération menée sur renseignement, les enquêteurs ont saisi 920 grammes de cocaïne finement dissimulés au cœur de balles de vêtements d’occasion, les fameux « Bocho ». Deux individus ont été interpellés : un Nigérien résidant à Zinder et un Béninois de passage, illustrant la dimension transnationale du réseau.

    Cette découverte met en lumière l’ingéniosité croissante des trafiquants qui empruntent le corridor Lomé-Niamey-Lagos. Les ballots de fripes, en provenance du Togo, transitent par Niamey avant de rejoindre le Nigeria. Le flux massif et régulier de ces marchandises légales offre un camouflage idéal aux narcotrafiquants.

    Police Nationale

    Une méthode rodée sur l’axe ouest-africain

    Les enquêteurs ont confirmé que les stupéfiants étaient dissimulés à l’intérieur même des ballots de vêtements de seconde main. Ce procédé, déjà recensé par les agences régionales antidrogue, profite de l’intensité des échanges commerciaux entre le Togo, le Niger et le Nigeria. Les « Bocho » deviennent ainsi un vecteur de contrebande redoutable.

    « La Police Nationale, c’est votre sécurité et celle de vos biens. » — Message officiel de l’OCRTIS Niger.

    Au-delà de la saisie, cette intervention souligne l’importance de la collaboration citoyenne. L’OCRTIS a salué le signalement des habitants de Zinder, qui a permis de cibler précisément l’opération. Dans un contexte sahélien marqué par l’insécurité, ce lien de confiance entre forces de l’ordre et population est un levier essentiel pour démanteler les réseaux criminels qui fragilisent l’économie locale et nourrissent d’autres trafics.

    Appel à la vigilance

    L’OCRTIS invite la population à rester attentive et à signaler tout comportement suspect. Pour toute information confidentielle, la Police Nationale met à disposition les numéros verts gratuits : 8383 et 17.

  • Le Maroc confirme son rôle central dans les opérations de paix onusiennes

    Le Maroc confirme son rôle central dans les opérations de paix onusiennes

    Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a accueilli ce lundi à Rabat le secrétaire général adjoint des Nations unies aux Opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, pour sa deuxième visite officielle au Maroc.

    Les entretiens ont mis en lumière le rôle essentiel et l’apport remarquable du Royaume du Maroc aux missions de maintien de la paix des Nations unies.

    Cet engagement s’inscrit dans une vision royale stratégique, poursuivant une tradition de participation aux opérations onusiennes débutée en 1960.

    Actuellement neuvième contributeur mondial de troupes aux opérations de paix de l’ONU, le Maroc préside en 2026 la Commission de consolidation de la paix (PBC) et coordonne le Mouvement des pays non alignés (MNOAL) pour les questions de maintien de la paix. Ces responsabilités témoignent de la confiance de la communauté internationale envers le Royaume en matière de paix et de sécurité.

    La visite de Jean-Pierre Lacroix intervient dans un contexte de vastes réformes engagées par le secrétaire général de l’ONU, notamment l’initiative «ONU 80» visant à simplifier et rationaliser le Secrétariat, ainsi qu’une révision stratégique globale de l’ensemble des opérations de maintien de la paix et de l’architecture de paix et sécurité internationales, dans le but de rétablir la primauté du politique dans la gestion des conflits.

  • Pénurie de liquidités : le quotidien compliqué des agents de mobile money en Côte d’Ivoire

    Pénurie de liquidités : le quotidien compliqué des agents de mobile money en Côte d’Ivoire

    La Côte d’Ivoire compte désormais plus de 400 000 points de service de mobile money, selon l’Agence de promotion de l’inclusion financière. Ce chiffre est 300 fois supérieur au nombre total de distributeurs automatiques de billets dans le pays. Les Ivoiriens utilisent quotidiennement ces cabines pour déposer leur salaire ou retirer de l’argent. Pourtant, les agents de mobile money font face à un manque récurrent de liquidités, ce qui freine leur activité.

    Dans le quartier d’Angré Château, en fin d’après-midi, une cabine de mobile money située sur un carrefour très fréquenté se retrouve à court de cash. Rosette, venue retirer 10 000 francs CFA (environ 15 euros), se montre résignée : « Quand on arrive, ils n’ont pas ce dont on a besoin, c’est comme ça, on s’adapte. »

    Assise dans sa cabine jaune, la guichetière Nema tente de faire patienter les clients : « Certains jours, il y a beaucoup de retraits et on manque d’espèces. On s’excuse et on explique aux clients que nous ne pouvons que recevoir des dépôts. »

    Face à cette situation, certains clients préfèrent chercher un autre point de retrait. Affoué, gérante de la cabine et ancienne comptable, constate une perte directe : « On perd le client et sa commission. Pour augmenter les commissions et dégager un bénéfice net, il faut bien traiter les clients. »

    Une rentabilité menacée par le manque d’espèces

    Les opérateurs de mobile money – Orange, Moov, MTN ou Wave – reversent une commission aux gérants de cabines. Par exemple, pour une transaction de 10 000 francs CFA, le gagnant perçoit entre 20 et 60 francs CFA (3 à 9 centimes d’euros). Plus les transactions sont nombreuses et élevées, plus leurs revenus augmentent.

    Mais quand le cash ou le crédit vient à manquer, le système se bloque. Les agents doivent alors fermer leur boutique pour se réapprovisionner auprès des opérateurs ou des banques. « Ils subissent une perte de clientèle, les commissions baissent, ce n’est plus rentable. Ils sont contraints de fermer pour aller chercher des fonds chez les distributeurs », explique un professionnel du secteur.

    Des motos pour réapprovisionner rapidement

    Gertrude Yapi, directrice des opérations de Leya, une startup abidjanaise, a développé un service de convoyeurs de fonds à moto pour dépanner les points de service de mobile money. « Nous les approvisionnons en crédit en moins de quatre minutes, et le cash est livré en moins de 30 minutes. Cela permet aux points de vente d’augmenter leur chiffre d’affaires de 50 % », précise-t-elle. Leya revendique plus de 3 000 clients actifs dans quatre villes ivoiriennes : Abidjan, Bondoukou, Bouaké et Korhogo.

    Pour l’économiste ivoirien Kassoum Timité, la continuité de service est cruciale pour soutenir l’économie. « Le mobile money touche directement la population du secteur informel, qui représente la plus grande part de l’activité économique en Côte d’Ivoire – jusqu’à 40 % du PIB selon le FMI. Le manque de liquidités ralentit les transactions et l’activité économique baisse. »

    En 2024, plus de 140 milliards de francs CFA (plus de 210 millions d’euros) étaient échangés chaque jour via mobile money, selon l’agence ivoirienne de promotion de l’inclusion financière, soit près de quatre fois plus qu’en 2020.