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  • La Côte d’Ivoire instaure une taxe carbone pour financer sa transition énergétique

    La Côte d’Ivoire instaure une taxe carbone pour financer sa transition énergétique

    Depuis le retour à la stabilité politique en 2011, la Côte d’Ivoire figure parmi les économies africaines les plus dynamiques. Le gouvernement veut désormais rendre cette croissance plus inclusive et respectueuse de l’environnement. Dans cette optique, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a dévoilé le 28 mai 2026 une « stratégie nationale de taxation des émissions de carbone ».

    Émissions en hausse mais intensité carbone en baisse

    Sous l’effet de la croissance, les émissions de gaz à effet de serre de la Côte d’Ivoire ont plus que doublé entre 2011 et 2024, passant de 9 à 18,8 millions de tonnes. Cette augmentation est notamment due à la dépendance aux énergies fossiles, à l’essor des transports, à l’industrialisation et aux activités agricoles, a précisé Adama Coulibaly. Sur la même période, le PIB a progressé plus vite, passant de 35 à près de 87 milliards de dollars. L’intensité carbone de l’économie ivoirienne a donc diminué, signe que le pays s’engage déjà dans la transition énergétique. Les émissions par habitant restent faibles à l’échelle mondiale : 0,65 tonne par an, contre environ 5 tonnes en France, 8 tonnes en Chine et plus de 13 tonnes aux États-Unis.

    Pourquoi Abidjan veut accélérer la décarbonation

    Le gouvernement estime que la Côte d’Ivoire doit contribuer à l’effort climatique mondial. Hausse des températures, perturbation des régimes pluviométriques, multiplication des aléas environnementaux : les conséquences du changement climatique affectent déjà de nombreux secteurs, notamment l’agriculture, qui emploie près de la moitié de la population. Le pays s’est donc fixé l’objectif ambitieux de réduire significativement son empreinte carbone d’ici 2035 tout en maintenant une croissance supérieure à 7 % par an. Dans sa troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN), publiée en 2025, la Côte d’Ivoire prévoit une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 33 % avec ses propres moyens, et jusqu’à 74 % avec des financements et un soutien international.

    Comment la taxe carbone sera déployée

    La taxe carbone accompagnera cette trajectoire de décarbonation. Elle sera mise en œuvre en trois phases. Entre 2026 et 2027, le gouvernement adoptera le cadre juridique et technique, avant une entrée en vigueur à un taux modéré en 2028-2029. Le niveau sera ensuite relevé progressivement jusqu’en 2035, avant une phase d’évaluation et d’ajustement. Cette future taxe visera principalement la consommation d’énergies fossiles, à l’exception du gaz butane. En renchérissant le coût de ces combustibles, elle doit encourager à réduire leur usage. Selon les estimations gouvernementales, un taux de 50 euros par tonne de CO₂ permettrait de diminuer les émissions nationales de 1,2 million de tonnes, soit 6 % de leur niveau de 2024.

    Le gouvernement reconnaît que cette mesure pourrait avoir des effets économiques négatifs à court terme. Le ministère estime que la taxe pourrait provoquer une hausse du prix des carburants et peser sur la croissance dans les premières années de mise en œuvre.

    Au service de la transition, de l’emploi et des plus modestes

    Les recettes de la taxe doivent atténuer ces effets négatifs, notamment en accélérant la décarbonation des usages. Elles financeront en priorité l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire. Une partie des fonds subventionnera l’achat de cuisinières électriques ou à gaz, afin de réduire le recours au charbon de bois. La taxe soutiendra également l’essor des véhicules électriques grâce à des avantages fiscaux, des exonérations ciblées et le déploiement d’infrastructures de recharge. Le gouvernement entend aussi limiter l’impact de la réforme sur les ménages les plus précaires. Une partie de ces recettes sera reversée directement aux plus modestes. Ces revenus financeront également la création d’emplois verts et des programmes de reconversion pour les secteurs affectés par la transition écologique. La taxe carbone s’inscrit ainsi dans la priorité affichée du Plan national de développement (PND) 2026-2030 : concilier croissance économique, justice sociale et protection de l’environnement.

  • Harmattan AI : le Maroc mise sur l’intelligence artificielle pour neutraliser les drones ennemis

    Harmattan AI : le Maroc mise sur l’intelligence artificielle pour neutraliser les drones ennemis

    La guerre moderne ne se conçoit plus sans drones, et les récents affrontements internationaux ont prouvé que les systèmes de défense classiques deviennent obsolètes. C’est pourquoi le Maroc a choisi d’agir rapidement.

    Le royaume chérifien vient de signer un accord stratégique avec la start-up française Harmattan AI pour sécuriser son espace aérien. Cette initiative va bien au-delà d’un simple achat d’armement : Rabat veut acquérir une indépendance technologique totale.

    Le projet prévoit l’implantation d’usines sur le sol marocain, la création d’un centre de développement militaire dédié et la formation de chercheurs locaux via des partenariats avec les universités du pays.

    Une technologie d’interception pour défendre le ciel marocain

    L’accord initial porte sur l’interception aérienne à basse altitude afin de contrer les attaques de drones, ce qui correspond militairement à la défense aérienne de très courte portée (VSHORAD). Harmattan AI livrera deux systèmes clés opérant sous une plateforme de contrôle tactique unifiée :

    • Système Gobi : Conçu pour traquer les petits drones. C’est une plateforme ultrarapide où l’intercepteur ne nécessite aucun temps de préparation après la détection de la menace, capable de neutraliser la cible en moins d’une minute, avec des vitesses de 350 km/h.
    • Gobi Tempest : Dédié aux menaces plus lourdes. Cet intercepteur autonome fonctionne par tous les temps, embarque une charge explosive de 800 grammes et a une portée opérationnelle de 12 kilomètres.

    L’intelligence artificielle au cœur du combat

    Au-delà des intercepteurs, le véritable cœur technologique d’Harmattan AI repose sur un écosystème interconnecté de logiciels et de matériels conçu pour fonctionner de manière autonome, même si l’ennemi coupe les communications ou le signal GPS.

    Le cerveau de ce réseau est Kalahari, un système central de commandement et de contrôle qui utilise l’intelligence artificielle pour fusionner en temps réel les données des satellites, des radars et des drones. Ce logiciel classifie automatiquement les menaces et propose la meilleure stratégie de riposte, réduisant considérablement la charge de travail des soldats.

    Les yeux de cette structure sont le système Sahara, un capteur radar à ouverture synthétique (SAR) embarqué sur des drones de reconnaissance. Son IA traite les images localement pour détecter des changements millimétriques sur le terrain – comme des véhicules camouflés, des tranchées ou des mines – avec l’avantage de voir à travers les nuages, le brouillard ou les tempêtes de sable.

    Enfin, le poing de cet écosystème est Barkhan, une gamme de drones d’attaque de précision ou de munitions rôdeuses. L’IA embarquée leur permet un guidage terminal autonome : si l’ennemi déploie des moyens de guerre électronique et interrompt le signal radio, le drone utilise la vision par ordinateur pour poursuivre sa cible et verrouiller l’impact lui-même, tout en pouvant coordonner des attaques en essaim de manière intelligente.

    Le facteur humain : Bien que l’ensemble s’appuie sur l’intelligence artificielle pour se coordonner, traiter les données et voler de façon autonome, l’architecture maintient rigoureusement l’opérateur humain dans la boucle (« human-in-the-loop ») pour la décision finale de tir, évitant ainsi les dommages collatéraux.

    Une entreprise à la croissance fulgurante

    Bien que le nom d’Harmattan AI ne soit pas encore très connu du grand public, sa progression dans le secteur est météorique. Créée en avril 2024, la société a levé 200 millions de dollars lors d’un tour de table mené par le géant de l’aéronautique Dassault Aviation, portant sa valorisation à plus de 1,4 milliard de dollars.

    Son implantation en Afrique du Nord a une forte identité locale, puisque le propriétaire et cofondateur de la firme est l’entrepreneur d’origine marocaine Mouad M’Ghari.

    Le déploiement de sa technologie au Maroc intervient après la signature de contrats majeurs avec les forces armées françaises et britanniques (notamment via le ministère de la Défense britannique). Avec cette étape, les Forces Armées Royales du Maroc sécurisent non seulement leurs frontières face à la prolifération des drones dans la région, mais posent aussi la première pierre de leur propre industrie technologique de défense.

  • Patrimoine génétique : l’UNESCO salue l’INRA à Rabat

    Patrimoine génétique : l’UNESCO salue l’INRA à Rabat

    Le Bureau régional de l’UNESCO pour le Maghreb a rendu hommage à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) du Maroc pour son leadership scientifique dans la préservation du patrimoine génétique et de la biodiversité. Cette déclaration a été faite lundi à Rabat par Charaf Ahmimed, directeur du bureau régional.

    L’INRA s’impose comme un acteur clé dans la conservation des ressources génétiques du pays, un enjeu fondamental pour la recherche agronomique et la protection des écosystèmes marocains. L’UNESCO souligne ainsi l’importance de ces travaux pour les générations futures.

  • Gennaro Gattuso nommé entraîneur de la Lazio

    Gennaro Gattuso nommé entraîneur de la Lazio

    La Lazio a officialisé l’arrivée de Gennaro Gattuso sur son banc. L’ancien milieu de terrain, qui a manqué de peu la qualification de l’Italie pour la Coupe du monde 2026, fait son retour en Serie A.

    Gattuso avait déjà dirigé Naples de 2019 à 2021. Ce nouveau défi avec le club romain marque une nouvelle étape dans la carrière de l’entraîneur italien.

  • Décès de ‘maman kamto’, figure militante du mrc au Cameroun

    Décès de ‘maman kamto’, figure militante du mrc au Cameroun

    D’après des proches, elle a succombé ce lundi 22 juin 2026 à un accident vasculaire cérébral (AVC), le troisième en quelques mois.

    Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est en deuil. Une de ses militantes les plus emblématiques, connue sous le surnom affectueux de « Maman Kamto », est décédée. C’est lors d’une manifestation devant le siège du parti à Grand Moulin, à Douala, qu’elle avait été révélée au grand jour en 2025. Ce jour-là, Maurice Kamto, de retour d’une tournée européenne, avait été empêché par les forces de l’ordre d’accéder à la représentation régionale de son parti.

    Les militants rassemblés avaient alors exprimé leur colère. « Maman Kamto », un rameau de paix à la main, s’était dressée face aux policiers, incarnant la résistance. Elle était également connue pour ses visites régulières aux prisonniers politiques arrêtés lors de la crise post-électorale. Un hommage lui sera rendu dans les prochains jours.

  • Cédeao : la réforme constitutionnelle du Togo jugée illégitime

    Cédeao : la réforme constitutionnelle du Togo jugée illégitime

    Les autorités togolaises subissent un revers juridique sans précédent à l’échelle régionale. La Cour de justice de la CEDEAO a rendu une décision claire : la révision constitutionnelle adoptée en mars 2024 a été menée en totale contradiction avec les principes démocratiques et les règles constitutionnelles en vigueur.

    Cette sentence représente une défaite cuisante pour le gouvernement de Lomé, qui avait jusqu’alors cherché à légitimer cette réforme en la présentant comme un processus conforme aux normes républicaines. Or, la position adoptée par les magistrats ouest-africains vient saper la crédibilité d’un texte déjà largement contesté depuis son entrée en vigueur.

    L’initiative de ce recours émane du Front « Touche Pas À Ma Constitution », soutenu par des organisations citoyennes et des forces politiques attachées aux valeurs démocratiques. Leurs représentants avaient saisi la juridiction communautaire pour dénoncer une modification constitutionnelle imposée sans consultation préalable et davantage conçue pour renforcer le contrôle des institutions que pour servir l’intérêt général.

    Selon les requérants, cette décision de justice confirme l’exclusion délibérée de la volonté populaire au profit d’une manœuvre politique visant à pérenniser l’influence d’un pouvoir en place depuis des décennies. Ils rappellent que les citoyens togolais subissent, depuis plusieurs années, un resserrement des libertés publiques et une aggravation des tensions liées aux dérives institutionnelles.

    Ce jugement relance par ailleurs une réflexion sur le devenir des institutions du pays. Plusieurs associations de la société civile exigent désormais l’arrêt immédiat de la mise en œuvre de cette réforme et réclament l’ouverture d’un dialogue politique inclusif, seul susceptible de rétablir un climat de confiance entre les gouvernants et la population.

    Cette affaire dépasse le simple cadre juridique pour révéler les tensions structurelles qui traversent le Togo. Elle souligne également les critiques récurrentes envers un système politique marqué, depuis près de six décennies, par la domination d’une même famille. Pour de nombreux analystes, seule une refonte des institutions, fondée sur le respect de l’État de droit et la primauté de la souveraineté nationale, permettra de consolider durablement la stabilité et la légitimité des pouvoirs publics.

  • Niger : l’insécurité persiste malgré l’alliance avec la Russie

    Niger : l’insécurité persiste malgré l’alliance avec la Russie

    Trois ans après avoir opéré un virage stratégique en se rapprochant militairement de la Russie, le Niger peine toujours à contenir l’escalade des violences jihadistes. Initialement présentée comme une solution pour restaurer la sécurité nationale, cette alliance n’a pas permis de freiner l’intensification des attaques ciblant les forces de défense et de sécurité.

    Les récentes offensives coordonnées contre plusieurs positions militaires ont révélé l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le pays est confronté. Des sources internes confirment qu’au moins 265 soldats nigériens ont péri en seulement trois jours, un bilan parmi les plus lourds jamais enregistrés dans l’histoire récente du pays.

    L’entrée en scène d’instructeurs russes et le retrait progressif des partenaires occidentaux n’ont pas suffi à inverser la tendance. Au contraire, les observateurs notent une aggravation significative de la situation sécuritaire depuis 2023. Les données compilées par le projet ACLED révèlent une année 2023 marquée par 225 attaques, un chiffre comparable à celui de 2022, mais accompagné d’une hausse alarmante de 27 % du nombre de victimes.

    Les perspectives se sont encore assombries ces derniers mois. Selon le rapport 2026 d’ACAPS, les violences contre les populations civiles ont atteint un pic historique en 2025, avec plus de 700 décès enregistrés, soit un doublement des pertes humaines par rapport à 2023.

    Les régions de Tillabéri, Tahoua ainsi que les zones frontalières partagées avec le Mali et le Burkina Faso restent sous la menace constante d’insurrections perpétrées par des factions liées à l’État islamique et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Plusieurs opérations d’envergure ont marqué cette période sombre : plus de 60 militaires tués à Tabatol en octobre 2023, 23 soldats tombés dans une embuscade à Tillabéri en mars 2024, ainsi que des attaques répétées contre des convois, des localités et des infrastructures militaires.

    Ces événements soulèvent des interrogations légitimes quant à l’efficacité réelle du nouveau partenariat sécuritaire adopté par le Niger. Malgré les engagements des autorités militaires à « reconquérir le territoire », la menace jihadiste persiste avec une intensité accrue, mettant à l’épreuve les capacités opérationnelles des forces nigériennes.

  • Après dix ans d’absence, Shell scelle son retour au Gabon

    Après dix ans d’absence, Shell scelle son retour au Gabon

    Dix ans après avoir cédé ses actifs terrestres et quitté le pays, la major britannique Shell s’apprête à revenir au Gabon. Un accord stratégique vient d’être signé avec les autorités, ouvrant une nouvelle page pour le secteur pétrolier national.

    Ce protocole d’accord (MoU) a été paraphé par Thomas Praeger, responsable de l’exploration et des nouvelles opportunités chez Shell, et Clotaire Kondja, ministre du Pétrole. L’objectif est de relancer la prospection dans un bassin sédimentaire riche mais encore mal connu.

    Un vaste potentiel offshore à explorer

    L’accord ne prévoit pas une reprise immédiate de la production. Il met en place une phase d’évaluation approfondie du potentiel en hydrocarbures de plusieurs blocs offshore. Les eaux gabonaises renferment des ressources considérables, notamment dans les zones maritimes profondes.

    Pour Shell, ce retour s’inscrit dans une stratégie de renouvellement de ses réserves à court et moyen terme avec des actifs de grande qualité. De son côté, Libreville mise sur l’expertise technique et la puissance financière de la major pour redynamiser un secteur extractif qui reste le poumon de l’économie, malgré les efforts de diversification.

    Le bassin gabonais attire de nouveau les géants pétroliers

    En revenant au Gabon, Shell rejoint un cercle dynamique d’acteurs de premier plan. Le pays d’Afrique centrale réussit à séduire à nouveau les supermajors mondiaux, à l’image d’ExxonMobil et de BP, également attirés par le potentiel sous-marin gabonais. Cette convergence d’intérêts montre que, malgré les évolutions du marché et la transition énergétique, le sous-sol gabonais conserve une compétitivité indéniable.

    Pour le gouvernement, l’enjeu est de transformer ces accords d’évaluation en contrats de partage de production fermes. Si les données sismiques s’avèrent positives, le Gabon pourrait connaître un second souffle pétrolier indispensable pour renforcer sa position dans le golfe de Guinée.

  • Le Maroc renforce son poids à l’Union africaine avec neuf postes stratégiques

    Le Maroc renforce son poids à l’Union africaine avec neuf postes stratégiques

    Le Maroc a décroché neuf postes de responsabilité au sein des institutions de l’Union africaine, se positionnant comme le premier bénéficiaire du groupe régional nord-africain. Cette attribution marque une nouvelle avancée dans l’influence croissante du royaume au sein de l’organisation panafricaine.

    Depuis son retour dans l’UA en 2017, Rabat multiplie les initiatives pour accroître son rôle sur le continent. Ces nominations sont le fruit d’une stratégie diplomatique soutenue qui a convaincu les États membres de la fiabilité de l’engagement marocain.

    Le Maroc hérite de responsabilités dans des organes clés : gouvernance, réforme institutionnelle, migrations, affaires juridiques, développement économique et politique environnementale. Parmi ces postes, le royaume occupe la vice-présidence du comité ministériel chargé de coordonner les candidatures africaines aux organisations internationales, lui donnant un poids accru dans la représentation du continent sur la scène mondiale.

    Rabat obtient également la vice-présidence du bureau supervisant les contributions des États membres et le calcul des quotes-parts, le plaçant au cœur des discussions financières de l’Union. Sur le plan technique, le Maroc intègre les comités de la justice et des affaires juridiques, ainsi que celui du développement économique, du tourisme, du commerce, de l’industrie et des ressources minérales.

    Au sein du Comité des représentants permanents (COREP), le royaume est nommé vice-président de la sous-commission des réformes institutionnelles et prend la présidence de celle des affaires environnementales. Il siège aussi à la sous-commission des droits de l’homme, de la démocratie et de la gouvernance. Le Maroc est également choisi pour siéger au conseil d’administration du Centre continental des migrations, avec des experts marocains participant directement aux travaux.

    La migration devient ainsi un axe majeur de l’engagement marocain. Les dirigeants africains saluent la vision du roi Mohammed VI, qui promeut une stratégie basée sur la solidarité, la responsabilité partagée et des solutions de développement plutôt que sécuritaires.

    Ces nominations interviennent alors que le Maroc intensifie sa participation aux grandes initiatives continentales, notamment la Zone de libre-échange continentale africaine, les projets de connectivité régionale et les programmes d’intégration économique. Les observateurs soulignent que ces résultats reflètent des années d’efforts diplomatiques, avec des partenariats économiques et politiques élargis dans des domaines comme l’investissement, les infrastructures, la sécurité alimentaire, la coopération énergétique et la diplomatie religieuse.

    Pour le Maroc, ces neuf postes ne sont pas une simple présence symbolique. Ils placent le royaume dans plusieurs des instances décisionnelles les plus influentes de l’UA, lui permettant de participer directement à la définition des priorités et de l’orientation future de l’organisation. Ce succès confirme que le retour du Maroc au sein de l’Union africaine s’est transformé en une stratégie d’influence institutionnelle, Rabat s’imposant comme un acteur diplomatique et économique majeur et un pont entre l’Afrique et ses partenaires internationaux.

  • Gabon : le vrai test de la lutte anticorruption

    Gabon : le vrai test de la lutte anticorruption

    Quel est le niveau réel de corruption au Gabon ?

    Du 29 juin au 1er juillet 2026, Libreville accueillera une mission d’experts internationaux envoyés par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Leur objectif : évaluer les dispositifs que le Gabon a mis en place pour prévenir la corruption et récupérer les avoirs illicites, dans le cadre du deuxième cycle d’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC).

    Cet événement pourrait passer inaperçu dans l’actualité, ce qui serait une grave erreur. La lutte contre la corruption est un cheval de bataille essentiel, et cette évaluation représente une opportunité pour les citoyens de se pencher sur cette question cruciale.

    Ce qu’est réellement le 2e cycle CNUCC

    Ratifiée par le Gabon en 2007, la CNUCC impose des engagements concrets en matière de transparence, de contrôle des institutions, de protection des lanceurs d’alerte et de recouvrement des avoirs détournés. Le mécanisme d’examen par les pairs, mené avec le Tchad et la Libye, évalue la mise en œuvre de ces obligations et formule des recommandations.

    Après un premier cycle (2010-2015) axé sur l’incrimination et la coopération judiciaire, le deuxième cycle porte sur deux enjeux majeurs : la prévention de la corruption et la récupération des biens mal acquis.

    Quelles actions concrètes ont été mises en œuvre dans ce domaine ?

    Moins d’un an après le Coup de la libération du 30 août 2023, l’organe censé lutter contre la corruption semblait quasiment inutile. Aujourd’hui encore, les Gabonais questionnent sa raison d’être. Quels avoirs ont été recouvrés ? Quelles personnes ont été poursuivies ? Beaucoup se demandent si la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI) n’est pas un organe inutile.

    Le 11 juillet 2025, un atelier de vulgarisation du code éthique s’est tenu à Libreville, réunissant institutions et partenaires pour renforcer l’intégrité publique. Où en est ce code ? Est-il effectif dans les administrations ?

    Le 27 février 2026, deux nouveaux rapporteurs de la CNLCEI ont prêté serment devant la Cour de cassation de Libreville, conformément aux exigences de la loi. Preuve que l’institution fonctionne et se renouvelle, mais leurs actions restent invisibles et les résultats se font attendre.

    Enfin, le 13 mai 2026, la CNLCEI, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a tenu des assises sur la « bonne gouvernance, le partage de bonnes pratiques et le renforcement institutionnel ». Une initiative qui témoigne d’une volonté de formation et d’ancrage dans les standards internationaux. Cependant, la bonne gouvernance ne se mesure pas au nombre d’ateliers, mais à la réduction effective de la corruption, à la sanction des abus et à la confiance des citoyens.

    Soyons justes, mais lucides.

    Depuis la transition, la CNLCEI a vu ses pouvoirs élargis, des dispositions constitutionnelles consacrent la transparence, et les mécanismes de déclaration de patrimoine ont été étendus. À Vienne, lors de la 17e session du Groupe d’examen de la CNUCC, la délégation gabonaise a présenté les avancées : meilleure convergence interadministrative, appropriation des instruments de l’ONUDC et posture de coopération multilatérale.

    Il est lucide de constater que ces évolutions restent éparses, sans architecture d’ensemble. Le Gabon ne dispose toujours pas d’un plan national de lutte contre la corruption structuré, avec une stratégie intégrée, une feuille de route chiffrée ou un mécanisme de suivi-évaluation indépendant. Des instruments existent mais fonctionnent en silos.

    La mission d’évaluation qui débute envoie un signal positif, dans un contexte régional où plusieurs États refusent de soumettre leurs dispositifs à un regard extérieur. Mais une posture d’ouverture ne suffit pas.

    Ce que nous devons reconnaître avec lucidité

    Coopérer avec les évaluateurs est un minimum. On attend désormais une coopération franche et transparente, qui mette à nu les pratiques gangrénant l’administration. Les indicateurs internationaux restent préoccupants et la culture administrative gabonaise, héritée de décennies de tolérance envers les conflits d’intérêts et les marchés de gré à gré (93,25 % des marchés publics passés sans appel d’offres), demeure ancrée.

    Le Gabon se maintient dans la partie inférieure des classements de perception de la corruption, bien qu’il ait gagné deux points depuis 2024. Les institutions de contrôle souffrent de moyens insuffisants et d’une indépendance théorique. La justice tarde sur des dossiers emblématiques, et les actifs transférés à l’étranger ne font l’objet d’aucun mécanisme de recouvrement effectif.

    Doit-on conclure que le Gabon est encore à la traîne en matière de lutte contre la corruption ? L’évaluation à venir nous le dira.

    Nous ouvrons cette semaine une mini-campagne de sensibilisation sur la corruption à l’endroit de nos concitoyens.

  • Rapatriement des réfugiés rwandais en RDC : 8 394 déjà rentrés, cap sur 10 000 retours volontaires en 2026

    Rapatriement des réfugiés rwandais en RDC : 8 394 déjà rentrés, cap sur 10 000 retours volontaires en 2026

    La République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont fait le point, lundi 22 juin 2026 à Addis-Abeba, sur le processus de rapatriement volontaire. Les trois partenaires se félicitent des avancées enregistrées depuis 2025 et entendent accélérer les retours dans les mois à venir.

    Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de cette réunion ministérielle tripartite de haut niveau, 8 394 réfugiés rwandais vivant en RDC ont été rapatriés vers leur pays d’origine depuis janvier 2025. Sur ce total, 2 347 sont rentrés au Rwanda depuis le début de l’année 2026. Les parties saluent ces chiffres et fixent un objectif ambitieux : 10 000 rapatriements volontaires d’ici la fin de l’année 2026.

    Le volet concernant le retour des réfugiés congolais installés au Rwanda reste à concrétiser. Pour y parvenir, les participants ont convenu qu’à compter d’octobre 2026, la RDC définira des zones de retour prioritaires, sur la base des enquêtes d’intention de retour et des informations fournies par le Rwanda.

    Kinshasa, Kigali et le HCR ont également décidé d’organiser des réunions transfrontalières trimestrielles formelles, en présentiel ou en visioconférence, la première étant prévue en septembre 2026. L’objectif est de renforcer la coordination et le suivi de la mise en œuvre du rapatriement volontaire.

    D’autre part, les trois parties ont choisi d’utiliser le point de passage frontalier de Kamanyola (Sud-Kivu, RDC) – Bugarama (Rwanda) pour faciliter le retour volontaire, sûr et digne de plus de 3 600 réfugiés rwandais dispersés dans le sud de la province du Sud-Kivu. La RDC s’engage à aménager des voies de transit pour permettre aux candidats au retour de rejoindre ce point de passage depuis différentes localités.

    Le Rwanda, de son côté, poursuivra le rapatriement volontaire des réfugiés rwandais en RDC, en tenant compte du contexte sanitaire régional, notamment les directives relatives à la maladie à virus Ebola. Les parties réaffirment leur confiance dans le rôle du HCR en tant qu’acteur neutre, impartial et humanitaire mandaté pour rechercher des solutions durables aux déplacements forcés.

    Cette réunion s’inscrit dans le cadre des accords tripartites signés le 17 février 2010 sur le rapatriement volontaire des réfugiés congolais et rwandais, ainsi que dans le respect des conventions internationales (Convention de 1951, Protocole de 1967, Convention de l’OUA de 1969). La question des réfugiés reste au cœur des discussions entre Kinshasa et Kigali, et figure dans les processus de paix de Washington et de Doha, sans que leur mise en œuvre n’ait encore produit de résultats concrets sur le terrain.

    Les trois partenaires ont convenu de poursuivre ce cadre de concertation et de tenir une nouvelle réunion ministérielle tripartite en juin 2027, dont la date et le lieu seront communiqués ultérieurement par voie diplomatique.

  • Nayala : le ministre Sana évalue la sécurité et soutient les forces combattantes

    Nayala : le ministre Sana évalue la sécurité et soutient les forces combattantes

    Sur ordre du président Ibrahim Traoré, le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana s’est rendu ce dimanche dans la province du Nayala pour une mission d’évaluation. L’objectif était d’analyser la situation sécuritaire, d’encourager les troupes déployées sur le terrain et d’écouter les préoccupations des habitants.

    Cette visite visait à mesurer l’évolution du contexte sécuritaire, à motiver les forces engagées et à recueillir les doléances des populations locales.

    Accompagné du gouverneur de la région des Bankui et des autorités administratives, le ministre a d’abord rencontré les chefs coutumiers de Toma, puis les responsables administratifs et les chefs de service de la province.

    Les échanges ont mis en évidence plusieurs défis persistants, notamment dans la santé et l’éducation, ainsi que des difficultés de mobilité pour les agents publics dans certaines localités.

    Lors de sa tournée, Mahamadou Sana a également rencontré les Forces de défense et de sécurité (FDS), les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), les Dozos et les forces vives. Il leur a transmis les félicitations du président et du gouvernement pour les résultats obtenus en matière de sécurisation et le retour progressif des populations dans des villages auparavant affectés par l’insécurité.

    Le ministre a salué le courage, l’engagement et le professionnalisme des forces combattantes, les exhortant à maintenir leur vigilance, leur discipline et leur cohésion. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les populations et les forces de sécurité pour consolider les acquis de la lutte antiterroriste.

    Dans les communes de Kougny et de Gassan, les habitants ont exprimé leur satisfaction face aux efforts des autorités pour rétablir la sécurité et favoriser la réinstallation des villages.

    Au terme de sa visite, Mahamadou Sana s’est déclaré satisfait de l’amélioration de la situation sécuritaire dans le Nayala et de la qualité de la collaboration entre les populations et les forces combattantes. Il a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre les actions pour un retour durable de la paix et de la stabilité dans la province et sur l’ensemble du territoire national.