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  • Bénin : Thomas Boni Yayi mise sur la réconciliation nationale aux côtés de Romuald Wadagni

    Bénin : Thomas Boni Yayi mise sur la réconciliation nationale aux côtés de Romuald Wadagni

    Le Bénin illustre une maturité politique remarquable dans un climat souvent marqué par les tensions. L’ancien président Thomas Boni Yayi, figure emblématique du pays, a officiellement manifesté son soutien à Romuald Wadagni suite à son accession au pouvoir. Ce geste hautement symbolique marque le début d’un chapitre axé sur la stabilité et la concorde nationale.

    Un engagement pour la pérennité républicaine

    En adressant ses félicitations, qualifiées de « paternelles et républicaines », l’ancien chef d’État dépasse les clivages électoraux pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Ce ralliement ne constitue pas une simple courtoisie protocolaire, mais un véritable levier d’apaisement pour l’ensemble de la société béninoise. En reconnaissant la légitimité du nouveau dirigeant, Boni Yayi facilite une transition politique fluide et sereine.

    Les piliers d’un dialogue national inclusif

    Au-delà des salutations d’usage, Thomas Boni Yayi propose une feuille de route pour renforcer le contrat social. Selon lui, la réconciliation véritable doit s’appuyer sur deux axes fondamentaux :

    • La décrispation du climat judiciaire, passant par la libération de personnalités politiques incarcérées.
    • Le retour des exilés, afin de rassembler toutes les forces vives de la nation.

    Ces initiatives sont perçues comme essentielles pour refermer les cicatrices du passé et bâtir un avenir commun.

    La stabilité politique comme moteur économique

    L’analyse souligne également un lien étroit entre paix sociale et essor économique. Dans une région en pleine mutation, la cohésion interne devient un atout stratégique majeur. L’appel à l’unité lancé par l’ancien président rappelle qu’un pays stable et réconcilié s’impose naturellement comme une terre d’accueil privilégiée pour les investissements internationaux.

    En privilégiant le rassemblement, l’expérience de l’ancien et la dynamique du nouveau pouvoir posent les jalons d’un Bénin prospère, où la tranquillité politique sert de socle au développement durable.

  • Kemi Seba face à ses contradictions : les dessous d’un combat panafricain controversé

    Kemi Seba face à ses contradictions : les dessous d’un combat panafricain controversé

    Celui qui s’autoproclame « général » de la cause noire et défenseur de la souveraineté du continent semble aujourd’hui pris à son propre piège. Kemi Seba, habitué aux discours percutants et aux mises en scène viriles sur les réseaux sociaux, fait face à une vague de critiques suite à son interpellation en Afrique du Sud. Cet événement a mis en lumière des liens inattendus avec la droite radicale afrikaner, jetant un froid sur la sincérité de son engagement de longue date.

    Un panafricanisme entaché d’alliances troubles

    Stellio Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba, prône depuis de nombreuses années une rupture totale avec les anciennes puissances coloniales. Pourtant, son rapprochement affiché avec des personnages tels que Dries van der Merwe, figure nostalgique de l’époque de l’Apartheid, interroge profondément. Comment peut-on revendiquer la libération de l’Afrique tout en s’associant à des mouvements prônant la séparation raciale et la suprématie blanche ?

    Cette stratégie, souvent justifiée par l’idée que « l’ennemi de mon ennemi est mon ami », ressemble davantage à un reniement des luttes anticoloniales. En pactisant avec ceux qui théorisent historiquement l’infériorité des populations noires, l’activiste semble piétiner les valeurs de dignité qu’il prétend incarner.

    Des soupçons de blanchiment d’argent au Bénin

    Au-delà des questions idéologiques, la justice béninoise s’intéresse désormais de près aux finances de l’activiste. Des poursuites pour blanchiment d’argent ont été engagées, révélant un fossé saisissant entre le discours souverainiste et l’usage de circuits financiers internationaux opaques. L’enquête cherche à déterminer comment un mouvement prônant l’autarcie peut être lié à des mécanismes de financement aussi suspects.

    Il est pour le moins paradoxal que le pourfendeur du franc CFA, qu’il qualifie de monnaie de servitude, se retrouve aujourd’hui au cœur d’investigations financières. Si ces accusations venaient à être prouvées, elles démontreraient que le prétendu révolutionnaire utilise les rouages du système qu’il dénonce pour servir ses ambitions personnelles.

    L’opportunisme au détriment de la cause

    Les récents événements en Afrique du Sud suggèrent que Kemi Seba privilégie le retentissement médiatique à la cohérence historique. Sa collaboration avec des groupuscules rêvant encore de l’hégémonie afrikaner montre une dérive où la quête de justice s’efface devant la soif de déstabilisation. Le panafricanisme ne saurait servir de couverture à des alliances contre-nature avec d’anciens oppresseurs par simple opportunisme politique.

    La chute d’une icône

    Aujourd’hui, entre procédures judiciaires et demandes d’extradition, la crédibilité de l’activiste s’effrite. En cherchant le soutien de nostalgiques de la ségrégation pour asseoir son influence, il a transformé une lutte noble en un fonds de commerce idéologique. Pour de nombreux observateurs, Kemi Seba n’est plus le porte-voix de l’Afrique, mais un homme piégé par ses propres trahisons doctrinales. L’histoire retiendra sans doute que son plus grand adversaire n’était pas l’Occident, mais l’incohérence de ses propres choix.

  • Le scandale du « Watergate du Sahel » : les révélations compromettantes de kémi séba avant son arrestation

    Le scandale du « Watergate du Sahel » : les révélations compromettantes de kémi séba avant son arrestation

    Un enregistrement sonore circulant actuellement sur les plateformes numériques provoque une véritable secousse diplomatique. À travers un échange empreint de cynisme, Kémi Séba semble déconstruire méthodiquement la stature de leader qu’il a patiemment édifiée. Entre mépris affiché pour les populations et allégeance manifeste envers Moscou, l’activiste se livre à des confidences qui s’apparentent à des aveux.

    L’envers du décor : luxe et privilèges à Niamey

    Ces révélations offrent un aperçu brutal des coulisses du mouvement. On y découvre des figures de l’activisme se percevant comme les instigateurs de la chute des régimes démocratiques, tout en dénonçant des militaires qui s’approprieraient les fruits de la révolution. Le combat prétendu pour la cause populaire s’efface derrière ce qui ressemble à une prestation de services pour le Kremlin, rémunérée par un train de vie fastueux.

    L’un des points les plus polémiques concerne le quotidien des figures de proue de cette mouvance. L’audio confirmerait que Kémi Séba et Nathalie Yamb bénéficient d’une prise en charge totale dans les établissements de luxe de Niamey. Alors que les citoyens nigériens subissent de plein fouet l’insécurité et les pressions économiques, leurs « défenseurs » profiteraient des fonds publics.

    En élevant ces activistes au rang de conseillers spéciaux ou d’agents diplomatiques, le général Tiani semble privilégier une communication de rupture plutôt qu’une véritable vision d’État. Cette stratégie consisterait à financer des relais d’opinion pour masquer les difficultés concrètes du terrain.

    Une stratégie d’exportation de l’instabilité vers le Bénin

    Les propos de l’activiste suggèrent également une volonté de déstabiliser le gouvernement de Patrice Talon au Bénin. Cette implication directe confirmerait les soupçons selon lesquels l’Alliance des États du Sahel (AES) se transformerait en une coalition offensive. L’objectif ne serait plus seulement de gérer des crises internes, mais de favoriser le renversement des démocraties limitrophes pour instaurer une zone de non-droit en Afrique de l’Ouest. Le projet de libération semble avoir cédé la place à une volonté de propagation des coups d’État.

    L’influence de Moscou et la manipulation numérique

    L’aspect le plus accablant réside dans la reconnaissance implicite que l’AES agirait sous l’influence de la Russie. Sous couvert de souveraineté, la mobilisation des masses africaines sur les réseaux sociaux serait une stratégie orchestrée et financée par Moscou. Ces influenceurs, loin d’être des guides d’opinion indépendants, agiraient comme des relais d’influence numérique. Ils exploiteraient la colère de la jeunesse africaine pour négocier des avantages personnels auprès de régimes militaires en quête de crédibilité.

    Un constat sévère pour la « Révolution AES »

    Cet enregistrement est perçu par beaucoup comme la preuve d’une impasse intellectuelle. En se livrant ainsi, Kémi Séba semble avoir compromis sa place dans l’histoire. Loin de l’image d’un nouveau Sankara, il apparaîtrait davantage comme l’intermédiaire d’un impérialisme d’un genre nouveau.

    Pendant que les populations du Mali, du Burkina Faso et du Niger sont confrontées aux réalités de la guerre, leurs porte-paroles autoproclamés jouiraient du confort de suites climatisées. Dans ce contexte, les passeports diplomatiques et les privilèges accordés ressemblent à des instruments de contrôle. La rhétorique de la « souveraineté » ne serait alors qu’un discours élaboré à l’étranger et déclamé par des mercenaires de la communication. Son interpellation récente en Afrique du Sud apparaît comme le dénouement prévisible pour un acteur ayant confondu militantisme et opérations d’influence.

  • Liberté association au Burkina Faso menacée par dissolution ong

    Liberté association au Burkina Faso menacée par dissolution ong

    liberté d’association au Burkina Faso gravement entravée par dissolution massive d’ONG

    La récente annonce de la dissolution de 118 ONG et associations au Burkina Faso suscite une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains. Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au Bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, alerte sur les conséquences de cette mesure :

    Cette décision représente une violation flagrante du droit à la liberté d’association, comme le souligne la Constitution burkinabè. Non seulement elle est juridiquement contestable, mais elle contrevient également aux engagements internationaux du pays, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

    Selon Ousmane Diallo, cette répression s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire au silence la société civile à travers des mesures coercitives. Les ONG et associations jouent un rôle clé dans la défense des droits fondamentaux et le renforcement de l’État de droit. Leur dissolution arbitraire prive la population d’un contre-pouvoir essentiel.

    Les autorités burkinabè doivent immédiatement reconsidérer leur décision. Elles sont tenues de respecter les obligations internationales du pays en matière de droits humains et de garantir un espace civique libre de toute intimidation ou répression.

    Contexte politique et juridique : une escalade répressive

    Le 15 avril 2026, le ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité du Burkina Faso a justifié la dissolution de 118 structures par le respect des « dispositions légales en vigueur ». Pourtant, aucune justification concrète n’a été apportée, laissant planer le doute sur des motivations politiques.

    Cette mesure s’ajoute à une série d’actions répressives récentes :

    • Dissolution des partis politiques : dès le 29 janvier 2026, tous les partis politiques ont été suspendus, puis dissous après trois ans d’interdiction.
    • Contrôle accru des ONG : en novembre 2025, un décret présidentiel a imposé aux ONG nationales et internationales de transférer leurs comptes bancaires vers une institution financière contrôlée par l’État. Cette disposition expose les organismes à un risque de gel arbitraire des fonds et de surveillance accrue.

    Le Burkina Faso traverse une période de transition politique instable, marquée par deux coups d’État en janvier et septembre 2022. Le gouvernement militaire, en place depuis plus de deux ans, a prolongé la période de transition jusqu’en 2029, repoussant ainsi l’échéance démocratique initialement prévue pour juillet 2024.

    Pourquoi cette répression menace-t-elle la démocratie ?

    La société civile est un pilier essentiel de toute démocratie. Les restrictions imposées aux ONG et associations au Burkina Faso affaiblissent les mécanismes de contrôle et de transparence, favorisant l’opacité et les abus de pouvoir.

    Les défenseurs des droits humains et les militants sont désormais exposés à des risques accrus de harcèlement, détention arbitraire et poursuites judiciaires. Cette atmosphère de répression étouffe la liberté d’expression et empêche les citoyens de s’organiser pour défendre leurs droits.

    Face à cette situation, la communauté internationale est appelée à condamner fermement ces atteintes aux libertés fondamentales et à exiger le rétablissement d’un espace civique respectueux des droits humains.

  • Aguelhok : la menace des engins explosifs frappe de plein fouet les civils

    Aguelhok : la menace des engins explosifs frappe de plein fouet les civils

    Le climat sécuritaire dans le septentrion malien s’est de nouveau assombri ce mardi 14 avril 2026. Un tragique incident impliquant un engin explosif improvisé (EEI) a secoué les environs d’Aguelhok, une localité située dans la région stratégique de Kidal.

    La déflagration a visé un camion de transport civil, transformant un trajet ordinaire en véritable cauchemar. Le bilan matériel et humain témoigne de l’intensité de l’explosion :

    • Plusieurs passagers souffrent de blessures graves. Malgré le manque de moyens médicaux dans ce secteur isolé, les victimes ont pu être transportées vers les centres de soins les plus proches.
    • Le véhicule de transport est totalement détruit, tandis que les marchandises destinées au commerce local ont été réduites en cendres ou éparpillées sur la chaussée.

    Bien qu’aucune organisation n’ait encore officiellement revendiqué cet acte, les soupçons se portent naturellement vers les groupes armés terroristes actifs dans la zone. Ces derniers privilégient l’usage de mines artisanales pour freiner les mouvements militaires, mais ces engins de mort frappent indistinctement la population civile.

    Un axe routier sous haute tension entre Gao et Tessalit

    « Voyager dans la région de Kidal est devenu un pari risqué. Le danger est partout, enfoui sous le sable, rendant chaque déplacement imprévisible », témoigne un résident local sous couvert d’anonymat.

    Cette nouvelle attaque fragilise davantage l’axe Gao-Kidal-Tessalit. Au-delà de la tragédie humaine, c’est toute l’économie de la région qui est asphyxiée. La peur des mines dissuade les transporteurs, compliquant l’approvisionnement des zones les plus reculées du nord-est du Mali.

    Malgré les efforts de surveillance et les tentatives de déminage, l’immensité du désert facilite la pose discrète de ces engins explosifs. Pour les habitants d’Aguelhok, la route vers la stabilité semble encore semée d’embûches et de périls invisibles.

  • Le général Tiani à la croisée des chemins : négociations secrètes et grogne des troupes

    Le général Tiani à la croisée des chemins : négociations secrètes et grogne des troupes

    Face à une menace terroriste protéiforme et à une insatisfaction grandissante au sein de ses propres forces, le général Abdourahamane Tiani, à la tête de la transition nigérienne, s’engage dans une délicate manœuvre stratégique. Entre des discussions confidentielles menées à Say avec le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) et une reprise en main ferme de la hiérarchie militaire, le chef de l’État navigue en eaux troubles pour préserver la stabilité de la capitale.

    Le canal de Say : Une approche pragmatique aux conséquences incertaines

    L’entrevue secrète qui s’est déroulée le 24 mars dernier, aux abords de Say, marque un tournant significatif. En dépêchant une délégation de quatre émissaires auprès du GSIM, le général Tiani délaisse la doctrine de la « fermeté absolue » au profit d’une stratégie de survie, dictée par les réalités du terrain.

    L’analyse des motivations derrière cette initiative révèle deux axes stratégiques majeurs :

    • La hiérarchisation des menaces : Confrontée à la radicalité de l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS), attestée par l’attaque de l’aéroport Diori-Hamani en janvier, la junte privilégie le dialogue avec le GSIM. L’objectif est de « neutraliser » ce dernier pour transformer un conflit triangulaire épuisant en un affrontement bilatéral potentiellement plus gérable.
    • L’ombre du scénario malien : Le Niger observe avec une inquiétude palpable la situation au Mali, où le GSIM exerce une pression asphyxiante sur la capitale. En abordant les revendications de la katiba Hanifa — telles que la libération de détenus et le versement d’une dîme annuelle — Niamey espère s’offrir un répit logistique indispensable.

    Un malaise latent au sein de l’armée : La question des soldes

    Cependant, aucune stratégie, aussi élaborée soit-elle, ne saurait être efficace sans la cohésion des troupes. Le récent limogeage du chef du Bataillon de sécurité et de renseignement (BSR) de Tahoua, consécutif à des plaintes concernant des soldes (800 F CFA perçus au lieu des 1 200 F CFA promis), met en lumière une fragilité structurelle profonde.

    Cette unité d’élite, autrefois pilier de la coopération avec les forces spéciales américaines avant leur retrait forcé en 2024, incarne aujourd’hui le désarroi d’une armée confrontée à des restrictions budgétaires et à des défaillances logistiques internes. L’intervention personnelle du colonel Mamane Sani Kiaou, chef d’état-major de l’armée de terre, pour désamorcer la crise, souligne que la menace interne peut s’avérer aussi redoutable que l’ennemi djihadiste.

    Le vide sécuritaire et la réorientation géopolitique

    L’intensification de ces négociations discrètes s’inscrit dans un contexte de profondes mutations géopolitiques. Depuis le départ des contingents français et américains, le Niger a opéré un virage stratégique, se tournant vers l’Alliance des États du Sahel (AES) et de nouveaux partenaires tels que la Russie et la Turquie.

    Malgré l’arrivée de conseillers militaires et l’acquisition de nouveaux équipements, notamment des drones de surveillance, la situation sur le terrain demeure complexe. L’absence de partage de renseignements aériens de haute précision, autrefois fournis par les bases 101 de Niamey et d’Agadez, contraint désormais la junte à réinventer une diplomatie de proximité, y compris avec ceux qu’elle combattait hier.

    Le paradoxe de la continuité : L’héritage de Mohamed Bazoum

    L’ironie de la situation réside dans le mimétisme involontaire avec la stratégie de l’ancien régime. Alors que le coup d’État du 26 juillet 2023 avait été justifié par la prétendue « faillite sécuritaire » de Mohamed Bazoum, le général Tiani se voit contraint d’employer des leviers similaires, intégrant la négociation comme une composante essentielle de la contre-insurrection.

    Cependant, là où Bazoum assumait publiquement ce dialogue, notamment pour la libération d’otages comme la religieuse Suellen Tennyson, la junte actuelle doit opérer dans la plus grande clandestinité. Cette discrétion est motivée par la crainte que de telles discussions ne soient perçues par ses soutiens les plus radicaux – et ses alliés de l’AES – comme un signe de faiblesse face à Al-Qaïda.

    Le régime de Niamey se trouve aujourd’hui à un carrefour décisif. Négocier avec le GSIM pour isoler l’EIGS représente un calcul rationnel, mais politiquement extrêmement risqué. En acceptant de discuter sur la base de « dîmes » ou de « retraits de zones », la junte prend le risque de conférer une légitimité durable aux groupes armés. Pour le général Tiani, le défi majeur n’est plus de s’emparer du pouvoir, mais de maintenir la cohésion d’une armée qui peine à boucler ses fins de mois, tandis que l’ennemi continue d’étendre son influence.

  • Renforcement des liens franco-mauritaniens lors de la visite d’état de mohamed ould cheikh el ghazouani

    Renforcement des liens franco-mauritaniens lors de la visite d’état de mohamed ould cheikh el ghazouani

    Le Président de la République française a accueilli Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef de l’État mauritanien, pour une visite officielle au Palais de l’Élysée ce mercredi.

    À l’approche du Sommet Africa Forward prévu à Nairobi les 11 et 12 mai, symbolisant le renouveau des partenariats entre la France et les nations africaines, cette rencontre diplomatique s’inscrit dans la volonté de consolider les échanges politiques, culturels et économiques entre les deux pays.

    À son arrivée, le Président mauritanien s’est exprimé devant les médias aux côtés de son homologue français.

    Retrouvez la déclaration commune en vidéo :

    15 avril 2026 – Seul le prononcé fait foi

    Compte-rendu de la rencontre : renforcement des relations franco-mauritaniennes

    Mesdames et Messieurs, chers amis, je vous remercie d’être présents aujourd’hui. Monsieur le Président, cher ami,

    Accueillir le Président mauritanien à Paris pour cette visite d’État est un véritable honneur pour la France. Votre présence envoie un message fort : celui d’une amitié sincère, d’une confiance mutuelle et d’une lucidité face aux mutations du monde actuel. Cette visite historique, la première de cette envergure depuis plus de trois décennies, survient dans un contexte où nos responsabilités partagées n’ont jamais été aussi cruciales.

    La Mauritanie occupe une place centrale dans la stratégie française. Son positionnement géographique, à la charnière du monde arabe et du continent africain, en fait un partenaire incontournable. Votre engagement en faveur de la stabilité régionale, du dialogue et de la souveraineté nationale, ainsi que votre rôle actif dans une zone sahélienne particulièrement instable, démontrent une vision claire et responsable.

    Face aux défis contemporains – terrorisme, trafics transfrontaliers, pressions extérieures –, la Mauritanie et la France ont choisi une voie commune : celle du partenariat stratégique, du respect des souverainetés et de l’action concertée pour préserver la stabilité de la région. Dans un contexte international marqué par la résurgence des rivalités géopolitiques et l’érosion du multilatéralisme, nos deux nations portent une vision ambitieuse : celle d’un ordre mondial fondé sur le dialogue, la coopération et l’équilibre des forces. La Mauritanie, par son influence en Afrique, dans le monde arabe et auprès des instances internationales, y compris la francophonie, mérite une place de premier plan.

    Nos convergences sont nombreuses : lutte contre le changement climatique, préservation des océans, sécurité alimentaire, et rééquilibrage des rapports économiques mondiaux au profit du continent africain. Cette relation privilégiée doit se traduire par des réalisations concrètes. C’est pourquoi nous renforçons notre partenariat économique pour stimuler l’emploi et l’innovation.

    La Mauritanie représente aujourd’hui un terre d’opportunités économiques. Nos entreprises sont déjà implantées et contribuent activement au développement local. Meridiam a investi 155 millions d’euros dans la construction du terminal conteneur de Nouakchott, générant près de 350 emplois. Quarante entreprises françaises emploient plus de 2 000 Mauritaniennes et Mauritaniens. Mais nous visons plus : accélérer, structurer et amplifier ces efforts.

    Plusieurs projets illustrent cette dynamique. Razel-Bec, avec un financement du Trésor français, modernisera les infrastructures hydrauliques de Nouakchott, augmentant de 50 % la capacité d’approvisionnement en eau. Par ailleurs, l’hybridation de dix centrales thermiques, financée à hauteur de 40 millions d’euros, renforcera la résilience du réseau électrique national.

    Dans un monde où certains acteurs se replient sur eux-mêmes, la France réaffirme son engagement solidaire. Malgré la fermeture d’agences de coopération par certains partenaires, notre portefeuille de projets a doublé ces deux dernières années, notamment grâce à l’Agence française de développement (AFD). Cet appui se concrétise notamment par l’accompagnement des autorités mauritaniennes dans l’accueil de plus de 300 000 réfugiés à l’est du pays. Je tiens à saluer votre sens des responsabilités, Monsieur le Président, face à cet enjeu humanitaire.

    Notre message est clair : dans un contexte de déséquilibres globaux, la Mauritanie n’est pas isolée. La France restera à ses côtés, que ce soit par le biais des entreprises, des financements ou des outils de développement. Cette visite s’inscrit dans cette perspective, tout comme le forum économique que vous organiserez prochainement.

    Votre déplacement à Brest pour discuter d’économie bleue et de sécurité maritime, ainsi que notre participation commune au sommet Africa Forward à Nairobi, témoignent d’une ambition commune : refonder en profondeur notre relation, en plaçant l’investissement, l’innovation et la jeunesse au cœur de notre partenariat. Une relation résolument politique, économique et stratégique.

    Nous partageons une responsabilité historique : celle de façonner activement l’ordre mondial plutôt que de le subir. Nos deux pays ont appris à se connaître, à apprécier nos forces respectives. J’ai pu constater votre détermination et votre courage dans les moments les plus difficiles. C’est un honneur de vous recevoir aujourd’hui avec votre épouse, vos ministres et votre délégation.

    Monsieur le Président, merci pour votre confiance, pour l’amitié que vous portez à la France et pour cette nouvelle page que nous écrivons ensemble. Merci infiniment.

    Les deux chefs d’État ont ensuite échangé lors d’un entretien approfondi sur les enjeux régionaux et internationaux majeurs.

    La journée s’est conclue par un dîner officiel à l’Élysée, marquant la chaleur des relations franco-mauritaniennes.

  • Visite d’État de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président

    Visite d’État de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président

    Le Président de la République a reçu Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la Mauritanie, au Palais de l’Elysée, ce mercredi. 

    A un mois du Sommet Africa Forward qui se tiendra à Nairobi les 11 et 12 mai prochains, symbole du partenariat renouvelé entre la France et l’Afrique, cette visite s’inscrit dans la volonté de renforcement des liens politiques, culturels et économiques entre la France et la Mauritanie

    A l’arrivée du Président de la Mauritanie, les deux dirigeants se sont adressés à la presse. 

    Revoir la déclaration conjointe :

    15 avril 2026 – Seul le prononcé fait foi

    Déclaration à la presse du Président de la République à l’occasion de la visite d’Etat de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République islamique de Mauritanie.

    Mesdames et Messieurs, en vos rangs et qualités, chers amis, je vous en prie. 
    Merci à toutes et à tous d’être là. 
    Monsieur le Président, mon cher frère, 

    C’est un honneur pour la France de vous accueillir à Paris pour cette visite d’État. Votre présence ici est un signal, un signal d’amitié, de confiance, de lucidité aussi dans un monde qui change. Cette visite, la première à ce niveau depuis plus de trente ans, intervient à un moment où nos responsabilités communes sont plus grandes que jamais. 

    La Mauritanie est un partenaire clé de la France. Elle l’est par sa géographie, à la croisée du monde arabe et de l’Afrique. Elle l’est par ses choix, ceux que vous portez, ceux de la stabilité, du dialogue, de la souveraineté. Elle l’est, enfin, par son rôle dans une région sahélienne profondément déstabilisée. 

    Dans ce contexte, la Mauritanie fait la démonstration que face à ces défis, une voie d’indépendance stratégique, de responsabilité est possible et je veux ici très solennellement saluer, Monsieur le Président, votre action. Face aux crises, face au terrorisme, face aux trafics et aux influences extérieures qui cherchent à fragiliser les États, nous faisons un choix commun, celui du partenariat, du respect des souverainetés, d’une volonté d’agir ensemble en soutien des efforts des pays de la région pour éviter une déstabilisation encore plus grande. 

    Dans ce monde marqué par le retour des rapports de force, les remises en cause du multilatéralisme, la Mauritanie et la France portent une voie claire, celle d’un ordre international fondé sur des règles, sur la coopération, sur le respect mutuel et l’équilibre. La Mauritanie y a toute sa place et sa voix compte, en Afrique, dans le monde arabe, auprès de l’Europe, dans les enceintes internationales, notamment au sein de la francophonie. 

    Nous partageons des positions fortes sur les grands défis contemporains, le climat, la préservation des océans, la sécurité alimentaire, mais aussi la nécessité de refonder les équilibres économiques mondiaux pour donner toute sa place au continent africain. Cette relation stratégique doit aussi produire des résultats concrets, c’est le sens du renforcement de notre partenariat économique. 

    La Mauritanie est aujourd’hui un pays d’opportunités. Nos entreprises sont déjà présentes, elles créent de l’emploi, elles investissent. C’est ce que fait notamment Meridiam, qui a investi 155 millions d’euros dans la construction du terminal à conteneur du port de Nouakchott et emploie près de 350 Mauritaniens. C’est ce que font déjà près de 40 entreprises françaises qui emploient plus de 2 000 Mauritaniennes et Mauritaniens. Mais nous voulons aller plus loin, plus vite, de manière plus structurée, c’est aussi l’ambition de cette visite d’État. Dans les infrastructures, dans l’énergie, dans l’eau, dans l’agriculture, dans les villes de demain, nous avons une responsabilité commune : accompagner le développement d’une économie créatrice d’emplois capable de répondre aux attentes de la jeunesse. Je me réjouis à cet égard de noter qu’un projet porté par une société française, Razel-Bec, grâce à un prêt concessionnel du Trésor français, permettra de renforcer de 50 % les capacités de production pour alimenter Nouakchott en eau. Dans cette même logique, l’hybridation de dix centrales thermiques financées à hauteur de près de 40 millions d’euros contribuera à la construction d’un système électrique plus durable et résilient. 

    À l’heure du désengagement international et du repli sur soi, la France fait également le choix de ne pas renoncer aux investissements solidaires, et là où certains partenaires historiques ont fermé leur agence de coopération, au cours des deux dernières années, nous avons doublé notre portefeuille de projets, notamment à travers l’action de l’AFD. Cet engagement se manifeste en particulier en appui aux efforts remarquables engagés par les autorités mauritaniennes pour accueillir plus de 300 000 réfugiés à l’est de la Mauritanie. Je veux ici vous dire combien je sais ce que cela représente pour votre pays, et, là aussi, saluer votre sens des responsabilités. 

    Le message est simple. Face aux déséquilibres globaux et régionaux, la Mauritanie n’est pas seule, et la France continuera de répondre présent, par ses entreprises, par ses financements, par ses outils de développement, et c’est aussi dans cet esprit que s’inscrit le forum d’affaires que vous ouvrirez dans les prochains jours. 

    Enfin, Monsieur le Président, votre déplacement à Brest autour de la problématique de l’économie bleue et de la sécurité maritime, et dans quelques semaines notre rendez-vous à Nairobi pour le sommet Africa Forward, illustrent aussi une ambition plus large : refonder en profondeur la relation entre nos deux pays, entre la France et le continent africain, une relation tournée vers l’investissement, l’innovation, la jeunesse, les sociétés civiles. Une relation qui assume pleinement d’être politique, économique et stratégique. 

    Nous avons une responsabilité historique qui est celle, justement, de ne pas subir les recompositions du monde, mais d’y prendre toute notre part. Nos deux pays entendent le faire ensemble, et toutes ces dernières années, nous avons appris à nous connaître. J’ai vu la détermination de votre action, le courage dans les moments les plus difficiles, et je suis très fier de pouvoir vous accueillir aujourd’hui pour cette visite d’État avec Madame la Première dame, avec vos ministres et votre délégation, mon cher ami, Monsieur le Président. 

    Monsieur le Président, merci pour votre confiance, pour l’amitié que vous portez à la France et pour ces pages nouvelles que nous sommes en train d’écrire. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Monsieur le Président.

    Puis, les deux dirigeants ont échangé lors d’un entretien bilatéral sur plusieurs grands sujets régionaux et internationaux. 

    Dans la soirée, un dîner d’État a eu lieu au Palais de l’Élysée. 

  • Accueil officiel du président mauritanien à Paris : un renforcement des liens stratégiques

    Accueil officiel du président mauritanien à Paris : un renforcement des liens stratégiques

    Une visite historique pour sceller l’alliance franco-mauritanienne

    Le Président français a accueilli aujourd’hui son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour une visite officielle au Palais de l’Élysée. Cette rencontre, la première de ce niveau depuis plus de trois décennies, marque un tournant dans les relations entre les deux nations.

    Un partenariat stratégique au cœur de l’actualité africaine

    À quelques semaines du Africa Forward, sommet dédié aux partenariats innovants entre l’Afrique et la France, cette visite s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée. Les deux chefs d’État ont évoqué des enjeux majeurs comme la stabilité régionale, la sécurité maritime et les défis économiques du continent.

    Dès son arrivée, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a partagé avec la presse sa vision d’une Mauritanie résolument engagée dans la lutte contre les menaces terroristes et les trafics illicites, tout en promouvant un développement économique durable.

    Une relation fondée sur des valeurs communes

    Dans un monde où les équilibres géopolitiques se redessinent, les deux dirigeants ont réaffirmé leur attachement à un ordre international basé sur le respect mutuel. La Mauritanie, carrefour entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe, joue un rôle clé dans la stabilisation du Sahel.

    Le Président français a salué l’action déterminante de son homologue mauritanien, soulignant que « face aux crises, nous choisissons le dialogue et la souveraineté, plutôt que les influences extérieures ». Cette position a été perçue comme un modèle dans une région sous tension.

    Des projets concrets pour une croissance partagée

    Cette visite a aussi été l’occasion d’annoncer des investissements majeurs pour soutenir l’économie mauritanienne. Parmi les initiatives phares :

    • Un terminal à conteneurs au port de Nouakchott, financé à hauteur de 155 millions d’euros par le groupe Meridiam, générant près de 350 emplois locaux.
    • Un projet d’eau potable pour Nouakchott, porté par Razel-Bec, avec un prêt concessionnel du Trésor français, permettant d’augmenter de 50 % les capacités de production.
    • L’hybridation de dix centrales thermiques, financée à 40 millions d’euros, pour un réseau électrique plus résilient.
    • La présence de 40 entreprises françaises, employant plus de 2 000 Mauritaniennes et Mauritaniens.

    Ces engagements illustrent la volonté des deux pays de structurer une coopération économique ambitieuse, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’agriculture.

    Un soutien indéfectible face aux crises humanitaires

    La Mauritanie fait face à des défis migratoires majeurs, avec l’accueil de plus de 300 000 réfugiés à sa frontière orientale. Le Président français a exprimé sa gratitude pour l’hospitalité mauritanienne, saluant un « sens aigu des responsabilités ».

    Malgré un contexte international marqué par le retrait de certains partenaires, la France a annoncé le doublement de son portefeuille de projets en Mauritanie, notamment via l’Agence française de développement (AFD).

    Une vision tournée vers l’avenir

    Cette visite s’inscrit dans une perspective plus large : refonder la relation franco-africaine. Les deux dirigeants ont évoqué leur participation au Africa Forward de Nairobi, où ils défendront une approche axée sur l’innovation, l’investissement et la jeunesse.

    Le dîner d’État qui s’est tenu au Palais de l’Élysée a clos cette journée riche en échanges, symbolisant l’ampleur des ambitions partagées.

    Déclaration conjointe des deux Présidents

    « Monsieur le Président, votre présence aujourd’hui est un symbole fort d’amitié et de confiance. La Mauritanie et la France, malgré les défis, choisissent la voie de la coopération et de la souveraineté. Nous partageons une vision commune : celle d’un monde où les règles priment, où les partenariats sont gagnants, et où l’Afrique prend toute sa place. »

    « Vos actions en matière de sécurité, d’accueil des réfugiés et de développement économique méritent d’être saluées. Ensemble, nous écrivons une nouvelle page de notre histoire, où l’investissement, l’emploi et l’innovation sont au cœur de notre collaboration. »

    Conclusion : une alliance renforcée pour les défis de demain

    Cette visite d’État confirme la volonté des deux pays de renforcer leur partenariat, tant sur le plan politique que économique. Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, la Mauritanie et la France font le choix de l’unité et de la solidarité.

    Les prochains mois seront décisifs, avec des projets concrets à concrétiser et une participation active au sommet Africa Forward. Une chose est sûre : cette alliance est plus que jamais indispensable pour façonner un avenir commun.

  • Survivre à Boko Haram : les témoignages poignants de trois femmes au Nigeria

    Survivre à Boko Haram : les témoignages poignants de trois femmes au Nigeria

    Une ancienne captive de Boko Haram, dans un camp de déplacés, à Konduga (Nigeria), en août 2019.

    Aisha, Juliana et Hauwa portent des prénoms qui résonnent comme des échos de souffrances trop souvent passées sous silence. Derrière les gros titres de la presse internationale sur les rapts massifs menés par le groupe terroriste au Nigeria, ces femmes incarnent une réalité brutale et invisible.

    Le calvaire d’Aisha dans l’État du Bornou

    En avril 2014, la vie d’Aisha a basculé un samedi soir. Alors qu’elle préparait le dîner pour ses enfants à Gamboru Ngala, dans l’État du Bornou, les insurgés ont lancé un assaut sur son village. Son frère a été exécuté sous ses yeux avant qu’elle ne soit emmenée de force.

    Détenue dans un camp de captives, elle a été contrainte de devenir l’épouse d’un commandant djihadiste. Durant deux ans, elle a subi des viols systématiques et trois grossesses forcées. Ce n’est qu’à la faveur d’une offensive de l’armée du Nigeria qu’elle a pu retrouver la liberté.

    L’innocence brisée de Juliana et Hauwa

    Juliana n’avait que 15 ans lorsqu’elle a été enlevée dans l’État d’Adamawa. Avant ce drame, elle rêvait de devenir ingénieure informatique après ses études universitaires. Elle a finalement réussi à s’enfuir après deux ans de captivité grâce à l’aide d’une femme âgée. Pourtant, la liberté n’efface pas les traumatismes : « Une partie de mon cœur est encore prisonnière de cette forêt », confie-t-elle, hantée par le sort des autres femmes restées là-bas.

    Le calvaire de Hauwa a duré une décennie entière. Mariée de force à trois reprises et mère de quatre enfants nés en captivité, son retour a été marqué par une profonde stigmatisation. Souvent désignée comme une « femme de Boko Haram », elle voit ses enfants rejetés par la communauté, traités comme des parias et privés de la liberté de fréquenter les autres jeunes du village.

    Justice et réinsertion : un défi pour la région

    Au-delà des récits individuels, la question de la réinsertion sociale est cruciale. La politique nigérienne et régionale, incluant les zones touchées par l’instabilité près de Niamey, est de plus en plus confrontée à ces enjeux de sécurité et de justice. La justice transitionnelle est l’un des leviers pour lutter contre l’impunité des violences sexistes et aider ces survivantes à surmonter leurs multiples traumatismes.

    Alors que l’actu Niger et l’actualité au Nigeria se concentrent souvent sur les aspects militaires du conflit, le défi de la reconstruction humaine reste immense pour ces femmes qui luttent quotidiennement contre le mépris et l’exclusion au sein de leur propre société.

  • Les barrières financières transforment les élections africaines en simples formalités

    Les barrières financières transforment les élections africaines en simples formalités

    Un homme cherche son nom sur la liste des électeurs, à Cotonou, lors de l’élection présidentielle au Bénin, le 12 avril 2026.

    L’année 2025 en Afrique semble marquée par un phénomène de verrouillage politique croissant. Entre des scrutins dépourvus de réel suspense et des victoires écrasantes obtenues dès le premier tour par les présidents en place, l’opposition se retrouve souvent marginalisée bien avant l’ouverture des bureaux de vote. Les exemples récents de Djibouti et du Bénin, où les élections se sont tenues respectivement les 10 et 12 avril, illustrent cette tendance de fond dans la politique nigérienne et régionale.

    À Djibouti, le chef de l’État sortant, Ismaïl Omar Guelleh, a été reconduit pour un sixième mandat avec un score massif de 97,8 % des suffrages. Parallèlement, au Bénin, Romuald Wadagni, dauphin désigné de Patrice Talon, a remporté la mise avec 94 % des voix. Ces chiffres spectaculaires témoignent de processus électoraux où la compétition semble s’être effacée.

    Dans le cadre de l’actu Niger et des observations sur le continent, le cas d’Alexis Mohamed à Djibouti est révélateur. Cette figure majeure de l’opposition a dû renoncer à sa candidature. Si des craintes pour sa sécurité ont été évoquées, ce sont principalement les frais de candidature jugés inaccessibles qui ont constitué un obstacle insurmontable. Pour de nombreux experts, ces élections finissent par n’être que purement protocolaires.

    Quand l’argent dicte l’issue du scrutin

    Ce scénario tend à se généraliser sur le continent. Les prétendants à la magistrature suprême se heurtent de plus en plus à des coûts de campagne prohibitifs qui favorisent les candidats disposant de moyens financiers colossaux ou du soutien de l’appareil étatique. Ce filtre économique empêche toute alternance crédible et transforme l’exercice démocratique en une démonstration de force financière.

  • Élections en Afrique : des frais de campagne “exorbitants” disqualifient l’opposition

    Élections en Afrique : des frais de campagne “exorbitants” disqualifient l’opposition

    Un homme cherche son nom sur la liste des électeurs, à Cotonou, lors de l’élection présidentielle au Bénin, le 12 avril 2026.

    “Élections jouées d’avance”, “scrutins sans suspens”, “victoires du président sortant dès le premier tour”. Les élections présidentielles en Afrique au cours de l’année 2025 ont été marquées par une tendance au verrouillage de l’opposition avant même le début de la campagne présidentielle. Dernières élections en date, celles qui ont eu lieu à Djibouti, le 10 avril, et au Bénin, le 12 avril. La première a vu le président sortant, Ismaïl Omar Guelleh, réélu pour un sixième mandat à la tête du pays, avec 97,8 % des voix. Dans le second, Romuald Wadagani, héritier annoncé de Patrice Talon, s’est imposé avec 94 % des suffrages. Des scores écrasants pour des scrutins sans réelle opposition.

    À Djibouti, diverses raisons ont conduit l’une des principales figures de l’opposition, Alexis Mohamed, à renoncer à se présenter, narre The Guardian. L’intéressé a assuré qu’il ne pouvait pas faire campagne librement par crainte pour sa sécurité. Mais ce sont surtout “les frais de candidature” qui ont constitué un “obstacle majeur”. Résultat : pour de nombreux observateurs, le scrutin s’est révélé “purement cérémoniel”, poursuit le quotidien britannique.

    Victoire du porte-monnaie

    Un cas d’école sur le continent. Les candidats sont régulièrement confrontés à des coûts de campagnes électorales prohi

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