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  • Rançon et financement du terrorisme : comment 50 millions de dollars ont renforcé al-qaïda au Sahel

    Rançon et financement du terrorisme : comment 50 millions de dollars ont renforcé al-qaïda au Sahel

    Une transaction financière colossale, s’élevant à près de 50 millions de dollars, a été versée fin 2025 pour libérer des otages détenus par des groupes armés affiliés à Al-Qaïda au Mali. Selon un rapport confidentiel de l’ONU rendu public en août 2026, ces fonds ont directement alimenté les activités terroristes de la région, marquant un tournant dans la stratégie de financement de l’organisation.

    Le document onusien, daté du 10 août, ne précise ni l’identité des otages ni celle des payeurs. Cependant, plusieurs sources bien informées évoquent le rôle central des Émirats arabes unis dans cette opération. Trois ressortissants – un Émirati, un Pakistanais et un Iranien – auraient été libérés en échange de cette somme. Interrogé sur ce cas précis, un porte-parole du gouvernement émirati a refusé de confirmer ou d’infirmer l’information, réaffirmant simplement l’engagement de son pays « à renforcer la lutte contre le terrorisme » et à « tarir les flux financiers des groupes extrémistes ».

    Une rançon qui a dopé les capacités opérationnelles du JNIM

    Les 50 millions de dollars versés ont principalement été redistribués entre les différentes katibas (unités combattantes) du Sahel, toutes affiliées à la Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). « Ces fonds ont joué un rôle déterminant dans le financement des offensives menées par le groupe sur l’ensemble du territoire malien », souligne le rapport. Une partie de cette somme a également transité par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avant d’atteindre la direction centrale d’Al-Qaïda, ainsi que sa branche yéménite.

    Avec une force estimée entre 7 000 et 8 000 combattants dans la région, dont près de la moitié au Mali, le JNIM a multiplié les actions d’éclat ces derniers mois. En avril 2026, ses miliciens ont perpétré une attaque audacieuse contre la capitale malienne, faisant notamment tomber le ministre de la Défense. Quelques semaines plus tard, en juin, le groupe a lancé une campagne incitant la population à trahir le président malien en échange de millions d’euros.

    Les enlèvements, une manne financière et un outil de déstabilisation

    D’après les services de renseignement consultés, les rançons demandées pour la libération d’étrangers oscillent généralement entre 4 et 6 millions de dollars. Pour l’ONU, cette pratique systématisée permet au JNIM de générer des revenus colossaux tout en sapant la crédibilité des États de la sous-région. Les experts soulignent que ces fonds servent non seulement à recruter de nouveaux membres et à s’équiper, mais aussi à corrompre des acteurs locaux et à financer des attaques ciblées.

    Ce rapport met en lumière l’évolution des méthodes de financement des groupes terroristes au Sahel. En ciblant spécifiquement les étrangers, le JNIM et ses alliés exploitent le système des otages pour alimenter une guerre asymétrique, bien au-delà des frontières du Mali.

  • Diplomatie algérienne au Sahel : l’Algérie tente de contrer le Maroc via le Mali et le Niger

    Diplomatie algérienne au Sahel : l’Algérie tente de contrer le Maroc via le Mali et le Niger

    Depuis seize mois, Alger tentait de gérer une crise diplomatique sans précédent avec Bamako. Pourtant, en quelques semaines seulement, les autorités algériennes ont opéré un virage spectaculaire : rétablissement des relations avec le Mali, réouverture de l’espace aérien nigérien et livraison d’équipements militaires à Niamey. Derrière cette stratégie de rapprochement, une seule obsession : éviter que le Maroc ne consolide son emprise économique et politique sur le Sahel, où Rabat multiplie les initiatives depuis plusieurs années.

    Le Mali et le Niger, deux piliers de l’Alliance des États du Sahel (AES), sont désormais au cœur d’une bataille d’influence où l’Algérie cherche à reprendre l’ascendant. Après quinze mois de relations gelées avec Bamako, Alger a finalement rétabli ses liens diplomatiques avec le Mali le 10 juillet, en ordonnant le retour de son ambassadeur à Bamako. Dans le même temps, le gouvernement malien annonçait le retour de son représentant à Alger ainsi que la réouverture de son espace aérien aux aéronefs algériens, civils et militaires. Cette normalisation, saluée par un rapprochement politique inédit entre Abdelmadjid Tebboune et Assimi Goïta, s’inscrit dans une volonté de reconstruire une influence régionale mise à mal par des années de tensions.

    Le virage algérien s’est accéléré début août, lorsque le premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a évoqué une «convergence totale de vues» avec Alger, notamment sur le respect de la souveraineté des États et la non-ingérence. Pour l’Algérie, ce rapprochement dépasse largement la simple restauration de relations bilatérales : il s’agit de regagner une place centrale dans les discussions sur la sécurité et l’avenir politique du Sahel occidental, un rôle qu’elle avait progressivement perdu face à la montée en puissance d’autres acteurs.

    Le Niger, quant à lui, incarne désormais la nouvelle approche algérienne, combinant sécurité, énergie et coopération économique. Le 9 août, Alger a livré quatre hélicoptères aux forces nigériennes : deux Mi-24V d’attaque et deux Mi-171 de transport, accompagnés de munitions et de matériel de maintenance. Peu après, le premier ministre algérien s’est rendu à Niamey pour lancer le forage du puits Kafra Sud-Est 1, tandis que Sonatrach et la Sonidep annonçaient la première commercialisation conjointe du pétrole nigérien. Ces gestes concrets marquent un tournant dans la stratégie algérienne, où l’influence se construit désormais à travers des engagements tangibles plutôt que des déclarations d’intention.

    La rivalité algéro-marocaine au Sahel : une bataille pour l’influence

    L’accélération du rapprochement algérien intervient dans un contexte régional en pleine mutation. Les trois pays de l’AES (Mali, Niger, Burkina Faso) ont rompu avec plusieurs partenaires traditionnels, multiplié les coopérations avec la Russie et développé leurs propres mécanismes diplomatiques et militaires. Cette recomposition a créé une opportunité pour Alger, qui cherche à retrouver sa place historique au sud de ses frontières, tout en redoutant que le Maroc n’en profite pour étendre son emprise.

    Contrairement à Alger, qui mise sur une diplomatie économique et sécuritaire, Rabat a adopté une stratégie plus globale, associant investissements, infrastructures, formation religieuse et ouverture vers l’Atlantique. Cette approche a permis au Maroc de tisser un réseau d’interdépendances durables avec les capitales sahéliennes, là où l’Algérie, malgré sa puissance militaire et son poids énergétique, peine à convertir ces atouts en influence politique durable. Comme le soulignent les observateurs, Alger semble désormais engagée dans une contre-offensive, visant moins à conquérir de nouveaux espaces qu’à empêcher son voisin de transformer ses propres reculs en gains stratégiques.

    Le Mali et le Niger, laboratoires d’une nouvelle diplomatie algérienne

    La normalisation avec le Mali constitue l’un des tournants majeurs de l’année pour Alger. Après une crise ouverte en 2024, marquée par la destruction d’un drone malien près de Tinzaouaten et des accusations croisées d’agression, les deux pays ont finalement décidé de tourner la page. Le retour des ambassadeurs et la réouverture de l’espace aérien symbolisent cette volonté de dépasser les tensions passées, même si les causes profondes de la rupture – notamment la question de la souveraineté – restent entières.

    Avec le Niger, Alger a franchi un cap supplémentaire en combinant aide militaire et partenariats énergétiques. Dès mars 2025, la deuxième session de la commission mixte algéro-nigérienne avait acté une relance des projets pétroliers et la signature d’accords dans les domaines de la santé, des transports et des infrastructures. Les deux gouvernements avaient alors qualifié leurs relations de «stratégiques et irréversibles», une formule qui prend aujourd’hui tout son sens avec la livraison d’hélicoptères, le lancement du forage Kafra Sud-Est 1 et la première commercialisation conjointe du pétrole nigérien.

    Cette stratégie répond à une double contrainte : géographique, car l’Algérie partage de longues frontières avec le Mali et le Niger, et géopolitique, car elle doit désormais rivaliser avec les initiatives marocaines pour conserver une place centrale dans le Sahel. Le gazoduc transsaharien, les projets pétroliers et les équipements militaires forment désormais les piliers d’une diplomatie algérienne qui cherche à passer de la théorie à la pratique.

    Une reconquête fragile face à une avance marocaine difficile à combler

    Le défi pour Alger est de taille : le Maroc a déjà pris une longueur d’avance, et plusieurs de ses avancées sont précisément celles que l’Algérie n’a pas su empêcher. Le Mali a retiré sa reconnaissance de la RASD en avril 2025 et s’est aligné sur le plan d’autonomie proposé par Rabat pour le Sahara occidental. Parallèlement, les trois pays de l’AES ont progressivement renforcé leurs liens avec le royaume chérifien, transformant cette rivalité en une bataille pour rallier les capitales africaines à leur vision respective du conflit sahraoui.

    Pour Alger, la reconquête en cours reste fragile. Si le Niger et le Mali offrent des opportunités concrètes, la relation avec le Burkina Faso reste plus discrète. La politique algérienne, marquée par une logique de réaction face aux initiatives marocaines, peine encore à proposer une offre propre qui séduirait durablement les États sahéliens. L’influence, pour une puissance comme l’Algérie, ne peut se résumer à une stratégie de rattrapage : elle doit aussi être porteuse d’un projet crédible, capable de répondre aux besoins réels de la région.

    Alors que le Sahel s’affirme comme un terrain de rivalité entre l’Algérie et le Maroc, la capacité d’Alger à transformer ses gestes diplomatiques en une influence durable dépendra de sa capacité à concilier sécurité, énergie et développement, sans se laisser enfermer dans une dynamique où seul le voisin marocain dicterait le tempo.

  • Le rôle pivot du Maroc dans la libération d’un agent français au Mali

    Le rôle pivot du Maroc dans la libération d’un agent français au Mali

    Le Maroc, acteur clé de la libération d’un agent français

    Les détails d’une médiation diplomatique complexe révèlent l’implication cruciale du Maroc. Rabat a joué un rôle déterminant dans les négociations qui ont mené à la grâce présidentielle de Yann Vézilier, un agent français de la DGSE détenu au Mali depuis près d’un an, par le président malien, Assimi Goïta.

    Cette issue positive met en lumière la capacité du Maroc à intervenir efficacement dans les dossiers les plus délicats de la région du Sahel. Yann Vézilier, arrêté en août 2025, avait été condamné le 5 juin 2026 à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État malien, accusé d’une tentative de déstabilisation du pays. Le 13 août, le président Assimi Goïta lui a accordé une grâce, permettant son départ imminent du territoire malien.

    Derrière cette décision se cache un travail diplomatique discret mais d’une grande efficacité. Le gouvernement malien a publiquement remercié un « pays frère » pour ses « bons offices ». Cette formule fait référence au Maroc, qui aurait facilité les communications entre Paris et Bamako, dans un contexte de relations franco-maliennes particulièrement tendues.

    Cette marque de reconnaissance publique souligne la confiance que Bamako accorde à Rabat. Le Maroc, ayant toujours privilégié le maintien de ses liens avec les nations du Sahel malgré les évolutions politiques régionales, bénéficie aujourd’hui de canaux de dialogue directs et privilégiés avec les autorités maliennes, un avantage rare dans cette zone stratégique.

    Un précédent au Burkina Faso et une stratégie régionale affirmée

    Mohammed Vi, Assimi Goïta Maroc Mali

    Cette action diplomatique rappelle un événement similaire survenu au Burkina Faso en décembre 2024. À cette occasion, quatre agents français de la DGSE avaient été libérés grâce à l’intervention du Maroc. Plusieurs tentatives diplomatiques avaient échoué auparavant, avant que Paris ne sollicite Rabat, reconnu pour ses solides réseaux sécuritaires et politiques à Ouagadougou.

    Les liens étroits que le Maroc a tissés avec les pays du Sahel, à travers la formation, la coopération sécuritaire et les échanges économiques, lui confèrent une capacité d’action là où d’autres chancelleries rencontrent des difficultés à établir le dialogue. Cette approche pragmatique, bâtie sur la confiance et une proximité constante, prouve son efficacité dans la résolution des dossiers les plus complexes.

    En s’affirmant comme médiateur indispensable dans la libération de Yann Vézilier, le Maroc consolide son rôle de pivot diplomatique stratégique entre l’Europe et la région du Sahel.

  • Le Tchad face aux défis d’une réconciliation politique durable

    Le Tchad face aux défis d’une réconciliation politique durable

    Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a récemment accordé une grâce présidentielle à Succès Masra, figure de l’opposition et ancien Premier ministre, qui avait été condamné à vingt ans de prison. Cette décision, qui annule intégralement les peines de réclusion, concerne également huit autres leaders de l’opposition, offrant un nouveau souffle au paysage politique du Tchad.

    Si cette initiative est officiellement présentée par le gouvernement comme un acte d’apaisement, de nombreux observateurs et acteurs politiques adoptent une position prudente. Ils perçoivent majoritairement cette mesure comme une stratégie visant à réduire les tensions, tout en garantissant que les figures emblématiques de l’opposition restent écartées du processus électoral.

    Un pas vers l’apaisement, mais des limites claires

    Ahmat Yacoub Dabio, spécialiste en gestion des conflits et dirigeant du Centre d’études pour le développement et la prévention de l’extrémisme (CEDPE), a salué cette grâce présidentielle, la qualifiant de « geste politique très important ». Il explique que « cette grâce a le potentiel de diminuer temporairement la tension et d’instaurer un climat politique plus serein ». Néanmoins, il souligne les limites de cette approche, insistant sur le fait qu’il ne faut pas assimiler une grâce à une réconciliation politique profonde. Pour cet analyste, « la véritable interrogation demeure autour des conditions nécessaires à une décrispation pérenne de la scène politique tchadienne ».

    Pour appuyer son analyse, il met en lumière la persistance de l’inéligibilité de plusieurs figures clés de l’opposition tchadienne. Le président du CEDPE détaille que « l’enjeu est d’autant plus crucial que de nombreux leaders importants de l’opposition demeurent frappés d’inéligibilité ». Cette situation engendre un paradoxe : « des personnalités sont libérées ou bénéficient d’une mesure de clémence, mais se voient toujours exclues du processus électoral. Leur capacité à influencer la société demeure intacte, mais ils ne peuvent pas la concrétiser directement par les urnes ».

    Redistribution des cartes et risques de frustration

    Selon l’expert, l’impossibilité pour les figures historiques de l’opposition de se présenter aux élections entraînera une profonde reconfiguration du paysage politique tchadien. Il prédit que « cette dynamique va, dans un premier temps, fragiliser les formations d’opposition traditionnelles, les contraignant à se réinventer, potentiellement autour de nouveaux visages ». Il met également en garde contre un risque majeur : si l’inéligibilité prolongée de plusieurs leaders est interprétée comme une exclusion permanente du champ politique, elle pourrait « alimenter un sentiment de frustration et inciter une frange de l’opposition à juger les canaux institutionnels inefficaces ».

    Dans un contexte où le Tchad aspire à la stabilité, Ahmat Yacoub Dabio insiste sur la nécessité impérative d’une compétition politique qui se déroule au sein d’un cadre « crédible, inclusif et transparent ». Il rappelle avec force que « la grâce présidentielle peut amorcer une détente, mais elle ne saurait, à elle seule, restaurer la confiance indispensable entre le pouvoir et l’opposition ».

    Au-delà du symbolique : l’exigence de mesures concrètes

    Pour l’ancien conseiller du médiateur de la République du Tchad, la clémence envers Succès Masra ne constitue qu’un geste initial, symbolique. L’évolution politique du Tchad dépendra des initiatives concrètes que le gouvernement prendra pour réintégrer pleinement l’opposition et assurer la tenue d’élections justes et équitables. Il s’interroge : « La question fondamentale est de déterminer si cette ouverture sera suivie d’actions supplémentaires, capables de rétablir progressivement la confiance et d’offrir à toutes les parties prenantes des garanties suffisantes pour une participation active à la vie publique ».

    Ahmat Yacoub Dabio affirme que la pérennité du Tchad repose sur l’instauration d’un débat démocratique authentique. Cela requiert une opposition dotée d’une réelle influence et un pouvoir exécutif suffisamment confiant dans sa légitimité pour tolérer la remise en question politique. Il conclut : « Le Tchad a, à mon sens, moins besoin d’une opposition simplement tolérée que d’une opposition apte à exercer pleinement son rôle institutionnel, et d’un pouvoir assez solide pour embrasser une véritable contradiction politique ». C’est uniquement sous ces auspices que la grâce présidentielle pourra transcender le simple acte politique pour s’inscrire comme un pilier d’un processus de réconciliation nationale plus vaste.

  • Algérie et Niger : un partenariat énergétique en pleine expansion

    Algérie et Niger : un partenariat énergétique en pleine expansion

    Algérie et Niger : un partenariat énergétique en pleine expansion

    Le projet Kafra Sud-Est 1, symbole d’une coopération renforcée

    Vue aérienne du champ pétrolier Kafra Sud-Est 1 au Niger

    Sous l’impulsion des plus hautes autorités des deux pays, l’Algérie et le Niger franchissent une nouvelle étape dans leur collaboration énergétique avec le lancement des travaux de forage du puits Kafra Sud-Est 1. Cette initiative, placée sous le signe de l’expertise et de l’innovation, marque un tournant concret dans la stratégie de partenariat entre Alger et Niamey.

    Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, s’est rendu sur place pour présider, aux côtés de son homologue nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, la cérémonie officielle de démarrage des opérations. Accueilli dans le Nord du Niger, à proximité de la frontière algérienne, le chef du gouvernement a été salué par les autorités locales et les représentants du secteur énergétique des deux nations. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de rapprochement où la volonté politique se transforme en actions tangibles.

    Lors de son intervention, Sifi Ghrieb a souligné l’importance de ce projet, le qualifiant de « nouvelle pierre angulaire » du partenariat stratégique entre les deux pays. Il a rappelé que cette opération intervient quelques semaines après l’inauguration de la centrale électrique de Niamey, confirmant ainsi la progression constante des échanges énergétiques entre les deux nations.

    Une coopération ancrée dans des projets concrets

    Cette collaboration repose sur une vision partagée : passer d’un rapprochement politique à des réalisations économiques et industrielles durables. Les discussions menées lors de la deuxième session de la Grande commission mixte algéro-nigérienne, tenue à Niamey en mars 2026, ont permis de concrétiser cette ambition.

    Le projet Kafra Sud-Est 1 n’est pas une simple initiative isolée. Il s’agit d’une exploration approfondie visant à évaluer le potentiel pétrolier de la région, préalable indispensable à toute phase de développement futur. Pour Sonatrach, l’enjeu est multiple : renforcer sa présence au Niger tout en démontrant son savoir-faire technique dans le domaine des hydrocarbures.

    Plusieurs filiales du géant algérien sont mobilisées pour cette opération. L’Entreprise nationale de forage (Enafor) supervise l’ensemble des moyens humains et logistiques, tandis que l’Entreprise nationale de services aux puits (ENSP) et l’Entreprise nationale de géophysique (ENG) apportent leur expertise respective. Cette mobilisation collective illustre la capacité de Sonatrach à rassembler ses compétences pour des projets à l’étranger.

    Le PDG d’Enafor, Brahim Hammoudi, a réaffirmé l’engagement de l’entreprise à s’implanter durablement au Niger. « Notre présence ici s’inscrit dans une logique de coopération pérenne », a-t-il déclaré, mettant en avant l’importance du transfert de compétences et de la formation des équipes locales.

    Vers une joint-venture algéro-nigérienne dans le forage

    L’ambition dépasse le simple forage. Un mémorandum d’entente signé en juin 2026 entre Enafor et la Société nationale nigérienne du pétrole (Sonidep) prévoit la création d’une coentreprise spécialisée dans le forage. Ce projet pourrait révolutionner la coopération industrielle entre les deux pays, en intégrant le transfert de savoir-faire et le renforcement des capacités locales.

    Pour l’Algérie, il s’agit d’élargir ses activités au Niger tout en contribuant au développement de l’industrie pétrolière nigérienne. Pour Niamey, cette collaboration représente une opportunité unique de bénéficier de l’expérience d’un groupe pétrolier expérimenté, capable d’accompagner la croissance du secteur énergétique national.

    Un programme d’exploration ambitieux

    Kafra Sud-Est 1 n’est que le premier volet d’un programme plus large. Selon les projections, quatre puits d’exploration supplémentaires devraient être forés dans le Nord du Niger d’ici deux ans. Ces opérations visent à approfondir la connaissance des ressources potentielles de la région et à confirmer les perspectives de développement.

    Les études préliminaires ont déjà révélé des indices prometteurs, renforçant l’attractivité de cette zone pour les investissements futurs. Cette phase d’exploration est cruciale pour déterminer les étapes suivantes et évaluer la faisabilité économique des projets de production.

    Sonatrach, acteur clé de l’expansion africaine

    Pour Sonatrach, le Niger s’impose comme un nouveau pilier de sa stratégie africaine. Déjà présent en Libye, le groupe algérien étend désormais son influence en Afrique de l’Ouest, en combinant exploration, services pétroliers et développement de partenariats industriels.

    Le projet Kafra Sud-Est 1 illustre cette volonté d’inscrire la présence algérienne dans une logique de long terme. Au-delà du forage, il s’agit de créer un écosystème durable, où l’énergie devient un levier de coopération et de croissance mutuelle entre Alger et Niamey.

    La visite du Premier ministre Sifi Ghrieb et le lancement des travaux marquent ainsi une nouvelle étape dans l’histoire des relations énergétiques entre l’Algérie et le Niger. Après la centrale de Niamey, c’est désormais le secteur des hydrocarbures qui se positionne comme un domaine majeur de collaboration, ouvrant la voie à des perspectives inédites pour les deux nations.

  • Le Maroc renforce sa sécurité frontalière à Ceuta face aux rumeurs d’un passage massif

    Le Maroc renforce sa sécurité frontalière à Ceuta face aux rumeurs d’un passage massif

    • Des publications en ligne ont alimenté la rumeur d’une ouverture de la frontière avec Ceuta ce samedi 15 août.
    • Les autorités marocaines affirment avoir mis en œuvre toutes les dispositions pour prévenir un nouvel afflux et ont procédé à des interpellations.
    • Fin juillet, l’enclave espagnole a enregistré l’entrée illégale d’environ 72 000 migrants en quelques jours.

    Une nouvelle vague d’arrivées massives de migrants vers l’enclave espagnole de Ceuta est-elle imminente ? Le Maroc a annoncé des mesures préventives suite à la circulation de fausses informations sur les plateformes numériques. Depuis plus d’une semaine, des messages affirmant que le poste-frontière entre Fnideq, côté marocain, et Ceuta serait ouvert ce samedi 15 août, un jour férié en Espagne, ont été largement partagés.

    Le porte-parole du ministère marocain de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, a tenu à rassurer le public, déclarant que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour contrer toute tentative de passage illégal et intercepter toute personne cherchant à y participer.

    Des individus interpellés et des poursuites engagées

    Les autorités ont également rapporté avoir détecté ces derniers jours la circulation de publications incitant à l’organisation de tentatives de passage collectif et illégal vers Melilla, l’autre enclave espagnole située à environ 400 kilomètres à l’est. Des procédures judiciaires seront initiées contre les propagateurs de ces appels. Un groupe d’individus soupçonné d’implication a été appréhendé et fait l’objet d’une enquête, selon les précisions du porte-parole, relayées par l’agence officielle MAP.

    Ces appels surviennent après un événement sans précédent fin juillet, où environ 72 000 migrants ont franchi illégalement la frontière de Ceuta en l’espace de quelques jours, un record pour une période aussi brève. Le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué que 70 000 d’entre eux ont depuis été renvoyés au Maroc. Après cet afflux majeur, près de 2 000 personnes, dont plus d’un millier de mineurs non accompagnés, sont restées sur le territoire de l’enclave espagnole.

    La crise migratoire précédente a eu un coût humain tragique. Rabat a fait état de 11 décès récupérés du côté marocain. Du côté espagnol, une commission de spécialistes en médecine légale a recensé au moins 80 victimes. Cependant, plusieurs organisations non gouvernementales marocaines, dont l’Association marocaine des droits humains, estiment que le bilan s’élève à au moins 141 personnes ayant perdu la vie durant cette traversée périlleuse.

  • Grâce présidentielle au Tchad : une mesure qui divise l’opposition

    Grâce présidentielle au Tchad : une mesure qui divise l’opposition

    Le président Mahamat Idriss Déby a signé une ordonnance de grâce en faveur de plusieurs figures de l’opposition tchadienne, dont l’ancien Premier ministre Succès Masra. Condamné à vingt ans de prison pour insurrection, ce dernier ainsi que huit autres responsables de la plateforme GCAP devraient recouvrer leur liberté dès ce vendredi.

    La mesure présidentielle efface les peines d’emprisonnement, mais les condamnations judiciaires, civiles et financières, ainsi que l’inéligibilité des bénéficiaires, restent intactes. Une nuance essentielle qui distingue la grâce de l’amnistie, comme le souligne l’analyste politique Bétinbaye Yamingué : « Le chef de l’État use de ses prérogatives constitutionnelles pour libérer ces opposants. Reste à présent la responsabilité du Parlement tchadien de concrétiser cette avancée par une loi d’amnistie. »

    Des opposants tchadiens

    Une Assemblée nationale aux mains du pouvoir

    Pour qu’une amnistie soit effective, elle doit être votée par l’Assemblée nationale tchadienne. Or, celle-ci est majoritairement contrôlée par le parti présidentiel, qui détient 124 sièges sur 188. Cette configuration limite considérablement les chances d’une adoption rapide d’une telle loi.

    Selon l’analyste, libérer des opposants ne suffit pas à apaiser le climat politique : « Rendre leur liberté est une première étape, mais leur permettre de retrouver pleinement leurs droits civiques et politiques est tout aussi crucial. Sans cela, cette grâce pourrait être perçue comme une simple opération de communication du régime. »

    Des réactions contrastées au sein de l’opposition

    Les avis divergent au sein des partis politiques tchadiens. Le parti Les Transformateurs, dont Succès Masra est le leader, n’a pas encore réagi officiellement, préférant attendre sa libération. Son vice-président, Ndolembai Sadé Njesada, a salué la décision présidentielle, y voyant un pas vers l’unité nationale et l’ouverture d’un dialogue pour la paix.

    À l’inverse, Hissein Abdoulaye, porte-parole du GCAP, critique vivement cette grâce. Pour lui, « condamner des responsables politiques avant de les gracier tout en leur retirant leurs droits fondamentaux constitue un recul démocratique inacceptable. »

    Du côté du pouvoir, le Mouvement patriotique du salut (MPS) approuve sans réserve cette mesure, la qualifiant de « décision salutaire » qui permettra aux opposants de retrouver leur famille.

  • La RDC face à la crise politique : tshisekedi recule sur la réforme constitutionnelle

    La RDC face à la crise politique : tshisekedi recule sur la réforme constitutionnelle

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    Dans un contexte de forte tension politique en République démocratique du Congo (RDC), le président Félix Tshisekedi a récemment demandé au Parlement de réexaminer la loi encadrant l’organisation d’un référendum pour une réforme constitutionnelle. Cette démarche intervient alors qu’un « compte à rebours » avait été lancé par la Coalition Article 64 (C64), une alliance des principales forces d’opposition congolaises, formée en mai dernier.

    Le projet de loi en question, soutenu par le parti présidentiel depuis 2024, est perçu par la C64 comme une tentative du président Tshisekedi de briguer un troisième mandat, ce qui est formellement interdit par la Constitution de 2006.

    À Kinshasa, le mercredi 12 août, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et porte-parole de la C64, avait clairement averti que la coalition ne se contenterait plus de simples conseils. Il avait menacé d’intensifier les mobilisations populaires si le chef de l’État ne s’engageait pas dans un dialogue national constructif.

    La coalition avait fixé au samedi 15 août la date limite pour évaluer les progrès d’un éventuel dialogue politique initié par le président. Elle avait également appelé la population à une « mobilisation et résistance » généralisées si le retrait de la proposition de loi référendaire, alors en discussion au Parlement, n’était pas officialisé.

    Un petit pas dans la bonne direction

    Bien que la concession de Félix Tshisekedi ne réponde pas entièrement aux exigences de la C64, qui a affirmé maintenir sa pression, elle est néanmoins considérée comme « un petit pas dans la bonne direction ». C’est ce qu’a souligné Prince Epenge, cofondateur de la Coalition C64, lors de ses déclarations.

    Une marche que la C64 avait initialement prévue à Kinshasa pour le 22 juillet avait été reportée. Ce report faisait suite aux interventions des Églises catholique et protestante du Congo, qui avaient exhorté les acteurs politiques à privilégier la voie du dialogue.

    Parallèlement à l’action de la C64, un mémorandum a été adressé le lundi 10 août au président et aux institutions clés du pays par 65 organisations de la société civile congolaise. Ces dernières ont conjointement appelé Félix Tshisekedi à abandonner son projet de référendum constitutionnel. Elles ont exprimé leurs craintes, affirmant qu’une telle initiative « risquerait au contraire d’exacerber les tensions politiques, d’aggraver les fractures sociales et de détourner les institutions des véritables priorités de la nation ».

  • Conseil international des infirmières exige des salaires pour les soignants face à ebola en rdc

    Conseil international des infirmières exige des salaires pour les soignants face à ebola en rdc

    Conseil international des infirmières : des salaires pour les soignants face à Ebola en RDC, une urgence absolue

    Soignant en tenue de protection contre Ebola en RDC

    Le Conseil international des infirmières (CII) a lancé un appel pressant aux autorités de la République démocratique du Congo (RDC) pour exiger le versement immédiat des salaires et la protection des soignants engagés dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui frappe le pays.

    Une épidémie d’Ebola qui s’aggrave sans moyens suffisants

    Depuis la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola le 15 mai, la riposte sanitaire en RDC peine à suivre le rythme de propagation du virus. Les infrastructures médicales, déjà fragilisées par des années de crise, manquent cruellement de ressources, aggravant la situation sanitaire.

    Howard Catton, directeur général du CII, a souligné l’absurdité de cette situation : « Il est impossible de combattre Ebola sans rémunérer ceux qui risquent leur vie chaque jour pour sauver les autres. »

    Des soignants en première ligne, mais des salaires en retard

    Selon le CII, de nombreux infirmiers et professionnels de santé en première ligne contre l’épidémie n’ont pas perçu leur salaire depuis deux à trois mois. Cette situation met en péril non seulement leur motivation, mais aussi leur sécurité, alors que les risques d’exposition au virus restent élevés.

    Dans une lettre adressée au ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, le CII a exigé des mesures concrètes : paiement immédiat des arriérés, garantie de salaires réguliers à l’avenir, et fourniture d’équipements de protection individuelle (EPI) adaptés.

    Howard Catton a insisté : « Ces professionnels de santé méritent d’être protégés et rémunérés décemment. Leur travail est vital, et leur sécurité doit être une priorité absolue. »

    Une épidémie aux proportions alarmantes

    En seulement trois mois, l’épidémie actuelle a déjà causé plus de 2 128 décès pour 4 566 cas confirmés en RDC. Ces chiffres dépassent largement ceux enregistrés lors des trois premiers mois des précédentes flambées, y compris la pire épidémie d’Ebola connue à ce jour, qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

    L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié cette situation d’« alarmante », soulignant que la propagation du virus est plus rapide que jamais. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a prévenu : « Si la tendance actuelle se poursuit, cette épidémie pourrait dépasser celle de l’Afrique de l’Ouest en termes de gravité. »

    Un financement insuffisant pour faire face à la crise

    Sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan de riposte lancé début juin par l’OMS et l’Africa CDC, seulement 264 millions ont été mobilisés à ce jour. Cette pénurie de fonds aggrave les difficultés des équipes médicales sur le terrain.

    Actuellement, aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe pour le variant Bundibugyo responsable de cette épidémie. En attendant, l’OMS propose d’organiser un essai clinique avec le vaccin Ervebo, homologué contre une autre souche du virus.

    Vasee Moorthy, responsable du programme Recherche & Développement de l’OMS, a indiqué : « Nous allons soumettre le protocole aux autorités réglementaires de la RDC dans les prochains jours. »

  • Paul biya, l’absence prolongée du président camerounais fait trembler le pouvoir

    Paul biya, l’absence prolongée du président camerounais fait trembler le pouvoir

    Paul biya, l’absence prolongée du président camerounais fait trembler le pouvoir

    Depuis plus de deux mois, le Cameroun est dirigé à distance depuis Genève. L’opposition camerounaise s’interroge sur l’état de santé du président et la gestion du pays.

    Genève détient désormais un rôle clé dans l’administration du Cameroun. Depuis le 7 juin, le président Paul Biya, au pouvoir depuis quarante-trois ans, n’a pas posé le pied sur le sol camerounais. Cette absence, qui dépasse les soixante-cinq jours, soulève des questions sur sa capacité à diriger le pays à distance.

    Les Camerounais s’interrogent : le président est-il toujours en mesure de gérer les affaires de l’État ? Son absence prolongée alimente les spéculations et ravive les tensions politiques.

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  • Procès Norbert Zongo : nouveau report après un pourvoi en cassation

    Procès Norbert Zongo : nouveau report après un pourvoi en cassation

    La justice burkinabè vient de subir un nouveau contretemps dans l’un des dossiers les plus sensibles de son histoire : l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons en décembre 1998. Un pourvoi en cassation introduit par la défense a une nouvelle fois suspendu la tenue du procès, alors que la chambre de l’instruction venait tout juste de valider le renvoi des trois principaux accusés devant les assises.

    Un recours judiciaire qui relance les incertitudes

    Le 31 juillet 2026, Me Paul Kéré, avocat de l’un des mis en cause, Yaro Banagoulo, a déposé un pourvoi en cassation contre l’arrêt rendu la veille par la chambre de l’instruction de Ouagadougou. Cette décision, rendue publique le 13 août suivant, intervient alors que les familles des victimes et la société civile espéraient enfin voir s’ouvrir une page judiciaire après des décennies d’attente.

    Le procureur général de Ouagadougou a confirmé que le 30 juillet 2026, la chambre de l’instruction avait maintenu le renvoi de trois accusés devant une juridiction de jugement. Parmi eux figurent :

    • Wanga Christophe Combasséré, poursuivi pour assassinat et destruction volontaire aggravée de biens ;
    • Yaro Banagoulo, visé pour complicité d’assassinat et de destruction de biens ;
    • Paul François Compaoré, mis en cause pour incitation à l’assassinat.

    Ce pourvoi introduit par la défense marque une nouvelle étape procédurale, repoussant une fois de plus la date du procès. La Cour de cassation devra désormais se prononcer sur ce recours, sans qu’aucune échéance ne soit fixée pour l’instant.

    Malgré ce contretemps, le procureur général a réaffirmé la volonté de la justice burkinabè de mener le dossier à son terme « dans les meilleurs délais, dans le strict respect des règles procédurales ».

    Un dossier chargé d’histoire et de symboles

    L’affaire Norbert Zongo, directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, reste gravée dans la mémoire collective du Burkina Faso. Son assassinat, ainsi que celui de son frère Ernest Zongo, de son chauffeur Abdoulaye Nikiéma et de son collaborateur Blaise Ilboudo, avait eu lieu sur la route de Sapouy, à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou.

    À l’époque des faits, le journaliste enquêtait sur la mort suspecte de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère du président Blaise Compaoré. Ce lien présumé entre l’enquête de Zongo et les cercles du pouvoir explique en grande partie le caractère politique et sensible de ce dossier judiciaire.

    De l’impunité à la relance d’une enquête

    Plus de vingt-sept ans après les faits, l’affaire Norbert Zongo s’est imposée comme un symbole de la lutte contre l’impunité au Burkina Faso. La procédure avait longtemps semblé s’enliser : en 2006, un non-lieu avait été confirmé, provoquant une vague d’indignation parmi les défenseurs des droits humains et la famille des victimes.

    La situation a basculé en mars 2014, lorsque la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a condamné le Burkina Faso pour ses manquements. La juridiction panafricaine avait pointé les lenteurs et les lacunes de la justice burkinabè, avant d’ordonner en juin 2015 la reprise des investigations. Depuis, le dossier a connu plusieurs rebondissements, mais la quête de justice pour Norbert Zongo reste toujours en suspens.

    Avec ce nouveau report, la famille du journaliste, les associations de défense de la liberté de la presse et une partie de la société civile burkinabè voient s’éloigner une nouvelle fois l’espoir d’une issue judiciaire. Pourtant, l’affaire continue de symboliser, au-delà des frontières du pays, le combat pour la vérité et la justice en Afrique de l’Ouest.

  • Grâce présidentielle au Tchad : succÈs masra bientôt libre

    Grâce présidentielle au Tchad : succÈs masra bientôt libre

    Accord d’une grâce présidentielle au Tchad en faveur de Succès Masra

    Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a décidé d’accorder une grâce présidentielle à Succès Masra, figure marquante de l’opposition et ancien Premier ministre. Cette décision, intervenue le 14 août 2026, pourrait lui permettre de recouvrer sa liberté dans les prochains jours, bien que sa condamnation à vingt ans de prison ne soit pas annulée.

    L’ancien Premier ministre de transition, Succès Masra

    Contexte et implications de cette mesure exceptionnelle

    Cette grâce intervient après l’épuisement de tous les recours juridiques disponibles. En effet, la Cour suprême du Tchad avait confirmé, le 21 mai 2026, la peine de vingt ans de réclusion criminelle prononcée contre Succès Masra en août 2025. Le dirigeant du parti Les Transformateurs était notamment jugé pour son rôle présumé dans les violences de Mandakao, dans la province du Logone occidental, qui avaient causé plusieurs dizaines de morts en mai 2025.

    Les chefs d’accusation retenus contre lui incluaient la diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe, ainsi que la complicité de meurtre. Une grâce présidentielle représente l’un des rares moyens restants pour modifier l’exécution de cette peine, sans pour autant effacer les condamnations prononcées.

    Une grâce qui ne remet pas en cause la condamnation

    Il est essentiel de comprendre que cette mesure présidentielle n’annule pas le jugement rendu par la justice tchadienne. Elle permet simplement une remise partielle ou totale de la peine, offrant ainsi une issue à l’opposant. Pour Succès Masra et ses soutiens, cette décision représente une lueur d’espoir, bien que les infractions retenues contre lui restent inchangées.

    Cette initiative s’inscrit également dans un contexte politique sensible. À l’approche du 66e anniversaire de l’indépendance du Tchad, des rumeurs circulaient concernant d’éventuels gestes d’apaisement envers l’opposition. Mahamat Idriss Déby avait évoqué publiquement son intention d’exercer son droit de grâce, sans dévoiler immédiatement les noms des bénéficiaires.

    Un opposant au cœur de l’actualité politique tchadienne

    Succès Masra, connu pour son opposition frontale au pouvoir en place, avait occupé le poste de Premier ministre dans le gouvernement de transition en janvier 2024. Quelques mois plus tard, il s’était présenté face à Mahamat Idriss Déby lors de l’élection présidentielle du 6 mai 2024, obtenant environ 18 % des voix contre plus de 61 % pour le candidat sortant. Après avoir contesté les résultats, il avait finalement accepté leur validation par le Conseil constitutionnel avant de démissionner de ses fonctions gouvernementales.

    Son arrestation en mai 2025, suivie de sa condamnation, avait profondément aggravé les tensions entre l’opposition et le régime. La grâce accordée aujourd’hui pourrait ainsi être perçue comme un geste en direction d’un apaisement politique, alors que des voix s’élevaient pour demander sa libération au nom de la stabilité nationale.