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  • Tchad : le CPDP expose sa feuille de route pour un climat apaisé

    Tchad : le CPDP expose sa feuille de route pour un climat apaisé

    Tchad : Le CPDP dévoile sa stratégie pour un climat politique apaisé

    Quelques mois après sa mise en place, le Cadre Permanent de Dialogue Politique (CPDP) a présenté, lors d’un point de presse, sa feuille de route destinée à restaurer la confiance et à assainir durablement le paysage démocratique tchadien. Le président de l’organe, Pahimi Padacké Albert, a détaillé les grandes orientations de ce plan, conçu comme un guide opérationnel pour apaiser les tensions politiques.

    Un cadre inclusif pour construire la confiance

    Le CPDP, né du Protocole d’Accord politique du 13 mai 2025, rassemble l’ensemble des partis légalement constitués au Tchad. Sa coordination paritaire, composée de trente membres issus à part égale de la majorité présidentielle et de l’opposition démocratique, se veut le moteur d’un apaisement politique nécessaire. Selon son président, sans un climat serein, sans une réforme consensuelle du système électoral et sans une démarche inclusive, aucun dialogue ne peut restaurer durablement la confiance.

    Trois axes stratégiques pour une réforme en profondeur

    La feuille de route s’articule autour de trois objectifs principaux :

    • Réforme du système électoral : Ce chantier prioritaire prévoit de refondre les organes électoraux, réviser le code électoral, revoir la répartition des sièges à l’Assemblée nationale, le mode de désignation des sénateurs, le découpage territorial et le statut de l’opposition. L’objectif est d’harmoniser les règles avec les standards internationaux de transparence.
    • Mesures d’accompagnement : Pour sécuriser le processus électoral, il s’agit d’établir un fichier électoral fiable et d’instaurer un financement équitable des partis politiques.
    • Actions transversales : Le CPDP mise sur la continuité et l’inclusivité, en mobilisant les institutions de l’État et les partenaires techniques et financiers, tout en maintenant un dialogue permanent avec les partis n’ayant pas signé le protocole initial.

    Un appel à l’appropriation citoyenne

    Pour concrétiser ces ambitions, le sénateur Padacké Albert a insisté sur la nécessité d’une volonté politique forte à tous les niveaux. Il a également invité les médias à relayer largement cette feuille de route afin que chaque citoyen tchadien s’approprie les missions et les actions du CPDP.

    L’organe entend désormais décliner ces objectifs en un plan d’action détaillé, assorti de modalités précises et d’un calendrier de mise en œuvre. Reste à savoir si cette dynamique de dialogue parviendra à dissiper les tensions récurrentes et à installer durablement la sérénité au sein de la classe politique tchadienne.

  • Cameroun : un rythme record de 488 km de routes bitumées par an entre 2020 et 2025

    Cameroun : un rythme record de 488 km de routes bitumées par an entre 2020 et 2025

    Le Cameroun a enregistré un rythme moyen de 488 kilomètres de routes bitumées par an entre 2020 et 2025, marquant une avancée significative dans sa politique d’aménagement du territoire. Ce rythme, présenté comme un indicateur clé par les autorités de Yaoundé, reflète la volonté de combler le déficit chronique d’infrastructures routières dans un pays où le réseau revêtu reste minoritaire face aux besoins logistiques nationaux et sous-régionaux.

    Un rythme de bitumage qui structure le réseau national

    Sur cette période de six ans, l’effort cumulé atteint près de 2 928 kilomètres de chaussées revêtues, selon la moyenne annuelle communiquée. Cette progression s’inscrit dans un contexte où les ministères des Travaux publics et de l’Économie multiplient les annonces de projets routiers, qu’il s’agisse d’axes interurbains structurants, de pénétrantes urbaines ou de tronçons régionaux. Le bitume, au Cameroun, est un indicateur politique et économique essentiel : il conditionne l’accès aux bassins agricoles, la fluidité des corridors d’exportation et la desserte des zones enclavées du Nord et de l’Est.

    Le réseau routier camerounais, longtemps dominé par des pistes en terre, voit ainsi sa colonne vertébrale asphaltée s’épaissir. La moyenne de 488 kilomètres par an se compare favorablement aux performances antérieures, marquées par des retards sur les grands projets financés par les bailleurs internationaux. Cependant, le rapport entre le linéaire bitumé et le réseau classé total reste inférieur aux standards de plusieurs pays comparables de la zone CEMAC, ce qui maintient la pression sur l’exécutif.

    Corridors logistiques et compétitivité régionale

    L’enjeu dépasse les frontières nationales. Le Cameroun joue un rôle de plateforme logistique pour le Tchad et la République centrafricaine, deux pays enclavés dont les approvisionnements transitent massivement par le port de Douala. Chaque kilomètre bitumé sur les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui se traduit par une réduction des coûts de transport, une diminution des temps de trajet et une meilleure prévisibilité pour les chargeurs. Concrètement, les opérateurs portuaires et les transporteurs routiers conditionnent leurs tarifs à la qualité de la chaussée, dont la dégradation rapide en saison des pluies pèse lourdement sur les marges.

    La dynamique de bitumage soutient également la stratégie nationale de développement à l’horizon 2030, qui fait de la densification du réseau un préalable à l’industrialisation. Les zones agro-industrielles du Sud-Ouest, du Littoral et du grand Nord dépendent étroitement de la qualité des liaisons routières pour évacuer leurs productions vers les marchés intérieurs et les ports d’exportation. Par ailleurs, la connectivité routière constitue un déterminant majeur de l’attractivité pour les investisseurs miniers et forestiers qui scrutent les conditions d’évacuation des matières premières.

    Financements, dette et soutenabilité du modèle

    Derrière les kilomètres livrés se pose la question du financement. Les chantiers routiers camerounais combinent des ressources budgétaires propres, des prêts concessionnels de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et de bailleurs bilatéraux, ainsi que des financements chinois adossés à Eximbank China. Cette architecture, efficace pour mobiliser des montants conséquents, alourdit le service de la dette publique et impose une discipline budgétaire stricte pour préserver les marges de manœuvre futures.

    La soutenabilité du rythme actuel dépendra de la capacité du gouvernement à honorer ses engagements vis-à-vis des entreprises adjudicataires, dont plusieurs ont déploré des arriérés de paiement ces dernières années. La question de l’entretien routier reste tout aussi structurante : sans dotation pérenne au Fonds routier et sans politique d’entretien systématique, les kilomètres bitumés se dégradent en cinq à sept ans, transformant l’investissement initial en passif latent. Les autorités camerounaises ont annoncé un renforcement des mécanismes de péage et de prélèvements affectés pour sécuriser les ressources d’entretien.

    Reste à observer si le rythme de 488 kilomètres annuels pourra être maintenu, voire accéléré, dans un contexte budgétaire contraint et alors que les besoins en infrastructures secondaires, notamment les routes rurales, demeurent considérables.

  • Ayyoub Bouaddi privilégie le PSG à Arsenal pour son avenir

    Ayyoub Bouaddi privilégie le PSG à Arsenal pour son avenir

    Le LOSC souhaite conserver son jeune milieu de terrain, mais un départ contre une indemnité conséquente reste envisageable cet été. Âgé de 18 ans, Ayyoub Bouaddi, qui s’apprête à disputer sa première Coupe du monde avec le Maroc, suscite l’intérêt du PSG. Toutefois, Arsenal avance également ses pions et aurait promis une place de choix dans l’effectif de Mikel Arteta. Selon des informations récentes, le joueur marocain aurait une préférence pour le club de la capitale.

    Un duel PSG-Arsenal pour Bouaddi

    Arsenal suit de près Ayyoub Bouaddi depuis janvier 2025. Les Gunners en auraient fait une cible prioritaire pour renforcer leur milieu de terrain. Bien que le discours londonien ait séduit l’entourage du joueur, ce dernier pencherait pour un transfert au PSG. Les deux clubs devront toutefois répondre aux exigences du LOSC, qui a récemment prolongé le contrat du joueur jusqu’en 2029.

    Le LOSC fixe un prix élevé pour son joyau

    Le président lillois, Olivier Létang, a clairement indiqué que le club souhaitait conserver Bouaddi. Cependant, il n’a pas exclu un départ si une offre exceptionnelle arrivait. Le montant évoqué dépasse largement les 50 millions d’euros. Cette somme pourrait dissuader certains prétendants, mais le PSG et Arsenal semblent prêts à se battre pour s’attacher les services du prometteur milieu de terrain.

  • Crise sahélienne : un arc de tension du Mali jusqu’au Nigeria

    Crise sahélienne : un arc de tension du Mali jusqu’au Nigeria

    Capture d’écran d’une vidéo de propagande du Jnim diffusée en juin 2026.

    La région sahélienne voit émerger un nouvel arc de crise qui s’étend du Mali au Nigeria, annonçant des fragmentations politiques et sécuritaires profondes dans les années à venir.

  • L’Argentine sollicite le soutien du Maroc pour la candidature de Rafael Grossi à l’ONU

    L’Argentine sollicite le soutien du Maroc pour la candidature de Rafael Grossi à l’ONU

    Le 11 juin, à Buenos Aires, l’Argentine a officiellement demandé au Maroc de soutenir la candidature de Rafael Grossi au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette requête a été formulée lors de la huitième réunion de la commission mixte et de la sixième session de consultations politiques entre les deux pays.

    Le gouvernement argentin, dirigé par Javier Milei, souhaite que l’actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) succède à António Guterres. Buenos Aires mise sur l’influence diplomatique du Maroc en Afrique et dans les enceintes multilatérales pour donner une portée élargie à cette candidature.

    Les entretiens ont été conduits par Roberto Salafia et Juan Manuel Navarro pour l’Argentine, et par Fouad Yazourh pour le Maroc. Les deux délégations ont passé en revue les relations politiques bilatérales, les grands dossiers internationaux et les domaines de coopération potentiels.

    L’Argentine a qualifié cette candidature de priorité diplomatique majeure, portée par un responsable rompu aux crises internationales et au dialogue entre puissances. En sollicitant Rabat, Buenos Aires ouvre un volet africain décisif, car la désignation du prochain secrétaire général passe d’abord par une recommandation du Conseil de sécurité, puis par une nomination de l’Assemblée générale.

    Le Maroc, un allié stratégique pour la candidature de Grossi

    À la tête de l’AIEA depuis 2019, Rafael Grossi a acquis une stature internationale grâce à son rôle dans le contrôle des installations nucléaires exposées aux conflits, les discussions sur le programme iranien et la sûreté des centrales ukrainiennes pendant la guerre. L’Argentine a officialisé sa candidature fin 2025 et mène désormais une campagne mondiale.

    Le choix du Maroc répond à un calcul diplomatique précis : le royaume entretient une présence active dans les institutions internationales, dispose d’un réseau dense en Afrique et dialogue avec les principaux centres de décision. Buenos Aires estime que le soutien marocain renforcerait la crédibilité de la candidature de Grossi sur le continent africain et faciliterait des convergences avec des États influents au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale.

    La compétition pour le poste de secrétaire général réunit plusieurs personnalités d’Amérique latine et d’Afrique. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet bénéficie déjà du soutien du Brésil. La Costaricienne Rebeca Grynspan, l’Équatorienne María Fernanda Espinosa et l’ex-président sénégalais Macky Sall sont également en lice. Cette pluralité oblige l’Argentine à bâtir des appuis au-delà de son voisinage régional.

    La diplomatie argentine met en avant le profil technique et politique de Grossi. Son expérience à la tête de l’AIEA lui a donné accès aux négociations les plus sensibles sur la prolifération nucléaire, la sécurité et les crises armées. Buenos Aires le présente comme un diplomate capable de dialoguer avec les grandes puissances, de maintenir des canaux de communication en période de tension et de redonner à l’ONU une capacité d’action politique plus ferme.

    Le Maroc occupe une place singulière dans cette stratégie. Son poids au Maghreb, ses relations avec de nombreux États africains, son activité multilatérale et ses partenariats avec l’Europe, les États-Unis et les puissances du Sud en font un interlocuteur recherché. L’appui de Rabat offrirait à l’Argentine un relais politique dans une région où la bataille des voix pourrait être déterminante.

    Un commerce bilatéral en pleine croissance

    Les consultations de Buenos Aires ont également élargi le dialogue économique. Les échanges entre l’Argentine et le Maroc ont atteint 1,092 milliard de dollars en 2025, faisant du royaume le deuxième débouché africain des exportations argentines. Les délégations ont étudié les moyens d’accroître la part des produits à plus forte valeur ajoutée et d’ouvrir de nouveaux champs de coopération.

    L’agriculture, l’énergie, la santé, le tourisme, la sécurité sanitaire des aliments et les liaisons aériennes ont été au cœur des discussions. Les responsables ont souligné la nécessité de densifier le commerce bilatéral, de rapprocher les administrations compétentes et d’encourager des projets communs dans les secteurs où les deux économies sont complémentaires.

    Pour l’Argentine, le Maroc constitue à la fois un marché, une porte d’accès vers l’Afrique et un partenaire politique. L’industrie automobile, les engrais, l’aéronautique et le textile marocains ont accru leur poids dans les chaînes de production régionales. Buenos Aires voit dans cette base industrielle un terrain favorable à des accords commerciaux, à des coopérations techniques et à une présence accrue des entreprises argentines sur le continent.

    De son côté, Rabat trouve en Argentine un fournisseur agricole majeur et un partenaire pour élargir ses liens avec l’Amérique du Sud. Les discussions ont porté sur les conditions sanitaires applicables aux produits agroalimentaires, les échanges d’expertise énergétique et l’ouverture de liaisons aériennes pour réduire les distances commerciales et diplomatiques entre les deux rives de l’Atlantique.

    La délégation argentine a conclu que la relation avec Rabat dépasse désormais le commerce et offre un espace de concertation politique sur les grands équilibres internationaux, la coopération Sud-Sud et la représentation des pays du Sud dans les institutions mondiales.

  • Foncier au Gabon : plus de 20 000 décisions de cession enregistrées en six mois

    Foncier au Gabon : plus de 20 000 décisions de cession enregistrées en six mois

    La dynamique de la réforme foncière au Gabon prend une ampleur nouvelle. Avec le dépôt de 4 046 nouvelles décisions de cession auprès de la Conservation de la Propriété Foncière et des Hypothèques, le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre porte à 20 857 le nombre total de dossiers traités depuis le lancement de l’initiative. Le rythme soutenu observé depuis janvier 2026 traduit la détermination des autorités à résorber un arriéré administratif hérité de décennies d’inertie. Dans un pays où la sécurisation de la propriété demeure un obstacle majeur à l’investissement privé, l’enjeu dépasse la simple gestion cadastrale.

    Un rythme administratif inédit pour le cadastre gabonais

    La transmission effectuée ce 12 juin 2026 illustre une montée en puissance méthodique. En moins de six mois, l’administration a franchi un cap symbolique en validant plus de vingt mille décisions de cession, un volume jamais atteint sur une période aussi courte. Le département dirigé par le ministre du Logement entend ainsi rattraper un retard structurel, alors que des milliers de Gabonais occupent depuis longtemps des parcelles sans titre opposable.

    Le mécanisme repose sur une chaîne resserrée entre les services du cadastre, qui instruisent les demandes, et la Conservation foncière, chargée de l’inscription définitive et de la délivrance des titres. Concrètement, chaque décision de cession constitue l’étape préalable à l’établissement du titre foncier, document juridique qui transforme une occupation tolérée en propriété pleine et entière. La régularité du flux, lot après lot, témoigne d’une industrialisation du traitement que les gouvernements précédents n’étaient pas parvenus à imposer.

    Un outil de sécurisation pour les ménages et les investisseurs

    Au-delà des chiffres, la réforme produit des effets concrets sur le marché. La détention d’un titre foncier conditionne l’accès au crédit bancaire, la transmission patrimoniale et la valorisation des actifs immobiliers. Pour les ménages urbains de Libreville, Port-Gentil ou Franceville, l’obtention d’une décision de cession ouvre la voie à une sécurisation juridique longtemps perçue comme inaccessible. Les opérateurs économiques, notamment dans la promotion immobilière et l’agro-industrie, observent également cette accélération avec attention.

    Le foncier figure parmi les irritants récurrents identifiés par les institutions financières internationales lorsqu’elles évaluent le climat des affaires au Gabon. L’opacité des registres, la lenteur des procédures et la multiplication des litiges pèsent traditionnellement sur l’attractivité du pays. En traitant 20 857 dossiers en moins de six mois, l’administration entend démontrer que le verrou peut être levé sans bouleverser l’architecture juridique existante. Reste à mesurer la solidité du dispositif sur la durée, une fois absorbé le stock initial.

    Gouvernance foncière et souveraineté économique

    La question foncière revêt une portée stratégique qui dépasse la sphère administrative. Dans un pays riche en ressources naturelles, la clarification des droits de propriété constitue un préalable à l’aménagement du territoire, à la planification urbaine et à la fiscalité locale. Chaque titre délivré alimente potentiellement les recettes des collectivités et structure la projection des politiques publiques en matière de logement social, d’équipement et de voirie.

    La transition politique amorcée à Libreville depuis 2023 a fait de la gouvernance foncière l’un de ses marqueurs réformateurs. En affichant des résultats quantifiés à fréquence rapprochée, le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre s’inscrit dans une logique de redevabilité visible. Les prochains mois diront si la cadence peut être maintenue après épuisement des dossiers les plus simples, et si la Conservation foncière dispose des moyens humains nécessaires pour suivre. La crédibilité de la réforme se jouera sur la capacité à pérenniser le flux sans sacrifier la rigueur de l’instruction.

  • Budget défense 2026 : 377,68 milliards FCFA pour l’armée gabonaise

    Budget défense 2026 : 377,68 milliards FCFA pour l’armée gabonaise

    Pour l’année 2026, le Gabon franchit un cap symbolique avec un budget défense record. Le 11 juin, la ministre d’État chargée de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, a dévoilé devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale une allocation de 377,68 milliards de FCFA, intégrée au projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Cette enveloppe, présentée dans un climat de transition politique et d’évolutions sécuritaires en Afrique centrale, vise à renforcer les capacités opérationnelles de l’armée gabonaise sur tous les fronts.

    Cette décision budgétaire intervient alors que Libreville cherche à réorganiser son dispositif militaire après le changement de pouvoir d’août 2023. Les autorités de transition, proches de la fin de leur cycle, ont clairement affiché la modernisation de la défense comme priorité de leur politique régalienne. Le montant proposé reflète, selon le ministère, la détermination à adapter les ressources aux missions dévolues à l’armée.

    Une enveloppe structurée autour de plusieurs priorités opérationnelles

    Devant les députés, Brigitte Onkanowa a structuré son discours autour des principaux projets de son ministère. Elle a souligné l’importance de consolider les acquis tout en préparant le renforcement des unités sur le territoire. Les fonds alloués doivent notamment améliorer les conditions de vie des militaires, poursuivre les acquisitions d’équipements et maintenir un parc de défense parfois vieillissant.

    L’exposé a souligné la cohérence entre les promesses du président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, et la direction financière adoptée. Le gouvernement gabonais lie étroitement sécurité et souveraineté économique, dans un contexte régional marqué par des tensions dans le golfe de Guinée ainsi que par des pressions migratoires et halieutiques sur les eaux territoriales.

    Modernisation capacitaire et amélioration des conditions de vie

    Les fonds prévus en 2026 visent à accélérer plusieurs projets capacitaires, notamment l’achat de matériel et la rénovation d’infrastructures militaires. La ministre a insisté sur la nécessité d’un effort continu pour les casernes, le soutien sanitaire et l’équipement individuel, des domaines souvent jugés insuffisants par les troupes. L’objectif est de convertir cette dotation en améliorations opérationnelles concrètes, en évitant les dépenses superflues.

    L’aspect humain tient aussi une place clé dans la stratégie. Les questions de rémunération, de protection sociale et de formation sont présentées comme des leviers pour fidéliser et professionnaliser les effectifs. Brigitte Onkanowa a rappelé le devoir de l’État envers les soldats d’active et les anciens combattants, conformément aux directives de la présidence.

    Un signal politique en pleine consolidation institutionnelle

    Au-delà du montant, cette dotation de 377,68 milliards de FCFA revêt une signification politique. Elle réaffirme que la défense reste une priorité pour les autorités gabonaises, dans un pays où l’armée a joué un rôle clé pendant la transition. Maintenir un haut niveau de financement pour les forces armées s’inscrit dans une démarche de renforcement de l’État et de prévention des risques sécuritaires aux frontières.

    Reste le défi de l’exécution. Lors d’exercices précédents, les députés de la Commission des Finances ont souvent souligné le décalage entre les autorisations d’engagement et les paiements réels dans certains ministères régaliens. La capacité du ministère de la Défense à utiliser cette enveloppe, à lancer les marchés à temps et à justifier l’emploi des crédits sera suivie de près tout au long de 2026. Pour Libreville, l’enjeu va au-delà des chiffres : il s’agit de prouver qu’un investissement financier important peut améliorer concrètement la posture opérationnelle de l’armée gabonaise.

  • Le Gabon veut des investissements européens plutôt que l’aide publique

    Le Gabon veut des investissements européens plutôt que l’aide publique

    Le partenariat entre le Gabon et l’Union européenne prend un nouveau tournant. Libreville annonce à ses partenaires européens que l’époque de l’aide publique au développement, qui structurait les relations depuis les indépendances, est révolue. Les autorités gabonaises souhaitent désormais un glissement vers des flux d’investissements directs, mesurables et capables d’entraîner l’économie productive. Ce changement intervient alors que le pays tente de diversifier son économie au-delà de la rente pétrolière.

    Le Gabon redéfinit sa relation avec Bruxelles

    Le message envoyé par Libreville à Bruxelles se résume en une phrase : passer des subventions au capital. Les responsables gabonais estiment que les enveloppes traditionnelles d’aide publique au développement, fragmentées en projets sectoriels, n’ont plus l’impact transformationnel attendu. Ils réclament des engagements financiers différents, axés sur l’investissement productif, les partenariats public-privé et le financement d’infrastructures stratégiques.

    Cette position s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique centrale et de l’Ouest. Plusieurs capitales africaines exigent une relation plus équilibrée avec leurs partenaires européens, fondée sur la création de valeur locale plutôt que sur une perfusion budgétaire. Le Gabon, riche en ressources naturelles mais confronté à un défi de diversification, cherche à faire valoir ses atouts dans cette renégociation implicite des modèles de coopération.

    Diversification économique et souveraineté financière en ligne de mire

    Derrière cette exigence d’investissements concrets se cache une stratégie de souveraineté économique. Libreville veut attirer des capitaux européens vers des secteurs prioritaires : transformation locale du bois, agro-industrie, mines, hydrocarbures à plus forte valeur ajoutée, infrastructures énergétiques et numériques. L’objectif est de remplacer les exportations de matières premières par une logique d’industrialisation, condition essentielle pour une croissance durable et créatrice d’emplois.

    Le pays mise sur ses avantages comparatifs pour convaincre les bailleurs et les groupes industriels européens. Sa couverture forestière exceptionnelle, ses réserves de manganèse, son potentiel hydroélectrique et sa position géographique sur le golfe de Guinée sont autant d’arguments avancés. Cependant, concrétiser ces ambitions nécessite un cadre des affaires stable, une fiscalité prévisible et une sécurité juridique des contrats, des points sur lesquels les investisseurs européens restent vigilants.

    Les autorités de transition, en place depuis le changement de régime d’août 2023, ont multiplié les signaux envers les chancelleries occidentales. Elles veulent montrer que la trajectoire institutionnelle du Gabon reste compatible avec une coopération économique exigeante. Parallèlement, Libreville diversifie ses interlocuteurs, en renforçant ses relations avec des partenaires asiatiques et du Golfe, ce qui place l’Europe en situation de concurrence pour préserver ses positions historiques.

    L’Union européenne face au défi de la réciprocité

    Pour Bruxelles, l’équation est compliquée. L’Union européenne demeure l’un des principaux partenaires commerciaux du Gabon, mais ses instruments classiques, issus des conventions de Lomé puis des accords de Cotonou et de Samoa, reposent encore largement sur la logique du don conditionné. Le passage à une coopération d’investissement implique de mobiliser davantage la Banque européenne d’investissement (BEI), les institutions de financement du développement des États membres et les outils de la stratégie Global Gateway.

    Présentée comme la réponse européenne à l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la soie, la stratégie Global Gateway vise à mobiliser plusieurs centaines de milliards d’euros d’investissements dans les infrastructures à l’échelle mondiale, dont une part importante destinée à l’Afrique. Le Gabon compte s’inscrire pleinement dans cette dynamique, à condition que les flux annoncés se traduisent par des projets concrets et des retombées économiques mesurables sur son territoire.

    La nouvelle approche de Libreville oblige les diplomaties européennes à préciser leur offre. Au-delà des montants, les secteurs ciblés, les conditions de gouvernance, le transfert de technologie et l’emploi local seront examinés de près. Le partenariat Gabon-UE pourrait servir de laboratoire pour un modèle rénové de coopération entre l’Europe et les économies d’Afrique centrale, davantage tourné vers le co-investissement que vers l’assistance. Les autorités gabonaises ont clairement indiqué leur volonté de tourner la page de l’aide publique pour privilégier des engagements financiers concrets et durables.

  • Gabon : la souveraineté alimentaire en question après l’arrivée de SONOCO

    Gabon : la souveraineté alimentaire en question après l’arrivée de SONOCO

    L’arrivée prévue du groupe guinéen SONOCO, qui vise une production annuelle de 15 millions de poulets de chair au Gabon, relance les interrogations sur la souveraineté économique du pays et le rôle des acteurs locaux. Si les autorités saluent ce projet comme un progrès pour la sécurité alimentaire, des voix critiques, notamment celle de l’ancien député Jean-Valentin Leyama, pointent le manque de soutien accordé à la SOGADA, un acteur gabonais qui investit dans l’aviculture depuis plus de dix ans. Ce débat dépasse le seul secteur agricole et interroge la vision du développement économique national.

    Le Gabon ambitionne de produire davantage ce qu’il consomme. Une volonté compréhensible dans un pays qui importe encore une grande partie de son alimentation. Toute initiative visant à renforcer la production locale mérite d’être encouragée. Dans cette optique, l’annonce présidentielle concernant l’installation du groupe guinéen SONOCO, avec un objectif de production de plus de 15 millions de poulets par an, s’inscrit dans une logique de réduction des importations.

    Cependant, au-delà de l’enthousiasme officiel, une interrogation s’impose dans le débat public. Il ne s’agit pas de contester l’investissement étranger, nécessaire au développement du Gabon, mais de questionner la cohérence d’un discours politique qui place la souveraineté économique et l’entrepreneuriat national au cœur de son action. Comment en effet parler de reconquête économique sans s’appuyer d’abord sur ceux qui ont déjà pris le risque d’investir au Gabon ?

    La SOGADA, un champion national oublié ?

    C’est exactement le sens de l’intervention de Jean-Valentin Leyama. L’ancien député de la Transition rappelle l’existence de la Société Gabonaise de Développement Agricole (SOGADA), basée à Meyang, à une cinquantaine de kilomètres de Libreville. Cette structure n’est ni un projet ni une promesse, mais une réalité économique tangible développée depuis plus de dix ans avec des capitaux privés gabonais.

    Créée en 2013, la SOGADA s’étend sur plus de 160 hectares et représente près de 16 milliards de francs CFA d’investissements. L’entreprise ne se limite pas à l’élevage de poulets. Elle a développé un véritable complexe agro-industriel intégrant l’aviculture, la production d’œufs, l’élevage porcin, la transformation de produits agricoles locaux ainsi qu’une unité industrielle de fabrication d’alvéoles pour l’emballage des œufs. Autrement dit, une approche intégrée de la chaîne de valeur agricole, exactement ce que les autorités appellent aujourd’hui de leurs vœux.

    Des actes plutôt que des annonces

    La différence fondamentale entre la SOGADA et les projets récemment annoncés réside dans un élément simple : la première produit déjà. Depuis plusieurs années, cette entreprise participe concrètement à l’effort de substitution aux importations. Elle emploie des Gabonais, investit sur le territoire national, paie ses impôts et contribue à la sécurité alimentaire du pays.

    Dès lors, la question devient politique. Pourquoi les entrepreneurs nationaux qui ont cru au potentiel agricole du Gabon lorsque le secteur n’était ni médiatisé ni présenté comme stratégique semblent-ils aujourd’hui relégués au second plan ? Pourquoi l’État ne met-il pas davantage en avant ces pionniers qui ont investi leur propre argent dans un domaine longtemps considéré comme risqué ? Une politique de souveraineté économique cohérente devrait naturellement commencer par renforcer ceux qui ont déjà démontré leur engagement.

    La souveraineté économique n’est pas un slogan

    Le débat dépasse largement la production de poulets. Il touche à la vision que le Gabon souhaite adopter pour son développement. Dans tous les pays ayant réussi leur transformation économique, l’État a joué un rôle d’accompagnateur de ses entrepreneurs nationaux. Il ne s’est pas contenté d’attirer des investisseurs étrangers ; il a également créé les conditions permettant à ses propres entreprises de devenir des champions nationaux.

    La Corée du Sud a soutenu ses groupes industriels. Le Maroc accompagne activement ses entreprises dans l’agriculture, la finance et l’industrie. Le Rwanda favorise l’émergence d’acteurs locaux capables de porter son ambition économique. Pourquoi le Gabon peine-t-il encore à construire cette même logique ? Pourquoi les investisseurs étrangers semblent-ils parfois bénéficier d’une visibilité institutionnelle supérieure à celle des opérateurs nationaux qui investissent depuis des années sur le terrain ?

    Le défi de l’État stratège

    Personne ne conteste l’intérêt du projet SONOCO. Si les objectifs annoncés sont atteints, le Gabon pourrait réduire significativement ses importations de volaille et créer plusieurs milliers d’emplois. Mais l’enjeu n’est pas là. L’enjeu consiste à savoir si l’État entend bâtir une véritable souveraineté économique ou simplement accueillir des investisseurs capables de produire localement.

    Car la souveraineté économique ne se résume pas à l’origine géographique de la production. Elle repose aussi sur la capacité d’un pays à faire émerger ses propres entrepreneurs, à les financer, à les protéger et à les accompagner dans leur croissance. Une Nation qui ne soutient pas ceux qui investissent chez elle avec leurs propres ressources finit toujours par importer son développement autant que ses produits.

    Une question à laquelle les autorités devront répondre

    Au fond, l’annonce du projet SONOCO pose une question que le débat public ne pourra pas éviter. Si la souveraineté économique constitue réellement une priorité nationale, pourquoi les acteurs gabonais qui ont investi avant tout le monde dans les secteurs stratégiques ne sont-ils pas placés au cœur de cette ambition ?

    La SOGADA n’est pas seulement une entreprise agricole. Elle est la démonstration qu’il existe au Gabon des entrepreneurs capables d’investir massivement, de prendre des risques et de construire des filières entières. La véritable question n’est donc pas de savoir pourquoi SONOCO vient au Gabon. La question est de comprendre pourquoi ceux qui ont déjà fait leurs preuves attendent encore que la République les considère comme les champions nationaux qu’ils sont devenus. Car une souveraineté économique crédible ne se construit pas contre l’investissement étranger. Elle se construit d’abord en faisant confiance à ses propres bâtisseurs.

  • Le Gabon, nouveau hub numérique choisi par le mit

    Le Gabon, nouveau hub numérique choisi par le mit

    Le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) s’apprête à organiser un événement majeur à Libreville, dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat numérique. Cette annonce consacre la stratégie ambitieuse du président Brice Clotaire Oligui Nguema et de son ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba.

    Le Gabon confirme son ascension dans le paysage numérique africain. Via le Centre for Prosperity and Entrepreneurship, le MIT a dévoilé son intention de tenir un forum international au Palais des Congrès de Libreville, axé sur l’innovation, l’entrepreneuriat et la transformation digitale. Cet événement représente bien plus qu’une simple conférence : il s’agit d’un signal fort adressé aux investisseurs mondiaux.

    Une reconnaissance internationale des réformes engagées

    Dina Sheriff, directrice exécutive du Centre du MIT, souligne que le Gabon fait désormais partie des nations africaines ayant choisi délibérément de diversifier leur économie grâce à la digitalisation des services publics, des systèmes de paiement et du climat des affaires.

    Cette reconnaissance intervient moins de deux ans après l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, dont l’objectif clairement affiché est de faire du numérique un levier central de diversification économique et de création d’emplois pour les jeunes Gabonais.

    Mark-Alexandre Doumba à la manoeuvre

    Sous la direction du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, plusieurs réformes structurantes ont été mises en œuvre. On compte notamment la loi sur la préférence nationale dans les marchés de digitalisation, le statut juridique des start-ups, l’ordonnance encadrant les paiements digitaux, ainsi que celle relative à l’archivage électronique.

    L’initiative du MIT apparaît donc bien plus qu’un simple événement : elle valide la vision du Gabon de s’imposer comme un hub numérique de référence en Afrique centrale et envoie un message clair aux investisseurs internationaux sur le potentiel du pays.

  • Niger : fin des doublons administratifs à la présidence et à la primature

    Niger : fin des doublons administratifs à la présidence et à la primature

    Une réorganisation en profondeur des services de l’État

    Les autorités nigériennes ont décidé de supprimer plusieurs entités administratives liées à la présidence de la République et au cabinet du Premier ministre, dans le cadre d’une rationalisation des finances publiques. L’objectif est de réduire les dépenses de l’État et d’éliminer les doublons inutiles.

    Une réorganisation structurelle majeure

    Il s’agit d’une réorganisation en profondeur des services de l’État à Niamey. Le gouvernement a annoncé le démantèlement de nombreuses structures rattachées aux deux plus hautes institutions exécutives. Cette mesure, bien plus qu’une simple réforme superficielle, prévoit le transfert de toutes leurs missions et compétences aux ministères sectoriels concernés.

    L’objectif de cette restructuration est de mettre fin à une centralisation excessive et de redonner aux ministères leur autorité sur les politiques publiques. En supprimant ces administrations parallèles, le gouvernement cherche à améliorer l’efficacité de l’appareil étatique.

    Gestion du personnel et réaffectation du patrimoine

    Le décret fixe des modalités claires concernant les agents et les biens impactés :

    • Fonctionnaires et agents publics : Le personnel détaché sera réaffecté à son ministère d’origine.
    • Agents auxiliaires et contractuels : Ils seront licenciés, avec le paiement de tous leurs droits légaux.
    • Biens et équipements : L’ensemble du patrimoine mobilier et immobilier sera transféré au ministère des Finances pour redistribution ou inventaire.

    Cap sur la rationalisation des dépenses publiques

    Cette suppression s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction des dépenses publiques. En visant les budgets de fonctionnement de la présidence et de la primature, souvent critiqués pour leur coût, les autorités montrent leur détermination à mener une politique de rigueur budgétaire.

    L’enjeu principal est d’alléger les charges de l’administration centrale pour rediriger les économies vers les secteurs sociaux et le développement économique.

    Cette cure d’austérité institutionnelle jette les bases d’une gouvernance plus sobre, plus transparente et axée sur l’optimisation des ressources publiques.

  • Burkina Faso : la brigade économique intensifie la lutte contre la spéculation sur le ciment

    Burkina Faso : la brigade économique intensifie la lutte contre la spéculation sur le ciment

    La Brigade mobile du contrôle économique et de la répression de la fraude (BMCRF) durcit le ton face à la flambée des prix du ciment. Confrontée à une hausse vertigineuse et injustifiée de ce matériau essentiel sur le marché burkinabè, l’institution de contrôle accélère ses opérations pour défendre les consommateurs et assainir le secteur.

    Le secteur de la construction au Burkina Faso traverse une période de forte instabilité. Depuis plusieurs semaines, le prix du ciment ne cesse de grimper, pesant lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et sur l’activité des professionnels du bâtiment. Face à cette situation critique, la direction générale de la BMCRF a décidé de rompre le silence et de lancer des actions de terrain d’envergure.

    Un cocktail de facteurs conjoncturels et structurels

    Pour comprendre l’origine de cette crise, il faut examiner les rouages de la chaîne d’approvisionnement. Selon le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, la situation actuelle n’est pas due à une cause unique, mais résulte d’une combinaison complexe de facteurs conjoncturels et structurels.

    D’un côté, le contexte économique mondial et régional impose des contraintes réelles : fluctuations du coût des matières premières importées (notamment le clinker), défis logistiques transfrontaliers et augmentation des coûts énergétiques. De l’autre, des faiblesses structurelles internes persistent au sein du marché local de la distribution, rendant le système vulnérable aux moindres perturbations.

    Toutefois, si ces tensions macroéconomiques sont bien réelles, elles ne sauraient justifier à elles seules l’ampleur de la hausse constatée dans les points de vente au détail.

    La spéculation dans le viseur des autorités

    Pour la BMCRF, le véritable déclencheur de cette surchauffe tarifaire se trouve ailleurs : dans les pratiques illicites de certains acteurs du marché. L’institution pointe directement la spéculation sauvage, la rétention intentionnelle de stocks et l’augmentation illégale des marges bénéficiaires par des commerçants et distributeurs peu scrupuleux.

    Profitant de la psychose d’une éventuelle pénurie, certains réseaux organisés créent artificiellement la rareté pour faire monter les prix. Une situation jugée intolérable par l’autorité de contrôle, alors même que les capacités de production des cimenteries locales restent stables et suffisantes pour couvrir la demande nationale.

    Les difficultés conjoncturelles ne doivent pas servir d’alibi pour rançonner les consommateurs, prévient-on du côté de la brigade.

    Contrôles massifs et sanctions : la BMCRF passe à l’action

    L’heure n’est plus aux simples avertissements. Sanibè Faho et ses équipes ont annoncé le déploiement immédiat d’une série d’offensives sur l’ensemble du territoire national. Les inspecteurs de la BMCRF, appuyés par les forces de sécurité, multiplient les descentes inopinées dans les entrepôts, chez les grossistes et dans les boutiques de vente de matériaux de construction.

    La feuille de route est claire :

    • Vérification systématique des factures d’achat et de vente pour traquer les marges abusives.
    • Saisie immédiate des stocks dissimulés ou non déclarés (rétention de stock).
    • Application stricte des sanctions prévues par la loi, allant de fortes amendes financières à la fermeture définitive des établissements contrevenants, voire des poursuites judiciaires pour les cas de récidive ou de fraude avérée.

    Par cette contre-offensive, le gouvernement burkinabè, via la BMCRF, entend envoyer un signal fort : force reste à la loi et la régulation des prix des produits de grande nécessité ne sera pas négociée. Dans les jours à venir, l’impact de ces contrôles rigoureux sera scruté de près par les consommateurs, qui espèrent un retour rapide à la normale sur les chantiers du pays.