La crise qui oppose le Pastef au président Bassirou Diomaye Faye continue d’animer la scène politique sénégalaise. Alors que des militants du parti au pouvoir réclament l’exclusion du chef de l’État, Ousmane Sonko a déclaré que cette décision reviendra « le moment venu » aux organes compétents du mouvement.
Le président de l’Assemblée nationale a souligné la structure solide du Pastef, rappelant que toute éventuelle exclusion devra se faire dans le respect des textes : « Cela s’appréciera le moment venu. Le Pastef est un parti très structuré, très organisé. Il a des textes très clairs sur les procédures à suivre et sur les griefs à examiner avant de parler de l’exclusion ou non de quelqu’un. Le parti, ce n’est pas moi. Ce sont les instances qui apprécieront le moment venu. »
Sonko a toutefois précisé qu’aucune démarche en ce sens n’est actuellement à l’ordre du jour : « Nous n’en sommes pas encore là. »
Refus d’utiliser le terme « trahison »
Interrogé sur les accusations de « trahison » visant Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a évité d’employer ce mot, préférant situer le débat sur le plan politique : « Les notions de trahison relèvent davantage de la morale et de l’affectif. Je préfère me situer sur un terrain politique. »
Selon lui, plusieurs engagements pris devant le peuple sénégalais n’ont pas été tenus et, plus grave, il n’existe pas de réelle volonté de les mettre en œuvre. « Je considère aujourd’hui que certains des engagements que nous avons pris vis-à-vis du peuple sénégalais ne sont pas respectés et qu’il n’y a pas de volonté de les respecter. La trahison, je laisse cela au domaine de la morale », a-t-il ajouté.
Tensions persistantes au sein du pouvoir
Ces déclarations surviennent dans un climat de fortes tensions entre les différentes composantes du pouvoir sénégalais. Depuis plusieurs semaines, des cadres et militants du Pastef reprochent au président Bassirou Diomaye Faye de s’éloigner du projet politique qui a porté le parti au sommet de l’État.
Malgré ces critiques, Ousmane Sonko privilégie pour l’instant les mécanismes internes du parti et écarte toute décision hâtive concernant le chef de l’État.
