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  • Rabat renouvelle son engagement pour une issue politique en Libye

    Rabat renouvelle son engagement pour une issue politique en Libye

    Libye, Mohamed Arrouchi, crise libyenne

    Le Maroc a une nouvelle fois affirmé, mardi devant le Conseil de Paix et de sécurité de l’Union Africaine (CPS de l’UA), sa détermination à soutenir une résolution politique de la crise libyenne.

    Prenant la parole lors d’une session du CPS de l’UA consacrée à la Libye, l’ambassadeur Mohamed Arrouchi, représentant permanent du Royaume auprès de l’UA et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a redit l’appui du Maroc aux démarches de réconciliation nationale et aux discussions inter-libyennes. L’objectif est de consolider les avancées et de bâtir un large consensus entre les acteurs libyens.

    Il a également rappelé que l’Accord de Skhirat, conclu le 17 décembre 2015 sous l’égide de l’ONU, demeure une référence crédible pour aboutir à une paix durable. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye, conditions indispensables à une stabilité pérenne.

    Le diplomate a aussi tenu à saluer les efforts continus de l’Union Africaine, menés sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour promouvoir la paix et la sécurité sur le continent, en particulier ceux visant à dénouer la crise libyenne par le dialogue.

    M. Arrouchi a évoqué les réunions tenues à Tripoli et à Zenten, qui ont abouti le 7 janvier 2026 à la signature d’un accord entre des représentants du Gouvernement d’unité nationale et du gouvernement de l’Est libyen.

    L’ambassadeur a souligné le rôle constant du Maroc dans l’accompagnement du processus politique libyen, en rapprochant les positions des différentes parties, lesquelles font confiance au Royaume pour jouer ce rôle de médiateur.

    Ces initiatives respectent le droit international, les termes de l’Accord de Skhirat et les entendements de Bouznika, dans le but de favoriser une solution libyo-libyenne acceptée par tous. Le Maroc appelle à poursuivre les efforts vers un règlement politique, en écartant toute option militaire.

  • Franck Nguema prône une réforme de la CNAMGS pour des soins réels

    Franck Nguema prône une réforme de la CNAMGS pour des soins réels

    L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Franck Nguema, a exhorté à une transformation en profondeur de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Lors d’une conférence de presse tenue le 8 juin 2026 à Akanda, il a réagi aux discussions suscitées par le rapport 2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Selon lui, l’enjeu fondamental n’est pas de remettre en cause l’existence de la CNAMGS, mais de garantir aux assurés un accès effectif à des soins de qualité. Il a précisé que le rapport de l’OMS ne qualifie pas la CNAMGS de « fraude » ou d’« arnaque », mais souligne l’urgence d’une réforme du système.

    Pour l’ancien membre du gouvernement, le Gabon a réussi à instaurer une couverture médicale administrative importante, touchant près de 76 % de la population. Cependant, cette progression reste insuffisante si les bénéficiaires continuent à rencontrer des obstacles pour consulter un médecin, obtenir des médicaments, être hospitalisés ou recevoir une prise en charge dans des délais acceptables. Il estime que ce fossé entre la couverture annoncée et celle réellement vécue alimente les frustrations des assurés et érode la confiance dans le système de protection sociale.

    Pour des soins effectifs à la CNAMGS

    Franck Nguema suggère donc de compléter la logique d’extension de la couverture maladie par une « garantie nationale de couverture médicale effective ». La performance de la CNAMGS ne devrait plus être mesurée uniquement par le nombre d’assurés ou de cartes distribuées, mais aussi par des indicateurs concrets comme le taux d’accès aux soins, la disponibilité des médicaments, les délais de prise en charge ou la réduction du reste à charge pour les ménages.

    Selon lui, cette évolution représenterait un véritable changement de paradigme. En plaçant les résultats sanitaires au cœur de son action, la CNAMGS deviendrait un outil de performance et de lutte contre la pauvreté. L’ancien ministre invite les autorités à entreprendre une réforme ambitieuse pour transformer une couverture administrative en une couverture médicale réellement effective, au bénéfice de l’ensemble de la population gabonaise.

  • Le président béninois Romuald Wadagni poursuit sa diplomatie ouest-africaine au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau

    Le président béninois Romuald Wadagni poursuit sa diplomatie ouest-africaine au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau

    Le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a entamé une visite officielle de travail et d’amitié qui le conduit successivement au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau. Cette tournée marque une phase offensive dans la politique de bon voisinage et d’intégration économique menée par le chef de l’État béninois au sein de l’espace ouest-africain.

    Consolider les liens au sein de l’UEMOA

    Ces déplacements s’inscrivent dans le cadre d’une vaste initiative présidentielle visant les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). En rencontrant ses homologues à Dakar, Bamako et Bissau, Romuald Wadagni cherche à approfondir les relations avec des partenaires historiques partageant une même monnaie, le franc CFA, et une institution commune, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

    Les discussions avec les plus hautes autorités de ces trois pays portent sur plusieurs dossiers stratégiques :

    • Coopération économique et commerciale : stimuler les échanges bilatéraux et aligner les politiques de croissance face aux chocs macroéconomiques mondiaux.
    • Solidarité intercommunautaire : renforcer les liens humains et culturels entre les peuples de la sous-région pour une intégration qui dépasse le cadre institutionnel.
    • Sécurité régionale : échanger sur les défis transfrontaliers, enjeu essentiel pour la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest.

    Le choix du multilatéralisme

    Cette série de visites intervient après un début de mois de juin particulièrement actif sur le plan diplomatique, qui a déjà vu le chef de l’État se rendre au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire. En multipliant les rencontres directes avec ses pairs, M. Wadagni réaffirme la priorité de sa politique étrangère : faire du dialogue et du renforcement des institutions communautaires le levier principal de la prospérité et de la stabilité du Bénin et de ses partenaires africains.

  • Libye : le Maroc replace l’accord de Skhirat au centre des discussions à l’Union africaine

    Libye : le Maroc replace l’accord de Skhirat au centre des discussions à l’Union africaine

    Libye : le Maroc replace l’accord de Skhirat au centre des discussions à l’Union africaine

    Le mardi 9 juin 2026, devant le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS de l’UA), le Maroc a une nouvelle fois manifesté son attachement à une issue politique pour la Libye.

    Lors des échanges consacrés à la situation libyenne, l’ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès de l’UA et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Mohamed Arrouchi, a rappelé le soutien constant du Royaume aux processus de réconciliation et au dialogue interlibyen.

    Il a insisté sur le fait que l’accord de Skhirat, signé le 17 décembre 2015 sous l’égide onusienne, demeure une pierre angulaire pour parvenir à une solution durable. L’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye doivent être préservées, a-t-il souligné.

    L’ambassadeur a également salué les initiatives de l’Union africaine en faveur de la paix sur le continent, notamment celles qui visent à dénouer la crise libyenne par des moyens politiques. Il a évoqué les réunions tenues à Tripoli et à Zenten, qui ont abouti à un accord le 7 janvier 2026 dans la capitale libyenne entre des représentants du Gouvernement d’unité nationale et du gouvernement de l’Est.

    Mohamed Arrouchi a mis en avant le rôle de médiation du Maroc, qui s’efforce de rapprocher les parties libyennes. Ces démarches, a-t-il précisé, s’inscrivent dans le respect de la légalité internationale, des dispositions de l’accord de Skhirat et des entendements de Bouznika. Le Royaume a réaffirmé la nécessité de poursuivre la voie politique, excluant le recours à des solutions militaires.

  • Argent et politique au Maroc : enquête sur la transparence des mandats

    Argent et politique au Maroc : enquête sur la transparence des mandats

    L’évolution des pratiques politiques au Maroc interroge aujourd’hui l’éthique démocratique. Ce qui prenait autrefois la forme de soutiens financiers occultes aux campagnes électorales semble désormais emprunter un visage nouveau : des personnalités issues du monde des affaires, leurs proches ou leurs épouses, accèdent directement aux postes électifs. Cette tendance, observée par plusieurs analystes, remet en question les garde-fous en matière de conflits d’intérêts.

    Conflits d’intérêts : un risque identifié par les institutions

    Par définition, le conflit d’intérêts survient lorsqu’un élu possède un intérêt personnel, familial ou financier susceptible d’influencer ses décisions publiques. Au Maroc, plusieurs rapports institutionnels ont signalé des dysfonctionnements dans la gestion des marchés locaux. Certaines collectivités auraient attribué des contrats à des sociétés liées à des élus, parfois via des démissions de façade ou l’entremise de proches. Ces pratiques, lorsqu’elles sont avérées, constituent des violations de la loi.

    Tentative avortée de commission d’enquête parlementaire

    À la Chambre des conseillers, une initiative visant à créer une commission d’enquête sur l’attribution de certaines subventions agricoles n’a pas abouti. Selon des informations qui ont circulé, plusieurs conseillers se seraient opposés à cette mise en place, mais ces allégations ont fait l’objet de démentis. Aucun vote formel contre la création d’une commission d’enquête n’a eu lieu, et l’initiative n’a pas franchi les étapes procédurales requises. L’épisode a néanmoins alimenté des interrogations sur la transparence dans l’usage des fonds publics.

    Poursuites judiciaires à l’encontre d’élus

    Par ailleurs, plusieurs élus ont été poursuivis ou condamnés ces dernières années pour corruption ou détournement de fonds publics. Selon des données judiciaires rendues publiques, une trentaine de parlementaires seraient concernés, toutes tendances confondues. Des cas individuels, comme ceux de présidents de conseils communaux ou députés ayant écopé de peines de prison, ont marqué l’opinion. Ces affaires relèvent désormais de l’autorité judiciaire.

    Une réponse judiciaire en développement, mais perfectible

    Le parquet général a récemment annoncé l’interpellation de plusieurs centaines de personnes dans le cadre de la lutte contre la corruption, grâce notamment à des dispositifs de signalement direct. Cette mobilisation est saluée comme un signe de réveil des institutions. Toutefois, certains observateurs estiment que l’effort reste inégal, épargnant apparemment des dossiers sensibles (attributions foncières, grands marchés publics, biens habous). Ces critiques appellent à une plus grande cohérence dans l’application de la loi.

    Pistes de réforme pour restaurer la confiance

    Face à ces défis, plusieurs mesures sont régulièrement proposées par la société civile et des acteurs politiques :

    • Créer une instance indépendante de contrôle du financement électoral, avec plafonnement des dépenses et interdiction des dons anonymes ;
    • Rendre accessibles au public les déclarations de patrimoine des élus, avant et après mandat ;
    • Renforcer les sanctions contre les conflits d’intérêts dans les lois organiques des collectivités territoriales ;
    • Exiger des candidats issus du monde des affaires une déclaration préalable de leurs contrats avec l’État ;
    • Protéger les lanceurs d’alerte et créer des sections judiciaires spécialisées dans les infractions financières ;
    • Activer la saisie des avoirs issus de la corruption.

    Sur le fond, une réforme électorale et un renforcement des partis politiques comme cadres d’action publique sont également nécessaires pour réduire l’influence de l’argent.

    Conclusion : un défi pour les prochaines échéances

    À l’approche des scrutins de 2026 et 2027, la question de la confiance citoyenne est centrale. Si les perceptions de clientélisme ou d’impunité persistent, le risque d’abstention et de désenchantement démocratique est réel. Restaurer le lien de confiance entre gouvernants et gouvernés suppose une volonté politique claire, cohérente et visible – faute de quoi la corruption, même combattue ponctuellement, continuera d’éroder la légitimité des institutions.

    L’argent est un moyen nécessaire de la vie politique, non sa finalité. La réforme ne se décrète pas seulement par des lois : elle exige une redéfinition des rapports entre pouvoir économique et responsabilité publique. C’est à ce prix que la démocratie marocaine peut éviter que le soupçon ne se transforme en fatalité.

  • Diplomatie togolaise : faure gnassingbé reçoit deux émissaires onusiens pour la crise à l’est de la rdc

    Diplomatie togolaise : faure gnassingbé reçoit deux émissaires onusiens pour la crise à l’est de la rdc

    Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a accueilli ce lundi 8 juin 2026 à Lomé deux hauts responsables des Nations unies impliqués dans la gestion de la crise sévissant dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Il s’agit de James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, ainsi que Huang Xia, envoyé spécial pour la région des Grands Lacs. Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi semestriel de la médiation menée par l’Union africaine.

    Une rencontre au service de la médiation

    Les échanges ont principalement porté sur l’avancement des démarches diplomatiques en cours et le rôle des Nations unies dans l’appui à la médiation africaine. À Lomé, les acteurs ont examiné les efforts entrepris pour rapprocher les points de vue et préserver un espace de dialogue autour d’un dossier toujours complexe sur les plans sécuritaire et politique.

    Par ailleurs, la présence conjointe des émissaires onusiens et du médiateur désigné par l’Union africaine souligne une nécessité devenue évidente : la résolution de la crise dans l’Est de la RDC exige une meilleure coordination entre les acteurs africains et leurs partenaires internationaux. Dans ce schéma, Lomé cherche à s’affirmer comme un carrefour diplomatique clé.

    Le Togo mise sur son rôle croissant

    Au cours de l’entretien, les représentants de l’ONU ont salué l’implication du Togo en faveur de la paix et de la stabilité en Afrique. Ils ont également réitéré leur volonté d’accompagner les initiatives dirigées par Faure Gnassingbé en vue d’une solution durable et équilibrée à la crise.

    Cette posture confirme l’intérêt pour la méthode togolaise, qui repose sur des consultations régulières, une diplomatie discrète et la recherche de consensus entre les parties prenantes. Pour Lomé, l’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance en véritable levier d’influence sur le dossier des Grands Lacs.

    Une coordination indispensable

    Les consultations entre le médiateur africain et les Nations unies ne sont pas récentes, mais elles gagnent en importance dans un contexte marqué par la persistance des violences dans l’Est congolais. Les deux parties entendent ainsi maintenir une approche concertée pour éviter l’éparpillement des efforts de paix.

    Cette dynamique répond à un constat simple : multiplier les initiatives est insuffisant si elles ne sont pas alignées. En recevant ces émissaires onusiens, Faure Gnassingbé vise à renforcer une architecture diplomatique plus cohérente, capable d’unir les acteurs régionaux et internationaux autour d’un même objectif.

    Lomé, plateforme de dialogue

    Enfin, la rencontre de ce lundi confirme le positionnement de Lomé comme cadre de discussion sur la crise congolaise. Le Togo, qui accueille régulièrement des consultations liées à la médiation africaine, entend faire de cette visibilité un atout dans la recherche de solutions politiques aux conflits régionaux.

    Reste à savoir si cette coordination renforcée entre l’Union africaine et les Nations unies permettra des avancées concrètes. Dans une crise longue et complexe, la valeur d’une médiation se mesure à sa capacité à maintenir l’engagement des acteurs et à faire évoluer, même progressivement, les conditions d’un accord durable.

  • Crise en rdc : Faure Gnassingbé structure la médiation africaine à Lomé

    Crise en rdc : Faure Gnassingbé structure la médiation africaine à Lomé

    Ce lundi 8 juin 2026, Lomé a servi de cadre à une réunion de haut niveau sur la médiation africaine dans la crise qui touche l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs. Présidée par Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, cette rencontre a mis l’accent sur un point crucial : mieux coordonner les initiatives de paix encore éparpillées.

    Autour de la table, se sont retrouvés les facilitateurs nommés par l’Union africaine, ainsi que des représentants de l’ONU, de la CAE, de la CEEAC, de la SADC, de la CIRGL et du CICR. Cette diversité d’acteurs illustre la complexité d’un dossier où s’entremêlent cadres régionaux, mandats institutionnels et efforts diplomatiques parallèles.

    Une médiation en phase de structuration

    Cette réunion semestrielle s’inscrit dans le prolongement des échanges tenus à Lomé en janvier dernier. À l’époque, les participants avaient déjà travaillé sur la cohérence du dispositif de médiation et sur la nécessité de consolider le processus de paix.

    Présidence du Conseil

    Faure Gnassingbé a estimé que des progrès avaient été réalisés depuis, notamment dans l’organisation interne de l’architecture de médiation. Selon lui, l’enjeu n’est plus seulement de multiplier les initiatives, mais de les rendre plus lisibles, plus cohérentes et plus efficaces sur le terrain.

    Cette approche répond à une difficulté récurrente dans les crises prolongées : trop d’acteurs interviennent parfois sans coordination suffisante, ce qui affaiblit la portée des efforts diplomatiques. À Lomé, la priorité affichée a donc été de remettre de l’ordre dans le processus.

    Présidence du Conseil

    Le pari du dialogue africain

    Le médiateur de l’Union africaine a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa mission avec détermination, malgré les obstacles. Il a insisté sur la nécessité de maintenir la mobilisation collective en faveur de la stabilité dans l’Est congolais, où les violences et les tensions armées continuent de peser sur les populations civiles.

    En plaçant le dialogue inclusif au centre de sa démarche, Faure Gnassingbé défend une ligne diplomatique claire : privilégier des solutions africaines, portées par des mécanismes africains, tout en maintenant un lien avec les autres initiatives internationales. Cette position vise à éviter les doublons et à renforcer la crédibilité du processus.

    Les parties prenantes ont salué ce leadership, estimant qu’il contribue à restaurer la confiance entre les acteurs et à harmoniser les démarches engagées. Pour elles, la réussite de la médiation passe d’abord par une architecture claire, des responsabilités bien réparties et un suivi rigoureux des engagements.

    Présidence du Conseil

    Des décisions pour le second semestre

    La réunion de Lomé a abouti à plusieurs orientations concrètes. Les participants ont notamment décidé de renforcer la coordination entre le Bureau du Médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant.

    Ils ont aussi souligné l’importance de construire une contribution africaine plus structurée aux processus de Washington et de Doha. L’objectif est de permettre une meilleure appropriation de ces initiatives par les acteurs de la région et de faciliter leur mise en œuvre.

    Dans le même esprit, les États et les organisations impliqués ont été appelés à intensifier leur coopération, dans le respect des rôles définis par l’architecture adoptée à Lomé le 17 janvier 2026. Un plan d’action opérationnel doit désormais être finalisé dans un délai de quinze jours afin de traduire ces orientations en mesures concrètes.

    Présidence du Conseil

    Lomé comme point d’appui

    Au fond, cette réunion confirme le rôle croissant de Lomé comme plateforme diplomatique sur le dossier congolais. Le Togo s’impose progressivement comme un lieu de convergence pour les discussions liées à la paix dans les Grands Lacs.

    Reste à savoir si cette volonté de coordination produira des effets tangibles sur le terrain. Dans une crise aussi longue et mouvante, la valeur d’une médiation se mesure moins à ses annonces qu’à sa capacité à maintenir les acteurs autour d’une même table et à faire avancer, pas à pas, une feuille de route commune.

  • Gabon : vers un partenariat d’égal à égal avec l’Union européenne

    Gabon : vers un partenariat d’égal à égal avec l’Union européenne

    Libreville, mardi 9 juin 2026 – Le dialogue stratégique entre le Gabon et l’Union européenne, qui s’est tenu à Libreville, dépasse de loin le simple cadre d’une rencontre diplomatique annuelle.

    Dans le contexte de la Ve République issue de l’élection présidentielle d’avril 2025, cette session révèle une mutation profonde des relations entre Libreville et Bruxelles. Le Gabon ne veut plus être perçu comme un simple bénéficiaire de l’aide internationale. Il entend désormais s’imposer comme un partenaire économique, politique et environnemental à part entière.

    À travers les échanges menés au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba sous la houlette du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et de l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, une nouvelle philosophie de coopération semble voir le jour. Elle repose sur l’investissement, la création de valeur locale, le transfert de compétences et la reconnaissance du rôle stratégique du Gabon dans les équilibres régionaux et mondiaux.

    La Ve République à l’épreuve du regard européen

    La deuxième session du dialogue politique Gabon–Union européenne était très attendue. Elle constituait la première grande évaluation internationale du nouveau cycle institutionnel ouvert après la transition politique et l’élection présidentielle de 2025.

    Les questions liées aux réformes politiques et à la gouvernance ont naturellement occupé une place centrale. Le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, a détaillé les fondements de la nouvelle Constitution, présentée comme un texte visant à renforcer l’unité nationale, la participation citoyenne et le développement durable.

    Le gouvernement gabonais a notamment mis en avant la reconnaissance institutionnelle des peuples autochtones ainsi que l’intégration de la diaspora au sein des institutions. Selon les autorités, ces évolutions traduisent la volonté de bâtir un cadre institutionnel plus inclusif et plus représentatif des réalités contemporaines du pays.

    Les élections de 2025 ont également été examinées. Libreville défend le bilan d’un processus électoral qualifié de libre, crédible et apaisé, marqué, selon les chiffres officiels, par une participation supérieure à 70 %. Pour les autorités gabonaises, cette mobilisation témoigne de l’adhésion populaire au nouvel ordre institutionnel.

    Derrière ces discussions se joue un enjeu majeur : consolider la crédibilité démocratique du Gabon auprès de ses partenaires internationaux afin de sécuriser les investissements et renforcer son attractivité économique.

    De l’aide au co-investissement

    Le message le plus fort adressé à Bruxelles est toutefois venu d’Hermann Immongault. Le vice-président du gouvernement a clairement plaidé pour un changement de paradigme dans les relations entre le Gabon et l’Union européenne.

    Selon lui, le temps est venu de passer d’une logique principalement fondée sur l’aide et l’accompagnement à un partenariat économique structurant reposant sur l’investissement productif, la création de richesse locale et le développement du capital humain.

    Cette orientation s’inscrit pleinement dans l’esprit de l’Accord de Samoa, nouveau cadre régissant les relations entre l’Union européenne et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

    Pour Libreville, l’objectif est clair : attirer davantage de capitaux européens dans les secteurs stratégiques tels que l’industrie, les infrastructures, la transformation locale des ressources naturelles, les énergies renouvelables, le numérique et la formation.

    Cette évolution correspond également aux ambitions économiques affichées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema : diversifier l’économie, réduire la dépendance aux matières premières exportées sous forme brute et accélérer l’industrialisation du pays.

    La réponse européenne semble aller dans le même sens. Cécile Abadie a évoqué la nécessité d’adapter les outils de coopération afin de construire un partenariat renouvelé davantage orienté vers les résultats économiques concrets et les intérêts mutuels.

    La diplomatie verte du Gabon

    L’autre grand sujet de cette rencontre concerne l’environnement. Le Gabon possède près de 88 % de couverture forestière et abrite une part essentielle du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie.

    Pour les autorités gabonaises, cette contribution à la stabilité climatique mondiale mérite désormais une reconnaissance financière plus importante.

    Hermann Immongault a rappelé que la protection de ces écosystèmes représente un effort considérable pour les pays forestiers. Libreville plaide ainsi pour le renforcement des mécanismes internationaux de financement de la transition écologique afin de concilier préservation des ressources naturelles et développement économique.

    Cette revendication trouve un écho croissant dans les débats internationaux sur le climat. Alors que les grandes puissances multiplient les engagements environnementaux, les pays qui assurent concrètement la préservation des grands massifs forestiers réclament une rémunération plus juste des services écologiques qu’ils rendent à la planète.

    Au-delà des questions environnementales, les discussions ont également porté sur la coopération régionale, la stabilité en Afrique centrale, le rôle de la CEEAC, la sécurité du Golfe de Guinée et le renforcement du multilatéralisme.

    Le dialogue de Libreville révèle finalement une réalité nouvelle. Le Gabon cherche désormais à redéfinir sa place dans l’ordre international. Plus stable institutionnellement, plus affirmé diplomatiquement et plus ambitieux économiquement, il entend construire avec l’Union européenne une relation moins asymétrique et davantage fondée sur la réciprocité.

    Pour Bruxelles comme pour Libreville, l’enjeu dépasse la seule coopération bilatérale. Il s’agit de bâtir un modèle de partenariat capable de répondre simultanément aux défis de la croissance, de la transition écologique et de la stabilité régionale. C’est sur cette capacité à conjuguer souveraineté nationale et coopération internationale que se jouera l’avenir des relations entre le Gabon et l’Union européenne dans les années à venir.

  • Mali : le pari controversé des primes aux têtes jihadistes

    Mali : le pari controversé des primes aux têtes jihadistes

    Les autorités de transition maliennes ont mis en place un système de récompenses pouvant atteindre deux milliards de francs CFA pour la capture ou la neutralisation de plusieurs figures du jihadisme et du Front de libération de l’Azawad. Cette initiative a provoqué une onde de choc dans les sphères politique et médiatique du pays.

  • Le Maroc intègre des drones Bayraktar Akıncı à sa flotte aérienne

    Le Maroc intègre des drones Bayraktar Akıncı à sa flotte aérienne

    Les Forces Armées Royales marocaines viennent d’intégrer à leur arsenal les drones turcs Bayraktar Akıncı, une avancée significative confirmée par des images satellite de la sixième base aérienne de Ben Guerir. Ces appareils de haute technologie, issus des chaînes de production de Baykar, ont été réceptionnés au début de l’année précédente et sont désormais opérationnels sur cette base.

    Sur place, ils évoluent aux côtés des drones Bayraktar TB2, déjà en service depuis quelque temps, renforçant ainsi la capacité de surveillance et de dissuasion du royaume. Cette acquisition s’inscrit dans une stratégie de modernisation continue des équipements de défense marocains.

  • Médiation de l’UA en RDC : Faure Gnassingbé réaffirme son engagement pour la paix

    Médiation de l’UA en RDC : Faure Gnassingbé réaffirme son engagement pour la paix

    Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo et médiateur désigné par l’Union africaine (UA) pour la crise qui sévit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) et la région des Grands Lacs, a conduit ce lundi à Lomé une rencontre de haut niveau. Cette réunion portait sur le bilan semestriel des actions de la médiation africaine.

    Y ont pris part les facilitateurs de l’UA, ainsi que des représentants des partenaires internationaux tels que l’ONU et le CICR, et des organisations régionales comme la CAE, la CEAC, la SADC et la CIRGL.

    Le médiateur s’est félicité des progrès enregistrés dans l’organisation de la médiation africaine, notamment depuis la précédente réunion de Lomé, qui visait à renforcer la cohérence et à consolider le processus de paix en RDC et dans les zones voisines.

    « Depuis janvier, nous avons accompli un pas décisif en organisant plus clairement la structure de la médiation africaine », a affirmé Faure Gnassingbé. « Je suis persuadé que cette réunion représente un progrès notable pour renforcer notre action commune et trouver des réponses pérennes à cette crise. »

    Cependant, le médiateur a aussi insisté sur la poursuite des efforts pour améliorer la cohérence et la coordination entre les multiples mécanismes de médiation impliqués dans le processus de paix dans cette partie du continent.

    Gnassingbé a réitéré sa volonté de mener à bien la mission confiée par l’UA et a lancé un appel à la poursuite de la mobilisation collective pour la stabilité en RDC.

    « Nous continuerons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Malgré les obstacles, nous voyons aussi beaucoup de bonnes volontés désireuses de nous soutenir dans cette quête de paix », a-t-il ajouté.

    Afin de prolonger la dynamique impulsée par le médiateur, la réunion a validé plusieurs mesures pour optimiser la médiation, dont l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour la deuxième moitié de 2026, et la préparation d’ici quinze jours d’un plan d’action opérationnel détaillant la mise en œuvre des décisions prises.

    Les participants, renouvelant leur engagement collectif, se sont engagés à exécuter ces mesures avec « diligence et cohérence ».

  • Gabon : le port de Kobe-Kobe, symbole d’une nouvelle ambition industrielle

    Gabon : le port de Kobe-Kobe, symbole d’une nouvelle ambition industrielle

    Les diplomates autour du chef de l'État gabonais à Kobe-Kobe

    Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement lancé les travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe, sur la façade atlantique du Gabon. Peu après, il a réuni à Nyonie un cercle stratégique composé des ambassadeurs et représentants des grandes puissances impliquées dans le projet. Cette rencontre diplomatique a marqué le début d’une nouvelle ère pour le pays : celle de la transformation en plateforme industrielle, logistique et minière de premier plan en Afrique centrale.

    Un nouveau modèle économique pour le Gabon

    Le chef de l’État a clairement fait comprendre aux partenaires internationaux que Kobe-Kobe n’est pas qu’une simple infrastructure portuaire. C’est la base d’un nouveau modèle économique destiné à préparer l’après-pétrole, à renforcer la souveraineté économique et à repositionner le Gabon dans les chaînes de valeur mondiales.

    Le projet s’appuie sur le gisement de fer de Belinga, l’un des plus importants du continent africain avec environ 7,5 milliards de tonnes de réserves et une teneur exceptionnelle de près de 65 %. Pendant des décennies, l’économie extractive africaine a consisté à extraire et exporter les matières premières brutes. L’ambition du président gabonais est de rompre avec cette logique.

    Le futur complexe intégré comprendra la mine de Belinga, une ligne ferroviaire électrique de plus de 500 kilomètres, un port en eau profonde capable d’accueillir les plus grands navires, et des infrastructures énergétiques pour alimenter l’ensemble. Cette intégration verticale vise à conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire et à faire émerger une industrie sidérurgique gabonaise.

    La diplomatie des partenariats multiples

    Devant les diplomates réunis à Kobe-Kobe, Brice Clotaire Oligui Nguema a exposé un pilier de sa stratégie internationale : la diversification des partenariats. Il a insisté sur le fait que l’avenir du Gabon ne peut reposer sur un seul partenaire ou une seule zone d’influence, mais sur une coopération ouverte avec plusieurs puissances économiques.

    Cette approche se concrétise dans le consortium international du projet : la Chine intervient sur les infrastructures ferroviaires et minières, la France via des opérateurs logistiques, et l’Italie, l’Inde, les États-Unis et l’Australie apportent leurs expertises industrielles, financières, énergétiques ou commerciales. Cette architecture permet de sécuriser financements et technologies tout en préservant l’autonomie de décision du Gabon.

    Les ambassadeurs de France, Fabrice Mauriès, et de Chine, Zhou Ping, ont salué cette approche équilibrée, porteuse de nouvelles opportunités de coopération. Leur soutien public reflète l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le Gabon depuis l’instauration de la Vème République.

    Un pari industriel pour l’Afrique centrale

    Au-delà des infrastructures, Kobe-Kobe représente un pari économique de grande ampleur. Les projections gouvernementales évoquent plus de 100 000 emplois directs et indirects à terme, l’émergence d’un vaste tissu de sous-traitance nationale et un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie : transport, énergie, logistique, métallurgie, services, ingénierie, formation professionnelle, construction et maintenance industrielle.

    L’impact géopolitique est tout aussi significatif. Avec son futur port en eau profonde, le Gabon pourrait devenir l’une des principales portes d’entrée maritimes d’Afrique centrale, dans un contexte de compétition régionale entre plateformes logistiques.

    En invitant les diplomates à relayer cette vision auprès de leurs gouvernements et institutions financières, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à élargir le cercle des investisseurs. Kobe-Kobe est bien plus qu’un chantier : c’est le symbole d’une stratégie nationale visant à transformer les ressources naturelles en levier d’industrialisation, à attirer des capitaux internationaux tout en consolidant la souveraineté économique du pays. Si ces objectifs sont atteints, le Gabon pourrait, d’ici la prochaine décennie, passer du statut d’exportateur de matières premières à celui d’acteur industriel majeur en Afrique centrale. L’entretien avec les partenaires internationaux juste après le lancement des travaux montre que la bataille du développement se joue désormais à l’échelle mondiale.