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  • Sébastien Lecornu en déplacement diplomatique à Rabat pour renforcer les liens franco-marocains

    Sébastien Lecornu en déplacement diplomatique à Rabat pour renforcer les liens franco-marocains

    Sébastien Lecornu en déplacement diplomatique à Rabat pour renforcer les liens franco-marocains

    Le Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de sa visite à Rabat
    Le Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de sa visite officielle à Rabat (archives).

    Le Premier ministre français Sébastien Lecornu entame ce mercredi une visite officielle de deux jours à Rabat, un déplacement stratégique visant à consolider les relations entre la France et le Maroc. Cette mission diplomatique marque un tournant après des années de tensions.

    Accompagné d’une délégation ministérielle comprenant notamment les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, Jean-Noël Barrot et Laurent Nuñez, Sébastien Lecornu rencontrera son homologue marocain Aziz Akhannouch lors d’une réunion de haut niveau entre les deux gouvernements. Une première depuis 2019.

    Les relations franco-marocaines ont connu une amélioration significative depuis la reconnaissance par Emmanuel Macron, à l’été 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision, qui a suscité la colère de l’Algérie, a permis de relancer le dialogue bilatéral.

    Le président français avait ensuite effectué une visite d’État de trois jours à Rabat en octobre 2024, mettant fin à trois années de tensions liées notamment à des soupçons d’espionnage et à la crise des visas. Cette visite s’était conclue par la signature de nombreux accords de coopération.

    « Les relations sont désormais excellentes, il s’agit d’en récolter les fruits », analyse Hasni Abidi, directeur à Genève du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam).

    Le Maroc au cœur de la diplomatie française au Maghreb

    Le Maroc est désormais la priorité de la diplomatie française dans la région du Maghreb. Paris ne cherche plus à maintenir un équilibre entre le Maroc et l’Algérie, dont les relations avec la France restent fragiles.

    « Emmanuel Macron ne cherche plus à composer entre le Maroc et l’Algérie, dont les relations avec la France restent tendues », souligne Hasni Abidi.

    Ce déplacement à Rabat constitue le premier voyage officiel à l’étranger de Sébastien Lecornu depuis sa prise de fonction à l’automne 2025, un début de mandat marqué par une grande discrétion.

    Après un accueil officiel avec les honneurs militaires mercredi soir, les deux Premiers ministres participeront jeudi matin à une cérémonie au mausolée royal avant un entretien bilatéral.

    Une réunion entre les délégations des deux pays est prévue ensuite au ministère marocain des Affaires étrangères, avec à la clé la signature de plusieurs accords. Cette séquence permettra d’approfondir les coopérations dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de défense.

    Alors que les relations avec l’Algérie restent délicates, « Emmanuel Macron, en fin de mandat, souhaite éviter un échec diplomatique au Maghreb avec Alger et se tourne résolument vers le Maroc », décrypte l’historien Pierre Vermeren.

    Selon lui, le Maroc pourrait jouer un rôle d’intermédiaire pour aider Paris à renouer avec plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, les deux partenaires partageant des intérêts communs dans la lutte contre la menace djihadiste au Sahel.

    Vers une visite royale française au Maroc ?

    La coopération entre Paris et Rabat s’est déjà intensifiée dans les domaines sécuritaire, migratoire et judiciaire. Laurent Nuñez doit notamment s’entretenir avec son homologue Abdelouafi Laftit concernant l’extradition vers la France du Franco-Marocain Ismael Benahmed, soupçonné d’un meurtre commis à Paris en 2019.

    Le Maroc salue par ailleurs le soutien français au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, qui a contribué à l’adoption d’une nouvelle résolution favorable au Maroc lors de l’ONU en 2025.

    Ancienne colonie espagnole, le territoire, considéré par l’ONU comme un « territoire non autonome », oppose depuis près d’un demi-siècle le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger.

    Le rapprochement franco-marocain devrait également se traduire par de nouveaux investissements français dans le royaume chérifien.

    Lors de la crise des visas de 2021 et 2022, Paris avait réduit de moitié les visas accordés aux Marocains. Rabat avait alors bloqué la reprise de ses ressortissants en situation irrégulière et s’était tourné vers d’autres pays européens sur le plan commercial.

    Un sommet entre Mohammed VI et Emmanuel Macron pourrait marquer l’apogée de cette relation. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont annoncé en mai le principe d’une telle visite, sans en préciser la date. La dernière visite d’un souverain marocain en France remonte à mars 2000, à l’occasion d’un déplacement de trois jours pour renforcer la coopération bilatérale.

  • Maroc : nouveau harcèlement judiciaire contre le journaliste Ali Lmrabet

    Maroc : nouveau harcèlement judiciaire contre le journaliste Ali Lmrabet

    Maroc : nouveau harcèlement judiciaire contre le journaliste Ali Lmrabet

    Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a été interpellé ce dimanche 12 juillet à l’aéroport de Tanger à son retour d’Espagne, avant d’être transféré à Casablanca où il a été placé en garde à vue. Les autorités l’accusent de « diffusion présumée de fausses informations » et d’atteinte aux institutions constitutionnelles. Une nouvelle démonstration, selon ses défenseurs, de la répression systématique des voix critiques au Maroc.

    Une arrestation aux motivations controversées

    Ali Lmrabet, revenu au Maroc pour des démarches administratives personnelles, a été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Tanger. Transféré à Casablanca, il a été entendu par la Brigade nationale de la police judiciaire. Le procureur du Roi évoque plusieurs avis de recherche émis à son encontre, liés à des publications en ligne jugées diffamatoires envers des personnalités et des institutions. L’accusation principale porte sur la « diffusion présumée de fausses informations portant atteinte aux institutions constitutionnelles ».

    RSF et ses partenaires dénoncent une instrumentalisation de la justice

    « L’arrestation d’Ali Lmrabet s’inscrit dans une logique inquiétante de criminalisation du journalisme d’investigation. Le Maroc, qui s’est engagé à protéger la liberté de la presse, semble aujourd’hui détourner la justice pour museler les critiques. Nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle. »

    Oussama Bouagila
    Directeur du bureau Afrique du Nord de RSF

    Une carrière marquée par la répression et la résistance

    Ali Lmrabet incarne depuis plus de vingt ans la lutte pour la presse libre au Maroc. Fondateur des hebdomadaires Demain Magazine et Doumane, il a payé un lourd tribut pour ses prises de position : emprisonné en 2003 pour « outrage au roi », condamné à quatre ans de prison ferme avant d’être gracié l’année suivante, puis interdit d’exercer au Maroc en 2005 pour « diffamation ». Malgré ces épreuves, il n’a jamais abandonné son combat, poursuivant son travail depuis la France et l’Espagne, où il réside désormais.

    Ses investigations sur des sujets sensibles, comme les questions sécuritaires ou politiques, ont fait de lui une référence internationale. Collaborateur régulier de médias espagnols majeurs tels que El Mundo ou El País, il a été distingué en 2014 parmi les « 100 héros de l’information » par RSF pour son engagement indéfectible en faveur de la liberté de la presse. Ses vidéos en ligne, publiées sur sa chaîne YouTube, continuent de décrypter l’actualité marocaine avec une rigueur et une indépendance saluées à l’étranger.

    Malgré les tentatives répétées des autorités marocaines de le poursuivre à l’étranger, les juridictions espagnoles et françaises ont systématiquement rejeté ces demandes. Ces deux dernières décennies, Ali Lmrabet a effectué plusieurs voyages au Maroc pour des raisons familiales, sans jamais être inquiété — jusqu’à aujourd’hui.

    Un climat de plus en plus hostile pour la presse

    Cette nouvelle arrestation survient dans un contexte où la liberté de la presse au Maroc se dégrade. Selon le dernier Classement mondial de la liberté de la presse 2026, le pays occupe la 105e place sur 180, un recul préoccupant qui reflète les pressions croissantes exercées sur les journalistes critiques.

  • La rdc dénonce à l’ONU le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés

    La rdc dénonce à l’ONU le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés

    La RDC alerte l’ONU sur l’impact des ressources naturelles dans l’escalade des conflits armés

    La RDC dénonce à l'ONU l'impact des ressources naturelles dans les conflits armés

    Lors d’une intervention marquante devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, a mis en lumière un lien indéniable entre l’exploitation des ressources naturelles et la persistance des violences armées dans son pays. Son discours ne visait pas à proposer de nouvelles obligations internationales, mais plutôt à renforcer les dispositifs existants en matière de traçabilité des minerais, de sanctions ciblées et de gouvernance transparente.

  • Centrafrique : quand la terreur wagnérienne s’installe dans le quotidien

    Centrafrique : quand la terreur wagnérienne s’installe dans le quotidien

    Centrafrique : quand la terreur wagnérienne s’installe dans le quotidien

    Des exécutions sommaires et des décapitations filmées par des hommes de Wagner. L’opposition et la société civile réclament, sans succès, leur départ. Retour sur les dernières heures de la Centrafrique sous l’emprise des mercenaires.

    Crédit photo : archives

    Le 8 juillet dernier, des vidéos choquantes ont circulé sur les réseaux sociaux, révélant une nouvelle fois l’horreur vécue par les habitants de la Centrafrique. Dans une localité du pays, des hommes ont été pris en embuscade par des mercenaires de Wagner. Après avoir été abattus, leurs têtes ont été exhibées sur un tapis, alignées comme une macabre œuvre d’art. Des « supplétifs » africains, surnommés « Russes noirs » par les locaux, ont assisté ces hommes dans leur besogne. Les images, accompagnées de commentaires bruyants, montrent le chef de la milice énoncer : « Vous ne voulez pas la paix ? C’est maintenant. Égorgez chaque personne ! »

    Cette scène rappelle les exactions des groupes djihadistes, où la cruauté était méthodiquement mise en scène. Les victimes étaient des membres de groupes armés venus participer à une opération officielle de désarmement, détournée en séance de décapitation. Des civils, dont un chef de village, ont également été pris pour cible.

    La violence devient le quotidien des Centrafricains

    La Centrafrique, souvent décrite comme un « pays qui n’existait pas », est plongée dans le chaos depuis des décennies. Instabilité politique, coups d’État et mutineries ont laissé place à une gouvernance fragmentée : un pouvoir central affaibli à Bangui et une multitude de groupes armés incontrôlables. Dans ce contexte, la Minusca peine à apporter une stabilité durable. L’arrivée des mercenaires de Wagner, soutenus par le président Faustin-Archange Touadéra, a amplifié la violence endémique. La communauté internationale semble s’être résignée à cette situation, où l’horreur est devenue la norme.

    Wagner, une autorité parallèle en Centrafrique

    Les mercenaires de Wagner se sont imposés comme une force incontournable en Centrafrique. Ils contrôlent des secteurs clés : armée, police, justice, services de renseignement et même la gestion de l’aéroport de Bangui. Leur présence s’accompagne d’exactions en série : disparitions, tortures, harcèlements et crimes sans justice. Les habitants évoquent une autorité wagnérienne qui dépasse celle du gouvernement. Malgré les alertes des organisations de défense des droits humains, les mercenaires bénéficient d’un pacte tacite avec le pouvoir centrafricain.

    Contrairement à d’autres régions où le groupe a été rebaptisé « Africa Corps » après la mort de son fondateur Evgueni Prigojine, la Centrafrique conserve fièrement la marque Wagner. Une statue à la gloire de Prigojine a même été érigée, et son anniversaire est célébré chaque année par des soldats centrafricains aux côtés des mercenaires. Une illustration frappante de cette nouvelle forme d’ordre colonial.

    Face à ces exactions, l’opposition et la société civile ont une fois de plus réclamé le départ des mercenaires et la fin de l’impunité. Pourtant, les autorités centrafricaines maintiennent leur silence, laissant Wagner poursuivre ses activités sans entraves. Il y a quatre ans, lors d’une réunion avec ses ministres, le président Touadéra avait justifié sa dépendance aux Russes en déclarant : « Nous avons besoin des Russes. C’est grâce à eux que nous gardons le pouvoir. » Un aveu qui résume l’état de déchéance dans lequel se trouve le pays.

  • Soutien de l’UA au Mali : entre solidarité affichée et défis concrets

    Soutien de l’UA au Mali : entre solidarité affichée et défis concrets

    politiqueMali

    L’Union africaine maintient son soutien au Mali face aux menaces sécuritaires

    En déplacement à Bamako, le président de la Commission de l’UEA réitère l’engagement de l’organisation envers le Mali, malgré sa suspension en 2021.

    Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a entamé une visite officielle à Bamako ce week-end afin d’affirmer le soutien sans faille de l’organisation aux autorités maliennes confrontées à une recrudescence des menaces armées. Mahmoud Ali Youssouf a souligné l’importance de la coopération stratégique entre l’UA et le Mali, un partenariat maintenu malgré la suspension du pays des instances décisionnelles de l’organisation depuis le coup d’État de 2021.

    Cette suspension, décidée en réponse à la rupture de l’ordre constitutionnel, visait à inciter au rétablissement rapide de l’État de droit. Pourtant, l’UA refuse d’isoler Bamako, reconnaissant que la stabilité du Mali constitue un enjeu de sécurité continental. Ainsi, l’organisation maintient une collaboration diplomatique active avec le Mali, notamment par le biais de son représentant spécial pour le Mali et le Sahel ainsi que de la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL).

    solidarité politique vs actions concrètes

    La visite de Mahmoud Ali Youssouf à Bamako s’inscrit dans une volonté de renforcer le dialogue et la coordination avec les autorités maliennes. Le président de la Commission de l’UA a exprimé une solidarité pleine et entière face aux attaques terroristes qui frappent régulièrement le pays. Cependant, certains observateurs, comme Alioune Tine, fondateur du Africa Jom Center, estiment que l’UA doit aller au-delà des déclarations pour engager des mesures opérationnelles.

    Pour Alioune Tine, il est impératif que l’organisation panafricaine mobilise activement ses membres pour soutenir militairement le Mali dans sa lutte antiterroriste. Il insiste sur la nécessité de sensibiliser les pays africains disposant de moyens à apporter une aide tangible, notamment via l’envoi de contingents militaires.

    « Le président de la Commission de l’UA doit manifester sa solidarité de manière plus active et concrète. Il faut mobiliser des troupes africaines pour soutenir le Mali contre le terrorisme. C’est là que réside le besoin le plus urgent. »

    les limites d’une coopération sous contrainte

    Malgré les défis sécuritaires persistants, l’UA continue de privilégier une approche diplomatique pour résoudre la crise malienne. Pourtant, la remise en cause de l’Accord d’Alger de 2015 par les autorités maliennes complique davantage la situation. Les alliances émergentes entre les groupes séparatistes du Nord et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) inquiètent particulièrement l’organisation, qui ne reconnaît ni la légitimité ni les revendications de cette coalition.

    Aly Tounkara, chercheur au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, met en lumière les limites structurelles et politiques de l’UA. Selon lui, l’hétérogénéité des positions entre les États membres rend difficile toute action militaire ou renseignement concertée. Il souligne également la dépendance financière de l’organisation vis-à-vis de bailleurs extra-sahéliens, un facteur limitant son autonomie et son efficacité.

    « Il sera difficile pour l’UA d’apporter un soutien militaire ou en renseignement, car les pays membres ne sont pas toujours alignés sur une même vision stratégique, encore moins lorsqu’il s’agit d’intervenir au Mali. La dépendance aux financements extérieurs constitue un obstacle majeur à la mise en œuvre d’actions pertinentes et efficaces. »

    Entre soutien diplomatique, appel à l’unité territoriale du Mali et contraintes internes, l’UA tente de concilier principes et réalités politiques. Cette visite marquera-t-elle un simple geste symbolique ou le début d’un engagement plus marqué aux côtés de Bamako et des autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ? La question reste entière.

  • Solidarité de l’UA envers le Mali face aux menaces terroristes

    Solidarité de l’UA envers le Mali face aux menaces terroristes

    L’Union africaine réaffirme son appui indéfectible au Mali malgré les défis persistants

    Lors d’une visite officielle à Bamako, le président de la Commission de l’Union africaine a confirmé le maintien de son soutien au gouvernement malien, en dépit de la suspension du pays en 2021. Mahmoud Ali Youssouf a souligné que la stabilité du Mali constituait une priorité pour l’ensemble du continent africain, refusant toute logique d’isolement. Cette position s’accompagne d’une coopération renforcée via des mécanismes comme la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL) et le représentant spécial de l’organisation.

    Bamako, Mali | Monument rendant hommage aux forces armées maliennes après des attaques rebelles (illustration)

    Un soutien politique qui doit se traduire par des actions concrètes

    Les déclarations de solidarité ne suffisent plus, selon certains observateurs. Alioune Tine, analyste indépendant et fondateur du centre Africa Jom Center, insiste sur la nécessité pour l’UA d’adopter une posture plus proactive. « Il est temps que le président de la Commission de l’Union africaine passe des mots aux actes en mobilisant des ressources humaines et matérielles, notamment en sollicitant l’engagement de troupes africaines pour épauler Bamako dans sa lutte antiterroriste », plaide-t-il.

    Les limites structurelles de l’Union africaine face à la crise malienne

    Malgré la priorité accordée au dialogue, l’Union africaine fait face à des défis majeurs. La remise en cause de l’Accord d’Alger par les autorités maliennes complique davantage la recherche de solutions. Les alliances entre séparatistes du Nord et groupes jihadistes, comme le Jnim, exacerbent les tensions, tandis que l’organisation continentale, bien que refusant toute légitimité à ces coalitions, peine à imposer une feuille de route commune.

    Addis-Abeba, Éthiopie | Mahmoud Ali Youssouf s'exprimant lors d'un sommet de l'UA en 2026

    Aly Tounkara, chercheur au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, pointe les contradictions internes de l’UA. « Comment envisager un soutien militaire ou renseignement efficace quand les États membres ne parviennent même pas à harmoniser leurs positions ? L’organisation reste tributaire des financements extérieurs, ce qui limite considérablement son autonomie et son efficacité », analyse-t-il.

    Entre condamnation des alliances terroristes, défense de l’intégrité territoriale du Mali et contraintes géopolitiques, l’Union africaine oscille entre discours diplomatique et impuissance opérationnelle. Cette visite de Mahmoud Ali Youssouf à Bamako pourrait-elle marquer un tournant ou rester un simple symbole de solidarité ?

  • Centrafrique : des exploitants forestiers imitent les pratiques de Wagner et défient le fisc

    Centrafrique : des exploitants forestiers imitent les pratiques de Wagner et défient le fisc

    Centrafrique : des exploitants forestiers imitent les pratiques de Wagner et défient le fisc

    Les acteurs du secteur forestier en Centrafrique adoptent des méthodes controversées, inspirées par les groupes armés comme Wagner, tout en ignorant délibérément leurs obligations fiscales. Face à cette situation, le ministère de l’Économie forestière a lancé un avertissement solennel à ces exploitants, exigeant le paiement immédiat des taxes d’abattage sous peine de sanctions.

    Des pratiques douteuses qui minent l’économie locale

    Depuis plusieurs mois, des rapports confirment l’utilisation de techniques d’exploitation forestière non réglementées, similaires à celles employées par des groupes armés dans la région. Ces méthodes, souvent associées à des exactions et à un manque de transparence, permettent aux exploitants d’échapper aux contrôles traditionnels et de réduire leurs coûts au détriment de l’État et des communautés locales.

    Parmi les pratiques signalées :

    • L’exploitation illégale des ressources forestières, sans autorisation préalable ni respect des quotas ;
    • Le non-paiement des taxes d’abattage, privant le trésor public de recettes essentielles ;
    • L’utilisation de main-d’œuvre non déclarée, souvent dans des conditions précaires.

    Un rappel à l’ordre ferme du ministère

    Dans un communiqué officiel, les autorités forestières ont mis en garde les exploitants contre les conséquences de leurs agissements. Le ministère rappelle que le refus de s’acquitter des taxes d’abattage constitue une fraude fiscale passible de poursuites judiciaires. Des équipes de contrôle ont été déployées sur le terrain pour identifier les contrevenants et appliquer les sanctions prévues par la loi.

    « Ces pratiques sapent les efforts de reconstruction et de développement durable du pays », a déclaré un haut responsable du ministère. « Nous ne tolérerons plus ces comportements qui nuisent à l’économie et à la souveraineté nationale. »

    Des répercussions économiques et sociales

    Les conséquences de ces agissements sont multiples. Sur le plan économique, le manque à gagner pour l’État est significatif, alors que le pays cherche à relancer son secteur forestier dans un contexte de crise. Socialement, ces pratiques alimentent les tensions locales et aggravent les inégalités, tandis que les populations riveraines subissent les effets dévastateurs de l’exploitation non durable.

    Les autorités appellent désormais les exploitants à se conformer strictement aux réglementations en vigueur. Des campagnes de sensibilisation seront organisées pour rappeler les obligations légales et les sanctions encourues en cas de non-respect.

  • Rencontre diplomatique entre Kinshasa et Kampala pour la stabilité des Grands Lacs

    Rencontre diplomatique entre Kinshasa et Kampala pour la stabilité des Grands Lacs

    Le président ougandais Museveni a reçu, hier lundi, dans sa résidence privée de Kisozi, Floribert Anzuluni Isiloketshi, ministre congolais de l’Intégration régionale et envoyé spécial du président Félix Tshisekedi. Au programme de cet entretien : l’aggravation des tensions sécuritaires en République démocratique du Congo (RDC) et les initiatives régionales visant à rétablir la paix dans les Grands Lacs.

    Cette visite s’inscrit dans le cadre des discussions entamées entre les autorités congolaises et ougandaises pour endiguer les menaces pesant sur l’est du pays. Museveni a souligné, sur la plateforme X, l’importance de ces échanges : « Ce matin, à Kisozi, j’ai accueilli Floribert Anzuluni Isiloketshi, envoyé spécial de la RDC. Nous avons évoqué des enjeux communs, notamment la situation critique dans l’est congolais. La stabilité de notre région est indispensable à la prospérité de nos populations, et nous maintiendrons notre collaboration avec les acteurs régionaux pour surmonter les défis persistants dans l’est de la RDC ».

    Anzuluni Isiloketshi, pour sa part, a salué l’engagement du chef de l’État ougandais : « Je tiens à remercier le président Museveni pour son hospitalité. Son soutien indéfectible en faveur de la paix dans l’est de la RDC mérite d’être salué ».

    Cette rencontre survient alors que les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri subissent une insécurité chronique. Les offensives menées par les groupes rebelles M23 et les attaques perpétrées par les Forces démocratiques alliées (ADF) exacerbent les déplacements massifs de civils et entravent les efforts de stabilisation déployés par le gouvernement congolais.

    En tant qu’émissaire de Félix Tshisekedi, Floribert Anzuluni Isiloketshi a pour mission de renforcer les liens diplomatiques avec les pays voisins afin de consolider les initiatives en vue d’une paix durable à l’est du pays.

    Rencontre entre le président Museveni et l'envoyé spécial congolais Floribert Anzuluni Isiloketshi

    La coordination entre la RDC et l’Ouganda représente un axe stratégique dans cette démarche. Depuis novembre 2021, les forces armées des deux pays, les FARDC et l’UPDF, mènent conjointement l’opération « Shujaa » pour neutraliser les ADF, responsables d’attaques répétées contre les civils dans l’est congolais. Cet accord militaire, régulièrement renouvelé, constitue un pilier essentiel de la lutte contre les factions armées.

    Au-delà des questions sécuritaires, les deux nations renforcent aussi leurs échanges économiques, notamment via le développement d’axes routiers transfrontaliers visant à dynamiser les échanges commerciaux et à favoriser l’intégration régionale.

    En réaffirmant leur détermination à travailler de concert avec les partenaires africains, Kinshasa et Kampala réitèrent leur volonté de privilégier une approche collective pour résoudre les crises persistantes dans l’est de la RDC et dans l’ensemble de la sous-région des Grands Lacs.

  • Ex mercenaires Wagner en afrique : le trafic d’opioïdes finance t il leurs activités

    Ex mercenaires Wagner en afrique : le trafic d’opioïdes finance t il leurs activités

    ex-mercenaires de Wagner et trafic d’opioïdes en afrique : comment un réseau se maintient après la mort de prigojine

    Trois ans après la disparition d’Evgueni Prigojine, les structures qu’il avait établies en Afrique continuent de fonctionner. Une enquête récente met en lumière un trafic d’opioïdes qui servirait de source de financement à d’anciens membres du groupe Wagner, notamment en République centrafricaine.

    un trafic de tramadol pour financer des opérations en afrique

    Selon les informations recueillies, environ 500 anciens combattants de Wagner seraient toujours actifs en République centrafricaine, où ils s’appuieraient sur un réseau de trafic de tramadol. Ce puissant antidouleur opioïde, souvent surnommé la « cocaïne des pauvres », servirait à générer des revenus substantiels pour soutenir leurs activités.

    Le tramadol, initialement utilisé comme médicament contre les douleurs modérées à sévères, est détourné de son usage médical pour alimenter un marché illégal en pleine expansion. Les anciens mercenaires auraient restructuré leurs opérations sous des entités contrôlées par l’État russe, tout en maintenant une présence discrète mais active sur le continent africain.

    une restructuration des activités après la mort de prigojine

    La mort d’Evgueni Prigojine en août 2023 a marqué un tournant dans l’organisation du groupe. Bien que la Russie ait officiellement transféré une partie des activités extérieures vers des structures étatiques, des réseaux parallèles semblent persister. Pavel Prigojine, fils du défunt leader, figurerait parmi ceux ayant maintenu une présence sur le terrain.

    Ce trafic d’opioïdes s’inscrit dans une stratégie plus large visant à assurer l’autonomie financière des anciennes structures Wagner. En Afrique, où les réseaux de mercenariat et les trafics illicites se croisent, cette source de revenus offre une alternative aux financements traditionnels.

    les enjeux d’un trafic qui dépasse les frontières

    Le tramadol, en plus de ses usages médicaux légitimes, est devenu une monnaie d’échange dans les zones de conflit. Son trafic alimente non seulement les caisses des anciens mercenaires, mais aussi des groupes armés locaux, créant un écosystème complexe où se mêlent intérêts économiques et stratégies militaires.

    En République centrafricaine, où la présence de Wagner était déjà documentée, ce trafic ajoute une dimension supplémentaire aux défis sécuritaires du pays. Les autorités locales, déjà confrontées à des crises multiples, doivent désormais composer avec cette nouvelle forme de criminalité transnationale.

    Cette situation illustre la résilience des réseaux établis par Prigojine, capables de s’adapter et de perdurer malgré les changements politiques et structurels. Elle pose également la question de l’efficacité des mesures prises pour démanteler ces groupes et couper leurs sources de financement.

  • Ukraine rejette les accusations russes sur son soutien au m23 en rdc

    Ukraine rejette les accusations russes sur son soutien au m23 en rdc

    L’Ukraine dément catégoriquement les allégations du Kremlin sur son soutien au M23

    Les tensions diplomatiques s’intensifient autour de l’est de la République démocratique du Congo. Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a affirmé depuis Bujumbura que l’Ukraine apporterait un soutien logistique et financier à la rébellion de l’AFC/M23. Ce groupe armé contrôle désormais d’importantes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, exacerbant une crise humanitaire déjà critique.

    Kiev a immédiatement réagi avec fermeté. La diplomatie ukrainienne a dénoncé une tentative de manipulation orchestrée par Moscou pour semer la confusion dans la région des Grands Lacs. Les autorités ukrainiennes qualifient ces accusations de « pure désinformation » et soulignent l’absence totale de preuves concrètes. « Nous rejetons formellement ces allégations infondées. Notre position est sans ambiguïté : l’Ukraine n’intervient pas dans les conflits africains. »

    La Russie pointée du doigt pour son rôle déstabilisateur

    Plutôt que de subir ces attaques, l’Ukraine utilise cette polémique pour mettre en lumière les agissements de la Russie en Afrique. Kiev accuse Moscou d’alimenter l’instabilité en armant des factions armées, en violation des sanctions internationales, tout en recrutant des mercenaires africains pour alimenter son conflit en Europe.

    « La Russie ne se contente pas de semer la discorde en Afrique : elle viole délibérément le droit international en soutenant des groupes armés et en détournant l’attention des véritables enjeux. Son objectif ? Saper les efforts de médiation internationaux et masquer ses propres violations. »

    Heorhii Tykhyi, analyste politique, estime que cette stratégie s’inscrit dans une logique ancienne de Moscou. « Accuser les autres de ce que l’on fait soi-même est une tactique classique du Kremlin. En visant l’Ukraine, la Russie cherche à ébranler la crédibilité de Kiev et à détourner l’attention des crimes de guerre commis en Ukraine. »

    « Cette guerre des récits illustre la guerre froide qui se joue aujourd’hui en Afrique. Chaque camp tente de façonner la narration internationale pour servir ses intérêts géopolitiques. »

    La RDC plaide pour la diplomatie internationale

    Alors que les accusations s’enchaînent, la République démocratique du Congo a choisi de défendre une approche diplomatique. Lors d’une réunion présidée par Zénon Mukongo Ngay au Conseil de sécurité de l’ONU, Kinshasa a exprimé sa préoccupation face à l’escalade du conflit en Ukraine et ses répercussions sur la stabilité mondiale.

    Les autorités congolaises ont rappelé que la solution à ce conflit ne pouvait être militaire. À l’heure où l’Afrique des Grands Lacs subit elle aussi les conséquences de l’instabilité, la RDC appelle toutes les parties à respecter le droit international, à protéger les populations civiles et à privilégier le dialogue et la médiation.

    Le gouvernement congolais a réaffirmé son soutien à toute initiative visant à instaurer une paix durable, en conformité avec la charte des Nations unies. Une position qui contraste avec les tensions croissantes entre les grandes puissances.

    Un accord de paix au point mort

    Ce bras de fer diplomatique survient dans un contexte régional déjà fragilisé. Signé il y a plus d’un an à Washington, l’accord censé apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda peine à se concrétiser. Les deux pays en proposent des interprétations opposées, bloquant toute avancée significative.

    Pendant ce temps, la situation humanitaire et sécuritaire dans l’est de la RDC se détériore. Les populations civiles paient le prix fort, notamment dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Les réunions de médiation se multiplient, mais la violence persiste, illustrant l’échec des tentatives de résolution pacifique.

  • La coopération russo-burkinabè sous les projecteurs : entre espoirs et réalités contrastées

    La coopération russo-burkinabè sous les projecteurs : entre espoirs et réalités contrastées

    Une alliance présentée comme un modèle de coopération, mais dont les effets peinent à se concrétiser

    Depuis le renforcement de ses liens avec la Russie, le Burkina Faso met en avant un partenariat qualifié de « gagnant-gagnant », fondé sur le respect mutuel et l’absence de contraintes politiques. Ouagadougou défend cette coopération comme un moyen de reconquérir une souveraineté longtemps affaiblie. Pourtant, derrière les déclarations officielles, les résultats apparaissent bien moins évidents, voire décevants sur plusieurs plans.

    La souveraineté retrouvée ? Une illusion ou une nouvelle forme de dépendance ?

    Le gouvernement burkinabè insiste sur la reprise en main de ses choix diplomatiques après des années de relations tendues avec certains partenaires occidentaux. L’idée d’une souveraineté recouvrée repose sur la diversification des alliances, mais cette stratégie soulève une question centrale : remplacer une dépendance par une autre suffit-il à garantir une véritable autonomie ? Une coopération équilibrée exige non seulement de multiplier les partenaires, mais aussi de préserver une liberté de décision, notamment dans des domaines stratégiques comme la sécurité ou l’exploitation des ressources naturelles.

    Sécurité : des promesses non tenues malgré le soutien russe

    Sur le plan militaire, le renforcement de la collaboration avec Moscou n’a pas permis d’endiguer la dégradation de la situation sécuritaire. Les attaques récurrentes contre les populations civiles, les déplacements massifs de personnes et la mainmise croissante des groupes armés sur certaines zones persistent. Dans ces conditions, attribuer exclusivement au partenariat russo-burkinabè une quelconque amélioration du rapport de force relève de l’optimisme excessif. Les défis sécuritaires restent intacts, et les solutions promises peinent à se matérialiser sur le terrain.

    Économie : des annonces sans retombées tangibles

    Le volet économique de cette coopération est marqué par un décalage flagrant entre les déclarations enthousiastes et les réalités économiques du pays. Malgré les promesses d’investissements et de nouvelles opportunités, les indicateurs macroéconomiques restent fragiles. Les entreprises locales subissent de plein fouet les conséquences de l’insécurité, des perturbations logistiques et d’une activité économique en berne. Les retombées concrètes pour la population burkinabè se font encore attendre, et les promesses doivent désormais être évaluées à l’aune de leurs impacts réels.

    Ressources naturelles et souveraineté alimentaire : un échange contestable

    L’hypothèse évoquée par les autorités, à savoir l’échange de ressources aurifères contre du blé russe, illustre une vision ambiguë de la souveraineté. Si cette stratégie permet de pallier temporairement des pénuries alimentaires, elle pose un paradoxe : un pays riche en or, comme le Burkina Faso, devrait-il sacrifier une partie de sa richesse minière pour garantir son autosuffisance alimentaire ? Une telle approche interroge la capacité du pays à nourrir sa population par ses propres moyens et révèle, en creux, une forme de dépendance économique plutôt qu’une véritable émancipation.

    Coopération éducative : des ouvertures limitées mais prometteuses

    Parmi les aspects positifs de ce rapprochement, l’octroi de bourses pour des étudiants burkinabè en Russie se distingue. Ces opportunités contribuent à renforcer les compétences locales, mais leur portée reste limitée. Le nombre de bénéficiaires est encore insuffisant pour compenser les lacunes structurelles du système éducatif burkinabè, où l’insertion professionnelle des jeunes diplômés pose un défi persistant.

    Des intérêts stratégiques réciproques, mais pas toujours alignés

    Le discours officiel insiste sur le caractère désintéressé de cette coopération, mais une analyse géopolitique révèle une réalité plus complexe. Moscou, comme toute puissance, agit selon ses propres intérêts : renforcer son influence en Afrique, contourner les sanctions internationales et sécuriser des partenariats économiques avantageux. Présenter cette relation comme purement altruiste relève davantage de la rhétorique politique que d’une analyse objective des rapports de force internationaux.

    Les risques d’une dépendance accrue à un seul partenaire

    Se concentrer sur un nombre restreint d’alliés comporte des dangers majeurs. Une alliance trop exclusive avec la Russie pourrait réduire la marge de manœuvre diplomatique du Burkina Faso, compliquer les relations avec d’autres partenaires et limiter les opportunités d’investissements variés. Dans un contexte mondial où la multipolarité s’affirme, une stratégie gagnante repose sur la diversification des relations, et non sur leur concentration autour d’un seul acteur.

    La souveraineté se mesure à l’aune des résultats concrets

    Au-delà des discours et des symboles, la véritable mesure d’un partenariat international réside dans son impact sur le quotidien des citoyens. Une souveraineté authentique se traduit par une amélioration tangible de la sécurité, de l’accès aux services essentiels, de la croissance économique et des perspectives pour les jeunes. À ce jour, les avancées dans ces domaines restent insuffisantes pour justifier l’enthousiasme affiché par les autorités.

    Affirmer que la coopération russo-burkinabè constitue déjà un partenariat pleinement « gagnant-gagnant » relève donc de la précipitation. Si cette réorientation diplomatique ouvre des perspectives nouvelles, elle n’a pas encore fait ses preuves en répondant aux défis majeurs du Burkina Faso. Les bénéfices pour la population dépendront désormais de la capacité à transformer ces alliances en actions concrètes, durables et mesurables.

  • 7e réunion ministérielle du processus africain atlantique : Cotonou au cœur des ambitions régionales

    7e réunion ministérielle du processus africain atlantique : Cotonou au cœur des ambitions régionales

    La 7e édition du Processus des États Africains Atlantiques (PEAA) s’ouvre à Cotonou sous haute tension diplomatique

    Les délégations africaines se sont retrouvées ce lundi à Cotonou pour lancer la 7e réunion ministérielle du Processus des États Africains Atlantiques (PEAA), un événement placé sous le signe de l’unité et de la coopération. Co-présidée par le Maroc et le Bénin, cette session s’inscrit dans la lignée des initiatives royales visant à renforcer les liens entre les pays riverains de l’océan Atlantique.

    Une délégation marocaine de haut niveau pour porter les ambitions africaines

    À la tête de la délégation marocaine, Mohamed Methqal, Directeur Général de l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI), incarne l’engagement du Royaume dans ce partenariat. Il est accompagné de Tarik Iziraren, secrétaire permanent du PEAA, de l’ambassadeur du Maroc au Bénin Rachid Rguibi, ainsi que de responsables des Affaires étrangères et de la Coopération africaine.

    Ces acteurs clés ont pour mission de concrétiser les orientations stratégiques définies par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dont la vision vise à transformer l’espace atlantique africain en une zone de stabilité, de sécurité et de développement économique partagé.

    Un cadre institutionnel en pleine expansion

    Depuis son lancement à Rabat en juin 2022, le Processus des États Africains Atlantiques (PEAA) a connu des avancées majeures. Parmi les réalisations notables :

    • L’installation d’un Secrétariat permanent basé à Rabat, garantissant une coordination continue entre les États membres ;
    • La création de trois groupes thématiques dédiés à des enjeux spécifiques ;
    • L’adoption d’un programme d’action commun axé sur le dialogue politique, la sécurité maritime, l’économie bleue, la connectivité et la protection des écosystèmes marins.

    Les réunions précédentes, organisées à Rabat, New York et Praia, ont permis d’adopter des déclarations et plans d’action ambitieux. Ces textes visent à renforcer la coopération dans des domaines cruciaux :

    • La sécurité et la connectivité maritimes ;
    • La préservation des ressources halieutiques ;
    • La transition énergétique ;
    • Le développement durable.

    Cotonou, étape clé pour l’intégration atlantique africaine

    La réunion de Cotonou s’inscrit dans cette dynamique. Son objectif principal ? Renforcer la coordination entre les États membres afin de favoriser une intégration accrue de l’espace africain atlantique. Les discussions porteront sur des thématiques transversales, essentielles pour l’avenir du continent :

    • Le renforcement des infrastructures maritimes ;
    • La promotion du commerce intra-africain ;
    • La lutte contre les menaces sécuritaires ;
    • L’harmonisation des politiques environnementales.

    Ce sommet ministériel représente une opportunité unique pour les pays africains riverains de l’Atlantique de réaffirmer leur engagement en faveur d’un partenariat gagnant-gagnant, fondé sur le dialogue, la solidarité et l’innovation.