Niger : l’insécurité persiste malgré l’alliance avec la Russie

Trois ans après avoir opéré un virage stratégique en se rapprochant militairement de la Russie, le Niger peine toujours à contenir l’escalade des violences jihadistes. Initialement présentée comme une solution pour restaurer la sécurité nationale, cette alliance n’a pas permis de freiner l’intensification des attaques ciblant les forces de défense et de sécurité.

Les récentes offensives coordonnées contre plusieurs positions militaires ont révélé l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le pays est confronté. Des sources internes confirment qu’au moins 265 soldats nigériens ont péri en seulement trois jours, un bilan parmi les plus lourds jamais enregistrés dans l’histoire récente du pays.

L’entrée en scène d’instructeurs russes et le retrait progressif des partenaires occidentaux n’ont pas suffi à inverser la tendance. Au contraire, les observateurs notent une aggravation significative de la situation sécuritaire depuis 2023. Les données compilées par le projet ACLED révèlent une année 2023 marquée par 225 attaques, un chiffre comparable à celui de 2022, mais accompagné d’une hausse alarmante de 27 % du nombre de victimes.

Les perspectives se sont encore assombries ces derniers mois. Selon le rapport 2026 d’ACAPS, les violences contre les populations civiles ont atteint un pic historique en 2025, avec plus de 700 décès enregistrés, soit un doublement des pertes humaines par rapport à 2023.

Les régions de Tillabéri, Tahoua ainsi que les zones frontalières partagées avec le Mali et le Burkina Faso restent sous la menace constante d’insurrections perpétrées par des factions liées à l’État islamique et au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Plusieurs opérations d’envergure ont marqué cette période sombre : plus de 60 militaires tués à Tabatol en octobre 2023, 23 soldats tombés dans une embuscade à Tillabéri en mars 2024, ainsi que des attaques répétées contre des convois, des localités et des infrastructures militaires.

Ces événements soulèvent des interrogations légitimes quant à l’efficacité réelle du nouveau partenariat sécuritaire adopté par le Niger. Malgré les engagements des autorités militaires à « reconquérir le territoire », la menace jihadiste persiste avec une intensité accrue, mettant à l’épreuve les capacités opérationnelles des forces nigériennes.