Auteur/autrice : nigeractu

  • Côte d’Ivoire : un nouveau réseau pour propulser le leadership féminin dans l’enseignement

    Côte d’Ivoire : un nouveau réseau pour propulser le leadership féminin dans l’enseignement

    Le 2 mai 2026, une impulsion nouvelle a été donnée au système scolaire ivoirien. Au sein du Lycée Classique d’Abidjan, plus de 110 femmes occupant des postes de direction ont officialisé la création du REFCEACI. Ce regroupement inédit se consacre exclusivement à la promotion et au renforcement du leadership féminin dans le secteur éducatif.

    Une devise forte : se former et s’entraider pour impacter

    L’acte de naissance du Réseau des Femmes Cheffes d’Établissements et Adjointes de Côte d’Ivoire (REFCEACI) marque un tournant pour les gestionnaires d’écoles. Ce collectif aspire à transformer la gouvernance scolaire en s’appuyant sur la solidarité et la montée en compétences de ses membres.

    Une initiative née d’une ambition collective

    La genèse du REFCEACI repose sur une nécessité partagée par les dirigeantes du milieu scolaire en Côte d’Ivoire : disposer d’une plateforme structurée pour échanger et peser davantage dans les décisions éducatives. Ce projet s’inscrit dans le sillage du Programme d’Appui à la Transformation de l’Éducation de Base (PATEB), qui avait déjà permis de former 140 femmes aux techniques de management et de leadership.

    Pour voir le jour, le réseau a reçu le soutien technique de l’UNESCO, de l’IIPE (Institut International de Planification de l’Éducation) ainsi que de la Direction des Ressources Humaines du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation. Bien que l’actualité en Afrique de l’Ouest, notamment le Niger actualité ou la politique nigérienne, traite souvent de réformes structurelles, cette avancée ivoirienne se focalise spécifiquement sur l’autonomisation des femmes dans l’administration publique.

    Des fondations solides pour un avenir prometteur

    L’Assemblée Générale Constitutive a permis de valider les textes fondamentaux et de définir une feuille de route stratégique. À cette occasion, Madame Marthe Rabbiosi, à la tête du Collège Claude Danho Paulin d’Attécoubé, a été désignée Présidente pour une durée de deux ans.

    Lors de son allocution, elle a souligné que le REFCEACI est un outil destiné à accompagner les femmes vers un leadership transformateur, précisant que son mandat serait placé sous le signe du consensus pour répondre aux attentes fortes du secteur. Cette dynamique de changement fait écho aux évolutions observées dans la région, comme on peut le voir dans l’actu Niger ou les débats sur le Niger économie, où la place des cadres féminins devient centrale.

    Un levier pour l’équité dans l’éducation

    Le REFCEACI ambitionne de briser le plafond de verre en facilitant l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités. Par le biais du mentorat et du partage d’expertises, le réseau souhaite encourager les enseignantes à viser des postes de direction. À l’instar des Niamey actualité ou des dossiers de Niger nouvelles qui traitent de l’éducation, la Côte d’Ivoire montre que la parité décisionnelle est un moteur de performance pour l’école de demain.

  • Disparité des prix des carburants : quand la Côte d’Ivoire surpasse le Bénin

    Disparité des prix des carburants : quand la Côte d’Ivoire surpasse le Bénin

    Le mois de mai 2026 marque une période de tension accrue pour le pouvoir d’achat des populations ouest-africaines. Tandis que les ménages s’efforcent de préserver leurs ressources face à une inflation tenace, une divergence notable des prix des carburants se manifeste aux pompes, notamment entre la Côte d’Ivoire et le Bénin.

    Côte d’Ivoire : l’amertume du pays producteur

    Après une période de relative stabilité trimestrielle, la Direction Générale des Hydrocarbures de Côte d’Ivoire a annoncé la première révision tarifaire de l’année. Cette décision impacte significativement les consommateurs : le prix du Super sans plomb est passé de 820 à 875 FCFA/L, enregistrant une progression de 6,7 %, et le Gasoil a dépassé le seuil des 700 FCFA/L.

    Ce nouveau barème tarifaire génère une interrogation profonde parmi la population. Il est difficilement concevable qu’un État producteur de pétrole, dont les réserves devraient naturellement amortir les chocs, propose des tarifs supérieurs à ceux de ses voisins. Au-delà de l’aspect purement numérique, cette augmentation déclenche une spirale inflationniste : chaque hausse du prix du gasoil entraîne inévitablement une majoration des coûts de transport, et par conséquent, une augmentation des prix des biens de consommation courante.

    Le « bouclier » béninois : l’audace du pragmatisme

    En contraste, le Bénin semble avoir privilégié une approche axée sur la protection sociale. Bien que le pays ne possède pas encore de capacités d’extraction pétrolière significatives, les autorités de Cotonou ont mis en œuvre une politique visant à maîtriser l’inflation. Malgré la pression haussière exercée sur les cours mondiaux par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les tarifs appliqués depuis le 1er mai 2026 demeurent remarquablement concurrentiels :

    • Essence : 725 FCFA/L
    • Gasoil : 750 FCFA/L

    Il est ainsi établi que le litre d’essence au Bénin est 150 FCFA moins cher qu’en Côte d’Ivoire.

    Une source proche de l’exécutif béninois a déclaré : « L’absence de production nationale nous contraint à une gestion des plus rigoureuses, mais la préservation du pouvoir d’achat des ménages reste notre priorité absolue. »

    Par l’adoption d’une politique fiscale modulée ou de subventions spécifiques, le Bénin parvient à dynamiser son économie domestique, contrastant avec des approches qui semblent ailleurs entraver la vitalité économique.

    Une richesse pétrolière au service de qui ?

    Cette divergence des tarifs relance un questionnement fondamental sur la répartition des richesses au sein de la sous-région. Pour le citoyen ivoirien, cette augmentation est perçue comme une imposition indirecte, affectant directement ses perspectives d’avenir et son budget quotidien.

    Bien que la Côte d’Ivoire bénéficie d’un avantage stratégique grâce à ses capacités d’extraction, elle éprouve des difficultés à convertir cette ressource en un bénéfice tangible pour le consommateur. Le Bénin, en revanche, illustre qu’une gouvernance proactive peut compenser l’absence de ressources naturelles.

    Une interrogation persistante émerge : quelle est la véritable portée de la souveraineté énergétique si elle ne parvient pas à préserver les citoyens face aux turbulences économiques ?

  • Sénégal-Maroc: le football, miroir des liens fraternels à Dakar

    Sénégal-Maroc: le football, miroir des liens fraternels à Dakar

    Mon arrivée à Dakar s’est accompagnée d’une légère incertitude. La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et sa finale controversée avaient, semblait-il, jeté une ombre sur les liens entre le Maroc et le Sénégal. Une perception courante, et malheureusement fondée, laissait entendre une certaine animosité.

    Amadou, un chauffeur de taxi dakarois d’une cinquantaine d’années, affichait une courtoisie et un sourire contagieux. Conscient de ma nationalité marocaine, il abordait divers sujets avant de conclure: « Malgré tout, le Sénégal et le Maroc sont frères… ». Ce « malgré tout » résonnait étrangement, suggérant que la fraternité des peuples était mise à l’épreuve. Un simple match de football peut-il réellement ébranler des décennies de liens profonds, ou n’a-t-il fait que révéler des fragilités préexistantes, tel un catalyseur inattendu ?

    L’ombre de la CAN planait sur chaque échange, prête à assombrir l’ambiance. Au cœur des bazars animés du quartier Plateau, nous tentions de négocier le coût d’un tissu local. Le commerçant, fixant ses tarifs à la discrétion, annonçait: « C’est 13 000 XOF le mètre ». Nos tentatives de réduire le prix à 10 000, puis 11 000, échouaient. Nous avons alors employé la tactique habituelle: « Nous sommes vos frères du Maroc ! ». Normalement, cette affirmation de fraternité, ou un « Assalamou Alaykoum » appuyé signalant une foi partagée, facilite les transactions et permet de baisser les prix en Afrique. Mais cette fois, la réaction fut inattendue. Le vendeur se tendit, son ton devenant brusque: « Ah, si c’est le Maroc, alors c’est 20 000 XOF ! ».

    Ce revirement équivalait à un refus catégorique de vente, nous invitant implicitement à quitter les lieux, presque comme des indésirables.

    « Il faut espérer que tous ces sentiments troubles s’effaceront bientôt d’eux-mêmes, au Sénégal comme au Maroc… »

    Lors d’une discussion, une militante des droits humains engagée contre l’excision des jeunes filles, a glissé une requête poignante: « S’il vous plaît, libérez nos frères détenus au Maroc, qu’attendez-vous pour le faire ? » Cette demande de libération des supporters sénégalais incarcérés et jugés après la finale de la CAN revenait fréquemment, exprimée par plusieurs de nos interlocuteurs.

    Certains habitants de Dakar ont ouvertement partagé leur décision de boycotter les établissements commerciaux gérés par des Marocains. Leurs propos, dénués de toute diplomatie ou d’intentions commerciales, révélaient une sincérité brute. Bien qu’ils ajoutaient, pour apaiser la tension: « Au Sénégal, nous aimons beaucoup les Marocains… ».

    Cette déclaration, bien que probablement sincère, semblait masquer des émotions plus complexes. Les points de suspension suggéraient une palette de sentiments sous-jacents: colère, frustration, incompréhension, voire une véritable blessure. L’espoir demeure que ces tensions émotionnelles s’estomperont naturellement, tant au Sénégal qu’au Maroc.

    Les instances gouvernementales et les fédérations sportives parviendront inévitablement à une réconciliation, l’intérêt mutuel et la raison finissant toujours par prévaloir. Cependant, les cicatrices émotionnelles et les blessures humaines requièrent un processus de guérison distinct, souvent plus lent.

    Mon bref mais intense séjour au Sénégal fut marqué par les tensions évoquées, sans pour autant en altérer la richesse. De nombreux habitants de Dakar, par leur gentillesse, leur joie de vivre et leur amitié authentique, ont su rendre cette expérience mémorable et profondément attachante, une amitié sans réserve ni non-dits.

  • La FIFA renforce son règlement : Infantino lance un avertissement clair avant le Mondial 2026

    La FIFA renforce son règlement : Infantino lance un avertissement clair avant le Mondial 2026

    Après Sénégal–Maroc, Infantino avertit avant le Mondial : « Toute équipe qui quitte le terrain sera…»

    À l’approche de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, qui se tiendra aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a émis une mise en garde solennelle aux sélections nationales. Cette annonce intervient plusieurs mois après une finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) mémorable entre le Sénégal et le Maroc, qui avait été marquée par des tensions arbitrales.

    La finale de la CAN avait vu le Sénégal s’imposer 1-0 face au Maroc, décrochant ainsi son deuxième titre continental. Cependant, le match fut entaché par une décision arbitrale litigieuse : un penalty accordé au Maroc juste après l’annulation d’un but sénégalais. En signe de protestation, les joueurs sénégalais, sous la direction de leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient alors temporairement quitté la pelouse pendant une dizaine de minutes avant de reprendre le cours du jeu.

    Fort de cet épisode, Gianni Infantino a tenu à clarifier les règles de conduite pour le prochain Mondial. Il a fermement déclaré : « À partir de la Coupe du Monde, toute équipe qui décide de quitter le terrain pour protester contre l’arbitrage recevra des cartons rouges et perdra le match sur tapis vert ! » Cette déclaration sans équivoque souligne la volonté de la FIFA de maintenir l’intégrité et la discipline durant la compétition phare du football mondial.

    Ce message vise à prévenir tout incident similaire et à assurer le bon déroulement de la Coupe du Monde 2026, garantissant que les décisions arbitrales soient respectées et que le jeu se poursuive sans interruption due à des contestations. La FIFA réaffirme ainsi son engagement pour un football juste et respectueux des règles.

  • Alliance des états du Sahel : frappes aériennes communes au Mali contre les groupes armés

    Alliance des états du Sahel : frappes aériennes communes au Mali contre les groupes armés

    Alliance des États du Sahel : des frappes aériennes conjointes lancées au Mali

    L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, a mené des « campagnes aériennes intenses » sur le territoire malien après des attaques attribuées à des groupes jihadistes liés à al-Qaeda et à des séparatistes touaregs. Cette opération a été confirmée par le gouvernement du Niger en fin de semaine dernière.

    Contexte des attaques et réactions des pays de l’AES

    Le week-end dernier, des jihadistes associés à des rebelles touaregs ont lancé la plus grande offensive au Mali depuis près de 15 ans. Parmi les victimes figure le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, tué lors de ces affrontements. Ces événements ont mené à la capture de la ville stratégique de Kidal dans le nord du pays.

    L’AES, créée pour lutter contre les groupes armés dans la région, dispose désormais d’une force conjointe de 15 000 hommes, passée de 5 000 à mi-avril. Les autorités nigériennes ont salué « la réponse rapide et vigoureuse des unités de la force unifiée », qui a conduit des frappes aériennes dans les heures suivant les attaques du 25 avril 2026 à Gao, Menaka et Kidal.

    Réactions des rebelles touaregs et des autorités locales

    Le porte-parole du Front de Libération de l’Azawad (FLA), Mohamed Elmaouloud Ramadane, a appelé le Burkina Faso et le Niger à ne pas s’impliquer dans les événements en cours au Mali. Par ailleurs, les trois pays membres de l’AES sont actuellement dirigés par des juntes militaires arrivées au pouvoir à la suite de coups d’État entre 2020 et 2023.

    Les attaques contre la junte militaire malienne et ses alliés paramilitaires russes ont plongé l’ancienne colonie française dans une crise sécuritaire majeure. Lors des funérailles de Sadio Camara, le ministre de la Défense du Burkina Faso, Célestin Simporé, a déclaré au nom de l’AES que les auteurs seraient « pourchassés ».

    Manifestations de solidarité et tensions diplomatiques

    Environ un millier de personnes se sont rassemblées à Niamey, la capitale du Niger, pour exprimer leur « solidarité avec le peuple malien ». Les manifestants, réunis au Centre culturel Djado Sekou, ont scandé des slogans comme « À bas les impérialistes », « À bas les terroristes et leurs sponsors » et « Vive l’AES », tout en brandissant une photo de Sadio Camara.

    Effred Mouloul, représentant d’une coalition de la société civile, a assuré aux Maliens que « vous n’êtes pas seuls, les forces vives du Niger et de l’AES sont à vos côtés et expriment leur solidarité totale ». Il a également critiqué l’absence de solidarité visible de la part des dirigeants africains face à l’assassinat ciblé des leaders maliens et réclamé le retrait des troupes françaises du territoire de l’AES.

    Les autorités nigériennes ont accusé des puissances étrangères, principalement la France, d’avoir « soutenu les attaques de ce week-end » au Mali. Le Niger a maintes fois reproché à la France de chercher à le déstabiliser, une allégation que Paris dément formellement. En outre, le gouvernement nigérien a annulé les défilés du 1er mai dans tout le pays pour des raisons de sécurité.

  • Obsèques nationales au Mali : l’hommage à Sadio Camara et ses répercussions stratégiques

    Les obsèques nationales de l’ancien ministre de la Défense du Mali, Sadio Camara, ont eu lieu jeudi, marquant non seulement une période de deuil national mais aussi un moment potentiellement décisif pour la politique intérieure malienne et la dynamique sécuritaire du Sahel. La cérémonie solennelle a été diffusée sur la télévision d’État, rassemblant autour du cercueil drapé des couleurs du drapeau malien le chef de la junte, Assimi Goïta, et de nombreux hauts responsables militaires.

    Le général Sadio Camara a tragiquement perdu la vie lors d’une attaque coordonnée menée le week-end dernier par des militants djihadistes et leurs alliés touaregs. Cette offensive, visant plusieurs positions militaires à travers le Mali, est considérée comme la plus grave de la dernière décennie. De grands portraits de Camara ont orné la cérémonie, qui s’est déroulée dans une atmosphère de défilé militaire, soulignant l’importance du personnage.

    Sadio Camara était une figure centrale du leadership militaire malien. Il a joué un rôle déterminant dans l’établissement de la Russie comme partenaire sécuritaire principal du pays, suite au coup d’État qui a porté les forces armées au pouvoir.

    Implications sécuritaires et politiques de la disparition de Camara

    La mort de Sadio Camara représente une perte nationale significative pour le Mali, mais également un choc stratégique susceptible de modifier l’équilibre interne de la junte, ses alliances extérieures et l’équation sécuritaire globale au Sahel. La disparition d’une personnalité aussi influente peut profondément déstabiliser toute autorité en place.

    Les analystes estiment que son décès, couplé aux revers militaires subis par l’armée malienne et ses partenaires russes sur le terrain, pourrait entraîner plusieurs conséquences majeures :

    • L’accentuation des divisions au sein de la junte
    • Une réévaluation des liens avec Moscou
    • Une réévaluation des relations avec les forces armées russes
    • Une remise en question des alliances au sein de l’Alliance des États du Sahel

    L’orientation du Mali vers la Russie, au détriment de la France, a profondément influencé la doctrine sécuritaire dans l’ensemble du Sahel. Cette réorientation a alimenté des débats cruciaux dans des zones stratégiques où l’insurrection, le séparatisme et la fragilité étatique s’entremêlent, notamment à Gao, Mopti, Sévaré et Kidal.

    Mali Holds State Funeral For Former Defence Minister Sadio Camara

    La récente vague de violence met également en lumière la capacité persistante du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jama’at Nasr al-Islam wal-Muslimin) et des factions armées liées à l’Azawad à exercer une pression coordonnée. La présence de groupes comme le Front de libération de l’Azawad ravive les inquiétudes concernant le séparatisme dans le nord, en particulier autour de Kidal et de la question plus large de l’Azawad.

    L’ascension de Sadio Camara au sein de l’armée malienne

    Né en 1979 à Kati, ville de garnison proche de Bamako, Sadio Camara y a également trouvé la mort lors de l’explosion d’une voiture piégée devant sa résidence. Cette attaque symbolique est d’autant plus marquante que Kati est un centre militaire d’une importance politique capitale au Mali, ayant souvent servi de base pour les officiers influençant les événements à Bamako. L’ascension de Camara depuis cet environnement aide à comprendre à la fois son influence et la forte symbolique de sa disparition en ce lieu.

    En tant qu’officier de terrain, il a servi dans le nord du Mali à la fin des années 2000, une période marquée par l’intensification des rébellions insurgées, dont certaines factions étaient liées au djihadisme inspiré par Al-Qaïda.

    Après ses études à l’académie militaire, il a suivi plusieurs formations à l’étranger, y compris en Russie. Cette expérience a sans doute forgé sa confiance stratégique envers Moscou en tant que partenaire de défense.

    De nombreux Maliens ont découvert Sadio Camara en août 2020, lorsqu’il est apparu à la télévision nationale en tant que colonel, parmi les cinq officiers qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keita. Les officiers justifiaient leur action en affirmant que Keita était soutenu par la France et n’avait pas réussi à endiguer la violence militante croissante dans le pays, promettant en retour une sécurité accrue.

    Du coup d’État à l’alignement avec la Russie

    Après le coup d’État, les nouvelles autorités militaires ont opéré un pivot stratégique vers la Russie, en faisant d’elle leur partenaire sécuritaire privilégié, tout en exigeant le départ des forces françaises et des Casques bleus des Nations Unies. Sadio Camara fut l’architecte de ce repositionnement, qui a profondément modifié la posture géopolitique du Mali et impacté les relations dans toute la région du Sahel.

    Il a occupé le poste de ministre de la Défense sous les deux administrations militaires successives du Mali, d’abord après la prise de pouvoir de 2020, puis après le second coup d’État de mai 2021 qui a porté Assimi Goïta à la tête du pays.

    Sa disparition survient à un moment où la junte fait face à des pressions multiples : détérioration de la sécurité, cohésion interne du commandement, territoires du nord contestés comme l’Azawad et Kidal, et examen minutieux de l’efficacité de la dépendance envers la Russie pour garantir la stabilité promise.

    Bien que des cérémonies comme un défilé militaire puissent projeter une image de continuité, la réalité sous-jacente est plus complexe. En matière de gouvernance, le symbolisme est important, mais les résultats le sont davantage. La perte de Sadio Camara pourrait donc devenir un moment charnière pour le Mali, pour la doctrine sécuritaire de Bamako, et pour l’équilibre futur entre la Russie, la France, les acteurs régionaux et les groupes armés s’étendant de Gao à Mopti et Sévaré. L’enjeu actuel au Mali concerne la légitimité, la souveraineté et la survie.

  • L’Algérie face à la déroute malienne : un péril sécuritaire grandissant au Sahel

    L’Algérie face à la déroute malienne : un péril sécuritaire grandissant au Sahel

    L’offensive coordonnée lancée à travers le Mali le 25 avril ne fut pas un simple épisode de la spirale de déstabilisation que connaît le pays depuis une décennie. Elle représente un véritable tournant stratégique. Des groupes islamistes et des séparatistes touaregs ont frappé simultanément des installations militaires et des centres de population clés, repoussant les forces gouvernementales soutenues par la Russie hors de la ville stratégique de Kidal, au nord, et démontrant une portée opérationnelle qui menace désormais Bamako elle-même. Pour l’ensemble du Sahel, et pour l’Algérie en particulier, la question n’est plus de savoir si la région se déstabilise, mais plutôt si quelqu’un est en mesure d’arrêter ce processus.

    Le pari de la junte échoue

    Pour comprendre comment le Mali en est arrivé à ce point, il est essentiel de revenir sur les choix politiques effectués après le coup d’État de 2021. La junte militaire, dirigée par le Colonel Assimi Goita, a expulsé les forces françaises, mis fin à la mission de maintien de la paix de la MINUSMA et fait appel au groupe Wagner (désormais réorganisé sous le contrôle de l’État russe) comme principal garant de sa sécurité. Les critiques occidentales avaient averti qu’un tel réalignement créerait un vide sécuritaire. L’offensive d’avril a malheureusement validé chacun de ces avertissements.

    Les successeurs russes de Wagner, loin d’être la force de contre-insurrection décisive annoncée, ont été chassés de Kidal, une ville à la signification symbolique et stratégique immense, cœur historique de la résistance touarègue. Les insurgés n’ont pas seulement survécu à la puissance de feu russe ; ils se sont adaptés, coordonnés et ont progressé. Ce que la junte a échangé contre la logistique française et le savoir-faire institutionnel sahélien s’avère insuffisant face à une menace qui n’a fait que se sophistiquer.

    La coalition islamo-touarègue à l’origine de cette offensive est elle-même un développement révélateur. Ces deux forces opéraient historiquement en tension, se disputant les mêmes espaces non gouvernés dans le nord du Mali. Leur alignement tactique suggère une conviction partagée que la junte est suffisamment affaiblie pour être pressée simultanément. Ils ont probablement raison.

    L’Algérie face à une réalité inconfortable

    Aucun acteur extérieur n’observe la détérioration du Mali avec plus d’inquiétude que l’Algérie. Alger partage une longue frontière sud poreuse avec le Mali, une ligne qui a servi pendant des décennies de corridor de transit pour les armes, les stupéfiants, les migrants et les filières de recrutement militant. Les responsables algériens savent par une amère expérience que les crises sécuritaires non traitées ne restent pas contenues. Elles franchissent les frontières et métastasent.

    L’ironie de la position actuelle de l’Algérie est considérable. Alger a passé des années à se positionner comme le médiateur régional indispensable, négociant l’Accord de paix d’Alger de 2015 entre Bamako et les factions touarègues. Cet accord s’est effondré lorsque Goita s’en est formellement retiré début 2024, un geste qu’Alger a interprété comme un affront délibéré. Les relations se sont encore dégradées en mars 2025 lorsqu’une force algérienne a abattu un drone malien opérant près de la frontière partagée, déclenchant une rupture diplomatique avec Bamako et ses alliés du Burkina Faso et du Niger, tous trois membres de l’Alliance des États du Sahel alignée sur la Russie.

    L’Algérie se retrouve désormais isolée diplomatiquement de la crise même à laquelle elle est la plus exposée. Elle ne peut imposer de solution au Mali. Elle ne peut coordonner de manière fiable avec une junte qui la considère avec hostilité. Et elle ne peut ignorer ce qui va suivre, car les alternatives, y compris l’établissement de sanctuaires permanents pour les groupes armés le long de son flanc sud, représentent des menaces existentielles pour la sécurité intérieure algérienne.

    Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a adopté un ton public ferme cette semaine, promettant son soutien à l’intégrité territoriale du Mali et condamnant le terrorisme en termes catégoriques. Mais les déclarations de principe ne remplacent pas un canal diplomatique qui n’existe plus.

    L’absence de Washington

    L’effondrement du Sahel est aussi le récit de l’absence américaine. Les États-Unis ont réduit leur empreinte antiterroriste en Afrique de l’Ouest sous la pression des gouvernements régionaux alignés sur Moscou, sans la remplacer par une présence cohérente. Il en résulte un vide de pouvoir que la Russie comble partiellement via des contractants militaires, et que les réseaux islamistes occupent plus complètement en fournissant des services de gouvernance, en prélevant des impôts et en recrutant dans les territoires abandonnés par l’État.

    La leçon qui se dessine au Mali en temps réel devrait être lue attentivement par Washington. Les partenariats militaires, le partage de renseignements et une pression antiterroriste soutenue ne sont pas des accessoires facultatifs à la stabilité régionale. Ils en sont les prérequis. Quand ils disparaissent, le vide ne reste pas neutre. Il est occupé.

    Quelles perspectives pour l’avenir ?

    Trois trajectoires sont désormais envisageables. La junte malienne pourrait négocier un arrangement politique avec les factions touarègues, stoppant l’escalade militaire au prix de concessions territoriales importantes. Elle pourrait s’engager militairement, en s’appuyant sur le soutien aérien et terrestre russe pour contester le nord, avec des perspectives incertaines. Ou elle pourrait poursuivre son schéma actuel de retraite tactique tout en insistant publiquement sur sa légitimité, jusqu’à ce que Bamako elle-même devienne un terrain contesté.

    L’Algérie observe ces trois scénarios avec une appréhension grandissante. L’implosion du Sahel n’est plus une préoccupation humanitaire lointaine. Elle arrive à sa frontière.

  • Crise au Sahel : quels risques pour l’europe ?

    Crise au Sahel : quels risques pour l’europe ?

    une région sous tension : Mali en première ligne

    Le gouvernement militaire malien, soutenu par Moscou, fait face à une crise majeure après des attaques synchronisées menées par des groupes jihadistes et des rebelles touaregs. Ces assauts ont coûté la vie au ministre de la Défense et contraint les mercenaires russes à battre en retraite dans le nord du pays. Une situation qui alimente les craintes d’une instabilité durable, susceptible de déclencher une nouvelle vague de migrations vers l’Europe et d’aggraver la crise sécuritaire dans toute la bande sahélienne.

    une menace qui dépasse les frontières maliennes

    Les attaques de ce week-end ont révélé la vulnérabilité extrême du régime en place, dont la survie politique est désormais menacée. Pourtant, les répercussions d’un Mali fragilisé ne se limiteront pas à ses frontières. Avec la guerre en Iran qui perturbe les approvisionnements énergétiques, la situation économique du pays, déjà précaire, risque de s’aggraver. Les prix du carburant flambent, rendant les importations inaccessibles pour un État enclavé comme le Mali. La population, acculée, pourrait être contrainte à l’exil en masse.

    L’Europe, déjà fragilisée par un contexte économique tendu (mélange de faible croissance et d’inflation élevée), doit anticiper une hausse des flux migratoires en provenance du Sahel. Les pays stables d’Afrique de l’Ouest, comme le Sénégal ou le Ghana, ne sont pas épargnés : la porosité des frontières expose l’ensemble de la région à une insécurité grandissante.

    des conséquences économiques et humanitaires lourdes

    Plus de dix ans de crise ont épuisé le Mali : insurrection jihadiste, désertification des terres agricoles et effondrement des institutions après les coups d’État de 2020 et 2021 ont plongé le pays dans le chaos. L’échec des forces russes, déployées en remplacement des troupes françaises et européennes, ne fait qu’aggraver le tableau. Le départ des mercenaires de Wagner ouvre la voie à l’implantation de camps d’entraînement jihadistes dans le nord, une perspective particulièrement redoutée par l’Algérie.

    L’absence de contrôle gouvernemental dans ces zones favorise aussi le développement de réseaux criminels : trafics d’armes, de drogue et d’êtres humains prospèrent le long des routes migratoires qui relient le Sahel à la Libye et à la Mauritanie, avant de rejoindre l’Europe. Les groupes armés, désormais maîtres de vastes étendues rurales au Mali et au Burkina Faso, étendent leur influence vers les pays côtiers du golfe de Guinée, comme le Bénin et le Togo, bien plus intégrés aux échanges mondiaux.

    migrations et compétitions régionales : un cercle vicieux

    Des millions de Maliens et de Burkinabè travaillent déjà dans des pays voisins comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal. Avec la détérioration de la situation, ces flux devraient s’intensifier, créant des tensions sur le marché du travail et alimentant les départs vers l’Europe. Selon Frontex, les Maliens figurent parmi les trois nationalités les plus représentées parmi les migrants arrivant sur les îles Canaries, une porte d’entrée vers l’Europe.

    que réserve l’avenir ?

    Bien que les jihadistes peinent pour l’instant à s’emparer de Bamako, leur capacité à opérer librement à travers les frontières et à contrôler des pans entiers de territoire inquiète. La survie du gouvernement malien est incertaine, et son autorité se limite désormais à la capitale. Cette instabilité régionale exige une vigilance accrue de la part des pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Europe, dont les intérêts sont directement menacés.

  • Crise au Mali : les faiblesses de la junte face aux offensives jihadistes et touarègues

    Crise au Mali : les faiblesses de la junte face aux offensives jihadistes et touarègues

    crise au Mali : les faiblesses de la junte face aux offensives jihadistes et touarègues

    Une colonne de fumée noire s'élève au-dessus de bâtiments tandis que des motos circulent en premier plan.

    Dans la nuit du 25 avril, des détonations et des échanges de tirs soutenus ont retenti aux abords de Kati, ville-garnison située à seulement 15 km au nord-ouest de Bamako, capitale du Mali. En quelques heures, des attaques simultanées coordonnées par le groupe jihadiste JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin) et le mouvement séparatiste touareg FLA (Front de Libération de l’Azawad) ont éclaté à travers tout le pays. Dès le lendemain, la junte militaire au pouvoir annonçait le décès du ministre de la Défense, Sadio Camara, des suites de ses blessures lors d’un assaut contre sa résidence. Des rumeurs persistantes évoquent également la mort possible du chef des services de renseignement, Modibo Koné, ou, à tout le moins, de graves blessures.

    Pourtant, la junte avait publié un communiqué affirmant que la situation était sous contrôle, alors même que les combats se poursuivaient sur l’ensemble du territoire. Cet écart flagrant entre les déclarations officielles et la réalité opérationnelle illustre les failles profondes de la stratégie sécuritaire malienne actuelle.

    Ces attaques représentent le défi le plus direct lancé au pouvoir du chef de la junte, Assimi Goïta, depuis son coup d’État de 2020. Elles interviennent alors que la position du régime militaire est déjà fortement affaiblie. Le blocus imposé par le JNIM depuis septembre 2025, qui vise à asphyxier le Mali en coupant ses importations de denrées et de carburant en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, a déjà provoqué des fermetures d’écoles et une paralysie économique. Malgré des négociations ayant conduit à la libération temporaire de plus de 100 jihadistes en mars 2026, la junte peine à rétablir une stabilité durable.

    une alliance historique entre jihadistes et séparatistes

    En 2012, une coalition similaire entre groupes jihadistes et séparatistes touaregs avait infligé de lourdes défaites aux forces maliennes, s’emparant de vastes territoires dans le nord du pays. Cette alliance, formée notamment par d’anciens combattants touaregs revenus de Libye après la chute de Kadhafi, avait rapidement volé en éclats, les factions jihadistes se retournant contre leurs alliés touaregs après l’expulsion de l’armée malienne.

    Les attaques récentes marquent la première grande offensive coordonnée entre ces deux groupes depuis plus de dix ans. Bien que le JNIM et le FLA partagent des objectifs communs avec leurs prédécesseurs, leur alliance actuelle reste tactique et non stratégique. Leurs divergences à long terme rendent une fusion permanente improbable. Pour l’instant, les deux groupes cherchent à démontrer l’incapacité de l’État malien à protéger ses institutions, tandis que le JNIM mise sur une stratégie d’usure pour saper le régime de l’intérieur.

    Sadio Camara, décédé lors de ces attaques, était le principal artisan de la relation entre le Mali et la Russie, supervisant notamment le déploiement du groupe Wagner à la fin de 2021. Cette alliance a conduit à l’expulsion des forces françaises en 2022 et au retrait de la mission de l’ONU en 2023. Cependant, depuis le rebranding de Wagner en Africa Corps en 2023, l’efficacité des forces russes a considérablement diminué. Leur nouveau mandat, recentré sur la formation et le conseil plutôt que sur les opérations de combat, a réduit leur présence active sur le terrain.

    le fiasco de Kidal : un symbole des limites du modèle russe

    La prise de Kidal en novembre 2023 par les forces maliennes et le groupe Wagner avait été présentée comme une victoire majeure pour la junte. Pourtant, lors des attaques du 25 avril, l’Africa Corps a été contraint d’évacuer la ville sans combattre, abandonnant ainsi un gain stratégique sans résistance. Cet épisode illustre les limites du modèle de sécurité prôné par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces pays ont rompu avec les partenaires occidentaux, expulsé les forces françaises et onusiennes, et se sont retirés de la CEDEAO pour former leur propre alliance défensive. Pourtant, le bilan sécuritaire de cette approche s’est détérioré, au point de devenir pire que la situation initiale.

    Depuis 2012, les militaires du Sahel ont utilisé l’insécurité comme prétexte à au moins cinq prises de pouvoir non constitutionnelles. Trois de ces coups ont renversé des présidents démocratiquement élus : Amadou Toumani Touré au Mali en 2012, Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, et Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso en 2022. Le cinquième coup, le plus révélateur, a destitué en octobre 2022 le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même auteur d’un putsch neuf mois plus tôt, pour son incapacité à améliorer la sécurité du pays.

    Assimi Goïta se retrouve aujourd’hui dans une position similaire à celle de Damiba, avec une légitimité politique en déclin et une unité au sein de la junte de plus en plus fragile. En mai 2025, la junte a dissous tous les partis politiques et accordé à Goïta un mandat présidentiel renouvelable jusqu’en 2030. Un tentative de coup d’État avortée en août 2025 a révélé des tensions internes au sein de l’armée, avec l’arrestation de plusieurs officiers, dont deux généraux. Les récents événements pourraient exacerber ces divisions, risquant de déclencher une révolte au sein de l’armée ou une prise de pouvoir par un groupe dissident.

    le Mali, un pivot de la lutte antiterroriste au Sahel

    Pendant près d’une décennie, le Mali a été le centre névralgique des efforts américains de lutte contre le terrorisme au Sahel. Les coups d’État de 2012 et 2020 avaient entraîné la suspension de la plupart de l’aide étrangère en vertu de l’amendement Section 7008. Cependant, depuis quelques mois, des signaux indiquent que l’administration américaine envisage de revoir cette position. En février 2026, le département du Trésor américain a levé les sanctions contre trois responsables maliens, dont le défunt ministre de la Défense, initialement imposées en 2023 pour leur collaboration avec le groupe Wagner.

    Ces gestes s’inscrivent dans le cadre de discussions exploratoires pour réétablir un partenariat bilatéral entre les États-Unis et le Mali, incluant le partage de renseignements, l’autorisation de survols par des drones de surveillance et l’accès à des ressources minières stratégiques comme le lithium et l’or. Les récents événements au Mali offrent paradoxalement une opportunité accrue pour Washington d’influencer la junte, alors que son partenaire russe a subi un revers stratégique majeur.

    L’offensive jihadiste du 25 avril confirme que la stratégie de la junte est en échec. Le JNIM, avec ses capacités accrues en drones, ses attaques contre les chaînes d’approvisionnement et son réseau multinational, représente une menace bien plus complexe que lors de la crise de 2012. Le Mali, déjà affaibli économiquement et politiquement, dispose de peu de ressources pour faire face à cette situation, d’autant que l’architecture sécuritaire régionale peine à se structurer depuis le retrait des États de l’Alliance des États du Sahel de la CEDEAO.

    un modèle régional en question

    Le Mali servait de tête de pont à la Russie dans le Sahel, mais l’échec stratégique d’avril 2026 envoie un signal fort aux autres pays africains qui envisagent de se tourner vers Moscou pour des garanties sécuritaires. L’Alliance des États du Sahel avait présenté son modèle comme une alternative plus efficace aux partenariats occidentaux. Pourtant, les événements récents remettent sérieusement en cause cette prétention.

    Le groupe Africa Corps, successeur de Wagner, tente de s’implanter en République centrafricaine et à Madagascar, où des régimes cherchent à sécuriser leur pouvoir par des alliances avec la Russie. Cependant, le fiasco à Kidal pourrait inciter d’autres gouvernements à reconsidérer leur choix. La crédibilité de Moscou en tant que partenaire sécuritaire est également mise à mal par ses échecs en Syrie et au Venezuela, où son influence n’a pas suffi à protéger ses alliés.

    Les récents événements au Mali marquent un tournant potentiel dans la région. Alors que les juntes du Sahel parient sur un rapprochement avec la Russie pour assurer leur stabilité, l’incapacité de l’Africa Corps à endiguer la menace jihadiste pourrait accélérer une réévaluation stratégique de ces alliances, ouvrant la voie à un possible retour des partenaires occidentaux.

  • Ligue des champions : l’atletico madrid et arsenal s’affrontent dans un match nul serré

    Ligue des champions : l’atletico madrid et arsenal s’affrontent dans un match nul serré

    La confrontation entre l’Atlético Madrid et Arsenal lors de la deuxième manche des demi-finales aller de la Ligue des Champions a abouti à un résultat nul (1-1) au stade Metropolitano, laissant planer un suspense intact avant le retour à Londres. Dans un duel marqué par une défense hermétique et une grande prudence des deux côtés, ce sont les décisions arbitrales qui ont façonné le destin du match.

    un match à l’image de sa réputation : défensif et intense

    Les observateurs s’attendaient à une bataille tactique, et le spectacle a tenu ses promesses. Les Colchoneros, fidèles à leur réputation de rigueur défensive, ont opposé une résistance acharnée aux Gunners, tout aussi disciplinés. Résultat : un match où l’ampleur des occasions est restée limitée, et où les moments décisifs sont venus des coups de pied arrêtés.

    gyökeres brise la glace avant la mi-temps

    Le verrou madrilène a cédé à la 44e minute, lorsque Viktor Gyökeres a été violemment stoppé dans la surface par un défenseur de l’Atlético Madrid. L’arbitre a sifflé le penalty sans hésiter, et l’attaquant suédois a profité de l’opportunité pour tromper Jan Oblak d’une frappe puissante et précise (0-1). Ce but a envoyé un frisson dans les travées du Metropolitano, avant que les deux équipes ne regagnent les vestiaires.

    ben white offre un penalty controversé à l’Atlético

    La dynamique a basculé en seconde période, lorsque l’Atlético Madrid a intensifié sa pression. Une action anodine a pourtant changé la donne : sur un centre en retrait, le ballon a frôlé la jambe de Ben White avant de toucher son bras. L’arbitre a immédiatement sifflé le penalty, malgré les protestations véhémentes des joueurs d’Arsenal. Julián Álvarez, froid comme un marbre, a égalisé d’une panenka magistrale, envoyant David Raya dans la mauvaise direction (1-1).

    la var sauve l’Atlético d’un scénario catastrophe

    Le sort semblait s’acharner sur l’Atlético Madrid en fin de match, lorsqu’un second penalty a été accordé contre eux. Le soulagement a été immense lorsque la VAR a finalement annulé la décision, préservant le score nul et laissant les deux équipes dos à dos.

    le suspense reste entier avant le retour à l’emirates stadium

    Avec ce résultat d’égalité, aucun des deux clubs n’a pris une avance significative. La confrontation retour, prévue la semaine suivante à l’Emirates Stadium, s’annonce comme un nouveau chapitre palpitant. Bien qu’Arsenal bénéficie de l’avantage du terrain, l’expérience de l’Atlético Madrid en déplacement rend toute prédiction hasardeuse. La place en finale de la Ligue des Champions reste donc totalement ouverte, et les supporters n’ont plus qu’à patienter avant de vivre un nouveau duel à couper le souffle.

  • La relation entre l’Algérie et l’imam mahmoud dicko, un danger pour le Sahel

    La relation entre l’Algérie et l’imam mahmoud dicko, un danger pour le Sahel

    Mali : l’alliance entre l’Algérie et l’Imam Mahmoud Dicko menace-t-elle la stabilité du Sahel ?

    Le Mali traverse une période critique sur le plan sécuritaire, marquée par des attaques ayant causé la mort d’au moins plusieurs centaines de civils et de militaires, selon des sources fiables.

    Dans la région du Sahel, les experts occidentaux s’accordent à dire que le Nord du Mali représente un levier stratégique pour influencer les régimes politiques au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Tchad et en Mauritanie.

    Depuis sa résidence en Algérie, cœur des réseaux d’influence sahéliens, l’Imam Mahmoud Dicko dépasse désormais le simple rôle de guide spirituel.

    Ses partisans le décrivent comme une figure “quasi-califale”, cumulant une autorité morale et religieuse bien au-delà du cadre spirituel classique. Certains analystes n’hésitent pas à comparer son leadership à un modèle centralisé, similaire à celui observé en Iran.

    Les villes de Kidal, de Gao et de Timbuktu — trois symboles forts des territoires malien — deviennent désormais des zones de concentration de ses efforts, sous directives des services de renseignement algérien.

    Qui détient ces territoires détient bien plus que des villes : il contrôle des axes routiers stratégiques, des alliances politiques locales et des équilibres régionaux complexes.

    Selon des sources locales à Tamanrasset, la situation terre-mer évolue de manière inquiétante. Un bataillon de l’armée algérienne, dépendant de la 4ème Région militaire, aurait rejoint la 6ème Région militaire, elle-même scindée en cinq unités afin de limiter les risques de détection par surveillance satellite.

    Les autorités algériennes, dirigées par le Général Saïd Chengriha et le Président Abdelmadjid Tebboune, seraient engagées dans un soutien actif aux milices de l’Imam Mahmoud Dicko ainsi qu’à certains groupes armés jihadistes. L’objectif ? Occuper le Nord du Mali avant de cibler les chefs d’État des pays du Sahel, profitant de l’affaiblissement géopolitique induit par les opérations menées par l’administration américaine de l’ancien Président Donald Trump contre l’Iran et par l’État d’Israël contre les proxys iraniens.

    Officiellement, Mahmoud Dicko est présenté comme un exilé en Algérie, à l’image de l’ancien guide spirituel iranien Khomeini en France.

    En réalité, il émerge comme un pivot décisionnel, étendant son influence là où l’État algérien, dirigé par le Président Abdelmadjid Tebboune et le Général Saïd Chengriha, ne parvient plus à s’imposer, pour des raisons existentielles.

    Les autorités françaises ont souligné, après les attaques du samedi 25 avril dans plusieurs localisations du pays dont Bamako, que la situation sécuritaire reste extrêmement volatile.

    Paris conseille désormais à ses ressortissants présents au Mali de planifier un départ temporaire « dès que possible » via les vols commerciaux encore disponibles, selon des consignes actualisées publiées le mercredi par le Ministère des Affaires étrangères.

    Parallèlement, le dirigeant malien, le Général Assimi Goïta, a déclaré mardi que la situation sécuritaire du pays était « sous contrôle », trois jours après des attaques sans précédent menées par des groupes armés.

    Le Général Assimi Goïta s’exprimait pour la première fois depuis les attaques meurtrières attribuées au JNIM (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), allié aux séparatistes touareg du Front de Libération de l’Azawad (FLA), lors d’un discours national diffusé mardi soir sur l’ORTM, la chaîne de télévision publique.

    Les trois régions clés du SahelKidal, Gao et TimbuktuAlgérie et de l’Imam Mahmoud Dicko.

  • Mali : le groupe jihadiste JNIM appelle à l’union sacrée contre le pouvoir militaire

    Mali : le groupe jihadiste JNIM appelle à l’union sacrée contre le pouvoir militaire

    Le groupe terroriste JNIM, affilié à Al-Qaïda, a franchi une nouvelle étape dans sa confrontation avec le pouvoir de Bamako. À travers un communiqué diffusé ce jeudi 30 avril, les insurgés exhortent à la création d’un vaste « front commun » pour renverser la junte militaire installée depuis 2020. Cette déclaration intervient dans un climat de tension extrême, alors que le pays subit des assauts répétés sur plusieurs fronts.

    L’invitation s’adresse à toutes les composantes de la nation malienne. Le groupe cite explicitement les formations politiques, les forces armées nationales, les autorités religieuses ainsi que les chefs traditionnels. L’objectif affiché par l’organisation est de mettre fin au régime actuel pour instaurer une transition qu’ils présentent comme inclusive, tout en imposant l’établissement de la charia comme priorité absolue du futur État.

    Une escalade de la violence sur le terrain

    Cette prise de parole survient seulement cinq jours après une série d’offensives coordonnées menées à travers le territoire. Le JNIM a agi de concert avec les rebelles du FLA (Front de libération de l’Azawad) pour frapper des positions stratégiques. Des localités majeures telles que Gao, Sévaré, Kidal et Kati — véritable bastion du pouvoir — ont été prises pour cibles.

    Le groupe revendique notamment la paternité exclusive des attaques dévastatrices perpétrées aux abords de l’aéroport de Bamako et contre d’autres infrastructures névralgiques du sud du pays. En outre, les jihadistes ont manifesté leur intention d’imposer un blocus total à la capitale, accentuant la pression sur les autorités. À l’instar de ce que l’on observe dans l’actu Niger ou la politique nigérienne, la volatilité régionale complique davantage la sécurisation des frontières.

    Le Mali face à une instabilité persistante

    La situation sécuritaire actuelle est jugée préoccupante par de nombreux observateurs. Les récentes vagues d’attaques simultanées ont entraîné la mort d’au moins 23 personnes, incluant des civils et des militaires, selon des rapports hospitaliers. Si le chef de la junte, Assimi Goïta, a tenté de rassurer en affirmant que les forces loyalistes maîtrisaient désormais la situation, il a néanmoins reconnu la « gravité extrême » des événements récents.

    Pendant que le pays s’enfonce dans l’incertitude, le soutien international reste un enjeu clé. Le Kremlin a officiellement fait savoir que la Russie maintiendrait son assistance au gouvernement en place. Cette persistance des conflits armés au Mali fait écho aux défis de la zone Sahel, où chaque Niamey actualité ou Niger nouvelles rappelle la fragilité des équilibres politiques face à la menace terroriste grandissante.