Catégorie : A la Une

  • Cameroun : la fonction publique recrute 2 305 agents en 2026

    Cameroun : la fonction publique recrute 2 305 agents en 2026

    Le gouvernement camerounais a officiellement lancé la campagne de recrutement pour l’année 2026. Au total, 2 305 postes sont ouverts dans plusieurs administrations publiques. Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative a publié le 4 juin dernier les modalités de participation, à travers 36 arrêtés précisant la répartition des postes.

    Pour les recrutements classiques, 890 places sont proposées. Parmi elles, 470 sont réservées aux concours directs destinés aux fonctionnaires des régies financières, de l’agriculture, des mines et géologies, du génie civil, de l’élevage et des pêches maritimes, des télécommunications et de la santé publique. S’y ajoutent 100 places via des concours de formation à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) et aux Centres nationaux de la jeunesse et des sports (CENAJES), 220 places à l’École nationale d’administration et de la magistrature (ENAM), et 100 places par test de sélection.

    Concernant les recrutements spéciaux décidés par le président de la République dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ce sont 1 200 postes qui sont à pourvoir. Ce chiffre inclut 1 000 places pour les auditeurs libres des écoles normales supérieures (ENS et ENSET) et 200 places pour des médecins spécialistes, en complément de 920 postes déjà ouverts dans le cadre des recrutements de personnels de santé des 7 et 10 avril 2026. Pour les auditeurs libres, chaque candidat doit choisir un établissement scolaire lors du dépôt du dossier et composer dans le centre régional qui abrite cet établissement.

    Enfin, 215 postes sont ouverts par voie de concours professionnels. Par rapport à 2025, le nombre total de postes est en baisse de 555, passant de 2 860 à 2 305.

  • Nigéria : des centaines d’otages libérés par Boko Haram

    Nigéria : des centaines d’otages libérés par Boko Haram

    Nigéria : des centaines d’otages libérés par Boko Haram

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    Plusieurs centaines de personnes enlevées par Boko Haram plus tôt cette année dans un village de l’État de Borno, dans le nord-est du pays, ont été libérées ce week-end, ont déclaré dimanche un sénateur et un responsable local de la jeunesse.

  • Un atelier régional à N’Djamena pour sécuriser les journalistes environnementaux

    Un atelier régional à N’Djamena pour sécuriser les journalistes environnementaux

    Un atelier régional visant à améliorer la protection juridique des journalistes spécialisés dans les questions environnementales a démarré ce lundi 8 juin 2026 à N’Djamena. Organisée conjointement par Reporters sans Frontières et les ministères de la Communication et de l’Environnement, cette rencontre de trois jours réunit une vingtaine de professionnels des médias en provenance du Tchad, du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

    Cette formation s’intègre dans le projet « Défendre et protéger le journalisme environnemental au Sahel », dont l’ambition est d’améliorer les conditions de travail des journalistes qui couvrent les thématiques environnementales. L’objectif central est de renforcer la compréhension des participants sur leurs droits, les dispositifs de protection existants, ainsi que les stratégies de prévention des risques professionnels. Une meilleure coopération entre journalistes, juristes et organisations de défense des droits humains est également encouragée.

    Ndeye Diary Ba, chargée de projet Afrique subsaharienne chez Reporters sans Frontières, a souligné que cette initiative vise à doter les journalistes des compétences nécessaires pour exercer leur métier dans des conditions optimales. « Les participants auront l’occasion d’échanger sur les sujets sensibles, d’examiner les différents cadres juridiques nationaux et régionaux, tout en renforçant leurs connaissances en matière de sécurité numérique et de gestion des risques », a-t-elle précisé.

    Présent à l’atelier, le ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, Gassim Cherif Mahamat, a salué le choix du Tchad pour accueillir cette rencontre régionale. Il a rappelé que les pays du Sahel font face à de nombreux défis en matière de protection des journalistes et de liberté de la presse. « Les professionnels des médias ont un rôle essentiel à jouer dans la sensibilisation des populations aux questions environnementales, mais ils doivent également bénéficier d’un cadre leur garantissant sécurité et protection. Cette formation permettra aux participants d’acquérir des outils pratiques sur l’analyse des risques, la compréhension des textes juridiques et la lutte contre la désinformation, des aspects devenus indispensables dans l’exercice du journalisme moderne », a-t-il indiqué.

    Pendant trois jours, les participants partageront leurs expériences et renforceront leurs capacités afin de mieux informer les populations sur les défis environnementaux tout en exerçant leur métier dans des conditions plus sécurisées.

  • Gabon et UE : un dialogue stratégique pour renforcer les réformes et les investissements

    Gabon et UE : un dialogue stratégique pour renforcer les réformes et les investissements

    Une nouvelle étape dans les relations entre le Gabon et l’Union européenne s’est déroulée hier au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, à la Cité de la Démocratie. La deuxième session du dialogue de partenariat stratégique a été coprésidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et l’ambassadrice de l’UE au Gabon, Cécile Abadie. Cette rencontre fait suite à la première édition d’octobre 2024.

    Hermann Immongault a rappelé que ce dialogue s’inscrit dans le cadre de l’accord de Samoa, qui constitue le socle juridique des relations entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Selon lui, cet accord vise à établir « un partenariat plus équilibré, plus opérationnel et davantage orienté vers l’impact concret des politiques publiques et des investissements ».

    Les discussions ont porté sur quatre axes majeurs : les réformes politiques et la gouvernance, les perspectives économiques, l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, ainsi que la coopération multilatérale et régionale. Les deux parties ont salué les réformes institutionnelles engagées pendant la Transition au Gabon et ont échangé sur les droits humains et les libertés fondamentales. « Aucun sujet n’a été tabou », a assuré M. Immongault, ajoutant que ces échanges ont permis de « lever toutes les zones d’ombre ».

    Les perspectives économiques du Gabon ont également été au centre des discussions, avec un accent sur les réformes structurelles en cours, l’amélioration du climat des affaires et les mesures visant à attirer davantage d’investissements. La stratégie européenne Global Gateway a été évoquée comme un levier potentiel.

    Les questions environnementales ont occupé une place importante. Les deux parties ont réaffirmé leur convergence sur la gestion durable des forêts et ont exploré des pistes de coopération dans la pêche durable, l’énergie et la gestion des déchets.

    Enfin, le Gabon et l’UE ont réitéré leur attachement au multilatéralisme et constaté une large convergence sur les enjeux régionaux et internationaux, notamment la sécurité maritime et l’intégration régionale. Il est désormais question d’approfondir les relations et de poursuivre les concertations sur les priorités identifiées conjointement, dans un climat d’ouverture et de confiance.

  • Gabon-ue : la deuxième session du dialogue stratégique pour des réformes et des investissements

    Gabon-ue : la deuxième session du dialogue stratégique pour des réformes et des investissements

    Le Gabon et l’Union européenne (UE) ont organisé hier, au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba à la Cité de la Démocratie, la deuxième édition de leur dialogue de partenariat stratégique. La rencontre, coprésidée par le vice-président du gouvernement (VPG), Hermann Immongault, et l’ambassadrice de l’UE au Gabon, Cécile Abadie, s’inscrit dans la lignée du premier dialogue qui s’était tenu en octobre 2024.

    Hermann Immongault a rappelé que ce dialogue s’appuie sur l’accord de Samoa, qui sert de cadre juridique aux relations entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Selon lui, cet accord ouvre la voie à « un partenariat plus équilibré, plus opérationnel et davantage orienté vers l’impact concret des politiques publiques et des investissements ».

    Les discussions ont porté sur quatre grands axes : les réformes politiques et la gouvernance, les perspectives économiques, l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, ainsi que la coopération multilatérale et régionale.

    À l’issue des travaux, les deux parties ont salué les réformes institutionnelles menées pendant la Transition au Gabon et ont échangé leurs points de vue sur les droits humains et les libertés fondamentales. « Aucun sujet n’a été tabou », a affirmé M. Immongault, ajoutant que les échanges ont permis de « lever toutes les zones d’ombre ».

    Les discussions ont également abordé les perspectives économiques du Gabon, les réformes structurelles en cours, l’amélioration du climat des affaires et les mesures visant à attirer davantage d’investissements. La stratégie européenne Global Gateway a aussi été évoquée.

    Les questions environnementales ont occupé une place importante : les deux parties ont réaffirmé leur convergence sur la gestion durable des forêts et ont exploré les possibilités de coopération dans les domaines de la pêche durable, de l’énergie et de la gestion des déchets.

    Enfin, le Gabon et l’UE ont réitéré leur attachement au multilatéralisme et constaté une large convergence de vues sur les enjeux régionaux et internationaux, notamment la sécurité maritime et l’intégration régionale.

    Les deux partenaires entendent désormais approfondir leurs relations et poursuivre les concertations sur les priorités définies ensemble, dans un climat qualifié d’ouverture et de confiance.

  • RDC : 19 guérisons du virus Ebola Bundibugyo enregistrées

    RDC : 19 guérisons du virus Ebola Bundibugyo enregistrées

    Depuis l’annonce officielle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) dans l’est de la République démocratique du Congo le 15 mai dernier, les équipes de riposte ont rapidement déployé des mesures de prise en charge dans les zones sanitaires affectées (Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu). À ce jour, 19 patients sont déclarés guéris et ont quitté le centre de traitement Ebola (CTE), selon les chiffres communiqués par l’Institut national de santé publique (INSP).

    Au 7 juin, le bilan sanitaire fait état de 550 cas confirmés, dont 101 décès, dans l’ensemble des zones de santé touchées. Par ailleurs, 309 personnes sont actuellement en isolement et sous traitement.

    La province de l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie. Sur les 25 zones sanitaires touchées, 17 sont situées dans cette province, ce qui représente près de la moitié des 36 zones de santé que compte l’Ituri.

    Parmi les zones sanitaires affectées figurent Aru, Aungba, Bambu, Bunia, Damas, Gety, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rimba et Rwampara.

  • Burkina Faso : suspension des concours de beauté pour réaffirmer les valeurs culturelles

    Burkina Faso : suspension des concours de beauté pour réaffirmer les valeurs culturelles

    Le 8 juin, le ministère burkinabè de la Culture a annoncé la suspension immédiate de tous les concours de beauté dans le pays. Par un communiqué officiel, il a mis fin sine die aux élections de miss, aux reines de quartier et aux compétitions de promotion ethnique, dans l’attente d’une révision complète de leur réglementation. Cette décision, explique le gouvernement de transition, vise à réorienter ces événements vers les valeurs culturelles locales et les idéaux de la révolution populaire progressiste menée par le capitaine Ibrahim Traoré.

    Une décision au nom de la souveraineté culturelle

    L’argumentation du ministère s’inscrit dans la lignée du discours souverainiste qui guide l’action publique depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en septembre 2022. Selon Ouagadougou, les concours de beauté actuels s’inspirent trop des standards occidentaux, inadaptés aux valeurs esthétiques, vestimentaires et morales du Burkina Faso. Le ministère mentionne la protection de la dignité des femmes burkinabè, la valorisation des tenues traditionnelles et la lutte contre une marchandisation contraire à l’éthique nationale.

    Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation symbolique. Depuis deux ans, les autorités multiplient les ruptures avec l’héritage colonial, par exemple en promouvant le Faso Dan Fani, le pagne tissé devenu tenue officielle, et en utilisant davantage les langues nationales dans la communication publique. La suspension des concours de beauté s’inscrit dans cette logique en ciblant un secteur événementiel très médiatisé.

    Un secteur événementiel à l’arrêt

    Concrètement, cette décision touche des dizaines d’organisateurs privés, d’agences de communication et de prestataires qui dépendent de cette économie de l’image. Miss Burkina, Miss Université, Miss Côte d’Or et les nombreuses élections régionales sont des rendez-vous clés pour les industries créatives, impliquant stylistes, photographes, chorégraphes, hôteliers et sponsors. Le gel intervient juste avant la saison des élections, qui se déroule généralement entre août et décembre.

    Le ministère n’a pas donné de date pour la fin de la suspension. Il précise seulement qu’un nouveau cadre réglementaire sera mis en place, avec des critères de conformité aux idéaux révolutionnaires. Les organisateurs devront probablement soumettre leurs projets à une validation préalable des services culturels, selon un cahier des charges axé sur la promotion des tenues locales, des langues nationales et du patriotisme.

    Mais la limite entre encadrement et restriction reste floue. En privé, plusieurs acteurs s’interrogent sur la viabilité économique des futurs concours si les codes esthétiques changent profondément. Le sort des candidates burkinabè participant à des compétitions internationales comme Miss Monde ou Miss Univers reste aussi en suspens.

    Un signal politique pour la société civile

    Au-delà du secteur événementiel, cette mesure a une dimension politique claire. Elle confirme la volonté des autorités de transition d’appliquer leur grille idéologique à des domaines sociaux jusqu’ici peu régulés. Le vocabulaire utilisé, avec des termes comme révolution progressiste populaire et valeurs endogènes, renvoie à un projet de transformation culturelle de long terme, dans la lignée des références sankaristes souvent invoquées par le pouvoir.

    Pour les analystes de la région, cette suspension s’ajoute à d’autres décisions qui esquissent une politique culturelle interventionniste au Sahel central. Le Mali et le Niger, alliés du Burkina Faso au sein de la Confédération des États du Sahel, ont aussi récemment pris des mesures pour réguler des pratiques sociales jugées trop influencées de l’extérieur. La convergence entre les trois capitales sahéliennes laisse penser qu’une doctrine culturelle commune se met en place.

    L’impact à moyen terme dépendra de la rapidité de publication du nouveau cadre et de la flexibilité accordée aux opérateurs privés. Le ministère burkinabè de la Culture n’a pas communiqué d’échéance pour la reprise des concours.

  • Sénégal : Bassirou Diomaye Faye menacé d’exclusion du Pastef ?

    Sénégal : Bassirou Diomaye Faye menacé d’exclusion du Pastef ?

    La question agite les coulisses politiques sénégalaises : le président Bassirou Diomaye Faye risque-t-il d’être exclu du Pastef, le parti qu’il a contribué à fonder ? Cette interrogation, qui monte en puissance, alimente les spéculations au sein de la classe politique et dans l’opinion publique. Alors que le Pastef traverse une période de turbulences internes, l’avenir de son leader charismatique est au cœur des débats. Aucune décision officielle n’a encore été prise, mais les rumeurs d’une possible radiation circulent, ravivant les tensions entre les différentes factions du mouvement.

  • Processus de paix en RDC : la médiation africaine affine sa stratégie à Lomé

    Processus de paix en RDC : la médiation africaine affine sa stratégie à Lomé

    Le président du Togo, Faure Gnassingbé, en sa qualité de médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre la crise à l’est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs, a animé une réunion de travail à Lomé les 7 et 8 juin 2026. Cette session visait à faire le point sur l’avancement des initiatives diplomatiques engagées depuis le début de l’année et à définir les priorités pour les six prochains mois, alors que les confrontations entre les forces loyalistes et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, persistent.

    Ce conclave a rassemblé les membres du Collège des facilitateurs nommé par l’Union africaine, ainsi que des émissaires des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L’ordre du jour portait sur l’évaluation des avancées depuis la mise en place de l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026, ainsi que sur la planification des actions à mener au second semestre, en appui aux processus de Washington et de Doha, pilotés respectivement par les États-Unis et le Qatar.

    Des orientations claires pour le second semestre 2026

    Les discussions ont permis d’arrêter plusieurs axes stratégiques. Il a été décidé de renforcer la coordination interne entre le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant. Les participants ont également souligné la nécessité de structurer et de présenter une contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha, afin d’en assurer une meilleure appropriation et de favoriser leur mise en œuvre. Par ailleurs, un appel a été lancé à tous les États et organisations impliqués dans les efforts de médiation pour qu’ils intensifient leur coopération dans un esprit de solidarité, tout en respectant les mandats et les responsabilités définis dans l’architecture de Lomé.

    Des décisions immédiates pour gagner en efficacité

    La réunion a également débouché sur des mesures concrètes visant à améliorer l’efficacité du processus. Parmi elles, l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026, et la rédaction, sous quinze jours, d’un plan d’action opérationnel précisant les modalités d’exécution des décisions prises. Les participants se sont engagés à mettre en œuvre ces décisions avec diligence et cohérence, à honorer leurs engagements et à œuvrer de concert pour parvenir à une paix durable dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.

    Cette rencontre fait suite à celle de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé. À cette occasion, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation, confiant le rôle de médiateur principal au président togolais Faure Gnassingbé. Cinq co-facilitateurs, tous d’anciens chefs d’État africains, ont été désignés pour des thématiques spécifiques : Olusegun Obasanjo (Nigeria) pour les questions militaires et sécuritaires, Sahle-Work Zewde (Éthiopie) pour les questions humanitaires, Uhuru Kenyatta (Kenya) pour le dialogue avec les groupes armés locaux, Mokgweetsi Masisi (Botswana) pour la coopération économique régionale, et Catherine Samba-Panza (République centrafricaine) pour la société civile, la réconciliation et les questions de genre. Un Secrétariat conjoint indépendant, associant le Togo, l’Union africaine, la CAE, la SADC et la CIRGL, a également été mis en place, tandis que la Commission de l’Union africaine assure la coordination avec les partenaires internationaux, dont les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

  • Est de la RDC : Lomé fixe le cap pour la médiation africaine au second semestre 2026

    Est de la RDC : Lomé fixe le cap pour la médiation africaine au second semestre 2026

    Le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine pour la résolution de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, a dirigé lundi 8 juin 2026 à Lomé une réunion d’évaluation semestrielle des travaux de la médiation africaine. Cette rencontre s’est déroulée dans un contexte marqué par un statu quo diplomatique et la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

    Y ont pris part les membres du Collège des facilitateurs désignés par l’Union africaine, ainsi que des représentants des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

    Les assises, tenues les 7 et 8 juin 2026, avaient pour but d’évaluer les progrès accomplis depuis la mise en place de l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026, et de déterminer les priorités pour le second semestre de l’année, en appui aux processus de Washington et de Doha, pilotés respectivement par les États-Unis et le Qatar.

    Des orientations stratégiques pour le second semestre 2026

    Selon le compte-rendu officiel, la réunion a adopté plusieurs orientations, notamment le renforcement de la coordination interne entre le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant.

    Les participants ont également souligné la nécessité de structurer et de mettre à disposition une contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha, afin d’en accroître l’appropriation, de la légitimer et d’en faciliter la mise en œuvre.

    Ils ont aussi appelé l’ensemble des États et organisations engagés dans les efforts de médiation à renforcer leur coopération dans un esprit de solidarité, tout en respectant les responsabilités et les mandats définis dans l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026.

    Des décisions immédiates

    La réunion a adopté plusieurs mesures destinées à renforcer l’efficacité du processus de médiation. Il s’agit notamment de l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026, ainsi que de l’élaboration, dans un délai de quinze jours, d’un plan d’action opérationnel précisant les modalités de mise en œuvre des décisions arrêtées.

    « Animés d’une volonté collective renouvelée et d’un esprit de responsabilité partagée, les participants se sont engagés à mettre en œuvre avec diligence et cohérence les décisions de la présente réunion, à honorer les engagements souscrits et à œuvrer de concert pour l’avènement d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs », précise le communiqué final.

    Cette rencontre fait suite à la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier à Lomé. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur principal désigné par l’Union africaine pour l’Est de la RDC, cette réunion visait à renforcer la confiance entre les parties, faire progresser le dialogue et veiller au respect des engagements pris par les différents acteurs impliqués dans le processus de paix.

    Cette initiative, qui avait réuni autour d’une même table un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la CAE et de la SADC, ainsi que plusieurs partenaires internationaux, s’inscrivait dans le prolongement des efforts diplomatiques engagés ces derniers mois en faveur de la stabilité dans l’Est de la RDC.

    À l’issue de ces assises, l’Union africaine avait dévoilé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’Est de la RDC. D’après ce schéma, la médiation est placée sous l’autorité du président togolais Faure Gnassingbé, désigné médiateur de l’Union africaine. Celui-ci est appuyé par une équipe de soutien à la médiation togolaise, composée du ministère togolais des Affaires étrangères et de la présidence de la République.

    Cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, sont chargés de thématiques spécifiques. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est responsable des questions militaires et sécuritaires. L’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde est chargée des questions humanitaires. L’ancien président kényan Uhuru Kenyatta supervise le dialogue avec les groupes armés locaux. L’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi est responsable des questions liées à la coopération économique régionale, tandis que l’ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, pilote les dossiers relatifs à la société civile, à la réconciliation et aux questions de genre.

    Le dispositif comprend également un Secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’Union africaine, la CAE, la SADC et la CIRGL. La Commission de l’Union africaine assure, pour sa part, la coordination avec les partenaires internationaux, notamment les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne ainsi que le Groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

  • Sexisme au Parlement congolais : quand les élues restent des cibles

    Sexisme au Parlement congolais : quand les élues restent des cibles

    Le 15 mai 2026, une scène choquante s’est déroulée à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Alors que la députée Micheline Mpundu achevait sa motion d’information et s’apprêtait à quitter l’hémicycle, le second vice-président Christophe Mboso, qui présidait la séance, a lancé : « Merci collègue, elle est très belle… hein. » Puis, en lingala, il a ajouté : « Regardez-la par vous-mêmes », imitant les formes de l’élue avec ses mains, sous les rires et les applaudissements nourris de l’assemblée. « Dieu l’a créée », a-t-il poursuivi, avant de conclure : « ce sont les choses d’un autre ». La séance s’est poursuivie comme si de rien n’était.

    Ce n’est qu’après l’indignation de plusieurs figures politiques, d’activistes des droits humains et de pressions internes que M. Mboso a présenté des excuses, plusieurs jours plus tard, sans faire l’objet de sanction. Cet incident relance une question centrale : quand les parlements africains, et congolais en particulier, cesseront-ils d’être des espaces hostiles aux femmes qu’ils sont censés représenter ?

    Mes recherches doctorales en science politique examinent les masculinités au sein des institutions législatives congolaises. Sous un angle comparatif africain, cette vidéo ne révèle pas un simple écart de conduite, mais un problème structurel. J’interroge ici le fossé entre les engagements officiels de la RDC en faveur de l’égalité et la réalité vécue par les femmes élues.

    Un phénomène qui dépasse la RDC

    Les violences parlementaires font partie du continuum des violences subies par les femmes en politique, en RDC comme ailleurs. Avant l’affaire Mboso, d’autres épisodes sexistes avaient déjà été documentés. La participation féminine a progressé avec les démocratisations des années 1990, mais cette présence s’est heurtée à des résistances structurelles. L’Union interparlementaire (UIP) a montré dans son enquête mondiale de 2016 que plus de 65,5 % des élues déclaraient avoir subi des agressions verbales répétées durant leur mandat. Ces violences viennent souvent de collègues masculins, et la société évalue davantage l’apparence des femmes politiques que leur bilan.

    Le sexisme ne s’arrête pas aux portes du Parlement : il s’y installe et s’y exhibe, comme en RDC. L’étude régionale de l’UIP et de l’Union parlementaire africaine (2021) confirme que les progrès restent insuffisants. Les applaudissements entendus dans la vidéo ne sont pas anodins : ils révèlent un système qui tolère ces comportements. La philosophe Kate Manne analyse cela comme un mécanisme de contrôle. Les gestes et les mots, ce que Mona Lena Krook appelle « violence sémiotique », rappellent aux élues qu’elles sont d’abord des corps. La colonialité du genre, concept de María Lugones, éclaire cette hiérarchie naturalisée héritée de la colonisation.

    Des exemples africains

    D’autres cas illustrent cette réalité. En 2022, la députée sénégalaise Amy Ndiaye, enceinte, a été giflée et frappée au ventre dans l’hémicycle. En 2025, la sénatrice nigériane Natasha Akpoti-Uduagha a été suspendue pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel du président du Sénat. Ces trois femmes, de trois pays différents, ont vécu des violences similaires, montrant que si les parlements africains tolèrent la voix des femmes, leur dignité n’est pas respectée.

    Les précédents congolais

    En RDC, le 30 avril 2020, l’ancien président du Sénat Thambwe Mwamba a humilié la sénatrice Bijoux Ngoya en séance plénière, révélant des réunions privées et l’accusant d’avances. Le 15 juillet 2021, le député Nsingi Pululu a interrompu la députée Christelle Vuanga en lui disant simplement : « Vous êtes une femme », pour discréditer son intervention. L’affaire Mboso n’est donc pas surprenante. La RDC a ratifié des conventions, adopté des lois, mais dans l’hémicycle, rien n’a changé.

    Une réflexion qui perdure

    Simone de Beauvoir écrivait en 1949 que les femmes étaient définies comme « les autres ». En 2026, cette altérité persiste au Parlement congolais : les députées sont réduites à leur corps. Ces incidents signalent que le patriarcat sape la démocratie de l’intérieur. Tant que les comportements sexistes resteront impunis, le Parlement congolais demeurera un lieu misogyne, alors qu’il compte seulement 65 femmes sur 477 députés (13 %), dans un pays où elles représentent près de 51 % de la population. D’autres parlements ont trouvé des solutions avec des campagnes comme #NotTheCost ou #NotInMyParliament, prouvant qu’une culture peut changer par des sanctions et la protection des victimes. La RDC a de belles lois, mais sans mise en œuvre, elles restent des vœux pieux. Ne pas sanctionner M. Mboso envoie un signal clair aux femmes congolaises qui envisagent une carrière politique.

  • Port de Kobe-Kobe : le Gabon bâtit son avenir économique par l’industrialisation

    Port de Kobe-Kobe : le Gabon bâtit son avenir économique par l’industrialisation

    Le Gabon accélère sa mutation en hub minier et industriel en Afrique centrale d’ici 2030. Un mois après la signature d’un accord stratégique avec Africa Global Logistics (AGL) pour le projet Kobe-Kobe, le gouvernement mise sur le développement des infrastructures nationales pour concrétiser sa vision.

    Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement lancé les travaux du port en eau profonde de Kobe-Kobe le 8 juin 2026, en posant la première pierre. Ce projet structurant comprendra un terminal minéralier, un quai polyvalent, une boucle ferroviaire, une zone résidentielle, des espaces de stockage et des bureaux. L’objectif affiché est de renforcer la souveraineté économique en transformant localement les matières premières.

    Cette ambition repose sur une collaboration internationale, chaque partenaire apportant son expertise dans les mines, le fer et les usines de transformation. « Tout le monde doit travailler et produire des résultats », a insisté le chef de l’État.

    Le ministre des Transports et de la Marine marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a déclaré : « Aujourd’hui, nous ne lançons pas simplement un chantier d’infrastructures. Nous posons les fondations d’un nouveau modèle de développement, fondé sur l’industrialisation, la création de valeur locale, l’intégration des territoires et la souveraineté logistique du Gabon. Votre ambition est claire, faire du Gabon un acteur incontournable de la logistique régionale et un hub stratégique en Afrique centrale. »

    Ce projet figure parmi les cinq plus grands projets miniers au monde. Le directeur général d’AGL, Philippe Labone, a annoncé que « les exportations du port de Kobe-Kobe commenceront en avril 2031 ». Un corridor ferroviaire de près de 550 km reliera les sites de production au complexe portuaire en environ huit heures.

    Les études sont en cours, et AGL prévoit d’envoyer des jeunes Gabonais en formation pour assurer leur implication directe dans le processus. Les retombées économiques attendues sont considérables : plus de 100 000 emplois, une hausse de plus de 50 % du PIB et une valeur annuelle estimée à plus de 10 milliards de dollars.

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