Le Burkina Faso fait face à de graves accusations concernant le traitement de la communauté peule. Des experts onusiens indépendants ont récemment mis en lumière des violations flagrantes des droits humains, incluant des exécutions sommaires, des actes de torture et des disparitions forcées. Ces exactions se dérouleraient principalement dans le cadre de la lutte contre l’insurrection djihadiste qui frappe le Sahel.
Accusations de profilage ethnique et de répression
Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a exprimé sa vive inquiétude. Selon leurs observations, les forces de défense nationales, les services de sécurité intérieure et leurs supplétifs, tels que les Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), seraient impliqués dans ces abus. Le rapport mentionne également des agissements de la « Brigade Laabal » (Brigade civique pour l’ordre et la discipline).
Les experts soulignent une tendance inquiétante au profilage ethnique. Les Peuls seraient systématiquement ciblés en raison d’une présumée proximité avec les groupes terroristes. Cette situation alimente un climat de tension qui impacte l’ensemble de la région, y compris ce que l’on suit souvent dans l’actu Niger ou la politique nigérienne voisine, en raison de la porosité des frontières et des défis sécuritaires communs.
Haine en ligne et appels à la violence
Au-delà des opérations de terrain, l’ONU s’alarme de la montée des discours de haine sur les réseaux sociaux. Des messages incitant au meurtre et à la violence raciale contre les Peuls circulent, exacerbant les risques d’attaques ciblées. Face à cette urgence, le Comité exhorte les autorités de Ouagadougou à lancer des enquêtes neutres et rigoureuses pour traduire les coupables en justice.
Pour prévenir de futurs dérapages, l’organisation internationale préconise l’adoption de lois interdisant formellement le profilage racial. Elle recommande également la mise en place de directives strictes pour encadrer les interventions des forces de l’ordre lors des contrôles d’identité et des missions militaires.
La réponse officielle des autorités burkinabè
De son côté, le gouvernement du Burkina Faso rejette fermement ces conclusions. Par la voix de Sabine Bakyono Kanzie, représentante permanente à Genève, le pays affirme que la lutte antiterroriste ne vise aucune ethnie spécifique. Selon elle, les opérations militaires sont menées dans le respect des conventions internationales et du droit interne.
Les autorités mettent en avant l’existence de structures de recours et de formations aux droits de l’homme pour les soldats. Elles rappellent enfin que la diversité ethnique du pays, incluant les Peuls, est représentée à tous les échelons de l’appareil d’État et de l’armée, démentant ainsi toute politique de discrimination systématique.
Finale controversée de la CAN : les supporters sénégalais toujours derrière les barreaux à Rabat
Quatre mois après la finale tumultueuse de la Coupe d’Afrique des nations, la situation des supporters sénégalais emprisonnés au Maroc n’a toujours pas évolué. Bien que trois d’entre eux aient recouvré la liberté, les principaux protagonistes du débordement, ayant envahi la pelouse pour s’en prendre aux agents de sécurité puis aux forces de l’ordre, encourent toujours de lourdes peines de prison. Leur libération, si elle est espérée, tarde à se concrétiser.
Lors d’une allocution télévisée, le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé son soutien inconditionnel aux supporters des Lions de la Teranga, condamnés à des peines allant de six mois à un an d’emprisonnement. « Il serait incorrect de croire que nous n’avons pas tout mis en œuvre pour défendre nos compatriotes détenus au Maroc. Ils ont notre entière solidarité », a-t-il déclaré, comme rapporté par la presse sportive.
Un appel à la clémence adressé au souverain marocain
Les autorités du Sénégal ont multiplié les démarches pour obtenir la libération des supporters arrêtés lors de l’affrontement du 18 janvier à Rabat. « Il est essentiel de respecter la souveraineté judiciaire du Maroc. Cependant, la sévérité des peines prononcées est disproportionnée et injuste. Généralement, ce type de cas se solde par des amendes… Ici, les circonstances dépassent largement le cadre sportif », a souligné Bassirou Diomaye Faye.
Pour apaiser les tensions entre les deux pays, le gouvernement sénégalais a tenté d’établir un dialogue avec l’Empire chérifien, malgré la fermeté affichée par ce dernier après les images de violence exceptionnelles pour une compétition de football d’envergure. Le Sénégal a choisi de ne pas contester les verdicts rendus par la justice marocaine. « J’ai sollicité une grâce royale auprès du roi du Maroc afin de libérer nos supporters. Une médiation impliquant toutes les parties concernées a été engagée… Nous avons même sollicité l’intervention du volet religieux », a expliqué le chef d’État, qui a envoyé une lettre à Mohamed VI. Malgré ces efforts, la situation reste dans l’impasse.
crise au Mali : les enseignements sécuritaires que le Ghana doit absolument retenir
Les attaques coordonnées au Mali révèlent des failles critiques dans les stratégies de sécurité régionales. Une analyse des leçons à tirer pour le Ghana et l’Afrique de l’Ouest.
Une offensive jihadiste sans précédent au Mali
Les assauts coordonnés qui ont frappé le Mali le 25 avril 2026 constituent un tournant majeur bien au-delà des frontières maliennes. Cette escalade violente dans le Sahel met en lumière des vulnérabilités critiques dans l’architecture sécuritaire de Bamako et soulève des questions urgentes pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, notamment pour le Ghana.
Les événements du 25 avril ne se limitent pas à une simple infiltration sécuritaire. Ils révèlent une offensive synchronisée contre plusieurs sites stratégiques de l’État membre de l’AES. La coordination et l’ampleur de ces attaques illustrent une mutation inquiétante des capacités des groupes insurgés, tout en exposant des lacunes majeures en matière de renseignement, de préparation et de réaction au sein des forces armées maliennes et de leurs alliés extérieurs.
Un bilan dévastateur et des pertes symboliques
Les groupes armés liés au JNIM et au Front de libération de l’Azawad (FLA) ont simultanément frappé Bamako, Kati, Gao, Kidal, Mopti, Bourem et Sévaré. Un hélicoptère russe Mi-8 a été neutralisé près de Wabaria. Des postes de contrôle au nord de la capitale ont été pris. Des véhicules blindés ont été détruits. Le ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, a été tué lors de ces affrontements, tandis que d’autres hauts gradés, dont le chef du renseignement militaire, ont été blessés.
La précision et l’ampleur de cette offensive révèlent un effondrement du renseignement tant au sein de l’armée malienne qu’auprès de ses partenaires russes, notamment les forces de l’Africa Corps. Au cœur de cette crise se trouve la chute de Kidal, présentée comme un symbole de reconquête de souveraineté par Bamako et Moscou. Son abandon rapide, après un retrait des forces liées à la Russie, laisse présager des conséquences opérationnelles et politiques lourdes.
La stratégie russe : entre propagande et déni
La réponse de Moscou a suivi un schéma bien rodé. L’Africa Corps a revendiqué la neutralisation de 1 000 à 1 200 insurgés et la destruction de 100 véhicules ennemis. Le ministère russe de la Défense a transformé cet échec militaire en une rhétorique de victoire, qualifiant l’assaut de tentative de coup d’État. Aucune déclaration officielle n’a été émise par l’ambassade de Russie au Mali ou le ministère des Affaires étrangères à Moscou.
En attribuant cette offensive à un complot externe impliquant la France, l’Ukraine ou l’Occident, la Russie a détourné l’attention de ses propres défaillances. Cette tactique, déjà observée en Syrie et en Ukraine, révèle une stratégie de communication visant à masquer des revers militaires inavouables.
Un responsable malien de haut rang a révélé à RFI que les forces russes avaient été prévenues trois jours avant l’attaque, sans qu’aucune mesure préventive ne soit prise. La capacité des insurgés à abattre un hélicoptère de l’Africa Corps suggère une préparation méthodique, incluant une contre-surveillance avancée que ni Bamako ni Moscou n’avaient anticipée. Ces échecs ne relèvent pas de pertes opérationnelles ordinaires, mais bien d’un système sous tension extrême.
Pourquoi le Ghana doit tirer les leçons de cette crise
Interpréter ces événements comme lointains serait une erreur stratégique majeure. Les groupes jihadistes actifs au Mali ont déjà prouvé leur capacité à étendre leur emprise territoriale, progressant du nord vers le centre du pays, puis vers le Burkina Faso. Le nord du Ghana se situe sur cette trajectoire d’expansion. Les risques ne sont pas hypothétiques : des frontières poreuses facilitent l’infiltration de cellules mobiles, tandis que les conflits dans le Sahel alimentent la prolifération d’armes illicites et de réseaux criminels transnationaux.
L’expérience malienne démontre également les dangers d’une dépendance excessive envers un partenaire extérieur axé uniquement sur les solutions militaires. L’engagement russe a fourni des armes, des mercenaires et une gestion narrative, mais n’a pas investi dans des infrastructures énergétiques, la modernisation agricole ou des conditions économiques réduisant le recrutement dans les réseaux extrémistes. Une stratégie qui contient la violence sans en traiter les causes profondes ne fait que déplacer l’insécurité, sans la résoudre.
Un partenaire déjà surétiré par sa guerre en Ukraine ne peut indéfiniment maintenir ses engagements en Afrique. La dépendance sécuritaire envers une puissance extérieure, aussi puissante soit-elle, comporte des limites structurelles.
La coopération régionale, une nécessité immédiate
Malgré les tensions politiques actuelles, la CEDEAO reste la plateforme incontournable pour une coordination régionale. L’Alliance des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, s’est révélée incapable de mobiliser une réponse collective efficace à cette crise. Pour l’instant, cette alliance relève davantage de déclarations que de réalités opérationnelles.
Le Ghana et ses partenaires de la CEDEAO ne peuvent se permettre de laisser les dissensions politiques affaiblir davantage l’architecture sécuritaire régionale. La création de cellules conjointes de renseignement, associant militaires, forces de police et agences frontalières, est désormais une priorité absolue, notamment le long des corridors à haut risque entre le Ghana et le Burkina Faso. Des partenaires comme l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni ou même la Chine apportent des expertises techniques en surveillance et analyse du renseignement. Ces collaborations doivent s’appuyer sur la transparence, la fiabilité et un engagement à long terme, et non sur des solutions de court terme.
Le principal enseignement de la crise malienne est limpide : la sécurité ne peut être externalisée. Un soutien extérieur peut compléter les efforts nationaux, mais il ne peut s’y substituer. Un modèle militaire qui conquiert des territoires sans construire de gouvernance, de résilience économique ou de confiance communautaire produit inévitablement les conditions de son propre échec. La sécurité du Ghana ne commence pas à ses frontières, mais dans les décisions prises aujourd’hui à Bamako, Ouagadougou et Niamey.
Le Sahel n’est pas une zone tampon, mais un couloir. Ce qui circule à travers lui ne s’arrête pas aux frontières de l’Afrique de l’Ouest côtière. Le défi pour le Ghana et la région consiste à anticiper les menaces, s’adapter rapidement et agir de manière concertée.
Un nul qui fait du bien pour les Amazones du Bénin
Ce samedi, les Amazones du Bénin ont fait parler d’elles en Côte d’Ivoire. Leur match contre les Éléphantes de Côte d’Ivoire s’est terminé sur un score de parité (1-1), un résultat qui leur ouvre les portes de la suite des éliminatoires. Pas de victoire, mais une performance solide qui compte double à l’extérieur.
Un duel sous haute intensité
Dès le coup d’envoi, les joueuses ivoiriennes ont tenté de prendre les commandes du match, portées par l’énergie de leur public. Mais les Béninoises, bien organisées et disciplinées, ont tenu bon. Malgré l’ouverture du score des locales, les Amazones U20 ont montré qu’elles ne lâcheraient rien.
Un retour de force qui redonne espoir
Les jeunes Béninoises n’ont pas mis longtemps à réagir. Leur détermination a payé : elles ont égalisé, prouvant qu’elles savent se battre même dans les moments difficiles. Et ce but à l’extérieur ? Une pépite ! Dans ce genre de compétition, marquer hors de chez soi, c’est souvent la moitié de la bataille.
Place au match retour au Bénin
Tout se jouera désormais au Stade de Cotonou. Avec ce 1-1, les Amazones ont l’avantage : un nul ou une victoire à domicile suffirait à les qualifier pour la suite. Un scénario qui donne des frissons à leurs supporters.
« Nos joueuses ont montré du caractère. Tenir tête à Abidjan et revenir au score, c’est énorme. Maintenant, il faut garder cette énergie pour le match retour ! » — un membre de l’encadrement technique béninois.
Les fans béninois sont déjà en effervescence : ils comptent bien remplir les tribunes pour encourager leurs guerrières vers la victoire finale. À vos maillots, prêts, partez !
Jean-Jacques Ndala nommé pour la finale aller de la Ligue des champions de la CAF
L’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, déjà en charge de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, se voit confier un nouveau défi de taille. La Confédération africaine de football (CAF) lui a attribué la direction du match aller de la finale de la Ligue des champions de la CAF entre Mamelodi Sundowns et AS FAR Rabat, prévu à Prétoria.
Cette nomination, officialisée après son passage remarqué lors de la CAN, suscite de vives réactions dans le milieu footballistique africain. Certains observateurs soulignent son absence dans la liste des arbitres africains sélectionnés pour la Coupe du Monde 2026, un choix qui interroge.
Un rendez-vous majeur au Lotus Versfeld Stadium
Le coup d’envoi de cette finale aller est fixé au 17 mai 2026 à 14h GMT, au mythique Lotus Versfeld Stadium. Ce match opposera l’équipe sud-africaine des Mamelodi Sundowns à l’équipe marocaine de l’AS FAR Rabat, dans une confrontation attendue par les amateurs de football sur le continent.
Cette désignation s’inscrit dans la continuité de sa carrière internationale, marquée par des performances saluées lors des compétitions majeures organisées en Afrique. Son expérience et son professionnalisme sont régulièrement mis en avant par la CAF, qui lui renouvelle sa confiance pour des rencontres d’envergure.
Réactions et polémiques autour de cette nomination
La désignation de Jean-Jacques Ndala pour cette finale ne laisse pas indifférent. Si certains y voient une reconnaissance de son travail, d’autres pointent du doigt l’absence de son nom parmi les arbitres africains retenus pour la prochaine Coupe du Monde. Une situation qui alimente les débats sur la sélection des officiels par la FIFA et la CAF.
Les supporters et les spécialistes du football africain attendent avec impatience ce match, où l’arbitrage de Jean-Jacques Ndala pourrait encore une fois faire parler de lui. Une occasion pour lui de confirmer son statut d’arbitre d’exception sur la scène continentale.
Ce qu’il faut retenir
Arbitre de la finale de la CAN 2025, Jean-Jacques Ndala est choisi pour diriger la finale aller de la Ligue des champions de la CAF.
Le match entre Mamelodi Sundowns et AS FAR Rabat aura lieu le 17 mai 2026 à Prétoria.
Cette nomination relance les discussions sur les critères de sélection des arbitres africains pour les compétitions internationales.
Une nouvelle opportunité pour Jean-Jacques Ndala de briller et d’ajouter une ligne à son palmarès déjà bien garni.
Patrice Talon : dix ans de transformations qui ont marqué le Bénin
Alors que le président Patrice Talon s’apprête à passer la main à Romuald Wadagni, son héritage s’affiche avec éclat : un pays profondément transformé par une décennie de réformes audacieuses. De la modernisation des infrastructures à la consolidation de la stabilité politique, ces dix années de gouvernance ont redonné au Bénin une place de choix sur la scène africaine.
Un hommage populaire sans précédent
Le 1er mai 2026, les rues de Cotonou, Parakou et Porto-Novo vibraient d’une émotion particulière. Ce jour-là, bien plus qu’une célébration, c’était un hommage qui se dessinait. Des milliers de Béninois se sont rassemblés pour exprimer leur reconnaissance : voir un président respecter la Constitution en achevant deux mandats sans chercher à prolonger son pouvoir est devenu un exemple rare en Afrique, souvent cité comme une référence en matière de démocratie.
Un développement territorial équilibré
La gouvernance de Patrice Talon a rompu avec les schémas traditionnels où le progrès se concentre uniquement dans les grandes villes. Une politique de maillage territorial ambitieuse a été mise en œuvre :
Désenclavement des régions : des axes routiers stratégiques relient désormais l’Est à l’Ouest, dynamisant les échanges commerciaux et facilitant la circulation des biens. Les zones centrales et septentrionales ont bénéficié d’aménagements majeurs, mettant fin à leur isolement historique.
Asphaltage généralisé : au-delà de l’embellissement des villes, ce projet a permis d’améliorer l’éclairage public, la salubrité et la sécurité, transformant durablement le quotidien des habitants.
Accès universel à l’énergie et à l’eau : des investissements colossaux ont rendu ces services essentiels accessibles même dans les localités les plus reculées, faisant du Bénin un modèle en Afrique de l’Ouest.
Romuald Wadagni, l’héritier d’un succès
Le choix de Romuald Wadagni pour prendre la suite de Patrice Talon n’est pas anodin. Ancien ministre de l’Économie et des Finances, il a été l’architecte des réformes financières qui ont permis au Bénin de connaître une croissance remarquable. Son profil technique et son expérience au sein de l’administration en font un successeur crédible, capable de poursuivre les avancées réalisées.
Wadagni incarne une transition sereine et méthodique. Son objectif ? Consolider les infrastructures existantes tout en renforçant les politiques sociales pour que chaque citoyen bénéficie des fruits du développement. Avec lui, le Bénin opte pour une continuité maîtrisée, évitant les ruptures et les divisions politiques.
Une démocratie à l’épreuve du temps
Le départ de Patrice Talon s’effectue dans le calme et le respect des institutions. En refusant de modifier la Constitution pour rester au pouvoir, il a prouvé qu’un dirigeant peut laisser une empreinte durable sans sacrifier les principes démocratiques. Ce respect des règles a inspiré une génération de dirigeants africains, montrant qu’il est possible de concilier transformation économique et stabilité institutionnelle.
Les Béninois ont célébré ce choix historique non par des revendications, mais par des remerciements. Leur message était clair : le travail accompli est immense, et le pays est prêt à écrire une nouvelle page de son histoire, plus moderne et plus résiliente que jamais.
Les piliers du bilan (2016-2026)
Infrastructures : des milliers de kilomètres de routes et de voiries urbaines rénovées, avec un accent particulier sur l’asphaltage.
Économie : une croissance stable, renforçant la crédibilité du Bénin sur les marchés internationaux et attirant les investisseurs.
Énergie : construction de centrales solaires et thermiques pour réduire la dépendance aux importations et sécuriser l’approvisionnement.
Politique : une transition pacifique et un respect scrupuleux de la Constitution, sans tentative de modification des règles.
Il y a près de deux mois, la Fédération sénégalaise de football (FSF) affichait une belle unité après la décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer le titre de champion d’Afrique aux Lions de la Teranga et de l’attribuer au Maroc. L’instance s’était alors mobilisée derrière son président, Abdoulaye Fall, pour engager un recours devant le Tribunal arbitral du sport.
Cependant, cette cohésion semble aujourd’hui compromise par l’annonce des primes exceptionnelles promises par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye aux joueurs de l’équipe nationale. Ces mesures, bien que saluées par certains supporters, suscitent de vives tensions au sein même de la FSF et parmi les acteurs du football local.
une décision qui divise l’écosystème footballistique
Les primes accordées par le chef de l’État sénégalais ont immédiatement relancé les débats sur la gestion financière et sportive du football au Sénégal. Plusieurs responsables fédéraux, ainsi que d’anciens internationaux, expriment leur inquiétude quant à l’impact de ces annonces sur l’équilibre économique du sport national.
Parmi les critiques les plus fréquentes :
le manque de concertation avec les instances dirigeantes du football, entraînant des désaccords persistants ;
les risques de déstabilisation financière pour la FSF, déjà fragilisée par les conséquences de la perte du titre continental ;
les tensions entre générations de joueurs et d’anciens cadres, chacun défendant des visions opposées de l’avenir du football sénégalais.
Dans ce contexte, le président de la FSF, Abdoulaye Fall, se retrouve au cœur d’une polémique où il doit concilier les attentes du gouvernement, les revendications des joueurs et la stabilité de la fédération.
les réactions des principaux concernés
Face à cette situation, les réactions sont contrastées. Certains joueurs vedettes, comme Sadio Mané ou Ismaïla Sarr, ont salué le geste présidentiel, y voyant une reconnaissance méritée après les performances récentes de l’équipe nationale. À l’inverse, d’autres figures historiques du football sénégalais, comme El Hadji Diouf, n’ont pas hésité à critiquer ouvertement cette initiative, la qualifiant de « mesure populiste sans vision à long terme ».
Du côté des supporters, l’enthousiasme domine, mais certains s’interrogent sur la durabilité de ces primes et leur incidence réelle sur les résultats sportifs futurs. Les réseaux sociaux s’embrasent, entre messages de soutien et critiques acerbes envers la gestion actuelle du football au Sénégal.
quel avenir pour le football sénégalais ?
Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour le football sénégalais. Plusieurs scénarios sont envisageables :
une réforme structurelle de la FSF pour mieux intégrer les primes présidentielles dans une politique sportive globale ;
un apaisement des tensions grâce à des négociations entre la fédération, les joueurs et le gouvernement ;
une aggravation des divisions pouvant mener à des sanctions sportives ou à une crise institutionnelle durable.
Une chose est sûre : le football sénégalais, riche de son histoire et de ses talents, doit désormais trouver un équilibre entre les ambitions politiques, les réalités économiques et les enjeux sportifs pour préserver son avenir.
Une répression grandissante à l’encontre des médias au Sahel
Chaque année, la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse révèle des réalités de plus en plus préoccupantes. En Afrique de l’Ouest, exercer le métier de journaliste s’apparente désormais à une prise de risque majeure. Depuis l’avènement de gouvernements militaires au Mali, au Niger ainsi qu’au Burkina Faso — membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) —, la situation des professionnels de l’information se dégrade avec une rapidité alarmante.
Des médias sous pression constante
Plusieurs cas illustrent cette escalade de la censure. Les exemples sont nombreux : Joliba TV, chaîne privée malienne, a subi des suspensions arbitraires, tandis que le quotidien burkinabè L’Observateur Paalga a été la cible de pressions répétées. La situation a atteint un paroxysme avec l’enlèvement de Serge Oulon, journaliste reconnu à Ouagadougou. Les autorités concernées n’hésitent plus à recourir à des mesures coercitives sans précédent :
Interdiction soudaine de médias locaux et étrangers ;
Emprisonnements sans fondement juridique ;
Départs forcés des journalistes refusant de se plier à la propagande d’État.
L’autocensure, conséquence directe de la terreur
Le climat actuel impose aux acteurs de l’information deux options : plier sous la pression ou disparaître. Selon les analyses d’Ousmane Diallo, spécialiste des droits humains chez Amnesty International, cette dynamique entraîne une réduction drastique de l’espace démocratique.
« Les menaces constantes, incluant les disparitions forcées, poussent une partie des journalistes à pratiquer une autocensure par peur des représailles », précise-t-il. Les sujets sensibles, autrefois couverts sans réserve, deviennent désormais des tabous, effaçant progressivement toute velléité de débat public.
La pensée unique, outil de contrôle social
Cette stratégie ne se limite pas aux seuls journalistes. En imposant une narration officielle exempte de toute contradiction, les régimes en place visent à étouffer toute capacité critique au sein de la société. Un reporter local, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, dresse un parallèle frappant avec l’ère soviétique, évoquant une région devenue un « goulag de l’information » — une métaphore éloquente pour décrire un système où la vérité est systématiquement muselée.
Le rapprochement politique de ces nations avec la Russie de Vladimir Poutine est souvent interprété comme un signal inquiétant. Cette alliance semble s’accompagner d’une adoption de pratiques autoritaires en matière de gestion de l’information, similaires à celles observées dans les régimes les plus répressifs. La question se pose désormais avec acuité : une parole indépendante pourra-t-elle encore émerger dans une zone où l’opinion publique est progressivement étouffée par un discours unique ?
les académies de football, le tremplin des futurs champions du Sénégal
Crédit photo : Getty Images
Sous le soleil brûlant de Dakar, le terrain du CICES s’anime d’une énergie particulière. À l’abri de l’agitation de la VDN, l’académie Be Sport Academy s’impose comme un véritable vivier de talents. Souleymane, 15 ans, ajuste ses lacets avec concentration tandis que ses coéquipiers enfilent leurs maillots et échangent des regards déterminés.
Dès que le ballon entre en jeu, les visages se détendent. Les passes s’enchaînent, les dribbles fusent sous l’œil attentif des entraîneurs. Chaque séance représente une opportunité de se démarquer, une norme dans ce modèle en pleine expansion au Sénégal.
En quelques années, les académies de football ont révolutionné la formation des jeunes talents. Elles ne se contentent plus d’enseigner les bases du ballon rond : elles construisent des parcours, transforment des rêves en réalité et offrent une seconde chance à des centaines de jeunes.
Mais comment ces structures sont-elles devenues le cœur battant du football sénégalais ?
des académies au service d’une ambition nationale
Le Sénégal, longtemps considéré comme un réservoir de talents bruts, s’est aujourd’hui imposé comme un modèle de formation footballistique en Afrique. En deux décennies, les académies sont passées du statut de curiosité à celui d’industrie sportive, sociale et économique.
Leur force ? Un équilibre rare : former des joueurs d’exception tout en leur offrant un avenir solide. Des structures comme l’Institut Diambars, fondé en 2003 à Saly, ont ouvert la voie. Leur première grande réussite, Idrissa Gana Gueye, a lancé une génération de footballeurs exportés en Europe.
Génération Foot, quant à elle, s’est imposée comme une référence continentale. Son partenariat avec le FC Metz a créé une passerelle directe vers les grands championnats européens.
Les succès sont nombreux et parlants : Sadio Mané, Ismaïla Sarr, Habib Diallo, Pape Matar Sarr, Lamine Camara… Tous ont foulé les terrains de Génération Foot. Leurs parcours incarnent une réussite à la fois sportive et sociale, renforçant l’attractivité de ces académies auprès des familles.
Crédit photo : Génération Foot
une révolution dans la formation des talents
Avant l’essor des académies, les jeunes talents sénégalais étaient repérés de manière aléatoire, souvent lors de tournois locaux ou via des réseaux informels. Aujourd’hui, ces structures offrent un cadre professionnel où la rigueur et la discipline priment dès l’adolescence.
Le Sénégal regorgeait de talents, mais ceux-ci restaient invisibles faute d’infrastructures adaptées. Les académies ont changé la donne en introduisant une culture du détail, une préparation physique et mentale poussée, et une détection précoce des potentiels.
Elles ne forment pas seulement des footballeurs : elles accompagnent des jeunes vers un avenir professionnel, scolaire et social. Un modèle qui répond aux exigences des clubs européens en quête de profils jeunes, disciplinés et polyvalents.
Des établissements comme Diambars, Génération Foot et Dakar Sacré-Cœur forment l’élite et exportent régulièrement des talents vers l’Europe. Leur approche va au-delà du technique : elles garantissent un suivi sur plusieurs années, avec des méthodes inspirées des meilleures pratiques internationales.
Crédit photo : Dakar Sacré-Cœur
le rôle des pionniers des années 2000
Cette transformation trouve ses racines dans les choix stratégiques des années 2000. Des structures comme Génération Foot, Diambars et l’Aldo Gentina ont misé sur une prise en charge précoce des jeunes talents.
Abdou Gueye Luque, Directeur Technique Régional de Dakar, souligne l’impact de ces pionniers : « Les académies ont fait du Sénégal une destination pour la recherche de talents. Les succès des joueurs formés ici ont renforcé la crédibilité internationale du football sénégalais. »
Ces centres ont introduit des méthodes modernes : détection précoce, encadrement éducatif, formation tactique et préparation physique. Résultat ? Une ossature solide pour les équipes nationales, des U15 à l’équipe A.
Le talent existait déjà au Sénégal, mais il n’était pas correctement exploité. Faute de structures, les jeunes issus des régions éloignées devaient attendre des tournois amateurs pour être repérés. Un système inefficace et aléatoire.
Les premières participations du Sénégal aux compétitions africaines de jeunes dans les années 1990 illustrent ce manque de structuration. Seuls quelques profils isolés parvenaient à émerger, comme le rappelle Adama Ndione, journaliste sportif : « Le talent était une ressource naturelle non exploitée, comme du pétrole ou de l’or resté dans le sol. »
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un écosystème qui porte ses fruits
Les académies sont devenues une niche stratégique pour plusieurs raisons : rareté du modèle structuré en Afrique, rentabilité économique via les transferts, et crédibilité internationale acquise grâce aux succès passés.
Elles répondent à une demande mondiale : les clubs européens recherchent des joueurs jeunes, formés, adaptables et déjà disciplinés. Le Sénégal coche toutes ces cases.
El Hadji Diouf, ancien international, a souligné l’importance de ces structures : « Partout au Sénégal, chaque ville possède désormais des académies. Elles commencent dès l’âge de 10 ans et organisent des tournois chaque année. Nous voulons atteindre le même niveau d’organisation qu’en Angleterre ou en France. »
Fondée en 2018, Be Sport Academy s’est rapidement imposée comme l’une des académies les plus dynamiques du pays. Elle accueille des jeunes de 4 à 17 ans et mise sur un encadrement complet : entraînement, cours, suivi médical et accompagnement social.
L’objectif est clair : produire des footballeurs complets, capables de répondre aux exigences du football moderne tout en s’insérant professionnellement après leur carrière sportive.
quelle part dans les succès de l’équipe nationale ?
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Les académies ont professionnalisé la détection et la formation des jeunes au Sénégal. Elles ont permis au pays de disposer d’un vivier de joueurs techniquement affûtés, mentalement préparés et habitués aux standards internationaux dès leur adolescence.
Des structures comme Génération Foot ou Diambars fournissent une base solide à l’équipe nationale, alimentant régulièrement la sélection avec des talents prêts pour le haut niveau.
Adama Ndione explique : « Génération Foot, dès 2002–2004, a commencé à former des joueurs dont les premières promotions ont rapidement intégré la sélection nationale. Diambars, lancé en 2003–2004, a exporté ses premiers talents vers 2009–2011 : Gana Guèye, Pape Alioune Ndiaye, Kara Mbodj, Saliou Ciss, Pape Ndiaye Souaré… Tous ont progressé dans les catégories jeunes avant d’intégrer l’équipe A. »
Le développement de ces académies coïncide avec la montée en puissance du Sénégal sur la scène internationale. De la traversée du désert des années 1990 à une sélection désormais régulière, une part essentielle de cette réussite revient à l’essor de ses académies.
Abdou Gueye Luque ajoute : « On est passé d’un football basé sur la puissance et l’agressivité à un jeu plus complet. Les milieux de terrain actuels, comme Pape Gueye, Habib Diarra ou Lamine Camara, incarnent cette nouvelle génération. Ils savent récupérer, orienter le jeu et participer à la construction offensive. »
Plus de 80 % des joueurs des sélections nationales proviennent désormais de structures académiques, contre une majorité issue du football de rue ou de clubs amateurs auparavant. Ce basculement explique la régularité du Sénégal en Coupe du monde et en Coupe d’Afrique des nations.
une dynamique appelée à durer
Les performances récentes du Sénégal ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d’un travail de fond sur la formation. Le pays dispose désormais d’un vivier stable et profond, capable de rivaliser avec les meilleures nations africaines et mondiales.
Pour Adama Ndione, l’enjeu est clair : « Si le Sénégal continue d’investir dans la formation, notamment dans l’encadrement et la formation des entraîneurs, il peut non seulement rester un leader en Afrique, mais aussi viser des performances majeures sur la scène mondiale. »
Les académies ont changé la façon dont les talents sont repérés et valorisés. Les partenariats avec les clubs européens (comme Génération Foot avec le FC Metz) sont mieux encadrés, générant des retombées économiques pour le pays. Les jeunes bénéficient d’une visibilité internationale dès leur formation.
Au-delà des performances, ces structures redéfinissent les trajectoires sociales. Le succès du Sénégal n’est pas un hasard, mais le résultat d’un écosystème en construction. Les académies s’imposent comme des acteurs incontournables, à la croisée du sport, de l’économie et du développement humain.
Dans un continent où le potentiel est immense mais souvent sous-exploité, le modèle sénégalais apparaît comme une référence. Preuve qu’un investissement structuré dans la jeunesse peut transformer durablement le destin d’une nation sportive.
Dr Seydou Coulibaly : un bilan inspirant à la tête de l’OMS au Burkina Faso
Ouagadougou – Après quatre années passées à diriger la représentation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Burkina Faso, le Dr Seydou Coulibaly s’apprête à clore un mandat marqué par des avancées majeures en santé publique. Son approche visionnaire, son engagement sans faille et sa collaboration étroite avec les acteurs locaux ont renforcé durablement les capacités sanitaires du pays.
Son objectif principal a été de renforcer l’accompagnement de l’OMS aux priorités sanitaires du Burkina Faso. Pour y parvenir, il a mobilisé des ressources financières colossales, atteignant plus de 42 millions de dollars américains grâce à des partenariats bilatéraux et multilatéraux. Ces fonds ont permis d’amplifier les actions de l’organisation et de soutenir les initiatives gouvernementales visant à améliorer la santé des populations.
« Ces résultats concrets démontrent l’efficacité de notre stratégie collaborative », a-t-il souligné. Le renforcement des liens avec les autorités sanitaires, notamment le ministère de la Santé, a été salué lors de la visite du Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le 25 mars. Le ministre de la Santé, le Dr Lucien Robert Kargougou, a reconnu la qualité exceptionnelle de cette collaboration, saluant le leadership du Dr Coulibaly.
Une gestion humaine et collaborative au service de la santé publique
Le Dr Coulibaly a instauré une dynamique de travail axée sur l’humain, où chaque membre de l’équipe se sentait écouté et valorisé. Son leadership a favorisé une culture de performance et d’adhésion, même dans des contextes complexes. Il a mis en avant des projets intégrés et orientés résultats, tout en renforçant les synergies avec les partenaires nationaux, le Système des Nations Unies et les acteurs du secteur santé.
Ses collaborateurs témoignent de son impact positif. Hortense Meda-Traoré, son assistante, déclare : « Son humilité, son écoute attentive et sa confiance en ses équipes m’ont permis de travailler avec sérénité et efficacité. C’est un leader très accessible. »
Pour le Dr Moyenga Laurent, spécialiste des maladies transmissibles et non transmissibles, « sa transparence et sa communication claire ont été déterminantes. Son accompagnement dans la mise en œuvre du paquet essentiel de l’OMS pour les maladies non transmissibles (WHO PEN) et la revue du programme de lutte contre le paludisme a permis de lever des blocages majeurs. »
Des résultats tangibles et une reconnaissance unanime
Le Dr Coulibaly s’est illustré par son talent pour fédérer les acteurs autour de projets communs, facilitant ainsi la mobilisation de fonds supplémentaires. Maurice Azonnankpo, Coordonnateur par intérim du Système des Nations Unies au Burkina Faso, affirme : « Son engagement constant, son sens du collectif et son excellence dans la collaboration ont grandement contribué aux succès collectifs, reconnus au niveau national et régional. »
Seibou Coulibaly, 1er vice-président de la Coordination nationale des subventions du Fonds mondial, renchérit : « Votre professionnalisme et votre dévouement ont été des moteurs essentiels pour les progrès réalisés ces dernières années. La qualité de votre partenariat avec tous les acteurs mérite d’être soulignée. »
Un héritage à préserver et des défis à relever
Alors qu’il quitte le Burkina Faso, le Dr Coulibaly appelle à la poursuite des efforts et à l’innovation pour consolider les acquis. Il plaide pour le renforcement des ressources humaines, une utilisation optimale des ressources disponibles, et une culture de cohésion au sein des équipes. « Nous avons posé des bases solides. Il est crucial de maintenir cette dynamique et d’amplifier nos actions pour une meilleure efficacité de l’OMS. »
Son passage à la tête de la représentation de l’OMS au Burkina Faso laissera une empreinte durable, tant par les programmes soutenus que par l’inspiration qu’il a insufflée aux équipes. Il rejoindra prochainement le Hub de Dakar, dédié à la gestion des urgences sanitaires dans la sous-région.
Une atmosphère d’incertitude plane sur le nord du Mali. En l’espace de quelques jours, la dynamique sécuritaire du pays a été profondément altérée. Après la chute symbolique de Kidal, les entités armées poursuivent une avancée rapide, tandis que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) initie une démarche politique sans précédent, appelant au renversement du gouvernement de transition.
Une régression militaire aux accents de réminiscence
Le scénario préoccupant de 2012 semble se manifester à nouveau. Ce vendredi 1er mai 2026, les combattants du JNIM, associés aux indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont pris le contrôle des sites stratégiques de Tessalit et Aguelhoc. Le retrait des Forces armées maliennes (FAMa) et de leurs collaborateurs russes d’Africa Corps a permis aux assaillants d’accéder aux lieux sans confrontation.
Une photographie, dont l’authenticité a été confirmée par plusieurs sources, illustre cette situation délicate : elle montre Seidane Ag Hitta, figure emblématique du JNIM, brandissant ostensiblement les clés du camp de Tessalit. Un acte hautement symbolique, survenant cinq années après le départ de l’opération française Barkhane. Depuis le 25 avril, les localités de Ber, Tessit, Hombori et Gourma Rharous ont été reprises, laissant les populations de Gao et Tombouctou dans une expectative angoissée.
La riposte de Bamako et le soutien ferme de Moscou
Malgré cette déconvenue majeure, la présidence de Koulouba maintient sa détermination. Le général Assimi Goïta a lancé un appel à un « sursaut national », insistant sur le fait qu’aucune « intimidation » ne dévierait le Mali de sa trajectoire établie.
L’effort de guerre se focalise désormais sur deux axes principaux :
Opérations aériennes et terrestres : L’armée malienne intensifie ses frappes ciblées sur Kidal, visant spécifiquement le gouvernorat et des dépôts logistiques. Bien que les rebelles du FLA contestent les bilans, Bamako revendique la « neutralisation » de plusieurs terroristes.
Approvisionnement : Alors qu’un blocus imposé par les jihadistes entrave les voies de communication essentielles vers la capitale, un convoi conséquent de 800 camions-citernes a réussi à franchir le passage ce vendredi, sous l’escorte de l’aviation et des forces terrestres.
Depuis Moscou, le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, a réitéré son soutien inconditionnel aux autorités de transition, dissipant ainsi les spéculations concernant un éventuel désengagement russe suite aux pertes enregistrées à Kidal.
Depuis le samedi 25 avril 2026, une vaste offensive coordonnée a secoué le nord du Mali. Menée conjointement par le Front de Libération de l’Azawad et le Jamaat Nusrat al Islam wal Muslimin, une entité affiliée à al Qaïda, cette opération a conduit à la capture de Kidal et à des assauts sur plusieurs autres localités septentrionales du pays. La région de la capitale malienne a également été ciblée, et des positions stratégiques comme Aguelhok et Tessalit se sont retrouvées isolées. Cette coalition hétéroclite, composée de mouvements séparatistes touaregs et d’éléments jihadistes, a affirmé agir de concert. Les actions militaires se sont déroulées simultanément sur de multiples fronts, caractérisées par des occupations temporaires de bases militaires suivies de replis tactiques.
Ces incursions, d’une intensité inédite, ont frappé plusieurs zones du territoire, y compris Bamako et la garnison militaire de Kati. À Kati, une attaque-suicide au véhicule piégé a ciblé une résidence fortement sécurisée. Par ailleurs, des témoins ont rapporté l’occupation éphémère d’autres installations militaires dans des villes telles que Gao, Kidal et Sévaré. Le lendemain, des affrontements armés et des détonations continuaient d’être signalés à Kidal, tandis que l’activité des groupes armés persistait dans la partie septentrionale du Mali.