Catégorie : A la Une

  • Le Mali vacille, l’Alliance des États du Sahel brille par sa discrétion

    Le Mali vacille, l’Alliance des États du Sahel brille par sa discrétion

    #FREEGLEIZES

    Depuis le 29 juin 2025, notre confrère Christophe Gleizes, journaliste pour Society et So Foot, est emprisonné en Algérie.

    Nous ne l’oublions pas et réclamons sa libération.

    En savoir plus sur #FREEGLEIZES

  • Le quotidien des vendeuses de rue au Tchad : un combat maternel aux lourdes conséquences

    Le quotidien des vendeuses de rue au Tchad : un combat maternel aux lourdes conséquences

    L’essor du commerce informel féminin dans les centres urbains

    Dans les artères bondées des cités tchadiennes, un spectacle devenu quotidien s’impose à tous : des cohortes de femmes sillonnent les rues, portant sur la tête des bassines chargées de fruits, de beignets ou de textiles colorés. Entre les klaxons des motos et la poussière soulevée par les passants, leurs voix s’élèvent pour proposer leurs marchandises sous un soleil de plomb.

    Tchad : l’essor des vendeuses ambulantes et la détresse silencieuse des enfants

    Une quête d’autonomie financière à N’Djamena, Moundou et Abéché

    Aïcha, une trentenaire courageuse, parcourt les kilomètres depuis l’aube, sa petite dernière installée dans son dos. En vendant des arachides grillées, elle cherche avant tout à subvenir à ses besoins par elle-même. « C’est une vie éprouvante, mais je gagne ma propre liberté », confie-t-elle. Non loin de là, à Abéché ou Moundou, le constat est identique. Fanta prépare ses galettes sur un foyer de fortune pendant que son fils de cinq ans joue dans la terre, à même le sol. Ces femmes, qui restaient autrefois au sein du foyer, investissent désormais l’espace public pour assurer leur survie.

    Le prix de l’indépendance : une jeunesse en péril

    Cependant, cette émancipation par le commerce de rue cache une réalité plus sombre pour la progéniture de ces vendeuses. Les enfants, entraînés dans ce rythme effréné, subissent les émanations de fumée des braseros et l’épuisement des longues journées d’errance. À Abéché, il n’est pas rare de croiser de jeunes garçons de peine sept ans portant de lourds seaux d’eau pour quelques pièces, délaissant les bancs de l’école pour aider leurs mères.

    Si ces mères de famille se battent pour leur dignité, l’avenir éducatif et sanitaire de leurs enfants semble s’effriter dans la poussière des marchés. Cette dynamique soulève une question cruciale sur le coût réel de cette autonomisation féminine, où l’indépendance des mères semble parfois se construire au détriment des rêves de la nouvelle génération.

  • Sénégal : le PASTEF lance la course pour sa présidence dans un climat de transition

    Sénégal : le PASTEF lance la course pour sa présidence dans un climat de transition

    La dynamique interne de PASTEF-Les Patriotes entre dans une phase décisive. La Haute Autorité de Régulation du Parti (HARP) a officiellement déclenché, ce 14 mai 2026, le processus visant à élire le prochain président de la formation politique. Selon les termes de la décision n°001/2026/HARP, les prétendants au poste ont une fenêtre de tir très courte : les dossiers de candidature doivent être déposés entre le 15 mai et le 20 mai 2026 à la mi-journée.

    Vers une fin de la personnalisation du mouvement ?

    Cette annonce marque un tournant symbolique majeur. Contrairement aux pratiques passées, la directive ne prévoit aucun traitement de faveur pour le dirigeant sortant, Ousmane Sonko. Bien que l’actuel Premier ministre conserve le droit de briguer un nouveau mandat, il se retrouve désormais soumis aux règles d’une compétition ouverte à toutes les sensibilités internes. Aucune reconduction automatique n’est à l’ordre du jour.

    Cette structuration réglementée semble faire écho aux récentes prises de position de Bassirou Diomaye Faye. Le président de la République avait publiquement exprimé ses réserves quant au caractère trop « personnifié » de l’organisation. En instaurant ce cadre formel de mise en concurrence, la HARP apporte une réponse institutionnelle à ces critiques, tout en interrogeant l’avenir du leadership du parti dans un contexte politique en pleine mutation.

    Interrogé sur les perspectives de la présidentielle de 2029, Bassirou Diomaye Faye avait d’ailleurs précisé que le choix du candidat dépendrait exclusivement des résolutions du futur congrès. Cette élection interne apparaît donc comme le préalable indispensable avant d’aborder les grandes orientations stratégiques pour les années à venir.

    Un calendrier électoral particulièrement serré

    Le timing imposé par la HARP ne laisse que peu de place à l’improvisation. Les postulants ne disposent que de cinq jours ouvrables pour préparer leurs dossiers, en s’appuyant sur un modèle de déclaration spécifique défini lors de la séance extraordinaire du 14 mai 2026.

    L’issue de ce scrutin interne est attendue avec impatience. Elle permettra de désigner celui qui portera la voix officielle du PASTEF jusqu’au prochain congrès, instance suprême où sera tranchée la délicate question de la candidature pour le prochain scrutin présidentiel national.

  • Un an derrière les barreaux pour Succès Masra au Tchad

    Un an derrière les barreaux pour Succès Masra au Tchad

    Ce samedi 16 mai marque un triste jalon pour la vie politique tchadienne : cela fait désormais un an que Succès Masra est privé de liberté. Ancien Premier ministre et figure de proue du parti Les Transformateurs, il avait été interpellé à son domicile lors d’une opération matinale. Condamné en août 2025 à une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour incitation à la haine suite à des troubles dans le sud du pays, son absence pèse lourdement sur l’échiquier politique national.

    Malgré cette incarcération prolongée, l’état-major de sa formation politique affiche une détermination intacte. Le secrétaire général du parti, le Docteur Tog-Yeum Nagorngar, assure que l’organisation maintient le cap. Pour les membres des Transformateurs, le dossier judiciaire est vide de preuves tangibles. Ils considèrent cette situation comme une méprise flagrante de l’appareil judiciaire et administratif. Selon eux, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno détient aujourd’hui le pouvoir de rectifier cette trajectoire et de rétablir la justice.

    Une opposition politique sous haute pression

    Le cas de Succès Masra n’est pas isolé. Le climat politique s’est durci ces derniers jours avec la condamnation de huit autres figures de l’opposition, issues du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP). Ces leaders ont écopé de 8 ans de prison ferme, accusés notamment de rébellion et de détention d’armes, après avoir tenté d’organiser une manifestation pacifique.

    Cette vague de répression inquiète les observateurs de la société civile. Sosthène Mbernodji, coordonnateur du Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL), dresse un constat alarmant sur l’état de la démocratie au Tchad. Pour lui, la mise à l’écart des cadres des Transformateurs et la dissolution de fait du GCAP par la voie judiciaire signalent un retour vers un système de parti unique, rappelant les décennies passées. Il décrit une transition qui semble glisser vers une forme de monarchie durable, étouffant toute voix discordante.

    Face à ce qu’ils qualifient de musellement systématique et d’instrumentalisation des tribunaux, une vingtaine de formations politiques d’opposition ont uni leurs voix. Dans une déclaration commune, elles dénoncent une stratégie globale visant à réduire au silence toute contestation politique dans le pays.

  • Le Sénégal face à la résurgence des tensions sociales en mai

    Le Sénégal face à la résurgence des tensions sociales en mai

    Historiquement marqué par l’héritage de mai 1968 et l’ouverture symbolique de la journée internationale des travailleurs, le mois de mai s’impose à nouveau comme une période de fortes turbulences au Sénégal. Actuellement, le pays fait face à une multiplication des foyers de tension touchant divers secteurs clés de la vie nationale, du transport urbain à l’enseignement supérieur en passant par l’administration publique.

    Le secteur des transports paralysé à Dakar

    Le climat social s’est brutalement dégradé avec le mouvement d’humeur déclenché par les chauffeurs et agents de l’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU). Une grève a sévèrement perturbé la mobilité dans la capitale sénégalaise ce jeudi. Ce conflit trouve son origine dans un litige technique et financier concernant la gestion de la billetterie électronique entre l’AFTU et un opérateur tiers. Suite à une décision du Tribunal de Grande Instance de Dakar, qui a ordonné l’arrêt du déploiement des nouveaux automates et la saisie des équipements déjà en place, les travailleurs ont exprimé leur vive opposition, entraînant un blocage partiel du réseau.

    Crises de gouvernance et tensions administratives

    Parallèlement, d’autres institutions traversent des zones de turbulences. Au sein de la Fondation Trade Point Sénégal, le personnel tire la sonnette d’alarme sur une gestion interne jugée défaillante. Lors d’une récente rencontre avec la presse, les employés ont dénoncé des recrutements massifs sans justification apparente et une dégradation profonde du climat managérial.

    La situation n’est guère plus apaisée à l’Ageroute (Agence des Travaux et de Gestion des Routes). Cheikh Ahmed Tidiane Thiam, le Directeur des Ressources humaines, a publiquement critiqué les méthodes de la nouvelle direction générale. Il pointe du doigt une gestion unilatérale et la mise à l’écart brutale de 23 collaborateurs, une mesure qui fragilise l’équilibre social et le capital humain de l’agence.

    La grogne estudiantine à l’Université numérique

    Le front universitaire n’est pas en reste. Les étudiants de la dixième promotion de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) manifestent leur mécontentement face au non-paiement de l’intégralité de leurs bourses d’études. Selon leurs déclarations, seules deux années sur les trois prévues pour leur cycle de licence ont été honorées. Ils exigent une régularisation immédiate de leur situation financière auprès des autorités compétentes pour poursuivre leur cursus sereinement.

    Qu’il s’agisse de revendications syndicales, de crises de gestion ou de droits universitaires, les acteurs sociaux durcissent leurs positions sur tous les fronts. Cette convergence des colères place le Sénégal dans une phase de confrontation où chaque secteur tente de faire entendre ses revendications avec une détermination croissante.

  • L’impasse Harvey Elliott : un talent sacrifié entre Aston Villa et Liverpool

    L’impasse Harvey Elliott : un talent sacrifié entre Aston Villa et Liverpool

    Une situation contractuelle qui paralyse la carrière d’Elliott

    Harvey Elliott ne sera pas sur la pelouse pour affronter Liverpool, son club d’origine, sous les couleurs d’Aston Villa ce vendredi soir. Au-delà des contraintes réglementaires, le choix d’Unai Emery est déjà arrêté : le jeune milieu de terrain ne fait plus partie de ses plans tactiques. Ce n’est pourtant pas une question de gestion physique avant la finale de la Ligue Europa contre Fribourg. La réalité est purement financière. Harvey Elliott n’a pas foulé le terrain depuis le mois de mars car une seule apparition supplémentaire activerait une clause d’achat obligatoire fixée à 35 millions de livres sterling. Un montant que les dirigeants de Birmingham refusent catégoriquement de verser.

    La saison du jeune espoir anglais s’achève dans l’anonymat le plus total. Unai Emery a rapidement conclu que l’attaquant polyvalent ne correspondait pas à ses besoins. Si un retour vers Anfield semble inévitable cet été, l’incertitude demeure quant à son rôle futur sous la direction d’Arne Slot, qui ne semble pas non plus compter sur lui pour la suite de son projet sportif.

    Les regrets de l’ère Klopp

    Avant de tirer sa révérence en mai 2024, Jürgen Klopp avait exprimé un regret majeur concernant la gestion de son effectif. L’entraîneur allemand avait admis ne pas avoir offert suffisamment de temps de jeu à Harvey Elliott, malgré des prestations de haut vol, notamment en janvier lors d’une période marquée par de nombreuses absences. Positionné sur l’aile droite ou au milieu, le joueur avait alors montré toute l’étendue de son talent avant d’être relégué sur le banc au retour des titulaires.

    Malgré ce manque de régularité, Harvey Elliott conserve une admiration profonde pour celui qu’il considère comme une légende. Supporter inconditionnel des Reds, il se dit éternellement reconnaissant envers Jürgen Klopp pour lui avoir permis de réaliser son rêve d’enfant sous le maillot de Liverpool.

    Un espoir douché par une blessure et la concurrence

    Pourtant, l’été 2024 laissait présager un avenir radieux. Avec 53 matchs au compteur la saison précédente, Harvey Elliott semblait taillé pour le rôle de numéro 10 dans le nouveau dispositif d’Arne Slot. Ses performances lors de la tournée estivale aux États-Unis, notamment contre Arsenal à Philadelphie, avaient séduit le staff technique par son mélange de créativité et d’intensité défensive.

    C’est une fracture du pied, survenue lors d’un rassemblement avec les espoirs anglais, qui a tout fait basculer. Pendant son absence, Dominik Szoboszlai s’est imposé comme une pièce maîtresse au milieu de terrain, tandis que Mohamed Salah continuait de régner sur le flanc droit. À son retour, Harvey Elliott a dû se contenter de miettes, malgré un but décisif en Ligue des champions face au Paris Saint-Germain. L’arrivée de Florian Wirtz a fini par sceller son destin, rendant son départ nécessaire pour espérer retrouver du temps de jeu.

    Le choix contestable du transfert à Aston Villa

    Élu meilleur joueur de l’Euro espoirs 2025 en Slovaquie, Harvey Elliott était pourtant courtisé. Le RB Leipzig s’était manifesté pour en faire le successeur de Xavi Simons, mais les exigences financières de Liverpool ont freiné le club allemand. C’est finalement Aston Villa qui a raflé la mise avec un prêt incluant une option d’achat automatique liée au nombre de matchs joués.

    L’aventure a tourné court. Remplacé dès la mi-temps lors d’un match contre Fulham, le joueur a rapidement perdu la confiance d’Unai Emery. L’entraîneur espagnol a même révélé que le club avait tenté de renégocier les termes du contrat avec Liverpool pour supprimer la clause d’achat, une demande rejetée par les dirigeants merseysiders. Cette situation est largement imputée à Monchi, l’ancien directeur sportif, qui aurait recruté un profil non désiré par le coach, créant un imbroglio financier et sportif.

    Une carrière à la croisée des chemins

    Aujourd’hui, Harvey Elliott se retrouve dans une position délicate. Alors qu’il visait une place pour la Coupe du monde 2026, il voit sa progression stoppée net par des enjeux contractuels qui le dépassent. Arne Slot, interrogé sur le sujet, reste évasif, soulignant simplement que le joueur est toujours sous contrat mais déplorant son manque de rythme de compétition sur les deux dernières années.

    L’espoir d’un nouveau départ repose désormais sur un éventuel retour de flamme du RB Leipzig. Pour l’heure, le passage d’Harvey Elliott à Villa Park restera comme l’une des opérations les plus malheureuses de la saison en Premier League, laissant un talent pur sur le bord de la route.

  • Réfugiés maliens en Mauritanie : l’espoir d’un retour conditionné au départ des Russes

    Réfugiés maliens en Mauritanie : l’espoir d’un retour conditionné au départ des Russes

    Des réfugiés maliens près d’un point d’eau d’un camp de fortune à Doueinkara, près de la frontière entre la Mauritanie et le Mali, le 29 avril 2026.

    « Si les forces russes quittent le territoire, nous pourrons enfin envisager de rentrer chez nous. » C’est avec ces mots que Mosso, exilé en Mauritanie, résume le sentiment qui anime les camps de réfugiés après les récents revers subis par l’armée malienne et ses alliés d’Africa Corps. Les offensives coordonnées menées fin avril par les combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) ont porté un coup sévère au pouvoir de Bamako, entraînant notamment la perte du ministre de la Défense.

    À Fassala, petite localité mauritanienne située à la lisière de la frontière, les témoignages sur les agissements des paramilitaires russes, que tout le monde continue d’appeler Wagner, sont légion. Ces forces, venues remplacer les troupes françaises, sont au cœur des craintes des populations civiles qui ont fui les zones de combat.

    Le poids de la présence d’Africa Corps au Mali

    Sous un abri de fortune dressé contre le soleil implacable du désert, Mosso, un éleveur touareg de 57 ans, ne cache pas son amertume envers Assimi Goïta. « C’est lui qui a ouvert la porte à Wagner », déplore cet homme originaire de la région de Mopti. Il raconte avoir pris la fuite il y a moins d’un mois, après l’irruption de soldats blancs dans son campement. Un traumatisme profond pour cet éleveur qui a vu son frère tomber sous les balles de ces mêmes forces un an plus tôt.

    Le climat de suspicion est général : de nombreux civils se retrouvent pris entre deux feux, accusés de complicité par l’armée malienne, les mercenaires russes ou les groupes jihadistes. Cette situation a d’ailleurs poussé plusieurs organisations de défense des droits humains à saisir la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) pour dénoncer les exactions commises sur le terrain.

    Le récent retrait d’un convoi russe de Kidal, ville stratégique du Nord désormais sous influence rebelle, a fait naître une lueur d’espoir parmi les quelque 300 000 Maliens installés dans la région du Hodh Chargui. Pour beaucoup, c’est le signe d’un possible basculement.

    Le camp de Mbera, miroir d’une crise sans fin

    À Mbera, situé à une cinquantaine de kilomètres de la frontière, plus de 120 000 personnes s’entassent dans l’espoir de jours meilleurs. Ahmed, 35 ans, y attend la paix avec impatience. Pour lui, la responsabilité de cet exode massif incombe directement à la junte militaire et à son alliance avec les forces russes. « Nous sommes ici pour échapper aux amalgames et à la violence de Wagner », explique-t-il.

    Cependant, l’unanimité n’est pas de mise concernant les récents succès de la rébellion. Abdallah, un doyen de 77 ans, exprime ses doutes face à l’alliance entre le FLA et le Jnim. « Je ne peux pas me réjouir de la prise de Kidal si elle se fait avec des terroristes », confie-t-il, rappelant que l’idéologie de ces groupes est incompatible avec sa vision d’un islam modéré et pacifique.

    L’insécurité est loin de faiblir. Les blocus imposés par les jihadistes sur plusieurs localités maliennes continuent de jeter des milliers de personnes sur les routes. Ces dernières semaines, 14 000 nouveaux arrivants, principalement des femmes et des enfants, ont rejoint la Mauritanie selon les données humanitaires.

    Une pression croissante sur les ressources locales

    Cette instabilité persistante au Mali fait craindre une catastrophe humanitaire majeure. En Mauritanie, pays qui jouit d’une stabilité notable dans un Sahel tourmenté, l’accueil de ces populations pèse lourdement sur les infrastructures locales. À Fassala, le maire Cheikhna Ould Abdallahi s’inquiète de la pression sur les points d’eau, les pâturages et les services de santé, alors que sa commune héberge déjà 70 000 réfugiés.

    L’avenir reste sombre pour des milliers de familles. Tilleli, 22 ans, qui a fui l’incendie de son village près de Mopti, serre sa fille contre elle. Sa condition pour un retour est catégorique : le départ définitif des forces de Wagner. Mais dans le regard de cette jeune mère, l’espoir d’une paix prochaine semble encore bien lointain.

  • Abidjan devient le carrefour de l’innovation mobile en Afrique de l’Ouest

    Abidjan devient le carrefour de l’innovation mobile en Afrique de l’Ouest

    La capitale économique ivoirienne vibre actuellement au rythme de la troisième édition du salon des téléphones et applications mobiles. Ce rendez-vous majeur à Abidjan témoigne de la volonté de la Côte d’Ivoire de bâtir une industrie numérique solide, portée par une synergie entre les acteurs locaux et les multinationales. En réunissant équipementiers, développeurs de solutions logicielles et opérateurs de télécommunications, l’événement souligne la place prépondérante du smartphone, devenu le portail d’accès privilégié au web pour la population.

    Le contexte est particulièrement favorable : le secteur des télécoms en Côte d’Ivoire affiche une vitalité remarquable, soutenue par une consommation de données mobiles en constante augmentation. Les autorités profitent de cette vitrine pour mettre en avant le savoir-faire des jeunes pousses ivoiriennes. L’objectif est clair : transformer Abidjan en une plaque tournante technologique incontournable pour toute l’Afrique de l’Ouest francophone.

    Une explosion des usages mobiles sur le territoire ivoirien

    Avec un taux de pénétration qui dépasse désormais les 150 %, le marché ivoirien s’impose comme l’un des moteurs de la sous-région. Le mobile n’est plus un simple outil de communication, mais un véritable levier économique utilisé pour les transactions financières, les démarches administratives et l’accès à l’éducation. Cette omniprésence attire aussi bien les géants mondiaux de la construction que les distributeurs nationaux.

    L’un des enjeux majeurs de ce salon est de valoriser l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’assemblage technique à la création d’applications répondant aux besoins spécifiques du terrain. Des secteurs comme l’agriculture, la santé ou le commerce en ligne bénéficient directement de ces innovations mobiles, qui pallient souvent le manque d’infrastructures physiques. Toutefois, le défi de la souveraineté numérique reste entier face à l’hégémonie des systèmes d’exploitation étrangers.

    Soutenir l’écosystème local et les développeurs nationaux

    La promotion des talents locaux est au cœur des débats de cette année. Le ministère de l’Économie numérique encourage activement la naissance de leaders nationaux capables de rivaliser sur un marché dominé par les plateformes internationales. Actuellement, une part importante des revenus générés par les applications échappe aux acteurs locaux en raison des commissions imposées par les grands magasins d’applications mondiaux.

    Pourtant, la réussite de projets dans le domaine du mobile money, du transport urbain ou de la livraison prouve que l’innovation ivoirienne est compétitive. Ce salon permet à ces entrepreneurs de rencontrer des partenaires financiers, une étape cruciale alors que l’accès au capital-risque demeure un obstacle majeur pour les start-up de la zone franc par rapport à des places comme Lagos ou Nairobi.

    Abidjan, futur pôle technologique de la CEDEAO

    Au-delà des transactions commerciales, cet événement possède une forte dimension diplomatique. Abidjan cherche à consolider son statut de hub numérique face à des concurrents régionaux comme Dakar. La participation de délégations de la CEDEAO confirme cette ambition de rayonnement. Les grands groupes tels que Orange, MTN ou Moov Africa profitent également de l’occasion pour dévoiler leurs dernières offres intégrant terminaux et services à forte valeur ajoutée.

    Cette initiative s’insère dans le cadre global du Plan national de développement, où le numérique est perçu comme un moteur essentiel de la croissance économique. En favorisant l’éclosion de nouveaux talents et en attirant les investissements internationaux, la Côte d’Ivoire prépare son avenir technologique. Pour les exposants, la période est également stratégique pour stimuler les ventes et répondre à la demande de renouvellement des appareils en cette fin d’année.

  • Marseille – Rennes : le duel final pour l’Europe au Vélodrome

    Marseille – Rennes : le duel final pour l’Europe au Vélodrome

    L’acte final de la saison 2025/26 de Ligue 1 nous réserve une affiche électrique entre l’Olympique de Marseille et le Stade Rennais. Actuellement installés dans la zone qualificative pour les compétitions continentales, les deux clubs jouent leur avenir européen sur cette unique rencontre. Tandis que Rennes lorgne la quatrième place synonyme de Ligue des champions, l’OM doit impérativement l’emporter pour ne pas voir Monaco lui chiper son ticket européen. Ce choc s’annonce comme le point d’orgue de cette 34e journée.

    Les détails pratiques de la rencontre

    • Date : dimanche 17 mai
    • Coup d’envoi : 21h00
    • Lieu : Stade Orange Vélodrome
    • Arbitre : Ruddy Buquet (assistance vidéo confirmée)
    • Diffusion TV : Ligue 1+
    • Streaming : Plateforme Ligue 1+, Prime Video, DAZN, RMC Sport, L’Équipe
    • Cotes : Marseille à 1,95 | Match nul à 3,73 | Rennes à 3,33

    L’Olympique de Marseille sous pression

    Au-delà de l’enjeu sportif, l’actualité marseillaise est rythmée par des mouvements en coulisses, notamment l’arrivée attendue de Grégory Lorenzi au sein de l’organigramme. Sur le banc, Habib Beye cristallise les débats. Pour le technicien sénégalais, une victoire est indispensable pour valider une place en Ligue Conférence et apaiser les critiques.

    L’infirmerie olympienne reste cependant bien remplie avec les absences notables de Hamed Junior Traoré, Geoffrey Kondogbia, Nayef Aguerd et CJ Egan-Riley. Après un succès minimaliste obtenu face au Havre (1-0), l’OM devra élever son niveau de jeu face à un adversaire d’un tout autre calibre. Beye retrouve son ancien club avec l’objectif de prouver sa valeur et d’assurer une fin de saison sereine à la cité phocéenne.

    Composition probable de l’OM : Rulli – Pavard, Balerdi, Medina, Emerson – Vermeeren, Hojbjerg, Grenwood, Timber, Paixao – Gouiri.

    Le Stade Rennais vise les sommets

    Du côté de la Bretagne, l’ambition est claire : doubler Lyon sur le fil pour s’emparer de la quatrième place. Cependant, Franck Haise devra composer sans son rempart habituel, Brice Samba. Suspendu pour accumulation de cartons jaunes, le gardien international laisse sa place au jeune Mathys Silistrie, qui retrouvera pour l’occasion l’entraîneur qui l’avait lancé dans l’élite.

    Malgré un récent revers face à l’OL, les Rennais affichent une forme solide avec une seule défaite lors de leurs sept dernières sorties. Déjà assurés d’être européens, les Rouge et Noir ignorent encore dans quelle compétition ils évolueront l’an prochain. Une victoire au Vélodrome pourrait leur ouvrir les portes de la plus prestigieuse des scènes européennes.

    Composition probable de Rennes : Silistrie – Nagida, Aït-Boudlal, Rouault, Merlin – Szymanski, Rongier, Camara – Al-Tamari, Lepaul, Embolo.

    Comment suivre le match en direct ?

    Le coup d’envoi sera donné à 21h00 ce dimanche 17 mai. Pour ne rien manquer de cette confrontation décisive, il faudra se connecter à la plateforme Ligue 1+, qui assure la diffusion intégrale. Le match sera également intégré au multiplex de cette dernière journée. Grâce aux accords de distribution, les abonnés à Prime Video, DAZN, RMC Sport ou L’Équipe pourront également accéder à la rencontre via leurs interfaces respectives.

    Un historique équilibré au Vélodrome

    Depuis 2003, Marseille domine historiquement les débats avec 24 victoires contre 14 pour Rennes. Les Phocéens restent sur de bons souvenirs à domicile, notamment un large succès 3-0 en Coupe de France et une victoire spectaculaire 4-2 lors de la clôture de la saison précédente. Toutefois, la méfiance est de mise : lors du match aller en août, les Bretons s’étaient imposés 1-0 grâce à une réalisation tardive de Ludovic Blas. Avec trois points d’avance au classement, le Stade Rennais arrive en Provence avec un léger avantage psychologique.

  • Tchad : le gouvernement dément toute responsabilité dans des frappes contre des civils

    Tchad : le gouvernement dément toute responsabilité dans des frappes contre des civils

    Les autorités tchadiennes ont vigoureusement réfuté les allégations émanant des Nations unies concernant des pertes civiles qui auraient eu lieu lors d’opérations militaires contre Boko Haram. Bien que N’Djamena maintienne sa position de fermeté, le gouvernement se dit ouvert à l’ouverture d’enquêtes pour faire toute la lumière sur ces événements survenus dans la région du lac Tchad.

    Tchad : le gouvernement rejette les accusations de frappes contre des civils

    N’Djamena soutient l’intégrité de ses forces armées

    Le porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, a critiqué des affirmations qu’il juge calomnieuses pour l’armée nationale. Il a réaffirmé le caractère professionnel des troupes tchadiennes, engagées dans une lutte sans relâche contre les groupes terroristes au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Cette réaction intervient après la diffusion d’informations mentionnant des bombardements dans le nord-est du Nigeria, impliquant potentiellement les forces tchadiennes et nigérianes, et ayant entraîné la mort de plusieurs civils.

    L’appel à la transparence des instances internationales

    Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a sollicité les gouvernements du Tchad et du Nigeria pour que des investigations impartiales et approfondies soient menées rapidement. Il a rappelé l’obligation pour les armées de respecter scrupuleusement le droit international humanitaire afin de préserver les populations civiles. Pour le diplomate, la protection des non-combattants et de leurs biens doit demeurer une priorité absolue lors de toute intervention militaire.

    Une justice tchadienne prête à agir

    Malgré son désaccord avec les accusations portées, le Tchad a manifesté sa volonté de coopérer. Gassim Chérif Mahamat a précisé que le pays dispose d’un appareil judiciaire indépendant, capable de traiter ces dossiers avec toute la transparence nécessaire. De son côté, le Nigeria a soutenu que ses frappes visaient un bastion terroriste identifié, occupé uniquement par des éléments armés non étatiques.

    Le lac Tchad, un bastion complexe pour la sécurité régionale

    Depuis plus de quinze ans, le bassin du lac Tchad constitue une zone de repli stratégique pour les insurgés. Ce territoire marécageux, situé aux confins du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, abrite des combattants de Boko Haram ainsi que de l’ISWAP (groupe État islamique en Afrique de l’Ouest). Les forces militaires de la région y déploient régulièrement des moyens importants pour tenter de stabiliser ce foyer d’instabilité chronique.

  • Laurent Gbagbo maintenu à la présidence du PPA-CI au terme du congrès d’Abidjan

    Laurent Gbagbo maintenu à la présidence du PPA-CI au terme du congrès d’Abidjan

    Le rassemblement solennel du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) à Abidjan a livré son verdict. Ce jeudi 14 mai 2026, Laurent Gbagbo a été officiellement reconduit dans ses fonctions de président de la formation. À 81 ans, l’ancien chef de l’État ivoirien engage un nouveau mandat à la direction du mouvement qu’il a lancé en octobre 2021, suite à sa rupture historique avec le Front populaire ivoirien (FPI). Ce congrès, une première depuis la création du parti, s’inscrit dans une période de restructuration nécessaire pour l’opposition radicale en Côte d’Ivoire.

    Une volonté de sortir de l’impasse électorale

    Le PPA-CI traverse une phase de fragilisation après avoir délibérément boycotté les derniers cycles électoraux. L’absence du parti lors des législatives et de la présidentielle d’octobre 2025 a permis au camp présidentiel de s’imposer sans réelle concurrence. Pour les instances dirigeantes, ce retrait était motivé par des conditions de vote jugées non équitables, mais il a privé la formation de toute représentation parlementaire ou institutionnelle. L’objectif de ces assises à Abidjan est donc de rectifier le tir en proposant une nouvelle trajectoire stratégique pour une base militante éprouvée par les batailles judiciaires.

    Pour Laurent Gbagbo, l’enjeu consiste d’abord à consolider son autorité. Bien que son leadership soit parfois questionné en interne par ceux qui s’inquiètent de son inéligibilité liée à l’affaire du « braquage de la BCEAO », l’ancien président reste la figure centrale. Le défi est également de redonner une influence concrète au PPA-CI face à la domination du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et au positionnement des cadres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

    Le défi du renouvellement et des alliances

    Cette reconduction relance le débat sur la relève politique au sein des mouvements d’opposition en Afrique de l’Ouest. Figure emblématique du panafricanisme depuis les années 1980, Laurent Gbagbo demeure le socle idéologique de ses partisans. Néanmoins, son maintien à la tête du parti souligne, pour certains observateurs, la difficulté à organiser une transition générationnelle. Si aucun successeur n’a été officiellement désigné lors de ce congrès, ses lieutenants historiques conservent des postes stratégiques au sein du secrétariat exécutif.

    Par ailleurs, le PPA-CI doit encore définir sa politique de coalition. Malgré des échanges avec des dissidents du PDCI et diverses organisations citoyennes, aucune alliance formelle n’a encore vu le jour. Sans un front uni, la mouvance gbagboïste pourrait peiner à exister face à une administration territoriale et une majorité parlementaire solidement établies par le pouvoir actuel d’Alassane Ouattara.

    Cap sur les échéances de 2028 et 2030

    Les cadres du parti ont désormais les yeux rivés sur les élections municipales et régionales de 2028, avant l’objectif majeur de la présidentielle de 2030. Plusieurs axes de travail ont été définis : réorganisation du maillage territorial, modernisation de la communication digitale et formation des nouveaux militants. Bien que le PPA-CI revendique une implantation nationale, les derniers résultats ont montré une difficulté à transformer cet ancrage en succès dans les urnes.

    La question de l’éligibilité de Laurent Gbagbo demeure le point de friction majeur. Ses conseils juridiques militent toujours pour sa réintégration sur les listes électorales, s’appuyant sur l’amnistie partielle accordée après son retour au pays en 2021. Tant que ce verrou juridique n’est pas levé, le parti évolue avec un dirigeant dont l’influence est réelle mais dont la capacité d’action électorale reste entravée. L’issue de ce congrès confirme que la succession est, pour l’heure, un sujet mis de côté au profit d’un statu quo autour du fondateur.

  • Sénégal et Côte d’Ivoire : l’inquiétante montée de la désinformation ciblant les femmes

    Sénégal et Côte d’Ivoire : l’inquiétante montée de la désinformation ciblant les femmes

    Au Sénégal comme en Côte d’Ivoire, une menace grandissante pèse sur la présence des femmes dans l’espace public : la désinformation genrée. Une étude approfondie révèle que plus de 60 % des femmes interrogées dans ces deux pays ont déjà été la cible de campagnes de déstabilisation numérique. Contrairement aux attaques visant les hommes, qui portent généralement sur des débats d’idées ou des faits politiques, ces offensives s’attaquent systématiquement à l’intimité, au corps et à la moralité des victimes.

    Une stratégie de discrédit basée sur la vie privée

    La désinformation genrée se distingue par sa nature profondément personnelle. Pour les femmes politiques, les journalistes ou les militantes, le champ de bataille n’est pas celui des arguments, mais celui de la réputation. L’objectif est de briser leur légitimité en les présentant comme immorales. Les mécanismes de discrédit sont bien huilés :

    • Les femmes politiques sont souvent accusées d’avoir gravi les échelons grâce à des faveurs sexuelles.
    • Les journalistes sont régulièrement dépeintes comme étant à la solde de puissances étrangères.
    • Les militantes se voient reprocher des financements occultes provenant de l’Occident.

    Ces attaques visent un but unique : réduire ces femmes au silence et les pousser à abandonner le débat public.

    Le lynchage numérique des « 72 heures » au Sénégal

    Au Sénégal, une pratique particulièrement virulente a été identifiée sous le nom de phénomène des « 72 heures ». Durant ce laps de temps, une femme est choisie pour devenir la cible d’un harcèlement intensif. Sa vie est passée au crible, déformée et réinventée à travers des photomontages et des récits mensongers destinés à la faire passer pour une personne indigne. Si ce procédé touche parfois les hommes, il atteint un degré de violence bien supérieur lorsqu’il s’en prend aux femmes.

    Les auteurs de ces campagnes sont majoritairement des hommes jeunes, âgés de 17 à 45 ans, résidant dans le même pays que leurs victimes. On note toutefois la participation de certaines femmes, agissant en relais de normes patriarcales.

    L’impact dévastateur de l’autocensure

    Les conséquences de cette violence numérique sont concrètes. De nombreuses femmes, lassées ou traumatisées par ces attaques, finissent par s’autocensurer ou par se retirer définitivement des réseaux sociaux. Or, dans une société de plus en plus connectée, s’effacer du numérique revient à disparaître de la vie publique. Ce sont les profils les plus visibles — influenceuses, artistes, militantes féministes — qui paient le prix le plus fort pour leur audace et leur visibilité.

    Le rôle des grandes plateformes numériques est également pointé du doigt. Les outils de signalement actuels peinent à modérer les contenus en langues locales, comme le wolof. Cette méconnaissance des réalités linguistiques et culturelles par les géants du web laisse le champ libre aux harceleurs.

    Vers une reconnaissance juridique des violences numériques

    Face à ce constat, l’urgence est à la reconnaissance officielle de ces agressions. Il est impératif que les autorités du Sénégal et de la Côte d’Ivoire qualifient les violences numériques comme des violences basées sur le genre. Une telle mesure permettrait de créer un cadre légal spécifique, de former les forces de l’ordre à la réception des plaintes et de sensibiliser les magistrats à ces nouveaux enjeux.

    Loin d’être des incidents isolés, ces attaques numériques s’inscrivent dans la continuité des violences subies par les femmes dans la sphère privée et dans la rue. La lutte contre la désinformation genrée est donc devenue un pilier essentiel de la défense des droits des femmes en Afrique de l’Ouest.