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  • Les États-Unis renforcent leur présence au Sahel face à la menace djihadiste

    Les États-Unis renforcent leur présence au Sahel face à la menace djihadiste

    les États-Unis renforcent leur présence au Sahel face à la menace djihadiste

    manifestation pro-russe à Niamey contre les bases françaises et nigériennes

    Les États-Unis marquent un tournant dans leur politique africaine en s’engageant davantage au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Cette décision intervient alors que ces trois pays, dirigés par des juntes militaires, ont rompu leurs alliances traditionnelles avec la France pour se rapprocher de la Russie.

    une stratégie axée sur la sécurité et les ressources stratégiques

    Washington a annoncé l’envoi de Nick Checker, responsable du Bureau des affaires africaines, à Bamako pour officialiser ce changement. L’objectif ? Affirmer le respect des États-Unis pour la souveraineté de ces nations et proposer une coopération renforcée en matière de sécurité et d’économie, notamment avec les voisins du Burkina Faso et du Niger.

    Cette initiative marque une rupture avec l’administration précédente, qui avait suspendu toute collaboration militaire après les coups d’État ayant renversé les gouvernements élus entre 2020 et 2023. Le président du Niger, Mohamed Bazoum, reste aujourd’hui séquestré dans sa résidence.

    le Sahel, nouvel épicentre du terrorisme mondial

    Les États-Unis justifient ce revirement par la menace croissante des groupes djihadistes dans la région. Le Sahel, cette bande semi-aride au sud du Sahara, concentre désormais près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde. Les craintes sont doubles :

    • L’émergence de refuges pour les groupes terroristes, capables de s’étendre bien au-delà des frontières locales.
    • La perte de contrôle territorial par les gouvernements, favorisant l’instabilité régionale.

    Parmi les zones les plus critiques, la région des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger est particulièrement touchée. L’État islamique au Grand Sahara (EIGS), actif dans cette zone, a récemment mené une attaque majeure contre l’aéroport de Niamey, illustrant l’ampleur de la menace.

    minerais stratégiques et enjeux géopolitiques

    Au-delà de la sécurité, les États-Unis s’intéressent aux ressources naturelles de la région :

    • Or : principale production minière du Sahel.
    • Lithium : extrait au Mali, essentiel pour les batteries rechargeables et certains médicaments.
    • Uranium : abondant au Niger, où la junte a repris le contrôle de la principale mine, autrefois exploitée par l’entreprise française Orano.

    Ces ressources attirent l’attention de plusieurs puissances, dont la Russie, qui renforce son influence dans la région via des partenariats militaires et économiques. Washington cherche désormais à contrebalancer cette présence.

    une approche pragmatique sans ingérence politique

    Contrairement à l’administration Biden, qui conditionnait son aide à des réformes démocratiques, l’équipe de Donald Trump adopte une position plus souple. Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au département d’État, a déclaré :

    « La démocratie est toujours appréciée, mais notre politique est de ne pas nous ingérer dans les affaires intérieures des autres pays. Les peuples sont libres de choisir leur système. »

    Cette flexibilité s’accompagne d’un recentrage sur la lutte antiterroriste. Le général Michael Langley, ancien chef de l’Africom, avait souligné l’importance de la bonne gouvernance sous l’administration précédente, mais la priorité est désormais clairement donnée à la sécurité.

    Washington fournit désormais un soutien en renseignement et envisage de livrer des armes aux juntes. Cependant, aucune troupe au sol ni réouverture de bases ne sont prévues. La grande base de drones d’Agadez, au Niger, reste fermée depuis son expulsion par la junte sous pression de l’administration Biden.

    coopération régionale et défis persistants

    Le retrait des trois pays de la CEDEAO en 2023 a laissé place à une nouvelle alliance, l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette organisation, axée sur la sécurité et l’autonomie, exclut tout retour à la démocratie pour l’instant.

    Les pays voisins, comme le Bénin, le Nigeria, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire, restent vulnérables aux infiltrations djihadistes. Une coopération renforcée avec les juntes pourrait permettre de mieux cibler les groupes terroristes, mais les défis socio-économiques persistent.

    Comme l’a montré l’expérience française, les solutions purement militaires ne suffisent pas sans une approche globale incluant le développement économique et la stabilisation politique.

    paysage de Tombouctou au Mali
  • Crise au Nigéria : l’urgence humanitaire et sécuritaire d’un pays fracturé

    Crise au Nigéria : l’urgence humanitaire et sécuritaire d’un pays fracturé

    crise au Nigéria : l’urgence humanitaire et sécuritaire d’un pays fracturé

    Les enlèvements massifs d’écoliers, les attaques meurtrières contre des villages entiers et les agressions ciblant les lieux de culte, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, ont replacé le Nigéria sous les projecteurs internationaux. Ces violences, dont l’intensité n’a cessé de croître, ont pris une dimension géopolitique inédite lorsque les États-Unis ont mené, à Noël, des frappes aériennes contre des positions jihadistes dans le nord du pays. Washington justifiait ces actions par la nécessité de protéger les communautés chrétiennes menacées.

    une insécurité généralisée, bien au-delà des clivages religieux

    Dans un contexte marqué par des violences endémiques, certains responsables américains évoquent désormais l’existence d’un « génocide chrétien » au Nigéria. Pourtant, pour les Nations Unies, ces événements spectaculaires ne reflètent qu’une partie infime de la réalité : celle d’un pays englué dans une insécurité chronique, alimentant l’une des pires crises humanitaires du continent africain.

    « La sécurité constitue l’un des défis majeurs du Nigéria », souligne Mohamed Malik Fall, coordinateur des agences onusiennes dans le pays. « Elle ne se limite plus à une seule région : elle s’étend désormais à presque tout le territoire. »

    des origines multiples à la crise sécuritaire

    Le conflit plonge ses racines dans le nord-est du Nigéria, dévasté depuis 2009 par une insurrection jihadiste initiée par Boko Haram, puis relayée par d’autres groupes, dont l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Près de deux décennies plus tard, cette guerre a profondément ébranlé la cohésion nationale.

    « Plus de deux millions de personnes vivent encore en situation de déplacement forcé, et ce, de manière durable. Une génération entière a grandi dans des camps, sans jamais connaître autre chose que cette précarité », explique Mohamed Malik Fall.

    Les bilans officiels recensent plus de 40 000 morts depuis le début de l’insurrection, des milliers d’écoles et de centres de santé détruits, ainsi que des terres agricoles rendues stériles. « Les populations sont privées de toute activité économique, condamnées à une survie sans dignité », ajoute-t-il.

    banditisme, conflits fonciers et tensions communautaires

    À cette crise prolongée s’ajoutent des violences diffuses. Dans le nord-ouest, des États comme Zamfara, Katsina ou Sokoto subissent des attaques de groupes criminels qualifiés de « bandits » par les autorités locales. Ces derniers multiplient les exactions : pillages, enlèvements et rançonnements. « Des villages entiers ont été abandonnés. Aujourd’hui, près d’un million de personnes sont déplacées dans le nord-ouest seulement », précise Mohamed Malik Fall.

    Dans la ceinture centrale du pays, les tensions entre agriculteurs et éleveurs, exacerbées par la rareté des terres et les aléas climatiques, ont provoqué d’importants mouvements de population. Plus au sud, d’autres foyers de violence persistent, liés à des revendications séparatistes ou à des sabotages dans le secteur pétrolier.

    Résultat : avec environ 3,5 millions de déplacés, le Nigéria abrite à lui seul près de 10 % des personnes déplacées en Afrique.

    violences ciblées ou insécurité généralisée ?

    Les récentes attaques contre des églises et des écoles chrétiennes ont ravivé un débat international. En janvier, plus de 160 fidèles ont été enlevés lors de messes dominicales dans l’État de Kaduna. Quelques jours plus tôt, des villages du nord-ouest étaient la cible d’attaques meurtrières, tandis que des élèves étaient à nouveau pris pour cibles près de l’école catholique de Papiri.

    Ces violences rappellent tragiquement l’enlèvement de 276 lycéennes chrétiennes à Chibok, dans l’État de Borno, en 2014, un événement qui avait marqué les esprits. Face à ces attaques, les États-Unis ont justifié leurs frappes du jour de Noël par la nécessité de protéger les chrétiens des milices islamistes. Certains responsables américains évoquent désormais un « génocide chrétien », une qualification que les Nations Unies refusent d’endosser, faute de preuves tangibles d’une persécution systématique.

    « Je ne qualifierais pas cette violence de persécution ciblée d’un groupe religieux », déclare Mohamed Malik Fall. « La majorité des plus de 40 000 morts de l’insurrection sont des musulmans, tués dans des mosquées. » Il rappelle qu’à Maiduguri, cœur historique de l’insurrection, une attaque survenue la veille de Noël a frappé une zone située « entre une mosquée et un marché », faisant des victimes parmi les fidèles musulmans. « L’insécurité touche tout le monde, sans distinction de religion ou d’ethnie », insiste-t-il, mettant en garde contre des récits « qui risquent d’aggraver les divisions au lieu de favoriser la cohésion sociale ».

    Enfants déplacés au Nigéria en 2022 Crise humanitaire au Nigéria en 2022

    une crise humanitaire sous-financée et aux conséquences dramatiques

    Derrière la crise sécuritaire se cache une urgence humanitaire d’une ampleur alarmante. Dans les seuls États du nord-est, 7,2 millions de personnes ont besoin d’assistance, dont près de 6 millions en situation critique, selon l’ONU.

    L’insécurité alimentaire est devenue un fléau majeur. Les projections estiment que 36 millions de personnes pourraient basculer dans une phase d’insécurité alimentaire dans les mois à venir. Parmi les enfants de moins de cinq ans, plus de 3,5 millions risquent de souffrir de malnutrition aiguë. « Les conséquences vont bien au-delà de l’immédiat », alerte Mohamed Malik Fall. « La malnutrition affecte le développement cognitif, l’éducation, et ses effets se répercutent jusqu’à l’âge adulte. »

    Ces vulnérabilités s’aggravent avec les chocs climatiques – sécheresses, inondations –, les épidémies récurrentes de choléra ou de méningite, et un système de santé déjà fragilisé.

    Le financement de l’aide humanitaire s’effondre. « Il y a quelques années, le plan de réponse humanitaire atteignait près d’un milliard de dollars par an », rappelle le coordonnateur onusien. « En 2024, il était de 585 millions. L’an dernier, seulement 262 millions. Et cette année, nous ne sommes même pas sûrs d’atteindre 200 millions. »

    le Nigéria, géant économique face à ses responsabilités

    Le paradoxe nigérian réside dans l’écart entre sa puissance économique et l’ampleur de la crise humanitaire. « Le Nigéria n’est ni le Soudan, ni la Somalie, ni le Soudan du Sud », rappelle Mohamed Malik Fall. « C’est un pays doté de ressources. La responsabilité première de la réponse humanitaire incombe au gouvernement. »

    Pour l’ONU, l’enjeu est désormais de transférer progressivement la gestion de l’aide aux autorités fédérales et aux États, tout en appelant la communauté internationale à ne pas détourner le regard. « Aucune population ne souhaite dépendre de l’assistance », conclut-il. « Les gens préfèrent qu’on les aide à accéder à des opportunités économiques plutôt que de recevoir une aide ponctuelle. Donner du poisson, c’est bien. Apprendre à pêcher, c’est mieux. »

  • Nuit de tensions à l’aéroport de Niamey : ce que l’on sait des détonations

    Nuit de tensions à l’aéroport de Niamey : ce que l’on sait des détonations

    Le climat sécuritaire reste instable au Niger. Durant la nuit de mercredi à jeudi, des échanges de tirs nourris et des explosions impressionnantes ont perturbé le secteur de l’aéroport international de Niamey. Selon des témoignages de riverains, la situation semble s’être stabilisée après plusieurs heures d’incertitude.

    Une nuit d’angoisse dans la capitale nigérienne

    L’actu Niger a été marquée par un début de nuit agité. Les premières détonations ont retenti peu après minuit, provoquant l’inquiétude des habitants des quartiers limitrophes de la zone aéroportuaire. Le calme n’aurait été rétabli que vers 2 heures du matin, mettant fin à une séquence de tirs intenses.

    Pour rappel, la politique nigérienne est actuellement sous le contrôle du général Abdourahamane Tiani. Ce dernier dirige le pays depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023. Ce nouvel incident s’inscrit dans un contexte de lutte persistante contre les violences djihadistes dans la région.

    Un site stratégique sous haute surveillance

    L’aéroport Diori Hamani, situé à une dizaine de kilomètres du palais présidentiel, n’est pas seulement un hub civil. C’est un point névralgique de la Niamey actualité car il abrite :

    • Une base de l’armée de l’air du Niger ;
    • Une infrastructure dédiée aux drones récemment mise en service ;
    • Le quartier général de la Force unifiée, regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

    Défense anti-aérienne et conséquences sur le trafic

    Bien que l’origine exacte des affrontements demeure floue, des images circulant sur les réseaux sociaux suggèrent l’activation d’une défense anti-aérienne. Des traînées lumineuses ont été aperçues dans le ciel, évoquant une possible riposte contre des drones. Des dégâts matériels, notamment des véhicules incendiés, ont également été signalés sur place.

    Face à ces événements, des partisans du pouvoir militaire ont lancé des appels à la mobilisation pour protéger la nation. Parallèlement, le trafic aérien a été impacté : un vol en provenance d’Alger a dû être dérouté vers le Burkina Faso. Enfin, concernant le volet Niger économie, il est à noter qu’un stock important d’uranium destiné à l’exportation se trouve actuellement entreposé dans l’enceinte de l’aéroport.

  • AES : les défis de la libre circulation après le départ de la cédéao

    AES : les défis de la libre circulation après le départ de la cédéao

    Pourquoi l’Alliance des États du Sahel peine à garantir la libre circulation des biens et des personnes

    Le retrait des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a immédiatement suspendu les avantages liés à la libre circulation des personnes et des marchandises au sein de cette zone. Désormais, les ressortissants du Mali, du Burkina Faso et du Niger doivent faire face à de nouvelles contraintes administratives lorsqu’ils souhaitent traverser les frontières des pays restés dans la Cédéao.

    Les documents comme les passeports, les cartes d’identité ou encore les permis de conduire sont désormais soumis à des vérifications plus strictes. Un changement qui complique considérablement la mobilité des citoyens de l’AES, comme en témoigne Almou Yacouba, secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger :

    « Aujourd’hui, les difficultés se concentrent sur la carte grise internationale et le permis international. L’assurance Cédéao, autrefois obligatoire, pose désormais problème. Par exemple, une carte d’identité du Niger n’est plus acceptée en Côte d’Ivoire si elle ne mentionne pas de date d’expiration, seulement sa date de fabrication. Avant, les cartes d’identité de la Cédéao facilitaient les déplacements, mais ce document n’existe plus. Résultat : les voyageurs doivent s’attendre à des refus aux frontières. »

    Des contrôles abusifs et des frais illégaux persistent même au sein de l’AES

    Malgré les annonces des gouvernements des trois pays membres de l’AES, les transporteurs et les voyageurs continuent de subir des contrôles excessifs et des demandes de pots-de-vin aux frontières. Chaibou Tchiombiano, secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger, confirme ces difficultés :

    « La libre circulation des personnes et des biens est un principe essentiel, mais elle est rarement respectée. Les contrôles abusifs et les exigences injustifiées restent monnaie courante. »

    Face à ces obstacles, les acteurs économiques des trois pays appellent à la création d’un passeport unique de l’AES, afin de faciliter les déplacements entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Une solution qui permettrait de contourner les restrictions imposées par la sortie de la Cédéao.

    L’AES cherche des solutions pour relancer la mobilité régionale

    Conscient des enjeux, le Niger a accueilli en décembre 2025 une réunion des ministres des Transports de l’AES. L’objectif ? Discuter des moyens pour rétablir la libre circulation des personnes et des marchandises au sein de l’Alliance, après le retrait de la Cédéao. Une initiative qui pourrait, à terme, aboutir à la mise en place d’un cadre juridique commun pour les trois pays.

    En attendant, les citoyens et les entreprises des pays de l’AES doivent composer avec des règles floues et des pratiques administratives contraignantes, qui freinent l’intégration économique et sociale de la région.

    Les dirigeants du Mali, Assimi Goita, du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, et du Niger, Abdourahamane Tiani, lors d’un sommet de l’Alliance des États du Sahel à Niamey
    • Problème de documents administratifs : les passeports, cartes d’identité et permis de conduire des ressortissants de l’AES ne sont plus automatiquement reconnus dans l’espace Cédéao.
    • Contrôles abusifs et pots-de-vin : malgré le retrait de la Cédéao, les voyageurs et transporteurs subissent encore des tracasseries aux frontières, même entre pays membres de l’AES.
    • Appel à un passeport unique : les acteurs économiques réclament un document commun pour faciliter la mobilité au sein de l’Alliance.
    • Réunion des ministres des Transports : le Niger a organisé en décembre 2025 une rencontre pour trouver des solutions à la libre circulation dans l’AES.
  • Coopération sécuritaire Washington AES : une alliance stratégique malgré les tensions

    Coopération sécuritaire Washington AES : une alliance stratégique malgré les tensions

    coopération sécuritaire Washington AES : une alliance stratégique malgré les tensions

    Niger | formation de l’us air force sur une base de drones

    Les États-Unis ont choisi de maintenir une coopération sécuritaire avec les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — malgré les tensions récentes qui ont marqué leurs relations. Cette décision, officiellement confirmée par le général John Brennan, commandant adjoint de l’Africom, s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre le terrorisme dans la région.

    Selon ses déclarations, les échanges entre Washington et les autorités militaires de l’AES se poursuivent, bien que « la situation ait profondément évolué ces dernières années ». Il a notamment évoqué des « échanges d’informations ciblés pour neutraliser des cellules terroristes majeures », tout en reconnaissant l’existence de désinformations visant à discréditer la présence américaine.

    John Brennan a précisé : « Nous œuvrons à rétablir la confiance en clarifiant nos objectifs, mais d’autres acteurs extérieurs diffusent des messages contradictoires pour semer le doute sur nos intentions. Notre priorité reste d’affaiblir ces narratives hostiles. »

    Cette approche, qualifiée de « pragmatique » par les observateurs, soulève des questions sur la cohérence de la politique étrangère américaine face aux régimes issus de coups d’État.

    Mali, Bamako 2025 | bustes des dirigeants de l’AES

    pourquoi les États-Unis maintiennent-ils cette coopération malgré les tensions ?

    Abdoulmoumouni Abbas, spécialiste de la radicalisation et de l’extrémisme violent au Sahel et autour du Lac Tchad, met en lumière les multiples intérêts stratégiques des États-Unis dans la région. Selon lui, leur engagement va bien au-delà de la lutte antiterroriste : « Les Américains ont des enjeux majeurs dans cette zone, incluant la lutte contre le trafic de stupéfiants, la criminalité transfrontalière, le terrorisme, mais aussi les flux migratoires irréguliers. »

    Il ajoute : « Ces problématiques, notamment la criminalité organisée, prennent de l’ampleur et nécessitent une réponse coordonnée. »

    Récemment, l’armée américaine a intensifié ses livraisons de matériel et le partage de renseignements avec le Nigeria, dans le cadre d’une mission visant à affaiblir les groupes djihadistes de l’État islamique en Afrique. Parallèlement, John Brennan a tenu à rassurer les populations locales en affirmant que Washington ne cherchait pas à remplacer ses bases au Niger, suite à l’expulsion forcée des troupes américaines par les autorités militaires nigériennes.

    Un message clair destiné à apaiser les tensions et à préserver les relations avec les pays de l’AES, malgré les divergences politiques persistantes.

    une stratégie sous surveillance

    Cette politique américaine, bien que justifiée par des impératifs sécuritaires, suscite des débats parmi les experts. Si elle permet de maintenir une présence stratégique au Sahel, elle interroge sur la fiabilité des partenariats avec des régimes issus de coups d’État. Les observateurs soulignent que Washington doit désormais naviguer entre pragmatisme et cohérence diplomatique pour éviter de perdre en crédibilité sur la scène internationale.

    En définitive, la coopération sécuritaire entre les États-Unis et l’AES semble s’inscrire dans une logique de realpolitik, où les impératifs antiterroristes priment sur les considérations politiques.

  • Amélioration des soins de santé dans les zones fragiles du Sahel : bilans encourageants

    Amélioration des soins de santé dans les zones fragiles du Sahel : bilans encourageants

    bilan prometteur des initiatives sanitaires au Sahel

    Entre 2018 et 2024, des avancées significatives ont été enregistrées dans l’amélioration des systèmes de santé pour les populations vulnérables du Mali et de la Mauritanie. Voici les principaux résultats obtenus grâce à ces efforts collectifs :

    des services de santé élargis et optimisés

    Plus de 5 millions de personnes, dont une grande partie étaient des femmes, ont pu bénéficier de services de santé de base dans ces deux pays d’Afrique de l’Ouest. Cet impact dépasse largement l’objectif initial fixé à 3,65 millions de bénéficiaires. Les centres de santé des zones concernées ont vu leur qualité de soins s’améliorer notablement, grâce à l’acquisition d’équipements performants, à la formation continue des professionnels de santé et à une meilleure prise en charge des patients.

    suivi médical renforcé pour les femmes enceintes

    Dans les régions du Mali touchées par des conflits, le suivi prénatal a connu une progression remarquable. Le pourcentage de femmes enceintes effectuant au moins une visite prénatale est passé de 13 % à 38 %. En Mauritanie, près de 160 000 accouchements ont été assistés par du personnel qualifié, soit une augmentation de 20 % par rapport aux prévisions.

    vaccination et soins pédiatriques en hausse

    Au Mali, plus d’1,17 million de consultations pédiatriques ont été réalisées pour des enfants de moins de cinq ans, traitant des affections courantes comme le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les diarrhées. En Mauritanie, la vaccination des enfants a été multipliée par trois par rapport aux objectifs, avec plus de 200 000 enfants immunisés. Près de 5 millions de consultations médicales ont également été dispensées aux jeunes enfants.

    lutte active contre la malnutrition

    Un appui nutritionnel a été apporté à 750 000 femmes et enfants en Mauritanie, contribuant significativement à la réduction de la malnutrition dans les communautés concernées.

    accès gratuit aux soins pour les plus vulnérables

    Au Mali, 460 000 personnes issues de milieux défavorisés ont pu accéder gratuitement à des soins essentiels. En Mauritanie, plus d’un million de services médicaux gratuits ont été délivrés aux populations vulnérables, avec une attention particulière portée aux réfugiés. Par ailleurs, 81 % des ménages défavorisés ciblés ont reçu une aide financière pour faciliter leur accès aux soins.

    progrès en matière de planification familiale

    L’utilisation de contraceptifs chez les adolescentes au Mali a presque triplé, passant de 5,8 % à 15,3 %. En Mauritanie, le nombre de femmes recourant à des méthodes contraceptives modernes a été multiplié par plus de 26, passant de 9 000 à plus de 240 000 utilisatrices, dépassant largement les attentes initiales.

  • Tragédie à Bosiye : trente et un civils perdent la vie dans l’ouest du Niger

    Tragédie à Bosiye : trente et un civils perdent la vie dans l’ouest du Niger

    Un nouveau drame vient de frapper l’ouest du Niger. Le village de Bosiye a été la cible d’une incursion armée d’une violence extrême, laissant derrière elle un bilan humain particulièrement lourd au sein de la population civile.

    Un bilan humain tragique dans la région de Tillabéri

    Selon les rapports locaux, cet assaut meurtrier perpétré dimanche a coûté la vie à 31 personnes. Outre ces décès, quatre individus ont été transportés d’urgence vers des structures de santé et demeurent dans un état critique. Ce massacre s’est déroulé dans la commune de Gorouol, située dans la zone instable de Tillabéri.

    Le défi sécuritaire dans la zone des trois frontières

    Le village de Bosiye se trouve au cœur de la région dite des « trois frontières », un espace frontalier avec le Burkina Faso et le Mali. Cette zone est devenue, depuis près de dix ans, le foyer d’activités intenses pour des groupes armés radicaux liés à Al-Qaïda (JNIM) et à l’État islamique (EI). Cette attaque sanglante s’inscrit dans un contexte de violences persistantes qui marque l’actu Niger et pèse lourdement sur la politique nigérienne de défense dans le Sahel.

  • Crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : l’urgence humanitaire s’aggrave

    Crise alimentaire en Afrique de l’Ouest et du Centre : l’urgence humanitaire s’aggrave

    Une urgence humanitaire sans précédent en Afrique de l’Ouest et du Centre

    En Afrique de l’Ouest et du Centre, des millions de personnes sont aujourd’hui confrontées à une crise alimentaire aiguë, aggravée par la hausse des violences et les coupes budgétaires. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), 55 millions d’habitants pourraient être touchés par une famine critique dès cet été, dont plus de 13 millions d’enfants en situation de vulnérabilité extrême.

    Les prévisions sont alarmantes : plus de trois millions de personnes devraient connaître une insécurité alimentaire de niveau d’urgence (phase 4 de l’IPC) en 2026, ce qui représente un doublement par rapport aux 1,5 million de personnes concernées en 2020. Quatre pays concentrent à eux seuls 77 % des besoins : le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger.

    Parmi les zones les plus critiques, l’État de Borno au Nigeria inquiète particulièrement : 15 000 personnes pourraient basculer dans une famine catastrophique (IPC-5), un niveau inédit depuis près de dix ans.

    Des pays en première ligne face à la faim

    Plusieurs pays de la région subissent les conséquences d’un cercle vicieux : conflits, déplacements massifs et effondrement économique. Au Mali, la réduction des aides alimentaires a entraîné une augmentation de 64 % des cas de famine aiguë dans certaines zones, tandis que les rations complètes ont permis une baisse de 34 %. Avec 1,5 million de Maliens vulnérables, le risque de crise alimentaire reste très élevé.

    Au Nigeria, le manque de financements en 2025 a forcé le PAM à réduire ses programmes nutritionnels, affectant plus de 300 000 enfants. La situation s’est dégradée, passant de grave à critique dans plusieurs États du nord. En février 2026, seulement 72 000 personnes pourraient être secourues, contre 1,3 million l’année précédente.

    Au Cameroun, plus d’un demi-million de personnes risquent de ne plus recevoir d’aide vitale si les fonds d’urgence ne sont pas mobilisés rapidement.

    13 millions d’enfants menacés par la malnutrition

    Selon Jean Martin Bauer, directeur de l’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition au PAM, environ 13 millions d’enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre seront exposés à la faim chronique en 2026. Ces enfants, parmi les plus vulnérables, ont besoin de programmes nutritionnels prioritaires pour éviter des conséquences irréversibles.

    Le PAM alerte sur l’impact de l’IPC-5, qui concerne 15 000 personnes dans le nord-est du Nigeria et certaines zones de l’État de Borno. Ce classement signifie un risque immédiat de mortalité accru. « Les gens meurent de faim », a souligné Jean Martin Bauer, insistant sur l’urgence d’agir pour sauver les populations les plus exposées.

    Un appel à l’action urgent : 453 millions de dollars nécessaires

    Pour éviter une catastrophe humanitaire, le PAM lance un appel à l’aide : plus de 453 millions de dollars doivent être mobilisés dans les six prochains mois afin de maintenir les opérations d’urgence dans la région. Sans ces fonds, des millions de vies seront en danger.

    Sarah Longford, directrice régionale adjointe du PAM pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, met en garde : « Il est essentiel de soutenir les communautés en crise pour éviter que la faim ne s’aggrave et ne provoque davantage de troubles, de déplacements et de conflits dans toute la région. »

    Des solutions existent, mais elles manquent de financements

    Le PAM déploie depuis plusieurs années des programmes de résilience, des initiatives d’alimentation scolaire et des infrastructures communautaires pour lutter contre les causes profondes de l’insécurité alimentaire. Ces efforts ont déjà porté leurs fruits : plus de 300 000 hectares de terres dégradées ont été réhabilités depuis 2018, protégeant environ quatre millions de personnes contre les chocs climatiques.

    Malgré ces avancées, les solutions restent sous-financées. « Les réponses existent, mais elles ne sont pas assez soutenues financièrement », a souligné Jean Martin Bauer. Pour briser le cycle de la faim et offrir un avenir aux générations futures, les gouvernements locaux et leurs partenaires doivent investir davantage dans la préparation, les mesures anticipatives et le renforcement de la résilience des communautés.

    Des femmes et des enfants camerounais participent à une séance de sensibilisation dans le cadre du projet PULCCA, visant à renforcer la résilience face à l'insécurité alimentaire.
    Enfant dans un camp de déplacés à Maiduguri, État de Borno, Nigeria : une illustration de la crise humanitaire dans la région.

    Agir maintenant pour éviter une catastrophe

    Face à l’urgence, le PAM appelle à une mobilisation immédiate des fonds pour éviter que la situation ne dégénère davantage. Les solutions existent : renforcement des programmes de résilience, soutien aux gouvernements locaux et protection des populations les plus vulnérables. Mais sans une réponse financière rapide, des millions de personnes continueront de souffrir de la faim et de ses conséquences dévastatrices.

    La communauté internationale doit agir dès maintenant pour sauver des vies et préserver l’avenir de millions d’enfants et d’adultes en Afrique de l’Ouest et du Centre.

  • Afrique 2025 : une année de turbulences pour la démocratie

    Afrique 2025 : une année de turbulences pour la démocratie

    Coups d’État, élections contestées et manifestations : une année difficile pour la démocratie en Afrique

    Gros plan sur trois femmes en deuil, bouleversées. Elles pleurent devant un cercueil, invisible sur la photo.

    Les événements troublants survenus en Tanzanie en octobre dernier donnent un aperçu des tensions qui ont jalonné une année complexe pour la politique africaine. Des manifestants ont été tués par la police lors de protestations contre une élection qu’ils jugeaient frauduleuse, un scrutin condamné par les instances régionales et continentales. Cet épisode a terni la réputation de stabilité du pays.

    Avec des opposants emprisonnés ou écartés de la course, la présidente Samia Suluhu Hassan a été réélue avec un score de 98 %. Les progrès vers une démocratie plus inclusive en Tanzanie semblent avoir été balayés. Ce cas illustre une fracture plus large observée dans de nombreux pays africains entre les peuples et leurs gouvernants.

    L’année 2025 a été marquée par des manifestations et des conflits électoraux dans plusieurs nations, tandis que des régimes militaires ont renforcé leur pouvoir dans d’autres. Les analystes prévoient que l’année à venir pourrait connaître encore plus de bouleversements.

    « En observant la situation globale sur le continent, la tendance est inquiétante », affirme Mo Ibrahim, dont la fondation analyse les données pour évaluer la gouvernance en Afrique. Son dernier rapport suggère que les progrès en matière de gouvernance, mesurés par des critères comme la sécurité, la participation citoyenne, la santé et l’éducation, ont ralenti par rapport à la décennie précédant 2022. « La multiplication des coups d’État, le retour des militaires et la restriction de l’espace démocratique pointent tous vers le même problème : un échec de la gouvernance. »

    L’augmentation du coût de la vie a souvent été l’étincelle qui a allumé le feu du mécontentement. Bien que ce phénomène ne soit pas exclusif au continent, M. Ibrahim souligne que « le risque pour l’Afrique est que ces tendances négatives se propagent sans contrôle, anéantissant une grande partie des progrès durement acquis ces dernières décennies ».

    Un groupe de personnes brandit une image géante de la tête de Lazarus Chakwera qui a été arrachée d'un panneau d'affichage.

    Pour les partisans de la démocratie, 2025 a tout de même offert quelques lueurs d’espoir, avec des transferts de pouvoir pacifiques et des élections jugées libres. Au Malawi, l’ancien président Peter Mutharika a regagné le pouvoir après un passage dans l’opposition. Aux Seychelles, le parti United Seychelles, longtemps au pouvoir, a fait son retour cinq ans après sa défaite électorale. Dans les deux cas, les dirigeants sortants ont payé leur incapacité perçue à gérer l’inflation.

    Ces résultats s’inscrivent dans la lignée de revers subis par les partis au pouvoir en 2024. En Afrique du Sud, l’African National Congress a perdu sa majorité absolue pour la première fois depuis 1994, formant une coalition avec son principal rival. Au Sénégal, la mobilisation populaire et des décisions de justice ont contrecarré les tentatives du président de prolonger son mandat, menant à l’élection d’un candidat peu connu après l’invalidation du principal leader de l’opposition.

    Cependant, les analystes mettent en avant des évolutions inverses ailleurs, témoignant d’une remise en question de la démocratie sur le continent. La consolidation du pouvoir par les régimes militaires dans la région du Sahel en est l’exemple le plus frappant. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont quitté la CEDEAO pour créer une nouvelle alliance de gouvernements issus de coups d’État. L’actualité au Niger et dans les pays voisins illustre cette tendance de la politique nigérienne et sahélienne.

    Là où la démocratie subsiste, la démographie est un facteur de tension. L’Afrique est le continent le plus jeune, mais ses dirigeants sont les plus âgés du monde. Les réseaux sociaux informent une jeunesse qui exige de plus en plus d’être entendue. Au Cameroun, où l’âge moyen est d’à peine 18 ans, le président Paul Biya, à 92 ans, a consolidé son pouvoir. En poste depuis 43 ans, il a prêté serment pour un huitième mandat, ce qui pourrait le maintenir au pouvoir jusqu’à près de 100 ans. Son élection en octobre, jugée ni libre ni équitable par ses détracteurs, a provoqué des jours de manifestations, signe d’une jeunesse prête à défier ouvertement le dirigeant.

    Un groupe de manifestants, dont certains brandissent une banderole « Génération Z », lèvent les poings en l'air.

    Si les manifestations au Cameroun et en Tanzanie n’ont pas entraîné de changements immédiats, l’année 2025 a montré comment l’action directe peut porter ses fruits. En septembre, à Madagascar, des semaines de manifestations menées par des jeunes contre la mauvaise qualité des services publics ont forcé le président Andry Rajoelina à renvoyer son gouvernement. Face à la poursuite des protestations, Rajoelina a été renversé par un coup d’État en octobre, et l’armée a installé l’ancien officier Michael Randrianirina comme président par intérim.

    Bien que les coups d’État militaires représentent un recul démocratique, ils peuvent rappeler aux dirigeants civils la nécessité d’écouter leur électorat. De nombreux analystes pensent que les manifestations deviendront un élément de plus en plus central de la politique africaine.

    « Nous assistons à de nombreuses manifestations », explique Nerima Wako, directrice de Saisa, une organisation kényane. « Ce n’est pas la meilleure façon d’obtenir des changements, mais c’est souvent la seule. » Elle ajoute : « Les contrats sociaux se brisent. Partout en Afrique, les jeunes exigent l’accès à la santé, à l’eau, à des opportunités. »

    Un grand incendie près d'un arbre tombé.

    Pour Adem Abebe, de l’Institut international pour la démocratie, cette désillusion est cruciale. « Les gens sont de plus en plus en colère face à l’érosion des libertés et au manque de services publics. » Il souligne également le rôle de la géopolitique, qui offre aux gouvernements du continent une plus grande marge de manœuvre vers l’autoritarisme. Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, privilégient des relations transactionnelles. « Les partenaires démocratiques traditionnels se retirent, et les gouvernements africains ont désormais le choix, avec des alternatives comme la Chine ou la Russie, ce qui leur permet de poursuivre leurs objectifs sans craindre les critiques. »

    L’avenir de la gouvernance africaine est incertain. Fin 2025, un coup d’État en Guinée-Bissau a porté à huit le nombre de pays du continent dirigés par des militaires. Une tentative de putsch au Bénin a cependant déclenché une réaction rapide de la CEDEAO, suggérant une possible défense plus ferme de la démocratie en Afrique de l’Ouest.

    Un nuage de gaz lacrymogène dessine la silhouette d'un groupe de personnes qui tentent de courir sur un sol poussiéreux pour échapper à la fumée.

    Début janvier, des élections auront lieu en Ouganda, dirigé depuis 40 ans par Yoweri Museveni, 81 ans. Pour Mo Ibrahim, la question clé est la réponse des gouvernements aux aspirations de la jeunesse. « Si nous les écoutons et investissons en eux, les années à venir pourraient marquer un tournant pour le continent. »

    « Nous sommes en crise », conclut Mme Wako. « Nous sommes entrés dans une nouvelle ère dans les relations entre les peuples et le pouvoir. Les gouvernements qui le comprendront rapidement survivront. »

  • Ouagadougou : la DGSV déclenche une opération majeure pour la sécurité des produits aviaires

    Ouagadougou : la DGSV déclenche une opération majeure pour la sécurité des produits aviaires

    La Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV) a initié une vaste opération de contrôle à Ouagadougou ce lundi 29 décembre 2025, ciblant spécifiquement la commercialisation de volailles illégales. Avec le soutien stratégique de la Gendarmerie nationale, pas moins de onze équipes ont été mobilisées sur le terrain pour passer au crible les points de vente, assurant ainsi la sécurité alimentaire des citoyens et la protection de leur santé.

    Alors que les festivités de fin d’année approchent, les autorités du Burkina Faso accentuent leur vigilance sur les marchés. L’ambition première est d’éradiquer la présence de produits aviaires importés frauduleusement, qui ne respectent pas les normes sanitaires strictes et mettent en péril la santé publique.

    Les agents de la DGSV, accompagnés de la Gendarmerie nationale, inspectant un point de vente de volailles à Ouagadougou

    Dr Timothée Bationo, qui dirige le service de l’inspection et de la santé publique vétérinaire au sein de la DGSV, a souligné que cette démarche s’inscrit dans un cadre réglementaire rigoureux.

    Il a précisé que « depuis la période 2015-2017, des dispositions légales prohibent formellement l’introduction de poulets et d’autres produits aviaires provenant de nations touchées par des épidémies ». L’objectif principal de cette interdiction est de contrecarrer l’arrivée de la grippe aviaire, une pathologie qui a malheureusement affecté le territoire burkinabè à diverses reprises par le passé.

    Saisie de produits aviaires importés sans certificat sanitaire

    L’expert a insisté sur le danger inhérent à l’absence de certificat vétérinaire pour ces marchandises. Sans ce précieux sésame, aucune garantie ne peut être donnée quant à la salubrité de la viande pour la consommation. « Tout produit aviaire qui a pénétré le territoire burkinabè sans les attestations requises est, par définition, une importation illégale », a affirmé le Dr Bationo, insistant sur la gravité de la situation.

    La complexité des contrôles est accentuée par les ruses des importateurs clandestins. Ces derniers ont recours à des stratégies de dissimulation ingénieuses, dissimulant par exemple les cargaisons de poulets au milieu de camions censés transporter du poisson. Cette méthode rend l’identification des marchandises frauduleuses particulièrement ardue pour les inspecteurs lors des opérations de déchargement.

    Le Dr Timothée Bationo, Chef de service à la DGSV, expliquant les risques liés à l’importation illégale de poulets

    Au-delà de la stricte question sanitaire, cette campagne vise à sauvegarder l’économie locale. Le marché burkinabè subit en effet une pression constante de ces produits frauduleux, générant une concurrence inéquitable pour les éleveurs nationaux. Le responsable de la DGSV a affirmé : « Nous avons activement soutenu la production avicole locale afin que nos concitoyens puissent profiter de produits du terroir. En régulant et en assainissant le marché, l’État offre aux producteurs locaux de meilleures perspectives pour commercialiser leurs volailles ».

    Les équipes de contrôle saisissent les produits importés sans autorisation ni document sanitaire

    Les autorités lancent un appel pressant à la responsabilité des commerçants. Il est formellement stipulé que toute marchandise saisie sans les attestations sanitaires obligatoires sera irrévocablement détruite. De plus, les infractions commises exposent les responsables à des poursuites judiciaires rigoureuses, pouvant entraîner de lourdes amendes et des peines d’emprisonnement.

    La Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV) a confirmé que cette vigilance renforcée se maintiendra sans relâche tout au long de la période des fêtes, avec pour mission d’assurer à chaque consommateur l’accès à des produits avicoles de qualité et sans risque.

    Lire également ⇒Ouagadougou : La DGSV désinfecte les marchés de volaille pour des fêtes sécurisées

    Akim KY

    Burkina 24

  • Crise sanitaire au Mali : l’épidémie de diphtérie s’intensifie

    Crise sanitaire au Mali : l’épidémie de diphtérie s’intensifie

    Le Mali traverse une période sanitaire critique. Depuis la mi-septembre, une accélération fulgurante de la diphtérie est observée sur le territoire. Cette pathologie, que l’on peut pourtant prévenir, trouve un terrain fertile dans un système de santé affaibli par des années de troubles et un accès humanitaire de plus en plus complexe.

    Un bilan officiel probablement sous-estimé

    À l’approche de la fin d’année, les chiffres font état de plus de 530 contaminations et d’une trentaine de décès. Néanmoins, les instances internationales redoutent que ces statistiques ne soient que la partie émergée de l’iceberg. Le manque de remontées d’informations suggère une réalité bien plus alarmante sur le terrain.

    Les foyers de mortalité les plus importants se situent dans les régions de Mopti, Ségou et Tombouctou. Ces zones, déjà éprouvées par l’instabilité et la dégradation des services publics, voient la maladie se propager rapidement. Les mouvements de populations fuyant l’insécurité et la pénurie de vaccins aggravent la situation sanitaire régionale, un sujet qui reste étroitement surveillé dans l’actu Niger et les pays limitrophes du Sahel.

    Une aide d’urgence d’un million de dollars

    Pour tenter de freiner cette spirale, Tom Fletcher, responsable des secours d’urgence aux Nations unies, a autorisé le déblocage d’un million de dollars via le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF). Ce financement est destiné à l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pour orchestrer une riposte immédiate.

    • Déploiement de brigades médicales d’urgence.
    • Distribution d’antitoxines et d’antibiotiques essentiels.
    • Renforcement des protocoles de prévention et de suivi des cas contacts.
    • Campagnes de sensibilisation auprès des populations locales.

    Des obstacles logistiques et sécuritaires majeurs

    Malgré cette aide financière, les opérations de secours se heurtent à des barrières concrètes. Dans le centre et le nord du Mali, l’insécurité et les restrictions de circulation freinent l’acheminement de l’aide. Le manque de carburant paralyse les cliniques mobiles, isolant davantage les communautés vulnérables.

    Cette flambée épidémique n’est qu’un symptôme d’une crise humanitaire globale. Alors qu’une part significative de la population malienne dépend de l’assistance internationale, la diphtérie met en lumière la fragilité extrême des infrastructures étatiques face aux enjeux de santé publique actuels.

  • Patrice talon, un dirigeant atypique en afrique de l’ouest

    Patrice talon, un dirigeant atypique en afrique de l’ouest

    Patrice Talon lors d'un conseil des ministres à Cotonou

    Un dirigeant hors normes face à une crise politique au Bénin

    Le 7 décembre 2025, une tentative de coup d’État éclate au Bénin. Des militaires mutins annoncent, à la télévision nationale, le renversement du président Patrice Talon. Pourtant, en quelques heures, l’armée béninoise, soutenue par les forces de sécurité, rétablit l’ordre. Cette réaction rapide met fin aux velléités putschistes et renforce la légitimité du pouvoir en place.

    Dès le lendemain, des milliers de citoyens, principalement des jeunes, manifestent à Cotonou pour saluer l’échec du complot et réaffirmer leur soutien au chef de l’État. Cette mobilisation populaire illustre la confiance d’une partie de la population envers un dirigeant souvent considéré comme atypique sur la scène africaine.

    Patrice Talon : un parcours politique distinctif

    Patrice Talon incarne une figure politique qui se distingue dans un paysage africain marqué par des pratiques parfois controversées. Élu en 2016 puis réélu en 2021, il a mis en œuvre des réformes structurelles visant à moderniser l’économie et à renforcer la gouvernance au Bénin.

    Parmi ses actions phares :

    • La digitalisation de l’administration : simplification des démarches pour les citoyens et lutte contre la corruption.
    • La diversification économique : promotion du secteur agricole et des énergies renouvelables.
    • La réduction de la dette publique : politique budgétaire rigoureuse et partenariats internationaux stratégiques.
    • La stabilité institutionnelle : renforcement des mécanismes démocratiques malgré les tensions.

    Ces initiatives, bien que parfois critiquées, lui valent une image de dirigeant pragmatique et résolu, loin des clichés du dirigeant à vie ou du prince héritier que l’on retrouve dans certains pays voisins.

    Une tentative de déstabilisation aux conséquences limitées

    L’échec du putsch du 7 décembre a démontré la solidité des institutions béninoises. Contrairement à d’autres pays africains où les coups d’État se multiplient, le Bénin a su préserver sa stabilité grâce à une armée professionnelle et une société civile active.

    Les auteurs présumés de cette tentative de déstabilisation ont été rapidement neutralisés, limitant ainsi les risques de contagion régionale. Cette crise avortée a également permis de révéler les fragilités du système de sécurité, incitant le gouvernement à renforcer ses dispositifs.

    Patrice Talon, un modèle pour l’afrique de l’ouest ?

    À l’heure où de nombreux pays africains font face à des instabilités politiques récurrentes, Patrice Talon se positionne comme un acteur clé d’un modèle alternatif. Son approche, mêlant réformes économiques et stabilité politique, attire l’attention des observateurs internationaux.

    Cependant, malgré ses succès relatifs, le président béninois doit composer avec des défis persistants :

    • La pression sociale liée au coût de la vie et au chômage des jeunes.
    • Les tensions politiques internes et les rivalités entre élites.
    • La nécessité de concilier croissance économique et justice sociale.

    Son mandat, qui s’achève en 2026, sera déterminant pour ancrer ces avancées et léguer un Bénin plus résilient aux générations futures.

    Conclusion : un dirigeant atypique dans un contexte africain en mutation

    Patrice Talon reste une personnalité politique dont le parcours interroge et fascine. Entre réformes audacieuses et gestion de crises, il incarne une nouvelle génération de dirigeants africains, soucieux de concilier pragmatisme et vision à long terme.

    Alors que le Bénin célèbre sa capacité à surmonter les tentatives de déstabilisation, son président continue de tracer une voie originale sur le continent, loin des sentiers battus.