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  • 14 juillet : la France réitère son appui aux efforts de paix en RDC

    14 juillet : la France réitère son appui aux efforts de paix en RDC

    Lors de la commémoration de la fête nationale française, l’ambassadeur de France en République démocratique du Congo, Rémi Maréchaux, a souligné l’engagement de Paris en faveur de la paix dans l’Est du pays. À travers un discours prononcé depuis sa résidence à Kinshasa, il a mis en lumière le rôle actif de la France au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, tout en réaffirmant son soutien aux initiatives diplomatiques en cours.

    Une célébration porteuse de valeurs et d’engagements

    Le 14 juillet, symbole de la Révolution française et des principes républicains, a servi de cadre à une allocution où Rémi Maréchaux a rappelé l’importance de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Pour le diplomate, cette date ne célèbre pas seulement un événement historique, mais incarne aussi les valeurs que la France souhaite défendre sur la scène internationale, notamment en Afrique centrale.

    La situation sécuritaire au cœur des discussions

    L’ambassadeur a abordé sans détour les défis persistants dans l’Est de la RDC, où les conflits armés continuent de faire rage. Il a rappelé les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU sous l’impulsion de la France, comme la résolution 2773, qui exige le retrait des troupes du M23 et la fin des soutiens extérieurs à ce groupe armé. La France a également contribué à l’adoption de la résolution 2808, prolongeant le mandat de la MONUSCO, et de la résolution 2825 (2026), renforçant le régime de sanctions contre les groupes armés jusqu’en juillet 2027.

    Rémi Maréchaux a insisté sur la nécessité de respecter les principes non négociables que sont la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Il a salué les efforts de médiation menés par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, tout en appelant à une coopération régionale accrue pour mettre fin aux hostilités.

    Coopération bilatérale et renforcement des capacités

    Au-delà du cadre multilatéral, l’ambassadeur a évoqué le renforcement des liens bilatéraux entre la France et la RDC. Il a cité des exemples concrets, comme la régénération d’un bataillon de la Brigade Jungle à Kisangani en mars 2026, avec l’appui d’instructeurs français. Un deuxième bataillon devrait bénéficier du même soutien dès octobre prochain. Ces initiatives visent à consolider l’autorité de l’État congolais et à améliorer la sécurité sur le terrain.

    La RDC, un acteur clé sur la scène internationale

    Rémi Maréchaux a souligné que le retour de la RDC au Conseil de sécurité de l’ONU, où elle assure la présidence ce mois-ci, marque un tournant dans son rayonnement. Le pays est également membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et préside la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Ces engagements renforcent sa position dans les instances régionales et internationales, tout en offrant de nouvelles opportunités de coopération.

    Pour la France, ce multilatéralisme inclusif est une réponse aux tensions croissantes entre les États, où les rapports de force dominent souvent les relations internationales. Paris défend une approche où l’Afrique occupe une place centrale dans la gouvernance mondiale, notamment dans les domaines de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique.

    Un contexte diplomatique en évolution

    Le discours de Rémi Maréchaux intervient dans un contexte marqué par la signature de l’accord de paix de Washington, négocié sous l’égide des États-Unis. Cet accord prévoit un retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des groupes armés, dont les FDLR, considérés par Kigali comme une menace pour sa sécurité. Malgré ces avancées, la situation sur le terrain reste tendue, avec des combats persistants et des négociations diplomatiques qui peinent à aboutir.

    Le processus de Doha, visant à instaurer un dialogue entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, n’a pour l’instant enregistré que des progrès limités. Les rebelles, accusés de recevoir un appui du Rwanda, maintiennent leur emprise sur des villes clés comme Goma et Bukavu, ainsi que sur plusieurs localités des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces tensions illustrent l’écart entre les engagements diplomatiques et la réalité sur le terrain.

    En conclusion, le plaidoyer de la France en faveur d’une solution pacifique et négociée en RDC s’inscrit dans une dynamique plus large, où multilatéralisme et coopération internationale jouent un rôle central pour rétablir la stabilité dans la région.

  • Togo : faure gnassingbé et floribert anzuluni discutent de la crise en rdc

    Togo : faure gnassingbé et floribert anzuluni discutent de la crise en rdc

    À Pya, dans la région de la Kozah, les efforts diplomatiques se sont intensifiés pour apaiser les tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le président Faure Essozimna Gnassingbé a reçu ce mardi 14 juillet le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, en visite officielle au Togo.

    Renforcement des liens et réponse aux défis sécuritaires

    Cette rencontre de haut niveau a permis d’aborder deux priorités majeures : d’une part, le renforcement des relations bilatérales entre Lomé et Kinshasa, et d’autre part, l’urgence de rétablir la stabilité dans l’est de la RDC, où la situation sécuritaire reste critique. Les échanges ont porté sur les solutions concrètes pour soutenir les initiatives de médiation en cours.

    Un médiateur africain engagé pour la paix

    À l’issue des discussions, Floribert Anzuluni a rendu hommage au rôle clé joué par Faure Gnassingbé dans la recherche d’une issue politique durable. Désigné comme Médiateur de l’Union africaine (UA) pour la région des Grands Lacs et l’est de la RDC, le président togolais multiplie les démarches auprès des acteurs locaux et internationaux pour désamorcer la crise.

    « Son engagement constant en faveur d’une résolution pacifique de la crise dans la région des Grands Lacs a été salué par Kinshasa. »

    Cette audience renforce la position du Togo en tant qu’acteur diplomatique incontournable sur le continent, jouant un rôle central dans les efforts de paix en Afrique.

  • Burkina Faso : la fin des bourses pour le Maroc, un coup dur pour l’avenir de la jeunesse

    Burkina Faso : la fin des bourses pour le Maroc, un coup dur pour l’avenir de la jeunesse

    Une onde de choc traverse le Burkina Faso suite à la décision abrupte du gouvernement de mettre un terme aux programmes de bourses pour les étudiants désireux d’étudier au Maroc. Cette initiative, qualifiée par certains d’autoritaire, soulève de vives inquiétudes quant à l’orientation du régime d’Ibrahim Traoré. Nombreux sont ceux qui y voient un coup porté aux aspirations académiques d’une génération déjà sous pression, alors que l’accès à une formation de qualité à l’étranger est perçu comme une menace par les autorités militaires en place.

    Pendant des années, ces dispositifs de mobilité internationale ont offert aux jeunes Burkinabè l’opportunité d’accéder à des cursus universitaires de pointe hors des frontières, avant de réinvestir ces savoirs au service de la nation. Des professionnels essentiels, tels que des médecins, des ingénieurs et des chercheurs, ont ainsi pu se former. En fermant cette voie, la junte militaire priverait délibérément sa jeunesse d’un enseignement d’excellence souvent introuvable localement. L’intention du pouvoir d’Ibrahim Traoré paraît limpide : freiner l’émergence d’une élite intellectuelle autonome et capable de pensée critique, potentiellement formée à l’étranger.

    Cette initiative ne peut être dissociée d’un climat général de restriction des libertés et d’un étouffement progressif du pays. Entre l’escalade de l’insécurité, une économie chancelante et un isolement diplomatique croissant orchestré par le pouvoir, l’horizon des jeunes Burkinabè s’assombrit. Pour les foyers aux revenus modestes, les bourses internationales constituaient souvent la seule passerelle vers une meilleure situation sociale. En démantelant ce système, le gouvernement d’Ibrahim Traoré manifeste une indifférence flagrante aux préoccupations sociales et une volonté farouche de tout centraliser, au risque d’hypothéquer l’avenir d’une génération entière.

    Un contrôle social par l’isolement

    Les opposants au régime interprètent cette mesure non pas comme une simple rationalisation budgétaire, mais bien comme une stratégie politique délibérée, caractéristique des régimes autoritaires. En rompant ces liens établis avec des partenaires de longue date tels que le Maroc, le Burkina Faso s’isole davantage, conférant à sa jeunesse un sentiment d’enfermement derrière des frontières de plus en plus opaques.

    Les observateurs soulignent que l’épanouissement de la jeunesse est la pierre angulaire d’une véritable souveraineté nationale. Or, sous la direction du Capitaine Traoré, l’accent ne semble plus être mis sur le développement du capital humain, mais plutôt sur une militarisation accrue de la société et une concentration sans précédent du pouvoir. Restreindre l’accès aux études supérieures à l’étranger aura des conséquences inéluctables, notamment un creusement du déficit de compétences dans des domaines cruciaux, ce qui fragilisera à long terme la position du Burkina Faso sur l’échiquier mondial.

    Au-delà des répercussions purement académiques, cette décision véhicule un message glaçant à la nouvelle génération : sous le régime d’Ibrahim Traoré, les opportunités sont restreintes et l’ambition semble réprimée. En réduisant progressivement les voies de l’épanouissement et de la liberté, le pouvoir militaire cherche à asseoir son autorité sur une population dénuée de moyens de contestation et de développement personnel. À terme, cette orientation isolationniste et autoritaire menace d’entraver de manière irréversible le potentiel du Burkina Faso, laissant à sa jeunesse le choix entre l’exil ou une résignation amère.

  • La rdc alerte l’ONU sur l’exploitation illicite des minerais par le Rwanda

    La rdc alerte l’ONU sur l’exploitation illicite des minerais par le Rwanda

    La RDC alerte l’ONU sur l’exploitation illicite des minerais par le Rwanda et plaide pour une gouvernance responsable

    Lors d’une réunion de haut niveau des Nations unies consacrée aux minerais critiques pour la transition énergétique, la République démocratique du Congo a dénoncé l’exploitation illicite de ses ressources naturelles par des groupes armés soutenus par le Rwanda. Une intervention marquée par des accusations précises et une demande de sanctions internationales.

    Une délégation congolaise déterminée à New York

    Mardi 14 juillet, la délégation congolaise, menée par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État en charge des Affaires étrangères et de la Francophonie, a participé à une réunion cruciale à New York. L’objectif ? Sensibiliser la communauté internationale sur les enjeux liés aux minerais stratégiques, essentiels pour les transitions énergétique et numérique mondiales.

    Dans son discours, la cheffe de la diplomatie congolaise a souligné que l’exploitation illicite de ces ressources ne se limite pas à un simple enjeu économique. Elle fragilise la souveraineté du pays et menace son intégrité territoriale.

    Rubaya, un symbole des dérives

    La ministre a particulièrement mis en avant le cas de Rubaya, un bassin minier stratégique situé dans l’est de la RDC. Ce site, responsable de 15 % de la production mondiale de coltan, est sous le contrôle de groupes armés soutenus par le Rwanda, selon les rapports des experts de l’ONU.

    Entre 2023 et 2024, plus de 1 400 tonnes de coltan auraient été illégalement exportées vers le Rwanda, générant des revenus estimés à 800 000 dollars américains par mois pour les groupes armés. Une situation qui illustre l’inaction internationale face à ces pratiques.

    « L’exploitation illicite de nos ressources naturelles ne se contente pas de financer les conflits. Elle érode l’autorité de l’État et menace directement la paix et la stabilité de notre région. »

    Une demande de sanctions contre le Rwanda

    Thérèse Kayikwamba Wagner a vivement critiqué l’absence de sanctions onusiennes contre l’armée rwandaise, malgré les preuves accablantes fournies par les experts des Nations unies. Pour la RDC, cette inaction révèle une lacune majeure dans la gouvernance internationale des ressources naturelles.

    La ministre a rappelé que les minerais critiques ne devraient pas être réduits à de simples marchandises. Ils doivent être gérés de manière responsable, en lien avec la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

    « Les principes directeurs de l’ONU sur la gouvernance des minerais critiques n’ont de valeur que s’ils se traduisent par des actions concrètes. Une transition énergétique qui ne garantit pas la paix et la prospérité des populations locales est une transition incomplète. »

    Vers une gouvernance équitable des ressources naturelles

    La RDC a réaffirmé son engagement à promouvoir une approche intégrée, liant la gouvernance des ressources naturelles à la paix, la sécurité et le développement durable. La présidente du Conseil de sécurité des Nations unies a insisté sur la nécessité de bâtir des partenariats plus équilibrés avec les pays producteurs de minerais critiques.

    • Valorisation locale et régionale des ressources
    • Transfert de technologies et développement des compétences
    • Industrialisation et accès au financement
    • Responsabilité partagée de tous les acteurs de la chaîne de valeur

    La traçabilité des minerais a également été présentée comme un outil essentiel pour lutter contre la fraude et le financement des groupes armés, sans pénaliser les exploitants artisanaux légitimes.

    Un contexte régional toujours tendu

    Cette intervention intervient dans un contexte marqué par des accords diplomatiques entre la RDC et les États-Unis, ainsi qu’un accord de désescalade signé entre Kinshasa et Kigali. Malgré ces efforts, la situation sécuritaire reste fragile dans l’est du pays. Les groupes armés, notamment l’AFC/M23, continuent de contrôler des zones stratégiques comme Goma et Bukavu.

    Les efforts de médiation, y compris le processus de Doha sous l’égide du Qatar, peinent à aboutir à des résultats durables. Cette situation relance le débat sur le fossé persistant entre les accords diplomatiques et la réalité sur le terrain.

    En conclusion

    Pour la RDC, la transition énergétique mondiale ne peut se faire au détriment des populations locales. Elle doit garantir la paix, la souveraineté et la prospérité des pays producteurs de minerais critiques. Une gouvernance responsable et équitable est indispensable pour transformer ces ressources en leviers de développement durable.

  • Diplomatie africaine : le Togo au cœur des efforts de paix dans l’est de la rdc

    Diplomatie africaine : le Togo au cœur des efforts de paix dans l’est de la rdc

    Diplomatie africaine : le Togo au cœur des efforts de paix dans l’Est de la RDC

    Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé et l’émissaire congolais Floribert Anzuluni lors de leur rencontre à Lomé

    Dans un contexte régional marqué par une instabilité persistante, le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo, a reçu ce 14 juillet à Lomé l’émissaire du président congolais Félix Tshisekedi, Floribert Anzuluni.

    Cette rencontre s’inscrit dans une série de consultations diplomatiques visant à renforcer la coopération entre les deux pays et à examiner les défis sécuritaires auxquels fait face la région des Grands Lacs. Selon des sources proches du dossier, les discussions ont porté sur l’intensification des efforts de médiation pour mettre fin aux hostilités dans l’Est de la RDC, où la rébellion du M23, soutenue selon Kinshasa par le Rwanda, continue de menacer la stabilité régionale.

    « Le président Floribert Anzuluni a salué l’engagement personnel de Faure Gnassingbé dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue la région des Grands Lacs. En tant que médiateur de l’Union africaine, le chef de l’État togolais multiplie les initiatives pour favoriser un règlement pacifique du conflit », a indiqué un communiqué officiel.

    L’émissaire congolais s’est rendu auparavant en Ouganda, où il a transmis un message de Félix Tshisekedi à son homologue Yoweri Museveni. Ces échanges surviennent alors que les combats s’intensifient dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le M23 consolide ses positions malgré les appels internationaux à la cessation des hostilités.

    Les pourparlers de Lomé s’ajoutent à une série d’initiatives diplomatiques récentes, incluant des rencontres à Washington et Doha, bien que ces efforts peinent encore à aboutir à un accord concret. Parallèlement, les débats sur une éventuelle révision constitutionnelle en RDC alimentent les tensions politiques internes, à deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi.

    Une diplomatie régionale en pleine effervescence

    Cette visite s’inscrit dans un calendrier diplomatique chargé. Kinshasa et Luanda maintiennent des consultations régulières sur les enjeux de paix et de sécurité, tandis que Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, a récemment mené des discussions avec les principales confessions religieuses de la RDC et des leaders de l’opposition.

    Autre développement notable : le récent déplacement de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour échanger avec son homologue Denis Sassou Nguesso, dans le cadre d’une dynamique de coopération sous-régionale. Ces échanges font suite à la visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, soulignant l’importance d’une approche concertée pour résoudre la crise congolaise.

    Lomé, plateforme centrale des négociations

    L’arrivée de Floribert Anzuluni à Lomé intervient quelques semaines après la tenue à Pya, dans la préfecture de la Kozah, d’une session technique d’évaluation du processus de paix. Organisée du 7 au 8 juin 2026 à l’initiative de Faure Gnassingbé, cette réunion avait réuni les principaux acteurs engagés dans la médiation.

    Lors de cet événement, le médiateur togolais avait insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence et la coordination entre les différents mécanismes de paix en place. « Seule une action collective et déterminée des acteurs régionaux et internationaux permettra de consolider les avancées et d’instaurer une paix durable », avait-il déclaré.

    Cette session faisait écho à une réunion de haut niveau organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé, réunissant d’anciens chefs d’État, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que des partenaires internationaux. L’objectif : renforcer la confiance entre les parties et veiller au respect des engagements pris.

    Pour Faure Gnassingbé, ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large de stabilisation de la région des Grands Lacs, où la paix et la sécurité restent des priorités absolues pour le développement économique et social de l’Afrique centrale.

  • Faure gnassingbé et l’émissaire congolais échangent sur la crise dans l’Est de la RDC

    Faure gnassingbé et l’émissaire congolais échangent sur la crise dans l’Est de la RDC

    Faure Gnassingbé et l’émissaire de Félix Tshisekedi échangent sur la crise dans l’Est de la RDC

    Ce mardi à Pya, dans la préfecture de la Kozah, le président du Conseil des ministres togolais et médiateur de l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu en audience le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts diplomatiques en cours pour apaiser les tensions dans la région des Grands Lacs.

    Une rencontre centrée sur les défis sécuritaires et les initiatives de paix

    Les discussions entre les deux responsables ont porté sur plusieurs points clés :

    • Le renforcement des relations bilatérales entre le Togo et la RDC,
    • L’analyse approfondie de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC,
    • Les mécanismes de médiation en cours pour favoriser un retour durable à la paix.

    « Monsieur Floribert Anzuluni a salué l’engagement personnel du président togolais en faveur d’une solution durable au conflit qui déchire la région des Grands Lacs. Le président Faure Gnassingbé, en sa qualité de médiateur désigné par l’Union africaine, poursuit actuellement des consultations avec l’ensemble des acteurs concernés pour aboutir à un règlement pacifique et durable de cette crise », a indiqué la présidence togolaise.

    Contexte des tensions régionales

    Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement tendu pour l’Est de la RDC. La rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, continue de progresser militairement. Le mouvement occupe désormais de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, consolidant ses positions face aux forces gouvernementales.

    Parallèlement, les initiatives diplomatiques internationales peinent à produire des résultats concrets. Les discussions engagées à Washington et à Doha n’ont pas encore permis d’ouvrir la voie à un accord de paix durable, malgré l’urgence humanitaire qui frappe la région.

    Un engagement diplomatique multi-niveaux

    Cette visite de Floribert Anzuluni s’inscrit dans une série de consultations régionales. Avant son étape à Lomé, l’émissaire congolais s’est rendu en Ouganda pour échanger avec le président Yoweri Museveni, porteur d’un message de Félix Tshisekedi à son homologue ougandais.

    Ces échanges s’ajoutent aux consultations en cours entre Kinshasa et Luanda, ainsi qu’aux initiatives diplomatiques menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine. Ce dernier a récemment rencontré les principales confessions religieuses de la RDC et un groupe de leaders de l’opposition politique congolaise.

    Par ailleurs, Félix Tshisekedi a récemment effectué une visite d’État à Brazzaville pour discuter avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Cette visite faisait suite à la venue d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa, tandis que ce dernier a ensuite reçu le cardinal Fridolin Ambongo pour échanger sur la situation politique et institutionnelle en RDC.

    Les initiatives de médiation africaine à Lomé

    Cette rencontre à Lomé s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques africains. Quelques semaines plus tôt, une session technique de la réunion semestrielle d’évaluation du processus de paix s’est tenue dans la capitale togolaise, à l’initiative de Faure Gnassingbé. Le médiateur de l’Union africaine y avait souligné l’importance de renforcer la cohérence et la coordination entre les différents mécanismes de médiation en cours.

    « Seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettra de consolider les acquis enregistrés et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs », avait alors déclaré le président togolais.

    Cette session faisait suite à une réunion de haut niveau organisée à Lomé en janvier 2026, réunissant autour de Faure Gnassingbé un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, de représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que plusieurs partenaires internationaux.

    Perspectives et enjeux

    Ces consultations diplomatiques surviennent alors que la RDC fait face à des défis politiques internes, notamment des débats autour d’un éventuel projet de révision ou de changement de la Constitution, à deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi.

    Dans ce contexte complexe, l’engagement continu des médiateurs africains reste essentiel pour éviter une escalade des violences et ouvrir la voie à des solutions négociées. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des initiatives en cours et leur capacité à apporter une stabilité durable à cette région meurtrie par des décennies de conflits.

    Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé s’entretient avec Floribert Anzuluni, émissaire de Félix Tshisekedi
  • Ebola en RDC : l’OMS contredit Kinshasa sur l’ampleur réelle de l’épidémie

    Ebola en RDC : l’OMS contredit Kinshasa sur l’ampleur réelle de l’épidémie

    Le 14 juillet 2026, l’OMS a révélé que l’épidémie d’Ebola en RDC pourrait être deux à quatre fois plus importante que les 1 926 cas officiels annoncés par Kinshasa. Une remise en cause publique qui expose les failles de surveillance du gouvernement congolais et soulève des tensions diplomatiques entre souveraineté nationale et coordination internationale.

  • Relance diplomatique : la France et le Maroc renforcent leur alliance stratégique

    Relance diplomatique : la France et le Maroc renforcent leur alliance stratégique

    Le Premier ministre français entame aujourd’hui une visite officielle de deux jours au Maroc, accompagné d’une délégation ministérielle. Ce déplacement marque une étape clé dans la consolidation des liens entre Paris et Rabat, après des années de tensions diplomatiques.

    Le président français Emmanuel Macron accueilli par le roi marocain Mohammed VI, à Rabat, au Maroc, le 28 octobre 2024.

    Cette mission d’envergure, premier déplacement international du Premier ministre depuis sa prise de fonction, s’inscrit dans une logique de réhabilitation des relations bilatérales. Plusieurs ministres, dont ceux des Affaires étrangères et de l’Intérieur, participent à ce voyage qui s’articule autour de discussions de haut niveau avec leurs homologues marocains. Les échanges porteront sur des sujets majeurs : économie, sécurité, migration et défense. Une série d’accords devrait être signée lors de cette visite.

    une réconciliation en marche

    Les relations entre la France et le Maroc avaient connu des périodes de friction ces dernières années. Des tensions liées à des accusations d’espionnage informatique envers le Maroc, ainsi qu’à la réduction drastique des visas accordés aux ressortissants marocains, avaient ébranlé le partenariat. Cependant, depuis 2024, une dynamique nouvelle s’est installée, portée notamment par le soutien d’Emmanuel Macron à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

    vers un partenariat d’exception

    L’objectif de cette visite est double : renforcer la coopération existante et préparer l’avenir. Les deux pays ambitionnent de sceller un partenariat d’exception, comparable à ceux que la France entretient avec certains de ses partenaires européens. Cette avancée historique pourrait être officialisée lors d’une prochaine visite d’État du roi Mohammed VI en France, dont la date n’a pas encore été dévoilée.

    La préparation de ce déplacement royal, évoquée dès mai par les chefs de la diplomatie française et marocaine, reste entourée de discrétion. Les spéculations sur l’état de santé du souverain marocain, ainsi que la rareté de ses apparitions publiques, imposent une extrême prudence dans l’annonce d’un calendrier précis.

    des enjeux géopolitiques majeurs

    Cette relation bilatérale revêt une importance stratégique pour les deux nations. Pour la France, le Maroc constitue un partenaire économique de premier plan : premier investisseur étranger et premier pourvoyeur de devises grâce à la communauté marocaine en France. Pour Rabat, Paris représente un allié incontournable en Afrique du Nord, où les relations avec Alger restent complexes malgré une reprise des échanges.

    Sur le continent africain, le Maroc joue un rôle croissant. Son retour au sein de l’Union africaine et son influence grandissante en font un acteur clé pour la France, notamment dans un contexte de recul de l’influence française en Afrique subsaharienne. Le pays se positionne également comme une porte d’entrée vers l’Afrique pour les entreprises françaises.

    une diversification des alliances

    Le Maroc a su élargir son réseau diplomatique ces dernières années. Son rapprochement avec les États-Unis, matérialisé par son adhésion aux accords d’Abraham et sa participation au Conseil de paix de Donald Trump, illustre cette stratégie. Bien que ce choix ait suscité des controverses en 2020, il a permis à Washington et à Israël de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, un dossier central pour Rabat.

    Cette visite marque donc une étape cruciale dans la reconstruction d’une relation solide et mutuellement bénéfique, à l’heure où les deux pays cherchent à consolider leur positionnement sur la scène internationale.

  • Pérou : appui ferme au plan marocain pour le Sahara et ses provinces du Sud

    Pérou : appui ferme au plan marocain pour le Sahara et ses provinces du Sud

    pérou : appui ferme au plan marocain pour le Sahara et ses provinces du Sud

    Le prochain gouvernement péruvien s’engage à soutenir l’intégrité territoriale du Maroc et son Plan d’autonomie pour le Sahara. Cette déclaration intervient lors d’un échange entre la présidente élue Keiko Fujimori et l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Pérou.

    Illustration de la rencontre entre les autorités péruviennes et marocaines

    Un soutien sans équivoque au Maroc

    Lors d’une audience avec l’ambassadeur marocain Amin Chaoudri, Keiko Fujimori a réaffirmé la volonté de son futur gouvernement de soutenir pleinement l’intégrité territoriale du Maroc, y compris sur ses provinces du Sud. Cette prise de position s’inscrit dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui reconnaît le Plan d’autonomie comme base d’un règlement définitif du différend autour du Sahara.

    Une reconnaissance mutuelle des liens bilatéraux

    Dans son message de félicitations adressé à Keiko Fujimori, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a salué la confiance placée en elle par le peuple péruvien. Le Souverain a également souligné l’importance des relations solides entre le Maroc et le Pérou, fondées sur des valeurs communes et une amitié durable. Il a exprimé sa détermination à renforcer ce partenariat au profit des deux nations.

    Vers une coopération renforcée

    Cette rencontre marque une étape clé dans les relations diplomatiques entre les deux pays. Keiko Fujimori a non seulement confirmé son soutien au Plan d’autonomie, mais aussi réitéré son adhésion à la résolution onusienne, ouvrant ainsi la voie à une solution pacifique et définitive. Le Maroc, pour sa part, réaffirme sa disposition à œuvrer main dans la main avec le Pérou pour concrétiser cette vision commune.

  • Diplomatie française : le Maroc et le Qatar au cœur de la stratégie de Paris

    Diplomatie française : le Maroc et le Qatar au cœur de la stratégie de Paris

    diplomatie française : le Maroc et le Qatar au cœur de la stratégie de Paris

    Le premier déplacement international de Sébastien Lecornu scelle les priorités diplomatiques de la France : un hommage au Qatar, puis un renforcement des relations avec le Maroc, deux alliés stratégiques.

    Arrivée diplomatique dans la cour de la résidence de France à Rabat avec véhicules civils et personnel en mouvement.

    Un premier pas diplomatique sous le signe de la continuité

    Lorsqu’un nouveau gouvernement français prend ses fonctions, les premiers déplacements à l’étranger deviennent des indicateurs majeurs. Ils révèlent les priorités stratégiques, les partenariats clés et les messages que Paris souhaite transmettre aux scènes régionales.

    Sébastien Lecornu s’est rendu à Doha puis à Rabat pour marquer le coup. Deux destinations symboliques : le Qatar, pour un geste de courtoisie, et le Maroc, pour ancrer une relation bilatérale en pleine relance. Ces étapes ne sont pas anodines : elles dessinent une feuille de route diplomatique où chaque rencontre compte.

    Doha : un hommage qui dépasse le protocole

    La première escale à Doha s’inscrit dans un cadre protocolaire, mais son message va bien au-delà. Sébastien Lecornu y rend hommage à l’ancien émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, décédé après un règne marqué par la modernisation du pays et une diplomatie active sur la scène internationale.

    Accompagné de Jean-Yves Le Drian, figure emblématique de la diplomatie française, le chef du gouvernement a souligné l’importance d’une relation franco-qatarienne solide. Cette relation repose sur des intérêts mutuels : plus de 6 000 expatriés français au Qatar, des partenariats économiques stratégiques dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense, et une coopération renforcée face aux enjeux sécuritaires du Golfe.

    Rabat : la France valide son soutien au Maroc

    Le second volet de ce déplacement est plus ambitieux. À Rabat, Sébastien Lecornu a engagé des discussions de haut niveau avec les autorités marocaines, une première depuis 2019. L’objectif ? Consolider un rapprochement diplomatique initié à l’été 2024, lorsque la France a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en soutenant le plan d’autonomie proposé par Rabat.

    Cette position a suscité des tensions avec l’Algérie, qui a rappelé son ambassadeur à Paris en signe de protestation. Pourtant, la France assume ce choix, qui s’accompagne d’un renforcement des liens économiques : plus de 10 milliards d’euros d’investissements et d’accords signés lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron en octobre 2024.

    Les tensions régionales : un équilibre délicat pour Paris

    Ce rapprochement franco-marocain ne plaît pas à tout le monde. Alger considère cette décision comme une provocation et a gelé ses relations diplomatiques avec la France. De leur côté, les soutiens du Front Polisario dénoncent un alignement français sur les positions marocaines, estimant que cette prise de position ferme le dossier du Sahara occidental au détriment d’une solution négociée.

    Pour Paris, il s’agit de maintenir un équilibre : renforcer la coopération avec le Maroc tout en laissant une porte entrouverte avec l’Algérie. La tournée de Sébastien Lecornu envoie un signal clair : la France a choisi son camp, mais reste ouverte à un dialogue constructif.

    Les prochaines étapes : vers un partenariat renforcé

    Plusieurs indicateurs seront déterminants dans les semaines à venir. D’abord, l’ampleur des annonces économiques et sécuritaires issues des discussions à Rabat. Ensuite, la possible visite officielle du roi Mohammed VI en France, qui pourrait sceller un nouveau chapitre dans les relations franco-marocaines.

    Si cette rencontre se concrétise, elle marquerait une étape décisive : celle d’un partenariat passé du réchauffement à une alliance politique et économique durable. En arrière-plan, une question persiste : jusqu’où la France peut-elle aller dans son rapprochement avec le Maroc sans aggraver ses relations avec l’Algérie ? Cette tournée diplomatique pose les bases, mais la réponse dépendra des prochains développements.

  • Au Sénégal, la vie des homosexuels devient intenable après le durcissement des lois

    Au Sénégal, la vie des homosexuels devient intenable après le durcissement des lois

    au Sénégal, la vie des homosexuels devient intenable après le durcissement des lois

    Depuis le doublement des peines pour relations homosexuelles en mars, les appels de détresse se multiplient. Les associations Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge unissent leurs efforts pour aider ces personnes à fuir.

    Avant l’adoption de la loi en mars 2026, l’homosexualité était tolérée dans une certaine mesure au Sénégal malgré son rejet social. Depuis, la situation s’est radicalement dégradée.

    Chérif* a quitté le Sénégal au début du mois de juin, convaincu qu’il n’avait plus d’autre choix. « Ils m’auraient arrêté », confie-t-il. Après l’arrestation d’un homme qu’il fréquentait, la peur l’a submergé. « Dès que j’ai vu l’information dans la presse, seule l’idée de fuir m’a traversé l’esprit ». L’affaire a pris une dimension politique : l’homme arrêté était présenté comme un proche d’Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition sénégalaise et artisan de la loi alourdissant les peines encourues pour homosexualité, passée de cinq à dix ans de prison le 11 mars 2026. Les médias locaux ont relayé plusieurs arrestations de partenaires présumés. « Je savais que la police fouillerait le téléphone de mon ami et y découvrirait des échanges compromettants me concernant », explique-t-il. « J’ai tout supprimé : messages, photos, preuves de ma vie secrète ».

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    Au Sénégal, l’atmosphère est devenue irrespirable. Dans les foyers, dans la rue, à la télévision comme sur les réseaux sociaux, « tout le monde ne parlait que des homosexuels », et les discours de haine se propageaient sans retenue. « Ils corrompent la jeunesse, ils sapent les valeurs traditionnelles », entend-on désormais dans les débats publics.

    Les associations spécialisées reçoivent désormais des appels quotidiens de personnes en quête de solutions pour quitter le pays. Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge ont renforcé leur collaboration pour répondre à cette urgence humanitaire. Les demandes affluent : des personnes craignant pour leur sécurité, des familles divisées, des individus traqués par leur entourage ou les autorités.

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  • Mali Algérie : un rapprochement diplomatique inattendu sous haute tension

    Mali Algérie : un rapprochement diplomatique inattendu sous haute tension

    Le Mali et l’Algérie : un dégel diplomatique qui surprend les observateurs

    Après plus d’une année de relations diplomatiques rompues, le Mali et l’Algérie ont annoncé le rétablissement de leurs liens et la réouverture de leurs espaces aériens respectifs. Une annonce qui a pris de court les observateurs, alors qu’aucune amorce de dialogue n’était perceptible ces derniers mois. Les tensions avaient atteint leur paroxysme en avril 2025, lorsque Bamako accusait Alger de complicité avec les groupes armés actifs à la frontière commune, notamment le Jnim, affilié à al-Qaïda, et le FLA, mouvement indépendantiste. Mais qu’est-ce qui a réellement motivé cette volte-face ?

    Le président de transition du Mali, le général Assimi Goïta

    Si certains évoquent l’influence de la Russie dans ce revirement, l’analyste Michaël Béchir Ayari, spécialiste de l’Algérie au sein de l’International Crisis Group, tempère ces affirmations. D’après ses observations, la médiation du Niger aurait joué un rôle clé, notamment après les attaques coordonnées d’avril 2025 menées conjointement par le Jnim et le FLA. Ce rapprochement est-il le fruit d’une stratégie régionale ou simplement une parenthèse dans une relation toujours tendue ?

    Un deal politique en gestation : le primat de la diplomatie sur les armes

    Le Mali, dirigé par des militaires depuis près de six ans, avait rompu l’accord de paix de 2015 négocié à Alger avec les groupes armés du Nord. Bamako avait alors choisi une approche purement militaire pour lutter contre le terrorisme et les revendications indépendantistes. Pourtant, ce dégel suggère qu’un changement de cap pourrait être en marche.

    Michaël Ayari estime que l’inclusion d’une clause plaçant le politique au-dessus du militaire dans les négociations serait un élément central de cet accord. Bien que le retour à l’accord d’Alger semble peu probable, une initiative politique directe avec le FLA pourrait émerger. Pourquoi ? Parce que l’État malien montre des signes de faiblesse, et personne, y compris l’Algérie, n’a intérêt à voir le Mali sombrer dans le chaos.

    Cependant, cette évolution reste incertaine. Plusieurs obstacles pourraient freiner ce processus : des spoilers internationaux, une opinion publique malienne opposée à ces concessions, ou encore des résistances internes au sein du régime. Les prochaines étapes détermineront la crédibilité de ce rapprochement.

    Algérie-Mali : une relation complexe entre équilibre et suspicion

    L’Algérie entretient une position ambiguë depuis des décennies. Historiquement, elle a toujours cherché à se positionner entre les autorités maliennes et les groupes rebelles, afin de préserver son influence dans la région. Pourquoi cette stratégie ? Parce que les mouvements indépendantistes ou jihadistes au Mali pourraient, à terme, inspirer des revendications similaires dans le sud algérien.

    Cette posture explique pourquoi Alger ferme parfois les yeux sur certaines activités des groupes armés, sans pour autant les soutenir ouvertement. Cette approche a souvent exaspéré Bamako, qui accuse l’Algérie de complicité avec des « groupes terroristes ». Pourtant, selon Ayari, cette « complicité » est plus une question de pragmatisme que de soutien actif.

    L’imam Dicko et le Sahara occidental : des sujets épineux

    Un autre point de tension concerne la présence en Algérie de l’imam Dicko, un opposant malien en exil qui critique ouvertement le gouvernement de transition. Si l’accord entre les deux pays tient, son influence devrait diminuer. En revanche, en cas d’échec, il pourrait retrouver une tribune médiatique. Un signe de plus que ce dégel reste fragile.

    Par ailleurs, la reconnaissance par le Mali du plan marocain pour le Sahara occidental a été mal perçue par Alger. Bien que le Mali n’ait pas obtenu de contrepartie significative, cette décision a semé le doute sur la sincérité de Bamako dans ce rapprochement. Ces contradictions pourraient-elles fragiliser davantage les relations entre les deux pays ?

    Un dégel durable ou une simple trêve ?

    Alors que les communiqués officiels annonçant ce rapprochement laissent penser à une résolution profonde des tensions, les observateurs restent prudents. Les relations entre le Mali et l’Algérie sont marquées par des rechutes fréquentes. Plusieurs facteurs pourraient encore perturber ce processus : une escalade des violences menées par le Jnim, des divisions internes au sein des gouvernements, ou des pressions extérieures.

    La première étape concrète sera sans doute une intensification de la coopération sécuritaire entre les deux pays. Si cette dynamique se confirme, elle pourrait ouvrir la voie à des discussions plus larges. Mais pour l’instant, tout reste à faire. Ce dégel est-il un pas vers la stabilité ou une simple illusion diplomatique ?