Les jeunes de Bondoukou invités à incarner une citoyenneté exemplaire
Dans le cadre d’un atelier dédié à l’encadrement des acteurs de jeunesse, les responsables associatifs de Bondoukou ont été sensibilisés à l’importance d’adopter une posture responsable face aux enjeux politiques. Cette rencontre, organisée par le Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire (CNJCI) au siège de la direction régionale de la Jeunesse, a réuni samedi 23 mai 2026 les figures emblématiques de la jeunesse locale.
Renforcer les capacités pour une jeunesse engagée
Sous le thème « Animation de la vie associative et leader de jeunesse face à la politique : quelle posture ? », cet atelier avait pour objectif de promouvoir une jeunesse consciente de ses responsabilités. Alexis Adjoumani Kouadio, délégué départemental du CNJCI, a rappelé le rôle clé des associations dans la préservation de la cohésion sociale et de la paix, un contexte particulièrement sensible dans la région du Gontougo.
« Les organisations de jeunesse ne sont pas de simples structures administratives. Elles doivent incarner un cadre d’encadrement citoyen et devenir des partenaires actifs de l’administration publique », a-t-il souligné. Pour lui, chaque leader doit incarner une exemplarité à la fois envers l’État et la société, afin de garantir un engagement constructif et apolitique au sein des mouvements associatifs.
Former des responsables pour un leadership efficace
Kouacou Désiré, directeur régional du ministère de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique du Gontougo, a insisté sur la nécessité de cultiver des compétences en leadership. « Diriger une association ne se limite pas à occuper un poste. Il s’agit de fédérer, d’animer et de porter des actions concrètes au service des communautés », a-t-il expliqué.
L’atelier a également abordé des thèmes essentiels comme la gestion organisationnelle, le dialogue constructif et la prévention des manipulations politiques au sein des mouvements de jeunesse. Une attention particulière a été accordée à la formation des responsables sur ces enjeux cruciaux.
La jeunesse, un pilier de stabilité sociale
Représentant le préfet de la région du Gontougo, Gnaihi Hugues a salué cette initiative comme un levier essentiel pour renforcer la stabilité sociale. « La jeunesse représente une force incontournable pour notre pays. Elle doit être un moteur de paix et d’engagement citoyen », a-t-il déclaré, encourageant les participants à s’approprier les enseignements transmis lors des échanges.
Un programme riche en interventions
Plusieurs communications ont marqué cette journée : une présentation sur l’animation de la vie associative par Jean Pierre Kouassi, un témoignage inspirant sur l’engagement associatif de Gla Serge, et un panel animé par Pascal Kouamé sur la posture des leaders face à la politique. L’événement a également été l’occasion de présenter le nouveau bureau local du CNJCI, réunissant présidents de jeunesse, responsables associatifs, étudiants et acteurs du civisme de toute la région.
Un engagement pour l’avenir
Cette rencontre a mis en lumière l’importance d’un leadership responsable et apolitique au sein des associations de jeunesse. En renforçant les capacités des acteurs locaux, le CNJCI contribue activement à bâtir une société plus unie, où chaque jeune peut devenir un acteur clé du développement régional.
Sénégal : la fin d’une alliance historique entre Diomaye Faye et Sonko
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a destitué vendredi 22 mai son premier ministre Ousmane Sonko, mettant un terme brutal à une collaboration née il y a plus de dix ans. Cette rupture survient après des mois de tensions croissantes entre les deux hommes, arrivés au pouvoir en avril 2024.
L’alliance « Diomaye c’est Sonko » a volé en éclats. Le duo Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, qui avait renversé l’ordre politique sénégalais en avril 2024 en s’opposant à l’ancien président Macky Sall, vient de se briser.
En effet, Ousmane Sonko, privé de candidature à la présidentielle pour une condamnation judiciaire l’ayant privé de ses droits civiques, avait choisi de soutenir Bassirou Diomaye Faye. Le calcul était simple : garder l’influence sur le pouvoir tout en occupant la tête du gouvernement. Une stratégie qui a rapidement montré ses limites.
Pendant douze ans, les deux hommes avaient formé un tandem indissociable au sein du mouvement les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Pourtant, à peine deux ans après leur accession au pouvoir, les divergences ont pris le dessus. Les tensions se sont accumulées, transformant une alliance solide en un conflit ouvert.
barrage l1 : l’ogc nice face à son destin contre saint-Étienne
Nice
Maxime Bacquié
Seuls contre tous. Les Aiglons s’avancent vers ce barrage avec ce sentiment collé au corps et au cœur. Le Gym joue sa survie en Ligue 1 sur cette double confrontation et ne pourra pas compter sur le soutien de ses supporters.
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L’OGC Nice dispute sa place en Ligue 1 ce mardi contre l’AS Saint-Étienne dans un match à enjeu vital. Les Aiglons devront faire sans Elye Wahi, suspendu, et sans leurs supporters, interdits de déplacement.
Seuls contre tous. Les Aiglons s’avancent vers ce barrage avec ce sentiment collé au corps et au cœur. Le Gym joue sa survie en Ligue 1 sur cette double confrontation et ne pourra pas compter sur le soutien de ses supporters. Ni à l’aller ni au retour.
Interdits de déplacement dans le Forez ce mardi, les amoureux des Aiglons seront cantonnés à la maison au retour vendredi puisque l’Allianz Riviera sera à huis clos. Une drôle d’atmosphère encore pour aborder ce rendez-vous à quitte ou double.
des handicaps en cascade pour les niçois
Le Gym cumule les handicaps d’ailleurs, pour préparer ce rendez-vous crucial. La suspension d’Elye Wahi pour le match aller, le temps de récupération largement raccourci par rapport à Saint-Étienne avec cette finale de Coupe de France dans les pattes. Et on ne parle même pas du micmac avec les Internationaux qui perturbent forcément la préparation de ce match. Wahi, Diouf et Mendy seront là jusqu’à vendredi.
Pour les autres, c’est plus incertain. Rien n’est épargné aux Aiglons cette saison. Jusqu’au calibre de l’adversaire. L’AS Saint-Étienne est taillée pour la Ligue 1 et a réussi à renforcer son effectif l’été dernier malgré la descente pendant que le Gym, lui, s’affaiblissait alors qu’il avait la perspective de disputer le tour préliminaire de Ligue des Champions.
une saison à oublier, un objectif à sauver
Depuis le 6 août dernier, le Gym a perdu 26 fois en 50 matchs. Un chemin de croix qui peut encore trouver une issue de secours si les Aiglons gardent la détermination aperçue face à Lens vendredi dernier et gomment les erreurs individuelles qui ont plombé cette finale. L’optimisme reste de mise dans les rangs niçois avec l’envie de sécuriser l’avenir des 200 salariés et de permettre à Dante de prendre sa retraite avec un Gym en Ligue 1.
Une présence symbolique aux répercussions géopolitiques
Sur le sol béninois, un événement diplomatique majeur s’est joué, loin des tumultes habituels. Le Premier ministre nigérien en fonction, accompagné des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso et du Mali, a marqué de sa présence la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni à Cotonou. Cette initiative, bien au-delà de sa dimension protocolaire, s’inscrit comme un signe tangible de détente dans une région marquée par des tensions persistantes.
La fin d’un isolement diplomatique ?
L’arrivée d’Ali Mahamane Lamine Zeine dans la capitale économique du Bénin, aux côtés de ses homologues sahéliens, ne relève pas du hasard. Elle intervient après des mois de tensions frontalières exacerbées par la fermeture prolongée de la frontière entre le Niger et le Bénin, un conflit larvé depuis l’été 2023. Cette fermeture, assortie de tensions logistiques autour du transit du pétrole nigérien via Sèmè-Podji, a mis à rude épreuve les relations bilatérales entre les deux pays.
L’Alliance des États du Sahel (AES) en première ligne
La délégation nigérienne n’était pas seule. La présence conjointe des trois pays membres de l’AES — le Niger, le Burkina Faso et le Mali — lors d’une cérémonie officielle béninoise envoie un message clair. Deux interprétations se dégagent de cette mobilisation :
Le maintien des échanges économiques : Romuald Wadagni, acteur central de la gestion financière du Bénin et interlocuteur privilégié des instances internationales, conserve des canaux de dialogue ouverts avec les autorités sahéliennes, malgré les divergences politiques.
L’amorce d’un réchauffement des relations : Après des mois de blocages administratifs et de restrictions douanières à la frontière nord du Bénin, cette rencontre illustre une volonté commune de désamorcer les tensions et de rétablir un climat de confiance.
L’économie, moteur d’une réconciliation forcée
Si le coup d’État de juillet 2023 à Niamey a figé les relations diplomatiques, la réalité économique s’impose comme un impératif incontournable. Le Bénin subit les conséquences directes du blocage des échanges transfrontaliers, tandis que le Niger fait face à des défis logistiques majeurs, aggravés par son enclavement. La fermeture de la frontière terrestre, effective depuis près de trois ans, étouffe les échanges commerciaux historiques entre les deux nations.
Cette visite de haut niveau pourrait ainsi marquer le début d’un processus de normalisation, avec pour objectif la réouverture progressive des points de passage. En réunissant les plus hauts responsables nigériens et sahéliens, Cotonou offre une bouffée d’oxygène à une diplomatie régionale sous pression, rappelant que les impératifs géographiques et économiques transcendent souvent les divergences idéologiques.
Bénin : le nouveau gouvernement de 24 ministres dévoilé par Romuald Wadagni
Le président béninois Romuald Wadagni a officialisé la composition de son premier gouvernement, comptant 24 ministres, dont plusieurs ministres délégués. Cette annonce intervient après son élection lors du scrutin présidentiel du 12 avril 2026 et son investiture le 24 mai au Palais des congrès de Cotonou.
Parmi ces 24 membres, sept ministres ayant servi sous l’ancien gouvernement de Patrice Talon ont été reconduits, avec parfois des ajustements dans leurs attributions. Le nouveau chef de l’État a réaffirmé son intention de poursuivre les réformes économiques et sociales engagées par son prédécesseur, dans une continuité stratégique pour le développement du pays.
les principaux acteurs du gouvernement béninois
Voici la répartition des portefeuilles au sein de cette nouvelle équipe ministérielle :
Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation : Yvon Détchénou
Ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la coopération : Aristide Médénou
Ministre des Affaires Étrangères : Corinne Amori Brunet
Ministre du Tourisme et du Commerce extérieur, en charge de l’industrie et de la promotion de l’investissement privé : Olushegoun Adjabi Bakari
Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche : Adi Yéton Bloukouon Goubalan
Ministre de la Santé : Benjamin Ignace Hounkpatin
Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en charge de la formation technique : Sédami Mèdégan Fagla
Ministre de l’Enseignement secondaire : Clément Kouchadé
Ministre des Enseignements maternel et primaire : Armand Kouyéma Nata
Ministre de la Famille et de l’Action sociale : Véronique Tognifodé
Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale : Janvier Yaouédéou
Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine : Yassin Latoundji
Ministre du Commerce intérieur, en charge de la formalisation de l’économie : Sadia Alimatou Assouma
Ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation, en charge de la stratégie nationale d’intelligence artificielle : Mahuna Akplogan
Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines : Édouard Daoumé
Ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du développement durable : Georges Allé
Ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’emploi, en charge de la formation professionnelle : Awawou Baco
Ministre de la Communication, en charge des médias : Aurélie Adam Soulé épouse Zoumarou
Ministre des Sports et de l’Engagement civique : Benoît Dato
les ministres délégués et leurs missions
Trois ministres délégués ont été nommés auprès du ministre de l’Économie et des Finances, avec des responsabilités ciblées :
Nicolas Yênoussi : chargé des finances et de la microfinance
Rodrique Chaou : chargé du budget et de la fonction publique
Hugues Oscar Lokossou : chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette
Par ailleurs, deux ministres délégués sont directement rattachés au Président de la République :
Djibril Mama Cissé Moussa : chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique
Gildas Agonkan : chargé de la Défense nationale
Cette nouvelle configuration gouvernementale reflète une volonté de renforcer l’efficacité de l’action publique, tout en maintenant une continuité avec les priorités économiques du pays.
Les croyants de Bamako ont célébré l’Aïd al-Adha dans l’isolement cette année, piégés par un blocus imposé par des groupes armés aux abords de la capitale malienne.
Originaire de Mopti, dans le centre du Mali, Alpha Amadou, 40 ans, a renoncé à son traditionnel retour au village pour la Tabaski. « Pour la première fois depuis trois décennies passées à Bamako, je fête cette fête ici », confie-t-il avec une pointe de nostalgie.
Depuis fin avril, des combattants liés à Al-Qaïda multiplient les barrages sur les axes stratégiques menant à la capitale. Incendies de véhicules, intimidations et menaces ont dissuadé les transporteurs de prendre la route, plongeant les voyageurs dans une incertitude sans précédent.
Pour les Maliens, l’Aïd al-Adha représente bien plus qu’un événement religieux : c’est un moment sacré où les familles, souvent éloignées pour des raisons professionnelles, se retrouvent enfin. Pourtant, cette année, les gares routières de Bamako, d’ordinaire animées par une effervescence joyeuse, affichent un calme inquiétant.
Les difficultés ne se limitent pas à l’insécurité. Les transporteurs subissent également les conséquences d’une pénurie de carburant, aggravant leur situation déjà précaire. « Non seulement nous manquons de gazole, mais nous avons aussi perdu des bus lors d’attaques récentes. Notre activité économique est gravement touchée », explique un responsable d’agence de voyage sous anonymat.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « D’ordinaire, nous transportons plus de 50 000 passagers vers les régions en une semaine pour l’Aïd. Cette année, aucun trajet n’est prévu », révèle un autre professionnel du secteur.
Wara Bagayoko, habitué à rejoindre Ségou pour les fêtes, reste à Bamako cette année. « Même les voitures particulières sont prises pour cibles. La route est trop dangereuse », témoigne-t-il. Oumar Diarra, lui, renonce à son traditionnel voyage à moto vers Sikasso avec ses amis : « Nous resterons tous à Bamako. »
Quelques rares minibus osent encore emprunter des voies secondaires ou circuler sous protection militaire, mais leur nombre reste dérisoire.
Un marché du bétail en crise
Le blocus perturbe également le commerce du bétail, indispensable pour le sacrifice rituel de l’Aïd. Les éleveurs peinent à acheminer leurs animaux vers Bamako, principal pôle de consommation du pays.
Le coût du transport, qui oscillait entre 2 500 et 2 750 francs CFA par animal, a explosé pour atteindre entre 15 000 et 18 000 francs CFA, soit une multiplication par six. « Les camions transportant des moutons sont régulièrement incendiés par les djihadistes. D’ordinaire, j’en aurais plus de 1 000 à Bamako, mais aujourd’hui, je n’en possède plus aucun », déplore Hama Ba, commerçant local.
Les prix flambent : un mouton, autrefois acheté 75 000 francs CFA, se négocie désormais à 300 000 francs. « Avant, nous avions l’embarras du choix. Aujourd’hui, ils se font rares », explique Iyi, en quête d’un animal à prix raisonnable pour la fête.
Dans un contexte où le salaire minimum plafonne à 40 000 francs CFA, cette inflation aggrave les difficultés économiques des ménages.
Bamako face à la dégradation des services essentiels
La crise sécuritaire s’invite dans le quotidien des Bamakois. Les coupures d’électricité se multiplient, tandis que les réserves d’eau potable s’amenuisent, plongeant la capitale dans une précarité accrue.
Mali : à Bamako, la fête de Tabaski impactée par le blocus djihadiste
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Encerclés par un blocus, djihadiste autour de la capitale malienne, les musulmans de Bamako ont été contraints de passer l’Aïd loin de leurs familles cette année.
barrages de ligue 1 : incertitude sur old, tardieu prêt à affronter nice avec l’asse
Saint-Étienne
Jérémy Marillier
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Le latéral gauche Ben Old, absent des terrains depuis son accident aux ischios lors des play-offs face à Rodez, reste incertain pour le barrage aller de Ligue 1 face à Nice ce mardi au stade Geoffroy-Guichard. En revanche, Florian Tardieu, de retour après une blessure au mollet, est pleinement disponible.
Dix jours après leur victoire en play-offs de Ligue 2 contre Rodez (0-0, 7-6 t.a.b.), les Verts se préparent à affronter l’OGC Nice lors des barrages d’accession à la Ligue 1. À la veille du match aller, l’entraîneur Philippe Montanier a détaillé la composition de son équipe. Si Florian Tardieu, touché au mollet début mars, est désormais rétabli, Ben Old, blessé aux ischios face à Rodez, reste dans l’incertitude. Le défenseur néo-zélandais effectuera un dernier test médical mardi matin avant que sa participation ne soit définitivement confirmée ou non.
L’AS Saint-Étienne pourra compter sur le retour de Florian Tardieu, absent depuis début mars à cause d’une blessure au mollet. Le milieu expérimenté est enfin de retour dans le groupe. En revanche, Djylian N’Guessan sera forfait pour ce match en raison d’une nouvelle blessure aux ischios.
L’équipe stéphanoise attend encore les décisions concernant ses internationaux. Philippe Montanier a indiqué que des discussions étaient en cours pour déterminer si Ben Old (Nouvelle-Zélande), Augustine Boakye et Ebenezer Annan (Ghana) seraient alignés ce mardi.
La scène politique au Sénégal traverse une phase de turbulences majeures. Ce dimanche, El Malick Ndiaye a officiellement quitté ses fonctions de président de l’Assemblée nationale. Ce retrait stratégique semble baliser le terrain pour Ousmane Sonko, qui pourrait désormais briguer la tête du Parlement, quelques jours seulement après avoir été démis de son poste de Premier ministre par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.
Un retrait stratégique au sommet de l’État
C’est via un message diffusé sur les réseaux sociaux qu’El Malick Ndiaye a annoncé sa démission, invoquant une vision personnelle des institutions et la primauté de l’intérêt national. Fidèle allié d’Ousmane Sonko, il dirigeait l’hémicycle depuis le triomphe électoral du Pastef lors des législatives de 2024, où le parti avait raflé une majorité écrasante de 130 sièges sur 165.
Une séance plénière est d’ores et déjà programmée pour ce mardi. L’ordre du jour est crucial : les députés devront examiner la réintégration d’Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale avant de procéder à l’élection d’un nouveau président. Si cette transition se confirme, elle asseoirait davantage l’autorité du leader du Pastef, dont l’influence sur l’opinion publique reste prédominante.
La rupture consommée entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko
Ce basculement intervient dans un climat de divorce politique. Vendredi dernier, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre, actant une séparation brutale entre les deux figures de proue qui avaient conquis le pouvoir en avril 2024. Pour rappel, Ousmane Sonko, empêché de concourir à la présidentielle en raison de ses déboires judiciaires, avait propulsé la candidature de Bassirou Diomaye Faye sous la bannière unificatrice « Diomaye Moy Sonko ».
Toutefois, l’unité de façade a laissé place à des divergences profondes. Ousmane Sonko reprochait ouvertement au président un manque de fermeté ainsi que la lenteur des enquêtes visant les cadres de l’administration de Macky Sall, suspectés de malversations financières. À l’inverse, Bassirou Diomaye Faye s’inquiétait de l’ascendant croissant de son Premier ministre sur l’appareil d’État et le parti majoritaire.
Un avenir politique incertain à Dakar
Le point de non-retour a été atteint suite aux critiques acerbes formulées par l’ex-Premier ministre devant les députés concernant la gestion des fonds secrets. Malgré son éviction du gouvernement, la ferveur autour d’Ousmane Sonko ne faiblit pas. Vendredi soir, des centaines de sympathisants se sont réunis autour de sa résidence à Dakar pour lui témoigner leur fidélité, transformant ce limogeage en un véritable plébiscite populaire.
Désormais, le président Bassirou Diomaye Faye doit désigner un nouveau chef de gouvernement. Ce futur Premier ministre devra naviguer dans un contexte législatif complexe et obtenir l’aval d’une Assemblée nationale potentiellement dirigée par son principal rival politique.
Bénin : après 94 % des voix, Romuald Wadagni lance son septennat à Cotonou
Le nouveau président béninois Romuald Wadagni a prêté serment ce 24 mai 2026 au Palais des Congrès de Cotonou. Son élection, marquée par l’absence de l’opposition, ouvre une ère où continuité économique et ouverture diplomatique au Sahel s’entremêlent.
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Avec un score historique de 94 % des suffrages, Romuald Wadagni accède à la magistrature suprême dans un scrutin où l’opposition n’a pu concourir. Un résultat qui interroge sur la vitalité démocratique du Bénin et les perspectives pour les prochaines années.
À 49 ans, l’ancien ministre des Finances de Patrice Talon devient le cinquième président de la IVᵉ République. Son investiture solennelle, tenue dans la capitale économique, officialise une transition institutionnelle préparée depuis des mois. Le nouveau chef de l’État hérite d’un pays où la croissance économique est saluée, mais où l’espace politique se resserre.
Un technocrate au service d’un modèle économique éprouvé
Romuald Wadagni incarne la continuité d’une gestion publique marquée par la rigueur budgétaire. Formé chez Deloitte, il a dirigé la politique financière du Bénin pendant une décennie, supervisant des levées de fonds internationales et préservant la notation souveraine du pays. Son parcours, ancré à Lokossa, reflète celui d’une élite administrative au cœur des réformes de Patrice Talon.
Son élection du 12 avril 2026, validée par la Cour constitutionnelle, s’est jouée face à un unique adversaire, Paul Hounkpè. Le scrutin, marqué par une participation contrastée, a vu Wadagni remporter plus de 94 % des voix, tandis que sa colistière Mariam Chabi Talata accédait à la vice-présidence. Depuis 2025, le mandat présidentiel s’étend désormais à sept ans, une modification constitutionnelle qui redéfinit le calendrier politique.
Une cérémonie millimétrée, symbole d’une transition maîtrisée
Le protocole, déployé sur près de trois heures, a mis en lumière la transition entre Patrice Talon et son successeur. Après un entretien privé au Palais de la Marina, Talon a transmis les insignes présidentiels à Romuald Wadagni. La prestation de serment, suivie de la remise des insignes honorifiques, a réuni plus de 6 000 invités, dont d’anciens présidents comme Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi.
L’organisation, saluée pour sa fluidité, contraste avec un paysage politique marqué par l’exclusion de l’opposition. Les règles électorales, renforcées ces dernières années, ont limité la représentation parlementaire des forces dissidentes, réduites à néant aux législatives de janvier 2026.
Un scrutin sans opposition : le verrouillage politique se poursuit
Le parti Les Démocrates, dirigé par Thomas Boni Yayi, a vu sa candidature invalidée en octobre 2025 pour défaut de parrainage. Malgré une mobilisation initiale, la Commission électorale nationale autonome a recalé le duo Agbodjo-Lodjou, faute de signatures parlementaires suffisantes. La CRIET, tribunal spécialisé dans la répression des infractions économiques et du terrorisme, reste au cœur des critiques, accusée d’être instrumentalisée contre les opposants.
Les frais d’inscription élevés, les certificats de conformité contrôlés par le pouvoir et les seuils de représentation par circonscription ont réduit l’influence des formations d’opposition. Une stratégie qui a abouti à une Assemblée nationale sans voix dissidentes, reflétant une démocratie en tension.
Sécurité intérieure et diplomatie régionale : les priorités affichées
Dans son discours, Romuald Wadagni a insisté sur deux axes majeurs : la redistribution des fruits de la croissance et la fermeté face aux groupes armés actifs dans le nord du Bénin depuis 2022. Mais c’est sur le plan international que son intervention a surpris. Pour la première fois depuis des années, le Bénin a invité des représentants de l’Alliance des États du Sahel (AES), marquant une inflexion dans ses relations avec les régimes militaires de la région.
Le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, présent à Cotonou, a été longuement applaudi, signe d’un réchauffement diplomatique après des mois de tensions liées à la fermeture répétée de la frontière et aux blocages sur l’oléoduc nigérien. La présence de la ministre française déléguée à la Francophonie, ainsi que celle du vice-président nigérian, a souligné l’importance régionale de l’événement.
Le discours, rythmé par l’anaphore « à vous, je veux dire », a ciblé les jeunes, les femmes, les ruraux et la diaspora. Une attention particulière a été accordée aux femmes, reflétant l’importance de Mariam Chabi Talata au sein de l’exécutif. Wadagni a également rendu hommage aux descendants africains de la traite, rappelant que le Bénin reste « la maison de retour ».
Les défis immédiats du nouveau président
Les prochaines semaines seront déterminantes. La composition du gouvernement, attendue dans les jours à venir, révélera si Wadagni s’inscrit dans la continuité ou s’il opère un renouvellement. Le sort des opposants emprisonnés, comme Reckya Madougou et Joël Aïvo, sera scruté, tout comme les gestes envers les pays de l’AES. Une visite officielle à Niamey ou Bamako pourrait concrétiser cette nouvelle dynamique diplomatique.
Le Bénin entre dans un septennat marqué par des institutions remodelées et une croissance économique saluée par les partenaires internationaux. Pourtant, la question du pluralisme politique reste entière : un système où la contradiction a peu de place peut-il prétendre à une stabilité durable ?
Le décret présidentiel du 22 mai 2026 a marqué un tournant historique : Ousmane Sonko n’est plus Premier ministre du Sénégal. Cette décision actée par Bassirou Diomaye Faye scelle la fin d’un tandem politique qui avait porté le PASTEF au pouvoir en 2024 sous le slogan « Diomaye mooy Sonko ». Un slogan devenu l’emblème d’une fusion entre deux ambitions et d’un projet commun, mais qui n’a pas résisté aux tensions croissantes entre les deux hommes.
Cette rupture politique, sans précédent dans l’histoire récente du Sénégal, ouvre une période d’incertitudes majeures. Pour la première fois depuis l’alternance de 2024, le président et son ancien mentor politique vont s’affronter au grand jour. Mais quelles conséquences cette séparation va-t-elle entraîner pour le pays, le parti au pouvoir et les deux figures centrales de cette crise ?
Un duo politique sous tension : quand la dualité devient un piège
Les observateurs politiques s’accordent sur un point : cette rupture était prévisible. Depuis des mois, les divergences entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye se multipliaient, révélant des contradictions institutionnelles et personnelles difficiles à surmonter.
Selon Maurice Soudieck Dione, professeur de science politique, la situation actuelle plonge ses racines dans la présidentielle de 2024. Empêché de se présenter, Sonko avait alors soutenu la candidature de Diomaye Faye, présenté comme son prolongement naturel. Mais cette stratégie électorale s’est rapidement transformée en un équilibre politique instable.
« Le président Diomaye Faye a été élu dans un contexte particulier, après l’invalidation de la candidature d’Ousmane Sonko. Dès le départ, cette situation a instauré une dualité au sommet de l’État, avec un président doté d’une légitimité institutionnelle et un Premier ministre porteur d’une légitimité populaire et militante », explique l’analyste.
Dans le système politique sénégalais, la Constitution accorde une primauté au chef de l’État, qui reste le supérieur hiérarchique du Premier ministre. Pourtant, Ousmane Sonko bénéficiait d’une influence incontestable au sein du PASTEF et d’une popularité qui dépassait largement les murs de son parti.
Cette asymétrie a créé une tension permanente entre les deux hommes. Sonko, en tant que Premier ministre, incarnait une force politique incontournable. Diomaye Faye, en tant que président, devait composer avec cette réalité. Une configuration qui, selon Maurice Soudieck Dione, aurait pu être évitée.
« Après les législatives de novembre 2024, j’avais suggéré qu’Ousmane Sonko aurait pu présider l’Assemblée nationale, tandis qu’un Premier ministre technocrate aurait dirigé le gouvernement. Cela aurait permis une répartition plus claire des rôles et évité cette diarchie problématique. »
Le limogeage de Sonko est donc le résultat d’une accumulation de tensions, mais aussi d’un choix stratégique de Diomaye Faye : reprendre le contrôle total du pouvoir exécutif et sortir de l’ombre de son mentor politique.
2029 en ligne de mire : une rivalité nourrie par les ambitions
Les mois qui ont précédé le limogeage de Sonko ont été marqués par une escalade des désaccords, tant sur le plan politique qu’économique. Le président Diomaye Faye avait déjà critiqué la personnification du parti, une formule largement interprétée comme une attaque voilée envers Sonko.
Cette rivalité s’explique aussi par des calculs politiques à long terme. Tous deux savent que la présidentielle de 2029 sera un moment décisif. Pour Sonko, cette échéance représente une opportunité de s’émanciper du rôle de mentor et de se positionner en leader incontesté. Pour Diomaye Faye, il s’agit de consolider sa propre légitimité et de prouver qu’il peut gouverner sans l’appui de son ancien allié.
« Il ne fait aucun doute que des logiques de positionnement ont joué un rôle dans cette rupture. La diarchie au sommet de l’État a nourri une concurrence interne qui, à terme, était insoutenable », analyse Maurice Soudieck Dione.
Cette confrontation politique a des répercussions profondes sur le PASTEF, parti qui a remporté une large majorité aux législatives de 2024. Sonko, en tant que leader du parti, conserve une influence majeure sur les 130 députés PASTEF à l’Assemblée nationale. Une force que Diomaye Faye devra désormais composer avec, sous peine de voir ses projets bloqués.
Un affaiblissement mutuel et des risques politiques majeurs
Selon Babacar Ndiaye, directeur de recherche au think tank WATHI, le limogeage de Sonko marque un affaiblissement des deux hommes sur le plan politique. Le slogan « Diomaye mooy Sonko » avait construit une image de duo indissociable, mais cette promesse est aujourd’hui brisée.
« Les citoyens qui avaient misé sur cette alliance vont ressentir une profonde déception. L’image des deux leaders est durablement affectée, et cela pourrait se répercuter sur leur capacité à mobiliser l’électorat », estime-t-il.
Pour le président Diomaye Faye, la décision de se séparer de Sonko est un pari risqué. Si elle lui permet de reprendre le contrôle de l’exécutif, elle l’expose aussi à une isolement politique croissant. Sonko, en tant que Premier ministre, absorbait une partie des critiques et maintenait la mobilisation de la base militante du PASTEF. Désormais, toutes les attentes populaires vont se concentrer sur Diomaye Faye, qui doit prouver qu’il peut incarner seul l’héritage de l’alternance de 2024.
Le risque principal ? Une majorité parlementaire hostile. Le PASTEF, toujours dirigé par Sonko, détient une majorité à l’Assemblée nationale. Si les députés PASTEF s’opposent aux projets de loi du gouvernement, cela pourrait paralyser l’action politique et ouvrir la voie à une crise institutionnelle.
« Le président pourrait se retrouver dans une situation où il dispose des leviers institutionnels du pouvoir, mais où sa majorité parlementaire lui est acquise à la cause de Sonko. Une configuration explosive qui fragilisera son mandat avant même 2029 », prévient Babacar Ndiaye.
Vers une recomposition du paysage politique ?
Le limogeage de Ousmane Sonko pourrait bien n’être que le premier acte d’une recomposition politique plus large. Plusieurs scénarios se dessinent pour l’avenir du Sénégal.
Le premier serait celui d’une opposition interne au sein même du PASTEF. Sonko, libéré des contraintes du gouvernement, pourrait se repositionner en leader d’une frange rebelle du parti. Une stratégie risquée, mais qui lui permettrait de maintenir son influence sur la base militante.
Le deuxième scénario serait une préparation méthodique de la présidentielle de 2029. Plusieurs observateurs estiment que Sonko prépare déjà cette échéance, tandis que Diomaye Faye doit désormais construire sa propre identité politique.
Enfin, une recomposition totale du paysage politique pourrait s’opérer, avec la naissance de deux blocs distincts : un courant institutionnel incarné par Diomaye Faye et un courant populiste-souverainiste porté par Sonko.
« La décision du limogeage de Sonko ouvre une période d’incertitude politique sans précédent depuis l’alternance de 2024. Les Sénégalais subissent déjà les contre-coups de la situation économique, et cette crise politique ne va pas arranger les choses », analyse Babacar Ndiaye.
Le président Diomaye Faye va devoir nommer rapidement un nouveau Premier ministre et former un gouvernement. Le choix des personnalités et l’orientation politique de cette équipe seront scrutés de près. Une erreur de casting pourrait aggraver la fracture au sein du PASTEF et affaiblir davantage le pouvoir en place.
Pour Ousmane Sonko, l’enjeu est tout aussi crucial. Il doit prouver qu’il peut exister politiquement en dehors du pouvoir exécutif. S’il parvient à mobiliser sa base et à structurer une opposition efficace, il pourrait devenir un acteur incontournable pour les prochaines échéances électorales.
Quant au calendrier politique, il ne laisse aucun répit. Les élections locales approchent, et une dissolution de l’Assemblée nationale est évoquée. Mais cette option n’est possible qu’à partir de novembre 2026. Dans l’intervalle, le risque d’une paralysie institutionnelle plane sur le pays.
« Si la dissolution intervient, ce sera un moment de clarification. En cas de défaite, cela pourrait fragiliser le reste du mandat présidentiel », avertit Maurice Soudieck Dione.
Une nouvelle ère pour le Sénégal ?
Le limogeage de Ousmane Sonko marque la fin d’une ère politique au Sénégal. Le duo qui avait porté le PASTEF au pouvoir en 2024 a volé en éclats, laissant place à une incertitude inédite. Pour Bassirou Diomaye Faye, l’enjeu est de devenir un leader à part entière, capable de gouverner sans l’ombre de Sonko. Pour Ousmane Sonko, il s’agit de se réinventer et de préparer l’avenir.
Cette crise politique survient dans un contexte économique déjà difficile pour les Sénégalais. Les attentes sont immenses, et la capacité des deux hommes à répondre à ces défis sera déterminante pour leur avenir politique. Une chose est sûre : le Sénégal entre dans une nouvelle phase, où chaque décision pourrait redessiner l’équilibre des pouvoirs pour les années à venir.
Sénégal : limogé par Diomaye Faye, Sonko s’en va « le cœur léger »
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Le limogeage du Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, et la dissolution de son gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye risque d’aggraver l’incertitude dans un pays déjà aux prises avec une crise de la dette et des négociations interminables avec le FMI.