Auteur/autrice : nigeractu

  • Renforcement des liens entre le Congo et le Togo lors d’un sommet à Oyo

    Renforcement des liens entre le Congo et le Togo lors d’un sommet à Oyo

    Les présidents Denis Sassou-N’Guesso et Faure Gnassingbé consolident l’axe Brazzaville-Lomé à Oyo

    Le chef de l’État de la République du Congo, Denis Sassou-N’Guesso, a accueilli ce week-end son homologue de la République togolaise, Faure Gnassingbé. Cette rencontre diplomatique de haut niveau, organisée dans la ville d’Oyo, s’inscrit dans une dynamique de raffermissement des relations historiques d’amitié et de partenariat entre les deux nations.

    Les échanges entre les deux dirigeants ont couvert un large spectre de dossiers prioritaires. Ils ont notamment approfondi les discussions sur la coopération bilatérale, tout en analysant les défis sécuritaires qui touchent actuellement l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. La question de l’accélération du développement économique continental a également été au cœur de leurs entretiens.

    Au cours de cette audience, Denis Sassou-N’Guesso et Faure Gnassingbé ont réitéré leur volonté de bâtir une Afrique plus unie, stable et tournée vers la prospérité. Ils ont mis un accent particulier sur la promotion des alliances Sud-Sud, jugées essentielles pour répondre efficacement aux problématiques du changement climatique, de la sécurité régionale et de la modernisation des économies africaines.

    Devenue un centre névralgique de la diplomatie africaine dans le département de la Cuvette, la ville d’Oyo a une nouvelle fois servi de cadre à ce dialogue constructif. La présence du président togolais témoigne de la vitalité des rapports entre Brazzaville et Lomé.

    Cette visite officielle marque une étape importante dans la volonté des deux pays de stimuler leurs échanges dans des secteurs stratégiques majeurs :

    • Le développement des infrastructures de base ;
    • La dynamisation des flux commerciaux ;
    • Le renforcement des capacités énergétiques ;
    • Le partage d’expertises institutionnelles.
  • Côte d’Ivoire : le projet pleins feux pour une école performante et inclusive

    Côte d’Ivoire : le projet pleins feux pour une école performante et inclusive

    Inauguré le 12 avril 2026 à Abidjan, le programme « Pleins Feux » marque une étape cruciale dans la modernisation du système éducatif ivoirien voulue par le Président Alassane Ouattara. Soutenue par des institutions internationales, cette initiative vise à optimiser la gestion de l’enseignement et à accroître la pertinence des politiques publiques pour garantir une progression constante du niveau des élèves.

    En Côte d’Ivoire, l’essor démographique se traduit par une arrivée massive de nouveaux écoliers chaque année. Avec une population franchissant le cap des 30 millions d’habitants, majoritairement jeune, les besoins en infrastructures et en encadrement sont colossaux, particulièrement dans les campagnes. Face à ce défi, l’éducation est devenue une priorité stratégique pour le Président Alassane Ouattara, s’alignant sur l’Objectif de développement durable n°4 (ODD 4) de l’ONU. Depuis plus de dix ans, le gouvernement multiplie les réformes structurelles pour garantir un accès universel et une instruction de qualité.

    L’engagement présidentiel se renforce aujourd’hui avec le déploiement de « Pleins Feux », un projet ambitieux qui prolonge les efforts de transformation déjà entamés sur l’ensemble du territoire national.

    Infrastructures et recrutements : une accélération sans précédent

    Depuis 2011, la Côte d’Ivoire a considérablement étoffé son corps enseignant en recrutant plus de 69 000 professeurs pour le primaire et 30 000 pour le secondaire. Un accent particulier a été mis sur les filières scientifiques : 1 800 nouveaux enseignants spécialisés en mathématiques et physique-chimie ont rejoint les classes pour répondre aux exigences de l’économie moderne et favoriser l’industrialisation du pays.

    Parallèlement, le réseau scolaire s’est étendu, notamment dans les zones les plus reculées. L’objectif est clair : rapprocher les lieux de savoir des foyers pour combattre l’abandon scolaire précoce. La construction de nouveaux établissements permet désormais une meilleure couverture géographique.

    L’ouverture du CAFOP de Boundiali, dans le Nord, illustre cette volonté de décentralisation. Le succès de ces centres de formation ne se dément pas : en 2026, près de 68 000 candidats ont postulé pour environ 7 000 places, témoignant de l’attractivité croissante des métiers de l’enseignement et d’une volonté de renouvellement des compétences pédagogiques.

    Vers une école plus inclusive et valorisante

    L’amélioration de la qualité de l’enseignement passe également par la reconnaissance du travail des professeurs. Entre 2011 et 2025, les rémunérations des débutants ont bondi de 30 % au primaire et de 15 % au secondaire. Cette revalorisation salariale vise à stabiliser le personnel et à attirer les meilleurs profils vers l’éducation.

    Le bien-être et l’inclusion des élèves sont aussi au cœur des préoccupations. L’État a introduit des outils pédagogiques spécifiques pour les enfants en situation de handicap, favorisant une école ouverte à tous. En complément, des actions sociales fortes, telles que les campagnes contre les grossesses en milieu scolaire, sont menées pour protéger le parcours des jeunes filles et assurer leur maintien dans le circuit éducatif.

    « Pleins Feux » : l’excellence dans la gouvernance éducative

    Lancé officiellement en avril 2026, le projet « Pleins Feux » se concentre sur un levier essentiel : le pilotage administratif et pédagogique. Contrairement aux plans précédents axés sur le bâti, cette initiative cible l’efficacité managériale et la mise en œuvre rigoureuse des politiques éducatives.

    Conçu en collaboration avec l’UNESCO, l’Union africaine et le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM), ce programme est le fruit d’une coopération régionale entre la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Éthiopie. Il ambitionne de doter les décideurs et les inspecteurs d’outils d’analyse performants pour transformer les intentions politiques en résultats concrets dans les salles de classe.

    Alors que la communauté internationale salue déjà les avancées ivoiriennes dans l’acquisition des savoirs fondamentaux, Abidjan consolide sa stratégie en s’appuyant sur des alliances public-privé et des partenariats multilatéraux pour parachever la mutation de son école.

  • Faure Gnassingbé en visite de soutien aux troupes de l’opération Koundjoaré dans le nord du Togo

    Faure Gnassingbé en visite de soutien aux troupes de l’opération Koundjoaré dans le nord du Togo

    Le 7 mai 2026, Faure Essozimna Gnassingbé, agissant en sa qualité de Chef Suprême des Armées, a effectué un déplacement stratégique dans la zone de l’opération Koundjoaré, située dans la partie septentrionale du Togo. Cette mission visait à superviser les dispositifs de sécurité déployés pour contrer les menaces terroristes qui pèsent sur la région des Savanes.

    Une évaluation tactique au poste de commandement

    Accueilli par le Commandant supérieur de l’opération dès son arrivée par hélicoptère, le Chef de l’État s’est immédiatement rendu au Poste de Commandement Opérationnel (PCO). Lors de cette séance de travail, il a bénéficié d’un compte rendu exhaustif sur la situation sécuritaire actuelle, les manœuvres en cours et les diverses contraintes logistiques rencontrées par les unités. À la suite de ces échanges, Faure Essozimna Gnassingbé a édicté de nouvelles orientations stratégiques pour accroître l’efficacité des interventions sur le terrain.

    Rencontre avec les soldats à Tchamonga

    Le Président s’est ensuite dirigé vers le poste avancé de Tchamonga, situé sur la frontière Est. Après avoir analysé les positions tactiques sur une caisse à sable, il a pris la parole devant les militaires mobilisés. Il a tenu à saluer leur bravoure, leur sens du devoir et leur dévouement exemplaire pour la préservation de la souveraineté du Togo.

    Le Chef Suprême des Armées a également exprimé sa satisfaction face aux résultats obtenus, tout en soulignant l’importance de la coopération avec les pays voisins pour endiguer l’insécurité régionale. Il a réitéré l’engagement de la hiérarchie militaire à fournir progressivement les ressources nécessaires pour renforcer les capacités opérationnelles des troupes.

    Il a conclu son intervention en invitant les forces de défense à faire preuve d’une vigilance accrue et d’une discipline sans faille face aux tentatives de déstabilisation dans la sous-région. Le Colonel Kombaté Latiémbé, à la tête de l’opération Koundjoaré, a remercié le Président pour son soutien constant, réaffirmant la détermination des soldats à protéger les populations civiles.

    Une stratégie globale contre l’extrémisme

    Cette visite illustre la méthode multidimensionnelle du Togo face aux enjeux sécuritaires. En complément des actions militaires, l’État mobilise des outils tels que le Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CIPLEV) et le Programme d’urgence pour la région des Savanes (PURS) pour fortifier la résilience locale. Cette approche est renforcée par l’activisme diplomatique de Faure Essozimna Gnassingbé en faveur de la stabilité et de la paix en Afrique de l’Ouest.

  • Sénégal : avec Damen, Dakar veut redevenir un hub régional de réparation navale

    Sénégal : avec Damen, Dakar veut redevenir un hub régional de réparation navale

    Sénégal : avec Damen, Dakar veut redevenir un hub régional de réparation navale

    Photo de Moutiou Adjibi Nourou

    Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

    À plus long terme, Damen évoque aussi la possibilité de relancer des activités de construction navale sur le site.

    À plus long terme, Damen évoque aussi la possibilité de relancer des activités de construction navale sur le site.

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  • Transit des marchandises : le Tchad, la RCA et le Cameroun renforcent leur coopération à N’Djamena

    Transit des marchandises : le Tchad, la RCA et le Cameroun renforcent leur coopération à N’Djamena

    La 5ᵉ édition du forum tripartite réunissant la République centrafricaine (RCA), le Tchad et le Cameroun s’est ouverte ce lundi 11 mai 2026 à N’Djamena. Organisé par le ministère tchadien des Transports, de l’Aviation civile et de la Météorologie nationale, en collaboration avec les acteurs portuaires, cet événement vise à faciliter le transit des marchandises via les ports camerounais. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre des Transports, Fatima Goukouni Weddeye.

    Ce forum, qui se déroulera jusqu’au 13 mai 2026, représente une plateforme de dialogue stratégique essentielle pour consolider la coopération économique entre les trois nations voisines.

    Dans son discours, le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhè, a souligné l’engagement des plus hautes autorités des pays participants. Il a rappelé que les infrastructures portuaires du Cameroun sont un outil indispensable pour la RCA et le Tchad, mettant en exergue la solidarité géographique et historique qui lie ces États.

    « La dynamique impulsée par nos trois pays est prometteuse et s’intensifiera », a-t-il affirmé. Le ministre a également évoqué la situation d’un chauffeur camerounais actuellement détenu au Tchad, appelant à une résolution rapide de ce cas dans un esprit de fraternité.

    En procédant à l’ouverture officielle des travaux, la ministre Fatima Goukouni Weddeye a insisté sur l’importance capitale de cette rencontre pour les pays enclavés de la région.

    Elle a précisé que pour le Tchad et la RCA, la performance des corridors de Douala et Kribi est un facteur déterminant. « L’efficacité de ces corridors conditionne directement l’approvisionnement de nos marchés, la maîtrise des coûts logistiques et la compétitivité de nos économies », a-t-elle expliqué.

    Pendant trois jours, les participants issus des secteurs public et privé vont partager leurs expériences. L’objectif est de formuler des solutions concrètes pour fluidifier le transit, réduire les dépenses logistiques et renforcer durablement l’intégration économique régionale.

  • L’Algérie accompagne le Tchad dans la construction d’une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    L’Algérie accompagne le Tchad dans la construction d’une centrale de 40 mégawatts à N’Djamena

    Une alliance stratégique entre Sonelgaz et Tchad-Elec pour renforcer le réseau

    Le secteur de l’énergie au Tchad franchit un palier important avec la concrétisation du projet de centrale électrique à N’Djamena. Ce chantier d’envergure est le fruit d’une coopération étroite avec l’entreprise algérienne Sonelgaz. Une délégation de haut niveau, menée par Yazid Djellouli, le PDG de Sonelgaz International, s’est rendue dans la capitale tchadienne pour finaliser les études techniques et définir le calendrier des travaux en collaboration avec Tchad-Elec.

    La technologie tri-combustible au service de la stabilité énergétique

    D’une puissance prévue de 40 mégawatts, cette nouvelle infrastructure se distingue par son mode de fonctionnement « tri-combustible ». Cette caractéristique technique majeure offre une souplesse d’exploitation inédite, permettant à l’usine de produire de l’électricité à partir de gaz naturel ou de divers combustibles liquides. Pour N’Djamena, qui fait face à des défis chroniques de délestage, cette adaptabilité garantit une meilleure sécurité d’approvisionnement en fonction des ressources disponibles, qu’elles soient locales ou importées.

    Un transfert de compétences pour une autonomie durable

    Au-delà de l’aspect purement industriel, ce partenariat met l’accent sur la transmission de savoir-faire. Sonelgaz, forte de son expérience dans la gestion de réseaux de grande ampleur en Afrique du Nord, apportera son expertise à la Société Nationale d’Électricité (SNE) du Tchad pour la maintenance et le pilotage de la centrale. Ce schéma de coopération Sud-Sud a pour objectif de renforcer les capacités techniques des experts tchadiens, assurant ainsi la pérennité des installations sur le long terme.

    En investissant dans des solutions énergétiques flexibles, le Tchad renforce sa souveraineté économique et réduit sa dépendance aux énergies fossiles les plus onéreuses. Cette modernisation du parc de production national envoie un signal fort aux investisseurs, car l’accès à une électricité stable demeure le moteur essentiel du développement industriel et de la croissance économique du pays.

  • Soutien du commandant de la force mixte Tchad-RCA aux soldats blessés de Korbol

    Soutien du commandant de la force mixte Tchad-RCA aux soldats blessés de Korbol

    Le général de brigade Moubarak Abakar Nassour Hor, à la tête de la force mixte TchadRCA, s’est rendu au chevet des militaires blessés lors des récents événements dans le département de Korbol. Cette visite de solidarité s’est déroulée à l’hôpital provincial de Sarh Outel Bono, où l’officier supérieur a pu constater l’état de santé de ses hommes.

    Visite du commandant de la force mixte Tchad-RCA aux soldats blessés de Korbol

    Une prise en charge médicale urgente à Sarh

    Les affrontements armés survenus quelques jours plus tôt dans la localité de Korbol ont laissé des traces parmi les rangs de la force conjointe. Parmi les blessés figurent le sergent Allahguernganye Diro Martial, âgé de 36 ans, touché au thorax, et le caporal-chef Djimet Issakah Dane, souffrant d’une fracture importante à la jambe gauche suite à des tirs.

    Transfert vers N’Djamena pour des soins de pointe

    Après s’être entretenu avec les équipes médicales de Sarh, le général Moubarak Abakar Nassour Hor a insisté sur l’importance d’une évacuation sanitaire immédiate vers N’Djamena. L’objectif est de garantir aux deux soldats l’accès à un plateau technique plus performant et à des soins spécialisés indispensables à leur rétablissement.

    Le docteur Sayambaye Alladoumdjim, directeur adjoint de l’établissement hospitalier provincial, a salué la réactivité du commandement des forces de défense. Le transfert des patients a été organisé en urgence durant la journée afin d’optimiser leurs chances de guérison complète. Ce geste souligne l’engagement des autorités militaires à veiller sur l’intégrité physique de leurs frères d’armes.

  • Bassirou Diomaye Faye et le Pastef : l’affirmation d’un leadership présidentiel au Sénégal

    Bassirou Diomaye Faye et le Pastef : l’affirmation d’un leadership présidentiel au Sénégal

    Depuis Mbour, sa ville d’origine, la coalition présidentielle « Diomaye Président » a clairement signifié son intention de se démarquer du parti Pastef.

    Sénégal, Dakar | Le candidat à la présidence Bassirou Diomaye Faye a été libéré de prison (Illustration)

    Deux ans après son accession à la présidence du Sénégal en 2024, Bassirou Diomaye Faye manifeste clairement sa volonté d’établir son propre leadership politique, au-delà de l’influence du parti Pastef qui l’a propulsé au pouvoir.

    Bien que présenté comme un simple bilan d’étape, cet événement revêt une importance politique capitale, tant pour l’équilibre des forces au sein de la majorité que pour les futures échéances électorales.

    Consolider une présidence indépendante

    Depuis plusieurs mois, le président sénégalais s’efforce de prendre ses distances avec le Pastef, le mouvement politique dirigé par son Premier ministre, Ousmane Sonko. Lors d’un entretien très suivi début mai, Bassirou Diomaye Faye a critiqué une « personnalisation excessive » du projet politique, une déclaration perçue comme un avertissement direct à l’encontre de la prépondérance de Sonko sur la scène politique sénégalaise.

    Sénégal, Dakar | Prochaines élections | Conférence de presse

    Le rassemblement de Mbour s’inscrit dans cette logique. Pour de nombreux analystes, il représente une tentative délibérée de structurer un courant « diomayiste », directement lié à la fonction présidentielle et distinct de l’appareil militant du Pastef. Cette réorientation institutionnelle vise à réaffirmer la hiérarchie constitutionnelle dans un régime où le président détient l’autorité exécutive suprême.

    Un test de mobilisation stratégique

    Le choix de Mbour n’est pas anodin. Cette ville constitue un bastion électoral et un terrain propice pour évaluer la capacité de mobilisation autour de la présidence. La forte affluence au stade Caroline-Faye a permis à la coalition de démontrer qu’elle bénéficie d’un soutien populaire bien au-delà des réseaux traditionnels du Pastef, même si l’absence physique du président, remplacé par une allocution vidéo, a suscité quelques commentaires.

    Selon les observateurs, l’enjeu était double : prouver l’existence d’une base populaire propre et préparer l’opinion à une potentielle reconfiguration politique en vue des élections législatives intermédiaires et, surtout, de la présidentielle de 2029.

    Les enjeux cruciaux de 2029

    À Mbour, plusieurs figures de la coalition ont ouvertement encouragé Bassirou Diomaye Faye à briguer un second mandat. Cette prise de position, bien que précoce, est révélatrice. Si la Constitution autorise cette perspective, elle modifie profondément la donne au sein de la majorité : elle implique soit une cohabitation durable avec Ousmane Sonko, soit une clarification nette des rôles et des ambitions de chacun.

    Cependant, la relation entre les deux hommes semble de plus en plus tendue. Des limogeages ciblés, une réorganisation de la communication présidentielle et des frictions autour du contrôle de la coalition témoignent d’une rivalité latente au sommet de l’État. Une rupture ouverte pourrait fragiliser la majorité, tandis qu’une cohabitation ambiguë risquerait d’engendrer une usure politique.

    Sénégal, Dakar | Prochaines élections | Le chef de l'opposition Ousmane Sonko (Photo d'illustration)

    Sur le fond, le président fait face à des attentes sociales considérables au Sénégal : emploi des jeunes, maîtrise du coût de la vie, réformes judiciaires et gouvernance économique. Bien que le pouvoir mette en avant des progrès, plusieurs réformes promises tardent à produire des effets concrets, nourrissant une impatience grandissante au sein de la population.

    Dans ce contexte, le rassemblement de Mbour sert également à remobiliser la base militante, à un moment où l’exécutif admet que « des temps difficiles » se profilent, notamment en raison des contraintes budgétaires et de l’endettement.

    Un tournant décisif pour le quinquennat

    Au-delà d’un simple événement partisan, le meeting de Mbour marque un jalon essentiel du quinquennat. Il signale l’entrée de Bassirou Diomaye Faye dans une phase plus classique, mais aussi plus complexe, de l’exercice du pouvoir : celle où le président doit concilier loyauté politique, autorité institutionnelle et vision à long terme.

    La question demeure de savoir si cette stratégie de différenciation renforcera son autorité ou si elle provoquera une crise durable au sein de la majorité, dans un pays où l’unité du pouvoir fut présentée comme la clé de la « rupture » promise en 2024.

  • Quel avenir pour l’opposition au Tchad après la dissolution du GCAP ?

    Quel avenir pour l’opposition au Tchad après la dissolution du GCAP ?

    Le paysage politique du Tchad traverse une zone de fortes turbulences. Suite à la décision de la Cour suprême de dissoudre le GCAP et à l’incarcération de huit de ses figures de proue pour une durée de huit ans, l’opposition organisée semble vaciller. Pour l’expert en sciences politiques Abouna Alhadj, ce tournant judiciaire révèle un malaise plus vaste : l’incapacité des forces contestataires à s’unir et à proposer une alternative solide face à un pouvoir qui dicte ses conditions.

    Une stratégie de l’effacement ou un choix délibéré ?

    Selon Abouna Alhadj, l’affaiblissement des forces d’opposition est indéniable. La réaction immédiate des cadres du GCAP, qui ont cessé toute mobilisation après leur condamnation, suscite des interrogations sur leur solidité organisationnelle. Le politologue se demande si ce retrait n’était pas une tentative de mettre en lumière la dérive autoritaire du régime en place au Tchad. Toutefois, l’efficacité d’une telle approche reste à prouver dans un contexte de répression systématique.

    Un bloc d’opposition morcelé face à l’agenda sécuritaire

    Le constat est amer : l’opposition tchadienne peine à trouver un terrain d’entente. L’arrestation des membres du GCAP n’a pas déclenché d’élan de solidarité massif parmi les autres formations politiques. Le gouvernement a réussi à verrouiller le débat public autour des thèmes de la sécurité et de la cohésion nationale. Quiconque s’écarte de cette ligne se retrouve marginalisé, voire neutralisé, avec l’assentiment tacite d’une partie de la classe politique qui préfère s’aligner sur le discours officiel.

    Vers une recomposition du paysage politique

    Bien que des entités comme le Parti réformiste tentent de maintenir un semblant d’activité, Abouna Alhadj estime que le salut de la démocratie au Tchad passera par une profonde restructuration. L’émergence d’un nouveau leadership semble inévitable pour briser l’impasse actuelle. En s’appuyant sur la pensée de Michel de Certeau, il rappelle que même dans les situations les plus verrouillées, des issues finissent toujours par apparaître pour ceux qui savent se réorganiser.

    L’appel à la communauté internationale et à la diaspora

    Le politologue souligne également le rôle crucial de la diaspora tchadienne pour porter le plaidoyer à l’échelle mondiale. Il exhorte les institutions telles que l’ONU et l’Union africaine à ne plus ignorer la situation des droits de l’homme au Tchad. Pour lui, le respect des procédures judiciaires équitables et la fin des condamnations arbitraires doivent redevenir une priorité absolue pour les partenaires internationaux du pays.

  • Synthèse de l’actualité au Burkina Faso : les moments clés du 4 au 10 mai 2026

    Synthèse de l’actualité au Burkina Faso : les moments clés du 4 au 10 mai 2026

    La période du 4 au 10 mai 2026 a été particulièrement riche en événements au Burkina Faso, touchant aussi bien la culture que la défense, l’économie et la vie sociale. Voici un tour d’horizon des faits marquants qui ont rythmé la semaine.

    Succès historique pour Tanya aux Kundé d’Or 2026

    La 25e édition des Kundé d’Or, qui s’est tenue à la Salle des Banquets de Ouaga 2000, a consacré la chanteuse Tanya. Cette dernière a réalisé une performance sans précédent en remportant cinq trophées, incluant le prestigieux Kundé d’Or 2026. De son côté, l’artiste Reman a été honoré par le public en recevant le prix de la popularité.

    Hommage culturel à la lignée Marley

    Le rayonnement artistique du pays s’est également manifesté par un geste symbolique fort : la remise d’un tableau étoilé à Rohan Marley, fils de l’icône Bob Marley. Cet hommage souligne la connexion profonde entre la culture burkinabè et les grandes figures internationales du reggae.

    Défense : manœuvres militaires et coopération diplomatique

    Sur le front de la sécurité, les Forces armées nationales ont conduit l’exercice interarmes « Bangré I ». Mobilisant plus de 1 800 personnels, dont des unités spécialisées et des élèves officiers, cette opération visait à parfaire la préparation au combat de haute intensité. Parallèlement, le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, a reçu le ministre de la Sécurité intérieure de Somalie, le Général Abdullahi Sheikh Ismail, pour discuter de stratégies communes contre le terrorisme et de partage de renseignements.

    Lutte contre les trafics illicites à Faramana

    Une opération d’envergure menée par la gendarmerie et les VDP a permis de saisir près de 800 kg de produits stupéfiants à Faramana. Cette action d’éclat met en lumière les enjeux cruciaux de la lutte contre les réseaux criminels qui pourraient alimenter l’instabilité régionale.

    Souveraineté alimentaire et dynamisme économique

    Le volet institutionnel a été marqué par le Conseil des ministres du 7 mai, qui a validé un investissement de plus de 190 milliards de FCFA en faveur de l’agriculture et de la résilience climatique. Sur le plan entrepreneurial, les données du dernier recensement indiquent que le Burkina Faso compte désormais environ 390 000 unités économiques, bien que le secteur informel représente encore 96 % de ce tissu.

    Lancement des Diaspora Bonds et départ pour le Hadj

    Pour soutenir le développement national, le gouvernement a officiellement ouvert la souscription aux « Diaspora Bonds 2026-2033 », visant à lever 125 milliards de FCFA. Sur le plan religieux, la ferveur était au rendez-vous le 6 mai avec l’envol des 342 premiers pèlerins burkinabè vers la Terre Sainte pour le Hadj 2026.

    Valorisation des médias avec les Prix Galian

    Enfin, l’excellence journalistique est à l’honneur avec le lancement des Prix Galian 2026. Avec 268 œuvres en lice, cette compétition souligne le rôle déterminant des professionnels de l’information dans la préservation de la cohésion sociale et la lutte contre les fausses nouvelles.

    Entre défis sécuritaires et ambitions de croissance, cette semaine témoigne de la résilience et de la vitalité du Burkina Faso sur tous les fronts.

  • Paix au Mali : l’intégration des Touaregs comme remède à l’insécurité

    Paix au Mali : l’intégration des Touaregs comme remède à l’insécurité

    Le climat sécuritaire au Mali a franchi un nouveau seuil de violence à la fin du mois d’avril 2026. Des offensives coordonnées avec précision ont frappé plusieurs localités, entraînant la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara, ainsi que de nombreux militaires maliens.

    Ces tragédies marquent le point culminant d’une intensification des assauts contre les forces armées et les symboles de l’État malien observée ces dernières années.

    Des analyses approfondies sur les dynamiques politiques au Sahel suggèrent que cette instabilité persistante prend racine dans les frustrations des communautés touarègues. Ces populations berbères nomades du nord du Mali estiment que leurs revendications historiques sont restées sans réponse sous l’actuelle administration militaire.

    Trois piliers expliquent cette impasse sécuritaire. D’abord, le refus systématique de traiter le mécontentement des Touaregs. Leurs attentes concernent l’autonomie de gestion, la fin de la marginalisation sociale, la reconnaissance de leur culture et une meilleure protection face à ce qu’ils considèrent comme un abandon de la part de l’État.

    Ensuite, la stratégie de l’armée malienne repose sur un usage massif de la force dans les régions septentrionales, générant souvent des dommages collatéraux importants. Cette militarisation croissante est vivement dénoncée par les populations locales depuis des décennies.

    Enfin, le déséquilibre profond dans la gestion des richesses maintient le Nord dans une situation de précarité structurelle. Les gisements aurifères, les salines et les axes commerciaux stratégiques de cette zone restent sous le contrôle exclusif du pouvoir central basé au Sud, privant les régions productrices de retombées économiques concrètes.

    S’attaquer de front à cette exclusion économique pourrait transformer le visage du conflit. En privilégiant l’inclusion politique et la stabilité, le Mali pourrait restaurer la confiance et transformer une rébellion armée en une quête de développement durable pour le nord du pays.

    Analyse de la dynamique actuelle

    En avril 2026, une alliance tactique a vu le jour entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et les combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) pour mener des assauts d’envergure.

    Ce scénario rappelle la crise de 2012, où les séparatistes touaregs et des groupes liés à Al-Qaïda avaient bousculé l’autorité de l’État. À l’époque, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), composé majoritairement de combattants touaregs revenus de Libye, avait tenté d’imposer une sécession territoriale.

    Bien que fort de près de 10 000 hommes, le MNLA n’a pas pu maintenir ses positions seul. Il s’est alors lié à des factions comme Ansar Dine ou le MUJAO. Cette coalition hétéroclite a fini par imploser, les groupes djihadistes, mieux financés, évinçant les nationalistes laïques des centres urbains comme Gao et Kidal.

    L’intervention militaire française en 2013 avait permis de stabiliser temporairement la zone, forçant AQMI et ses alliés à se retrancher dans le désert. Cependant, le départ des troupes françaises en 2022 a laissé un vide sécuritaire béant. Sans cette pression extérieure, les groupes radicaux ont pu reconstituer leurs réseaux et intensifier leurs recrutements locaux.

    Les erreurs de gouvernance persistantes

    Le gouvernement de transition dirigé par Assimi Goïta peine à formuler une réponse politique aux doléances de l’Azawad. Historiquement, les Touaregs dénoncent une structure étatique qui ignore leurs spécificités culturelles et leurs besoins économiques. Cette quête d’autonomie, entamée dès 1960, a presque toujours été accueillie par la répression.

    Aujourd’hui, les crises climatiques répétées aggravent la vulnérabilité des éleveurs nomades, renforçant le sentiment d’injustice. Parallèlement, les rapports de Human Rights Watch soulignent que les opérations antiterroristes actuelles frappent lourdement les civils, alimentant ainsi le ressentiment et facilitant le travail de recrutement des insurgés.

    La concentration des investissements dans le sud du Mali demeure un obstacle majeur. Bien que les accords passés aient promis une décentralisation effective, leur application reste lettre morte, laissant le Nord dans un état d’abandon infrastructurel total.

    Vers une solution inspirée du voisin nigérien ?

    Pour sortir de l’impasse, le Mali pourrait s’inspirer de l’expérience du Niger sous la présidence de Mahamadou Issoufou. Dès 2011, ce dernier a su désamorcer la menace séparatiste en adoptant une approche inclusive :

    • L’intégration massive des cadres touaregs dans les hautes sphères de l’État.
    • Une décentralisation réelle offrant une autonomie budgétaire aux régions.
    • Le lancement de programmes concrets de désarmement et de réinsertion sociale.

    En investissant dans l’accès à l’eau, l’éducation et les infrastructures pastorales, le Niger a réussi à transformer la méfiance en dialogue. Pour le Mali, la reconnaissance des droits et des besoins des populations du Nord semble être l’unique chemin vers une pacification durable du territoire.

  • Nairobi : une nouvelle ère de partenariat franco-africain s’esquisse

    Nairobi : une nouvelle ère de partenariat franco-africain s’esquisse

    Ce lundi 11 mai, l’attention internationale converge vers le Kenyatta International Convention Centre (KICC) de Nairobi, où s’est ouvert le sommet Africa-Forward. Co-présidée par le président français Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto, cette rencontre de deux jours vise à instaurer une « diplomatie du concret », s’éloignant des cadres protocolaires traditionnels. Dans un contexte où la France réévalue sa stratégie continentale, ce rassemblement au Kenya est perçu comme le point de départ d’une collaboration équilibrée, fondée sur l’innovation et la recherche.

    Le choix de Nairobi, pôle économique majeur de l’Afrique de l’Est et acteur clé de la transition écologique, n’est pas fortuit. Il signale une volonté française d’élargir sa politique africaine au-delà de sa sphère francophone historique, pour adopter une perspective véritablement continentale.

    L’ambition affichée est de concrétiser la « mue » de la politique française. Il ne s’agit plus de se limiter à l’aide au développement, mais de privilégier les échanges réciproques et l’élaboration de solutions partagées. Les travaux du sommet s’articulent autour de sept axes stratégiques :

    • La transition énergétique et l’industrialisation verte.
    • La réforme de l’architecture financière mondiale.
    • L’intelligence artificielle et les technologies numériques.
    • La santé, l’agriculture durable et l’économie bleue.

    La coopération scientifique illustre concrètement cette orientation nouvelle. En 2024, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a marqué une étape significative en inaugurant un bureau permanent à Nairobi.

    Cette initiative incarne un modèle de co-construction scientifique, remplaçant l’approche descendante. Le bureau de Nairobi agit comme un « hub » pour l’Afrique de l’Est et centrale, favorisant la mobilité des chercheurs et l’accès partagé aux infrastructures de recherche.

    Un exemple éloquent de cette dynamique est le témoignage d’une chercheuse kényane dont les recherches sur la biodiversité ont connu un essor remarquable grâce à cette collaboration. Son intégration aux réseaux de laboratoires français lui a non seulement ouvert des opportunités de financement, mais l’a également insérée dans une communauté scientifique globale où son expertise locale est devenue une ressource précieuse pour ses homologues européens. C’est cette « circulation des cerveaux » que le sommet aspire à généraliser.

    Des enjeux politiques au-delà de l’innovation

    Au-delà des discussions sur les startups et l’intelligence artificielle, des enjeux diplomatiques sous-tendent cette rencontre. Pour la France, il s’agit de réaffirmer sa position de partenaire privilégié face à l’influence croissante d’autres puissances telles que la Chine, la Russie ou la Turquie. Pour le président kényan William Ruto, la co-organisation de cet événement renforce son statut de leader panafricain, capable d’interagir sur un pied d’égalité avec les nations du G7.

    Des organisations régionales comme la CEDEAO suivent attentivement ce modèle. Si ce sommet parvient à transformer les déclarations d’intention en investissements tangibles – notamment par le biais du Business Forum réunissant 1 500 participants – il pourrait établir un précédent pour des relations axées sur la croissance mutuelle, plutôt que sur la seule sécurité.

    Le sommet Africa-Forward est-il destiné à réussir là où d’autres tentatives ont échoué ? Sa force réside dans son approche pragmatique : en mettant en lumière des réalisations concrètes, telles que l’implantation du CNRS ou les partenariats agricoles, Paris et Nairobi s’efforcent de dissiper le sentiment anti-français en démontrant les bénéfices réciproques de leur collaboration.

    Au terme de ces 48 heures, les jeunes entrepreneurs et chercheurs du continent ne s’attendront pas à de longs communiqués, mais à la concrétisation de contrats et à l’ouverture de nouveaux laboratoires. C’est à cette seule condition que le slogan « Africa-Forward » pourra véritablement prendre corps.