Rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall : un choix qui divise le Sénégal

La venue de Macky Sall à Dakar pour solliciter le soutien du Sénégal à sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies, en présence du président Bassirou Diomaye Faye, attise les tensions dans le pays. Une initiative qui ravive les plaies des familles des victimes des violences récentes.
Un passé qui ressurgit
Les proches des victimes des manifestations de 2021 à 2024 dénoncent une rencontre qui, selon eux, minimise les souffrances endurées. Seydi Gassama, figure engagée auprès des familles de 67 victimes présumées, fustige l’absence de justice sous le nouveau régime.
« Le retour de Macky Sall au Sénégal ne nous choque pas en soi, confie-t-il. En revanche, ce qui nous indigne, c’est l’inaction de Bassirou Diomaye Faye. Malgré ses promesses de campagne, aucune mesure concrète n’a été prise pour rendre justice aux victimes de l’ancien président. Comment peut-on envisager de le soutenir pour un poste international après tant d’impunité ? »
Promesses trahies ?
Lors de sa campagne, Bassirou Diomaye Faye avait placé la justice transitionnelle au cœur de son projet politique. Pourtant, deux ans après son accession au pouvoir, les procès se font toujours attendre et les indemnisations restent symboliques, un constat amer pour les associations de victimes.
Les organisations de défense des droits humains pointent du doigt cette contradiction. Pour elles, la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU est incompatible avec son bilan au Sénégal.
Réconciliation nationale en question
Assane Samb, analyste politique, craint que cette rencontre ne fragilise davantage le processus de réconciliation. Il y voit surtout une manœuvre stratégique pour consolider une alliance politique inédite.
« Diomaye Faye s’est éloigné du Pastef, son parti d’origine, analyse-t-il. Cette rencontre avec Macky Sall pourrait marquer le début d’une coalition inédite entre les partis traditionnels et le nouveau parti présidentiel. Une alliance qui vise clairement à affaiblir le Pastef, encore très influent. La réconciliation nationale en pâtirait forcément. »

Silences et calculs politiques
Ni l’entourage de Bassirou Diomaye Faye ni le Pastef, parti historique d’Ousmane Sonko, n’ont pour l’instant réagi publiquement à l’annonce de cette visite. Une discrétion qui en dit long sur les calculs en cours.
Cette visite de Macky Sall, premier retour officiel depuis son départ du palais présidentiel en avril 2024, intervient dans un contexte où sa candidature à l’ONU peine à convaincre. Fin mars, près d’une vingtaine d’États africains, dont le Sénégal, avaient déjà refusé de le soutenir pour succéder à Antonio Guterres. Pourtant, c’est le Burundi, actuellement à la tête de l’Union africaine, qui a officiellement porté sa candidature.

Nord-Kivu : l’exclusion des financements anti-paludisme menace des milliers de vies
Nord-Kivu : l’exclusion des financements anti-paludisme menace des milliers de vies
Avec l’échéance imminente de la clôture des demandes de subventions pour le Fonds mondial, une alerte sérieuse est lancée : la province du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, risque de ne plus bénéficier des financements dédiés à la lutte contre le paludisme. Une exclusion aux conséquences dramatiques pour une région déjà fragilisée par des années de conflit et d’instabilité.
Alors que cette maladie représente la principale cause de morbidité dans le Nord-Kivu, les populations locales pourraient se retrouver privées des moyens nécessaires pour se protéger et se soigner. Une situation d’autant plus préoccupante que la province fait face à une épidémie d’Ebola en cours.
Le cycle GC8 : un choix financier aux répercussions humanitaires majeures
Le Fonds mondial s’apprête à allouer ses prochains financements pour la période 2027-2029, un cycle appelé GC8. Pourtant, malgré les priorités nationales affichées, le Nord-Kivu ne figure pas parmi les zones retenues pour la lutte contre le paludisme, alors que la province est en première ligne face à cette maladie.
Les allocations budgétaires déterminent l’accès aux soins dans les régions les plus vulnérables. Leur exclusion du Nord-Kivu pourrait avoir des effets dévastateurs sur des milliers de personnes exposées quotidiennement au paludisme.
« Le Fonds mondial a été une bouée de sauvetage pour le Nord-Kivu ces dernières années, en fournissant la majorité des traitements contre le paludisme. Si cette aide s’arrête, la situation deviendra ingérable. Le paludisme est une maladie évitable et traitable, mais en 2026, des vies continuent d’être perdues à cause de son absence de traitement », déclare Stéphane Doyon, responsable des programmes de Médecins Sans Frontières (MSF).
Cette exclusion intervient dans un contexte déjà marqué par la propagation de l’Ebola. Le système de santé local, déjà sous pression, risque d’être submergé par l’accumulation de crises sanitaires. Les symptômes initiaux du paludisme et de l’Ebola étant similaires, les diagnostics pourraient être retardés, aggravant la situation des patients.
Conflit armé et paludisme : une combinaison mortelle
« Le Nord-Kivu est l’une des provinces les plus touchées par le conflit armé en RDC. Les déplacements massifs de populations, l’insécurité alimentaire et les obstacles à l’accès aux soins créent un terreau idéal pour la propagation du paludisme », explique Stéphane Doyon.
Les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés, dont l’AFC/M23, forcent les civils à se réfugier dans des zones reculées, propices à la prolifération des moustiques et dépourvues de structures médicales. Ces populations, déjà fragilisées, deviennent particulièrement vulnérables à la maladie.
En 2025, dans les zones de santé de Bambo, Kibirizi et Rutshuru, le paludisme représentait entre 48 % et 58 % des consultations. MSF, en collaboration avec le Ministère de la Santé, a pris en charge plus de 255 000 cas simples et 26 000 cas graves, et soigné plus de 165 560 patients dans ses structures.
La malnutrition : un facteur aggravant dans un contexte déjà critique
La malnutrition touche de nombreuses personnes dans les centres de santé soutenus par MSF. Associée au paludisme, elle multiplie les risques de complications graves, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Cette double vulnérabilité menace des vies et aggrave une crise sanitaire déjà difficile à gérer.
Des pénuries qui aggravent une situation déjà précaire
Les mesures de prévention contre le paludisme ont été drastiquement réduites dans certaines zones. Depuis juin 2023, aucune distribution de moustiquaires imprégnées n’a été réalisée. Entre juillet et décembre 2025, aucun traitement ni test de dépistage n’a pu être acheminé vers le Nord-Kivu en raison de difficultés logistiques.
Face à ces carences, MSF a dû combler les lacunes en achetant des médicaments et des tests rapides pour plusieurs centres de santé. Nos équipes ont ainsi fourni 53 % des traitements contre le paludisme simple et pris en charge 35 % des cas graves dans les zones de Kibirizi, Bambo et Rutshuru.
Une solution temporaire, mais qui ne peut durablement répondre aux besoins d’une province aussi vaste et touchée que le Nord-Kivu. La dépendance à des financements extérieurs est plus que jamais nécessaire pour éviter une catastrophe sanitaire.
MSF exige une répartition équitable des fonds pour sauver des vies
À quelques jours de la clôture du cycle de subventions, MSF appelle le Fonds mondial et les autorités de Kinshasa à réintégrer d’urgence le Nord-Kivu dans le programme GC8. L’organisation insiste également sur la nécessité de garantir une allocation des ressources sanitaires basée sur la charge réelle de la maladie et la vulnérabilité des populations civiles.
Sans une intervention rapide et ciblée, des milliers de vies seront menacées par une maladie évitable et traitable. Le Nord-Kivu ne peut pas se permettre d’être oublié à nouveau.

Me Sikati dénonce les ministres camerounais dans le scandale de l’or
Me Sikati dénonce les ministres camerounais dans le scandale de l’or : des « magiciens » aux commandes ?
Le membre du bureau politique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto, prend position sur les déclarations du gouvernement concernant le trafic de l’or au Cameroun.
Les déclarations du ministre camerounais des Mines face au scandale de l’or
Lors d’une conférence de presse organisée à Yaoundé, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt), Fuh Calistus Gentry, a nié toute disparition d’or appartenant à l’État camerounais. Cette intervention, menée en présence du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, visait à apaiser les tensions liées aux révélations d’un manque à gagner fiscal estimé à près de 2 000 milliards de FCFA.
Le gouvernement camerounais attribue cette situation à une fraude massive des opérateurs privés, qui sous-déclarent systématiquement les volumes d’or extraits. Selon les autorités, il ne s’agit pas d’un détournement de fonds publics, mais bien d’une manipulation des déclarations par les compagnies minières.
Un écart préoccupant entre les chiffres officiels et la réalité
Les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) révèlent un déséquilibre alarmant : en 2023, le Cameroun n’a déclaré que 22 kg d’or à l’exportation, contre 15 tonnes enregistrées par les douanes des Émirats arabes unis. Cette différence flagrante met en lumière l’ampleur du trafic illégal.
La Société Nationale des Mines (Sonamines) estime que près de 44 tonnes d’or ont échappé aux circuits légaux entre 2021 et 2025. Pour endiguer ce phénomène, Fuh Calistus Gentry a annoncé des mesures immédiates, dont la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire chargée de superviser les sites miniers et d’auditer les déclarations des exploitants.
Les réformes annoncées pour assainir le secteur
Cette équipe, composée de représentants de la Sonamines, de la Direction Générale des Impôts (DGI) et de la Direction Générale des Douanes (DGD), aura pour mission de contrôler directement les zones de production. Un expert international sera également recruté pour évaluer le potentiel réel des gisements et instaurer une taxation minimale, indépendante des déclarations des exploitants.
La réaction cinglante de Me Sikati
Le membre du bureau politique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a réagi vivement aux déclarations du ministre. Dans un communiqué, il a ironisé sur les capacités de certains responsables camerounais, les qualifiant de « magiciens » capables de faire disparaître des tonnes d’or des radars.
« CERTAINS MINISTRES CAMEROUNAIS SONT DE VRAIS MAGICIENS »
Le ministre des Mines du Cameroun s’appelle Fuh Calistus Gentry. Il a été nommé pour succéder à Gabriel Dodo Ndoke, dont le décès dans des circonstances troubles reste inexpliqué.
Lors de sa conférence de presse, Fuh Calistus Gentry a affirmé qu’« il n’y a pas de disparition d’or appartenant à l’État ». Pourtant, le scandale du trafic d’or au Cameroun défraie la chronique.
Le ministre ne nie pas la disparition de l’or, mais précise qu’il ne s’agit pas de réserves étatiques. Une nuance qui interroge : à qui appartient donc l’or disparu, si ce n’est à l’État camerounais ?
Rappelons que le Code minier camerounais stipule clairement que le sous-sol et ses ressources, dont l’or, relèvent de la propriété publique. Fuh Calistus Gentry semble donc ignorer, ou feindre d’ignorer, que l’or extrait du sol camerounais appartient légalement à la nation.
Cette attitude révèle une réalité préoccupante : ces responsables ne servent pas l’intérêt général, mais des intérêts privés. Leur objectif n’est pas le Cameroun, mais leur propre enrichment.

France et Maroc : une alliance renforcée à Rabat après des années de tensions
France et Maroc : une alliance renforcée à Rabat après des années de tensions
Une « confiance retrouvée » : c’est ainsi que les autorités françaises et marocaines ont qualifié l’état actuel de leurs relations après la visite officielle du Premier ministre français Sébastien Lecornu à Rabat. Cette rencontre, organisée le 16 juillet 2026, marque une étape clé dans le réchauffement diplomatique engagé depuis la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, en 2024.
Cette décision avait alors mis fin à trois années de tensions persistantes, marquées par des soupçons d’espionnage et des restrictions sur les visas. Un tournant symbolisé par la visite d’État du président français à Rabat en octobre 2024, couronnée par la signature d’un « partenariat renforcé d’exception » et de nombreux contrats bilatéraux.
Lors de cette nouvelle rencontre, Sébastien Lecornu a salué un bilan « exceptionnellement positif » des relations franco-marocaines, évoquant un « moment charnière » pour la coopération entre les deux pays.
Cependant, des ombres persistent. Un consortium de médias internationaux a publié, le même jour, de nouvelles révélations sur l’utilisation présumée du logiciel Pegasus par le Maroc pour des opérations d’espionnage. Rabat a immédiatement démenti ces allégations, qualifiées de « mensongères et infondées ». Face à ces accusations, la délégation française a choisi de ne pas s’étendre, évoquant des « histoires anciennes » et une priorité accordée à l’avenir.
Un partenariat stratégique hors normes
Cette visite a également été l’occasion d’évoquer la possibilité d’une visite officielle du roi du Maroc en France, ainsi que la conclusion d’un traité bilatéral « hors normes ». Selon Sébastien Lecornu, il s’agirait du premier accord de ce type signé par la France avec un pays en dehors de l’Union européenne, bien que les détails pratiques restent à finaliser.
Le Premier ministre français, accompagné de douze ministres dont ceux des Affaires étrangères et de l’Intérieur, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération dans des domaines clés : sécurité, lutte contre le terrorisme, et mobilité circulaire entre les deux rives de la Méditerranée. Une attention particulière a été portée aux entrepreneurs et aux étudiants marocains souhaitant se rendre en France.
Les deux parties ont salué une « excellente coopération » entre leurs services, ayant permis, ces dernières semaines, des avancées significatives dans la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic. La menace jihadiste au Sahel a également été au cœur des discussions, avec une volonté affichée de renforcer l’engagement conjoint des deux pays sur le continent africain.
Aziz Akhannouch, Premier ministre marocain, a souligné que ce partenariat s’inscrivait désormais dans une « vision stratégique partagée », fondée sur une « confiance retrouvée » et une « ambition commune ». Une déclaration qui confirme le recentrage de la diplomatie française au Maghreb sur le Maroc, au détriment d’un équilibre traditionnel avec l’Algérie.
Des accords concrets pour une coopération renforcée
À l’issue de la 15e rencontre de haut niveau entre les deux délégations, une douzaine d’accords ont été signés. Parmi les projets phares : un appel à manifestation d’intérêt pour l’interconnexion électrique entre les deux pays, ainsi que des conventions de financement avec l’Agence française de développement pour des projets dans les domaines de l’eau et des transports, notamment la création d’une ligne RER à Rabat.
Ces avancées illustrent la volonté des deux pays de tourner la page sur les conflits passés et de construire une relation durable, au service de leurs intérêts communs.

Alerte maximale : Washington place le Niger et ses voisins en zone rouge
Les autorités américaines viennent de durcir leur dispositif d’alerte voyage en classant 23 pays, dont trois membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), au niveau maximal de risque sécuritaire. Parmi eux figurent le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois nations déjà fragilisées par une insécurité croissante et une expansion des groupes armés dans la région. Cette décision reflète une réalité préoccupante : le Sahel, autrefois considéré comme un foyer de tensions localisées, est désormais devenu l’un des épicentres mondiaux de l’instabilité.
Une mise en garde historique : que signifie le niveau 4 ?
Pour le département d’État américain, le niveau 4, qualifié de « ne pas voyager », constitue le plus haut degré d’avertissement. Cette classification intervient lorsque les risques pour les ressortissants étrangers – enlèvements, attentats ou attaques ciblées – deviennent intolérables. Les États-Unis y ajoutent une précision inquiétante : leur capacité à intervenir en cas d’urgence, notamment sur le plan consulaire ou médical, est quasi inexistante dans ces zones. Le retrait des personnels diplomatiques non essentiels aggrave encore cette vulnérabilité.
Cette révision des alertes voyage s’inscrit dans un contexte géopolitique où les zones échappent progressivement au contrôle des gouvernements centraux, exposant les étrangers à des menaces systémiques.
L’AES en première ligne : un trio sous pression
L’inscription simultanée du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans cette liste noire n’a rien d’anodin. Ces trois pays, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, traversent une crise multidimensionnelle marquée par des transitions politiques brutales et une rupture avec leurs partenaires traditionnels. L’abandon progressif de l’influence occidentale, couplé à une gouvernance locale en crise, a ouvert un boulevard aux groupes terroristes.
- L’absence de l’État dans les zones périphériques : dans de nombreuses régions, l’autorité centrale a disparu, laissant le champ libre aux milices et aux mouvements armés.
- Une pauvreté endémique : le chômage des jeunes et l’absence de perspectives économiques favorisent le recrutement par les groupes extrémistes.
- Un rééquilibrage militaire dangereux : le départ des forces étrangères, remplacé par de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie, laisse planer des doutes sur l’efficacité réelle des nouvelles forces déployées sur le terrain.
Le terrorisme, une menace qui s’étend sans répit
Les groupes comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ne se contentent plus de contrôler des zones reculées. Leur stratégie évolue : ils multiplient les attaques coordonnées et étendent leur influence vers des régions autrefois épargnées. Cette dynamique transforme le Sahel en un territoire où chaque déplacement devient un pari risqué.
Le Burkina Faso : un pays asphyxié par les blocus terroristes
Parmi les trois pays de l’AES, le Burkina Faso est le plus durement touché. Des pans entiers du territoire sont sous blocus, coupés du reste du pays. Les convois de ravitaillement et les postes militaires sont régulièrement ciblés, forçant des milliers de civils à fuir vers des zones plus sûres. Les déplacements massifs de population aggravent une crise humanitaire déjà critique.
Le Mali : l’insécurité gagne du terrain vers le sud
Au Mali, la situation s’est dégradée après le retrait de la mission onusienne MINUSMA et la reprise des combats entre l’armée régulière et les groupes rebelles du Nord. Les terroristes exploitent cette instabilité pour étendre leurs actions vers le sud du pays, rapprochant dangereusement la menace de Bamako, longtemps considérée comme un havre de relative stabilité.
Le Niger : une pression militaire double
Le Niger subit une double menace : à l’ouest, dans la zone des « trois frontières » partagée avec le Burkina Faso et le Mali, et à l’est, face aux groupes Boko Haram et ISWAP dans le bassin du lac Tchad. Malgré les efforts de réorganisation de l’armée nigérienne, l’insécurité persiste, aggravée par des tensions diplomatiques régionales qui compliquent la coopération transfrontalière.
Un monde en ébullition : d’autres foyers de tension sur la liste noire
Le classement américain ne se limite pas au Sahel. D’autres régions du globe figurent également en niveau 4, illustrant un paysage mondial fragmenté par les conflits et les crises politiques. La Russie, plongée dans la guerre en Ukraine, voit son niveau d’alerte maintenu en raison des risques de détention arbitraire et d’un climat sécuritaire imprévisible. La République démocratique du Congo, déchirée par des affrontements entre groupes armés comme le M23, reste un théâtre de violences endémiques. Enfin, le Tchad, voisin immédiat du Sahel, subit les contrecoups des crises régionales, avec des menaces terroristes aux frontières et un risque accru d’instabilité interne.
Les conséquences d’un classement « rouge » : quand l’économie et l’humanitaire trinquent
L’impact de cette classification dépasse largement le cadre du tourisme. Pour les pays de l’AES, déjà fragilisés, cette décision agit comme un frein majeur aux investissements étrangers. Les multinationales, confrontées à des coûts d’assurance prohibitifs, préfèrent geler leurs projets. Les organisations humanitaires, quant à elles, se heurtent à des protocoles de sécurité stricts qui limitent drastiquement leur accès aux populations dans le besoin, privant des millions de personnes d’aide vitale.
Une impasse sécuritaire qui interroge les stratégies passées
Cette décision américaine met en lumière l’échec des approches purement militaires mises en place ces dix dernières années. Malgré les changements de régime au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l’insécurité persiste et s’aggrave. Les populations civiles restent les premières victimes de cette spirale de violence, tandis que les solutions purement sécuritaires montrent leurs limites.
Pour inverser la tendance, une approche globale s’impose : renforcer la gouvernance locale, améliorer l’accès aux services de base et offrir des perspectives économiques aux jeunes. Sans cela, la carte du Sahel dessinée par les chancelleries occidentales risque de rester durablement marquée de rouge, symbole d’un échec collectif face à la montée des extrémismes.

Comment le Maroc et la France construisent un nouveau modèle euro

Rabat accueille un sommet historique pour relancer les relations franco-marocaines
À Rabat, une rencontre diplomatique franco-marocaine s’engage à « révolutionner » les échanges bilatéraux

Une nouvelle dynamique s’installe entre Rabat et Paris à l’occasion d’une réunion de haut niveau marquée par des déclarations volontaristes des deux côtés. Les chefs de gouvernement marocain et français ont ouvert la séance ce matin, insistant sur la volonté commune de « transformer l’essai » dans leurs relations bilatérales.
Ces échanges, lancés en 1996 sous le règne de Hassan II, avaient été suspendus pendant des années, notamment en raison de la pandémie et d’une période de tensions diplomatiques. Leur relance aujourd’hui symbolise un renouveau des liens entre les deux nations.
Un partenariat d’exception pour un nouveau départ
Pour Aziz Akhannouch, chef du gouvernement marocain, la visite d’État du président français en 2024 a posé les bases d’un « partenariat d’exception ». Il a évoqué une « nouvelle page » dans l’histoire des relations franco-marocaines, traçant une feuille de route ambitieuse pour les années à venir.
Son homologue français a abondé dans ce sens, qualifiant cette rencontre de « moment décisif ». Les deux parties affichent une volonté claire : « passer à une autre dimension » dans leur collaboration, notamment sur les plans économique, sécuritaire et diplomatique.
Sécurité et coopération au cœur des discussions
Avant la séance plénière, les ministres des deux pays se sont entretenus en bilatéral. Sébastien Lecornu a rencontré Aziz Akhannouch pour aborder des sujets sensibles comme la lutte antiterroriste et les enjeux de sécurité régionale.
Une visite royale en France est également évoquée comme un événement majeur. Ce déplacement pourrait aboutir à la signature d’un nouveau traité bilatéral, destiné à redéfinir les fondations de la relation entre Paris et Rabat.
Une dizaine d’accords pour concrétiser les ambitions
À l’issue des échanges, plus d’une dizaine d’instruments de coopération ont été officialisés. Ces textes, incluant conventions et déclarations d’intention, couvrent des domaines variés et témoignent de l’engagement des deux pays à renforcer leurs liens.

Gabon : la BEAC pousse Libreville à réformer la SOGARA pour réduire la dépendance aux carburants importés
Le Gabon, l’un des plus grands producteurs de pétrole d’Afrique centrale, subit une pression économique majeure : sa forte dépendance aux importations de carburants malgré ses ressources pétrolières locales. La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) alerte les autorités de Libreville sur l’urgence de moderniser la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA), une solution jugée essentielle pour préserver les réserves de change et alléger le poids des finances publiques.
Selon les analyses économiques récentes, cette vulnérabilité s’explique par l’obsolescence des infrastructures de la SOGARA et ses capacités de raffinage insuffisantes. Résultat : le pays doit importer massivement de l’essence et du gasoil, malgré une production locale de brut pourtant significative. Cette situation fragilise la balance commerciale et expose l’économie gabonaise aux fluctuations des prix internationaux, avec des répercussions directes sur les réserves monétaires régionales.
Moderniser la SOGARA : une priorité industrielle
Pour inverser cette tendance, la BEAC recommande un plan d’investissement ambitieux axé sur la modernisation de la raffinerie de Port-Gentil. Parmi les mesures phares, l’acquisition d’équipements modernes, comme un hydrocraqueur, figure en tête de liste. Cet outil permettrait d’optimiser le rendement en carburants « blancs » et de convertir davantage de pétrole brut local en produits raffinés, réduisant ainsi la dépendance aux importations.
À terme, cette transformation industrielle limiterait aussi le recours aux subventions énergétiques, allégeant ainsi la pression sur le budget national. Une avancée stratégique pour le Gabon, qui pourrait renforcer son autonomie énergétique tout en stabilisant sa situation économique.
Un choix décisif pour la souveraineté économique
Le gouvernement gabonais se trouve désormais face à un défi de taille : concrétiser cette recommandation de la BEAC. Au-delà des aspects techniques, il s’agit d’un enjeu de souveraineté économique et de sécurité énergétique pour le pays. Les prochains arbitrages budgétaires, notamment ceux du Projet de Loi de Finances (PLF), seront scrutés avec attention par les acteurs du secteur et les observateurs financiers.
Si cette modernisation est engagée, elle pourrait marquer un tournant majeur pour le Gabon, lui permettant de sortir de sa vulnérabilité énergétique et de renforcer sa stabilité macroéconomique à long terme.

Renforcement des liens franco-marocains sous le signe de la coopération stratégique
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu accentue la dynamique de partenariat entre Paris et Rabat

Une nouvelle ère diplomatique s’ouvre entre la France et le Maroc. Lors de sa visite officielle à Rabat, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a évoqué la possibilité d’un partenariat stratégique renforcé, incluant une visite historique du roi Mohammed VI en France et la signature d’un traité d’amitié bilatéral.
Les relations entre les deux nations connaissent une nette amélioration depuis que la France a officiellement reconnu, en 2024, la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision avait provoqué des tensions avec l’Algérie, mais a permis de relancer le dialogue franco-marocain après plusieurs années de refroidissement.
Un rapprochement malgré les controverses
Le président français Emmanuel Macron avait été accueilli en grande pompe à Rabat en octobre 2024, marquant la fin d’une période de trois ans marquée par des tensions diplomatiques, notamment liées à des soupçons d’espionnage et à des restrictions sur les visas. Cette visite s’était conclue par la signature d’un accord de partenariat exceptionnel et la signature de nombreux contrats économiques.
Lors de son déplacement à Rabat, Sébastien Lecornu a réaffirmé l’engagement des deux pays à renforcer leur collaboration, malgré les révélations récentes concernant l’utilisation présumée du logiciel espion Pegasus par le Maroc. Ces enquêtes, publiées par un consortium international, ont mis en lumière des pratiques d’espionnage touchant des personnalités politiques françaises et marocaines.
Le Maroc, qui nie toute implication dans ces affaires, a toujours dénoncé ces accusations comme infondées. Pourtant, ces révélations n’ont pas entamé la volonté des deux pays de consolider leurs liens économiques, sécuritaires et culturels.

Renforcement des liens entre la France et le Maroc lors de la visite de lecornu
Un nouveau chapitre s’ouvre entre la France et le Maroc : le Premier ministre Lecornu en visite officielle à Rabat
La visite de Sébastien Lecornu au Maroc marque un tournant dans les relations bilatérales, avec l’annonce de projets ambitieux pour renforcer la coopération politique, économique et sécuritaire entre les deux pays.
Une visite historique pour relancer une relation stratégique
Accueilli avec les honneurs militaires à l’aéroport de Rabat, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a lancé une série de rencontres de haut niveau avec les autorités marocaines. Cette visite, la première depuis plusieurs années, s’inscrit dans un contexte de réchauffement des relations entre Paris et Rabat, après des années de tensions liées notamment à des divergences sur des questions diplomatiques et sécuritaires.
Parmi les grands projets discutés, la possibilité d’une visite officielle du roi Mohammed VI en France et la signature d’un traité d’amitié entre les deux nations, un texte inédit censé sceller une nouvelle ère de partenariat. Ces annonces, encore en gestation, pourraient redéfinir les relations franco-marocaines dans les mois à venir.
Un partenariat économique et sécuritaire renforcé
Lecornu, accompagné de douze ministres dont Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Laurent Nunez (Intérieur), a ouvert une 15e rencontre de haut niveau entre les deux délégations. Cette instance de dialogue, inactive depuis 2019, a été qualifiée de « moment charnière » par le Premier ministre français. Les discussions ont porté sur des sujets clés tels que la sécurité régionale, la lutte contre le terrorisme et les enjeux africains, où les deux pays partagent des intérêts communs face à la menace djihadiste au Sahel.
Aziz Akhannouch, chef du gouvernement marocain, a salué l’« accélération de la mise en œuvre des engagements souscrits » lors du précédent partenariat, signé en 2024. Il a également évoqué la nécessité de « préparer les prochaines étapes » pour concrétiser les ambitions partagées.
Des défis persistants malgré une dynamique positive
Malgré cette embellie, des questions sensibles persistent. Les récentes révélations concernant l’utilisation présumée du logiciel espion Pegasus par le Maroc ont ravivé des tensions. Plusieurs médias internationaux ont accusé Rabat d’avoir infiltré les téléphones de personnalités françaises et étrangères, une allégation catégoriquement démentie par les autorités marocaines. Sébastien Lecornu, alors ministre, aurait été ciblé lors de cette affaire, sans que cela n’entrave la reprise du dialogue.
La visite, initialement prévue pour inclure une conférence de presse conjointe, s’est finalement conclue par des déclarations limitées aux journalistes, sans espace pour les questions. Un choix qui souligne la prudence des deux parties dans la gestion de cette nouvelle phase de leurs relations.
Une coopération régionale au cœur des échanges
Les deux pays ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration en Afrique, notamment dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Sébastien Lecornu a proposé de faire du Maroc un « port d’amarrage » pour les relations entre le royaume et l’Union européenne, une proposition qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives géopolitiques.
Le roi Mohammed VI a, quant à lui, salué dans un message adressé au président français la « consolidation des relations privilégiées » entre les deux nations, à l’occasion du 14-Juillet.

L’IA au service du terrorisme : comment Boko Haram réduit ses effectifs grâce aux chatbots
L’IA au service du terrorisme : comment Boko Haram réduit ses effectifs grâce aux chatbots
Une étude de l’université de Cambridge affirme que Boko Haram exploite plusieurs plateformes d’intelligence artificielle pour préparer ses opérations. Les chercheurs décrivent une évolution rapide des méthodes du groupe terroriste et alertent sur les défis posés aux services de renseignement.

Pme au Bénin : les nouvelles mesures pour booster l’économie locale
pme au Bénin : les nouvelles mesures pour booster l’économie locale
Dans un élan résolument tourné vers l’avenir, la Ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi a effectué une tournée stratégique inédite, scellant ainsi un engagement fort en faveur des entrepreneurs et artisans béninois. En visitant conjointement l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME) et le Fonds de Développement de l’Artisanat (FDA), elle a posé les jalons d’une refonte ambitieuse visant à lever les freins structurels qui entravent le dynamisme économique du pays.
une gouvernance ancrée dans le terrain pour des résultats tangibles
Cette mission, loin d’être un simple déplacement protocolaire, s’inscrit dans une démarche volontariste de proximité. La Ministre a enchaîné les échanges avec les équipes opérationnelles à Cotonou, après une tournée régionale ayant touché les départements du Mono, du Couffo, du Zou et des Collines. L’objectif ? S’assurer que les politiques publiques conçues au plus haut niveau de l’État trouvent un écho concret dans leur mise en œuvre sur le terrain.
En évaluant directement le bilan des programmes prioritaires, elle a pu cerner avec précision les obstacles administratifs et logistiques qui ralentissent encore l’activité des PME et des artisans. Cette immersion a révélé des pistes concrètes pour optimiser les processus et fluidifier l’exécution des réformes, garantissant ainsi une réponse plus rapide aux besoins du secteur privé.
adpme : un accompagnement renforcé pour des entreprises plus compétitives
Première escale de cette journée dédiée, les locaux de l’ADPME ont accueilli la Ministre, aux côtés de sa Directrice Générale, Madame Alvyne Alia. L’enjeu central de cette rencontre ? Rendre l’appui de l’État plus visible et plus efficace pour les entrepreneurs béninois. L’accent a été mis sur trois leviers majeurs : la synergie entre tous les acteurs, l’accompagnement vers le secteur formel et l’augmentation du taux d’exécution des projets.
La transition vers le formel a été présentée comme une priorité absolue, non seulement pour sécuriser les emplois, mais aussi pour élargir l’assiette fiscale et offrir aux micro-entreprises les moyens de se structurer. L’idée est claire : transformer les petites entreprises en véritables locomotives de l’économie nationale, sans laisser aucun acteur de côté.
Pour y parvenir, l’ADPME devra rendre son soutien plus tangible, éviter la dispersion des efforts et maximiser l’impact de chaque franc public investi. La Ministre a insisté sur l’importance de rendre l’aide publique palpable au quotidien pour les entrepreneurs, tout en renforçant la coordination entre les structures d’accompagnement.
fda : modernisation et inclusion pour un artisanat compétitif
Direction ensuite le Fonds de Développement de l’Artisanat (FDA), dirigé par Monsieur Cletus Nestor GuezO. Avec un poids économique et culturel majeur, l’artisanat béninois représente un vivier d’emplois et un vecteur d’identité nationale. La Ministre a exposé une feuille de route ambitieuse, articulée autour de trois axes stratégiques pour moderniser le secteur.
L’accès au financement figure en tête des priorités : il s’agit de briser les barrières qui empêchent les artisans d’accéder aux circuits bancaires traditionnels, afin de leur permettre de développer leurs ateliers et d’élargir leur production. Le renforcement des compétences est tout aussi crucial pour améliorer la qualité des produits et les adapter aux standards des marchés régionaux. Enfin, la digitalisation des procédures s’impose comme un impératif pour accélérer les démarches, simplifier les interactions avec l’administration et garantir une gestion transparente des fonds alloués.
synergie et accélération : les clés d’une transformation réussie
La Ministre a marqué un tournant en appelant à une collaboration renforcée entre l’ADPME et le FDA. Pour elle, le moment est venu d’agir avec détermination, en brisant les cloisonnements organisationnels qui freinent l’efficacité collective. L’objectif ? Optimiser chaque ressource investie pour qu’elle se traduise par des emplois créés, des entreprises durables et un artisanat béninois plus résilient et compétitif.
En saluant les efforts déjà accomplis, elle a lancé un appel à la mobilisation générale, rappelant que l’impact à long terme des réformes dépendra de la capacité des équipes à travailler de concert. Le message est sans ambiguïté : le gouvernement béninois mise sur une croissance inclusive, portée par des structures locales solides et tournées vers l’innovation.
Cette double visite de terrain a ainsi consolidé une vision claire : celle d’une économie béninoise où les PME et l’artisanat, soutenus par des politiques publiques ciblées, deviennent les piliers d’un développement durable et équitable.
