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  • Relations internationales Sahel : évolutions stratégiques entre l’ue et Washington

    Relations internationales Sahel : évolutions stratégiques entre l’ue et Washington

    Le Sahel sous le prisme des nouvelles alliances entre l’UE et les États-Unis

    Réunion des dirigeants de l'AES à Niamey le 6 juillet 2024

    Le Sahel, région marquée par des défis sécuritaires et politiques majeurs, voit émerger de nouvelles dynamiques diplomatiques. Récemment, Washington a renforcé ses liens avec plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Burkina Faso, le Niger et le Mali, à travers des accords bilatéraux et des déclarations symboliques.

    Le 25 février, le département d’État américain a officialisé un mémorandum d’entente de cinq ans avec le Burkina Faso, prévoyant une aide financière de 147 millions de dollars. Cet appui vise principalement à soutenir les efforts locaux dans la lutte contre le VIH/Sida et d’autres maladies. Parallèlement, les États-Unis ont réitéré leur respect de la souveraineté du Niger, lors d’un échange téléphonique avec le Premier ministre de la transition, Ali Mahamane Zeine.

    De son côté, l’Union européenne semble adopter une stratégie plus nuancée. Malgré les tensions persistantes avec les autorités maliennes, João Cravinho, représentant spécial de l’UE pour le Sahel, s’est rendu à Bamako. Cette visite soulève des questions sur une possible révision de la position européenne face aux régimes militaires de la région.


    Analyse des nouvelles stratégies occidentales au Sahel

    Francis Kpatindé, spécialiste reconnu de l’Afrique de l’Ouest et enseignant à Sciences-Po Paris, décrypte ces évolutions.

    Vers une normalisation des relations ?

    DW : L’Union européenne a dépêché son envoyé spécial, João Cravinho, dans les capitales de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette démarche annonce-t-elle un rapprochement entre l’UE et ces pays ?


    Analyse de Francis Kpatindé

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    Francis Kpatindé : Il est essentiel d’adopter une posture prudente face aux évolutions récentes du Sahel. Ces dernières années, cette région a souvent surpris les observateurs internationaux. Même si les relations restent tendues, on perçoit peut-être les prémices d’un changement. Cependant, il serait prématuré de parler de rapprochement complet. Les tensions entre les puissances occidentales et les pays sahéliens persistent, bien qu’une légère détente puisse s’amorcer.

    DW : Après le Niger et le Mali, les États-Unis affichent un intérêt croissant pour le Burkina Faso, notamment via un accord ciblant la lutte contre le VIH/Sida. Faut-il y voir un signal positif ?

    Francis Kpatindé : Absolument. Cet accord est un indicateur encourageant. Les puissances occidentales, conscientes des enjeux sécuritaires et économiques, proposent désormais des partenariats limités mais concrets : coopération économique, aide humanitaire et formations militaires pour lutter contre le terrorisme. Elles savent pertinemment que leur inaction pourrait, à terme, les fragiliser indirectement. Abandonner ces pays au prétexte d’une quête accrue de souveraineté serait irresponsable. Par ailleurs, ces puissances ne négligent pas les ressources naturelles de la région. Le Niger regorge d’uranium, le Burkina Faso d’or, et le Mali en produit également en grande quantité.

    Une stratégie européenne en mutation

    DW : L’Union européenne semble abandonner sa vision régionale pour privilégier une approche pays par pays. Partagez-vous cette analyse ?

    Francis Kpatindé : Tout à fait. L’Allemagne, par exemple, entretient des relations solides avec plusieurs pays du Sahel, malgré les tensions avec la France, ancienne puissance coloniale de ces États. Cette stratégie permet à l’UE de diversifier ses partenariats et de maintenir un dialogue avec des régimes parfois hostiles à Paris. L’Allemagne et la Hongrie jouent un rôle clé en offrant des canaux de communication alternatifs. Ainsi, la France peut, via ces alliés européens, conserver un lien minimal avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso.


    Perspectives d’avenir pour le Sahel

    Les récentes initiatives occidentales au Sahel reflètent une adaptation aux réalités géopolitiques locales. Si les relations restent complexes, les échanges bilatéraux et les accords sectoriels pourraient ouvrir la voie à une coopération plus stable. Reste à savoir si ces démarches suffiront à rétablir la confiance entre les parties.

    Une chose est certaine : les enjeux sécuritaires, économiques et humanitaires du Sahel continueront de façonner les politiques internationales dans la région.

  • 1,1 milliard d’euros pour le Niger, Burkina et la RDC : le plan sanitaire des USA pour l’Afrique poursuit sa vague d’adhésion

    1,1 milliard d’euros pour le Niger, Burkina et la RDC : le plan sanitaire des USA pour l’Afrique poursuit sa vague d’adhésion

    1,1 milliard d’euros pour le Niger, Burkina et la RDC : le plan sanitaire des USA pour l’Afrique poursuit sa vague d’adhésion

    Photo de Muriel Edjo

    Muriel EDJO, Agence Ecofin

    Ces conventions visent le renforcement des capacités de la RDC et du Burkina Faso à répondre aux menaces sanitaires avant qu’elles se propagent hors de leurs territoires.

    Ces conventions visent le renforcement des capacités de la RDC et du Burkina Faso à répondre aux menaces sanitaires avant qu’elles se propagent hors de leurs territoires.

    DR

  • Niger : un accord sanitaire à 178 millions de dollars, quels enjeux pour sa souveraineté ?

    Niger : un accord sanitaire à 178 millions de dollars, quels enjeux pour sa souveraineté ?

    Le Niger vient-il de signer un accord sanitaire historique ou de fragiliser sa souveraineté numérique ? La question divise depuis la signature, le 26 février 2026 à Niamey, d’un protocole de coopération sanitaire entre les autorités nigériennes et les États-Unis.

    Avec un budget global de 178 millions de dollars (soit près de 99,6 milliards de FCFA), cet accord s’aligne sur la stratégie « America First » portée par l’administration du président Donald Trump. Les objectifs affichés sont clairs : intensifier la lutte contre le paludisme, renforcer la surveillance des maladies infectieuses, éradiquer la poliomyélite et améliorer la santé des mères et des enfants. Pourtant, derrière ces objectifs louables se cachent des zones d’ombre et des interrogations majeures.

    Un partenariat sous haute tension budgétaire

    Sur cinq ans, les États-Unis s’engagent à débourser jusqu’à 107 millions de dollars, tandis que le Niger s’engage à injecter plus de 71 millions de dollars supplémentaires dans son système de santé.

    Cette hausse des dépenses nationales intervient dans un contexte économique déjà tendu, marqué par des difficultés budgétaires persistantes et une pression sécuritaire qui pèse lourdement sur les finances publiques. Dans ces conditions, plusieurs questions se posent : cet effort financier sera-t-il tenable sur le long terme ? Quelles priorités budgétaires seront sacrifiées pour honorer cet engagement ?

    Santé publique ou outil d’influence géopolitique ?

    Si l’accord est présenté comme un soutien technique pour renforcer le système sanitaire nigérien, son étendue dépasse largement le cadre médical. En effet, le Niger intègre désormais un réseau d’échange de données de santé avec les États-Unis, moyennant rémunération. Un aspect peu médiatisé qui soulève des inquiétudes : qui contrôle ces données sensibles ? Sous quelles garanties juridiques sont-elles protégées ?

    À l’ère du numérique, la santé devient un terrain de rivalités stratégiques. Ce protocole ouvre-t-il la porte à un transfert massif d’informations médicales vers des serveurs américains ? Si oui, quels risques cela représente-t-il pour la souveraineté du Niger ?

    Les leçons des précédents africains

    D’autres pays africains ont déjà été confrontés à des accords similaires, avec des résultats contrastés. Le Zimbabwe a refusé toute participation, tandis qu’au Kenya, un dispositif comparable a été bloqué par la justice. En Zambie, un accord de plus d’un milliard de dollars a été rejeté pour des raisons liées au partage des données sensibles, jugées contraires à l’intérêt national.

    Ces exemples nourrissent les doutes : le Niger a-t-il obtenu des garanties renforcées pour protéger ses données ? Ou a-t-il choisi, par pragmatisme, de privilégier l’urgence sanitaire au détriment des précautions juridiques ?

    Une chance pour transformer le système de santé nigérien ?

    Il serait réducteur de réduire cet accord à sa dimension géopolitique. Le Niger fait face à des défis sanitaires majeurs : paludisme endémique, vulnérabilité aux épidémies, infrastructures médicales défaillantes en zones rurales, et un taux de mortalité maternelle toujours alarmant.

    Si les fonds sont utilisés de manière optimale, des avancées significatives pourraient être réalisées : modernisation des systèmes de surveillance épidémiologique, extension de la couverture vaccinale, ou encore renforcement des centres de santé communautaires. Cependant, l’histoire montre que les financements extérieurs, aussi importants soient-ils, ne suffisent pas toujours à garantir des changements durables sans réformes structurelles internes.

    Souveraineté sanitaire vs dépendance stratégique

    Cet accord illustre un dilemme récurrent pour les États africains : comment attirer des investissements cruciaux tout en préservant leur autonomie décisionnelle ? Dans un contexte géopolitique en pleine mutation, où les alliances se redéfinissent, le Niger semble opter pour une stratégie pragmatique.

    Reste à savoir si cette approche renforcera effectivement son système de santé ou si elle ouvrira un débat plus large sur la gouvernance des données et la souveraineté numérique. Car derrière les 178 millions de dollars, une question persiste : la valeur d’un partenariat se mesure-t-elle uniquement en chiffres ?

  • Partenariat sanitaire entre le Niger et les États-Unis : 178 millions $ pour booster la santé

    Partenariat sanitaire entre le Niger et les États-Unis : 178 millions $ pour booster la santé

    Partenariat sanitaire entre le Niger et les États-Unis : un engagement de 178 millions de dollars pour transformer le système de santé nigérien

    Le Niger et les États-Unis ont scellé un accord historique en matière de santé publique. Ce protocole bilatéral, signé à Niamey le 26 février 2026, vise à renforcer durablement les infrastructures sanitaires du pays africain. L’objectif ? Construire un système de santé plus résilient, autonome et pérenne pour les années à venir.

    Cet accord quinquennal prévoit un investissement financier américain de 107 millions de dollars, complété par une augmentation de 71 millions de dollars des dépenses nationales nigériennes en santé. Ensemble, ces fonds représentent un budget global de 178 millions de dollars, destiné à financer des projets concrets et ambitieux.

    Les priorités sanitaires du partenariat Niger-États-Unis

    Les grandes lignes de cette coopération s’articulent autour de plusieurs axes stratégiques :

    • Renforcement de la lutte contre le paludisme : consolidation des actions existantes pour réduire l’impact de cette maladie endémique.
    • Amélioration de la surveillance et de la réponse aux maladies infectieuses : mise en place de systèmes de détection précoce et de gestion des épidémies.
    • Prévention de la poliomyélite et promotion de la santé maternelle et infantile : actions ciblées pour protéger les populations les plus vulnérables.
    • Développement des capacités du personnel soignant : formation et accompagnement des professionnels de santé.
    • Accès facilité aux diagnostics et traitements : renforcement des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement.

    Un partenariat axé sur l’efficacité et la souveraineté sanitaire

    Cet accord marque une étape clé dans la collaboration entre Niamey et Washington. L’accent est mis sur la réduction des coûts administratifs et le soutien direct aux services de première ligne. Pour le Niger, l’enjeu est double : améliorer la performance de son système de santé tout en renforçant son autonomie dans la définition de ses priorités.

    En investissant massivement dans la santé publique, les deux pays réaffirment leur engagement commun en faveur d’une souveraineté sanitaire et d’une gestion durable des ressources médicales. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les questions de résilience, d’efficacité et de durabilité des politiques de santé sont plus que jamais au cœur des débats.

  • Partenariat santé usa Burkina Faso 147 millions dollars

    Partenariat santé usa Burkina Faso 147 millions dollars

    Le Département d’État des États-Unis a officialisé, le 25 février, la signature d’un protocole d’accord bilatéral de cinq ans avec le Burkina Faso. Ce partenariat financier, s’élevant à 147 millions de dollars, a pour vocation d’accompagner le pays dans sa lutte contre des enjeux sanitaires majeurs comme le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies infectieuses. Parallèlement, il vise à renforcer les dispositifs nationaux de surveillance épidémiologique et de gestion des crises sanitaires.

    Le document signé établit un cadre de coopération renforcé, destiné à optimiser la prévention et la maîtrise des maladies transmissibles au sein de la population burkinabè. Une approche qui s’inscrit dans une dynamique de résilience sanitaire à long terme.

    Engagement financier et souveraineté sanitaire

    Dans le cadre de cet accord, le Burkina Faso s’engage à mobiliser 107 millions de dollars de ses ressources propres en santé. Cet investissement reflète une volonté politique forte d’autonomisation et de consolidation de son système de soins, essentiel pour une réponse sanitaire efficace et durable.

    Sécurité sanitaire mondiale et modernisation des infrastructures

    Une enveloppe de 12 millions de dollars sera allouée à des mesures de sécurité sanitaire globale. Ces fonds serviront à :

    • Consolider les systèmes de santé communautaires pour une couverture plus large et plus inclusive ;
    • Moderniser les outils de collecte et de transmission des données épidémiologiques, notamment via la numérisation ;
    • Renforcer les capacités des laboratoires afin d’identifier rapidement les pathogènes émergents et d’anticiper les risques pandémiques.

    Par ailleurs, le protocole réaffirme l’appui américain à des programmes historiques, tels que la lutte contre le paludisme et la promotion de la santé maternelle et infantile. Une attention particulière est portée aux agents de santé communautaires, piliers d’un système de santé ancré dans les réalités locales.

    Intégration des experts et vision à long terme

    À l’issue du mémorandum, les professionnels de santé et techniciens de laboratoire financés par les États-Unis seront intégrés dans la fonction publique du Burkina Faso. L’objectif ? Construire un système de santé national robuste, capable de faire face aux défis sanitaires transfrontaliers et de protéger aussi bien les populations burkinabè qu’américaines.

    Réactions et perspectives internationales

    Tous les pays sollicités n’ont pas rejoint l’initiative. Le Zimbabwe a refusé une aide de 367 millions de dollars, invoquant des craintes liées à la souveraineté et aux clauses de contrôle. La Zambie, quant à elle, a émis des réserves sur certains aspects de l’accord. Les négociations entre Washington et Lusaka se poursuivront, sous réserve de modifications des termes jugés problématiques.

    Une stratégie sanitaire ambitieuse à l’échelle mondiale

    Cet accord s’inscrit dans la stratégie « America First » dédiée à la santé mondiale. À ce jour, 18,56 milliards de dollars de nouveaux financements ont été engagés à travers le monde, dont 11,33 milliards issus de l’aide américaine et 7,23 milliards de cofinancements des pays partenaires. Au 25 février, 17 protocoles d’accord avaient été signés avec des nations telles que le Botswana, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Nigeria, le Rwanda et d’autres encore.

  • Crise en Côte d’Ivoire : les journalistes dénoncent une ingérence politique dans leur syndicat

    Crise en Côte d’Ivoire : les journalistes dénoncent une ingérence politique dans leur syndicat

    Crise institutionnelle à l’UNJCI : une décision de justice contestée

    Le 20 février, un collectif réclamant le respect des textes a obtenu du juge des référés la suspension du Congrès ordinaire de l’UNJCI, qui devait permettre le renouvellement des instances dirigeantes. Face à cette situation, l’organisation a décidé de faire appel de cette décision.

    Avec l’échéance du mandat des instances prévue pour le 26 février à minuit, un Congrès extraordinaire a été organisé le 25 février afin d’éviter tout blocage institutionnel. Conformément aux statuts de l’UNJCI, les congressistes ont voté, à la majorité requise, la prolongation des mandats jusqu’à la tenue effective du Congrès ordinaire.

    Cette prorogation a cependant été suivie d’incidents violents, illustrant un climat de tension extrême au sein de l’organisation.

    Les dirigeants de l’UNJCI, de la FAJ et de la FIJ s’expriment

    Jean Claude Coulibaly, président de l’UNJCI, a réagi en ces termes : « Nous avons pris acte de la décision de justice suspendant notre 12ᵉ Congrès ordinaire, tout en entamant un recours. Cependant, il était impensable de laisser s’installer un vide statutaire qui aurait affaibli notre organisation. La prorogation adoptée en Congrès extraordinaire est une mesure de responsabilité et de continuité. L’UNJCI est la maison commune des journalistes ivoiriens. Elle ne peut être ni affaiblie ni placée sous tutelle administrative. »

    De son côté, Omar Faruk Osman, président de la Fédération africaine des journalistes (FAJ), a souligné : « Empêcher un syndicat de tenir son Congrès pour renouveler ses instances, puis tenter d’exploiter cette situation pour créer un vide institutionnel, constitue une violation grave de la liberté syndicale. Cela va à l’encontre des engagements africains et internationaux de la Côte d’Ivoire. Aucune autorité politique ne peut imposer ou influencer la direction d’une organisation de journalistes. »

    Anthony Bellanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a également réagi avec fermeté : « Il s’agit d’une atteinte sérieuse à la liberté d’association et d’une ingérence manifeste dans les affaires internes d’un syndicat. Avec la FAJ, nous engagerons des procédures auprès des instances internationales et africaines compétentes, notamment l’Organisation internationale du travail (OIT), afin de déposer une plainte officielle contre le gouvernement ivoirien pour ces abus. L’autonomie syndicale est protégée par le droit international. Elle est non négociable. »

    Appel à la protection de l’indépendance syndicale

    La FIJ et la FAJ exhortent les autorités ivoiriennes à respecter pleinement l’indépendance de l’UNJCI, à assurer la sécurité de ses membres et à permettre l’organisation du Congrès ordinaire dans des conditions de liberté, de transparence et de sérénité.

  • Rapport oms 2024-2025 Burkina : percées sanitaires et accès aux soins renforcé

    Rapport oms 2024-2025 Burkina : percées sanitaires et accès aux soins renforcé

    rapport biennal 2024-2025 de l’oms au Burkina : avancées sanitaires et résilience renforcée

    Le rapport biennal 2024-2025 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Burkina Faso présente des progrès majeurs dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, humanitaires et climatiques persistants.

    Parmi les réalisations clés, on note l’extension du vaccin antipaludique à l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays, une mesure cruciale pour prévenir le paludisme et protéger les enfants. Le document met également en avant le déploiement du package WHO PEN dans six districts, améliorant la prise en charge des maladies non transmissibles au niveau des soins primaires.

    Une avancée réglementaire notable est l’adoption d’un décret antitabac interdisant la consommation de tabac dans les lieux publics et les transports en commun, renforçant ainsi la santé publique et la réduction des risques.

    Les actions menées par l’OMS contre le paludisme ont eu un impact significatif : plus de 5 millions d’enfants ont bénéficié de la chimioprévention saisonnière, tandis que près de 15 millions de moustiquaires imprégnées ont été distribuées à travers le Burkina Faso.

    Dans les zones difficiles d’accès, l’OMS a garanti la continuité des soins grâce à des postes de santé avancés et des cliniques mobiles. Plus de 58 tonnes de médicaments et d’équipements médicaux ont ainsi été acheminées vers les populations vulnérables.

    Le rapport souligne aussi des progrès dans les systèmes d’information sanitaire, avec la mise en œuvre de la Classification Internationale des Maladies (CIM-11) dans quatre hôpitaux de référence. Cette étape facilite l’amélioration de la qualité des données, le suivi de la mortalité et la prise de décision éclairée.

    Ces résultats démontrent les efforts du Burkina Faso pour renforcer la résilience du système de santé, optimiser les services et protéger les populations. Ils mettent également en lumière les priorités stratégiques à consolider dans les prochains cycles programmatiques.


  • Tensions soudano-tchadiennes : une frontière sous haute tension et ses conséquences

    Tensions soudano-tchadiennes : une frontière sous haute tension et ses conséquences

    Tensions à la frontière soudano-tchadienne : quand les conflits déstabilisent N’Djamena

    Des milliers de Soudanais ont fui vers le Tchad pour échapper aux violences au Darfour

    La crise au Soudan s’aggrave, provoquant un exode massif vers le Tchad. Près d’un million de personnes ont franchi la frontière, dont 100 000 en seulement deux semaines après la chute d’El-Fasher au Darfour du Nord. Cette affluence aggrave une situation humanitaire déjà critique dans un pays marqué par des années d’instabilité.

    Une frontière au cœur des tensions régionales

    Les 1 300 km séparant le Soudan du Tchad traversent des zones désertiques difficiles à contrôler. Historiquement empruntées par des milices et groupes rebelles, ces régions sont désormais sous la menace des Forces de soutien rapide (FSR), qui dominent une grande partie du Darfour.

    Depuis fin 2024, les incidents se multiplient : une frappe de drone tue deux soldats tchadiens, tandis qu’une incursion attribuée aux FSR en janvier 2025 fait sept morts près de Tiné.

    Face à ces menaces, le gouvernement de N’Djamena a décidé de fermer totalement la frontière, craignant une propagation du conflit sur son territoire.

    Neutralité affichée, soupçons persistants

    Le Tchad affirme maintenir une position neutre dans le conflit soudanais. Pourtant, des analyses, dont des images satellites, suggèrent que des livraisons d’armes en provenance des Émirats arabes unis pourraient transiter par son territoire en faveur des FSR. Les autorités tchadiennes rejettent catégoriquement ces accusations, soulignant qu’elles subissent elles aussi des attaques et des incursions.

    Cette polémique alimente les divisions internes : en avril 2025, plusieurs officiers supérieurs, notamment issus de l’ethnie Zaghawa (fortement présente dans les forces de sécurité), ont été limogés, en raison de leur opposition historique aux FSR.

    Un retour en grâce de la France

    Après une période de tensions diplomatiques, N’Djamena se rapproche de nouveau de Paris. La question soudanienne figure désormais au cœur des échanges entre Mahamat Idriss Déby et Emmanuel Macron. La France, qui avait autrefois fourni un soutien crucial en renseignement pour sécuriser la frontière, voit son rôle diminuer. Ce réchauffement des relations apparaît donc stratégique pour le Tchad.

  • Le Tchad verrouille sa frontière face à l’intensification des combats au Soudan

    Le Tchad verrouille sa frontière face à l’intensification des combats au Soudan

    À la frontière entre le Tchad et le Soudan, le 22 novembre 2025.

    L’onde de choc du conflit soudanais atteint désormais les pays voisins de manière critique. Face à la dégradation brutale de la situation sécuritaire, les autorités de N’Djamena ont pris la décision radicale, ce 23 février, de clore intégralement la frontière séparant le Tchad du Soudan. Cette mesure de protection, annoncée comme immédiate, restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

    Dans les faits, cette décision entraîne l’arrêt total des flux migratoires et des échanges commerciaux entre les deux nations. Seules quelques dérogations exceptionnelles pour des motifs humanitaires pourront être accordées, sous réserve d’une validation stricte par les services de sécurité tchadiens. Cette fermeture intervient alors que la stabilité régionale est mise à rude épreuve, un sujet qui préoccupe également les observateurs de l’actu Niger et de la politique nigérienne dans cette zone sahélienne sous tension.

    Une menace directe pour l’intégrité du territoire tchadien

    Le gouvernement justifie ce verrouillage par la multiplication des incursions armées et des violations répétées de sa souveraineté territoriale. Ces incidents, provoqués par les belligérants soudanais, font peser un risque constant sur la sécurité des populations civiles vivant dans les zones frontalières. L’objectif affiché par le Tchad est clair : préserver l’intégrité de son sol face à un chaos qui menace de franchir les limites géographiques.

    Bien que les autorités n’aient pas explicitement désigné les groupes responsables de ces troubles, des rapports concordants indiquent que la localité stratégique d’El-Tina, située à la lisière des deux pays, serait tombée sous le contrôle des Forces de soutien rapide (FSR). Ces dernières auraient mené une offensive massive, appuyée par des véhicules blindés et de l’artillerie lourde, provoquant une onde de choc jusqu’au Tchad.

    Incertitudes et tensions militaires à la frontière

    La situation sur le terrain demeure extrêmement volatile et les informations filtrent au compte-gouttes. Les mouvements de troupes et les frappes signalées dans le Darfour Nord accentuent la pression sur les pays limitrophes. Alors que le Soudan s’enfonce dans une guerre civile dévastatrice, le Tchad tente de s’isoler des flammes du conflit pour éviter une déstabilisation interne majeure, une problématique de sécurité qui fait écho aux enjeux de Niamey actualité dans la gestion des crises frontalières en Afrique.

  • Putschistes africains abandonnent leurs alliés civils au Sahel

    Putschistes africains abandonnent leurs alliés civils au Sahel

    Pourquoi les juntes africaines tournent le dos à leurs soutiens civils

    Le 29 janvier 2026, le capitaine Ibrahim Traoré a mis fin à une époque politique au Burkina Faso en dissolvant officiellement tous les partis politiques, y compris ceux ayant soutenu son coup d’État de septembre 2022. Cette mesure, présentée comme une « restructuration » de l’État pour réduire les divisions sociales, marque en réalité la fin de l’espace civique indépendant et une concentration accrue du pouvoir entre les mains de la junte.

    Les partis, déjà suspendus depuis l’arrivée de Traoré au pouvoir, voient désormais leurs biens confisqués par l’État. Ce revirement s’inscrit dans une logique où les juntes militaires, malgré leur discours initial de mobilisation populaire et de renouveau révolutionnaire, écartent systématiquement les groupes civils ayant contribué à légitimer leur prise de pouvoir.

    Un schéma récurrent chez les putschistes africains

    L’histoire des coups d’État en Afrique montre que les juntes militaires, une fois solidement installées, se détournent rapidement de leurs alliés civils. Initialement perçus comme des soutiens indispensables, ces derniers sont souvent marginalisés, voire réprimés, une fois leur rôle de légitimation joué. Cette tendance, observée depuis des décennies, se confirme aujourd’hui au Sahel et ailleurs sur le continent.

    Les groupes civils apportent en effet une légitimité immédiate aux putschistes : foules mobilisées, appuis politiques et impression d’un changement porté par la volonté populaire. Cependant, leur indépendance et leurs revendications deviennent rapidement un obstacle pour les juntes, qui craignent de partager leur autorité ou de voir leurs propres plans de transition contestés.

    Des alliances éphémères au Mali, au Niger et en Guinée

    Au Mali, le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), coalition d’opposition ayant soutenu le coup d’État d’août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta, a rapidement été écarté par la junte du colonel Assimi Goïta. Après avoir salué l’intervention militaire, le mouvement s’est retrouvé exclu des instances de transition, puis marginalisé après le second coup d’État de mai 2021.

    En Guinée, les partis d’opposition ayant initialement légitimé le coup d’État du général Mamady Doumbouya en 2021 ont également vu leur influence s’évanouir. Certains de leurs dirigeants ont même été arrêtés pour avoir critiqué leur exclusion de la transition politique.

    Ces exemples illustrent une constante : les juntes militaires africaines, malgré un soutien civil initial, finissent par se retourner contre leurs anciens alliés pour conserver un contrôle absolu sur le pouvoir.

    Pourquoi les juntes militaires africaines abandonnent-elles leurs alliés civils ?

    Le soutien des civils est souvent essentiel pour déclencher ou stabiliser un coup d’État. Il offre une légitimité visible et une base de soutien immédiate. Cependant, une fois au pouvoir, les militaires n’ont aucun intérêt à partager leur autorité. Les groupes civils, avec leurs propres dirigeants et attentes, deviennent des obstacles potentiels à la consolidation du régime.

    Cette dynamique se retrouve dans des contextes historiques variés. Au Soudan, en 1969, le Parti communiste avait soutenu le colonel Jaafar Nimeiri, avant d’être réprimé et écrasé en 1971. En Égypte, en 2013, le mouvement Tamarod, ayant appuyé le général Abdelfattah el-Sisi, a vu son influence disparaître à mesure que l’espace civique se réduisait.

    Ces cas montrent que l’enthousiasme initial des civils ne doit pas être interprété comme un mandat durable. Les juntes militaires africaines, qu’elles soient au Burkina Faso, au Mali, au Niger ou ailleurs, privilégient la concentration du pouvoir à toute forme de collaboration avec leurs anciens alliés.

    La dissolution des partis politiques au Burkina Faso n’est donc qu’une illustration supplémentaire d’un phénomène récurrent : une fois leur emprise sur le pouvoir assurée, les juntes africaines se débarrassent de leurs soutiens civils pour éviter toute contestation de leur autorité.

  • Alliance militaire russe au Mali : le coût réel d’Africa corps après Wagner

    Alliance militaire russe au Mali : le coût réel d’Africa corps après Wagner

    L’impact financier d’Africa corps sur le Mali, successeur de Wagner

    Au cœur de Bamako, une modeste chapelle orthodoxe, édifiée par les forces russes d’Africa Corps, symbolise leur présence militaire au Mali. Cette structure, assemblée en tuiles et tôles, marque un tournant dans la coopération sécuritaire entre Bamako et Moscou. Depuis sept mois, ces nouveaux alliés ont pris le relais du controversé groupe Wagner, promettant une lutte renforcée contre les groupes jihadistes. Pourtant, cette transition s’accompagne d’une facture salée : près d’un milliard de dollars engagés par la junte malienne pour un bénéfice opérationnel encore incertain.

    Cette alliance militaire russe, désormais incarnée par Africa Corps, soulève des questions sur son efficacité et son coût réel. Entre promesses sécuritaires et réalités économiques, l’engagement de Bamako auprès de Moscou interroge. Quels sont les véritables enjeux de cette coopération pour le Mali ?

    Une transition militaire coûteuse entre Wagner et Africa Corps

    Le remplacement de Wagner par les forces d’Africa Corps au Mali ne s’est pas fait sans transition. Depuis sept mois, les soldats russes de cette nouvelle entité œuvrent aux côtés de l’armée malienne pour contenir la menace jihadiste. Leur implantation à Bamako, matérialisée par des infrastructures comme la chapelle orthodoxe, reflète une volonté d’ancrage durable.

    Cependant, cette collaboration s’accompagne d’un investissement financier majeur. Selon les estimations, la junte malienne aurait déboursé près d’un milliard de dollars pour financer cette alliance militaire. Un budget colossal qui interroge sur la rentabilité et l’efficacité des opérations menées par Africa Corps.

    Pour comprendre l’ampleur de cet engagement, il est essentiel d’analyser les implications économiques et stratégiques de cette coopération pour le Mali. Entre dépenses militaires et résultats opérationnels, le bilan reste contrasté.

    Les dépenses engagées par le Mali pour Africa Corps

    L’alliance avec Africa Corps représente un poste de dépenses significatif pour le gouvernement malien. En plus des coûts directs liés à la présence des forces russes, Bamako doit assumer des dépenses logistiques et opérationnelles importantes. Ces investissements incluent :

    • Financement des infrastructures : construction et entretien des bases militaires, comme celle de Bamako où se trouve la chapelle orthodoxe.
    • Rémunération des forces : paiement des salaires et des prestations des mercenaires et conseillers russes.
    • Logistique et soutien : fourniture de matériel, de munitions et de moyens de transport pour les opérations militaires.
    • Frais annexes : dépenses liées à la sécurité, aux communications et aux services logistiques nécessaires au bon fonctionnement des troupes.

    Ces coûts, cumulés, atteignent près d’un milliard de dollars, un montant qui pèse lourdement sur les finances publiques du Mali, déjà fragilisées par des années de crise sécuritaire et politique.

    Des résultats militaires en demi-teinte

    Malgré l’engagement financier massif, les résultats obtenus par Africa Corps dans la lutte contre le jihadisme restent limités. Les groupes armés, toujours actifs dans le nord et le centre du pays, continuent de menacer la stabilité régionale. Les opérations conjointes entre l’armée malienne et les forces russes peinent à inverser la tendance.

    Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés :

    • Manque de coordination : les différences de doctrine militaire et de tactiques entre les forces maliennes et russes compliquent les opérations conjointes.
    • Résistance locale : la présence de mercenaires étrangers suscite des tensions au sein de la population et des factions militaires maliennes.
    • Adaptation des groupes jihadistes : ces derniers ont développé des stratégies pour contourner les offensives des forces pro-gouvernementales.

    Dans ce contexte, la junte malienne se trouve confrontée à un dilemme : poursuivre son alliance avec Africa Corps malgré des résultats mitigés, ou explorer d’autres options pour sécuriser le territoire.

    Le Mali face à l’héritage de Wagner et aux défis d’Africa Corps

    La transition entre Wagner et Africa Corps au Mali illustre les défis auxquels fait face Bamako dans sa quête de stabilité. Après des années de collaboration controversée avec le groupe russe, marqué par des accusations de violations des droits humains, le gouvernement malien a opté pour une nouvelle formule : une alliance officielle avec Moscou via Africa Corps.

    Cette décision s’inscrit dans un contexte géopolitique où le Mali cherche à diversifier ses partenariats en matière de sécurité. Cependant, les attentes sont élevées, et la pression pour obtenir des résultats concrets s’intensifie. Entre le coût exorbitant de cette collaboration et les limites opérationnelles observées, Bamako doit désormais évaluer la viabilité de cette stratégie.

    Les alternatives à l’alliance avec Russia

    Face aux défis posés par Africa Corps, le Mali pourrait envisager d’autres pistes pour renforcer sa sécurité. Parmi les options possibles :

    • Renforcement des partenariats régionaux : collaboration accrue avec les pays voisins comme le Niger ou le Burkina Faso pour une approche régionale contre le jihadisme.
    • Soutien des forces locales : investissement dans la formation et l’équipement des troupes maliennes pour une autonomie accrue.
    • Dialogue avec les groupes armés : exploration de voies diplomatiques pour réduire les tensions et favoriser la réconciliation nationale.

    Ces alternatives, bien que complexes, pourraient offrir au Mali une sortie de crise plus durable que l’alliance actuelle avec Africa Corps.

    Conclusion : un engagement coûteux, des résultats incertains

    L’alliance militaire entre le Mali et Africa Corps s’inscrit dans une stratégie de lutte contre le jihadisme, mais son coût financier et ses résultats opérationnels restent sujets à débat. Avec près d’un milliard de dollars engagés, Bamako doit désormais évaluer si cette collaboration est viable à long terme, ou si d’autres options doivent être envisagées pour assurer la stabilité du pays.

    Une chose est sûre : la quête de sécurité au Mali passe par une réflexion approfondie sur les partenariats internationaux et les priorités nationales.

  • Le Burkina Faso enregistre un recul spectaculaire du paludisme en 2025, l’éradication à l’horizon 2030

    Le Burkina Faso enregistre un recul spectaculaire du paludisme en 2025, l’éradication à l’horizon 2030

    Le Burkina Faso marque une étape décisive dans sa campagne contre le paludisme, une affection parasitaire que la nation ambitionne d’éradiquer d’ici 2030. L’année 2025 a été caractérisée par une diminution sans précédent du nombre de contaminations et de décès imputables au paludisme. Le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé, a partagé ces données lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 20 février 2026 à Ouagadougou.

    Les statistiques révèlent une diminution notable des cas de paludisme au Burkina Faso, passant de 10 805 000 en 2024 à 7 329 000 en 2025, ce qui représente une baisse de 32 %. Chez les jeunes de moins de 5 ans, cette réduction est encore plus prononcée, avec plus de 1 900 000 cas évités, soit environ 38 %.

    Concernant la mortalité, le nombre de décès dus au paludisme a chuté de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025, soit une amélioration de 48 %. Pour les enfants de moins de 5 ans, le ministre de la Santé a souligné une diminution de 893 décès enregistrés en 2025.

    D’après les déclarations du Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, l’objectif du Burkina Faso est limpide : « Éradiquer le paludisme avant 2030 ». Il a précisé les actions nécessaires : « Pour y parvenir, nous devons maintenir notre trajectoire, améliorer l’hygiène du cadre de vie, intensifier la mise en œuvre d’interventions à fort impact telles que la vaccination antipaludique, l’emploi de moustiquaires imprégnées et la chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS+). Il est également crucial de renforcer la communication pour induire des changements de comportement, de consolider l’engagement des communautés et d’assurer un financement pérenne ».

    Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

    Le ministre a insisté sur le fait que ces résultats positifs ne sont pas le fruit du hasard. « Ils découlent d’une vision politique claire, portée par Son Excellence le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui a fait de l’accès équitable aux soins et de la protection des citoyens une priorité absolue de l’action gouvernementale. »

    Il a également souligné que ces avancées reflètent l’engagement continu du Gouvernement et la synergie de tous les acteurs nationaux et partenaires.

    Selon le Dr Kargougou, la création du Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP) a considérablement renforcé la coordination à l’échelle nationale, confirmant la conviction que l’éradication du paludisme nécessite une mobilisation intersectorielle et une adhésion active des populations.

    « La campagne nationale de distribution gratuite et universelle de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action a permis de distribuer près de 15 millions de moustiquaires bi-imprégnées de dernière génération, avec pour ambition un taux d’utilisation d’au moins 80 %. Ces moustiquaires de nouvelle génération se sont avérées plus efficaces pour contrer la résistance aux insecticides, surpassant celles précédemment employées dans notre pays », a-t-il précisé.

    Plus de 33 000 bénévoles communautaires et 7 000 professionnels de la santé ont sillonné les localités, y compris les zones confrontées à des défis sécuritaires, afin de garantir une protection égale pour chaque foyer, d’après le ministre de la Santé. « Cette proximité a favorisé l’appropriation par les communautés et le sens de la responsabilité collective », a-t-il affirmé.

    Par ailleurs, le ministre a mentionné que l’extension de la vaccination gratuite contre le paludisme, opérationnelle depuis le 14 août 2025 dans l’ensemble des 70 districts sanitaires du pays, représente une avancée historique supplémentaire dans la lutte contre cette maladie au Burkina Faso.

    Pour Lucien Jean-Claude Kargougou, si ces performances sont sans précédent, c’est aussi parce que chacun a compris que le combat contre le paludisme est avant tout une question de comportements et d’engagement social.

    « La mobilisation communautaire et la communication ont été au cœur de notre stratégie. Des campagnes d’information adaptées aux réalités locales, l’implication des leaders communautaires et religieux, la sensibilisation en porte-à-porte et l’engagement des médias ont converti les outils de prévention en gestes quotidiens : dormir sous moustiquaire, faire vacciner les enfants, consulter rapidement en cas de fièvre », a-t-il détaillé.

    À cet égard, le ministre Kargougou a lancé un appel à tous les acteurs pour qu’ils maintiennent cette dynamique et relèvent le défi de l’élimination du paludisme.

    « Nous invitons l’ensemble des parties prenantes : collectivités territoriales, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, leaders communautaires, médias et citoyens, à poursuivre et à intensifier cet élan. Ensemble, nous avons prouvé qu’il est possible de faire reculer le paludisme de manière significative. Ensemble, nous éliminerons le paludisme au Burkina Faso », a-t-il conclu.