Auteur/autrice : nigeractu

  • Réchauffement diplomatique algéro-malien : quelles conséquences pour le Sahel ?

    Réchauffement diplomatique algéro-malien : quelles conséquences pour le Sahel ?

    politiqueMali

    Rapprochement entre Alger et Bamako : un tournant pour la stabilité au Sahel ?

    Les relations entre le Mali et l’Algérie marquent un tournant après des mois de tensions, ouvrant la voie à de nouvelles dynamiques régionales.

    Drapeaux malien et algérien

    L’incident survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, marqué par la destruction d’un drone malien près de Tinzawatene à la frontière entre le Mali et l’Algérie, a cristallisé les tensions entre les deux nations. Bamako avait alors saisi la Cour internationale de justice, accusant Alger de soutien aux groupes terroristes et d’ingérence dans les affaires internes.

    Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large : en janvier 2024, les autorités maliennes en transition avaient rompu l’accord de paix issu du processus d’Alger de 2015, privilégiant une approche militaire pour reprendre le contrôle du nord du pays, notamment la région de Kidal. Les reproches envers l’Algérie se sont multipliés, notamment concernant l’accueil sur son territoire de dirigeants de l’ex-rébellion touarègue de Kidal et de l’imam Mahmoud Dicko, figure influente ayant contribué à la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

    Des racines historiques et économiques profondes

    Boubacar Mahamane Maïga, porte-parole du collectif « une voix pour Tombouctou », souligne l’ancienneté et la profondeur des liens entre les deux pays. « Ces relations, à la fois fraternelles et ancestrales, dépassent la simple diplomatie. L’Algérie représente un poumon économique vital pour Tombouctou. Historiquement, les échanges transsahariens, notamment via les pistes caravanières, transitaient par l’Algérie. »

    Il évoque également des exemples concrets comme l’oignon de Touat en Algérie, connu localement sous le nom de « Tawabel », ou encore l’influence spirituelle de Cheick Abdoul Kassim Attouaty, l’un des 333 saints de Tombouctou.

    Un espoir pour la sécurité régionale

    Kaou Abdrahamane Diallo, analyste politique basé à Bamako, voit dans ce dégel diplomatique une opportunité majeure. « Le Mali ne peut se permettre de laisser ses frontières ouvertes ou de tolérer l’instabilité dans sa partie septentrionale. Nous espérons que ce réchauffement des relations avec l’Algérie, pays frère ayant toujours soutenu le Mali, permettra de rétablir des liens solides et apaisés. »

    Selon lui, cette réconciliation a été rendue possible grâce à une médiation russe, impliquant notamment le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Moscou aurait souligné l’importance de « préserver l’entente entre ses alliés pour garantir la stabilité du Sahel ».

  • Interdiction des smartphones pour les soldats en rdc : une mesure de sécurité cruciale

    Interdiction des smartphones pour les soldats en rdc : une mesure de sécurité cruciale

    Une décision militaire pour contrer les risques technologiques

    L’armée congolaise vient de frapper fort en interdisant formellement l’usage des smartphones aux militaires en opération. Cette mesure radicale s’explique par les risques majeurs liés à l’utilisation de ces appareils sur le terrain, où chaque détail peut compromettre la sécurité des troupes. Selon les autorités militaires, plusieurs missions dans l’Est de la République démocratique du Congo ont échoué en raison d’une utilisation négligente des téléphones portables, ouvrant la voie à des localisations précises par les groupes ennemis.

    Soldat en poste à Oicha après une attaque des ADF en 2025

    Les dangers des réseaux sociaux en zone de guerre

    Depuis des mois, les plateformes numériques regorgent de vidéos et de publications émanant de militaires ou de groupes armés alliés, filmant parfois des scènes de bataille, des appels à l’aide ou des témoignages sur les conditions de combat. Si pour certains, ces images visent à mobiliser ou à informer, elles représentent un danger stratégique pour les forces en présence. Un sous-lieutenant des Forces armées de la RDC (FARDC), s’exprimant sous couvert d’anonymat depuis la zone d’Uvira-Fizi au Sud-Kivu, confie :

    Mon téléphone est mon lien vital avec ma famille » (militaire des FARDC)

    « Mon téléphone constitue mon unique lien avec ma famille, qui ignore souvent si je suis toujours en vie. Chaque jour sur le front, c’est une question de survie. Bien que je sache que l’ennemi pourrait intercepter mes communications, je n’ai jamais pris le risque de révéler ma position sciemment. Maintenant, même si l’ordre nous est imposé, j’espère que cette décision s’accompagnera de meilleures stratégies sur le terrain, plutôt que de replis intempestifs qui affaiblissent nos positions. »

    Des risques de trahison et de fuites stratégiques

    Le lieutenant-colonel Mak Hazukay, porte-parole intérimaire des FARDC, a rappelé dans un communiqué les conséquences désastreuses de l’utilisation non réglementée des téléphones. Un appareil allumé ou mal utilisé peut trahir la localisation des troupes, facilitant leur ciblage par les forces ennemies. Il a ainsi exhorté les militaires à ne divulguer aucune information stratégique : positions, mouvements, effectifs ou images des opérations, que ce soit sur les réseaux sociaux ou via des messageries privées.

    Kelvin Bwija, coordonnateur de la société civile du Congo (Socico) dans la région d’Uvira, salue cette initiative. Selon lui, certains membres des FARDC auraient déjà transmis des informations sensibles à des groupes hostiles, contribuant ainsi à des trahisons internes. « Cette interdiction est une avancée majeure. Elle limite les possibilités de collusion avec l’ennemi et renforce la sécurité des opérations. Nous, acteurs de la société civile, soutenons sans réserve cette décision. »

    Une mesure conforme aux pratiques militaires mondiales

    Maître Aimé Bisimwa, défenseur des droits humains, reconnaît l’importance du téléphone dans la vie quotidienne, mais insiste sur la nécessité de respecter la discipline militaire. « Cette restriction ne porte pas atteinte au droit à la communication. Partout dans le monde, les soldats doivent rester discrets et éviter de fournir des informations exploitables par l’adversaire. Leur engagement implique des sacrifices, y compris celui de leur vie si nécessaire. »

    Contexte des combats persistants au Sud-Kivu

    Sur le terrain, les affrontements se poursuivent dans les plateaux d’Uvira et de Fizi, où la coalition FARDC-Wazalendo, soutenue par l’armée burundaise, affronte la coalition rebelle AFC/M23–Twirwaneho, alliée à l’armée rwandaise. Ces combats illustrent l’urgence de mesures permettant de sécuriser les opérations militaires et de réduire les risques liés à la communication non contrôlée.

  • Mouvement de censure : Ousmane Sonko menace de renverser le gouvernement du Premier ministre Al Aminou Lo

    Mouvement de censure : Ousmane Sonko menace de renverser le gouvernement du Premier ministre Al Aminou Lo

    Ousmane Sonko brandit la menace d’une motion de censure contre le gouvernement d’Al Aminou Lo

    mouvement de censure contre le gouvernement Al Aminou Lo

    Le leader du parti PASTEF a confirmé sa volonté d’utiliser tous les leviers légaux pour faire plier le gouvernement actuel. Son discours, prononcé lors d’un rassemblement à Touba, marque une escalade dans les tensions politiques entre son mouvement et l’exécutif.

    Lors d’un meeting d’envergure organisé à Touba dans le cadre des 48 heures de PASTEF, Ousmane Sonko a annoncé sans ambiguïté sa volonté de déposer une motion de censure contre le gouvernement dirigé par le Premier ministre Al Aminou Lo. Face à des centaines de militants, il a clairement indiqué que son parti n’hésiterait pas à activer ce mécanisme si les orientations politiques actuelles persistaient.

    « Nous ne reculerons devant aucun moyen légal pour renverser ce gouvernement, et nous n’attendrons pas que les dérives s’aggravent », a-t-il lancé sous les applaudissements. Le président de PASTEF a enchaîné en rappelant les sacrifices consentis par son mouvement au fil d’une décennie de lutte. « Dix ans de combat, avec des pertes humaines et des sacrifices inestimables : nous refusons catégoriquement de voir notre pays s’enliser dans des pratiques qui trahissent nos idéaux », a-t-il martelé.

    Ousmane Sonko a ainsi érigé la motion de censure en pierre angulaire de sa stratégie d’opposition, estimant que ce recours parlementaire était un outil démocratique légitime pour s’opposer aux décisions gouvernementales qu’il juge inacceptables. « Chaque fois que l’intérêt national l’exigera, nous n’hésiterons pas à brandir cette arme constitutionnelle », a-t-il conclu, laissant planer une menace récurrente sur la stabilité de l’exécutif.

  • Ousmane Sonko face au Conseil constitutionnel : un revirement politique marquant

    Ousmane Sonko face au Conseil constitutionnel : un revirement politique marquant

    Ousmane Sonko face au Conseil constitutionnel : un revirement politique marquant

    Ousmane Sonko lors de son discours sur le Conseil constitutionnel

    Le leader politique Ousmane Sonko a opéré un virage saisissant dans ses propos concernant le Conseil constitutionnel. Après avoir prôné le respect de ses décisions, il a récemment adopté un ton beaucoup plus critique, remettant en cause l’impartialité de l’institution.

    Une posture initiale d’apaisement

    Quelques jours après l’annonce de la décision du Conseil constitutionnel, invalidant une loi adoptée par l’Assemblée nationale visant à modifier l’équilibre des pouvoirs entre le Parlement et la présidence, Ousmane Sonko avait adopté un discours conciliant. Il avait alors insisté sur le respect des institutions, soulignant que leur fonctionnement harmonieux était essentiel pour éviter toute crise politique.

    « Cette décision s’impose à tous ! (…) En démocratie, lorsque les institutions jouent leur rôle, chacune dans son domaine, aucune crise ne peut éclater », avait-il déclaré avec fermeté.

    Un discours radicalement transformé

    Cependant, lors de l’inauguration du nouveau siège du parti Pastef à Touba, Ousmane Sonko a radicalement changé de ton. Devant ses partisans, il a vivement critiqué la décision rendue par les sept juges du Conseil constitutionnel, la qualifiant d’inacceptable et de dangereuse pour le pays.

    « Le Conseil constitutionnel ne peut pas imposer aux députés de voter des lois uniquement pour satisfaire le président de la République. La situation actuelle est profondément préoccupante », a-t-il affirmé avec véhémence.

    Le leader politique a également pointé du doigt la fréquence des recours du chef de l’État devant le Conseil constitutionnel, estimant que cette pratique affaiblit la crédibilité de l’institution.

    « Chaque semaine, le président saisit le Conseil constitutionnel. Cette pratique répétée interroge sur l’indépendance réelle de cette instance », a-t-il dénoncé.

  • Gabon : vers une administration publique 100% numérique

    Gabon : vers une administration publique 100% numérique

    transformation numérique

    Gabon : vers une administration publique 100% numérique

    Libreville — La modernisation de l’État gabonais franchit une nouvelle étape avec la digitalisation de ses services publics. Dans un contexte mondial où la rapidité et l’efficacité administrative deviennent des leviers essentiels de compétitivité, le Gabon engage une réforme historique pour transformer durablement son administration.

    À Nkok, dans la commune de Ntoum, l’inauguration des ateliers de renforcement des capacités institutionnelles marquait le coup d’envoi d’une transformation numérique ambitieuse. Ces sessions, organisées dans le cadre du programme Gabon Digital piloté par le Secrétariat général du Gouvernement, visent à cartographier les processus métiers et à modéliser les services publics pour les adapter aux exigences d’un État moderne.

    Cette initiative dépasse largement le simple cadre technique. Elle s’inscrit dans une volonté politique forte de rompre avec les lourdeurs bureaucratiques qui entravent encore le quotidien des citoyens, des entreprises et des investisseurs. L’objectif ? Créer une administration plus transparente, plus réactive et centrée sur les besoins des usagers.

    Une refonte profonde des méthodes de travail

    Pour les responsables du programme Gabon Digital, digitaliser ne signifie pas seulement remplacer des formulaires papier par des écrans. Il s’agit de repenser en profondeur l’organisation des administrations, leurs circuits décisionnels et leurs méthodes de travail.

    Maryse Lydie Madiba Iloumbou, Directrice générale adjointe de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) et coordonnatrice du programme Gabon Digital, a souligné l’importance de cette phase préparatoire. Avant toute mise en ligne de services, il est impératif de comprendre précisément le fonctionnement de chaque administration : identifier ses acteurs, analyser ses délais de traitement, détecter les doublons et simplifier les procédures existantes.

    Les ateliers en cours permettront d’élaborer une cartographie complète des domaines métiers de l’administration, de concevoir un catalogue national des services publics et de définir les priorités pour les premières intégrations au futur Portail gouvernemental des services (PGS).

    Le Portail gouvernemental des services, clé de voûte du projet

    Au cœur de cette révolution numérique se trouve le Portail gouvernemental des services, ou PGS. Selon Issoufou Donagnon Soro, coordonnateur métier du PGS et du système de gestion électronique des documents, cette plateforme aura pour mission de regrouper progressivement l’ensemble des services publics digitalisés de l’administration gabonaise.

    L’ambition est claire : offrir aux citoyens et aux entreprises un guichet unique pour réaliser leurs démarches administratives en ligne, sans avoir à se déplacer entre plusieurs ministères ou administrations. Demandes, autorisations, certificats, paiements, déclarations ou suivi de dossiers pourraient ainsi être gérés à distance via une seule interface.

    Les bénéfices attendus sont multiples : réduction des délais de traitement, amélioration de la transparence, baisse des coûts de fonctionnement, traçabilité des procédures et limitation des risques de corruption. Une transformation qui s’inscrit dans la droite ligne des meilleures pratiques internationales.

    Une phase pilote pour cinq ministères stratégiques

    Sous la supervision du Secrétariat général du Gouvernement, cinq ministères ont été sélectionnés pour cette première phase expérimentale : l’Intérieur, la Justice, les Mines, l’Économie et l’Agriculture. Chacun devra identifier dix services prioritaires avant qu’une sélection finale de deux services ne soit retenue pour une intégration immédiate au PGS. Le lancement de cette phase pilote est prévu pour septembre.

    Au-delà de la technologie, une mutation culturelle

    La réussite de cette transformation numérique repose sur bien plus que des outils technologiques. Elle exige l’adhésion des administrations, la formation des agents publics et l’évolution des cultures organisationnelles.

    Pour accompagner ce changement, un dispositif complet a été mis en place : experts métiers, équipes techniques de l’ANINF et spécialistes de la conduite du changement interviendront conjointement pour soutenir les administrations concernées. Les ateliers se poursuivront jusqu’en août, suivis d’une phase de consolidation visant à harmoniser les approches retenues par les différents ministères.

    Cette réforme incarne une vision plus large : celle d’une administration repensée pour être plus rapide, plus interopérable et plus centrée sur l’usager. Dans un contexte économique concurrentiel, où les investisseurs évaluent autant la stabilité politique d’un pays que sa capacité à délivrer des services administratifs efficaces, la digitalisation devient un impératif stratégique.

    Avec Gabon Digital, le Gabon ne se contente pas de moderniser son administration. Il réinvente sa relation avec les citoyens et les entreprises, posant les bases d’une administration publique plus agile, plus transparente et plus compétitive sur le continent africain. La révolution numérique est en marche, et ses premiers effets pourraient bien redéfinir le visage institutionnel du pays pour les décennies à venir.

  • Politique sénégalaise : Al Aminou Lo recadre Ousmane Sonko en wolof

    Politique sénégalaise : Al Aminou Lo recadre Ousmane Sonko en wolof

    Au Sénégal, la dynamique entre le Premier ministre Al Aminou Lo et le leader charismatique du parti au pouvoir, Ousmane Sonko, suscite des débats dans les cercles politiques et médiatiques. Lors d’une allocution retransmise par les médias locaux, le chef du gouvernement a prononcé une expression en wolof, « Gatt xèl weessu wul », une formule qui invite à éviter les décisions précipitées et à privilégier la réflexion approfondie. Cette phrase, directement adressée à Ousmane Sonko, marque une volonté de modération dans un contexte où chaque mot est analysé sous toutes ses coutures.

    Une sortie médiatisée qui rompt avec les codes habituels

    Le ton employé par Al Aminou Lo contraste avec la retenue généralement observée dans les discours officiels. En optant pour un langage populaire et percutant, le Premier ministre s’adresse à une audience large tout en ciblant précisément l’une des figures les plus influentes de la majorité présidentielle. Cette stratégie n’est pas anodine : elle révèle une volonté de s’affirmer politiquement face à un dirigeant dont l’influence dépasse largement les limites de son parti. Ousmane Sonko, à la tête du Pastef, incarne en effet la force motrice du régime issu de l’alternance de 2024. Ses prises de position pèsent lourdement sur les décisions économiques, diplomatiques et sécuritaires du pays. Dès lors, une intervention publique du Premier ministre, même subtile, devient un signal politique de première importance.

    Le poids des mots : une divergence sur la gestion du pouvoir

    L’expression choisie par Al Aminou Lo appartient au registre des proverbes et sentences, soulignant l’importance de la patience et de la rigueur. Dans une période marquée par des défis majeurs — ajustement budgétaire, relations avec les bailleurs de fonds internationaux — cette intervention suggère une divergence sur la méthode à adopter. L’approche technique et prudente du Premier ministre, ancien cadre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), se heurte parfois aux impératifs politiques du parti majoritaire. Cette dualité reflète les tensions inhérentes au régime en place depuis 2024 : d’un côté, un discours de rupture porté par une base militante engagée ; de l’autre, un exécutif contraint par les exigences des marchés et des institutions financières internationales. La sortie du Premier ministre peut ainsi être interprétée comme un plaidoyer en faveur d’une gestion rigoureuse et transparente, notamment après les révélations sur les irrégularités comptables dans la dette publique.

    Un message stratégique pour les acteurs économiques et politiques

    Pour les investisseurs et les partenaires internationaux, cette prise de position publique envoie un signal clair : l’exécutif sénégalais n’est pas un bloc monolithique, et des voix discordantes peuvent émerger au sein même de l’appareil d’État. La stabilité des arbitrages économiques repose en partie sur la capacité du Premier ministre à imposer une logique technique, parfois en tension avec les aspirations du parti majoritaire. Pourtant, le rapport de force reste profondément déséquilibré. Ousmane Sonko conserve une légitimité électorale incontestable, issue de son ancrage populaire, ainsi qu’une influence significative sur les rouages de l’État. La marge de manœuvre d’Al Aminou Lo dépendra donc de l’appui présidentiel et de sa capacité à démontrer des résultats concrets : assainissement des finances publiques, apaisement des relations avec les partenaires extérieurs ou amélioration du climat des affaires.

    À court terme, cette séquence introduit un nouvel élément dans l’équation politique dakaroise. Les observateurs scrutent déjà la réaction du président de la République, garant des équilibres au sommet de l’État. L’avenir de cette relation dépendra de la capacité des deux hommes à trouver un terrain d’entente sur les enjeux majeurs du pays. Dans le cas contraire, cet épisode pourrait ouvrir une période de turbulence pour la coalition au pouvoir, avec des répercussions sur la cohésion nationale et la crédibilité internationale du Sénégal.

  • Sénégal : le Premier ministre Al Aminou Lo recadre Ousmane Sonko en wolof

    Sénégal : le Premier ministre Al Aminou Lo recadre Ousmane Sonko en wolof

    Au Sénégal, la tension entre le Premier ministre Al Aminou Lo et le leader du parti au pouvoir, Ousmane Sonko, s’affiche désormais publiquement. Lors d’une allocution retransmise par les médias locaux, le chef du gouvernement a choisi une formule en wolof, « Gatt xèl weessu wul », une expression qui incite à éviter les décisions hâtives ou les jugements trop rapides. Ce message, adressé directement à Ousmane Sonko, reflète une volonté de tempérer les ardeurs dans un paysage politique où chaque mot compte.

    Une intervention qui rompt avec les codes traditionnels

    Le ton employé par Al Aminou Lo tranche avec la communication habituellement mesurée des entourages présidentiels. En utilisant une expression populaire, il s’adresse au grand public tout en ciblant explicitement la figure la plus influente de la majorité. Cette approche n’est pas anodine : elle révèle une stratégie pour affirmer son rôle politique face à un dirigeant dont l’influence dépasse largement son titre officiel.

    Ousmane Sonko, à la tête du parti Pastef, incarne la dynamique politique née de l’alternance de 2024. Ses prises de position pèsent sur les choix économiques, diplomatiques et sécuritaires du pays. Dès lors, une divergence exprimée par un membre du gouvernement prend une dimension stratégique. Le Premier ministre, en optant pour un langage ancré dans la sagesse populaire, cherche à désamorcer les conflits tout en marquant une divergence de méthode.

    Ce que révèle le choix des mots d’Al Aminou Lo

    La phrase en wolof utilisée par le Premier ministre s’inscrit dans une logique de modération. Elle valorise la réflexion approfondie au détriment des décisions impulsives. Dans un contexte marqué par des enjeux complexes, comme le redressement budgétaire ou les négociations avec les partenaires financiers, ce type de message suggère des désaccords sur la gestion des priorités. L’approche technique du Premier ministre, ancien cadre de la BCEAO, contraste avec la ligne plus militante portée par Ousmane Sonko.

    Cette dualité reflète la réalité du régime depuis 2024. D’un côté, un chef de parti au discours de rupture, soutenu par une base militante forte. De l’autre, un exécutif contraint par les exigences des marchés, du FMI et des bailleurs de fonds. La déclaration du Premier ministre peut être interprétée comme un plaidoyer en faveur d’une gestion rigoureuse des finances publiques, alors que la crédibilité économique du Sénégal reste sous surveillance après la révélation d’irrégularités dans la gestion de la dette.

    Un message destiné aux investisseurs et à la majorité

    Pour les acteurs économiques et les partenaires internationaux, cette prise de parole publique envoie un signal fort : l’exécutif sénégalais n’est pas un bloc homogène, et des voix divergentes s’expriment au sein même de l’État. La stabilité des arbitrages économiques repose en partie sur la capacité du Premier ministre à imposer une approche technique. Cela implique une certaine autonomie face aux pressions du parti majoritaire.

    Pourtant, le rapport de force reste inégal. Ousmane Sonko conserve une légitimité électorale solide, issue de l’engagement de ses militants, ainsi qu’un pouvoir d’influence considérable sur l’appareil d’État. La marge de manœuvre d’Al Aminou Lo dépendra donc du soutien présidentiel et de sa capacité à obtenir des avancées tangibles, comme une meilleure visibilité budgétaire ou une amélioration du climat des affaires. Ces éléments pourraient renforcer sa position face aux défis économiques actuels.

    À court terme, cette séquence introduit un nouveau facteur dans l’analyse du pouvoir à Dakar. Les observateurs surveilleront la réaction du président de la République, qui devra trancher si les tensions entre le Premier ministre et le chef de la majorité persistent. La suite des événements dépendra aussi de la capacité des deux hommes à aligner leurs positions sur les grands enjeux nationaux. Faute de quoi, cette situation pourrait fragiliser la coalition au pouvoir et ouvrir une période d’incertitudes pour le pays.

  • Al Aminou Lo contre-attaque après les attaques d’Ousmane Sonko

    Al Aminou Lo contre-attaque après les attaques d’Ousmane Sonko

    Al Aminou Lo contre-attaque après les attaques d’Ousmane Sonko

    Al Aminou Lo en pleine intervention

    La récente déclaration d’Ousmane Sonko à Touba a relancé les tensions avec le Premier ministre Al Aminou Lo. Ce dernier a choisi de répondre sur le réseau social X, dénonçant l’instrumentalisation du patriotisme à des fins politiques, alors que Sonko menace son gouvernement de motions de censure.

    Les relations entre le Premier ministre Al Aminou Lo et l’opposant Ousmane Sonko viennent de s’envenimer davantage. Peu après la conférence de presse organisée par ce dernier à Touba, où il a vivement critiqué la gestion gouvernementale et annoncé son intention de déposer des motions de censure à l’Assemblée nationale, le chef du gouvernement a riposté par un tweet qui ne laisse aucun doute sur sa ferme opposition.

    Sans évoquer directement son adversaire, Al Aminou Lo a publié un message perçu comme une réponse cinglante aux propos tenus par Ousmane Sonko lors de l’inauguration du siège de Pastef à Touba. « Revendiquer le monopole du patriotisme revient en réalité à le trahir », a-t-il lancé, soulignant ainsi l’absurdité de ceux qui s’arrogent ce titre sans en porter les valeurs. Cette réplique fait suite aux accusations portées par Sonko, qui affirme avoir été informé de déclarations attribuées au Premier ministre lors d’une réunion secrète.

    Selon Ousmane Sonko, Al Aminou Lo aurait, lors de cette rencontre, exposé sa priorité à l’amélioration du climat des affaires, une orientation qu’il qualifie de « trahison » des principes politiques qu’il défend. Le leader de Pastef a ainsi promis de déposer plusieurs motions de censure contre le gouvernement, qu’il accuse de s’écarter des intérêts nationaux pour se soumettre aux exigences des partenaires économiques étrangers.

  • Gabon : vers une révolution agricole pour 2030

    Gabon : vers une révolution agricole pour 2030

    Économie

    Gabon : vers une révolution agricole pour 2030

    Libreville – Le Gabon se lance dans un pari audacieux pour son avenir alimentaire. Malgré des terres fertiles, un climat propice et des ressources hydriques généreuses, le pays reste encore dépendant des importations pour nourrir sa population. Cette situation, qui fragilise son économie et expose ses citoyens aux aléas des marchés mondiaux, a poussé les autorités à faire de la souveraineté alimentaire une priorité nationale.

    Dans cette optique, le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural a organisé à Libreville une retraite stratégique de deux jours. L’objectif ? Redéfinir les méthodes de gestion du secteur et accélérer la transformation agricole d’ici 2030. Sous la direction du ministre Pacôme Kossy, cette initiative dépasse le cadre d’une simple réunion administrative. Elle incarne une volonté politique forte : faire de l’agriculture gabonaise un pilier de la diversification économique et un rempart contre la dépendance alimentaire.

    Intitulée « CAP 2030, aligner le management, accélérer les résultats, sécuriser la souveraineté alimentaire du Gabon », cette rencontre a réuni l’ensemble des acteurs clés : membres du cabinet ministériel, directeurs généraux, responsables provinciaux et organismes sous tutelle. Une mobilisation sans précédent qui souligne l’urgence d’agir dans un secteur désormais considéré comme un enjeu de sécurité nationale.

    Une gouvernance repensée pour des résultats concrets

    La souveraineté alimentaire ne se limite plus aux politiques agricoles classiques. Les crises sanitaires, les tensions géopolitiques et la volatilité des prix des denrées ont bouleversé les priorités des États. Pour le Gabon, cela signifie désormais produire davantage, transformer localement et sécuriser durablement ses approvisionnements.

    Cette retraite stratégique vise à instaurer une nouvelle culture de gestion publique. Le ministère mise sur la performance, l’efficacité administrative et la redevabilité des responsables sectoriels. Chaque direction, établissement sous tutelle et représentation provinciale devra désormais aligner ses actions sur des résultats mesurables et des indicateurs précis. Une rupture avec les modèles traditionnels, souvent centrés sur les moyens plutôt que sur les impacts.

    Le futur Pacte de performance managérial, attendu à l’issue des travaux, devrait définir des engagements chiffrés et des mécanismes d’évaluation réguliers. L’introduction d’un tableau de bord national pour suivre les performances illustre cette volonté de piloter par les résultats. L’agriculture gabonaise doit entrer dans une ère de performance et de transformation industrielle.

    Des investissements historiques pour moderniser le secteur

    Cette réflexion stratégique intervient alors que le ministère publie un bilan impressionnant pour le premier semestre 2026. Près de 7 575 milliards de francs CFA d’investissements privés ont été mobilisés grâce à cinq accords stratégiques. Ces fonds devraient moderniser les filières agricoles, l’élevage et les infrastructures de transformation, marquant ainsi l’une des plus importantes vagues de financement jamais observées dans le secteur au Gabon.

    Parmi les priorités figurent le renforcement de l’accompagnement des producteurs locaux, afin de soutenir la montée en puissance des exploitations nationales et de favoriser une agriculture entrepreneuriale capable de nourrir durablement les marchés urbains. Un autre chantier majeur concerne la finalisation du Plan de transformation des systèmes agroalimentaires pour la période 2026-2030. Ce document servira de feuille de route nationale pour les années à venir, définissant les priorités en matière de production, de transformation, de commercialisation et de résilience climatique.

    La souveraineté alimentaire, un levier de puissance

    Au-delà des chiffres et des programmes, cette démarche reflète une évolution profonde de la vision économique du Gabon. Dans un contexte mondial marqué par les guerres commerciales et les crises logistiques, la capacité d’un pays à nourrir sa population devient un indicateur clé de souveraineté. L’agriculture n’est plus perçue comme un simple secteur productif, mais comme un levier stratégique de stabilité sociale, de sécurité nationale et de puissance économique.

    Pour le Gabon, l’enjeu est double : réduire les importations alimentaires, créer des emplois, dynamiser les territoires ruraux et renforcer la résilience de l’économie face aux chocs extérieurs. Les travaux, clôturés le 12 juillet avec la validation des grandes orientations stratégiques, seront suivis de près par les acteurs économiques et les investisseurs. Derrière le slogan « CAP 2030 » se profile une ambition plus vaste : faire entrer l’agriculture gabonaise dans une nouvelle ère, celle de la performance et de l’autosuffisance.

    Pour les autorités, le temps des diagnostics est révolu. Place désormais à l’exécution, à la mesure des résultats et à la concrétisation des promesses. Dans une compétition mondiale où la sécurité alimentaire est un enjeu majeur, les nations qui investissent aujourd’hui dans leur capacité de production disposeront demain d’un avantage stratégique décisif. Le Gabon a choisi de ne plus être un simple spectateur de cette mutation.

  • Maroc : une taxonomie verte pour booster la finance durable

    Maroc : une taxonomie verte pour booster la finance durable

    Le Maroc se dote d’un cadre ambitieux pour une économie décarbonée

    Le Royaume du Maroc franchit une étape décisive vers la construction d’un système financier aligné sur ses ambitions climatiques. Sous l’impulsion de plusieurs institutions clés, une taxonomie financière verte a été soumise à consultation publique. Ce référentiel vise à définir un cadre commun pour identifier les activités économiques compatibles avec les objectifs nationaux de réduction des émissions.

    Un outil de référence pour les acteurs financiers

    Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et les ministères de l’Économie, des Finances et de la Transition énergétique ont collaboré à l’élaboration de ce projet. L’objectif ? Fournir aux banques, investisseurs et entreprises un langage standardisé pour évaluer les investissements durables et orienter les flux de capitaux vers les secteurs les plus respectueux de l’environnement.

    Selon les initiateurs, cette taxonomie repose sur des critères scientifiques rigoureux. Elle permet de renforcer la transparence du marché tout en limitant les risques de « greenwashing ». Chaque projet devra répondre à des exigences précises : contribuer significativement aux objectifs environnementaux, respecter le principe de « non-préjudice significatif » et garantir des normes sociales minimales.

    Des critères stricts pour une transition crédible

    Le projet marocain adopte une approche progressive mais exigeante. Les investissements verts ne seront plus simplement déclarés comme tels, mais devront justifier de résultats tangibles. Les secteurs de l’énergie, du transport et de l’industrie sont prioritaires, car ils représentent à la fois une part majeure des émissions nationales et un levier essentiel pour la transition.

    Les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, bénéficieront d’une reconnaissance immédiate. La taxonomie fixe par ailleurs un seuil de 100 grammes de CO₂ par kilowattheure pour qualifier une production d’électricité comme bas carbone. Une trajectoire de décarbonation du mix électrique est également prévue, avec un objectif de réduction de 428 gCO₂e/kWh en 2026 à seulement 16 gCO₂e/kWh d’ici 2050.

    Financement de transition : un équilibre entre rigueur et pragmatisme

    Contrairement à une approche radicale, le Maroc mise sur une transition maîtrisée. Certaines infrastructures existantes pourront accéder à des financements verts sous réserve de présenter un plan crédible de réduction de leurs émissions. Cela inclut des améliorations d’efficacité énergétique, le remplacement de combustibles fossiles ou l’adoption de technologies de captage du carbone.

    Le dispositif prévoit des mécanismes de contrôle stricts pour éviter les abus, comme la traçabilité de l’électricité ou la vérification des contrats d’achat d’énergie. Les activités incompatibles avec les objectifs climatiques seront clairement identifiées et exclues du périmètre de la finance durable.

    Un impact qui dépasse le secteur énergétique

    La taxonomie ne se limite pas aux énergies renouvelables. Les industries lourdes comme le ciment, l’acier, l’aluminium ou les engrais phosphatés sont également concernées. Les entreprises marocaines devront désormais prouver leur capacité à réduire leur empreinte carbone et à améliorer leur efficacité énergétique pour accéder aux nouveaux financements durables.

    Cette évolution s’inscrit dans un contexte international où les critères environnementaux deviennent un facteur clé de compétitivité. Les acteurs marocains devront s’adapter pour maintenir leur accès aux marchés et optimiser leurs coûts de financement.

    Un levier intégré à la stratégie économique du pays

    La future taxonomie s’articule avec plusieurs initiatives nationales, dont la Stratégie de développement de la finance climat à l’horizon 2030 et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) à l’horizon 2050. Elle s’inscrit dans une vision globale où la finance climatique n’est plus perçue comme une contrainte environnementale, mais comme un moteur de transformation économique.

    Les retombées attendues couvrent l’ensemble du système financier : crédits bancaires, émissions obligataires, produits d’assurance, gestion d’actifs et stratégies d’investissement des entreprises publiques et privées. La consultation publique, ouverte jusqu’à l’été 2026, permettra d’affiner le dispositif en recueillant les retours des acteurs concernés.

  • Blocages douaniers : le programme sino-congolais en péril

    Blocages douaniers : le programme sino-congolais en péril

    Les infrastructures promises par le Programme Sino-Congolais en République Démocratique du Congo (RDC) subissent un ralentissement inquiétant en raison de difficultés persistantes au niveau du dédouanement des matériaux et équipements. Malgré les efforts conjoints des acteurs techniques, financiers et institutionnels, ces obstacles freinent considérablement la progression des chantiers en cours.

    Lors d’une réunion de suivi avec le Ministre des Infrastructures, John Banza, le Directeur Général de l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT), Nico Nzau Nzau, a alerté sur l’impact de ces retards. Les travaux de revêtement routier, notamment, pourraient être menacés par le blocage prolongé de bitume importé par la SISC SA depuis plus de six mois au Port de Matadi, et ce malgré les exonérations prévues pour ce projet.

    Une situation alarmante qui pourrait entraîner un arrêt total des activités si les acteurs concernés, y compris l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions (APCSC), ne trouvent pas de solution rapide. Plusieurs demandes de prise en charge des fiscalités indirectes et de traitement des messages phoniques restent en suspens depuis des mois. Pourtant, les entreprises impliquées bénéficient d’avantages fiscaux conformément à la Loi n°14/005 du 11 février 2014 et à l’Avenant n°5 à la Convention de Collaboration signé en 2024.

    Le Ministre John Banza a souligné que, bien que des avancées notables aient été enregistrées sur certains chantiers, ces blocages douaniers constituent désormais un frein majeur au développement national. Depuis le 19 juin, une caravane d’inspection est organisée dans le Grand Bandundu et d’autres provinces pour évaluer l’état des travaux financés par la SICOMINES. Parmi les réalisations saluées, la modernisation de l’Hôpital Général de Référence de Kikwit se distingue : 17 nouveaux bâtiments construits et 11 autres réhabilités, portant la capacité d’accueil de 150 à 650 lits, tandis que la morgue voit sa capacité multipliée par dix.

    chantier sino-congolais

    La saison sèche, habituellement favorable à l’accélération des chantiers, pourrait cette année aggraver les retards en raison de ces blocages persistants. Plusieurs projets phares risquent d’être impactés, à l’image des Rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, de la route Manterne – Tshela – Singini, ou encore de la route Kananga – Kalamba Mbuji. Sans oublier la réhabilitation de la RN1 (tronçon Mbujimayi – Nguba) et la construction du Stade d’Idiofa. La population est en droit de s’attendre à des infrastructures modernes, mais ces retards risquent de priver le pays de ces avancées.

    Pour éviter un ralentissement majeur, il est crucial que l’APCSC, en tant qu’interface entre les parties prenantes, intervienne rapidement. Près de 1 477 tonnes de bitume destinées aux Rocades de Kinshasa, au projet Matadi-Tshela-Singini et à la route Kananga – Kalamba Mbuji sont toujours immobilisées au Port de Matadi depuis janvier 2026. Par ailleurs, 1 650 tonnes de bitume pour la RN1 (Mbujimayi – Nguba) sont bloquées dans le Grand Katanga. Des équipements lourds, des matériaux de chantier et des pièces détachées restent également confinés dans les postes douaniers, empêchant leur acheminement vers les sites.

    logo acgt

    Le temps perdu et les opportunités manquées pèsent sur l’économie nationale. La population ne pourra bénéficier des infrastructures promises, et le développement du pays s’en trouve ralenti. La question du dédouanement des matériaux importés reste un enjeu central pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités dans les délais impartis.

  • Est de la RDC : la Russie dénonce l’implication de l’Ukraine dans le conflit du M23

    Est de la RDC : la Russie dénonce l’implication de l’Ukraine dans le conflit du M23

    Est de la RDC : la Russie dénonce l’implication de l’Ukraine dans le conflit du M23

    Les tensions persistent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où une nouvelle accusation vient d’être portée par Moscou. Selon les autorités russes, Kiev figurerait parmi les soutiens étrangers du groupe armé M23, une rébellion qui étend son emprise sur les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

    Ces révélations ont été officialisées par Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais, Édouard Bizimana, à Bujumbura.

    Des accusations qui s’ajoutent aux tensions régionales

    Lors de cette rencontre, le chef de la diplomatie russe a vivement dénoncé ce qu’il qualifie d’« ingérences étrangères dans les affaires africaines ». Selon lui, la RDC, soutenue par le Burundi, fait face à une agression menée par le M23, elle-même alimentée par des soutiens extérieurs, dont certains seraient ukrainiens.

    « Nous constatons des tentatives d’ingérence flagrante dans les affaires africaines, notamment en RDC. Les autorités légitimes de ce pays, avec le soutien du Burundi, cherchent à faire face à l’agression du M23, soutenu par des représentants étrangers, dont des Ukrainiens », a déclaré Sergueï Lavrov.

    Le ministre russe a ajouté que Kiev cherchait à « soutenir les forces opposées aux gouvernements légitimes en Afrique », dans le but de « s’imposer comme un acteur incontournable sur le continent et affaiblir les pays amis de la Russie ».

    L’Ukraine dans la ligne de mire de Moscou

    Ces accusations surviennent alors que la communauté internationale s’interroge sur l’utilisation croissante des drones armés dans le conflit congolais. Moscou n’a pas hésité à pointer du doigt l’implication de mercenaires étrangers, certains ayant, selon elle, acquis une expérience en Ukraine avant d’être recrutés comme instructeurs ou opérateurs de drones.

    Lors d’une intervention devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Anna Evstigneeva, chargée d’affaires de la Russie, a exprimé ses « profondes préoccupations » face à cette situation. Elle a notamment évoqué la frappe de drone ayant coûté la vie à un membre de l’UNICEF à Goma le 11 mars dernier, ainsi que l’utilisation présumée de mercenaires dans les combats.

    « Nous sommes préoccupés par les informations faisant état du recours à des mercenaires étrangers, dont certains possèdent une expérience acquise en Ukraine et seraient employés comme instructeurs ou opérateurs de drones », a-t-elle souligné.

    Un conflit qui s’enlise malgré les initiatives diplomatiques

    Ces révélations interviennent alors que les efforts diplomatiques pour mettre fin à la crise restent au point mort. Malgré la signature de l’Accord de Washington et les différentes réunions de suivi, la situation sécuritaire et humanitaire continue de se dégrader. Les divergences entre Kinshasa et Kigali sur l’application de cet accord compliquent davantage sa mise en œuvre.

    Le processus de Doha, médiatisé par le Qatar, peine également à aboutir. Les négociations entre le gouvernement congolais et le M23, soutenu par le Rwanda, n’ont pas permis de rapprocher les positions des deux parties. La réunion de Montreux, en Suisse, n’a pas non plus apporté les avancées escomptées.

    Dans ce contexte, les appels au respect des engagements pris dans le cadre des différents processus de paix se multiplient. Pourtant, ces exhortations peinent à inverser la tendance. Les blocages persistent, et les progrès diplomatiques restent en décalage avec la réalité du terrain.

    Les rebelles du M23 à Goma

    Un conflit aux multiples facettes

    Le recours aux drones et l’implication présumée de mercenaires étrangers complexifient davantage une situation déjà explosive. Les populations civiles, prises en étau entre les différents groupes armés et les interventions extérieures, paient un lourd tribut.

    Alors que les accusations se multiplient et que les tensions géopolitiques s’intensifient, la question se pose : quand la paix reviendra-t-elle dans l’Est de la RDC ?