Auteur/autrice : nigeractu

  • Pérou : appui ferme au plan marocain pour le Sahara et ses provinces du Sud

    Pérou : appui ferme au plan marocain pour le Sahara et ses provinces du Sud

    pérou : appui ferme au plan marocain pour le Sahara et ses provinces du Sud

    Le prochain gouvernement péruvien s’engage à soutenir l’intégrité territoriale du Maroc et son Plan d’autonomie pour le Sahara. Cette déclaration intervient lors d’un échange entre la présidente élue Keiko Fujimori et l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Pérou.

    Illustration de la rencontre entre les autorités péruviennes et marocaines

    Un soutien sans équivoque au Maroc

    Lors d’une audience avec l’ambassadeur marocain Amin Chaoudri, Keiko Fujimori a réaffirmé la volonté de son futur gouvernement de soutenir pleinement l’intégrité territoriale du Maroc, y compris sur ses provinces du Sud. Cette prise de position s’inscrit dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui reconnaît le Plan d’autonomie comme base d’un règlement définitif du différend autour du Sahara.

    Une reconnaissance mutuelle des liens bilatéraux

    Dans son message de félicitations adressé à Keiko Fujimori, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a salué la confiance placée en elle par le peuple péruvien. Le Souverain a également souligné l’importance des relations solides entre le Maroc et le Pérou, fondées sur des valeurs communes et une amitié durable. Il a exprimé sa détermination à renforcer ce partenariat au profit des deux nations.

    Vers une coopération renforcée

    Cette rencontre marque une étape clé dans les relations diplomatiques entre les deux pays. Keiko Fujimori a non seulement confirmé son soutien au Plan d’autonomie, mais aussi réitéré son adhésion à la résolution onusienne, ouvrant ainsi la voie à une solution pacifique et définitive. Le Maroc, pour sa part, réaffirme sa disposition à œuvrer main dans la main avec le Pérou pour concrétiser cette vision commune.

  • Coopération militaire Bénin-Burkina Faso : une opération conjointe contre la menace terroriste à koualou

    Coopération militaire Bénin-Burkina Faso : une opération conjointe contre la menace terroriste à koualou

    Bénin et Burkina Faso unissent leurs forces contre le terrorisme à Koualou

    Face à la montée des tensions dans la sous-région, les Forces armées béninoises et leurs homologues burkinabè renforcent leur collaboration avec une opération d’envergure à Koualou. Cette localité frontalière, stratégique et sensible, devient le théâtre d’une mobilisation militaire conjointe sans précédent.

    militaires béninois et burkinabè en patrouille conjointe

    Une mobilisation rapide pour contrer les menaces

    Depuis le 14 juillet 2026, les deux pays déploient une opération militaire coordonnée sur leur frontière commune. Cette initiative s’inscrit dans une logique de réponse immédiate aux attaques récentes qui ont endeuillé la région. L’objectif principal ? Neutraliser les groupes armés terroristes, verrouiller les axes de passage et protéger les populations locales prises en étau entre insécurité et instabilité.

    Cette collaboration militaire n’est pas improvisée. Elle s’appuie sur une coordination renforcée entre les unités déjà présentes sur le terrain, avec une volonté claire : sécuriser durablement cette zone frontalière critique.

    Un tournant après les attaques de mai

    Le déclenchement de cette opération répond directement aux événements tragiques survenus fin mai 2026. Dans la nuit du 25 au 26 mai, des assaillants avaient frappé Kourou Koualou, ciblant deux positions des Forces armées béninoises. Quatre militaires avaient péri lors de ces attaques, marquant un tournant dans la perception de la menace.

    Cette offensive conjointe marque donc une réaction ferme et déterminée des deux nations. Elle envoie un message clair : les groupes terroristes ne bénéficieront plus d’aucune marge de manœuvre dans cette zone.

    Une coopération au-delà du militaire

    Cette opération ne se limite pas à un simple engagement tactique. Elle incarne une volonté politique et diplomatique de mutualiser les ressources et les stratégies pour contrer une menace transfrontalière. Les états-majors des deux pays ont affiché leur détermination à travailler main dans la main, malgré les défis régionaux complexes.

    Cette dynamique de collaboration s’inscrit dans la continuité des échanges diplomatiques récents. Peu après la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni au Burkina Faso, les deux nations ont réaffirmé leur engagement à renforcer leur coopération sécuritaire. Une approche indispensable pour restaurer la stabilité à leur frontière commune.

    Un exemple de résilience régionale

    Dans un contexte où les menaces terroristes évoluent constamment, cette opération conjointe illustre la capacité des pays du Sahel à faire front commun. En combinant leurs forces, le Bénin et le Burkina Faso envoient un signal fort : la sécurité de leurs populations reste une priorité absolue, et les divisions ne seront pas un terrain favorable aux groupes armés.

    Alors que les défis persistent, cette initiative pourrait bien servir de modèle pour d’autres partenariats similaires dans la région. Une chose est sûre : la détermination des deux armées ne faiblira pas tant que la menace ne sera pas totalement éradiquée.

  • Diplomatie française : le Maroc et le Qatar au cœur de la stratégie de Paris

    Diplomatie française : le Maroc et le Qatar au cœur de la stratégie de Paris

    diplomatie française : le Maroc et le Qatar au cœur de la stratégie de Paris

    Le premier déplacement international de Sébastien Lecornu scelle les priorités diplomatiques de la France : un hommage au Qatar, puis un renforcement des relations avec le Maroc, deux alliés stratégiques.

    Arrivée diplomatique dans la cour de la résidence de France à Rabat avec véhicules civils et personnel en mouvement.

    Un premier pas diplomatique sous le signe de la continuité

    Lorsqu’un nouveau gouvernement français prend ses fonctions, les premiers déplacements à l’étranger deviennent des indicateurs majeurs. Ils révèlent les priorités stratégiques, les partenariats clés et les messages que Paris souhaite transmettre aux scènes régionales.

    Sébastien Lecornu s’est rendu à Doha puis à Rabat pour marquer le coup. Deux destinations symboliques : le Qatar, pour un geste de courtoisie, et le Maroc, pour ancrer une relation bilatérale en pleine relance. Ces étapes ne sont pas anodines : elles dessinent une feuille de route diplomatique où chaque rencontre compte.

    Doha : un hommage qui dépasse le protocole

    La première escale à Doha s’inscrit dans un cadre protocolaire, mais son message va bien au-delà. Sébastien Lecornu y rend hommage à l’ancien émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, décédé après un règne marqué par la modernisation du pays et une diplomatie active sur la scène internationale.

    Accompagné de Jean-Yves Le Drian, figure emblématique de la diplomatie française, le chef du gouvernement a souligné l’importance d’une relation franco-qatarienne solide. Cette relation repose sur des intérêts mutuels : plus de 6 000 expatriés français au Qatar, des partenariats économiques stratégiques dans les secteurs de l’aéronautique et de la défense, et une coopération renforcée face aux enjeux sécuritaires du Golfe.

    Rabat : la France valide son soutien au Maroc

    Le second volet de ce déplacement est plus ambitieux. À Rabat, Sébastien Lecornu a engagé des discussions de haut niveau avec les autorités marocaines, une première depuis 2019. L’objectif ? Consolider un rapprochement diplomatique initié à l’été 2024, lorsque la France a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en soutenant le plan d’autonomie proposé par Rabat.

    Cette position a suscité des tensions avec l’Algérie, qui a rappelé son ambassadeur à Paris en signe de protestation. Pourtant, la France assume ce choix, qui s’accompagne d’un renforcement des liens économiques : plus de 10 milliards d’euros d’investissements et d’accords signés lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron en octobre 2024.

    Les tensions régionales : un équilibre délicat pour Paris

    Ce rapprochement franco-marocain ne plaît pas à tout le monde. Alger considère cette décision comme une provocation et a gelé ses relations diplomatiques avec la France. De leur côté, les soutiens du Front Polisario dénoncent un alignement français sur les positions marocaines, estimant que cette prise de position ferme le dossier du Sahara occidental au détriment d’une solution négociée.

    Pour Paris, il s’agit de maintenir un équilibre : renforcer la coopération avec le Maroc tout en laissant une porte entrouverte avec l’Algérie. La tournée de Sébastien Lecornu envoie un signal clair : la France a choisi son camp, mais reste ouverte à un dialogue constructif.

    Les prochaines étapes : vers un partenariat renforcé

    Plusieurs indicateurs seront déterminants dans les semaines à venir. D’abord, l’ampleur des annonces économiques et sécuritaires issues des discussions à Rabat. Ensuite, la possible visite officielle du roi Mohammed VI en France, qui pourrait sceller un nouveau chapitre dans les relations franco-marocaines.

    Si cette rencontre se concrétise, elle marquerait une étape décisive : celle d’un partenariat passé du réchauffement à une alliance politique et économique durable. En arrière-plan, une question persiste : jusqu’où la France peut-elle aller dans son rapprochement avec le Maroc sans aggraver ses relations avec l’Algérie ? Cette tournée diplomatique pose les bases, mais la réponse dépendra des prochains développements.

  • Arbitrage controversé : de la fuente contre-attaque après les critiques de deschamps

    Arbitrage controversé : de la fuente contre-attaque après les critiques de deschamps

    Les Bleus ont vécu une soirée amère mardi lors de leur élimination en demi-finale de la Coupe du monde 2026 face à l’Espagne (0-2). Une défaite qui a ravivé les interrogations de Didier Deschamps sur la qualité de l’arbitrage, un sujet qui semble hanter les ambitions françaises en compétition internationale.

    « Je vais poser une question : est-ce que l’arbitre a le niveau pour arbitrer une demi-finale ? Je ne vais pas y répondre. Il y a eu pas mal de situations… », a lancé le sélectionneur des Bleus après le match, évoquant des décisions controversées qui auraient pesé dans la balance. Une prise de position qui a suscité des réactions, notamment de la part de son homologue espagnol, Luis de la Fuente.

    « On cherche souvent des excuses quand le résultat nous échappe »

    Interrogé sur les déclarations de Deschamps, le coach de la Roja a choisi une réponse directe. « Quand le résultat vous échappe, on cherche souvent des excuses… », a-t-il lancé avec une pointe de sarcasme, avant d’ajouter : « On a aussi eu des moments délicats avec l’arbitrage, comme contre l’Uruguay. Ça vient de la volonté des arbitres de laisser le jeu se poursuivre. »

    Pour de la Fuente, l’arbitrage a été équitable pour les deux équipes. « Les deux équipes ont subi le même arbitrage. Je ne crois pas que l’arbitre ait penché pour une équipe. Il nous a annulé un but, sur hors-jeu. Mais je ne pense pas à l’arbitrage. Il faudrait que tout le monde s’améliore : les arbitres, le VAR, nous-mêmes, tous ceux qui participent à cette fête qu’est le football. »

    Une position partagée par Rodri, capitaine de l’Espagne, qui a pointé du doigt la permissivité des juges de touche. « Ça fait trois matchs qu’on gère ce type de situation. On parle de 10 ou 15 fautes non sifflées. Et si on ne siffle pas, les défenses continuent de faire la même chose. La permissivité est évidente aujourd’hui surtout », a-t-il souligné, tout en reconnaissant la qualité de performance de l’arbitre central.

    De son côté, Didier Deschamps a assumé les lacunes de son équipe, reconnaissant avoir été « en dessous sur le plan technique ». Une défaite qui marque une nouvelle fois l’élimination des Bleus en demi-finale d’une compétition majeure, après l’Euro 2024 et la Ligue des nations 2025.

    Les Français tenteront de sauver leur Mondial avec la « petite finale » samedi, tandis que l’Espagne vise un deuxième titre mondial face à l’Argentine ou à l’Angleterre.

  • Rencontre historique entre macky sall et bassirou diomaye faye à Dakar

    Rencontre historique entre macky sall et bassirou diomaye faye à Dakar

    Le Sénégal s’apprête à vivre un moment politique rare ce vendredi 17 juillet 2026. Une première réunion d’importance se profile à Dakar entre l’ancien président Macky Sall et son successeur immédiat, Bassirou Diomaye Faye. L’annonce, faite par Macky Sall lui-même sur ses comptes officiels, marque le début d’une série de discussions stratégiques.

    L’entretien, d’une durée limitée selon les déclarations de l’ex-chef de l’État, portera principalement sur les ambitions de Macky Sall concernant le poste de secrétaire général des Nations unies. Sall a précisé que cette visite à Dakar s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large, avant un retour prochain pour échanger avec ses partisans.

    Ces derniers mois, Macky Sall a multiplié les initiatives diplomatiques, notamment sur les enjeux de multilatéralisme et de gouvernance mondiale. Ses déplacements internationaux l’ont conduit à rencontrer plusieurs ambassadeurs, y compris ceux des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Ces échanges visent à renforcer le soutien à sa candidature pour diriger l’organisation internationale.

    La rencontre prévue avec Bassirou Diomaye Faye pourrait donc jouer un rôle clé dans cette stratégie. Elle s’ajoute aux efforts déployés par Sall pour consolider son réseau d’influence avant une possible prise de fonction à la tête de l’ONU.

  • Premier ministre lecornu : la France en mission au qatar et au Maroc

    Premier ministre lecornu : la France en mission au qatar et au Maroc

    Premier ministre Lecornu : la France en mission au Qatar et au Maroc

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu

    Sébastien Lecornu, fraîchement installé à la tête du gouvernement français, a choisi le Qatar et le Maroc pour ses premiers déplacements diplomatiques. Une démarche symbolique qui marque le début de sa politique étrangère depuis Matignon.

    Un hommage solennel au Qatar après un règne historique

    Dès mardi, le Premier ministre français a atterri au Qatar pour y représenter la France lors des obsèques de l’ancien émir, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. Une mission diplomatique de premier plan, confiée par le président de la République, soulignant l’amitié franco-qatarienne.

    Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, décédé à 74 ans, a marqué l’histoire de son pays en modernisant le Qatar et en développant sa diplomatie internationale. Son règne, de 1995 à 2013, a laissé une empreinte durable sur la région. Les cérémonies funéraires, organisées dès dimanche, ont rassemblé les plus hautes autorités du Golfe.

    Accompagné de l’ex-ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, Sébastien Lecornu a transmis les condoléances officielles de la France, en écho à l’estime réciproque entre les deux nations.

    Rabat, étape clé pour renforcer les liens franco-marocains

    Après le Qatar, c’est au Maroc que le Premier ministre français se rendra à partir de mercredi soir. Une visite qui s’inscrit dans une volonté de réaffirmer la proximité entre Paris et Rabat, après des années de tensions apaisées.

    Une délégation ministérielle d’une douzaine de membres, incluant les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur, prendra part aux échanges. Sébastien Lecornu rencontrera son homologue marocain, Aziz Akhannouch, pour une série de discussions bilatérales.

    Ces entretiens, les premiers d’une telle envergure depuis 2019, visent à consolider la coopération entre les deux pays. Une dynamique initiée par la reconnaissance française de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en 2024, un geste qui avait relancé les relations diplomatiques.

    En octobre 2024, le président français avait effectué une visite d’État au Maroc, scellant une réconciliation marquée par des accords économiques majeurs. Une nouvelle étape est désormais envisagée : une visite officielle du roi Mohammed VI en France, potentiellement couronnée par la signature d’un traité stratégique.

    Un nouveau chapitre pour la diplomatie française

    Ces déplacements illustrent la priorité accordée par la France à ses partenaires méditerranéens. Sébastien Lecornu, en initiant ces missions à l’étranger, pose les bases d’une politique étrangère ambitieuse, axée sur le dialogue et la coopération.

  • Rdc : vers une révolution industrielle grâce aux minerais stratégiques

    Rdc : vers une révolution industrielle grâce aux minerais stratégiques

    La République démocratique du Congo (RDC) incarne désormais un acteur clé dans l’approvisionnement mondial des minerais essentiels à la transition énergétique. Cobalt, cuivre, lithium, coltan et terres rares : son sous-sol regorge de ressources devenues indispensables aux industries high-tech et aux technologies vertes. Pour Kinshasa, l’enjeu n’est plus de constater l’attrait international pour ces richesses naturelles, mais d’en faire un levier de développement économique pérenne, en évitant le traditionnel modèle extractiviste qui a trop souvent privé le pays de ses bénéfices.

    L’environnement géopolitique actuel offre à la RDC une position stratégique inédite. La demande explosive en batteries électriques, l’essor des semi-conducteurs et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement entre les grandes puissances économiques placent le pays au cœur d’une compétition mondiale. Pourtant, cette opportunité géologique exceptionnelle n’a jamais suffi, à elle seule, à créer des emplois durables, des revenus stables pour l’État ou une véritable diversification industrielle. Le défi majeur pour la RDC réside dans sa capacité à inverser cette tendance historique.

    Transformer la rente minière en industrie locale

    La feuille de route des autorités congolaises s’articule autour d’une idée centrale : maximiser la valeur ajoutée en aval de l’extraction minière. Cette stratégie implique le raffinage local du cobalt et du cuivre, la création d’usines spécialisées dans les précurseurs de batteries, et à terme, la fabrication de composants pour les marchés africains et internationaux. Les accords signés avec la Zambie pour bâtir une filière régionale des batteries électriques, ainsi que les discussions en cours avec des investisseurs américains, européens, chinois et des Émirats, illustrent cette ambition ambitieuse.

    Pourtant, cette transformation se heurte à des défis structurels majeurs. Le déficit énergétique du pays reste criant, en dépit du potentiel hydroélectrique colossal du fleuve Congo. Les infrastructures de transport, entre les régions minières du Katanga et les ports de l’océan Indien ou de l’Atlantique, restent onéreuses et peu fiables. Enfin, le manque criant de main-d’œuvre qualifiée dans les secteurs de la métallurgie de précision et de la chimie industrielle freine considérablement ces ambitions. Chacun de ces obstacles nécessite des investissements massifs et une vision à long terme, rarement compatibles avec les cycles politiques nationaux.

    Dette et souveraineté : les risques d’une industrialisation accélérée

    Pour financer sa montée en puissance industrielle, la RDC dispose de plusieurs outils : partenariats public-privé, coentreprises avec la Gécamines, accords de troc infrastructures contre minerais, et emprunts souverains. Chacune de ces solutions présente des risques spécifiques. Le troc, popularisé par les arrangements sino-congolais, sécurise des projets d’infrastructure mais complique l’évaluation équitable des contreparties minières cédées. Quant aux emprunts internationaux, ils exposent le pays à la volatilité des cours du cobalt et du cuivre, mettant en péril la stabilité budgétaire.

    La récente renégociation de certains contrats miniers, notamment avec des partenaires chinois, reflète une volonté de rééquilibrer la répartition des richesses. Kinshasa cherche à renforcer ses recettes fiscales, à mieux contrôler les volumes exportés et à intégrer des clauses strictes de transformation locale. L’équilibre est cependant précaire : une pression excessive pourrait dissuader les investisseurs, tandis qu’un manque de fermeté perpétuerait la dépendance aux exportations brutes. La marge de manœuvre se réduit d’autant que le service de la dette pèse lourdement sur les finances publiques.

    Gouvernance, intégration régionale et défis à relever d’ici 2030

    La réussite de cette stratégie industrielle dépendra en grande partie de la qualité de la gouvernance minière. La traçabilité du cobalt artisanal, la lutte contre les circuits informels, la transparence des contrats, ainsi que le respect des normes environnementales et sociales, deviennent des impératifs pour accéder aux marchés internationaux. Des initiatives comme l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) et les certifications de chaîne d’approvisionnement s’imposent progressivement comme des références incontournables pour les investisseurs.

    L’intégration régionale jouera également un rôle clé. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre un cadre prometteur pour étendre les débouchés d’une future industrie congolaise des batteries et des matériaux avancés. Les synergies avec la Zambie, l’Angola et la Tanzanie, autour du corridor de Lobito et de la ligne ferroviaire de Tazara, pourraient dessiner les contours d’un espace productif intégré. Reste à harmoniser les cadres fiscaux et douaniers entre ces États pour concrétiser cette vision.

    D’ici la fin de la décennie, la RDC se trouve à un carrefour décisif. Si le pays parvient à concilier rigueur budgétaire, diversification industrielle et partenariats stratégiques variés, il pourrait basculer d’une économie de rente vers une économie de transformation. À l’inverse, la puissance de ses ressources pourrait rester un potentiel inexploité pour ses cent millions d’habitants. L’équation congolaise se résume désormais à une seule question : comment convertir un atout géologique en souveraineté économique réelle ?

  • Cameroun : des milliards de fcfa de financements bad en péril faute de signatures

    Cameroun : des milliards de fcfa de financements bad en péril faute de signatures

    Lors d’un examen approfondi du portefeuille des projets mené à Yaoundé, une alerte majeure a été lancée concernant des financements colossaux octroyés par la Banque africaine de développement (BAD) au Cameroun. Sept opérations, représentant un montant global de 373,419 millions d’unités de compte (soit environ 292 milliards de FCFA), se retrouvent désormais menacées d’annulation pure et simple. Le problème ne découle pas d’un manque de ressources financières, mais bien d’un ralentissement administratif préoccupant qui empêche la concrétisation des projets prévus.

    Ces enveloppes, composées de prêts et de dons validés par la BAD, n’ont pas encore été signées ou activées malgré leur approbation. Parmi elles, six dossiers n’ont toujours pas vu leurs accords de financement formalisés à temps, tandis qu’un septième projet, bien que doté d’un accord signé, n’a enregistré aucun décaissement après plus de quinze mois d’attente. Le montant cumulé des fonds en suspens atteint 339,419 millions d’UC, équivalant à près de 265 milliards de FCFA.

    la route ngoura-yokadouma, vitrine d’un dysfonctionnement à 207 milliards

    Un projet se détache par son ampleur et son retard critique : le Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers, destiné à financer la construction de la route Ngoura-Yokadouma dans la région de l’Est. Ce chantier, d’un coût de 265,4 millions d’UC (environ 207 milliards de FCFA), représente à lui seul plus de 71 % des financements risquant d’être annulés. Approuvé depuis le 18 février 2026, l’accord de prêt n’a toujours pas été signé, illustrant l’ampleur des blocages administratifs.

    Cinq autres initiatives partagent le même sort. Le Projet d’appui à l’Université panafricaine (phase 2), financé à hauteur de 3,64 millions d’UC par le Fonds africain de développement (FAD) et validé en décembre 2024, attend toujours sa signature. S’ajoutent à cette liste l’étude d’aménagement hydroélectrique de Minkouma sur le fleuve Sanaga (2,994 millions d’UC), le projet des études pour la cité universitaire CUA-Y2 (2,320 millions d’UC), ainsi que le programme PROSTABLT de prévention des risques autour du lac Tchad (5,095 millions d’UC).

    Un septième dossier, d’envergure régionale, concerne la construction d’un pont sur le fleuve Ntem, à la frontière avec la Guinée équatoriale, dans le cadre d’un projet de facilitation du transport et du commerce. Approuvé le 29 novembre 2023, il cumule un prêt BAD de 39,97 millions d’UC et un prêt FAD de 20 millions d’UC.

    parzik2 : un accord signé mais aucun décaissement depuis quinze mois

    Le Projet d’aménagement des routes de désenclavement de la zone industrielle et portuaire de Kribi, deuxième phase (PARZIK2), incarne une autre forme de dysfonctionnement. Bien que l’accord ait été signé, aucun décaissement n’a été enregistré sur les 34 millions d’UC alloués (soit environ 26,54 milliards de FCFA) depuis plus de quinze mois. Kribi, stratégique pour la stratégie industrielle et portuaire du Cameroun, se retrouve ainsi pénalisée par cette inertie administrative.

    des délais deux fois plus longs que prévu : la crédibilité en jeu

    Les chiffres dévoilés lors de cette revue confirment un retard alarmant. Le délai moyen entre l’approbation d’un financement et la signature de l’accord atteint douze mois, alors que la BAD fixe un objectif de trois mois. Pour l’entrée en vigueur des projets, seize mois s’écoulent en moyenne, contre cinq mois attendus. Quant au premier décaissement, il intervient après vingt et un mois, alors que l’objectif est de douze mois. Pratiquement deux années s’écoulent donc avant qu’un seul franc ne soit engagé sur le terrain.

    Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a reconnu l’urgence de la situation. Il a pointé du doigt plusieurs faiblesses structurelles : la préparation insuffisante des dossiers, les lenteurs dans les procédures de passation des marchés publics, la gestion défaillante de certaines unités opérationnelles, ainsi que le retard dans la mobilisation des fonds de contrepartie exigés par l’État. Ces retards non seulement alourdissent les coûts, mais sapent également la confiance des partenaires financiers internationaux.

    Depuis son premier engagement au Cameroun en novembre 1972, la BAD y a déjà alloué 130 prêts et dons, pour un total estimé à 3 345 milliards de FCFA. Le programme 2023-2028 prévoit onze nouvelles opérations pour un montant total de 833,8 milliards de FCFA. Pourtant, la transformation de ces engagements en réalisations concrètes reste le principal défi de la coopération entre Yaoundé et l’institution panafricaine.

  • Examen du projet de loi militaire 2027-2030 à l’assemblée nationale de la rdc

    Examen du projet de loi militaire 2027-2030 à l’assemblée nationale de la rdc

    L’Assemblée nationale de la RDC étudie le projet de loi de programmation militaire 2027-2030

    Mardi 14 juillet 2026, les députés nationaux de la République démocratique du Congo (RDC) ont officiellement lancé l’examen du projet de loi de programmation militaire 2027-2030. Ce texte, présenté par le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, marque une étape cruciale dans la modernisation des Forces armées de la RDC (FARDC).

    Le projet de loi s’inscrit dans une volonté gouvernementale de mettre fin à l’improvisation budgétaire et de structurer l’effort de guerre sur le long terme. Il s’agit d’un texte stratégique et financier pluriannuel visant à planifier l’équipement, la modernisation et la montée en puissance des FARDC. Guy Kabombo a également présenté aux élus du peuple le projet de réforme de la loi-cadre régissant les FARDC, un volet complémentaire essentiel pour adapter le cadre juridique aux nouvelles réalités opérationnelles.

    Une programmation militaire pour répondre aux défis sécuritaires actuels

    Au cœur de cette initiative se trouve la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles des FARDC face aux menaces internes et externes. L’exposé du ministre devant la représentation nationale a mis en lumière les insuffisances de la précédente programmation militaire (2022-2025), dont l’exécution a été freinée par divers défis et contraintes. La nouvelle programmation, couvrant la période 2027-2030, s’articule autour de six programmes majeurs :

    • Administration générale : placer l’humain au centre du dispositif de défense nationale ;
    • Instruction, formation et recherche militaires ;
    • Équipements et matériels ;
    • Modernisation des infrastructures ;
    • Entraînement, opérations et renseignement militaire ;
    • Industrie de défense.

    Cette architecture, conforme à la vision du chef de l’État et commandant suprême des FARDC, Félix Tshisekedi, vise à renforcer la formation, l’acquisition d’équipements, la modernisation des infrastructures militaires, l’intensification de l’entraînement et des opérations, le développement des capacités de renseignement, ainsi que la promotion d’une véritable industrie nationale de défense.

    Le Fonds de soutien au développement des FARDC (FSD-FARDC)

    Un autre volet important de cette programmation est la mise en avant du Fonds de soutien au développement des FARDC (FSD-FARDC). Ce mécanisme, créé par ordonnance présidentielle après son adoption en Conseil des ministres, a pour objectif de mobiliser des ressources supplémentaires en faveur du secteur de la défense. La campagne de sensibilisation autour de ce fonds se poursuit activement auprès des partenaires ainsi que des donateurs publics et privés.

    Guy Kabombo a insisté sur l’urgence d’une prise en compte adéquate de cette programmation dans la loi des finances, une condition indispensable pour réussir la réforme et consolider, sur le terrain, la professionnalisation ainsi que la modernisation des FARDC.

    Un contexte sécuritaire marqué par des tensions régionales

    Cette initiative parlementaire intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC. La résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, que Kigali est accusé de soutenir, a conduit à la prise de contrôle de vastes portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par les rebelles. Cette situation met en évidence l’urgence d’accorder une attention particulière au secteur de la défense et de la sécurité.

    Parallèlement, des efforts diplomatiques sont en cours pour désamorcer la crise. L’accord de paix de Washington, signé sous la médiation des États-Unis entre la RDC et le Rwanda, prévoit des mesures de désescalade, le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais ainsi que la neutralisation des groupes armés actifs dans l’est de la RDC. Cependant, la situation sur le terrain reste préoccupante, avec la persistence des combats et des tensions.

    Le processus de Doha, mené sous la facilitation du Qatar en vue d’instaurer un dialogue entre le Gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, peine également à enregistrer des avancées significatives. Les rebelles conservent le contrôle de plusieurs villes clés, dont Goma et Bukavu, tandis que les initiatives diplomatiques tardent à produire des effets concrets.

    Cette réalité souligne une fois de plus le fossé persistant entre les engagements pris sur le plan diplomatique et la situation sécuritaire observée sur le terrain.

    Assemblée nationale de la RDC

  • Offensive contre le trafic d’or au Cameroun : le gouvernement serre la vis

    Offensive contre le trafic d’or au Cameroun : le gouvernement serre la vis

    Économie

    Offensive contre le trafic d’or au Cameroun : le gouvernement serre la vis

    Une réunion stratégique s’est tenue mardi 14 juillet 2026 au Ministère du Commerce pour renforcer la lutte contre l’exploitation illégale de l’or et améliorer la traçabilité du précieux métal.

    Armand Djaleu
    ||3 min de lecture
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    Une mobilisation renforcée contre l’exploitation illégale de l’or

    Une réunion d’ampleur s’est déroulée mardi 14 juillet 2026 dans la salle de conférences du Ministère du Commerce camerounais. L’objectif : définir une stratégie commune pour restructurer la filière aurifère et renforcer la traçabilité de l’or produit localement.

    Cette séance de travail, présidée par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (par intérim), le Pr Fuh Calistus Gentry, a rassemblé les principaux acteurs du secteur. Parmi les participants figuraient les directeurs généraux des Douanes, des Impôts, du Trésor, ainsi que les responsables de la SONAMINES et du Secrétariat permanent du SNPPK. Une collaboration interinstitutionnelle essentielle pour moderniser la gestion des ressources minières.

    Des enjeux économiques majeurs au cœur des discussions

    Les échanges ont porté sur trois axes principaux : la traçabilité renforcée de l’or, la structuration de la chaîne de valeur aurifère et l’amélioration de la coordination entre les administrations. Les participants ont souligné l’importance d’une meilleure collecte des recettes fiscales et d’une lutte accrue contre les circuits informels. L’objectif ? Maximiser les revenus de l’État issus de l’exploitation de l’or et garantir une gouvernance transparente du secteur.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de la transparence dans les industries extractives au Cameroun. Face aux pertes importantes subies par l’économie nationale, les autorités ont décidé de passer à l’action.

    Un manque à gagner estimé à plus de 2 000 milliards de FCFA

    Selon les dernières révélations de l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives), des écarts préoccupants ont été identifiés. Alors que les registres douaniers camerounais n’enregistraient que 22 kg d’or exportés, plus de 15 tonnes d’or camerounais étaient déclarées à leur arrivée aux Émirats arabes unis. Ce trafic illicite représente une perte financière colossale pour le pays : plus de 2 000 milliards de FCFA sur cinq ans, dont 165 milliards de FCFA de recettes fiscales non perçues.

    Cette contrebande massive met en lumière la nécessité d’une action gouvernementale immédiate et coordonnée pour assainir le secteur et sécuriser les ressources aurifères du Cameroun.

    Cameroun or trafic économique

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  • Au Sénégal, la vie des homosexuels devient intenable après le durcissement des lois

    Au Sénégal, la vie des homosexuels devient intenable après le durcissement des lois

    au Sénégal, la vie des homosexuels devient intenable après le durcissement des lois

    Depuis le doublement des peines pour relations homosexuelles en mars, les appels de détresse se multiplient. Les associations Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge unissent leurs efforts pour aider ces personnes à fuir.

    Avant l’adoption de la loi en mars 2026, l’homosexualité était tolérée dans une certaine mesure au Sénégal malgré son rejet social. Depuis, la situation s’est radicalement dégradée.

    Chérif* a quitté le Sénégal au début du mois de juin, convaincu qu’il n’avait plus d’autre choix. « Ils m’auraient arrêté », confie-t-il. Après l’arrestation d’un homme qu’il fréquentait, la peur l’a submergé. « Dès que j’ai vu l’information dans la presse, seule l’idée de fuir m’a traversé l’esprit ». L’affaire a pris une dimension politique : l’homme arrêté était présenté comme un proche d’Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition sénégalaise et artisan de la loi alourdissant les peines encourues pour homosexualité, passée de cinq à dix ans de prison le 11 mars 2026. Les médias locaux ont relayé plusieurs arrestations de partenaires présumés. « Je savais que la police fouillerait le téléphone de mon ami et y découvrirait des échanges compromettants me concernant », explique-t-il. « J’ai tout supprimé : messages, photos, preuves de ma vie secrète ».

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    Au Sénégal, l’atmosphère est devenue irrespirable. Dans les foyers, dans la rue, à la télévision comme sur les réseaux sociaux, « tout le monde ne parlait que des homosexuels », et les discours de haine se propageaient sans retenue. « Ils corrompent la jeunesse, ils sapent les valeurs traditionnelles », entend-on désormais dans les débats publics.

    Les associations spécialisées reçoivent désormais des appels quotidiens de personnes en quête de solutions pour quitter le pays. Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge ont renforcé leur collaboration pour répondre à cette urgence humanitaire. Les demandes affluent : des personnes craignant pour leur sécurité, des familles divisées, des individus traqués par leur entourage ou les autorités.

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  • Mali Algérie : un rapprochement diplomatique inattendu sous haute tension

    Mali Algérie : un rapprochement diplomatique inattendu sous haute tension

    Le Mali et l’Algérie : un dégel diplomatique qui surprend les observateurs

    Après plus d’une année de relations diplomatiques rompues, le Mali et l’Algérie ont annoncé le rétablissement de leurs liens et la réouverture de leurs espaces aériens respectifs. Une annonce qui a pris de court les observateurs, alors qu’aucune amorce de dialogue n’était perceptible ces derniers mois. Les tensions avaient atteint leur paroxysme en avril 2025, lorsque Bamako accusait Alger de complicité avec les groupes armés actifs à la frontière commune, notamment le Jnim, affilié à al-Qaïda, et le FLA, mouvement indépendantiste. Mais qu’est-ce qui a réellement motivé cette volte-face ?

    Le président de transition du Mali, le général Assimi Goïta

    Si certains évoquent l’influence de la Russie dans ce revirement, l’analyste Michaël Béchir Ayari, spécialiste de l’Algérie au sein de l’International Crisis Group, tempère ces affirmations. D’après ses observations, la médiation du Niger aurait joué un rôle clé, notamment après les attaques coordonnées d’avril 2025 menées conjointement par le Jnim et le FLA. Ce rapprochement est-il le fruit d’une stratégie régionale ou simplement une parenthèse dans une relation toujours tendue ?

    Un deal politique en gestation : le primat de la diplomatie sur les armes

    Le Mali, dirigé par des militaires depuis près de six ans, avait rompu l’accord de paix de 2015 négocié à Alger avec les groupes armés du Nord. Bamako avait alors choisi une approche purement militaire pour lutter contre le terrorisme et les revendications indépendantistes. Pourtant, ce dégel suggère qu’un changement de cap pourrait être en marche.

    Michaël Ayari estime que l’inclusion d’une clause plaçant le politique au-dessus du militaire dans les négociations serait un élément central de cet accord. Bien que le retour à l’accord d’Alger semble peu probable, une initiative politique directe avec le FLA pourrait émerger. Pourquoi ? Parce que l’État malien montre des signes de faiblesse, et personne, y compris l’Algérie, n’a intérêt à voir le Mali sombrer dans le chaos.

    Cependant, cette évolution reste incertaine. Plusieurs obstacles pourraient freiner ce processus : des spoilers internationaux, une opinion publique malienne opposée à ces concessions, ou encore des résistances internes au sein du régime. Les prochaines étapes détermineront la crédibilité de ce rapprochement.

    Algérie-Mali : une relation complexe entre équilibre et suspicion

    L’Algérie entretient une position ambiguë depuis des décennies. Historiquement, elle a toujours cherché à se positionner entre les autorités maliennes et les groupes rebelles, afin de préserver son influence dans la région. Pourquoi cette stratégie ? Parce que les mouvements indépendantistes ou jihadistes au Mali pourraient, à terme, inspirer des revendications similaires dans le sud algérien.

    Cette posture explique pourquoi Alger ferme parfois les yeux sur certaines activités des groupes armés, sans pour autant les soutenir ouvertement. Cette approche a souvent exaspéré Bamako, qui accuse l’Algérie de complicité avec des « groupes terroristes ». Pourtant, selon Ayari, cette « complicité » est plus une question de pragmatisme que de soutien actif.

    L’imam Dicko et le Sahara occidental : des sujets épineux

    Un autre point de tension concerne la présence en Algérie de l’imam Dicko, un opposant malien en exil qui critique ouvertement le gouvernement de transition. Si l’accord entre les deux pays tient, son influence devrait diminuer. En revanche, en cas d’échec, il pourrait retrouver une tribune médiatique. Un signe de plus que ce dégel reste fragile.

    Par ailleurs, la reconnaissance par le Mali du plan marocain pour le Sahara occidental a été mal perçue par Alger. Bien que le Mali n’ait pas obtenu de contrepartie significative, cette décision a semé le doute sur la sincérité de Bamako dans ce rapprochement. Ces contradictions pourraient-elles fragiliser davantage les relations entre les deux pays ?

    Un dégel durable ou une simple trêve ?

    Alors que les communiqués officiels annonçant ce rapprochement laissent penser à une résolution profonde des tensions, les observateurs restent prudents. Les relations entre le Mali et l’Algérie sont marquées par des rechutes fréquentes. Plusieurs facteurs pourraient encore perturber ce processus : une escalade des violences menées par le Jnim, des divisions internes au sein des gouvernements, ou des pressions extérieures.

    La première étape concrète sera sans doute une intensification de la coopération sécuritaire entre les deux pays. Si cette dynamique se confirme, elle pourrait ouvrir la voie à des discussions plus larges. Mais pour l’instant, tout reste à faire. Ce dégel est-il un pas vers la stabilité ou une simple illusion diplomatique ?