Auteur/autrice : nigeractu

  • Ecobank : la gouvernance renforcée après des résultats financiers historiques à Lomé

    Ecobank : la gouvernance renforcée après des résultats financiers historiques à Lomé

    Lomé a abrité en 2026 les Assemblées générales d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI), marquant un tournant décisif pour le groupe bancaire africain. Au-delà de la validation officielle du retour du dividende après des années d’attente, ces rencontres ont scellé une nouvelle ère de gouvernance, portée par des performances financières exceptionnelles et une confiance renouvelée des actionnaires.

    Les investisseurs ont adopté l’intégralité des résolutions présentées, incluant l’approbation des comptes 2025, le versement d’un dividende de 40 millions de dollars, le renouvellement de mandats d’administrateurs et l’intégration de nouveaux talents au sein du conseil d’administration.

    Une gouvernance solide pour une croissance durable

    Pour Papa Madiaw Ndiaye, président du conseil d’administration d’Ecobank Group, cette session conforte la vision stratégique du groupe. Le retour du dividende, absent depuis 2022, récompense selon lui la persévérance des actionnaires et les efforts consentis pour consolider les bases financières, la qualité des actifs et la conformité réglementaire.

    « Une gouvernance rigoureuse est le fondement d’une croissance pérenne », a-t-il insisté lors de son intervention. Les résultats exceptionnels enregistrés en 2025, la reprise du dividende et les partenariats stratégiques conclus illustrent, selon lui, l’efficacité de cette méthode de gestion.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un bénéfice avant impôt de 801 millions de dollars, en progression de 21 % sur un an, et des revenus nets s’élevant à 2,45 milliards de dollars, soit une hausse de 17 %. Ces performances valident pleinement la stratégie « Growth, Transformation and Returns » (GTR), conçue pour renforcer la résilience du groupe et exploiter le potentiel de sa plateforme panafricaine.

    Cette réussite s’appuie également sur la diversité géographique du réseau Ecobank. Papa Madiaw Ndiaye a mis en avant l’émergence de nouveaux contributeurs majeurs, comme la Guinée et le Zimbabwe, aux côtés des marchés historiques que sont le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

    « Notre modèle volontariste de croissance crée de la valeur pour nos actionnaires tout en modernisant les systèmes de paiement et de commerce sur nos 34 implantations », a souligné Jeremy Awori, directeur général d’Ecobank Group.

    Un conseil d’administration repensé pour relever les défis futurs

    L’Assemblée générale a également acté des changements significatifs au sein du conseil d’administration. Les actionnaires ont validé la nomination de Dr. Ayo Adepoju et celle de Cathia Lawson-Hall, administratrice d’ETI pour un mandat triennal. Originaire du Togo, cette dernière apporte une expertise internationale de plus de 25 ans en banque, marchés de capitaux, finance d’entreprise et gouvernance, acquise sur trois continents : Afrique, Europe et Amérique du Nord.

    Ces ajustements interviennent dans un contexte où Ecobank accélère sa transformation, tant sur le plan opérationnel que financier. Ils visent à enrichir la gouvernance du groupe pour répondre aux exigences croissantes du secteur bancaire africain, notamment en matière de conformité, de gestion des risques, de capitalisation et d’innovation financière.

    Cette refonte s’inscrit dans une dynamique plus large : Ecobank cherche à démontrer que son modèle panafricain n’est pas une simple présence géographique, mais un levier stratégique capable de générer de la valeur dans des environnements économiques variés.

  • Gabon : le refus catégorique du président Oligui Nguema face aux migrants expulsés des États-Unis

    Gabon : le refus catégorique du président Oligui Nguema face aux migrants expulsés des États-Unis

    Le Gabon affiche une position ferme face aux pressions américaines concernant l’accueil des migrants expulsés. Dans un contexte de tensions migratoires croissantes, Libreville a clairement indiqué qu’il ne validerait aucun accord bilatéral permettant le transit ou l’installation de ces personnes sur son territoire.

    Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu à préciser sa pensée lors d’un entretien exclusif, en insistant sur la nécessité de préserver les intérêts stratégiques du Gabon. Interrogé sur ses relations avec l’administration américaine, il a rappelé que, malgré une relation personnelle apaisée avec le locataire de la Maison-Blanche, les priorités nationales priment sur toute considération diplomatique.

    « J’ai une grande estime pour le président américain, mais le Gabon ne peut pas accepter un accord qui ne servirait pas ses objectifs. Nous ne sommes pas prêts à signer un texte qui mettrait en péril notre stabilité ou notre souveraineté. », a-t-il déclaré avec une clarté qui ne souffre d’aucun ambiguïté.

    Cette prise de position illustre une diplomatie gabonaise résolument tournée vers la défense de ses propres enjeux. En refusant de s’engager dans ce mécanisme d’externalisation des flux migratoires, le gouvernement évite de s’ajouter des contraintes administratives et sécuritaires, alors que le pays fait face à des défis internes majeurs.

    Priorité à la souveraineté nationale et à la stabilité

    Pour Libreville, les défis actuels se concentrent sur la consolidation de la Vème République, la relance économique et la préparation des prochaines élections. L’accueil de migrants expulsés n’apparaît pas comme une priorité, et encore moins comme une solution envisageable.

    En adoptant cette ligne dure, le Gabon envoie un signal fort à ses partenaires internationaux : aucune collaboration, aussi amicale soit-elle, ne justifiera une remise en cause de sa souveraineté ou de sa cohésion sociale. Une posture qui renforce l’image d’un État déterminé à maîtriser son destin.

  • Confrontation politique à Kinshasa : l’opposition défie l’exécutif

    Confrontation politique à Kinshasa : l’opposition défie l’exécutif

    politiqueRépublique démocratique du Congo

    Confrontation politique à Kinshasa : l’opposition défie l’exécutif

    Malgré l’appel à une journée de mobilisation générale lancé par les forces d’opposition, le pouvoir en place maintient son projet de modification de la loi fondamentale. Les deux camps s’affrontent sur l’interprétation des événements.

    RDC Kinshasa | Centre administratif de Kinshasa

    Mercredi après-midi, les activités commerciales et scolaires ont lentement repris leur cours dans les rues de Kinshasa, après la journée de protestation organisée par les partis d’opposition. Ces derniers, regroupés sous la bannière de la Coalition Article 64, avaient appelé à une « journée ville morte » pour protester contre le projet présidentiel de réforme constitutionnelle.

    Alors que l’opposition clame un succès retentissant en évoquant une participation massive de la population, les autorités gouvernementales minimisent l’impact de cette mobilisation et réaffirment leur détermination à mener à bien la révision des textes fondamentaux.

    Une capitale sous tension : entre peur et répression

    Dans plusieurs arrondissements de la capitale, les habitants ont choisi de rester cloîtrés chez eux. Entre la crainte d’affrontements violents et la présence imposante des forces de l’ordre, les axes routiers de Kinshasa ont offert un spectacle inhabituel de calme forcé.

    « Je n’entends même pas les écoliers dans la rue. Les établissements scolaires sont fermés. Personne ne veut de cette réforme constitutionnelle. Si nous ne résistions pas, nous serions contraints de nous rendre au travail. Le peuple s’y oppose catégoriquement », confie un résident de la commune de Ngaliema.

    Un autre témoin décrit une atmosphère marquée par des restrictions drastiques de liberté de mouvement :

    « Ici, la situation est oppressante. Des militaires et des policiers quadrillent les rues et dispersent les rassemblements. Impossible de circuler librement, ni en voiture ni à moto. Les commerces sont tous fermés. La situation est critique. »

    L’opposition revendique une victoire populaire

    À l’issue de cette journée de contestation, les figures de proue de l’opposition dressent un bilan qu’elles qualifient d’historique. Selon elles, la mobilisation a dépassé toutes leurs espérances et elles annoncent déjà de nouvelles actions d’envergure pour faire obstacle au projet présidentiel.

    Prince Epenge, porte-parole de la coalition Lamuka, va jusqu’à évoquer un rejet sans ambiguïté du chef de l’État par la population kinoise.

    « La population de Kinshasa a répondu à 99,9 % à notre appel. En restant chez eux, au-delà de l’obéissance à notre mot d’ordre, les citoyens ont clairement désavoué Félix Tshisekedi et sa volonté dictatoriale de modifier la Constitution pour prolonger son mandat. Il est temps pour lui de prendre acte de ce désaveu massif », a-t-il lancé avec fermeté.

    Le pouvoir maintient sa position malgré les critiques

    Une interprétation des événements que la majorité présidentielle réfute avec la plus grande énergie. Du côté de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), les responsables assurent que la mobilisation n’a eu qu’un impact limité et que les activités normales ont repris leur cours.

    Christian Lumu Lukusa, vice-président de la Ligue des jeunes de l’UDPS, rejette catégoriquement l’idée d’une adhésion populaire aux consignes de l’opposition.

    « Malgré les tentatives de certains leaders de l’opposition pour semer la peur et appeler à des actes de violence, la population n’a pas suivi leurs directives. Je peux vous l’affirmer : Kinshasa est pleinement active », a-t-il déclaré.

    Il a également réitéré l’engagement de son camp à poursuivre la réforme constitutionnelle, présentée comme une nécessité pour moderniser les institutions congolaises.

    « Concernant la réforme constitutionnelle, nous la maintiendrons car elle répond à un impératif national et à une volonté de modernisation de nos structures étatiques », a-t-il souligné.

    Un référendum au cœur du conflit institutionnel

    Selon Christian Lumu Lukusa, la réforme envisagée devra être soumise à un référendum, conformément à l’adoption, le 27 mai, par l’Assemblée nationale d’une loi référendaire. Une perspective que l’opposition qualifie d’illégale au regard de la Constitution actuelle.

    Ce désaccord profond entre les deux camps augure de nouvelles tensions politiques dans les semaines à venir, alors que chaque partie campe sur ses positions.

  • Crise politique à Kinshasa : l’opposition paralyse la capitale congolaise

    Crise politique à Kinshasa : l’opposition paralyse la capitale congolaise

    Félix Tshisekedi brandit un exemplaire officiel de la Constitution après son investiture à Kinshasa le 24 janvier 2019

    La capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, s’est transformée en un véritable champ de bataille politique. Les dernières mobilisations de l’opposition contre le président Félix Tshisekedi ont plongé la ville dans une paralysie sans précédent. Routes barrées, commerces fermés et transports à l’arrêt : la tension est palpable au quotidien.

    une mobilisation massive orchestrée par les figures de l’opposition

    Plusieurs leaders politiques se sont unis pour contester la légitimité du chef de l’État. Parmi eux, Moïse Katumbi, Matata Ponyo Mapon et Martin Fayulu figurent en première ligne. Leur objectif ? Faire entendre une voix unie contre les décisions perçues comme autoritaires du président Tshisekedi.

    Les appels à la grève générale ont été largement suivis, plongeant Kinshasa dans une crise économique temporaire mais intense. Les marchés, les écoles et les entreprises ont subi les conséquences de cette contestation, reflétant la profondeur du malaise politique.

    les conséquences immédiates sur la vie quotidienne

    Les habitants de Kinshasa subissent de plein fouet les répercussions de cette crise. Les déplacements sont devenus difficiles en raison des barrages routiers érigés par les manifestants. Les files d’attente dans les stations-service s’allongent, tandis que les prix des denrées de base fluctuent sous l’effet de la pénurie.

    Les autorités tentent de minimiser l’impact, mais la population exprime son mécontentement. Les réseaux sociaux s’embrasent, relayant des images de rues désertes et de commerces fermés. La capitale congolaise, d’habitude si dynamique, semble figée dans une attente tendue.

    un climat politique sous haute tension

    La situation reste extrêmement volatile. Les forces de sécurité ont été déployées en renfort, mais leur présence ne suffit pas à calmer les esprits. Les tensions entre les partisans du gouvernement et ceux de l’opposition risquent de s’aggraver si aucun dialogue n’est engagé rapidement.

    Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir politique de la RDC. Les acteurs de cette crise doivent trouver une issue pacifique avant que la situation ne dégénère davantage.

  • Libreville se transforme : Oligui Nguema lance une refonte urbaine ambitieuse

    Libreville se transforme : Oligui Nguema lance une refonte urbaine ambitieuse

    Politique urbaine

    Libreville se transforme : Oligui Nguema lance une refonte urbaine ambitieuse

    Libreville, le 3 juin 2026 – La capitale gabonaise s’engage dans une mutation profonde sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Une rencontre décisive avec le maire Eugène Mba a permis de recentrer la gouvernance locale sur des objectifs concrets de modernisation.

    Cette entrevue, intégrée au suivi des collectivités territoriales, illustre la volonté de l’État de renforcer le lien entre les politiques nationales et leur application sur le terrain. L’accent est mis sur une accélération des projets urbains pour améliorer le cadre de vie des habitants.

    Une gestion municipale sous haute exigence

    Lors de cet échange, le maire de Libreville a présenté un bilan actualisé de sa feuille de route, incluant un nouvel organigramme et un plan d’action révisé. Ces outils visent à transformer l’administration locale en un moteur efficace de développement urbain.

    L’État exige désormais des résultats tangibles, évaluant la performance des exécutifs municipaux sur leur capacité à concrétiser les ambitions politiques. L’objectif ? Passer d’une logique de gestion traditionnelle à une dynamique de transformation active.

    Urbanisme, propreté et infrastructures : les piliers de la refonte

    Les projets prioritaires discutés lors de cette réunion touchent à plusieurs enjeux majeurs : réaménagement des espaces publics, construction de parkings modernes, développement des espaces verts et lutte contre l’occupation illégale des sols. Ces mesures répondent à une pression démographique croissante et à des besoins criants d’aménagement.

    La question de l’assainissement urbain, notamment la gestion des déchets, a également été abordée avec urgence. Collecte, traitement et valorisation des ordures ménagères sont désormais perçus comme des indicateurs clés de santé publique et de bonne gouvernance.

    Le numérique au service d’une administration plus performante

    La modernisation de l’administration municipale passe aussi par la digitalisation des services. Cette réforme simplifie les démarches, renforce la transparence et sécurise les recettes locales. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale plus large de transformation numérique de l’action publique.

    Cependant, cette transition implique un changement culturel profond : performance, traçabilité et responsabilité deviennent les maîtres-mots de la gestion communale.

    Libreville, laboratoire d’une nouvelle gouvernance urbaine

    Au-delà des aspects techniques, cette rencontre a souligné une vision stratégique : faire de Libreville un modèle de modernité urbaine. La capitale doit progressivement s’aligner sur les standards internationaux en matière d’urbanisme et de services publics.

    Le président a exhorté le maire à faire preuve d’innovation et de rigueur pour concrétiser ces ambitions. L’enjeu est clair : passer d’une gestion fragmentée à une approche structurée et évaluée.

    Les collectivités locales au cœur du développement national

    Cette audience dépasse le cadre classique des rapports institutionnels. Elle marque une étape clé dans la réforme territoriale, où les collectivités locales deviennent des acteurs incontournables du progrès.

    En recentrant l’action publique sur les réalités quotidiennes des citoyens, l’État mise sur une gouvernance plus proche des besoins concrets. Libreville incarne ainsi cette nouvelle dynamique, où se joue une partie de la crédibilité de la transformation nationale.

  • Nouveau gouvernement sénégalais : cinq leçons à tirer de sa composition

    Nouveau gouvernement sénégalais : cinq leçons à tirer de sa composition

    Nouveau gouvernement sénégalais : cinq enseignements majeurs à retenir

    Le Président Bassirou Diomaye Faye a officiellement dévoilé la composition de son nouveau gouvernement, une semaine après avoir remplacé son Premier ministre. Cette équipe, dirigée par Ahmadou Al Amine Mohamed Lo, devra relever des défis économiques et politiques majeurs, dans un contexte de dette publique record et de tensions avec les forces parlementaires.

    Le Premier ministre Ahmadou Al Amine Mohamed Lo

    1. Une équipe gouvernementale sans majorité parlementaire

    La nouvelle configuration exécutive doit composer avec une Assemblée nationale dominée par le PASTEF, parti d’Ousmane Sonko, désormais président du parlement. Ce dernier a publiquement annoncé que son parti ne participerait pas au gouvernement en raison de profondes divergences avec le chef de l’État.

    Départs de figures majeures du PASTEF du gouvernement

    Plusieurs personnalités influentes du PASTEF, dont Birame Souley Diop (Énergie), Yacine Fall (Justice) et Amadou Ba (Culture), ont quitté leurs postes par fidélité aux consignes du parti. Pourtant, quelques anciens cadres du PASTEF ont été maintenus ou promus, comme Cheikh Diba, reconduit aux Finances avec un élargissement de ses attributions à l’Économie et au Plan.

    D’autres proches d’Ousmane Sonko ont également intégré l’équipe, bien que le parti boycotte officiellement l’exécutif. Parmi eux figurent Cheikh Tidiane Dieye (Assainissement), Déthie Fall (Infrastructures) ou encore Boubacar Camara (Enseignement supérieur). La Coalition Diomaye obtient quant à elle six portefeuilles clés, dont celui de l’Énergie et du Pétrole, confié à El Hadj Abdourahmane Diouf.

    2. Une représentation féminine toujours insuffisante

    Sur les trente membres du gouvernement, seulement quatre sont des femmes. Une proportion en baisse par rapport à la précédente équipe, où elles étaient cinq. Pire encore : aucune ne dirige un ministère régalien.

    Les portefeuilles confiés aux femmes concernent principalement les secteurs sociaux : Marie Angélique Mame Selbé Diouf (Famille et Solidarités), Djirèye Clotilde Coly (Sports et Jeunesse), Ami Mara (Pêches et Économie maritime) et Mame Coumba Diop (Culture, Industries créatives et Patrimoine).

    Cette sous-représentation a suscité des critiques de la part d’organisations féministes. Le Dr Coumba Mar Gadio, membre du Réseau des Femmes Leaders Africaines (AWLN), a souligné que cette configuration « ne reflète ni le poids démographique des femmes dans la société sénégalaise, ni leur expertise dans des secteurs stratégiques ».

    Malgré l’existence d’une loi sur la parité depuis 2010, son application reste limitée aux postes électifs, laissant les nominations ministérielles en dehors de son champ d’application.

    3. Dette et relations avec le FMI : un équilibre difficile à trouver

    Le Sénégal face à une dette publique colossale

    Le Sénégal fait face à une dette publique estimée à plus de 7 milliards de dollars, héritée de l’ère Macky Sall, et refuse jusqu’à présent toute restructuration. Ce sujet a été au cœur des tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko lors des négociations pour former l’exécutif.

    Pour l’économiste Amath Ndiaye, « la situation économique est préoccupante : chômage élevé, croissance atone (2,2 à 2,5 % en 2026 prévue) ». Il estime nécessaire d’engager des discussions avec le FMI pour restructurer la dette, tout en reconnaissant la difficulté de concilier cette approche avec les attentes sociales et les revendications syndicales.

    « Le gouvernement doit trouver un équilibre entre la nécessité de réduire la dette et les impératifs de stabilité sociale », explique-t-il. Une mission complexe alors que les subventions dans des secteurs clés pourraient être revues à la baisse.

    4. Une cohabitation inédite au sommet de l’État

    Cohabitation entre le Président Faye et le président de l'Assemblée Sonko

    Le politologue Moussa Diaw qualifie la situation actuelle de « inédite » au Sénégal : un Président sans majorité parlementaire, face à un parlement dominé par un parti qui refuse de participer au gouvernement. Cette configuration crée une cohabitation institutionnelle où chaque camp défend des visions opposées sur la gestion de la dette, la reddition des comptes et les réformes judiciaires.

    « Les divergences portent sur l’orientation politique à adopter, notamment sur la question de la dette, la justice transitionnelle et la gestion des manifestations passées », analyse-t-il. Le risque ? Une paralysie des institutions si les deux camps ne trouvent pas de terrain d’entente.

    Pour Moussa Diaw, le Premier ministre Al Aminou Lo dispose d’une marge de manœuvre limitée. « Un gouvernement minoritaire est fragilisé et ne peut se permettre des initiatives éloignées de la ligne tracée par la majorité parlementaire. »

    5. Respecter la Constitution pour éviter une crise institutionnelle

    Le professeur Moussa Diaw insiste sur la nécessité pour le Président Faye et Ousmane Sonko de prioriser l’intérêt national plutôt que les calculs politiques. « Chacun doit jouer son rôle constitutionnel avec responsabilité pour éviter une crise institutionnelle. »

    Il appelle à une concertation permanente entre les deux institutions, afin de dépasser les clivages partisans. « Le courage politique et l’esprit patriotique doivent guider leurs décisions, au service d’un Sénégal stable et fonctionnel. »

    La réussite de cette cohabitation dépendra de leur capacité à concilier leurs divergences tout en répondant aux attentes d’une population confrontée à des défis économiques et sociaux majeurs.

  • Or du Centrafrique : qui profite vraiment des exportations vers dubaï ?

    Or du Centrafrique : qui profite vraiment des exportations vers dubaï ?

    Exportation de l’or vers Dubaï : qui contrôle vraiment la richesse de la République centrafricaine ?

    La question des exportations d’or vers Dubaï soulève des interrogations majeures sur la gestion des ressources minières en République centrafricaine. Alors que certains pays comme le Cameroun affichent des pertes colossales sur cinq ans, la Centrafrique se retrouve au cœur d’un débat crucial : son patrimoine minier relève-t-il de l’intérêt général ou d’une exploitation privée aux mains de quelques acteurs douteux ?

    Un bilan contrasté pour les pays africains exportateurs d’or

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plusieurs nations du continent, y compris des voisins directs de la République centrafricaine, peinent à tirer profit pleinement de leurs ressources aurifères. Entre fraudes, évasions fiscales et gestion opaque, les pertes financières se chiffrent en milliards. Mais qu’en est-il exactement pour Bangui ?

    Les failles du système minier centrafricain

    L’exploitation de l’or en Centrafrique est souvent pointée du doigt pour son manque de transparence. Les contrats léonins, les intermédiaires peu scrupuleux et les circuits de blanchiment transfrontaliers réduisent à néant les retombées économiques attendues. Pourtant, des voix s’élèvent pour dénoncer ces dérives et réclamer une réforme en profondeur du secteur.

    Qui tire vraiment profit de l’or centrafricain ?

    Derrière les déclarations officielles, une réalité moins reluisante se dessine. Des acteurs locaux et internationaux, souvent protégés par des réseaux opaques, s’accaparent une part disproportionnée des revenus générés par l’or. Entre Dubaï, plaque tournante du négoce mondial, et les mines artisanales du Ouham ou de la Mambéré-Kadéï, les circuits de financement restent flous.

    Vers une réforme du secteur minier en Centrafrique ?

    Face à cette situation, des propositions émergent pour encadrer davantage l’exploitation aurifère. Renforcement des contrôles, traçabilité des flux financiers et redistribution équitable des bénéfices figurent parmi les pistes envisagées. Mais ces mesures suffiront-elles à transformer le secteur en levier de développement durable pour les Centrafricains ?

    Les défis à relever pour Bangui

    • Lutter contre la corruption endémique dans les administrations chargées de superviser l’industrie minière.
    • Moderniser les infrastructures pour réduire les pertes lors de l’exportation et améliorer la traçabilité de l’or.
    • Impliquer les communautés locales dans les bénéfices générés par l’exploitation des sites aurifères.

    L’or, une malédiction ou une opportunité pour la Centrafrique ?

    Historiquement, les pays riches en ressources naturelles peinent à convertir cette richesse en développement. La République centrafricaine doit aujourd’hui choisir entre perpétuer un modèle extractiviste opaque ou instaurer une gouvernance transparente et inclusive. Le temps presse : chaque once d’or exportée vers Dubaï sans contrepartie tangible pour la population est une perte sèche pour l’avenir du pays.

  • Adjal annonce la pose prochaine d’une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    Adjal annonce la pose prochaine d’une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a confirmé, lors d’une déclaration à Niamey, le lancement imminent des travaux pour une nouvelle centrale électrique d’une puissance de 40 mégawatts à N’Djamena. Ce projet, confié à Sonelgaz International, s’inscrit dans le cadre de l’extension des activités de l’entreprise sur le continent africain.

    Cette annonce a été faite en marge de l’inauguration de la centrale électrique de solidarité algéro-nigérienne, d’une capacité équivalente, située à Gorou Banda (Niamey). Cette cérémonie, présidée par le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb et son homologue nigérien Ali Lamine Zeine Mahaman, a été organisée sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune.

    une réalisation concrète et rapide

    Mourad Adjal a salué l’achèvement de la centrale de Niamey, soulignant son exemplarité en termes de délais et la capacité de Sonelgaz International à mener à bien des projets énergétiques majeurs hors des frontières nationales. Il a également précisé que les préparatifs pour la centrale de N’Djamena sont déjà en cours, avec une pose de la première pierre prévue dans les tout prochains jours.

    une expertise recherchée en Afrique

    Le ministre a également mis en avant la demande croissante d’expertise énergétique algérienne en Afrique. Plusieurs pays du continent, dont la Côte d’Ivoire et le Mozambique, ont exprimé un vif intérêt pour les compétences de Sonelgaz International. Ces collaborations s’inscrivent dans des programmes énergétiques ambitieux, visant à accélérer la réalisation des projets grâce à l’expertise technique et à la gestion optimisée des délais par l’entreprise.

    Sonelgaz International se positionne ainsi comme un levier stratégique pour les entreprises algériennes, publiques comme privées, en les associant à chaque phase des projets selon une approche intégrée. Cette stratégie renforce la présence des compétences et des acteurs économiques nationaux sur les marchés africains, tout en consolidant les échanges Sud-Sud.

    un accord renforçant la coopération Sud-Sud

    Rappelons que l’Algérie et le Tchad ont signé, en mai dernier, un accord pour la construction de cette centrale à N’Djamena. Ce projet s’inscrit dans une volonté de renforcer la coopération bilatérale et de soutenir les pays africains, conformément aux orientations du président Abdelmadjid Tebboune.

  • Haut-Mbomou : mercenaires russes et forces pro-gouvernementales utilisent les criminels de la LRA contre les Azandé

    Haut-Mbomou : mercenaires russes et forces pro-gouvernementales utilisent les criminels de la LRA contre les Azandé

    Haut-Mbomou : mercenaires russes et forces pro-gouvernementales utilisent les criminels de la LRA contre les Azandé

    Dans la région du Haut-Mbomou, une stratégie inquiétante se déploie sous les projecteurs : des mercenaires russes, alliés aux forces gouvernementales, recrutent massivement d’anciens membres de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) pour affaiblir la résistance des communautés Azandé. Cette manœuvre, qui vise à semer la terreur, suscite une vive inquiétude parmi les populations locales.

    Une alliance controversée pour déstabiliser les Azandé

    Selon les observateurs locaux, les mercenaires russes opérant en Centrafrique collaborent étroitement avec le gouvernement central pour déployer des éléments de la LRA, une milice tristement célèbre pour ses exactions. L’objectif ? Saboter la résistance des Azandé, un groupe ethnique historiquement ciblé et aujourd’hui en première ligne face à cette nouvelle menace.

    Les témoignages recueillis sur place révèlent une montée des violences dans les villages frontaliers, où des attaques perpétrées par d’anciens membres de la LRA se multiplient. Ces ex-combattants, désormais intégrés dans des groupes armés pro-gouvernementaux, agissent avec une brutalité accrue, semant la panique parmi les civils.

    Les conséquences pour les communautés Azandé

    Les Azandé, déjà fragilisés par des décennies de conflits, subissent de plein fouet cette nouvelle stratégie. Les villages isolés du Haut-Mbomou deviennent des cibles privilégiées : pillages, enlèvements et meurtres se multiplient, forçant une partie de la population à fuir vers des zones plus sûres.

    Les leaders locaux dénoncent une manœuvre délibérée pour affaiblir leur résistance et imposer un contrôle accru sur la région. Les forces de sécurité, souvent débordées, peinent à protéger les civils, laissant le champ libre aux groupes armés soutenus par les mercenaires et le gouvernement.

    Une situation humanitaire alarmante

    Les organisations humanitaires sur place alertent sur l’aggravation de la crise. Des milliers de personnes ont déjà été déplacées, et l’accès à l’aide humanitaire se réduit à mesure que les routes deviennent incontrôlables. Les besoins en nourriture, en soins et en protection sont immenses, mais les ressources manquent cruellement.

    Face à cette escalade, les communautés Azandé appellent à une intervention urgente des autorités et de la communauté internationale pour mettre fin à cette stratégie de terreur.

  • Visite officielle du président nigérien à ankara : enjeux sécuritaires et économiques

    Visite officielle du président nigérien à ankara : enjeux sécuritaires et économiques

    Niamey, début juin 2026 — Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, a quitté la capitale Niamey pour une visite officielle en République de Türkiye. Ce déplacement, qualifié de « mission de travail et d’amitié », s’inscrit dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires pressants et des opportunités économiques à saisir. Ankara s’impose désormais comme un partenaire stratégique pour plusieurs nations du Sahel, dont le Niger, qui cherche à renforcer ses alliances externes.

    CCPRN

    Une délégation nigérienne aux multiples compétences

    Le président Tiani est accompagné d’une délégation ministérielle de haut niveau, reflétant l’ampleur des enjeux abordés. Parmi les membres clés figurent le général Salifou Mody, ministre de la Défense nationale, le médecin-colonel-major Garba Hakimi, en charge de la Santé publique, et le colonel-major Salissou Mahaman Salissou, ministre de l’Équipement et des Infrastructures. La mission inclut également le commissaire-colonel Ousmane Abarchi, ministre des Mines, Bakary Yaou Sangaré, chef de la diplomatie, ainsi que Dr Soumana Boubacar, directeur de cabinet et porte-parole du gouvernement. L’ambassadrice nigérienne en Türkiye, Salou Adama Gazibo, complète ce groupe d’experts.

    Ankara, un allié incontournable pour le Niger

    Cette visite illustre l’importance croissante des relations entre Niamey et Ankara. La Türkiye s’impose comme un partenaire privilégié, offrant des soutiens à la fois techniques, financiers et logistiques. Les discussions porteront sur des domaines aussi variés que la sécurité, l’économie, la santé et les infrastructures, dans un contexte où le Niger doit relever des défis internes et régionaux majeurs.

    CCPRN

    Sécurité et développement économique au cœur des échanges

    Bien que l’ordre du jour précis des discussions ne soit pas encore rendu public, les thèmes prioritaires ont été clairement identifiés. Les deux parties devraient évoquer la lutte contre le terrorisme, l’équipement militaire et la formation des forces nigériennes. Les projets d’infrastructures, les partenariats industriels et les programmes énergétiques figurent également parmi les sujets à l’étude. Les autorités nigériennes espèrent attirer des investissements turcs dans ces secteurs stratégiques.

    CCPRN

    Consolider les liens diplomatiques et économiques

    Pour le Niger, cette visite représente une opportunité de renforcer ses relations bilatérales avec Ankara et d’intégrer ses priorités nationales dans un cadre de coopération élargi. Du côté turc, cette rencontre s’inscrit dans une volonté d’accroître son influence en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les deux pays misent sur des partenariats associant acteurs publics, entreprises et investisseurs privés pour concrétiser des projets ambitieux.

    Les autorités nigériennes attendent des résultats concrets, notamment des engagements financiers et techniques dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et des industries locales. L’objectif est double : renforcer la résilience économique du pays et répondre aux besoins sociaux urgents de la population.

    Vers une coopération durable et mutuellement bénéfique

    Cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large où Ankara cherche à étendre son réseau d’alliances en Afrique de l’Ouest. Les accords signés pourraient redéfinir les équilibres régionaux et offrir au Niger l’opportunité de diversifier ses partenariats stratégiques. La concrétisation de ces échanges dépendra cependant de la capacité des deux nations à transformer ces intentions en réalisations tangibles et durables, au bénéfice des populations.

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    Arsenal en tête pour recruter la pépite allemande de la bundesliga

    Arsenal en tête pour recruter la pépite allemande de la Bundesliga

    Une bataille financière qui tourne à l’avantage des Gunners

    La course pour s’attacher les talents de Nathaniel Brown s’intensifie à l’approche de l’été, et le Bayern Munich pourrait finalement renoncer à ses ambitions. Le club bavarois, déjà sous pression budgétaire, juge les exigences financières de l’Eintracht Francfort trop élevées. Avec une somme avoisinant les 65 millions d’euros réclamés par le club hessois, le directoire de l’Allianz Arena hésite à concrétiser le projet.

    Les dirigeants de Francfort, conscients de la valeur de leur jeune prodige de 22 ans, ne comptent pas céder leur défenseur à un tarif inférieur. Brown, recruté en janvier 2024 pour un montant modeste (3 millions d’euros), représente une plus-value majeure pour le club, qui mise sur une cession lucrative cet été.

    Arsenal mise sur un profil moderne pour renforcer sa défense

    Alors que le Bayern recule, Arsenal se positionne comme un sérieux prétendant. Les Londoniens, en quête de stabilité à gauche, voient en Brown un atout idéal pour leur équipe. Le jeune Allemand, à la fois offensif et solide défensivement, correspond parfaitement au style de jeu recherché par Mikel Arteta. Contrairement à leurs rivaux bavarois, les Gunners disposent d’une marge financière confortable pour satisfaire les exigences de l’Eintracht.

    Cette saison, Brown a brillé avec 42 matchs joués toutes compétitions confondues, marquant quatre buts et délivrant six passes décisives. Malgré ses performances individuelles, Francfort n’a terminé que huitième du championnat allemand, manquant la qualification européenne. Une destination prestigieuse comme la Premier League, où Arsenal se bat pour le titre, pourrait donc séduire le jeune défenseur.

    Le casse-tête bavarois : des départs nécessaires avant tout recrutement

    À Munich, la situation est complexe. L’effectif du Bayern est déjà saturé dans la ligne défensive, et toute nouvelle recrue devrait s’accompagner de départs pour équilibrer les comptes. Les dirigeants bavarois devront d’abord se séparer d’au moins un latéral, comme Hiroki Ito ou Alphonso Davies, avant d’envisager sérieusement l’arrivée de Brown. Sans ces ajustements, le montant demandé par Francfort (60 à 65 millions d’euros) reste inaccessible pour le champion d’Allemagne en titre.

    Nagelsmann encense les qualités du jeune international

    La progression fulgurante de Brown ne passe pas inaperçue. Julian Nagelsmann, sélectionneur de la Mannschaft, a salué son potentiel et son intelligence tactique. Le jeune défenseur s’est imposé comme une option crédible pour la Coupe du monde 2026, notamment après une prestation remarquée lors d’un match amical face à la Finlande. Nagelsmann a d’ailleurs souligné la concurrence saine entre Brown et David Raum, tous deux capables d’évoluer au plus haut niveau.

    « Il a un excellent profil en un contre un, une grande vitesse et une intelligence de jeu remarquable. Il se déplace avec une aisance particulière dans les espaces libres », a-t-il déclaré. Cette complémentarité entre les deux joueurs offre à la sélection allemande une alternative tactique de choix pour les prochaines échéances internationales.