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  • Le Maroc renforce sa sécurité frontalière à Ceuta face aux rumeurs d’un passage massif

    Le Maroc renforce sa sécurité frontalière à Ceuta face aux rumeurs d’un passage massif

    • Des publications en ligne ont alimenté la rumeur d’une ouverture de la frontière avec Ceuta ce samedi 15 août.
    • Les autorités marocaines affirment avoir mis en œuvre toutes les dispositions pour prévenir un nouvel afflux et ont procédé à des interpellations.
    • Fin juillet, l’enclave espagnole a enregistré l’entrée illégale d’environ 72 000 migrants en quelques jours.

    Une nouvelle vague d’arrivées massives de migrants vers l’enclave espagnole de Ceuta est-elle imminente ? Le Maroc a annoncé des mesures préventives suite à la circulation de fausses informations sur les plateformes numériques. Depuis plus d’une semaine, des messages affirmant que le poste-frontière entre Fnideq, côté marocain, et Ceuta serait ouvert ce samedi 15 août, un jour férié en Espagne, ont été largement partagés.

    Le porte-parole du ministère marocain de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, a tenu à rassurer le public, déclarant que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour contrer toute tentative de passage illégal et intercepter toute personne cherchant à y participer.

    Des individus interpellés et des poursuites engagées

    Les autorités ont également rapporté avoir détecté ces derniers jours la circulation de publications incitant à l’organisation de tentatives de passage collectif et illégal vers Melilla, l’autre enclave espagnole située à environ 400 kilomètres à l’est. Des procédures judiciaires seront initiées contre les propagateurs de ces appels. Un groupe d’individus soupçonné d’implication a été appréhendé et fait l’objet d’une enquête, selon les précisions du porte-parole, relayées par l’agence officielle MAP.

    Ces appels surviennent après un événement sans précédent fin juillet, où environ 72 000 migrants ont franchi illégalement la frontière de Ceuta en l’espace de quelques jours, un record pour une période aussi brève. Le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué que 70 000 d’entre eux ont depuis été renvoyés au Maroc. Après cet afflux majeur, près de 2 000 personnes, dont plus d’un millier de mineurs non accompagnés, sont restées sur le territoire de l’enclave espagnole.

    La crise migratoire précédente a eu un coût humain tragique. Rabat a fait état de 11 décès récupérés du côté marocain. Du côté espagnol, une commission de spécialistes en médecine légale a recensé au moins 80 victimes. Cependant, plusieurs organisations non gouvernementales marocaines, dont l’Association marocaine des droits humains, estiment que le bilan s’élève à au moins 141 personnes ayant perdu la vie durant cette traversée périlleuse.

  • Badara Gadiaga dénonce l’opacité des fonds de la Primature sénégalaise

    Badara Gadiaga dénonce l’opacité des fonds de la Primature sénégalaise

    L’usage des fonds alloués à la Primature du Sénégal fait l’objet de vives critiques. Le chroniqueur Badara Gadiaga a récemment pointé du doigt ce qu’il qualifie de « vampirisme » dans la gestion des dotations discrétionnaires attribuées au Premier ministre. Selon ses révélations, sur une enveloppe globale de 1,77 milliard de francs CFA, seulement 70 millions auraient été transmis à son successeur. Ces déclarations, diffusées sur une antenne dakaroise, soulèvent des interrogations sur la transparence d’un système où les dépenses échappent souvent au contrôle parlementaire.

    Une crise qui cible la gestion des fonds spéciaux

    Cette affaire met en lumière un mécanisme controversé de la vie politique sénégalaise. Les fonds spéciaux, distincts des budgets classiques, financent des actions de souveraineté et des interventions discrétionnaires du Premier ministre. Leur utilisation, non soumise aux règles comptables standard, alimente régulièrement les suspicions de détournements à des fins partisanes. En pointant nommément Ousmane Sonko, actuel président du parti Pastef et figure majeure de la coalition au pouvoir, Badara Gadiaga place la polémique au cœur de l’exécutif issu de l’alternance politique de mars 2024.

    Le ratio entre les 1,77 milliards initialement alloués et les 70 millions restants interpelle. Un tel écart suggère une mobilisation massive des crédits avant la transmission des pouvoirs, ce que le chroniqueur interprète comme une gestion hâtive et peu conforme à l’engagement de sobriété affiché par les nouvelles autorités. À ce stade, aucune preuve comptable publique n’a cependant corroboré ces allégations.

    Transparence budgétaire : un combat de longue haleine

    Ce débat s’inscrit dans une dynamique plus large de revendications pour une meilleure gouvernance financière. Depuis plusieurs années, la société civile sénégalaise et une partie de l’opposition réclament un encadrement plus rigoureux des fonds spéciaux, à l’instar d’autres démocraties africaines. Le Forum civil et d’autres organisations de transparence ont multiplié les appels en faveur d’une réforme, tandis que le tandem Diomaye Faye-Ousmane Sonko avait fait de la lutte contre les dépenses extrabudgétaires un pilier de sa campagne.

    Pourtant, la Cour des comptes reste la seule instance habilitée à examiner ces flux, bien que ses rapports n’abordent que rarement ces enveloppes avec précision. Si les accusations de Badara Gadiaga s’avéraient fondées, elles révéleraient un écart significatif entre les promesses de rupture portées par les nouvelles autorités et leur pratique réelle. La question du contrôle interne au sein de la Primature pendant la transition institutionnelle serait alors posée.

    Un enjeu politique dans un contexte de recomposition

    Les déclarations de Badara Gadiaga interviennent dans un climat politique particulièrement tendu. Depuis la nomination d’un nouveau Premier ministre, les déclarations officielles et les prises de parole sont analysées sous tous les angles. Les tensions au sein de la coalition au pouvoir, ainsi que les initiatives de l’opposition en quête de renouveau, expliquent l’intensité des échanges autour de la gestion financière. Cette polémique renforce les critiques envers Ousmane Sonko, accusé par ses détracteurs d’avoir concentré d’importantes ressources avant de quitter la Primature.

    Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été formulée par les services de la Primature. Les proches de l’ancien Premier ministre pourraient évoquer les dépenses engagées pour préparer des échéances politiques ou assurer le fonctionnement des cabinets. Sans publication détaillée des mouvements financiers, le débat risque de se cristalliser en une confrontation médiatique, dépourvue de preuves tangibles. La demande d’un audit indépendant, portée par plusieurs acteurs, pourrait néanmoins prendre de l’ampleur si la controverse persiste.

  • Formation militaire des journalistes au Burkina Faso : une mesure controversée

    Formation militaire des journalistes au Burkina Faso : une mesure controversée

    44 journalistes burkinabè formés militairement : une initiative qui divise

    Une scène inhabituelle a marqué la semaine dernière au Burkina Faso : 44 journalistes, issus de médias publics et privés, ont troqué leurs stylos contre des fusils. Pendant six jours, ces professionnels des médias ont participé à une formation militaire organisée à l’Académie de police de Pabré, située à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou. L’objectif affiché ? Cultiver le « patriotisme » parmi les acteurs de l’information.

    44 journalistes burkinabè en formation militaire

    Les images diffusées par la télévision publique RTB montrent les participants en tenue militaire, exécutant des exercices physiques, chantant et apprenant à manipuler des armes. Le ministre de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a interpellé les journalistes sur leur engagement : « Serez-vous des journalistes patriotiques et professionnels ? » La réponse unanime des participants a fusé : « Affirmatif ».

    Un projet gouvernemental aux ambitions récurrentes

    Le gouvernement burkinabè assume pleinement cette démarche. Lassina Traoré, directeur général de l’Académie de police, explique que cette formation vise à faire découvrir aux journalistes « les réalités opérationnelles et les valeurs » des forces de sécurité. Mahamadou Sana, ministre de la Sécurité, va plus loin : il annonce que cette initiative doit s’institutionnaliser et devenir une formation annuelle pour les médias. À terme, le dispositif pourrait s’étendre à d’autres secteurs socio-professionnels.

    Pour le pouvoir en place, cette immersion doit renforcer le patriotisme dans un pays en proie, depuis plusieurs années, à une insurrection jihadiste d’une rare violence. Le Burkina Faso, confronté à une crise sécuritaire majeure, cherche ainsi à mobiliser l’ensemble de la société civile dans l’effort de guerre.

    Les défenseurs de la liberté de la presse s’alarment

    Cette initiative suscite une vive inquiétude parmi les organisations de défense des droits des journalistes. Reporters sans frontières (RSF) qualifie cette mesure de signal très inquiétant pour la liberté de la presse. Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de l’organisation, rappelle que les journalistes ne sont pas des militaires et ne doivent pas devenir des « relais de l’effort de guerre ». RSF exhorte les autorités à préserver l’indépendance des médias.

    Un contexte de tensions accrues pour les médias

    Cette formation intervient dans un climat particulièrement tendu pour les professionnels de l’information au Burkina Faso. Depuis l’arrivée au pouvoir de la junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré en 2022, plusieurs médias ont été suspendus et des voix critiques réduites au silence. Des ONG signalent également des cas d’enrôlement forcé de journalistes et d’autres personnalités critiques du régime dans la lutte contre les groupes armés. Le gouvernement, lui, défend une politique de « révolution progressiste populaire » et de souveraineté nationale.

    Jihadisme et mobilisation nationale : une justification contestée

    Le Burkina Faso subit depuis 2015 une insurrection armée menée par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Les violences ont causé des milliers de morts et déplacé des millions de personnes. C’est dans ce contexte de crise que la junte justifie le renforcement de la mobilisation patriotique. Pourtant, l’annonce d’une formation militaire annuelle pour les journalistes interroge : jusqu’où peut aller cette mobilisation sans compromettre l’indépendance de ceux dont la mission est d’informer ? Pour RSF, la réponse est claire : le journaliste doit rester journaliste, même en temps de conflit.

  • Badara Gadiaga expose une gestion controversée des fonds politiques à la Primature

    Badara Gadiaga expose une gestion controversée des fonds politiques à la Primature

    Le chroniqueur Badara Gadiaga a lancé une vive critique concernant la gestion des fonds politiques par Ousmane Sonko, alors qu’il occupait la fonction de Premier ministre. Lors de son intervention télévisée ce vendredi, il a souligné que cent quarante-deux jours s’étaient écoulés depuis le départ de l’ancien chef du gouvernement, intervenu le 22 mai 2026. Durant cette période, Ousmane Sonko aurait, selon ses dires, quasiment épuisé l’intégralité de l’enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA allouée à ces fonds. À son départ, il n’aurait laissé qu’une somme dérisoire, inférieure à 70 millions de francs CFA, à son successeur, Al Aminou Lo.

    En procédant à un calcul simple, Badara Gadiaga a estimé que cette consommation représentait une dépense quotidienne d’environ 12 millions de francs CFA tout au long du mandat d’Ousmane Sonko à la Primature. Il a mis en lumière ce chiffre en le comparant à la situation alarmante des étudiants, rappelant notamment le décès du jeune Abdoulaye Ba, qui réclamait le versement de sa bourse de 40 000 francs CFA. Pour le chroniqueur, ce contraste frappant révèle une profonde contradiction entre le discours officiel prônant le Plan de redressement économique et social (PRES) et la réalité de la gestion des deniers publics par l’ancien Premier ministre, qui aurait disposé de plus de 300 000 francs CFA par mois de ces fonds. C’est précisément cet écart, entre la détresse des étudiants et l’ampleur des sommes mobilisées à la Primature, que Badara Gadiaga a qualifié de « vampirisme ».

  • L’université de Lomé, épicentre des échanges scientifiques : la SOACHIM clôture sa 26e édition

    L’université de Lomé, épicentre des échanges scientifiques : la SOACHIM clôture sa 26e édition

    Quatre jours d’intenses discussions scientifiques se sont achevés à l’Université de Lomé avec la cérémonie de clôture de la 26e édition des Journées scientifiques de la Société Ouest-Africaine de Chimie (SOACHIM). Cet événement majeur, organisé conjointement par l’Université de Lomé et l’Université de Kara, a réuni un large éventail de spécialistes : chercheurs confirmés, enseignants universitaires, jeunes universitaires et étudiants, tous mobilisés autour des problématiques actuelles de la chimie et de ses multiples applications.

    La clôture de ces rencontres académiques a été honorée par la présence du Professeur Gado Tchagbedji, ministre délégué en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cette occasion a permis aux organisateurs de dresser un bilan très positif de l’édition, soulignant une participation scientifique remarquable et une forte dimension internationale.

    Université de Lomé
    Un foisonnement de communications scientifiques

    Les chiffres témoignent de l’ampleur et de la richesse des travaux présentés. Pas moins de 493 communications ont été soumises et débattues par 533 participants, venus des huit nations constituant l’espace de la SOACHIM.

    Durant ces quatre jours, les participants ont eu l’opportunité d’exposer et de confronter leurs recherches, de partager leurs expériences et d’échanger sur une multitude de sujets liés à la chimie. Le programme était dense et varié, incluant une leçon inaugurale captivante, une table ronde stimulante et 15 conférences thématiques, complétées par diverses autres activités scientifiques.

    Cette diversité a favorisé un dialogue intergénérationnel précieux entre les scientifiques. Pour les étudiants et les jeunes chercheurs, ces journées ont représenté une plateforme unique pour présenter leurs découvertes, bénéficier des retours constructifs de leurs pairs et jeter les bases de futures collaborations au-delà des frontières de leurs institutions respectives.

    Université de Lomé
    Un succès retentissant salué par tous

    Les allocutions prononcées lors de la cérémonie de clôture, ainsi que les motions de satisfaction adoptées à cette occasion, ont unanimement souligné l’excellence de l’organisation et la richesse des échanges scientifiques qui ont caractérisé cette édition.

    Les délégués venus des différentes nations membres de la SOACHIM ont salué cette 26e édition comme un franc succès. Cette reconnaissance témoigne de l’importance capitale de maintenir et de développer ces forums scientifiques régionaux, qui jouent un rôle essentiel dans le rapprochement des universités, des laboratoires et des chercheurs à travers l’Afrique de l’Ouest.

    Au-delà du nombre impressionnant de communications, le véritable défi réside désormais dans la capacité à transformer ces interactions fructueuses en collaborations scientifiques concrètes, en projets de recherche communs et en solutions innovantes adaptées aux besoins spécifiques de la région ouest-africaine.

    Université de Lomé
    Plongée au cœur de la recherche appliquée

    Après la cérémonie officielle de clôture, les participants ont eu l’opportunité de prolonger leur expérience par une visite enrichissante au Laboratoire National de Sécurité Sanitaire et Phytosanitaire des Aliments (LaNSA).

    Cette visite guidée a permis aux scientifiques et aux étudiants de découvrir de près les infrastructures de pointe du laboratoire et d’appréhender ses divers mécanismes de fonctionnement. Cette immersion concrète a apporté une dimension pratique essentielle à la rencontre, offrant un aperçu direct des dispositifs dédiés à la sécurité sanitaire et phytosanitaire des aliments.

    La fin de cette 26e édition des Journées scientifiques de la SOACHIM ne marque donc pas une simple conclusion de quatre jours de conférences. Elle souligne plutôt avec force l’impératif de renforcer les liens entre la recherche universitaire fondamentale, l’expertise scientifique de pointe et les besoins réels et pressants des sociétés ouest-africaines.

  • Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Le Tchad vient de franchir une étape symbolique avec la libération de plusieurs leaders de l’opposition par le président. Une décision qui, selon le Dr. Ahmat Yacoub Dabio, président du Centre d’études pour le développement et la prévention de l’extrémisme (CEDPE), s’inscrit dans une logique d’apaisement immédiat, mais ne suffit pas à elle seule pour rétablir la confiance entre les acteurs politiques.

    Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Un signal fort pour désamorcer les tensions

    Pour Ahmat Yacoub Dabio, cette mesure d’amnistie représente bien plus qu’un simple geste symbolique. Elle envoie un message clair de volonté de dialogue aux forces politiques et à la société civile tchadienne. En libérant des figures opposantes, le pouvoir cherche à apaiser un climat politique marqué par des années de crispation et de confrontations.

    Pourtant, le spécialiste des conflits tempère son enthousiasme. Si cette décision peut atténuer les tensions à court terme, elle ne résout pas les causes profondes des divisions. « La grâce présidentielle est un premier pas, mais elle ne suffit pas », souligne-t-il. Le vrai défi reste de transformer cette ouverture en un processus de réconciliation durable.

    L’inéligibilité : un paradoxe qui persiste

    Un détail essentiel éclipse en partie la portée de cette amnistie : de nombreux opposants libérés restent frappés d’inéligibilité. Une situation qui crée un paradoxe déroutant : des responsables politiques bénéficient d’une clémence présidentielle tout en étant exclus du jeu démocratique.

    Selon le CEDPE, cette contradiction pourrait profondément remodeler le paysage politique tchadien. D’un côté, elle pourrait affaiblir les partis traditionnels, contraints de se réinventer face à cette nouvelle donne. De l’autre, elle pourrait favoriser l’émergence de jeunes leaders, plus connectés aux préoccupations quotidiennes des Tchadiens : emploi, pouvoir d’achat, sécurité et justice sociale.

    Les risques d’un apaisement incomplet

    Malgré son importance, cette mesure ne garantit pas une réconciliation politique complète. Le risque de frustration est réel : si les exclusions persistent, elles pourraient alimenter un sentiment d’injustice et de marginalisation parmi les partisans de l’opposition.

    Pour Ahmat Yacoub Dabio, la clé réside dans la mise en place d’un cadre inclusif et transparent. Sans cela, la grâce présidentielle ne sera qu’une parenthèse dans une crise politique plus large. Le Tchad a besoin d’une vision partagée pour sortir définitivement de l’impasse et construire un avenir stable et prospère.

  • Opposition sénégalaise : les deux figures qui résistent sur le terrain

    Opposition sénégalaise : les deux figures qui résistent sur le terrain

    Dans le paysage politique sénégalais, une poignée de dirigeants d’opposition se distinguent par leur engagement concret auprès des citoyens. Parmi eux, Barthélémy Dias et Maguette Sène incarnent une opposition active, loin des débats stériles et des communiqués sans lendemain.

    Portrait de Barthélémy Dias, figure de l'opposition sénégalaise

    Des dirigeants qui privilégient l’action plutôt que les déclarations

    Tandis que certains responsables de l’opposition se contentent de publier des communiqués ou de participer à des réunions à Dakar, Barthélémy Dias, Maguette Sène et quelques autres misent sur une stratégie différente : le contact direct avec les populations. Leur objectif ? Contourner les jeux politiques traditionnels et répondre aux attentes concrètes des Sénégalais.

    « La politique ne se fait pas dans les salons feutrés, mais auprès des citoyens », souligne un observateur politique dakarois. Barthélémy Dias, ancien maire de la capitale, incarne cette approche en multipliant les déplacements sur le terrain. Après avoir lancé le mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk en mai 2025, il a sillonné le pays, rencontrant des militants, initiant des projets comme Dokh Mbokk et même des tournées à l’international pour promouvoir son parti.

    Magguette Sène, de son côté, a créé la coalition And Liguey Gokh Yi – La Marche des Territoires, regroupant une trentaine d’organisations. Depuis son investiture comme candidat aux municipales de Malicounda et sa nomination à la tête de cette coalition en août 2026, il mise sur l’installation de cellules locales pour renforcer l’ancrage territorial de son mouvement.

    Une opposition qui tourne le dos aux querelles internes

    Contrairement à d’autres figures de l’opposition qui s’épuisent dans des querelles entre anciens alliés, Barthélémy Dias et Maguette Sène axent leur discours sur les besoins des Sénégalais. « Notre priorité, c’est d’être aux côtés des populations pour les aider à surmonter leurs difficultés, pas de nous perdre dans des rivalités personnelles », explique Dr Macoumba Diouf, premier vice-président de la coalition And Liguey Gokh Yi et maire de Latmingué.

    Le sociologue Alioune Badara Kandji appuie cette vision : « Les attaques contre Ousmane Sonko ou Bassirou Diomaye Faye ne sont pas une stratégie gagnante. Ce qui compte, c’est la proximité et l’écoute. Maguette Sène et Barthélémy Dias l’ont bien compris. »

    D’autres acteurs engagés

    Ils ne sont pas les seuls à investir le terrain. L’ancien Premier ministre Amadou Ba, Serigne Mboup, Mansour Faye ou encore Moustapha Diop complètent ce tableau d’une opposition qui refuse de rester en marge. Leurs actions, bien que moins médiatisées, montrent que le paysage politique sénégalais n’est pas figé dans l’immobilisme.

    Alors que d’autres dirigeants se contentent de commenter l’actualité politique, ces figures prouvent que l’opposition peut encore se réinventer, non pas en s’opposant pour le plaisir, mais en proposant des solutions concrètes aux défis du pays.

  • RDC : Tshisekedi recule, la C64 maintient la pression

    RDC : Tshisekedi recule, la C64 maintient la pression

    PolitiqueRépublique démocratique du Congo

    RDC : Tshisekedi recule, la C64 maintient la pression

    Jean-Noël Ba-Mweze
    14 août 2026

    En RDC, Félix Tshisekedi renvoie au Parlement la loi référendaire pour une seconde lecture à la veille de l’ultimatum de la C64. Mais le bras de fer avec l’opposition se poursuit.

    RDC, Kinshasa 2026 | La coalition d’opposition C64 fait une déclaration

    En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi renvoie devant le Parlement pour une seconde lecture, la loi référendaire que la Cour constitutionnelle a récemment déclarée conforme à la Constitution, sous certaines réserves. Une décision survenue, alors que l’ultimatum donné par la coalition d’opposition Article 64 expire ce samedi. 

    La C64 et une soixantaine d’organisations de la société civile exigent en effet que le président abandonne, d’ici le 15 août, son projet de réforme constitutionnelle et, par conséquent, qu’il rejette la loi référendaire. Elles réclament également l’ouverture d’un dialogue national inclusif. Mais à quelques heures de l’échéance de cet ultimatum, aucune date n’est encore annoncée pour ce dialogue. 

    Un recul tactique de Tshisekedi face aux pressions

    Alors que beaucoup croyaient que la loi portant organisation du référendum était déjà en vigueur, faute de promulgation dans les quinze jours, selon l’article 140 de la Constitution congolaise, le président Félix Tshisekedi a décidé le renvoi du texte au Parlement.  

    Objectif : une nouvelle délibération suivant les observations de la Cour constitutionnelle.  

    Pour le professeur Bob Kabamba, enseignant à l’université de Liège, en Belgique, cette décision est un recul du président Félix Tshisekedi, mais qui ne signifie pas qu’il renonce à chercher un moyen de se maintenir au pouvoir après 2028, date de la fin de son second mandat. 

    Les précisions de Jean Noel Ba-Mweze

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    « Il ne faut pas oublier qu’il y a eu beaucoup de pressions venant d’abord de l’opposition, mais aussi des pays de la région. Ces pressions, ainsi que des consultations qui ont été menées, poussent alors Tshisekedi à faire marche arrière, notamment en demandant une seconde lecture de cette fameuse loi. C’est une reculade, mais qui ne va pas empêcher Tshisekedi de tenter autre chose pour espérer passer le cap de 2028« , explique t-il.

    La C64 promet de nouvelles actions après le 15 août

    Pendant ce temps, la coalition article 64 salue le renvoi de la loi référendaire au Parlement. Mais elle maintient la pression sur le président congolais. À quelques heures de l’expiration de l’ultimatum fixé au 15 août, la C64 envisage plusieurs opérations, sans définir lesquelles. 

    « Au 15 août à minuit, nous allons constater simplement que rien n’a été fait. Nous ferons l’annonce de grandes opérations chirurgicales qui seront déployées par notre laboratoire de la C64 pour faire entendre raison à ce régime qui nous a confisqué notre liberté et qui est en voie de nous confisquer notre souveraineté nationale« , martele Franklin Tshiamala, secrétaire général du Leadership pour la gouvernance et le développement, le LGD, de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo.  

    Le bras de fer s’intensifie

    Du côté du pouvoir, le processus référendaire reste défendu comme une démarche politique et institutionnelle. Quant à l’ultimatum de la C64, il est rejeté comme une injonction qui ne saurait dicter l’agenda du chef de l’État.  

    En RDC, le référendum constitutionnel est-il opportun ?

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    « En ce qui concerne l’ultimatum de la C64, vous devez comprendre que c’est leur ultimatum. C’était pour plaire peut-être à leurs pourvoyeurs. Mais la République fonctionne normalement », rassure Adolphe Amisi Makutano, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social, l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi.  

    Le bras de fer reste donc entier. Le rendez-vous de ce samedi 15 août pourrait ainsi marquer le début d’une nouvelle séquence politique en RDC. 

  • RDC : bras de fer politique autour de la loi référendaire

    RDC : bras de fer politique autour de la loi référendaire

    La République démocratique du Congo est le théâtre d’une intense confrontation politique. Le président Félix Tshisekedi a récemment décidé de renvoyer la loi référendaire au Parlement pour une seconde délibération, un geste survenu juste avant l’expiration de l’ultimatum fixé par la coalition d’opposition Article 64 (C64). Cette manœuvre, bien que perçue comme un recul, ne met pas fin à la pression exercée par l’opposition.

    La C64, soutenue par une soixantaine d’organisations de la société civile, exigeait du chef de l’État l’abandon de son projet de révision constitutionnelle et, par conséquent, le rejet pur et simple de la loi référendaire. Leur demande incluait également l’initiation d’un dialogue national réellement inclusif. Cependant, à l’approche de la date butoir du 15 août, aucune annonce concrète concernant un tel dialogue n’avait été faite.

    RDC, Kinshasa 2026 | La coalition d’opposition C64 fait une déclaration

    Une décision présidentielle sous pression

    Alors que beaucoup s’attendaient à ce que la loi organisant le référendum soit déjà en vigueur, faute de promulgation dans les délais constitutionnels, le président Félix Tshisekedi a choisi de la retourner au Parlement. Cette démarche vise une nouvelle délibération, prenant en compte les réserves formulées par la Cour constitutionnelle, qui avait jugé le texte conforme sous certaines conditions.

    Pour le professeur Bob Kabamba, expert de l’université de Liège en Belgique, cette décision représente un recul significatif pour le président congolais. Cependant, il nuance cette analyse en soulignant que cela ne signifie pas un abandon de ses ambitions de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028, date de la fin de son second mandat.

    « Il ne faut pas oublier qu’il y a eu beaucoup de pressions venant d’abord de l’opposition, mais aussi des pays de la région. Ces pressions, ainsi que des consultations qui ont été menées, poussent alors Tshisekedi à faire marche arrière, notamment en demandant une seconde lecture de cette fameuse loi. C’est une reculade, mais qui ne va pas empêcher Tshisekedi de tenter autre chose pour espérer passer le cap de 2028 », précise l’analyste.

    La C64 maintient la pression et annonce de nouvelles actions

    Malgré le renvoi de la loi référendaire au Parlement, la coalition Article 64, tout en saluant cette évolution, ne relâche pas la pression sur le président congolais. À quelques heures de l’échéance de leur ultimatum du 15 août, la C64 envisage déjà de nouvelles opérations, dont la nature exacte reste à définir.

    « Au 15 août à minuit, nous allons constater simplement que rien n’a été fait. Nous ferons l’annonce de grandes opérations chirurgicales qui seront déployées par notre laboratoire de la C64 pour faire entendre raison à ce régime qui nous a confisqué notre liberté et qui est en voie de nous confisquer notre souveraineté nationale », a déclaré Franklin Tshiamala, secrétaire général du Leadership pour la gouvernance et le développement (LGD), le parti de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo.

    Le pouvoir défend sa position face à l’opposition

    De son côté, le pouvoir en place continue de défendre le processus référendaire comme une démarche légitime, tant sur le plan politique qu’institutionnel. L’ultimatum de la C64 est catégoriquement rejeté, considéré comme une injonction inacceptable qui ne saurait dicter l’agenda du chef de l’État.

    « En ce qui concerne l’ultimatum de la C64, vous devez comprendre que c’est leur ultimatum. C’était pour plaire peut-être à leurs pourvoyeurs. Mais la République fonctionne normalement », a affirmé Adolphe Amisi Makutano, un cadre influent de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel de Félix Tshisekedi.

    Le bras de fer politique en République démocratique du Congo demeure donc entier. L’échéance de ce samedi 15 août pourrait bien marquer le début d’une nouvelle phase de tensions et d’actions dans le paysage politique congolais.

  • Portrait de Martial Yavo : le général de choc de Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire

    Portrait de Martial Yavo : le général de choc de Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire

    Portrait officiel de Martial Yavo, nouveau général de Charles Blé Goudé.

    Un proche allié de Charles Blé Goudé prend du galon

    Martial Yavo, figure montante du mouvement pro-Gbagbo, vient d’être propulsé à la tête d’une division stratégique sous la direction de Charles Blé Goudé. Ce choix marque un tournant dans la stratégie politique et militaire de l’ancien ministre de la Jeunesse, consolidant ainsi son influence en Côte d’Ivoire.

    Qui est Martial Yavo, ce nouveau général ?

    Issu des rangs des fidèles de l’ex-président Laurent Gbagbo, Martial Yavo s’impose comme une personnalité clé du mouvement. Ancien cadre du Front populaire ivoirien (FPI), il a gravi les échelons grâce à son engagement sans faille et sa proximité avec Charles Blé Goudé, dont il est considéré comme un bras droit.

    Un parcours marqué par l’engagement politique

    Né dans une famille engagée, Martial Yavo a consacré sa carrière à la défense des idées du FPI. Après des études en sciences politiques, il a rapidement rejoint les cercles proches de Laurent Gbagbo, puis de Charles Blé Goudé. Son ascension au sein du mouvement a été fulgurante, culminant avec cette nomination symbolique.

    Un rôle clé dans la stratégie de Charles Blé Goudé

    Martial Yavo n’est pas seulement un fidèle : il incarne une nouvelle génération de militants prêts à relancer la dynamique du mouvement. Son intégration à la tête d’une division importante reflète la volonté de Charles Blé Goudé de moderniser son approche tout en maintenant une ligne dure.

    Les répercussions de cette nomination

    Cette décision pourrait redéfinir les équilibres politiques en Côte d’Ivoire. Les observateurs s’interrogent déjà sur les conséquences pour le paysage partisan, alors que les tensions persistent entre les différents camps. Martial Yavo, par son profil, pourrait devenir un acteur incontournable dans les mois à venir.

    Ce qu’il faut retenir sur Martial Yavo

    • Origines politiques : Ancien membre du FPI, proche de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé.
    • Parcours : Ascension rapide grâce à son engagement militant et sa fidélité.
    • Nouveau rôle : Chef d’une division stratégique sous Charles Blé Goudé, renforçant son influence.
    • Impact : Une nomination qui pourrait modifier les dynamiques politiques en Côte d’Ivoire.
  • Grâce présidentielle au Tchad : une mesure qui divise l’opposition

    Grâce présidentielle au Tchad : une mesure qui divise l’opposition

    Le président Mahamat Idriss Déby a signé une ordonnance de grâce en faveur de plusieurs figures de l’opposition tchadienne, dont l’ancien Premier ministre Succès Masra. Condamné à vingt ans de prison pour insurrection, ce dernier ainsi que huit autres responsables de la plateforme GCAP devraient recouvrer leur liberté dès ce vendredi.

    La mesure présidentielle efface les peines d’emprisonnement, mais les condamnations judiciaires, civiles et financières, ainsi que l’inéligibilité des bénéficiaires, restent intactes. Une nuance essentielle qui distingue la grâce de l’amnistie, comme le souligne l’analyste politique Bétinbaye Yamingué : « Le chef de l’État use de ses prérogatives constitutionnelles pour libérer ces opposants. Reste à présent la responsabilité du Parlement tchadien de concrétiser cette avancée par une loi d’amnistie. »

    Des opposants tchadiens

    Une Assemblée nationale aux mains du pouvoir

    Pour qu’une amnistie soit effective, elle doit être votée par l’Assemblée nationale tchadienne. Or, celle-ci est majoritairement contrôlée par le parti présidentiel, qui détient 124 sièges sur 188. Cette configuration limite considérablement les chances d’une adoption rapide d’une telle loi.

    Selon l’analyste, libérer des opposants ne suffit pas à apaiser le climat politique : « Rendre leur liberté est une première étape, mais leur permettre de retrouver pleinement leurs droits civiques et politiques est tout aussi crucial. Sans cela, cette grâce pourrait être perçue comme une simple opération de communication du régime. »

    Des réactions contrastées au sein de l’opposition

    Les avis divergent au sein des partis politiques tchadiens. Le parti Les Transformateurs, dont Succès Masra est le leader, n’a pas encore réagi officiellement, préférant attendre sa libération. Son vice-président, Ndolembai Sadé Njesada, a salué la décision présidentielle, y voyant un pas vers l’unité nationale et l’ouverture d’un dialogue pour la paix.

    À l’inverse, Hissein Abdoulaye, porte-parole du GCAP, critique vivement cette grâce. Pour lui, « condamner des responsables politiques avant de les gracier tout en leur retirant leurs droits fondamentaux constitue un recul démocratique inacceptable. »

    Du côté du pouvoir, le Mouvement patriotique du salut (MPS) approuve sans réserve cette mesure, la qualifiant de « décision salutaire » qui permettra aux opposants de retrouver leur famille.

  • Tshisekedi cède partiellement face aux pressions de l’opposition en RDC

    Tshisekedi cède partiellement face aux pressions de l’opposition en RDC

    Tshisekedi recule partiellement sous la pression de l’opposition en RDC

    Portrait officiel du président Félix Tshisekedi en RDC

    Face à l’ultimatum lancé par la Coalition Article 64 (C64), une alliance regroupant les principales forces d’opposition en RDC, le président Félix Tshisekedi a ordonné, ce jeudi 13 août, une nouvelle lecture parlementaire du texte encadrant l’organisation d’un référendum constitutionnel. Cette annonce intervient dans un contexte où la coalition accuse le pouvoir de vouloir instrumentaliser ce projet pour contourner l’interdiction d’un troisième mandat présidentiel, prévue par la Constitution de 2006.

    Mardi 12 août à Kinshasa, Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et porte-parole de la C64, avait mis en garde : « la coalition ne tolérera plus aucun compromis et appuiera des mobilisations citoyennes si aucune mesure concrète n’est prise pour engager un dialogue national authentique ».

    La C64 avait fixé au 15 août une échéance symbolique pour évaluer les progrès du dialogue avec l’exécutif. En cas d’échec, la coalition appelait la population à « se mobiliser et résister » si la proposition de loi référendaire n’était pas retirée des débats parlementaires.

    Une concession saluée, mais jugée insuffisante

    Bien que la décision de Tshisekedi ne comble pas entièrement les exigences de la C64, Prince Epenge, cofondateur de la coalition, a salué « un pas encourageant dans la bonne direction ». Initialement prévue le 22 juillet, une marche pacifique organisée par la C64 à Kinshasa avait été reportée à la demande des Églises catholique et protestante de RDC, qui avaient plaidé en faveur d’un apaisement des tensions politiques.

    Parallèlement, 65 organisations de la société civile congolaise ont adressé, le 10 août, un mémorandum au chef de l’État et aux institutions nationales. Elles y mettent en garde contre les risques d’une réforme constitutionnelle par référendum, estimant qu’elle pourrait « envenimer les tensions politiques, fragiliser la cohésion sociale et détourner l’attention des priorités nationales urgentes ».