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  • Tentative de coup d’État au Bénin : patrice talon échappe à un putsch armé

    Tentative de coup d’État au Bénin : patrice talon échappe à un putsch armé

    Un groupe de militaires mutins a tenté de renverser Patrice Talon ce dimanche 7 décembre 2025, marquant la première tentative de putsch au Bénin depuis plus de cinq décennies. Les insurgés ont brièvement pris le contrôle de la télévision nationale, la SRTB à Cotonou, avant d’être neutralisés par les forces armées loyales au président. Cette action audacieuse, qui a débuté aux premières heures du jour, a ciblé plusieurs sites stratégiques dont la résidence présidentielle dans le quartier Guézo et le palais présidentiel.

    patrice talon sous haute protection après une attaque éclair

    Dès l’aube, les mutins ont engagé une série d’assauts coordonnés. Selon les informations recueillies auprès de sources sécuritaires, ils ont d’abord tenté de s’introduire dans les domiciles de hauts gradés militaires avant de se diriger vers la demeure du chef de l’État. Les unités fidèles à Patrice Talon ont rapidement réagi, sécurisant les lieux et repoussant les assaillants. En milieu de matinée, la capitale économique du Bénin était placée sous haute surveillance, avec des patrouilles militaires et des hélicoptères survolant la ville.

    Dans une allocution télévisée diffusée en soirée, Patrice Talon a qualifié ces événements de « gravissimes » et promis que les responsables seraient traduits en justice. Le président a également évoqué la présence de plusieurs personnes encore détenues par les mutins en fuite, soulignant l’importance de restaurer la sécurité pour tous les citoyens.

    bilan humain lourd : un général et sa famille touchés

    Cette tentative de coup d’État a coûté la vie à l’épouse du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire de Patrice Talon. La fille du général, également blessée lors de l’assaut contre leur domicile à Abomey-Calavi, a été transportée d’urgence dans un centre hospitalier. Ces événements tragiques illustrent la violence de cette opération qui visait à déstabiliser les institutions béninoises.

    réaction des autorités et démenti des mutins

    Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a précisé en milieu de journée que seul un petit groupe de soldats avait participé à cette mutinerie. Les Forces armées béninoises, restées fidèles à leur serment républicain, ont rapidement repris le contrôle des zones occupées. Le ministre des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a confirmé que la majorité des militaires étaient restés loyaux au président.

    Les mutins, dirigés selon leurs déclarations par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, avaient proclamé la suspension de la Constitution et la prise de pouvoir par un « Comité militaire pour la refondation ». Ils accusaient Patrice Talon de gouvernance autoritaire, évoquant notamment l’adoption de lois controversées et la restriction des libertés démocratiques.

    réactions internationales et intervention militaire

    Dès les premiers échanges de tirs, les ambassades des États-Unis et de France ont émis des alertes à l’attention de leurs ressortissants, invitant à la prudence. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine ont immédiatement condamné cette tentative de putsch. L’Union africaine a qualifié l’action de « fermement inacceptable » et appelé à un retour immédiat des militaires dans leurs casernes.

    La CEDEAO a annoncé le déploiement d’une force régionale composée de contingents nigérians, ivoiriens, ghanéens et sierra-léonais pour soutenir le gouvernement béninois et préserver l’ordre constitutionnel. Le Nigeria a également envoyé des avions de chasse et des troupes au sol pour sécuriser la télévision publique et un camp militaire occupé par les mutins.

    un climat politique tendu à l’approche de la présidentielle

    Cette tentative de coup d’État survient dans un contexte politique déjà fragile au Bénin. À quelques mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, qui marquera la fin du second mandat de Patrice Talon, le pays fait face à plusieurs défis. Le nord du Bénin reste exposé aux attaques djihadistes, avec plus de cinquante soldats tués lors d’affrontements en avril dernier.

    Sur le plan institutionnel, la récente révision constitutionnelle, adoptée pour créer un Sénat et allonger la durée des mandats, suscite de vives critiques. Cette réforme, perçue comme une manœuvre pour maintenir l’influence du pouvoir sortant, a été dénoncée par l’opposition. Malgré ces tensions, Patrice Talon a déjà désigné son successeur : Romuald Wadagni, ministre des Finances et pilier de la coalition au pouvoir.

    Les analystes soulignent que cette tentative de putsch pourrait révéler des divisions profondes au sein de l’armée et du paysage politique. Les motivations des mutins, mêlant griefs politiques et ambitions personnelles, restent à éclaircir dans les prochaines semaines.

  • Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Crise en Guinée-Bissau : le Nigeria offre l’asile au candidat présidentiel Fernando Dias

    Gros plan sur Fernando Dias portant un chapeau rouge

    Quelques jours après qu’un coup d’État a interrompu l’annonce des résultats électoraux en Guinée-Bissau, le Nigeria a officiellement octroyé l’asile à Fernando Dias da Costa, l’un des candidats à la présidence.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères a confirmé que le candidat du Parti pour le renouveau social, âgé de 47 ans, bénéficiait déjà d’une protection spéciale au sein de l’ambassade du Nigeria en raison de « menaces proférées à son encontre ».

    M. Dias était le principal concurrent d’Umaro Sissoco Embaló, qui visait un second mandat présidentiel. Ce dernier a d’ailleurs quitté le pays après le putsch militaire.

    Face à cette situation, une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est rendue sur place pour presser les militaires de se retirer du pouvoir et de permettre la publication des résultats du scrutin.

    Lors de l’élection présidentielle du 23 novembre, MM. Embaló et Dias avaient tous deux proclamé leur victoire. Il est à noter que le PAIGC, mouvement historique de libération qui a mis fin à la domination coloniale portugaise, n’a pas pu présenter de candidat.

    Le coup d’État est survenu trois jours seulement après le vote. L’armée a suspendu le processus électoral et bloqué la diffusion des résultats, affirmant agir pour contrecarrer un complot visant à déstabiliser ce pays déjà marqué par une forte instabilité politique.

    La junte a par ailleurs imposé des restrictions sévères, interdisant toute manifestation et « toutes les actions perturbant la paix et la stabilité dans le pays ».

    La tension reste palpable à Bissau, la capitale. Le PAIGC a dénoncé une « invasion illégale de son siège par des milices lourdement armées » suite au coup de force. Son dirigeant, Domingos Pereira, a été arrêté le jour même du putsch, selon des informations de sa famille et de son parti.

    Fernando Dias a raconté avoir dû fuir son quartier général de campagne le jour du coup d’État, alors que des hommes armés venaient pour l’appréhender.

    Le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, a précisé que le président Bola Tinubu avait personnellement approuvé la protection de M. Dias à l’ambassade du Nigeria à Bissau.

    « La décision d’accueillir M. [Fernando Dias] da Costa dans les locaux nigérians souligne notre ferme engagement à protéger les aspirations démocratiques et la volonté souveraine du bon peuple de Guinée-Bissau », a écrit M. Tuggar dans une lettre adressée à Alieu Omar Touray, président de la Commission de la CEDEAO.

    Cette même lettre demandait le déploiement de soldats d’une unité de la CEDEAO déjà présente dans le pays pour renforcer la sécurité de M. Dias à l’ambassade.

    Les pourparlers de médiation menés lundi entre la délégation de la CEDEAO, dirigée par le ministre des Affaires étrangères de la Sierra Leone, Alhaji Musa Timothy Kabba, et la junte se sont avérés tendus. Bien que M. Kabba ait qualifié les discussions de « productives », il a reconnu que « les deux parties avaient exprimé leurs préoccupations ».

    La junte a rapidement fait prêter serment à un nouveau dirigeant de transition, le général Horta N’Tam, qui est censé diriger le pays pendant une année. En réponse, les dirigeants de la CEDEAO ont suspendu la Guinée-Bissau de tous leurs organes décisionnels jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit rétabli.

    Les véritables motivations derrière ce coup d’État demeurent obscures, et certains soupçonnent une mise en scène. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko ainsi que l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan ont tous deux suggéré, sans fournir de preuves, que le coup d’État était une fabrication.

    Des organisations de la société civile locale ont également accusé Umaro Sissoco Embaló d’avoir orchestré un « coup d’État simulé » avec le soutien de l’armée. Selon elles, il s’agirait d’une manœuvre pour empêcher la publication des résultats électoraux en cas de défaite.

    M. Embaló, déjà critiqué par le passé pour avoir instrumentalisé des crises afin de réprimer l’opposition, n’a pas réagi à ces accusations. L’homme de 53 ans a été autorisé à se rendre au Sénégal voisin jeudi, d’où il aurait voyagé vers le Congo-Brazzaville durant le week-end.

    La Guinée-Bissau a une histoire marquée par l’instabilité, avec au moins neuf coups d’État ou tentatives de putsch au cours des cinquante dernières années. Ce pays, situé entre le Sénégal et la Guinée, est également considéré comme une plaque tournante du trafic de drogue, où l’armée conserve une influence considérable depuis l’indépendance du Portugal en 1974.

  • Le Niger renforce sa souveraineté sanitaire lors du sommet de Dakhla

    Le Niger renforce sa souveraineté sanitaire lors du sommet de Dakhla

    le Niger s’engage pleinement dans la souveraineté sanitaire africaine

    Le Niger affiche une volonté affirmée de renforcer son système de santé et d’atteindre la souveraineté sanitaire. Lors du premier sommet africain sur les systèmes de santé et la souveraineté sanitaire, organisé à Dakhla (Maroc) les 28 et 29 novembre, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publiques du Niger, le colonel-major Garba Hakimi, a réaffirmé cette ambition. Il a souligné que cette dynamique s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités nigériennes, notamment celle du Général d’armée Abdourahmane Tiani, Président de la République.

    des infrastructures sanitaires en plein essor au Niger

    Pour construire un système de santé robuste, le Niger mise sur le développement d’infrastructures modernes. Le ministre Hakimi a évoqué la construction récente de plusieurs hôpitaux et centres de santé intégrés répartis sur l’ensemble du territoire national. Ces structures visent à booster les soins de santé primaires au niveau communautaire, un pilier essentiel pour une couverture sanitaire universelle. « Sans infrastructures de base, il est impossible de garantir un système de santé performant », a-t-il précisé.

    équipements de pointe et formation des professionnels : deux piliers complémentaires

    L’acquisition d’équipements médicaux de pointe et de technologies de diagnostic constitue une priorité pour le gouvernement nigérien. Ces investissements permettent aux médecins et techniciens de poser des diagnostics précis et d’assurer une prise en charge optimale des patients. Cependant, le ministre Hakimi a rappelé que « l’essentiel ne réside pas uniquement dans les outils, mais aussi dans la formation des professionnels ». Ainsi, de nombreux agents bénéficient de cycles de spécialisation et de formations continues pour maîtriser ces nouvelles technologies.

    • Amélioration des équipements : acquisition de matériel de pointe pour les diagnostics et les soins curatifs.
    • Renforcement des compétences : programmes de formation pour les professionnels de santé afin de garantir une utilisation optimale des outils disponibles.

    mesures sociales et gratuité partielle : un accès aux soins pour tous

    Le gouvernement nigérien a mis en place plusieurs mesures pour faciliter l’accès aux soins. Parmi elles, on retrouve :

    • La gratuité partielle de certains actes médicaux, comme les accouchements et la prise en charge des enfants de moins de cinq ans.
    • Une réduction de 50% des tarifs des soins dans les formations sanitaires publiques.
    • Des allocations budgétaires substantielles pour le secteur de la santé.

    Ces initiatives visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à tendre vers une couverture sanitaire universelle, comme le préconisent les autorités nigériennes.

    les défis identifiés lors du sommet de Dakhla

    Lors de ce sommet, les experts africains ont passé en revue les systèmes de santé du continent. Si des avancées ont été constatées, plusieurs défis majeurs ont été identifiés :

    • Fragilité des systèmes sanitaires nationaux.
    • Problèmes de gouvernance et de gestion des ressources.
    • Financement insuffisant des systèmes de santé.

    Pour le ministre Hakimi, l’enjeu n’est pas seulement de reconnaître ces défis, mais de définir des stratégies concrètes pour les surmonter. L’objectif est de construire un système de santé résilient, performant et capable de répondre aux besoins de la population.

    la vision royale du Maroc : un modèle pour l’afrique

    Le sommet de Dakhla a également permis de mettre en lumière la vision du Roi du Maroc, qui prône une Afrique souveraine sur le plan sanitaire. Le Maroc s’est engagé dans ce projet avec la construction d’hôpitaux universitaires, d’universités et de formations sanitaires, comme le complexe de Dakhla visité lors de l’événement. Le ministre nigérien a souligné l’importance des ressources humaines qualifiées pour atteindre cet objectif : « Un système de santé solide ne peut exister sans des professionnels compétents ».

    vers une souveraineté sanitaire africaine

    Le ministre Hakimi a rappelé que plusieurs chefs d’État africains recommandent l’allocation de 15% du budget national au secteur de la santé pour garantir un financement suffisant. Cette approche permettrait d’acquérir les équipements nécessaires, de former les professionnels et de construire des infrastructures adaptées. « La souveraineté sanitaire est à notre portée. Il suffit d’un engagement fort et de stratégies innovantes », a-t-il déclaré.

    Il a également souligné l’importance des financements innovants, combinés aux budgets alloués, pour renforcer la résilience des systèmes de santé. Le sommet de Dakhla a abouti à une feuille de route en cinq axes :

    • Épidémiologie : surveillance et gestion des maladies.
    • Capital humain et formation : renforcement des compétences professionnelles.
    • Recherche et innovation : développement de solutions adaptées.
    • Financement et gouvernance : optimisation des ressources et des processus.
    • Infrastructures et accès équitable : construction et accessibilité des structures de santé.

    « En travaillant ensemble sur ces cinq piliers, l’Afrique peut atteindre la souveraineté sanitaire. L’essentiel est d’agir maintenant », a conclu le ministre.

    Ce sommet a réuni près de 200 experts africains autour d’une réflexion commune sur l’avenir de la santé en Afrique, avec le soutien du Roi du Maroc.

  • Vaccination contre le vph au Mali : un an de progrès et d’espoir

    Vaccination contre le vph au Mali : un an de progrès et d’espoir

    Vaccination contre le VPH au Mali : un an de progrès et d’espoir après son lancement

    Un an après l’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain (VPH) au Mali, la campagne de vaccination prend de l’ampleur. Dans la capitale Bamako et ses environs, de plus en plus de filles âgées de 10 ans bénéficient de cette protection essentielle contre le cancer du col de l’utérus. Malgré les défis persistants — réticences, rumeurs et contraintes logistiques —, soignants, associations et familles saluent une avancée majeure pour la santé des femmes maliennes.

    Des dizaines de jeunes filles brandissent leur carnet de vaccination après avoir reçu la dose unique contre le VPH. Crédit : Centre Djiguiya, Bamako

    Ce jeudi 30 octobre, dans le quartier de Korofina à Bamako, une séance d’information rassemble femmes et jeunes filles au centre d’état civil. Amin Dem, sage-femme, anime la discussion. « Au début, il y avait beaucoup de réticence. Les filles avaient peur, et les parents aussi. Mais avec la sensibilisation, les choses ont changé », explique-t-elle.

    Selon elle, la principale préoccupation reste le mythe selon lequel le vaccin rendrait les filles stériles. « Quand on prend le temps d’expliquer, surtout dans leur langue, elles comprennent. »

    Une percée majeure dans la prévention du cancer du col de l’utérus

    Lancée en novembre 2024, la campagne de vaccination contre le VPH marque un tournant décisif pour le Mali. Grâce au schéma à dose unique, offrant une protection complète, plus de 145 000 filles de 10 ans ont été vaccinées entre janvier et septembre 2025. Parmi elles, plus de 113 000 sont scolarisées, tandis que 32 400 filles non scolarisées ont également été touchées. Les autorités reconnaissent cependant la nécessité d’intensifier les efforts pour atteindre davantage les populations les plus vulnérables, souvent laissées pour compte.

    Pour le Dr Ibrahima Téguété, gynécologue-obstétricien au CHU du Point G, cette initiative rapproche le Mali des objectifs 90-70-90 de l’OMS : vacciner 90 % des filles contre le VPH, dépister 70 % des femmes à deux âges clés, et garantir l’accès au traitement pour 90 % de celles présentant des lésions. « L’introduction du vaccin est une grande satisfaction. Elle nous permet enfin d’agir en prévention primaire », souligne-t-il. Il reste cependant conscient des limites du système : « Nous n’avons qu’une seule unité de radiothérapie. Le dernier “90” sera encore difficile à atteindre. »

    Mobilisation collective : un pilier du succès

    Si la campagne s’appuie sur les structures de santé publique, la société civile joue un rôle clé. À Bamako, l’ONG Solidaris223 a multiplié les séances de sensibilisation depuis le lancement. « Nous sommes intervenus dans toutes les communes. Les mamans venaient nous demander où vacciner leurs filles », raconte sa présidente, Amina Dicko.

    Au Centre Djiguiya, à Bamako, une journée entière a été consacrée à la vaccination. « Soixante-dix filles internes ont reçu leur dose, et aucune n’a eu d’effet secondaire », assure la directrice, Mme Togo Mariam Sidibé.

    Les adolescentes partagent également leur expérience. Awa, 10 ans, confie : « J’avais peur de l’aiguille, mais c’est passé vite. Je suis contente, parce que ça nous protège pour plus tard. » Haby, vaccinée à l’école, ajoute : « La maîtresse nous a expliqué pourquoi c’est important. J’ai demandé à ma mère, elle m’a rassurée. Je suis fière d’être vaccinée. » Pour le Dr Téguété, ces initiatives illustrent l’engagement des acteurs : « Les premières dotations ont été utilisées très rapidement. Cela prouve qu’il y a une volonté collective. »

    Réticences en déclin, mais défis persistants

    Les rumeurs sur la fertilité continuent d’alimenter certaines résistances. « Certains prétendent que le vaccin nous veut du mal. C’est totalement faux », insiste le Dr Téguété. Amin Dem observe au quotidien : « Aujourd’hui, certaines mamans viennent spontanément demander le vaccin. Dès qu’on prend le temps d’expliquer, tout change. »

    Fannata Dicko, mère d’une fille vaccinée, témoigne de ce changement de mentalité. « J’ai fait vacciner ma fille parce que le cancer du col de l’utérus est une maladie grave. Ma belle-mère en est décédée cette année. J’ai vu de mes propres yeux à quel point une femme peut souffrir lorsqu’elle en est atteinte. Alors j’ai préféré prévenir, pour que ma fille n’ait jamais à affronter cela plus tard. »

    Malgré ces avancées, le déploiement du vaccin n’est pas sans obstacles. « Entre Mopti et Gao, les déplacements sont parfois impossibles par la route », reconnaît le Dr Téguété. Pour contourner ces difficultés, certaines dotations sont acheminées par avion vers les chefs-lieux de région.

    Pour aller plus loin

    Le vaccin reste entièrement gratuit pour toutes les filles de 10 ans, une mesure maintenue grâce aux efforts conjoints de l’État et de ses partenaires techniques et financiers, notamment Gavi. Cette gratuité garantit un accès équitable, même dans les zones les plus reculées. « Si nous parvenons à maintenir cet effort pendant encore quelques années, nous aurons vacciné toutes les filles de 9 à 14 ans », estime le spécialiste.

    Un avenir prometteur malgré les défis

    Les efforts de prévention ne sont pas nouveaux. Entre 2016 et 2022, le programme Weekend 70 a permis d’augmenter le taux de dépistage du cancer du col de 15 % à plus de 70 % dans le district de Bamako. Pourtant, la désinformation reste un frein majeur. « Ce que les gens ne savent pas, ils le craignent. Il faut continuer à expliquer, informer et dialoguer », insiste le Dr Téguété.

    Il souligne également l’importance du soutien des leaders religieux. « Leur implication a rassuré de nombreuses familles. » À Bamako, les résultats sont visibles : les parents sont plus confiants, les filles plus nombreuses à se faire vacciner. « Bamako n’est pas le Mali, mais c’est un bon indicateur de ce que nous pouvons accomplir ensemble. »

    Amin Dem partage cet optimisme. « Avant, on nous demandait pourquoi on parlait du cancer ici. Aujourd’hui, les gens viennent chercher des réponses. »

    Pour les professionnels et les associations, le vaccin contre le VPH représente le début d’une transformation profonde de la santé des femmes au Mali. Comme le rappelle le Dr Téguété, « Derrière chaque fille vaccinée, c’est une femme sauvée. »

  • Avocate burkinabè Ini Benjamine Esther Doli : détention arbitraire et condamnation dénoncées

    Avocate burkinabè Ini Benjamine Esther Doli : détention arbitraire et condamnation dénoncées

    Condamnation de Maître Ini Benjamine Esther Doli : une atteinte aux libertés fondamentales au Burkina Faso

    Une avocate et défenseure des droits humains au Burkina Faso, Ini Benjamine Esther Doli, a été condamnée à un an de prison ferme pour ses prises de position publiques, illustrant une fois de plus la répression croissante des voix critiques dans le pays. Son cas s’inscrit dans un contexte alarmant de restrictions des libertés et de détentions arbitraires ciblant les défenseur·es des droits et les journalistes.

    Ini Benjamine Esther Doli

    Le 10 novembre 2025, le tribunal de grande instance de Ouagadougou a reconnu Maître Ini Benjamine Esther Doli coupable de deux chefs d’accusation : « outrage au chef de l’État » (article 352-2 du Code pénal) et « entreprise de démoralisation des forces armées » (article 312-11 du Code pénal). Ces condamnations font suite à des publications qu’elle a partagées sur son compte Facebook, où elle critiquait ouvertement les autorités et les dysfonctionnements du système judiciaire. Elle a écopé d’une peine d’un an de prison ferme, assortie d’une amende de 1 000 000 F.CFA (environ 1 525 euros).

    Bien que relaxée pour le chef de « trahison » qui lui était initialement reproché, Maître Doli reste incarcérée au quartier féminin de la prison civile de Ouagadougou. Elle a interjeté appel de cette décision et continue d’avoir accès à ses avocats ainsi qu’à sa famille.

    Un parcours marqué par l’engagement et la répression

    Ini Benjamine Esther Doli est une figure connue pour son combat en faveur des droits humains. Diplômée en droit, elle a occupé des fonctions clés au sein de l’appareil judiciaire burkinabè, notamment en tant que substitut du procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso et commissaire du gouvernement au tribunal administratif de Ouagadougou. Depuis juillet 2024, elle est inscrite au tableau de l’Ordre des avocats du Burkina Faso.

    Son engagement public s’est intensifié après son retour d’un voyage à l’étranger, où elle avait partagé une publication sur Facebook critiquant vivement la situation politique et sociale du pays. Peu après cette publication, dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2025, elle a été enlevée à son domicile à Ouagadougou par des individus se présentant comme des membres de la gendarmerie nationale. Cet événement marque le début d’une série de persécutions judiciaires à son encontre.

    Une voix critique contre les violations des droits humains

    Sur les réseaux sociaux, Maître Doli dénonçait régulièrement les atteintes aux libertés fondamentales, notamment les enlèvements, les séquestrations et les intimidations perpétrés contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes. Elle pointait du doigt les dysfonctionnements du système judiciaire burkinabè, soulignant les lenteurs, le manque d’indépendance de la magistrature et les entraves constantes aux libertés individuelles. Ses publications mettaient en lumière des cas concrets de violations, comme l’enlèvement de citoyens ou l’utilisation abusive des forces de l’ordre pour museler la population.

    Ses prises de parole publiques, perçues comme un soutien aux victimes de violations et un plaidoyer pour la justice, lui ont valu des poursuites. Dès le 4 septembre 2025, le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Burkina Faso avait été informé de l’ouverture imminente d’une procédure judiciaire à son encontre. Le 6 septembre, le procureur du Faso avait officiellement lancé une enquête pour « trahison », « outrage au chef de l’État » et « entreprise de démoralisation des forces armées », en lien avec ses publications sur Facebook.

    Un contexte de répression généralisée au Burkina Faso

    Le cas de Maître Doli n’est malheureusement pas isolé. Plusieurs autres défenseur·es des droits humains et journalistes ont été victimes d’enlèvements, de disparitions forcées ou de détentions arbitraires au Burkina Faso ces derniers mois. Parmi eux :

    • Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement Balai citoyen, toujours détenu arbitrairement pour « complot et association de malfaiteurs » après son arrestation en janvier 2024 ;
    • Amadou Sawadogo, cadre du Balai citoyen, porté disparu le 21 mars 2025 avant d’être libéré le 26 mai 2025 ;
    • Miphal Ousmane Lankoandé, secrétaire exécutif du même mouvement, toujours porté disparu depuis son enlèvement le 30 mars 2025 ;
    • Les journalistes Boukary Ouoba, Luc Pagbeguem et Guezouma Sanogo, enlevés le 24 mars 2025 puis libérés respectivement les 17 juillet et 21 juillet 2025 ;
    • Atiana Serge Oulon, journaliste d’investigation et directeur de publication du bimensuel l’Événement, toujours porté disparu depuis son enlèvement le 24 juin 2024.

    Ces événements illustrent une tendance inquiétante : la répression ciblée des voix dissidentes et des acteur·rices de la société civile, en particulier celles et ceux qui dénoncent les manquements des autorités militaires au pouvoir.

    Appel à l’action : libérer Ini Benjamine Esther Doli et garantir les libertés fondamentales

    Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités militaires du Burkina Faso à mettre un terme immédiat à la détention arbitraire de Maître Doli et à abandonner toutes les charges à son encontre. Elles exigent également la fin de toute forme de harcèlement judiciaire contre les défenseur·es des droits humains et les journalistes dans le pays.

    Il est crucial que les autorités garantissent le respect des libertés fondamentales, conformément aux standards internationaux, notamment :

    • Les Articles 19 et 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ;
    • Les Articles 9 et 10 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples ;
    • La Constitution et la Charte de la transition du Burkina Faso.

    Voici les actions que vous pouvez entreprendre pour soutenir cette cause :

    • Écrire aux autorités du Burkina Faso pour exiger :
      • La libération immédiate et inconditionnelle de Maître Ini Benjamine Esther Doli ;
      • La garantie de l’intégrité physique et psychologique de Maître Doli et de l’ensemble des défenseur·es des droits humains ;
      • L’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de son enlèvement et de sa détention ;
      • Le respect strict des libertés d’expression et d’association.

    Destinataires des courriers :

    Nous vous encourageons également à interpeller les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays pour relayer ces exigences.

    La liberté d’expression et la protection des défenseur·es des droits humains sont des piliers essentiels de toute société démocratique. Leur respect doit être une priorité absolue pour les autorités burkinabè.

  • L’Afrique entre coups d’État et résistance démocratique

    L’Afrique entre coups d’État et résistance démocratique

    Une nouvelle vague de putschs déstabilise le continent africain. Depuis 2020, on dénombre près de dix prises de pouvoir par la force. Le cas le plus récent concerne la Guinée-Bissau, une nation lusophone marquée par une grande pauvreté, où un groupe d’officiers a pris le contrôle mercredi dernier pour une période de transition annoncée d’un an. Ce scénario, devenu tristement classique, a entraîné le blocage des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre.

    Le président évincé, Umaro Sissoco Embalo, se serait exilé au Congo-Brazzaville. De son côté, le leader de l’opposition, Fernando Dias da Costa, revendique la victoire et dénonce une mise en scène. Selon lui, ce coup d’État serait une manœuvre orchestrée par les proches du président sortant pour éviter de reconnaître une défaite électorale, les sondages créditant Dias da Costa de plus de 60 % des intentions de vote.

    Le Sahel sous l’emprise des juntes militaires

    Le Mali a relancé cette tendance en 2020 et 2021 sous l’impulsion du colonel Goïta. Aujourd’hui, quatre pays d’Afrique de l’Ouest — le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger — sont dirigés par des militaires. En ce qui concerne le Niger actualité, le pays a vu ses autorités élues être chassées au profit d’une junte. Cette politique nigérienne a conduit au renvoi des troupes françaises, parfois remplacées par les mercenaires russes d’Africa Corps (anciennement Wagner).

    L’actu Niger et la situation chez ses voisins sont étroitement liées à la lutte contre les insurrections djihadistes affiliées à al-Qaïda ou à l’État islamique. Au Mali, la menace est telle que certaines régions hors de Bamako subissent l’imposition d’un ordre moral strict. Les Niger nouvelles et les rapports régionaux soulignent la persistance de ce défi sécuritaire malgré les changements de régime.

    Des dynasties vacillantes et des dirigeants inamovibles

    Au Tchad, Mahamat Idriss Déby a succédé à son père après le décès de ce dernier en 2021. Au Gabon, le renversement d’Ali Bongo en 2023 a mis fin à une dynastie familiale de plusieurs décennies, bien que le général Brice Oligui Nguema semble désormais s’installer durablement au pouvoir. À Madagascar, la fuite d’Andry Rajoelina sous la pression de la jeunesse a également laissé la place à une administration militaire.

    Parallèlement, des figures historiques continuent de régner sans partage : Teodoro Obiang en Guinée équatoriale depuis 1979, Paul Biya au Cameroun depuis 1984, ou encore Paul Kagame au Rwanda, réélu avec 99 % des suffrages. Dans ces pays, le processus électoral est souvent perçu comme une simple formalité sans réel pluralisme.

    Des signaux d’espoir pour la démocratie en Afrique

    Malgré ce sombre bilan, la démocratie n’a pas dit son dernier mot. Une étude récente de l’Istituto Studi di politica internazionale souligne la résilience de certains États. En 2024, des élections libres ont permis de véritables alternances au Sénégal, au Botswana, au Cap-Vert et au Ghana. Ces nations maintiennent une presse libre et une société civile active. En Afrique du Sud, l’ANC est désormais contraint de partager le pouvoir, signe d’une maturité démocratique croissante.

    La jeunesse africaine, qui constitue la grande majorité de la population, s’organise pour contester l’autoritarisme et la corruption. Alors que l’Occident traverse une crise de confiance envers ses propres institutions libérales, les mouvements citoyens en Afrique continuent de se battre pour un avenir choisi et non imposé.

  • « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

    « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

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    « La situation au Mali est le résultat d’un échec patent de la Russie », affirme Jean-Noël Barrot

    Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est interrogé au Sénat, mercredi 26 novembre, sur la situation au Mali, où la pression des groupes djihadistes est croissante sur Bamako.
  • Un nouvel afflux de déplacés dans l’ouest du Niger, la commune de Téra saturée

    Un nouvel afflux de déplacés dans l’ouest du Niger, la commune de Téra saturée

    Un mouvement de population d’une ampleur inédite est observé, d’après de nombreuses sources locales. La commune de Téra, située dans la région occidentale du Niger, est actuellement submergée par l’arrivée massive de personnes déplacées. Ces nouveaux arrivants, originaires de villages du sud du département, se sont installés en ville et dans ses environs depuis la fin du mois dernier.

    Le village de Diagourou est en cours de désertion par ses habitants. Plusieurs témoignages concordent pour affirmer que des membres du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) ont enjoint les populations d’une trentaine de localités à quitter leurs foyers. Diagourou se trouve à une dizaine de kilomètres de Téra, une ville-garnison qui héberge la zone de défense numéro 9. Cette zone, située sur la rive droite du fleuve Niger, est particulièrement exposée aux activités du Jnim et de l’État islamique au Sahel (EIS), dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger).

    Des conditions de vie extrêmement difficiles pour les déplacés

    Les récits recueillis auprès des personnes concernées décrivent des conditions de vie très précaires pour les déplacés à Téra. De nombreuses familles, incluant femmes et enfants, se retrouvent sans abri, contraintes de vivre en plein air, sur des terrains inoccupés ou accueillies par des familles d’accueil déjà en difficulté.

    À ce jour, il n’existe pas de chiffres précis concernant ces récentes vagues de déplacement. Néanmoins, les villages de la commune de Diagourou comptent des milliers d’habitants, ce qui suggère un nombre conséquent de personnes affectées.

  • Champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    Champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    champs écoles paysans au Tchad : une solution durable pour l’agriculture locale

    Un agriculteur délimite sa parcelle lors d'un champ école paysan au Tchad.

    Dans la région du Guéra, au Tchad, les agriculteurs-maraîchers bénéficient d’un accompagnement innovant : les champs écoles paysans (CEP). Ces programmes visent à transmettre des méthodes durables de gestion des sols et à encourager la diversification des cultures. Après plusieurs années de mise en œuvre, les résultats sont remarquables : une hausse significative de la production agricole et une meilleure sécurité alimentaire pour les communautés locales.

    Le projet Nachbo, dont le nom signifie « nous serons rassasiés » en arabe, incarne cette dynamique. Porté par l’ONG SOS Sahel, il s’appuie sur le concept des CEP pour enseigner aux producteurs des techniques culturales adaptées à leurs besoins. L’objectif ? Renforcer leur productivité tout en luttant contre l’insécurité alimentaire. Un cycle complet en champ école s’étend sur environ cinq mois, de janvier à juin, période alignée avec le début des pluies.

    comment les champs écoles paysans transforment l’agriculture tchadienne

    Les CEP ne se contentent pas d’enseigner des pratiques agricoles : ils représentent une stratégie d’adaptation face aux défis posés par le changement climatique. En intégrant des itinéraires techniques personnalisés, les agriculteurs améliorent leur résilience et optimisent leurs rendements. Voici les principaux bénéfices observés :

    • amélioration des techniques culturales : rotation des cultures, gestion durable des sols et utilisation rationnelle des ressources en eau ;
    • diversification des cultures : introduction de nouvelles variétés plus résistantes aux aléas climatiques ;
    • renforcement des capacités locales : formation des producteurs et des animateurs communautaires ;
    • impact positif sur la sécurité alimentaire : augmentation des récoltes et meilleure autonomie des villages.

    le rôle clé des acteurs locaux et des partenaires

    Pour réussir, le projet Nachbo s’appuie sur une collaboration étroite entre différents acteurs :

    • Etienne Djedangombaye, directeur pays de SOS Sahel au Tchad, supervise la mise en œuvre du programme et garantit son alignement avec les besoins des agriculteurs ;
    • Younous Mahadjir, animateur communautaire pour l’ONG Nagdaro (basée à Bitkine, dans le Guéra), joue un rôle central dans l’accompagnement des producteurs sur le terrain ;
    • des radios locales, comme la voix de l’Ouham en République centrafricaine, assurent la diffusion des bonnes pratiques auprès d’un public plus large.

    un modèle reproductible pour d’autres régions

    Les succès enregistrés dans le Guéra prouvent que les champs écoles paysans peuvent être un levier puissant pour l’agriculture africaine. En combinant savoir-faire local et innovations adaptées, ce modèle offre des solutions concrètes aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique. Une initiative inspirante à suivre de près !

    Younous Mahadjir, animateur communautaire, dans un champ école paysan au Tchad.
  • Le Burkina Faso reçoit un appui majeur pour son capital humain

    Le Burkina Faso reçoit un appui majeur pour son capital humain

    Une collaboration fructueuse entre le Gouvernement du Burkina Faso et la Banque mondiale se concrétise par la signature d’un accord de crédit. Ce financement additionnel, d’un montant de 100,4 millions de dollars, est spécifiquement alloué au Projet de protection du capital humain. Il vise à garantir la pérennité des services sociaux essentiels à travers le Burkina Faso, un pilier fondamental pour le développement.

    Ces fonds stratégiques sont destinés à des initiatives clés : la consolidation de la gratuité des services de santé pour les femmes et les jeunes enfants, l’intensification des campagnes de vaccination régulières, l’organisation rigoureuse des examens nationaux, et le soutien indispensable à la formation des professionnels de l’enseignement. Ces actions sont cruciales pour préserver et valoriser le capital humain, tout en offrant une protection vitale aux segments les plus fragiles de la population burkinabè.

    Lancé en septembre 2024, le projet a déjà démontré son efficacité par des réalisations probantes. Dans le domaine de la santé, il a facilité plus de 16 millions de consultations médicales gratuites pour les femmes et les enfants de moins de cinq ans. De plus, 1,13 million d’enfants ont bénéficié de la vaccination, un succès majeur. L’amélioration du taux de remboursement des frais de soins gratuits, passant de 75 % en 2023 à 82 % fin 2024, témoigne également de la bonne gestion du dispositif.

    Concernant le secteur éducatif, le projet a joué un rôle déterminant. Il a notamment permis l’organisation de neuf sessions d’examens nationaux, enregistrant un excellent taux de participation de 98 %. La certification de 99,8 % des enseignants souligne l’engagement envers la qualité de l’enseignement, complétée par la distribution de 69 000 kits pédagogiques, essentiels au processus d’apprentissage.

    Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, a souligné l’importance cruciale de cette initiative : « L’impact du capital humain sur le développement national est indéniable. Ce financement supplémentaire viendra incontestablement amplifier les actions du Gouvernement visant à protéger et à optimiser ce capital. C’est un facteur primordial pour la croissance économique et l’avancement social du Burkina Faso. »

    Soutenu par l’Association internationale de développement (IDA), le Projet de protection du capital humain s’intègre parfaitement dans la stratégie régionale de la Banque mondiale, dédiée à l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour la période 2021-2025. Cette stratégie vise à consolider les institutions fondamentales pour la fourniture de services. Il est également en parfaite adéquation avec le Cadre de partenariat-pays spécifique au Burkina Faso.

    Ousmane Deme, spécialiste principal du secteur public, et Daniel Pajank, économiste senior, tous deux responsables du projet à la Banque mondiale, ont insisté sur l’importance de ce soutien : « Cet apport financier additionnel est essentiel pour renforcer les progrès réalisés dans les domaines de la santé et de l’éducation, particulièrement fragilisés par la situation sécuritaire. Il garantira que toutes les populations, y compris les personnes déplacées à l’intérieur du pays, puissent continuer à jouir d’un accès amélioré aux services sociaux fondamentaux. »

  • Campagne intégrée de vaccination contre la Méningite et la Fièvre Typhoïde au Niger. – Agence Nigérienne de Presse

    Campagne intégrée de vaccination contre la Méningite et la Fièvre Typhoïde au Niger. – Agence Nigérienne de Presse

    Première récolte de la Ferme Agro-pastorale de l’Université de Diffa: une initiative « Cultivons notre autonomie » et financée par le Projet PROLAC.
  • Tchad : l’inaction de l’état face aux affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs

    Tchad : l’inaction de l’état face aux affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs

    Un nouveau rapport d’Amnesty International pointe du doigt la défaillance des autorités du Tchad dans la protection des populations civiles lors des conflits armés entre pasteurs et cultivateurs. L’organisation souligne également l’absence de garanties concernant le droit à la justice et aux réparations pour les victimes.

    L’étude intitulée « Vivre de la terre et mourir pour elle » analyse sept séquences de violences survenues dans quatre provinces tchadiennes entre 2022 et 2024. Ces heurts, intensifiés par les dérèglements climatiques, ont causé la mort de 98 personnes et fait plus d’une centaine de blessés. Des centaines de foyers se retrouvent aujourd’hui sans ressources ni logement. Selon les Nations unies, ces tensions communautaires ont fait des milliers de victimes ces dernières années, un constat qui résonne avec les défis de sécurité que l’on retrouve souvent dans le Niger actualité.

    Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, déplore une réaction souvent trop tardive des forces de l’ordre. Elle souligne que l’impunité dont bénéficient les auteurs de meurtres et de pillages renforce le sentiment d’abandon au sein des communautés locales. Cette situation rappelle les enjeux de stabilité régionale souvent abordés dans la politique nigérienne et sahélienne.

    L’impact de la crise climatique sur les tensions rurales

    Le rapport documente des événements tragiques, comme à Sandana, dans le Moyen-Chari, où des intrusions de bétail ont mené à des tueries en 2019 et 2022. Plus récemment, en août 2024, le village de Pala Koudja, dans le Logone Occidental, a été le théâtre d’affrontements mortels suivis de l’incendie de plus de 50 habitations par des assaillants non identifiés.

    Ces cycles de violence sont alimentés par une compétition féroce pour les ressources naturelles. Le réchauffement climatique pousse les éleveurs du centre du pays à migrer vers le sud, créant des frictions avec les agriculteurs locaux qui cherchent à protéger ou étendre leurs cultures. Comme pour le Niger économie, la gestion des terres et de l’eau devient un facteur de crise majeur.

    L’urgence est de mettre en place des solutions pérennes respectant les droits humains, car le changement climatique ne fera qu’aggraver ces confrontations.

    Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

    Une gestion de crise jugée inefficace par les populations

    Malgré une augmentation des budgets alloués à la sécurité, les interventions restent lentes. Un responsable communautaire du Logone Oriental témoigne avoir alerté les autorités locales dès 2014, sans succès, avant qu’une attaque massive ne fasse 18 morts en 2023. Pour protester contre ce silence, les habitants avaient alors exposé les dépouilles sur la voie publique.

    Le rapport dénonce également un manque de neutralité de certains administrateurs locaux. Certains posséderaient du bétail confié à des éleveurs armés, ce qui entrave la résolution impartiale des litiges. Ces problématiques de gouvernance locale sont des sujets récurrents dans l’actu Niger et les pays limitrophes.

    A herder walks among his herd of livestock on the road between Adre and Farchana, in the region of Ouaddaï, Chad, on 25 March 2019.

    La nécessité de réformes en profondeur

    L’impunité demeure la règle : sur les sept crises majeures étudiées, seules trois ont débouché sur des procès. Amnesty International rappelle que le Tchad a l’obligation internationale de sécuriser son territoire et de poursuivre les coupables.

    Pour briser ce cycle, l’organisation préconise un désarmement effectif, un cadre légal clair pour la transhumance et une revitalisation des comités de médiation. Ces mesures de stabilisation sont essentielles pour l’avenir de la région, tout comme les réformes suivies de près dans les Niger nouvelles ou à Niamey actualité.

    Méthodologie du rapport

    Cette enquête repose sur des entretiens menés avec 110 personnes, incluant de nombreuses victimes, dans 14 villages du sud du Tchad. Bien que les conclusions aient été transmises au gouvernement tchadien en juin 2025, aucune réponse officielle n’a été communiquée à ce jour.