Catégorie : A la Une

  • Bamako sous pression après une vidéo du JNIM

    Bamako sous pression après une vidéo du JNIM

    La diffusion, ce jeudi 11 juin 2026, d’une nouvelle vidéo du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a exacerbé les tensions sécuritaires dans la capitale malienne. Entre annonces d’attaques imminentes et rumeurs de fragilité au sein de l’appareil étatique, la junte militaire au pouvoir fait face à une pression croissante.

    Une escalade dans la guerre psychologique

    La vidéo, publiée en soirée par la branche sahélienne d’Al-Qaïda, présente des préparatifs militaires et logistiques intensifs. Le groupe y promet des « opérations imminentes » dans les prochains jours, visant potentiellement des sites stratégiques ou des symboles de l’État malien.

    Au-delà de la démonstration de force, le JNIM a accru la pression psychologique en citant nommément des responsables du renseignement malien. Selon des recoupements, deux officiers de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) auraient été placés sur une « liste de mise à prix » diffusée par l’organisation. Cette personnalisation de la menace suscite une vive inquiétude parmi les services de renseignement à Bamako, rapportent des observateurs.

    Moral en berne et crainte de désertions

    La panique apparente au sein des services de sécurité rejoint des signalements récurrents sur l’érosion du moral des Forces armées maliennes (FAMa). Face à la perspective d’une offensive coordonnée du JNIM, l’état-major redoute des refus de combattre en cas d’attaque.

    Pour enrayer ce manque de motivation et éviter les désertions ou fuites face à l’ennemi, la junte aurait proposé en urgence de nouvelles primes exceptionnelles de combat. Cependant, des analystes de la sécurité sahélienne estiment que ces incitations financières ne masquent qu’insuffisamment une crise de confiance profonde et un déficit de moral chez les soldats, éprouvés par des années de guerre asymétrique.

    « Les primes ne suffisent plus à compenser le déficit stratégique et la peur d’un embrasement imminent », confie sous couvert d’anonymat un spécialiste des questions de défense basé dans la région.

    Secousses au sommet de l’État

    Cette dégradation rapide du climat sécuritaire commence à ébranler l’élite politique et militaire. Des rumeurs persistantes, alimentées par des mouvements inhabituels constatés ces dernières 48 heures, évoquent le départ précipité à l’étranger des familles de plusieurs dignitaires du régime, dont celles de ministres en exercice.

    Les autorités de transition n’ont pas encore réagi officiellement à ces informations ni à la vidéo du JNIM. Si ces départs préventifs se confirment, ils traduiraient un manque de confiance interne quant à la capacité de l’État à protéger la capitale et ses environs face à une menace qui se précise.

    Alors que les jours à venir s’annoncent décisifs, Bamako retient son souffle, partagée entre la crainte d’une escalade militaire et l’attente d’une réponse ferme du gouvernement de transition.

  • Maroc et Argentine consolident leur partenariat économique bilatéral

    Maroc et Argentine consolident leur partenariat économique bilatéral

    Le Maroc et l’Argentine ont une nouvelle fois manifesté la force de leur coopération économique et leur alignement politique sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux, à l’occasion de la huitième réunion de la commission mixte bilatérale qui s’est tenue jeudi à Buenos Aires.

    Cette session était coprésidée par Fouad Yazourh, ambassadeur et directeur général des affaires politiques, et par Roberto Alejandro Salafia, sous-secrétaire aux négociations économiques internationales et à l’intégration.

  • Femmes au Maroc : avancées et obstacles avant les législatives de 2026

    Femmes au Maroc : avancées et obstacles avant les législatives de 2026

    L’évolution de la place des femmes dans la vie politique marocaine ressemble à une progression lente mais constante, marquée par des réformes juridiques, des mobilisations citoyennes et une quête inachevée de parité réelle. À mesure que les élections législatives de septembre 2026 approchent, la question de leur représentation dans les instances décisionnelles refait surface avec acuité. Bien que le cadre légal se soit enrichi, les pratiques partisanes et les réalités de terrain continuent d’alimenter des interrogations sur l’application concrète des principes constitutionnels.

    1. Aperçu historique : de l’absence à la discrimination positive

    Pendant les décennies qui ont suivi l’indépendance, la présence féminine au Parlement marocain est demeurée très faible, parfois inexistante. Il a fallu attendre 1993 pour que deux femmes accèdent à la Chambre des représentants. Face à la lenteur de cette évolution, le Maroc a opéré un tournant décisif au début des années 2000 en instaurant des mécanismes de discrimination positive.

    • 2002 – Création de la liste nationale : un accord politique entre les partis a réservé 30 sièges aux femmes à la Chambre des représentants, marquant le véritable point de départ d’une représentation plus équilibrée.
    • 2011 – Saut constitutionnel : la nouvelle Constitution, en son article 19, consacre l’égalité entre hommes et femmes et engage l’État à promouvoir la parité. Le nombre de sièges dédiés aux femmes est alors porté à 60.
    • 2021 – Passage aux listes régionales : le mécanisme de la liste nationale est remplacé par des listes régionales, ce qui permet d’élargir la représentativité territoriale des femmes et d’augmenter leur nombre à 90 sièges à la Chambre des représentants.

    Chacune de ces étapes a permis aux Marocaines d’acquérir une expertise précieuse et de démontrer leurs compétences dans les domaines politique, syndical, associatif et des droits humains. Cependant, malgré ces avancées législatives, un plafond de verre persiste, tant au niveau local que dans la direction des listes électorales.

    2. Législatives de 2026 : le constat alarmant de la société civile

    C’est dans ce contexte de transition que la Coalition 190 pour la lutte contre la violence et la Coalition pour la dignité et les droits des femmes ont publié, le 9 juin 2026, un appel urgent. En analysant les premières données relatives aux investitures pour le scrutin de septembre, ces organisations tirent la sonnette d’alarme : les femmes restent marginalisées en tant que têtes de liste, au profit d’une domination masculine flagrante sur ces positions clés.

    Cette situation est d’autant plus paradoxale que les têtes de liste bénéficient statistiquement des plus grandes chances de remporter un siège à l’assemblée législative. Reléguer les candidates au second plan pose dès lors une question fondamentale : quel est le degré d’engagement réel des partis politiques envers les principes d’égalité et de parité ?

    3. Une dérive démocratique majeure : le contournement familial des quotas

    Au-delà de la simple faiblesse numérique des candidatures féminines, un autre phénomène pernicieux menace ce scrutin, tous partis confondus. Il convient de mettre gravement en garde contre l’instrumentalisation des mécanismes de représentativité par certaines élites partisanes. Profitant des quotas et des listes réservées, plusieurs dirigeants n’hésitent pas à positionner leurs propres épouses ou filles en première ligne.

    Cette pratique de favoritisme familial constitue un contournement flagrant de l’esprit des textes juridiques. En transformant des mesures de discrimination positive en privilèges dynastiques, elle vide la réforme de sa substance. Elle prive les militantes de terrain – qui se battent depuis des décennies au sein des structures politiques et associatives – d’un accès légitime à la représentation. Ce népotisme électoral renforce le sentiment de méfiance des citoyens envers les institutions et décrédibilise l’accès des femmes à la politique, réduit à une affaire de cooptation familiale plutôt que de compétence et de mérite.

    4. Pour un débat national : au-delà de la simple mobilisation électorale

    Face à ces dérives, les coalitions appellent à l’ouverture immédiate d’un débat national responsable et serein, associant les acteurs politiques, les institutions constitutionnelles, les organisations féministes et les médias. Ce débat doit permettre d’interroger les freins culturels et structurels qui limitent encore l’émergence des femmes aux postes de leadership politique.

    Les signataires du manifeste proposent plusieurs mesures concrètes pour inverser la tendance :

    • Un engagement partisan ferme : les partis politiques doivent respecter l’esprit des lois électorales et veiller à ce que les femmes dirigent au moins un tiers des listes, dans une perspective de parité effective.
    • Des critères de sélection transparents et éthiques : l’octroi des investitures doit impérativement reposer sur la compétence, le mérite et l’engagement militant historique des candidates, excluant toute logique de privilège familial ou de népotisme, afin de garantir une réelle égalité des chances.
    • Un suivi rigoureux par les autorités : les institutions de contrôle et les autorités publiques chargées de superviser le processus électoral doivent veiller à la stricte application des objectifs initiaux de la loi, pour que les mesures de soutien à la représentativité profitent réellement à l’ensemble des citoyennes et non à des cercles familiaux restreints.

    Conclusion – Note de réflexion

    Les femmes marocaines ne peuvent plus être réduites à de simples électrices ou à des outils de mobilisation de masse le jour du scrutin. Elles sont des citoyennes à part entière et des partenaires incontournables dans l’élaboration des politiques publiques et la construction de l’avenir du pays. La maturité de la démocratie marocaine se mesurera à sa capacité à transformer la participation politique des femmes – d’une exception ou d’un contournement familial – en une pratique démocratique naturelle, juste, méritocratique et durable.

  • L’ambassadeur américain à Rabat exprime sa fierté d’accueillir les représentants du Sahara marocain

    L’ambassadeur américain à Rabat exprime sa fierté d’accueillir les représentants du Sahara marocain

    Sur son compte X (anciennement Twitter), dans la soirée du jeudi 11 juin 2026, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Richard Duke Buchan III, a déclaré être « honoré d’avoir reçu les élus des provinces du Sud marocain à l’occasion de la célébration des 250 ans de l’indépendance des États-Unis ». Il a ajouté : « Nous remercions nos partenaires de Laâyoune et Dakhla pour leur présence et leur engagement en faveur de la paix et de l’avenir de cette région. »

    Richard Duke Buchan III, Sidi Hamdi Oild Errechid, Ynja El Khattat et Moulay Hamdi Old Errechid. Rabat, le 9 juin 2026.

    Richard Duke Buchan III, Sidi Hamdi Oild Errechid, Ynja El Khattat et Moulay Hamdi Old Errechid. Rabat, le 9 juin 2026.

    La photographie publiée avec ce message montre le diplomate américain aux côtés de Moulay Hamdi Old Errechid, président de la commune de Laâyoune, Ynja El Khattat, président du conseil de la région de Dakhla Oued Eddahab, et Sidi Hamdi Oild Errechid, président de la région Laâyoune Sakia El Hamra.

    Rappelons que l’ambassade américaine avait organisé une grande cérémonie à Chellah, à Rabat, le mardi 9 juin 2026, en présence de nombreuses personnalités marocaines et étrangères. Dans son discours, Richard Duke Buchan III a mis en avant le Sahara marocain : « Nous soutenons la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI faisant du Sahara marocain un pôle de partenariat et d’opportunités transatlantiques. » Il a également souligné la profondeur historique des relations bilatérales : « Ce partenariat enraciné dans l’histoire, renforcé par la confiance et résolument tourné vers les 250 prochaines années, témoigne de notre engagement à renforcer les liens économiques et humains entre nos peuples. »

  • Alassane Ouattara mise sur la Banque mondiale et Sea-Invest pour son mandat

    Alassane Ouattara mise sur la Banque mondiale et Sea-Invest pour son mandat

    Le président ivoirien Alassane Ouattara a successivement accueilli deux interlocuteurs aux profils différents mais aux objectifs communs : Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et Philippe Van De Vyvère, dirigeant du groupe maritime belge Sea-Invest. Ces rencontres au palais présidentiel d’Abidjan traduisent la double ambition que le chef de l’État entend imprimer à son nouveau mandat : renforcer le partenariat avec les bailleurs multilatéraux et attirer davantage de capitaux privés européens vers la façade portuaire ivoirienne.

    Banque mondiale : un partenariat reconduit pour la Côte d’Ivoire

    L’entretien avec Ousmane Diagana s’inscrit dans la continuité d’une relation devenue centrale pour le financement du développement ivoirien. Le portefeuille de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire figure parmi les plus importants de la sous-région, avec des engagements dans l’éducation, la protection sociale, les infrastructures rurales et la résilience climatique. La visite du responsable mauritanien intervient à un moment où Abidjan négocie le calibrage de ses prochains cycles d’appui budgétaire, dans un contexte régional marqué par un resserrement des conditions de financement.

    Pour le gouvernement ivoirien, cette visite revêt aussi une portée politique. Elle envoie un signal aux marchés et aux partenaires bilatéraux : l’économie reste arrimée aux standards des institutions de Bretton Woods, à l’heure où plusieurs pays voisins ont rompu ou distendu ce lien. La Côte d’Ivoire, première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), affiche une croissance soutenue, mais doit composer avec une pression budgétaire accrue liée au service de la dette et au financement des grands chantiers d’infrastructure.

    Sea-Invest et la bataille pour la façade atlantique

    L’audience accordée à Philippe Van De Vyvère relève d’une logique différente, mais complémentaire. Le groupe belge Sea-Invest figure parmi les principaux opérateurs portuaires privés en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec des positions établies notamment au Sénégal, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Son intérêt pour Abidjan s’explique par la montée en puissance des trafics conteneurisés et vraquiers transitant par le port autonome, plateforme par laquelle passe l’essentiel du commerce extérieur ivoirien et une part significative du fret destiné au Mali et au Burkina Faso.

    La concurrence est vive sur ce segment. Le groupe philippin ICTSI, le français AGL (ex-Bolloré Africa Logistics) désormais sous pavillon MSC, ainsi que le danois APM Terminals se disputent les concessions portuaires du golfe de Guinée. Dans ce paysage, l’arrivée ou le renforcement d’un acteur européen indépendant comme Sea-Invest apporte à Abidjan une diversification utile, à la fois économique et géopolitique. Les autorités ivoiriennes cherchent à éviter une dépendance excessive envers un opérateur unique, alors que les volumes traités à San Pedro et à Abidjan progressent d’année en année.

    Une diplomatie économique à double détente

    Ces deux audiences, tenues à quelques heures d’intervalle, dessinent la grammaire diplomatique du palais présidentiel ivoirien : mobiliser simultanément le multilatéral concessionnel et le capital privé européen. Cette articulation s’avère d’autant plus stratégique que la Côte d’Ivoire vient d’entrer dans un cycle politique post-présidentielle, où la crédibilité internationale et l’attractivité économique constituent deux piliers de la stabilité recherchée par l’exécutif.

    Aucun montant d’engagement n’a été rendu public à l’issue des rencontres. Toutefois, cette séquence confirme la volonté de l’administration Ouattara de maintenir un dialogue permanent avec les bailleurs structurants et les industriels susceptibles d’investir dans les infrastructures de transport. Reste à observer comment ces signaux se traduiront dans le projet de loi de finances et dans le calendrier des concessions portuaires à venir. Les échanges ont porté sur l’approfondissement de la coopération entre Abidjan et chacun des deux partenaires.

  • Bilan routier au Cameroun : 2 442 km bitumés, mais des défis persistent au MINTP

    Bilan routier au Cameroun : 2 442 km bitumés, mais des défis persistent au MINTP

    Lors du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO 2026) tenu le 11 juin 2026 à Yaoundé, le ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a dressé un état des lieux du réseau routier camerounais. Projets en cours, avancées significatives, mais aussi obstacles récurrents : le point a été fait devant un public attentif.

    Devant les journalistes, les usagers et les visiteurs, le ministre a détaillé le bilan à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Il a souligné les progrès accomplis depuis le début de l’année 2026, tout en listant les contraintes qui freinent la réalisation des chantiers. L’accent a été mis sur les mesures destinées à améliorer durablement la qualité et la connectivité du réseau, avec un focus sur le réseau structurant, pilier des interventions du MINTP.

    Le ministre a rappelé que le développement des infrastructures routières est un moteur essentiel pour la croissance économique et le renforcement de la cohésion territoriale. Il a insisté sur le fait que les actions de son ministère s’inscrivent dans la droite ligne des engagements pris par le président Paul Biya dans le cadre de la SND30.

    Concernant le bilan chiffré, le ministre a annoncé que près de 2 442 kilomètres de routes ont été bitumés et environ 833 kilomètres de chaussées dégradées ont été réhabilités. Il a néanmoins admis des retards, particulièrement dans le domaine de l’entretien courant du réseau.

    Parmi les freins identifiés, on retrouve l’insécurité dans certaines zones d’intervention, la lenteur des procédures de déblocage des financements, les délais de passation des marchés publics, les difficultés de trésorerie des entreprises, et enfin l’insuffisance des ressources allouées à l’entretien.

    Malgré ces difficultés, le ministre a mis en avant les progrès réalisés sur cinq ans. Le linéaire de routes bitumées est passé de 8 498 km en 2020 à près de 10 939 km fin 2025, soit une progression moyenne de plus de 488 km par an.

    Pour l’avenir, Emmanuel Nganou Djoumessi a précisé que les actions menées depuis le début de 2026 s’inscrivent dans les Très Hautes Prescriptions du président de la République. L’accent est mis sur le réseau structurant, l’amélioration de la qualité des infrastructures et le renforcement de la connectivité entre les différentes régions du pays.

  • Gabon : le procureur général Eddy Minang suspendu trois mois, une magistrate prend l’intérim

    Gabon : le procureur général Eddy Minang suspendu trois mois, une magistrate prend l’intérim

    Une décision ministérielle prise le 9 juin 2026 a écarté temporairement de ses fonctions le procureur général près la cour d’appel de Libreville. Eddy Narcisse Minang, magistrat hors hiérarchie, est suspendu à titre conservatoire pour une durée de trois mois, conformément à la note n°000007/MJGSCDH signée par le garde des Sceaux, Augustin Emane. L’intéressé a été informé de cette mesure.

    Selon des sources judiciaires, cette mise à l’écart fait suite à des soupçons d’implication dans un réseau d’influence occulte visant à étouffer des affaires judiciaires sensibles. Durant plusieurs heures, le magistrat a été entendu à la présidence de la République. Dans la foulée, l’intérim a été confié à Thalie Aubone Nguema épouse Edjo, également magistrate hors hiérarchie, afin d’assurer la continuité du service public.

    Des soupçons d’entrave à l’action publique

    Cette suspension provisoire serait motivée par de lourdes présomptions d’interférence et d’obstruction à l’action de la justice. Plusieurs dossiers financiers sensibles sont évoqués, dont un contentieux impliquant la société Covec Gabon pour un montant estimé à quatre milliards de francs CFA. Toutefois, le déclencheur principal serait l’affaire dite de la Direction centrale des affaires financières (DCAF) du ministère de l’Éducation nationale.

    Ce dossier, rendu public début juin 2026 par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo, porte sur des surfacturations présumées. Une vingtaine d’agents ont été interpellés pour un préjudice financier estimé entre 560 et 700 millions de francs CFA. Le procureur général suspendu est suspecté d’avoir utilisé son influence pour tenter de court-circuiter l’enquête en cours. Selon des sources proches du dossier, cette tentative s’expliquerait par des liens d’origine géographique : le magistrat et le directeur de la DCAF seraient tous deux originaires de la province du Woleu-Ntem. L’affaire est suivie de près.

  • Port de Lomé : la menace d’une grève de trois jours inquiète les acteurs économiques

    Port de Lomé : la menace d’une grève de trois jours inquiète les acteurs économiques

    Le poumon économique du Togo s’apprête à traverser une zone de fortes turbulences. Le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé (PAL) a officiellement déposé un préavis de grève de trois jours, programmé du 25 au 27 juin 2026. Les travailleurs entendent ainsi protester contre l’absence d’avancées concrètes concernant leurs revendications sociales, ouvrant la voie à un risque de blocage majeur.

    Un bras de fer social aux lourdes conséquences

    Au cœur de la discorde, le dialogue social stagne. Malgré plusieurs rounds de négociations, les représentants syndicaux déplorent la « non-satisfaction » de leurs doléances, qui portent principalement sur l’amélioration des conditions de travail, les revalorisations salariales et les avantages sociaux. Faute d’un accord d’ici le 25 juin, le débrayage sera total. Pour le Port Autonome de Lomé, unique port en eau profonde de la sous-région capable d’accueillir des navires de troisième génération, une telle paralysie technique et administrative représenterait un coup d’arrêt brutal.

    Un hub stratégique pour l’hinterland menacé

    L’impact de ce mouvement social dépasse largement les frontières togolaises. Véritable carrefour maritime, le PAL est la porte d’entrée naturelle des marchandises pour plusieurs pays enclavés du Sahel.

    • Le Burkina Faso
    • Le Mali
    • Le Niger

    Une rupture de la chaîne logistique durant 72 heures provoquerait inévitablement un engorgement des terminaux, des retards de livraison en cascade et des coûts de surestaries (frais de détention des conteneurs) exorbitants pour les opérateurs économiques.

    Vers une médiation de la dernière chance ?

    Face à ce scénario catastrophe, la direction du PAL et les autorités ministérielles de tutelle se retrouvent sous pression. Le gouvernement togolais, qui a fait de la modernisation et de la compétitivité de son hub logistique le pilier de sa feuille de route stratégique, peut difficilement se permettre un conflit social prolongé. Pour l’heure, les milieux d’affaires et les commissionnaires agréés en douane retiennent leur souffle, espérant l’ouverture rapide d’une médiation de la dernière chance pour désamorcer la crise avant la date fatidique du 25 juin.

  • Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Blocus du JNIM au Mali : le commerce ouest-africain en péril

    Les attaques terroristes au Mali paralysent les axes commerciaux reliant pays côtiers et sahéliens, avec des conséquences économiques majeures.

    Le 25 avril dernier, une série d’attaques coordonnées a frappé le Mali. Les groupes JNIM et Front de libération de l’Azawad (FLA) ont visé les villes de Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Bamako, causant de nombreuses pertes humaines et l’assassinat du ministre de la Défense, Sadio Camara.

    En riposte, les autorités maliennes ont lancé une contre-offensive contre les positions des groupes armés. Le procureur militaire de Bamako a annoncé l’arrestation de plusieurs suspects, incluant des civils, des militaires en service actif et d’anciens membres de l’armée radiés.

    Cinq jours après les premières attaques, le JNIM a instauré un blocus autour de la capitale, ciblant en particulier les axes à l’ouest du pays. La route reliant Kita à Bamako est totalement bloquée, piégeant des centaines de personnes et entravant l’approvisionnement en nourriture et en eau.

    Ce siège perturbe également les flux commerciaux, interrompant tout trafic sur l’axe Kayes-Bamako. Par ailleurs, le blocus s’étend désormais aux convois de transport sur la route Conakry-Bamako, jusqu’alors relativement épargnée.

    Le Mali et les pays côtiers voisins
     

     

    Depuis septembre 2025, le JNIM cible les convois de carburant sur des axes stratégiques à l’ouest et au sud du Mali. Ces attaques déstabilisent les échanges et, si elles s’étendent, pourraient gravement affecter les économies ouest-africaines.

    Les pays de la région sont interconnectés par leurs échanges. Les ports des États côtiers servent de principales portes d’entrée et de sortie pour les pays du Sahel central. Les corridors routiers qui relient ces ports aux capitales sahéliennes traversent souvent des zones sous influence du JNIM, agissant comme des cordons ombilicaux vulnérables.

    Le corridor Dakar-Bamako est actuellement le plus touché par l’insécurité dans l’ouest du Mali, alors qu’il représente un axe vital pour les deux nations.

    L’axe stratégique Dakar-Bamako semble être le plus touché par l’insécurité dans l’ouest du Mali

    En 2024, le Mali était le premier client du Sénégal, absorbant 26,5 % de ses exportations, soit environ 802,8 milliards de FCFA (1,42 milliard de dollars). Sur les neuf premiers mois de 2025, les exportations sénégalaises vers le Mali atteignaient 662 milliards de FCFA (1,17 milliard de dollars).

    Les données officielles montrent que les attaques du JNIM à l’ouest du Mali ont fortement impacté les échanges bilatéraux par rapport à 2024. Entre septembre et novembre 2025, le port de Dakar enregistrait un blocage quotidien d’environ 120 conteneurs à destination du Mali, représentant une perte mensuelle de 15 milliards de FCFA (26,54 millions de dollars) pour le Sénégal. Fin novembre 2025, plus de 2 000 conteneurs étaient immobilisés à Dakar. En février 2026, quelque 4 000 conteneurs vides restaient bloqués à Bamako, les chauffeurs routiers hésitant à emprunter la route dangereuse vers Dakar.

    Cette situation réduit considérablement l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers, raffinés, ciment hydraulique et denrées alimentaires. Elle fragilise aussi les moyens de subsistance de milliers de chauffeurs, commerçants et transitaires. D’autres corridors, notamment ceux reliant les ports de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin au Sahel, pourraient subir des risques similaires.

    En 2025, le Mali est resté le premier client de la Côte d’Ivoire au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le corridor Abidjan-Bamako est crucial pour l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers et alimentaires. Fin 2025, environ 1,47 million de tonnes de marchandises avaient transité par cet axe, désormais ciblé par des attaques du JNIM dans la région de Sikasso.

    Le Mali est confronté à une stratégie du JNIM visant à couper les approvisionnements essentiels

    La Côte d’Ivoire est également le premier fournisseur africain du Burkina Faso, principalement en produits pétroliers, électricité et engrais. Les importations burkinabè proviennent ou transitent par la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. Le 14 février dernier, sept commerçants ghanéens de tomates ont été tués lors d’une attaque du JNIM à Titao, dans le nord du Burkina Faso, illustrant les risques sécuritaires sur l’axe routier entre les deux pays. Pour l’instant, la menace terroriste est la plus forte sur le territoire malien. Les autorités ont pris plusieurs mesures : depuis novembre 2025, les convois de carburant bénéficient d’une escorte militaire, permettant l’entrée de 200 à 300 camions-citernes par semaine, contre près de 1 200 avant les attaques.

    Le gouvernement malien a signé un protocole avec les groupements pétroliers pour simplifier les procédures douanières. Un système de rationnement du carburant a été instauré pour lutter contre le marché noir. Les autorités cherchent aussi à réduire la pression sur les ports de Dakar et d’Abidjan en redirigeant une partie des flux vers d’autres infrastructures.

    Des informations non confirmées ont évoqué une trêve entre Bamako et les groupes djihadistes jusqu’à l’Aïd al-Adha, en échange de la libération d’une centaine de prisonniers accusés de terrorisme. Cependant, les attaques ont continué et les autorités maliennes ont officiellement démenti cette rumeur.

    La lutte contre le terrorisme pourrait relancer la coopération régionale entre les États sahéliens et côtiers

    Les attaques du 25 avril montrent les limites de la réponse militaire privilégiée par les autorités maliennes. Alors que le JNIM et le FLA ont mis de côté leurs divergences pour mener ces offensives, les États sahéliens et côtiers peinent à s’allier efficacement.

    Les conséquences régionales du blocus du JNIM soulignent l’urgence de protéger ensemble les corridors commerciaux transfrontaliers. Les gouvernements et organisations régionales comme la CEDEAO, l’Alliance des États du Sahel (AES), le Conseil de l’Entente, l’Union du fleuve Mano et l’UEMOA doivent empêcher l’extension de cette menace à d’autres axes.

    La lutte contre le terrorisme pourrait devenir le moteur d’une relance indispensable de la coopération régionale entre les États sahéliens et côtiers d’Afrique de l’Ouest.

  • Gabon : le chantier titanesque du port de Kobé-Kobé est lancé

    Gabon : le chantier titanesque du port de Kobé-Kobé est lancé

    Le Gabon pose les jalons de son indépendance industrielle après l’ère pétrolière. Sous l’impulsion du président de la République, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, les travaux de construction du port en eau profonde de Kobé-Kobé ont été officiellement lancés. Ce mégaprojet intégré, adossé à l’un des plus grands gisements de fer de la planète et soutenu par de nouvelles infrastructures ferroviaires et énergétiques, vise à restructurer en profondeur le modèle de croissance du pays à l’horizon 2030.

    La façade maritime gabonaise s’apprête à accueillir une infrastructure logistique de premier plan. Édifié dans la province de l’Estuaire, le futur terminal portuaire en eau profonde de Kobé-Kobé disposera d’un tirant d’eau compris entre 14 et 16 mètres. Cette profondeur technique remarquable lui permettra de recevoir des navires de commerce de très grande capacité, renforçant la compétitivité du pays face aux places portuaires concurrentes du golfe de Guinée, comme Kribi au Cameroun ou Pointe-Noire au Congo.

    Cependant, la spécificité de Kobé-Kobé réside dans sa nature interconnectée. L’infrastructure ne fonctionnera pas de manière isolée, mais comme le débouché maritime d’une immense chaîne de valeur nationale. Le complexe industriel s’articule autour de trois autres projets d’envergure :

    • L’exploitation du gisement de fer de Belinga (situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo), considéré par les géologues comme l’une des réserves de minerai de fer de haute qualité les plus massives et encore inexploitées au monde ;
    • La construction d’un corridor ferroviaire inédit reliant directement le cœur minier de Belinga au complexe portuaire de l’Estuaire ;
    • La création du futur barrage hydroélectrique de Booué, indispensable pour garantir l’autonomie énergétique des installations extractives et des usines de transformation.

    Cette approche concertée vise à rompre avec l’historique modèle d’économie de rente extractive en imposant la transformation métallurgique locale avant toute exportation. La mise en œuvre opérationnelle de ce hub a franchi un cap décisif en avril 2026 grâce à la signature d’une convention de partenariat stratégique entre l’État gabonais et le géant de la logistique Africa Global Logistics (AGL).

    Au-delà de l’aspect purement infrastructurel, le projet Kobé-Kobé est présenté par les autorités de Libreville comme un puissant levier d’inclusion sociale. Les projections d’impact économique tablent sur la création d’un volume global allant jusqu’à 160 000 emplois, directs et indirects, tout au long des phases de déploiement et d’exploitation du complexe.

    Pour la jeunesse gabonaise, ce vivier représente une opportunité majeure d’insertion professionnelle dans des secteurs techniques variés : génie civil, manutention portuaire, ingénierie énergétique, maintenance ferroviaire et métallurgie. Le gouvernement national ambitionne de susciter un effet d’entraînement systémique sur le secteur privé local en intégrant les petites et moyennes entreprises (PME) nationales dans les chaînes de sous-traitance et de fourniture de services du projet.

    L’activation du chantier de Kobé-Kobé revêt également une portée hautement politique et géopolitique. Initié sous la magistrature constitutionnelle de Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet incarne la doctrine de restauration de la souveraineté économique nationale par la reprise en main des infrastructures critiques du pays. Il s’agit pour Libreville de préparer activement l’épuisement progressif des réserves pétrolières, qui portent encore le budget de l’État, en pivotant vers l’industrie minière durable. Si le calendrier d’exécution des travaux est scrupuleusement observé par les consortiums engagés, Kobé-Kobé s’affichera dès 2030 comme le principal moteur de l’émergence industrielle du Gabon.

  • Festival de Fès : la diplomatie culturelle marocaine se met en scène

    Festival de Fès : la diplomatie culturelle marocaine se met en scène

    Projection lumineuse sur les remparts.

    Publié aujourd’hui à 12h32 Lecture : 5 minutes.

  • Libreville : le président Oligui Nguema accélère la transformation du littoral

    Libreville : le président Oligui Nguema accélère la transformation du littoral

    Libreville, le 11 juin 2026 – Le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a inspecté mercredi les vastes chantiers du front de mer de la capitale. Cette visite de terrain confirme sa détermination à faire du littoral un levier de croissance, d’attractivité et de modernisation urbaine.

    Le développement d’un pays se juge souvent à sa capacité à concrétiser les promesses. À Libreville, la façade maritime est en passe de devenir le symbole le plus tangible de cette ambition. Peu après avoir remis 200 véhicules dans le cadre du programme Taxi Gab, le président s’est rendu sur les sites d’aménagement du bord de mer. Une démarche hautement symbolique, qui reflète une gouvernance basée sur le suivi rigoureux des projets structurants et une présence régulière sur le terrain.

    Cette tournée a permis au président d’évaluer l’avancement de plusieurs infrastructures appelées à remodeler durablement le paysage urbain de Libreville et à renforcer son rayonnement économique.

    Le littoral, nouveau pivot de la stratégie urbaine

    La première halte s’est faite au pont de Gué-Gué, où s’élève un immeuble moderne destiné à des bureaux et logements. Porté par l’entreprise Mika Service d’Alain-Claude Kouakoua, ce projet immobilier s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de la capitale.

    Au-delà de son aspect architectural, cette infrastructure traduit une mutation profonde dans la conception de la ville. Libreville ne se contente plus de satisfaire des besoins immédiats ; elle entend désormais anticiper son futur en développant des espaces capables d’attirer investisseurs, entreprises et services novateurs.

    Le choix du président de parcourir le site à bord d’un Taxi Gab conduit par une femme n’est pas anodin. Il illustre la volonté des autorités de lier les grands projets urbains aux politiques d’inclusion économique et d’autonomisation des citoyens.

    Un front de mer conçu comme moteur économique

    La visite s’est poursuivie sur le vaste chantier d’aménagement du bord de mer, du pont de Gué-Gué jusqu’à la Baie des Rois. Ce projet figure parmi les plus ambitieux engagés dans la capitale gabonaise.

    L’objectif dépasse le simple embellissement. Les autorités souhaitent créer un espace multifonctionnel mêlant loisirs, tourisme, activités économiques et mise en valeur du patrimoine naturel. Dans les grandes métropoles mondiales, les fronts de mer sont souvent des moteurs de croissance, capables de générer des investissements privés massifs, de stimuler l’emploi et d’améliorer l’image internationale d’une ville.

    En donnant plusieurs orientations pour optimiser l’exploitation future de cet espace stratégique, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté d’inscrire Libreville dans cette logique de compétitivité urbaine.

    Cette ambition s’accompagne d’un impératif majeur : la préservation durable des aménagements. Le président a insisté sur la nécessité pour les autorités municipales de renforcer la sensibilisation à la propreté, à la gestion des déchets et au respect du domaine public.

    L’entrepreneuriat local, partenaire du développement

    Un temps fort de la visite a été l’attention portée à une initiative d’une entrepreneure gabonaise, autour d’équipements et services pour les usagers des espaces sportifs du littoral.

    Cette démarche traduit une évolution notable des politiques publiques : les infrastructures ne sont plus seulement perçues comme des réalisations étatiques ; elles deviennent des opportunités pour les acteurs économiques nationaux de développer de nouveaux services, de créer des emplois et de participer à la dynamique de croissance.

    Les échanges entre le président et les nombreux citoyens venus à sa rencontre ont également mis en lumière cette vision : un développement fondé sur la valorisation des espaces publics, l’amélioration du cadre de vie et la création de richesses partagées.

    À travers cette descente de terrain, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme une orientation devenue une marque de son action publique : le suivi rigoureux des chantiers n’est plus un simple exercice protocolaire, mais un véritable instrument de pilotage de la transformation nationale.

    Sur les rives de Libreville, c’est bien plus qu’un front de mer qui se construit aujourd’hui. C’est une nouvelle projection du Gabon vers son avenir économique, touristique et urbain.