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  • 7e réunion ministérielle du processus africain atlantique : Cotonou au cœur des ambitions régionales

    7e réunion ministérielle du processus africain atlantique : Cotonou au cœur des ambitions régionales

    La 7e édition du Processus des États Africains Atlantiques (PEAA) s’ouvre à Cotonou sous haute tension diplomatique

    Les délégations africaines se sont retrouvées ce lundi à Cotonou pour lancer la 7e réunion ministérielle du Processus des États Africains Atlantiques (PEAA), un événement placé sous le signe de l’unité et de la coopération. Co-présidée par le Maroc et le Bénin, cette session s’inscrit dans la lignée des initiatives royales visant à renforcer les liens entre les pays riverains de l’océan Atlantique.

    Une délégation marocaine de haut niveau pour porter les ambitions africaines

    À la tête de la délégation marocaine, Mohamed Methqal, Directeur Général de l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI), incarne l’engagement du Royaume dans ce partenariat. Il est accompagné de Tarik Iziraren, secrétaire permanent du PEAA, de l’ambassadeur du Maroc au Bénin Rachid Rguibi, ainsi que de responsables des Affaires étrangères et de la Coopération africaine.

    Ces acteurs clés ont pour mission de concrétiser les orientations stratégiques définies par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dont la vision vise à transformer l’espace atlantique africain en une zone de stabilité, de sécurité et de développement économique partagé.

    Un cadre institutionnel en pleine expansion

    Depuis son lancement à Rabat en juin 2022, le Processus des États Africains Atlantiques (PEAA) a connu des avancées majeures. Parmi les réalisations notables :

    • L’installation d’un Secrétariat permanent basé à Rabat, garantissant une coordination continue entre les États membres ;
    • La création de trois groupes thématiques dédiés à des enjeux spécifiques ;
    • L’adoption d’un programme d’action commun axé sur le dialogue politique, la sécurité maritime, l’économie bleue, la connectivité et la protection des écosystèmes marins.

    Les réunions précédentes, organisées à Rabat, New York et Praia, ont permis d’adopter des déclarations et plans d’action ambitieux. Ces textes visent à renforcer la coopération dans des domaines cruciaux :

    • La sécurité et la connectivité maritimes ;
    • La préservation des ressources halieutiques ;
    • La transition énergétique ;
    • Le développement durable.

    Cotonou, étape clé pour l’intégration atlantique africaine

    La réunion de Cotonou s’inscrit dans cette dynamique. Son objectif principal ? Renforcer la coordination entre les États membres afin de favoriser une intégration accrue de l’espace africain atlantique. Les discussions porteront sur des thématiques transversales, essentielles pour l’avenir du continent :

    • Le renforcement des infrastructures maritimes ;
    • La promotion du commerce intra-africain ;
    • La lutte contre les menaces sécuritaires ;
    • L’harmonisation des politiques environnementales.

    Ce sommet ministériel représente une opportunité unique pour les pays africains riverains de l’Atlantique de réaffirmer leur engagement en faveur d’un partenariat gagnant-gagnant, fondé sur le dialogue, la solidarité et l’innovation.

  • Trois ambassadeurs remettent leurs lettres de créance à Lomé pour renforcer les alliances

    Trois ambassadeurs remettent leurs lettres de créance à Lomé pour renforcer les alliances

    Renforcement des liens diplomatiques à Lomé avec trois nouveaux ambassadeurs

    Le palais présidentiel de Lomé a été le théâtre d’une cérémonie diplomatique marquante, illustrant l’engagement continu du Togo à tisser des partenariats stratégiques. Trois nouveaux ambassadeurs ont officiellement présenté leurs lettres de créance, scellant ainsi l’ouverture du pays à de nouvelles collaborations internationales.

    Les diplomates accueillis sont Mme Myriam Montrat (Canada), M. Najeeb Durrani (Pakistan) et M. George Kofi Nfojoh (Ghana). Leur accréditation symbolise un pas supplémentaire vers le renforcement des échanges économiques, sécuritaires et culturels entre Lomé et ces nations clés.

    Le Canada et le Togo : un partenariat axé sur le développement et la stabilité

    Première à être reçue, l’ambassadrice canadienne Myriam Montrat, ancienne responsable des Affaires mondiales, a détaillé les priorités de sa mission. Son objectif ? Dynamiser les relations bilatérales autour de trois axes majeurs : l’économie, l’éducation et la sécurité.

    Sur le plan économique, elle a souligné l’importance d’intensifier les échanges commerciaux. Dans le domaine social, elle a mis en avant des projets concrets pour améliorer l’accès à l’éducation et aux soins, tout en promouvant l’égalité entre les genres. Enfin, concernant la sécurité, elle a salué les efforts du Togo pour maintenir la stabilité en Afrique de l’Ouest et a réaffirmé la disponibilité du Canada à soutenir ces initiatives.

    Le Pakistan mise sur l’agriculture et l’innovation pour dynamiser les échanges

    L’ambassadeur pakistanais Najeeb Durrani, issu d’une carrière diplomatique internationale, a présenté une vision ambitieuse pour son pays. Son ambition ? Élargir les coopérations bilatérales au-delà des relations politiques traditionnelles, en intégrant des secteurs clés comme l’agriculture, la technologie et la sécurité.

    « Notre objectif est de créer une synergie durable entre Islamabad et Lomé, en exploitant les opportunités offertes par ces domaines stratégiques », a-t-il déclaré. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans la politique d’ouverture économique du Togo, visant à attirer des investissements et des partenariats innovants.

    Ghana et Togo : une collaboration historique renforcée par la sécurité

    Le nouvel ambassadeur ghanéen George Kofi Nfojoh a mis en lumière la proximité naturelle entre les deux nations. Ancien député et expert en relations internationales, il a évoqué les défis communs de la sous-région et l’importance de travailler main dans la main pour y répondre.

    « Notre histoire et notre culture nous unissent. Il est essentiel d’unir nos forces pour le bien-être de nos populations », a-t-il affirmé. Son mandat inclura notamment le renforcement de la coopération sécuritaire, ainsi que la facilitation des échanges transfrontaliers, déjà fluides et dynamiques.

    Ces trois nominations diplomatiques marquent une étape clé dans la stratégie togolaise d’ouverture et de diversification de ses partenariats internationaux.

  • Services adaptés aux communautés nomades au Tchad pour une santé renforcée

    Services adaptés aux communautés nomades au Tchad pour une santé renforcée

    Des solutions intégrées rapprochent les services vitaux des familles nomades au Tchad

    Dans l’enceinte du campement de Mandjafa, en périphérie de la capitale N’Djamena, des familles nomades se sont rassemblées pour une journée cruciale. Parmi elles, Afia, mère de cinq enfants, a parcouru plusieurs kilomètres avec sa fille de quatre mois pour accéder à des soins essentiels. Pour cette mère, la santé de ses enfants passe avant tout par la prévention : « Les vaccins protègent mes enfants. Dès qu’un problème survient, je me rends immédiatement au centre de santé », confie-t-elle avec conviction.

    Des défis majeurs pour les communautés pastorales

    Au Tchad, les familles nomades, qui représentent environ 3,5 % de la population nationale, vivent principalement de l’élevage. Leur mode de vie mobile et leur éloignement des infrastructures sanitaires rendent l’accès aux soins particulièrement complexe. Les déplacements constants entre pâturages et points d’eau limitent souvent les possibilités de bénéficier de services de santé réguliers, tant pour les humains que pour les animaux.

    L’approche « Une seule santé » : une solution innovante et collaborative

    Face à ce constat, le Gouvernement tchadien a adopté l’approche « Une seule santé », une stratégie multisectorielle visant à rassembler les secteurs de la santé humaine, vétérinaire, environnementale et agricole. Cette démarche, mise en œuvre lors d’une campagne à Mandjafa le 9 juin 2026, a permis d’offrir des services intégrés à 134 personnes, dont 11 enfants, tout en vaccinant 96 animaux. Les interventions incluaient également des suppléments en vitamine A, des traitements antiparasitaires et la distribution de moustiquaires imprégnées.

    Le Pr Mahamat Béchir, Coordonnateur national de l’approche « Une seule santé » au ministère de la Santé publique, explique l’origine de cette initiative : « Les enquêtes menées au début des années 2000 ont révélé des lacunes majeures dans l’accès à la vaccination pour les communautés nomades. Nous avons dû repenser nos stratégies pour les adapter à leur réalité nomade », précise-t-il.

    Une stratégie gagnante : santé humaine et animale combinées

    Les équipes sur le terrain ont remarqué que les éleveurs sollicitaient régulièrement les services vétérinaires. En associant les soins animaux aux soins humains, il devient possible de toucher un plus grand nombre de familles en une seule intervention, réduisant ainsi les déplacements et optimisant les ressources.

    Youssouf Idriss, éleveur installé près de Mandjafa, témoigne de l’importance de cette approche : « Mes animaux sont le pilier de ma survie. Leur santé est aussi cruciale que celle de ma famille. Grâce à ces campagnes, nous bénéficions de soins adaptés à nos besoins », déclare-t-il.

    Des résultats concrets et une amélioration durable

    Raphaël Neni, agent vétérinaire expérimenté, suit ces communautés depuis cinq ans. Il constate les effets positifs de cette approche : « Depuis que nous renforçons les campagnes de vaccination, les maladies diminuent chez les animaux. Les éleveurs remarquent eux-mêmes cette amélioration », observe-t-il.

    Au-delà des bénéfices pour le bétail, ces interventions contribuent à limiter les risques de transmission de maladies entre animaux et humains, renforçant ainsi la sécurité sanitaire des populations. La plateforme « Une seule santé » coordonne ces actions au niveau national, en réunissant les secteurs de la santé, de l’élevage, de l’environnement et de l’agriculture pour renforcer la prévention et la réponse aux menaces sanitaires.

    Le Pr Béchir souligne : « Les enjeux sanitaires ne peuvent plus être traités isolément. Les maladies zoonotiques, les changements climatiques et les défis environnementaux nécessitent une collaboration étroite pour mieux protéger les populations. »

    Un accompagnement technique et financier déterminant

    L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) soutient cette démarche depuis de nombreuses années. Son appui porte sur le renforcement de la plateforme « Une seule santé », l’évaluation du Règlement sanitaire international, la mise en œuvre du Plan national de sécurité sanitaire et le renforcement des capacités des acteurs locaux.

    Le Dr Tamadji Mbaïhol, en charge de la vaccination de routine à l’OMS Tchad, connaît bien les communautés nomades. Il explique : « Ces populations sont réceptives aux services de santé lorsqu’ils sont adaptés à leur mode de vie. Le défi est de les atteindre là où elles se trouvent. Une fois les interventions adaptées, leur participation est massive. »

    Un modèle reproductible pour un impact national

    L’efficacité de cette approche repose sur la collaboration entre les ministères et plusieurs partenaires techniques et financiers. Le Pr Béchir estime que « l’appui de l’OMS a permis de consolider cette dynamique, favorisant une avancée collective sur des priorités communes en matière de santé publique. »

    Alors que les équipes continuent leurs tournées auprès des familles et éleveurs, Afia se prépare à rentrer chez elle avec sa fille Fatma. Son conseil aux autres parents est simple : « En cas de maladie, il faut agir vite et emmener l’enfant au centre de santé. Cela fait toute la différence pour le protéger et préserver sa santé. »

    À Mandjafa, l’approche « Une seule santé » démontre qu’en rapprochant les services essentiels des communautés nomades, il est possible de garantir un accès équitable aux soins, tout en protégeant la santé des populations et de leurs troupeaux, essentiels à leur survie.

  • Maroc et États-Unis lancent un hub militaire innovant à tan-tan

    Maroc et États-Unis lancent un hub militaire innovant à tan-tan

    un centre multidomaine pour révolutionner les capacités militaires africaines et occidentales

    À Tan-Tan, une nouvelle infrastructure militaire stratégique est en cours de développement : l’African Multi-Domain Training and Experimentation Center (AMTEC). Ce projet, né d’une collaboration entre le Maroc et les États-Unis, s’articule autour de trois axes majeurs visant à moderniser les capacités de défense par l’intégration des technologies de pointe et le renforcement de l’interopérabilité entre les forces africaines et occidentales.

    des infrastructures conçues pour des défis opérationnels complexes

    L’AMTEC se structurera autour d’une zone d’entraînement multidomaine (MDTA), d’une Académie des drones dédiée aux systèmes sUAS, et d’un Centre d’innovation axé sur le test et le déploiement de solutions technologiques émergentes. Selon les responsables du projet, l’objectif est de préparer les forces à évoluer dans des environnements opérationnels toujours plus exigeants, y compris dans le spectre électromagnétique.

    Le général de corps d’armée Mohammed Berrid, Inspecteur général des Forces armées royales (FAR), souligne l’avance du Maroc dans ce domaine : «Le Royaume dispose déjà des infrastructures et du savoir-faire nécessaires pour concrétiser rapidement cette vision». Il met en avant le potentiel du Maroc comme partenaire industriel fiable, capable de transformer rapidement les concepts en réalités opérationnelles.

    l’Académie des drones : former les forces africaines aux nouvelles technologies

    L’Académie des drones (MTDA) se concentrera sur la formation d’opérateurs africains aux systèmes aériens autonomes, avec une attention particulière portée à la lutte antiterroriste en Afrique de l’Ouest. Cette initiative vise à renforcer les capacités locales en matière de surveillance et de reconnaissance, tout en favorisant l’autonomie technologique des pays partenaires.

    un laboratoire d’innovation pour des solutions adaptées au terrain africain

    Le Centre d’innovation de l’AMTEC jouera un rôle clé dans le test de technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle, les systèmes autonomes et les communications avancées. Une priorité sera donnée aux solutions peu coûteuses et évolutives, afin de répondre aux réalités des terrains africains souvent marqués par des contraintes logistiques et économiques.

    des retombées économiques et technologiques au-delà du militaire

    Au-delà de ses objectifs militaires, l’AMTEC ambitionne de créer un écosystème d’innovation impliquant acteurs industriels et académiques. Ce projet pourrait ainsi stimuler le développement technologique dans des régions enclavées, tout en offrant un terrain d’expérimentation pour des technologies sans fil et de détection innovantes.

    Le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, voit dans cette initiative une opportunité sans précédent : «Ce centre permettra aux bases industrielles de défense américaines et africaines, ainsi qu’aux institutions académiques, de développer des solutions adaptées aux défis émergents».

    une première démonstration lors de l’exercice African Lion 2027

    La première concrétisation majeure de l’AMTEC est prévue lors de l’exercice African Lion 2027, organisé chaque année au Maroc. Cet événement servira de preuve de concept pour tester l’intégration de technologies de pointe en conditions réelles, avant leur déploiement à plus grande échelle.

  • Gabon et inde : un nouvel ambassadeur pour renforcer les liens stratégiques

    Gabon et inde : un nouvel ambassadeur pour renforcer les liens stratégiques

    Avec la nomination d’Aurélien Mintsa Mi-Nguema en tant qu’ambassadeur du Gabon en Inde, les relations diplomatiques entre Libreville et New Delhi entrent dans une nouvelle phase. Confirmé lors du Conseil des ministres du 26 février 2026, le diplomate a présenté ses lettres de créance à la présidente indienne Droupadi Murmu le 6 juillet dernier, marquant ainsi le début officiel de sa mission dans un pays clé pour la stratégie africaine de l’Inde.

  • Réconciliation accélérée entre l’Algérie et le Mali après un an de tensions

    Réconciliation accélérée entre l’Algérie et le Mali après un an de tensions

    réconciliation accélérée entre l’Algérie et le Mali après un an de tensions

    En février 2026, Bamako rejetait avec fermeté les rumeurs évoquant le retour de son ambassadeur à Alger. Pourtant, cinq mois plus tard, cette décision est devenue une réalité. Le 10 juillet 2026, les deux pays ont officiellement rétabli leurs relations diplomatiques, mettant fin à plus d’un an de gel des échanges. Ce revirement spectaculaire s’explique en grande partie par l’évolution de la situation sécuritaire au nord du Mali, où la junte en place voit ses positions s’affaiblir.

    Le 19 février, le ministère malien des Affaires étrangères avait fermement démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux. Ces dernières laissaient entendre que Bamako allait rappeler son ambassadeur en Algérie, suivant ainsi la voie tracée par Niamey. Les autorités maliennes avaient alors qualifié ces rumeurs de « totalement infondées », accusant des « acteurs malveillants » de vouloir semer la discorde. Le message était clair : le Mali refusait de s’aligner sur la politique étrangère du Niger, qui venait de renouer des liens avec Alger.

    Pourtant, le 10 juillet, tout a changé. Dans un communiqué officiel, le gouvernement de transition malien a annoncé le retour de son ambassadeur à Alger. Cette décision s’accompagnait de la réouverture de l’espace aérien malien aux appareils algériens, civils et militaires. Une mesure qui répondait à l’initiative précédente de l’Algérie, qui avait elle-même rouvert son espace aérien au trafic en provenance ou à destination du Mali. Quelques heures plus tard, Alger officialisait à son tour le retour de son ambassadeur à Bamako. Les deux capitales tournaient ainsi la page d’une période de froid diplomatique.

    réconciliation entre l'Algérie et le Mali

    le nord du Mali, épicentre d’un basculement géopolitique

    Pour saisir les raisons de cette réconciliation, il faut se tourner vers les villes de Kidal et Anéfis, dans le nord du Mali. Depuis l’offensive lancée le 25 avril 2026, la région est entrée dans une nouvelle phase de conflit. Le Front de libération de l’Azawad (FLA), majoritairement composé de Touaregs, et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaida, ont uni leurs forces pour affronter un adversaire commun : la junte de Bamako et ses alliés russes de l’Africa Corps. Cette offensive a entraîné la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et replacé Kidal au cœur de la crise.

    Face à cette menace grandissante, la junte malienne a dû revoir ses alliances. Le rapprochement avec l’Algérie, longtemps perçu comme un partenaire distant, est devenu une nécessité stratégique. De son côté, Alger a maintenu une posture ouverte, cultivant des relations avec Niamey et Ouagadougou, tout en restant attentive aux évolutions au Mali. La réconciliation entre les deux pays s’inscrit ainsi dans un contexte régional marqué par des alliances changeantes et des enjeux sécuritaires pressants.

  • Tensions diplomatiques entre la France et le Burkina Faso sous le feu des projecteurs

    Tensions diplomatiques entre la France et le Burkina Faso sous le feu des projecteurs

    Affrontement diplomatique entre le ministre français Jean-Noël Barrot et son homologue burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré, sous le regard des caméras internationales. © MONTAGE JA : CAMPIONE / POOL/SIPA ; FANNY NOARO-KABRE/AFP

    Un échange tendu qui marque un tournant dans les relations franco-burkinabè

    La scène diplomatique internationale a été le théâtre, ces derniers jours, d’un échange particulièrement vif entre les représentants des relations franco-burkinabè. Au cœur de cette confrontation verbale, deux figures clés : Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, et Karamoko Jean-Marie Traoré, son homologue du Burkina Faso. Leur dialogue, souvent tendu, a révélé les profondes divergences entre les deux nations sur des sujets stratégiques.

    Des désaccords profonds sur la scène internationale

    Les tensions entre Paris et Ouagadougou ne se limitent pas à des malentendus passagers. Elles s’enracinent dans des divergences majeures, notamment sur la gestion des alliances régionales et la présence militaire étrangère en Afrique. L’Alliance des États du Sahel, récemment renforcée, cristallise une partie de ces tensions, avec une position burkinabè de plus en plus ferme contre l’influence occidentale.

    Les discussions ont également porté sur le rôle de la Russie dans la région, un sujet sensible qui divise les deux capitales. Emmanuel Macron, président français, et les autorités burkinabè ne partagent pas la même vision quant aux partenariats à privilégier pour sécuriser l’avenir du Sahel.

    Les enjeux d’une relation en crise

    Cette confrontation diplomatique soulève plusieurs questions cruciales. Quels sont les réels objectifs de chaque partie ? Comment éviter une escalade qui fragiliserait davantage la stabilité de la région ? Les observateurs s’interrogent sur l’avenir des échanges commerciaux et humains, déjà fortement perturbés par ces tensions.

    Le Burkina Faso, dirigé par Ibrahim Traoré, semble déterminé à tracer sa propre voie, en s’appuyant sur de nouveaux partenariats. De son côté, la France tente de préserver son influence historique, malgré les défis croissants. Cette dynamique complexe promet de redéfinir les équilibres géopolitiques en Afrique de l’Ouest.

    Les conséquences pour les populations locales

    Au-delà des déclarations officielles, les citoyens burkinabè et français ressentent directement les répercussions de cette crise. Les projets de coopération, les échanges universitaires et les flux migratoires pourraient être durablement affectés. Les entreprises locales, quant à elles, doivent désormais naviguer dans un environnement incertain, où les règles du jeu semblent en constante évolution.

    Un avenir encore incertain

    Alors que les deux parties restent campées sur leurs positions, l’espoir d’un apaisement s’amenuise. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si un dialogue constructif peut émerger ou si la rupture définitive guette. Une chose est sûre : la situation en Afrique de l’Ouest ne pourra plus être ignorée par les observateurs internationaux.

  • Réchauffement diplomatique algéro-malien : quelles conséquences pour le Sahel ?

    Réchauffement diplomatique algéro-malien : quelles conséquences pour le Sahel ?

    politiqueMali

    Rapprochement entre Alger et Bamako : un tournant pour la stabilité au Sahel ?

    Les relations entre le Mali et l’Algérie marquent un tournant après des mois de tensions, ouvrant la voie à de nouvelles dynamiques régionales.

    Drapeaux malien et algérien

    L’incident survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, marqué par la destruction d’un drone malien près de Tinzawatene à la frontière entre le Mali et l’Algérie, a cristallisé les tensions entre les deux nations. Bamako avait alors saisi la Cour internationale de justice, accusant Alger de soutien aux groupes terroristes et d’ingérence dans les affaires internes.

    Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large : en janvier 2024, les autorités maliennes en transition avaient rompu l’accord de paix issu du processus d’Alger de 2015, privilégiant une approche militaire pour reprendre le contrôle du nord du pays, notamment la région de Kidal. Les reproches envers l’Algérie se sont multipliés, notamment concernant l’accueil sur son territoire de dirigeants de l’ex-rébellion touarègue de Kidal et de l’imam Mahmoud Dicko, figure influente ayant contribué à la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

    Des racines historiques et économiques profondes

    Boubacar Mahamane Maïga, porte-parole du collectif « une voix pour Tombouctou », souligne l’ancienneté et la profondeur des liens entre les deux pays. « Ces relations, à la fois fraternelles et ancestrales, dépassent la simple diplomatie. L’Algérie représente un poumon économique vital pour Tombouctou. Historiquement, les échanges transsahariens, notamment via les pistes caravanières, transitaient par l’Algérie. »

    Il évoque également des exemples concrets comme l’oignon de Touat en Algérie, connu localement sous le nom de « Tawabel », ou encore l’influence spirituelle de Cheick Abdoul Kassim Attouaty, l’un des 333 saints de Tombouctou.

    Un espoir pour la sécurité régionale

    Kaou Abdrahamane Diallo, analyste politique basé à Bamako, voit dans ce dégel diplomatique une opportunité majeure. « Le Mali ne peut se permettre de laisser ses frontières ouvertes ou de tolérer l’instabilité dans sa partie septentrionale. Nous espérons que ce réchauffement des relations avec l’Algérie, pays frère ayant toujours soutenu le Mali, permettra de rétablir des liens solides et apaisés. »

    Selon lui, cette réconciliation a été rendue possible grâce à une médiation russe, impliquant notamment le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Moscou aurait souligné l’importance de « préserver l’entente entre ses alliés pour garantir la stabilité du Sahel ».

  • Blocages douaniers : le programme sino-congolais en péril

    Blocages douaniers : le programme sino-congolais en péril

    Les infrastructures promises par le Programme Sino-Congolais en République Démocratique du Congo (RDC) subissent un ralentissement inquiétant en raison de difficultés persistantes au niveau du dédouanement des matériaux et équipements. Malgré les efforts conjoints des acteurs techniques, financiers et institutionnels, ces obstacles freinent considérablement la progression des chantiers en cours.

    Lors d’une réunion de suivi avec le Ministre des Infrastructures, John Banza, le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a alerté sur l’impact de ces retards. Les travaux de revêtement routier, notamment, pourraient être menacés par le blocage prolongé de bitume importé par la SISC SA depuis plus de six mois au Port de Matadi, et ce malgré les exonérations prévues pour ce projet.

    Une situation alarmante qui pourrait entraîner un arrêt total des activités si les acteurs concernés, y compris l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC), ne trouvent pas de solution rapide. Plusieurs demandes de prise en charge des fiscalités indirectes et de traitement des messages phoniques restent en suspens depuis des mois. Pourtant, les entreprises impliquées bénéficient d’avantages fiscaux conformément à la Loi n°14/005 du 11 février 2014 et à l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration signé en 2024.

    Le Ministre John Banza a souligné que, bien que des avancées notables aient été enregistrées sur certains chantiers, ces blocages douaniers constituent désormais un frein majeur au développement national. Depuis le 19 juin, une caravane d’inspection est organisée dans le Grand Bandundu et d’autres provinces pour évaluer l’état des travaux financés par la SICOMINES. Parmi les réalisations saluées, la modernisation de l’Hôpital Général de Référence de Kikwit se distingue : 17 nouveaux bâtiments construits et 11 autres réhabilités, portant la capacité d’accueil de 150 à 650 lits, tandis que la morgue voit sa capacité multipliée par dix.

    chantier sino-congolais

    La saison sèche, habituellement favorable à l’accélération des chantiers, pourrait cette année aggraver les retards en raison de ces blocages persistants. Plusieurs projets phares risquent d’être impactés, à l’image des Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, de la route Manterne – Tshela – Singini, ou encore de la route Kananga – Kalamba Mbuji. Sans oublier la réhabilitation de la RN1 (tronçon Mbujimayi – Nguba) et la construction du Stade d’Idiofa. La population est en droit de s’attendre à des infrastructures modernes, mais ces retards risquent de priver le pays de ces avancées.

    Pour éviter un ralentissement majeur, il est crucial que l’APCSC, en tant qu’interface entre les parties prenantes, intervienne rapidement. Près de 1 477 tonnes de bitume destinées aux Rocades de Kinshasa, au projet Matadi-Tshela-Singini et à la route Kananga – Kalamba Mbuji sont toujours immobilisées au Port de Matadi depuis janvier 2026. Par ailleurs, 1 650 tonnes de bitume pour la RN1 (Mbujimayi – Nguba) sont bloquées dans le Grand Katanga. Des équipements lourds, des matériaux de chantier et des pièces détachées restent également confinés dans les postes douaniers, empêchant leur acheminement vers les sites.

    logo acgt

    Le temps perdu et les opportunités manquées pèsent sur l’économie nationale. La population ne pourra bénéficier des infrastructures promises, et le développement du pays s’en trouve ralenti. La question du dédouanement des matériaux importés reste un enjeu central pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités dans les délais impartis.

  • Est de la RDC : la Russie dénonce l’implication de l’Ukraine dans le conflit du M23

    Est de la RDC : la Russie dénonce l’implication de l’Ukraine dans le conflit du M23

    Est de la RDC : la Russie dénonce l’implication de l’Ukraine dans le conflit du M23

    Les tensions persistent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où une nouvelle accusation vient d’être portée par Moscou. Selon les autorités russes, Kiev figurerait parmi les soutiens étrangers du groupe armé M23, une rébellion qui étend son emprise sur les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

    Ces révélations ont été officialisées par Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais, Édouard Bizimana, à Bujumbura.

    Des accusations qui s’ajoutent aux tensions régionales

    Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie russe a vivement dénoncé ce qu’il qualifie d’« ingérences étrangères dans les affaires africaines ». Selon lui, la RDC, soutenue par le Burundi, fait face à une agression menée par le M23, elle-même alimentée par des soutiens extérieurs, dont certains seraient ukrainiens.

    « Nous constatons des tentatives d’ingérence flagrante dans les affaires africaines, notamment en RDC. Les autorités légitimes de ce pays, avec le soutien du Burundi, cherchent à faire face à l’agression du M23, soutenu par des représentants étrangers, dont des Ukrainiens », a déclaré Sergueï Lavrov.

    Le ministre russe a ajouté que Kiev cherchait à « soutenir les forces opposées aux gouvernements légitimes en Afrique », dans le but de « s’imposer comme un acteur incontournable sur le continent et affaiblir les pays amis de la Russie ».

    L’Ukraine dans la ligne de mire de Moscou

    Ces accusations surviennent alors que la communauté internationale s’interroge sur l’utilisation croissante des drones armés dans le conflit congolais. Moscou n’a pas hésité à pointer du doigt l’implication de mercenaires étrangers, certains ayant, selon elle, acquis une expérience en Ukraine avant d’être recrutés comme instructeurs ou opérateurs de drones.

    Lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Anna Evstigneeva, chargée d’affaires de la Russie, a exprimé ses « profondes préoccupations » face à cette situation. Elle a notamment évoqué la frappe de drone ayant coûté la vie à un membre de l’UNICEF à Goma le 11 mars dernier, ainsi que l’utilisation présumée de mercenaires dans les combats.

    « Nous sommes préoccupés par les informations faisant état du recours à des mercenaires étrangers, dont certains possèdent une expérience acquise en Ukraine et seraient employés comme instructeurs ou opérateurs de drones », a-t-elle souligné.

    Un conflit qui s’enlise malgré les initiatives diplomatiques

    Ces révélations interviennent alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin à la crise restent au point mort. Malgré la signature de l’Accord de Washington et les différentes réunions de suivi, la situation sécuritaire et humanitaire continue de se dégrader. Les divergences entre Kinshasa et Kigali sur l’application de cet accord compliquent davantage sa mise en œuvre.

    Le processus de Doha, médiatisé par le Qatar, peine également à aboutir. Les négociations entre le gouvernement congolais et le M23, soutenu par le Rwanda, n’ont pas permis de rapprocher les positions des deux parties. La réunion de Montreux, en Suisse, n’a pas non plus apporté les avancées escomptées.

    Dans ce contexte, les appels au respect des engagements pris dans le cadre des différents processus de paix se multiplient. Pourtant, ces exhortations peinent à inverser la tendance. Les blocages persistent, et les progrès diplomatiques restent en décalage avec la réalité du terrain.

    Les rebelles du M23 à Goma

    Un conflit aux multiples facettes

    Le recours aux drones et l’implication présumée de mercenaires étrangers complexifient davantage une situation déjà explosive. Les populations civiles, prises en étau entre les différents groupes armés et les interventions extérieures, paient un lourd tribut.

    Alors que les accusations se multiplient et que les tensions géopolitiques s’intensifient, la question se pose : quand la paix reviendra-t-elle dans l’Est de la RDC ?

  • Algérie et Mali : la fin d’une crise diplomatique de 15 mois

    Algérie et Mali : la fin d’une crise diplomatique de 15 mois

    Algérie et Mali : la fin d’une crise diplomatique de 15 mois

    Un tournant majeur dans les relations bilatérales

    Après plus d’un an de tensions persistantes, l’Algérie et le Mali ont décidé de tourner une page douloureuse. Les deux pays ont annoncé conjointement la réouverture de leurs espaces aériens respectifs, mettant fin à une période de restrictions qui paralysait les échanges. Une annonce concomitante a également officialisé le retour des ambassadeurs, marquant ainsi le début d’une normalisation diplomatique essentielle pour la stabilité régionale.

    Algérie et Mali : rétablissement des relations diplomatiques

    Un tournant après 15 mois de tensions

    Les gouvernements d’Alger et de Bamako ont simultanément confirmé la réouverture de leurs espaces aériens aux vols civils et militaires. Le Mali a précisé le retour imminent de son ambassadeur en Algérie, rappelé en 2025, tandis qu’Alger a annoncé le rétablissement de sa représentation diplomatique à Bamako. Ces décisions concrètes mettent un terme à une crise qui durait depuis plus de quinze mois, ébranlant les relations entre les deux voisins.

    L’incident du drone : l’étincelle d’une crise

    Tout a basculé en avril 2025 avec la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière commune. L’Algérie avait affirmé que l’appareil avait violé son espace aérien, une allégation contestée par Bamako, qui soutenait que le drone évoluait sur le territoire malien. Cet incident a déclenché une série de mesures radicales : rappel des ambassadeurs, fermeture des espaces aériens et échanges d’accusations publiques, notamment avec les États de l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Des divergences profondes, mais une nécessité de coopération

    Au-delà de ce conflit ponctuel, les relations entre l’Algérie et le Mali se sont détériorées depuis l’arrivée au pouvoir de la junte malienne en 2020-2021. Bamako a régulièrement reproché à Alger son ingérence, notamment en raison de son rôle dans l’accord de paix de 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord. Les tensions se sont encore aggravées après que le Mali a soutenu le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, une position incompatible avec la ligne défendue par l’Algérie. Malgré ces désaccords, les deux pays partagent une frontière commune et font face à des défis sécuritaires majeurs, en particulier la lutte contre les groupes jihadistes dans le Sahel.

  • Situation alarmante pour les acteurs sociaux au sud-kivu

    Situation alarmante pour les acteurs sociaux au sud-kivu

    La province du Sud-Kivu, située à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), connaît une escalade des pressions contre les acteurs sociaux. Défenseurs des droits humains, journalistes et leaders associatifs dénoncent une augmentation des intimidations et des enlèvements ciblant ceux qui documentent les abus ou défendent les communautés locales. Ces alertes, confirmées par plusieurs groupes locaux, surviennent dans un contexte marqué par des combats persistants aux frontières avec le Rwanda et le Burundi.

    une société civile étouffée par les menaces

    Les intervenants de la société civile décrivent un climat de travail de plus en plus hostile. D’après leurs récits, les intimidations se manifestent sous diverses formes : communications anonymes, surveillance, intrusions nocturnes ou disparitions temporaires visant à museler toute opposition. Plusieurs militants ont adapté leurs déplacements, quand ce n’est pas quitté Bukavu et ses alentours, pour préserver leur intégrité physique.

    Cette situation s’aggrave alors que la région cumule déjà de graves crises. Les combats opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les factions armées locales et les rebelles du M23 — soutenus selon des rapports onusiens par le Rwanda — ont provoqué des déplacements massifs de populations. Dans des zones comme Kalehe, Uvira ou Fizi, les associations locales assurent un rôle essentiel en matière de surveillance, d’aide humanitaire et de sensibilisation. Leur affaiblissement menace directement la transmission d’informations cruciales aux instances nationales et internationales.

    des enlèvements systématiques et une impunité généralisée

    Les derniers cas documentés révèlent un schéma récurrent : des militants sont interceptés en plein jour par des individus armés, parfois en civil, circulant dans des véhicules non identifiés. Les rares libérations s’accompagnent de mises en garde claires : abandonner les investigations en cours, renoncer à publier certains rapports ou quitter la région. Plusieurs organisations dénoncent l’impunité qui entoure ces actes, faute de procédures judiciaires abouties.

    La presse locale subit également cette répression. Les radios communautaires, souvent en première ligne pour couvrir les tensions intercommunautaires et les violations des droits, réduisent leurs activités par crainte de représailles. Des journalistes provinciaux rapportent des pressions émanant de responsables politiques, sécuritaires ou de représentants de groupes armés contrôlant des zones du territoire. La frontière entre intimidation ciblée et harcèlement systémique s’amenuise dangereusement.

    Pour les observateurs des tensions congolaises, la restriction de l’espace civique au Sud-Kivu s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Depuis la résurgence du conflit avec le M23 dans le Nord-Kivu voisin, les deux provinces subissent un durcissement des interactions entre autorités locales, forces armées et voix dissidentes. L’instauration de l’état de siège, prolongé pendant des années dans certaines zones de l’est, avait déjà été pointée du doigt par les défenseurs des libertés pour son impact sur les droits fondamentaux.

    Kinshasa face au défi de la protection des voix critiques

    Le gouvernement congolais se trouve confronté à un dilemme de légitimité. Kinshasa a réitéré à plusieurs reprises son engagement à protéger les défenseurs des droits humains, notamment via la loi de 2023 dédiée à cet effet. Cependant, son application dans l’est du pays reste limitée, en raison d’un manque de ressources dédiées et d’une autorité étatique fragmentée sur le terrain. Les militants du Sud-Kivu exigent désormais des actions concrètes : enquêtes indépendantes sur les enlèvements récents, protection rapprochée pour les personnes menacées et dialogue institutionnalisé avec les autorités locales.

    Les partenaires internationaux, notamment la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) en phase de retrait, ainsi que l’Union européenne, sont également sollicités. Leur capacité à maintenir un soutien ferme en faveur de la protection des acteurs civils déterminera, en partie, la pérennité du tissu associatif local. Toutefois, sans une réponse politique ferme de Kinshasa, le risque d’un effondrement durable de la société civile dans l’est du pays s’accentue. Les organisations de défense des droits appellent à une mobilisation immédiate pour contrer cette tendance.