Catégorie : Économie

  • Nouvelle compagnie de transport au Gabon pour une mobilité moderne

    Nouvelle compagnie de transport au Gabon pour une mobilité moderne

    La CNT, une avancée majeure pour le transport public au Gabon

    écouter l’article

    Le Gabon franchit une étape décisive dans la modernisation de ses infrastructures de transport avec le lancement de la Compagnie Nationale de Transport (CNT), fruit d’une fusion stratégique entre Trans’Urb et la SOGATRA. Portée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, cette initiative vise à révolutionner la mobilité publique en offrant un réseau plus performant, accessible et adapté aux besoins des citoyens.

    L’objectif dépasse la simple restructuration : il s’agit de repenser en profondeur le service public de transport, en privilégiant l’efficacité opérationnelle et l’expérience usager. Une ambition qui se traduit par des infrastructures repensées et une gestion optimisée des ressources.

    Un engagement fort en faveur de l’emploi et de la formation

    La création de la CNT a permis de préserver 1 303 emplois, évitant ainsi une précarisation des travailleurs du secteur. Mais la réforme ne s’arrête pas là : elle mise également sur la montée en compétences des équipes. Plus de 200 chauffeurs ont déjà suivi des formations spécialisées en sécurité routière et en accueil client, renforçant ainsi la qualité du service rendu.

    Une flotte renouvelée pour un réseau étendu

    La CNT déploie une flotte de 142 autobus flambant neufs, marquant le début d’une nouvelle ère pour les déplacements au sein du Grand Libreville. Le réseau compte désormais 28 lignes desservant 609 arrêts, tandis que sept liaisons interurbaines commencent à relier les principales villes du pays. Les usagers bénéficient déjà de temps d’attente réduits, de rotations plus fluides et d’une alternative sécurisée aux transports non régulés.

    Des infrastructures techniques repensées

    Sous l’impulsion du Ministre d’État aux Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, les ateliers de maintenance ont été entièrement modernisés. Fosses techniques rénovées, espaces de stationnement agrandis et outils de diagnostic avancés permettent désormais d’assurer un entretien optimal de la flotte. L’innovation majeure réside dans la mise en place d’une salle de supervision en temps réel, qui assure un suivi permanent des bus et une réactivité accrue en cas d’imprévus.

    Un modèle économique vertueux pour une mobilité durable

    La CNT adopte une approche financière inédite : les revenus issus de la vente des billets seront réinvestis dans l’entretien des véhicules, la maintenance préventive et le renouvellement progressif de la flotte. Ce cercle vertueux garantit la pérennité du système et améliore durablement la qualité du service.

    Avec cette réforme, le gouvernement gabonais positionne la mobilité comme un levier clé de cohésion sociale et de développement économique. Une transformation qui promet de redéfinir le quotidien des Gabonais, en leur offrant un transport public plus fiable, moderne et inclusif.

  • Cameroun : l’AFD injecte 622 milliards de FCFA en 2025, mais où va l’argent ?

    Cameroun : l’AFD injecte 622 milliards de FCFA en 2025, mais où va l’argent ?

    Cameroun : l’AFD injecte 622 milliards de FCFA en 2025, mais où va l’argent ?

    En 2025, l’Agence française de développement (AFD) a consolidé son statut de premier bailleur bilatéral du Cameroun en engageant un portefeuille de 622,8 milliards de FCFA, répartis sur 51 projets. Ce montant, en progression constante depuis 2002, soulève une question cruciale : comment ces fonds sont-ils alloués entre les différents secteurs d’activité ?

    Une répartition sectorielle qui interroge

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur l’exercice 2025, 44,2 % des engagements de l’AFD ont été orientés vers les infrastructures et le développement urbain. 35,9 % ont été consacrés au financement des institutions financières privées, tandis que 6,8 % ont été alloués à la gouvernance. L’éducation, la formation et l’emploi ont bénéficié de 6,4 % des fonds. En revanche, l’agriculture et la sécurité alimentaire n’ont reçu que 1,7 % du total, un pourcentage particulièrement faible alors que ces domaines constituent une priorité affichée par Yaoundé dans sa stratégie d’import-substitution.

    Cette répartition contraste avec les engagements pris par l’institution à l’échelle continentale. Entre 2018 et 2024, Proparco, filiale de l’AFD dédiée au secteur privé, a doublé ses financements annuels en Afrique, atteignant environ 1,2 milliard d’euros par an. Ces fonds ont notamment ciblé l’agriculture, la sécurité alimentaire et les systèmes financiers, des secteurs essentiels pour le développement durable.

    Les infrastructures, un choix historique et stratégique

    L’accent mis sur les infrastructures n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans une logique ancienne, l’AFD étant présente au Cameroun depuis 1960. Le pays figure parmi les principaux bénéficiaires de ses financements en Afrique centrale, avec des engagements annuels moyens d’environ 150 milliards de FCFA depuis 2002.

    Un projet emblématique illustre cette orientation : le Programme de lutte contre les inondations à Douala et Yaoundé (PLIDY), soutenu par un prêt souverain de 150 millions d’euros. Signé en janvier 2025, ce programme vise à réduire la vulnérabilité des populations et des infrastructures face aux inondations récurrentes qui frappent les deux principales métropoles du pays. Ce seul projet représente près de cinq fois le budget triennal alloué par le gouvernement camerounais à la relance de la filière blé.

    L’AFD a également soutenu d’autres initiatives majeures, comme le programme Capitales Régionales, financé via le Contrat de désendettement et de développement (C2D). Ce programme vise à moderniser les infrastructures urbaines dans cinq villes secondaires du Cameroun. L’institution a également accompagné l’initiative Sporcap, dédiée à l’accès aux équipements sportifs dans les zones défavorisées.

    L’agriculture, un secteur sous-financé malgré son importance

    Pourtant, le gouvernement camerounais a fait de la souveraineté alimentaire l’un des axes centraux de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH) 2024-2026 a été lancé avec un budget de 1 500 milliards de FCFA pour réduire la dépendance aux importations de produits de base comme le riz, le blé ou l’huile de palme.

    Dans ce contexte, le faible pourcentage de 1,7 % alloué à l’agriculture et à la sécurité alimentaire par l’AFD en 2025 interroge. Pourtant, l’institution a déjà démontré son engagement dans ce secteur à travers des programmes comme ACEFA. Ce programme a accompagné 8 000 projets productifs, bénéficiant à 260 000 exploitations agricoles et couvrant des activités comme les céréales, l’élevage, la transformation agroalimentaire et la commercialisation.

    La phase actuelle d’ACEFA vise à toucher un million d’exploitations agricoles d’ici 2035. Ces exploitations familiales assurent près de 80 % de la production agricole nationale, ce qui souligne l’importance stratégique de ce secteur. Pourtant, leur poids budgétaire dans le portefeuille 2025 de l’AFD reste marginal au regard des grands projets urbains.

    Des outils financiers qui favorisent les infrastructures

    La répartition des engagements par type d’outil financier éclaire une autre dimension de cette stratégie. En 2025, les prêts souverains ont représenté 33,9 % des engagements, suivis des prêts seniors (23,2 %), du C2D (16,2 %) et des garanties (12,6 %). Les subventions, pourtant idéales pour des projets à impact social direct sans retour financier immédiat comme ceux liés à l’agriculture, n’ont représenté que 6,3 % du total.

    Cette architecture financière s’explique en partie par la nature des projets. Les grands projets d’infrastructures, générateurs d’actifs tangibles, se prêtent naturellement aux prêts souverains, car ils offrent des garanties de remboursement. En revanche, les projets agricoles impliquent des populations dispersées, des rendements incertains et des horizons de retour longs, ce qui les rend moins compatibles avec des instruments de dette classique.

    En Afrique centrale, 64 % des engagements de l’AFD ont été consacrés à des projets d’infrastructures et de développement urbain. Le Cameroun, principal récipiendaire de ces fonds, reflète cette tendance. Mais cette répartition est-elle le fruit d’un choix stratégique de Yaoundé ou le résultat de négociations avec l’AFD ? La question mérite d’être posée.

    SND30 et AFD : des logiques qui peinent à s’aligner

    La SND30 fixe des objectifs ambitieux en matière de transformation structurelle, comme la réduction des importations alimentaires et le développement de l’agro-industrie. Cependant, la logique d’un bailleur dont les principaux instruments sont des prêts souverains tend à privilégier des projets à forte visibilité urbaine, tels que les routes, le drainage ou les équipements collectifs. Ces projets offrent des résultats rapides et mesurables, contrairement aux chaînes de valeur agricoles, qui nécessitent des années d’accompagnement avant de produire des effets tangibles.

    Cette divergence entre les priorités nationales et les choix de financement de l’AFD pourrait limiter l’impact des engagements de l’institution sur les secteurs clés de l’économie camerounaise, notamment l’agriculture. Une réévaluation de la répartition des fonds pourrait être nécessaire pour aligner les objectifs de développement du Cameroun avec les financements accordés par l’AFD.

  • Prometal Gabon lance une usine de fer à béton à 38 milliards de f cfa

    Prometal Gabon lance une usine de fer à béton à 38 milliards de f cfa

    Le Gabon franchit une étape décisive vers l’autosuffisance en fer à béton avec le lancement imminent d’une usine de production locale. Le 1er juillet, à Nkok, le ministre gabonais de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoume, a officiellement lancé les travaux de l’unité Prometal Gabon, un projet phare né d’un partenariat public-privé. Cet investissement de 38 milliards de francs CFA, réparti sur vingt-quatre mois, doit permettre la fabrication annuelle de 60 000 tonnes de fer à béton, un matériau essentiel pour le secteur du bâtiment.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réduire la dépendance aux importations. Le Gabon, malgré ses richesses minières encore peu exploitées, importe actuellement une grande partie de ses produits sidérurgiques. En développant une filière locale, les autorités gabonaises ambitionnent de limiter les sorties de devises tout en renforçant un secteur industriel jusqu’ici centré sur l’exportation de matières premières brutes.

    Nkok, cœur battant de la transformation industrielle gabonaise

    La Zone d’Investissement Spécial (ZIS) de Nkok, opérationnelle depuis plus d’une décennie, incarne la volonté gabonaise de diversifier son économie. Ce pôle industriel, bénéficiant d’un régime fiscal et douanier avantageux, héberge déjà des acteurs majeurs dans les domaines du bois, de la métallurgie légère et de la logistique. L’arrivée de Prometal Gabon, dédiée à la production de fer à béton, renforce un écosystème en construction, notamment pour les secteurs du bâtiment et des infrastructures.

    Le choix stratégique de Nkok s’explique par ses infrastructures logistiques : la zone est directement reliée au réseau ferroviaire Transgabonais et au port d’Owendo. Ces atouts sont cruciaux pour une production aussi lourde que le fer à béton, où les coûts de transport pèsent lourdement sur la compétitivité. Pour l’aciérie, sécuriser les approvisionnements en matières premières et garantir une distribution fluide vers les principaux pôles urbains comme Libreville, Port-Gentil ou Franceville représente un enjeu majeur.

    1 350 emplois créés, mais des défis en matière de formation

    Prometal Gabon promet la création de 1 350 emplois, directs et indirects, une aubaine dans un pays où le chômage des jeunes reste un défi persistant. Au-delà des postes sur site, l’usine devrait dynamiser toute une chaîne de sous-traitants : entreprises locales du BTP, transporteurs, prestataires de maintenance et fournisseurs de services techniques. Cependant, la sidérurgie exige des compétences techniques pointues, souvent absentes des formations professionnelles gabonaises actuelles.

    L’opérateur devra donc combiner recrutement local et transfert de savoir-faire pour répondre aux besoins spécifiques de l’aciérie. Les autorités gabonaises suivent de près cette dimension, dans le cadre d’un dialogue constant entre le secteur public et privé pour garantir la pérennité du projet.

    Une production excédentaire pour conquérir les marchés régionaux

    Avec une capacité de 60 000 tonnes par an, Prometal Gabon dépasse largement les besoins actuels du marché gabonais. Cette surcapacité ouvre des perspectives commerciales vers les pays voisins, notamment la Guinée équatoriale, le Congo et le sud du Cameroun, où la demande en matériaux de construction reste forte et peu satisfaite par une concurrence encore dispersée.

    Cette ambition régionale prend tout son sens dans un contexte où la CEMAC peine à émerger des champions industriels intégrés. En produisant localement, le Gabon vise à capter une part de la valeur ajoutée actuellement captée par les importateurs asiatiques et européens. Le calendrier de vingt-quatre mois pour la mise en service sera un test pour la crédibilité du dispositif Nkok, souvent pointé du doigt pour la lenteur de certains projets.

    La réussite de ce chantier dépendra également de la stabilité du cadre macroéconomique et de la qualité des relations entre Prometal et l’État gabonais, actionnaire du projet. Les exemples similaires dans la sous-région rappellent que les projets sidérurgiques exigent une gouvernance rigoureuse, une visibilité sur les coûts énergétiques et un accès sécurisé au foncier.

    Enjeux et perspectives pour l’industrie gabonaise

    L’usine Prometal Gabon symbolise une nouvelle ère pour l’industrie gabonaise, marquée par la volonté de transformer les ressources locales en produits finis compétitifs. Si le projet tient ses promesses, il pourrait inspirer d’autres initiatives dans la sous-région et contribuer à réduire la dépendance aux importations de matériaux de construction.

  • La présidente de la bei salue le Maroc comme acteur clé entre afrique et europe

    La présidente de la bei salue le Maroc comme acteur clé entre afrique et europe

    La présidente de la BEI salue le rôle stratégique du Maroc comme pont entre l’Afrique et l’Europe

    • Nadia Calviño, présidente de la Banque européenne d’investissement (BEI), a rencontré Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, et Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances.
    • Les accords signés prévoient des financements dédiés aux infrastructures ferroviaires et autoroutières, combinant prêts et subventions.

    La visite officielle de Nadia Calviño, présidente de la Banque européenne d’investissement (BEI), au Maroc a mis en lumière le rôle central que joue ce pays dans les relations entre l’Afrique et l’Europe. Cette rencontre, marquant le 21e anniversaire de la présence de la BEI au Maroc, a permis de renforcer les liens économiques et stratégiques entre les deux rives de la Méditerranée.

    Un partenaire essentiel pour l’Europe

    Lors de son entretien avec Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, Nadia Calviño a réaffirmé l’engagement de la BEI à accompagner le Maroc dans sa dynamique de développement. Elle a souligné que le pays représente un « pilier de stabilité et de prospérité » pour l’ensemble de la région, consolidant ainsi son statut de partenaire stratégique pour l’Union européenne.

    La présidente a également évoqué les réformes économiques engagées sous le règne de Mohammed VI, saluant leur impact positif sur le cadre macroéconomique marocain. Ces avancées renforcent la confiance des investisseurs internationaux et facilitent l’attraction de capitaux étrangers, essentiels pour soutenir la croissance du pays.

    Un financement ambitieux pour les infrastructures

    Les échanges avec Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, ont permis de finaliser un plan d’investissement de la BEI axé sur le renforcement des infrastructures de transport au Maroc. Ce plan, d’un montant total de 365 millions d’euros, se compose de prêts et de subventions visant à moderniser les réseaux ferroviaires et autoroutiers.

    Parmi les mesures phares, on note :

    • Une subvention de 15 millions d’euros dédiée à l’adaptation des infrastructures ferroviaires aux défis climatiques, gérée par l’Office national des chemins de fer du Maroc.
    • Un prêt de 50 millions d’euros octroyé par la BEI pour soutenir ces mêmes infrastructures.
    • Un financement de 300 millions d’euros alloué à l’amélioration de la résilience et de la sécurité des autoroutes, sous la supervision de la Société nationale des autoroutes du Maroc.

    Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large de la BEI, visant à promouvoir des transports plus sûrs, durables et résilients au Maroc.

    50 ans de coopération financière : plus de 12 milliards d’euros investis

    Depuis le début de sa collaboration avec le Maroc il y a près de cinq décennies, la BEI a mobilisé plus de 12 milliards d’euros pour soutenir des projets dans divers secteurs : petites et moyennes entreprises, énergies renouvelables, santé, éducation et infrastructures. Cette présence historique témoigne de la solidité des relations économiques entre l’Europe et le Maroc.

    Lors de sa visite, Nadia Calviño s’est rendue dans une école publique de Rabat pour assister à une représentation musicale organisée dans le cadre du projet « Morocco 88 ». Ce programme, soutenu par le ministère de l’Éducation nationale et la BEI, favorise l’éducation, la cohésion sociale et l’épanouissement des jeunes à travers des clubs musicaux extrascolaires dans les lycées marocains.

    Cette initiative illustre l’engagement de la BEI non seulement dans le développement économique, mais aussi dans le renforcement du capital humain au Maroc.

  • Maroc : la taxation des géants du numérique pour un équilibre économique

    Maroc : la taxation des géants du numérique pour un équilibre économique

    Les géants du web comme Meta, X, Instagram, TikTok, Netflix ou Spotify ne se contentent plus de divertir ou de connecter les utilisateurs. Ces plateformes, devenues des acteurs économiques majeurs à l’échelle mondiale, ont longtemps profité d’un vide fiscal dans de nombreux pays, y compris le Maroc. Cependant, depuis le 11 juin 2026, cette situation a pris fin avec l’inauguration d’une plateforme dédiée à la taxation des services numériques, accessible via le portail SIMPL, lancée par la Direction générale des impôts (DGI).

    Une économie numérique incontournable, mais sous-taxée

    Selon la théorie économique du progrès technique de Paul Romer, l’innovation découle des investissements rentables. Aujourd’hui, les réseaux sociaux captent plus de 36,5 % du temps passé en ligne, et la publicité génère environ 85 % de leurs revenus. À l’échelle mondiale, 90 % des entreprises exploitent ces canaux, tandis que le marché du marketing d’influence, boosté par des taux d’engagement élevés, a atteint 16,4 milliards de dollars dès 2022.

    Au Maroc, cette dynamique est tout aussi marquée : 23,8 millions d’utilisateurs, soit 63,4 % de la population, sont actifs sur les réseaux sociaux. En 2022, YouTube comptait 21,5 millions d’utilisateurs et TikTok près de 6 millions de majeurs. Mohcine Benachir, directeur général de Prestige Informatique, confirme que cette économie numérique est devenue un pilier pour les entreprises locales : « L’étude Digital Trends Morocco 2024 révèle que près de 17 % des budgets marketing des entreprises marocaines sont désormais alloués au digital. »

    Un déséquilibre fiscal coûteux pour l’économie nationale

    Jusqu’à présent, des géants comme Google et Facebook captaient entre 60 et 70 % du marché publicitaire en ligne au Maroc sans y contribuer fiscalement, leurs sièges sociaux étant implantés à l’étranger. Résultat : une fuite de devises, car les annonceurs locaux paient ces multinationales en monnaies étrangères sans bénéficier de retombées pour l’économie nationale.

    Face à ce manque à gagner, des acteurs comme Mounir Jazouli, ancien président du Groupement des annonceurs du Maroc (GAM), plaident depuis des années pour une stratégie collective visant à développer des alternatives technologiques locales et à repenser les modèles économiques traditionnels.

    Une réforme fiscale ambitieuse pour rééquilibrer le marché

    Le décret n° 2-25-862, publié en décembre 2025, impose désormais aux fournisseurs étrangers de services numériques de s’enregistrer auprès de la DGI, d’obtenir un identifiant fiscal et de déclarer trimestriellement leur chiffre d’affaires réalisé au Maroc. Ils doivent également s’acquitter de la TVA correspondante. Avec cette mesure, le Maroc rejoint la trentaine de pays appliquant ces normes, en phase avec les recommandations de l’OCDE (plan BEPS) et les pratiques de l’Union européenne.

    Ouassim Driouchi, associé Télécoms et Innovation chez BearingPoint, souligne que cette réforme vise deux objectifs : générer entre 500 millions et 1 milliard de dirhams de recettes fiscales, mais surtout corriger une asymétrie concurrentielle qui pénalisait les startups et médias locaux, soumis à une imposition dès leur premier dirham, contrairement aux géants étrangers bénéficiant d’un avantage de 20 %.

    Souveraineté économique et défis technologiques

    Cette transition dépasse la simple question fiscale : elle touche à la souveraineté économique et à la protection des données. Cependant, son succès dépendra de la modernisation de l’administration marocaine. Ouassim Driouchi met en garde : « L’application de la loi exige une infrastructure technologique avancée, capable de croiser en temps réel les adresses IP, les préfixes téléphoniques et les données bancaires pour localiser précisément la consommation. »

    Si cette réforme ouvre la voie à une administration fiscale 4.0, elle nécessitera une mobilisation continue des acteurs économiques locaux pour faire face à des multinationales dotées de ressources juridiques et financières colossales.

  • Libreville et londres scellent un partenariat économique et écologique ambitieux

    Libreville et londres scellent un partenariat économique et écologique ambitieux

    Politique

    Libreville et Londres renforcent leur alliance stratégique pour une croissance durable

    Libreville, le 2 juillet 2026 – L’audience accordée par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema à l’ambassadeur britannique Simon Day, en marge de la fin de sa mission diplomatique, consacre une relation bilatérale en pleine mutation. Ce partenariat, désormais l’un des plus dynamiques entre l’Afrique centrale et l’Europe, s’articule autour de quatre axes majeurs : l’investissement productif, la gouvernance transparente, la préservation écologique et la stabilité politique.

    Le Gabon, longtemps perçu comme un simple pourvoyeur de matières premières, se positionne désormais comme une plateforme d’opportunités pour les investisseurs internationaux. Cette transformation, accélérée par les réformes engagées depuis le retour à l’ordre constitutionnel, a trouvé en Londres un allié de taille. Le Royaume-Uni, acteur clé des marchés financiers et de la finance verte, apporte une expertise et des ressources adaptées aux ambitions gabonaises.

    Un partenariat économique en pleine expansion

    Les échanges tenus au Palais présidentiel ont permis de dresser un bilan des deux années écoulées, marquées par une intensification des collaborations sectorielles. Commerce, investissements directs, transferts de technologies et coopération financière ont été au cœur des discussions. Les autorités gabonaises ont particulièrement salué le rôle de Simon Day dans l’ouverture de nouveaux marchés pour les entreprises locales, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie et des énergies renouvelables.

    Pour le Gabon, ce rapprochement représente une opportunité unique de diversifier son économie, historiquement dépendante des revenus pétroliers. Les partenariats avec des institutions britanniques offrent un accès privilégié à des financements innovants et à des réseaux d’affaires internationaux, essentiels pour moderniser les infrastructures et soutenir les start-ups locales.

    L’environnement, cœur de l’alliance stratégique

    La convergence des intérêts entre Libreville et Londres s’illustre avant tout dans le domaine environnemental. Avec l’une des plus grandes couvertures forestières au monde, le Gabon joue un rôle central dans la lutte contre le changement climatique. Le Royaume-Uni, quant à lui, figure parmi les principaux défenseurs des mécanismes de financement vert et des initiatives de préservation des écosystèmes.

    Cette synergie se traduit par des projets concrets : programmes de reboisement, valorisation des crédits carbone, et développement de filières durables comme le cacao ou l’huile de palme certifiés. Pour le Gabon, ces initiatives permettent de concilier préservation de la biodiversité et création de valeur économique, tout en renforçant sa crédibilité sur la scène internationale.

    Un signal fort pour les investisseurs étrangers

    Lors de cette rencontre, Simon Day a réitéré l’engouement croissant des entreprises britanniques pour le Gabon. Ce message, adressé tant aux acteurs économiques qu’aux décideurs politiques, souligne la confiance retrouvée dans la stabilité institutionnelle du pays. Les réformes engagées, la sécurisation du climat des affaires et l’amélioration de la gouvernance juridique sont autant d’atouts qui attirent désormais les capitaux étrangers.

    Les investisseurs étrangers, en quête de destinations stables et prometteuses, observent avec attention cette dynamique. Le Gabon, en misant sur une diplomatie économique proactive, se positionne comme une destination de choix pour les capitaux à long terme. Cette crédibilité renouvelée est un gage de prospérité pour les années à venir.

    L’audience entre le chef de l’État gabonais et l’ambassadeur britannique marque ainsi une étape décisive. Elle confirme que le partenariat entre Libreville et Londres dépasse désormais le cadre diplomatique traditionnel pour embrasser une vision commune : bâtir une économie résiliente, inclusive et respectueuse de l’environnement. Dans un contexte international marqué par les incertitudes, cette alliance offre au Gabon une carte maîtresse pour son développement futur.

  • Partenariat Maroc-France : un modèle économique africain à 15 milliards d’euros

    Partenariat Maroc-France : un modèle économique africain à 15 milliards d’euros

    Diplomatie

    Partenariat Maroc-France : un modèle économique africain à 15 milliards d’euros

    Lors d’un événement réunissant près de 300 chefs d’entreprise, investisseurs et décideurs publics à Paris, Nicolas Forissier, ministre français du commerce extérieur, a salué une relation bilatérale « exceptionnelle » entre le Maroc et la France. Cette collaboration, fondée sur une vision commune du commerce international, est désormais présentée comme un exemple pour l’ensemble du continent africain.

    Signature d'un accord économique entre le Maroc et la France

    Pour le ministre français, cette alliance repose sur une conviction forte : « le commerce, lorsqu’il est équitable, représente un levier de réussite et de développement pour les peuples et les jeunes générations. Il crée des opportunités gagnant-gagnant, structurantes pour l’avenir ». Le partenariat Maroc-France incarne selon lui cette approche, où chaque partie tire profit d’une coopération équilibrée et ambitieuse.

    Une dynamique économique sans précédent

    Les échanges commerciaux entre les deux pays ont franchi un cap historique en 2025, dépassant pour la première fois les 15 milliards d’euros. Un record qui illustre l’accélération de leur collaboration économique. En moins d’une décennie, ce volume a doublé, témoignant de la vitalité et de la profondeur de leur partenariat.

    Cette progression s’inscrit dans un contexte où le Maroc renforce son industrialisation et modernise son économie, tandis que la France ouvre davantage son marché aux produits « Made in Morocco ». Une complémentarité qui se traduit notamment par l’implantation d’entreprises françaises au Maroc, comme l’exemple marquant de l’équipementier aéronautique Safran, ayant investi 600 millions d’euros dans une nouvelle usine à Casablanca.

    Investissements croisés et complémentarité industrielle

    Nicolas Forissier a souligné que la France reste le premier investisseur étranger au Maroc, tandis que le Royaume chérifien est désormais le premier investisseur africain en France. Une symétrie qui, selon lui, doit désormais s’appuyer sur des co-investissements et des projets communs pour approfondir encore cette relation économique.

    Les deux pays misent également sur le développement des compétences et la formation des jeunes, considérant l’investissement dans le capital humain comme un pilier essentiel de leur partenariat. « Il est crucial d’investir dans ceux qui porteront notre collaboration de demain, au-delà des simples biens ou services », a-t-il déclaré.

    Un agenda économique ambitieux pour l’avenir

    Les perspectives de cette dynamique bilatérale s’appuient sur un « nouvel agenda économique partagé », formalisé lors du partenariat d’exception renforcé en octobre 2024, à l’occasion de la visite d’État du Président français au Maroc. Cet engagement commun vise à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à structurer l’avenir économique des deux nations.

    « Dans un monde marqué par des incertitudes croissantes, il est essentiel de construire des pôles de stabilité et des relations partenariales qui, au contraire, structurent l’avenir », a conclu le ministre. Une vision qui place la relation Maroc-France au cœur des stratégies de développement durable en Afrique.

    Cette journée économique, organisée avec des institutions comme l’AMDIE, la Chambre française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) et Business France, a servi de plateforme majeure pour renforcer les liens entre les entreprises des deux pays, confirmant ainsi le rôle central de ce partenariat dans l’économie africaine.

  • OM : les transferts de Leonardo Balerdi, un échec financier cuisant

    OM : les transferts de Leonardo Balerdi, un échec financier cuisant

    Le parcours chaotique du défenseur argentin Leonardo Balerdi à l’Olympique de Marseille (OM) s’achève dans l’amertume, tandis que les comptes du club phocéen s’en ressentent cruellement. Alors que son départ était acté en coulisses, une opportunité manquée de taille éclaire les difficultés financières du club marseillais.

    Logo

    Jusqu’à 100€ reversés en cash sur ton 1er pari !

    J’en profite
    Illustration : OM : les transferts de Leonardo Balerdi, un échec financier cuisant

    Un projet ambitieux réduit à néant par une blessure

    L’OM et Leonardo Balerdi avaient trouvé un terrain d’entente pour officialiser son départ lors du dernier mercato estival. Le club comptait sur un atout de poids pour maximiser la valeur du joueur : sa participation à la Coupe du Monde 2026 avec l’Argentine. Ce tournoi aurait offert une exposition médiatique inégalée, propice à attirer des offres mirobolantes. Pourtant, le destin a frappé fort : une grave blessure au mollet a contraint le défenseur de 27 ans à renoncer à cette compétition, anéantissant du même coup la stratégie financière élaborée par Pablo Longoria.

    Un refus inattendu de Balerdi freine les ambitions du Bayer Leverkusen

    Les regrets sont d’autant plus vifs que l’OM avait déjà en poche une proposition exceptionnelle. En effet, le Bayer Leverkusen avait avancé au printemps une offre ferme de 25 millions d’euros, incluant des bonus faciles à atteindre, pour recruter l’Argentin. Contre toute attente, Leonardo Balerdi a refusé catégoriquement cette opportunité, refusant de retourner en Bundesliga après son passage au Borussia Dortmund.

    Une perte sèche de 10 millions d’euros pour le club marseillais

    Cette décision personnelle du joueur s’est transformée en catastrophe pour les finances de l’OM. La combinaison entre ce refus et son forfait pour le Mondial a entraîné une chute brutale de sa valeur sur le marché des transferts. Face à l’urgence de renflouer les caisses, la direction a dû revoir ses prétentions à la baisse. Aujourd’hui, l’OM se contente d’espérer un transfert à 15 millions d’euros, soit une décote de 10 millions d’euros qui pèse lourd dans le budget du club.

  • Appel d’offres PEREL plus à Lomé : l’ARCOP Togo confirme la régularité de la procédure

    Appel d’offres PEREL plus à Lomé : l’ARCOP Togo confirme la régularité de la procédure

    Le Comité de règlement des différends (CRD) de l’Autorité de régulation de la commande publique du Togo a tranché : la procédure de l’appel d’offres international n°003/DPI/PRMP/DG/CEET/2026, lié au projet d’extension du réseau électrique de Lomé (PEREL PLUS), est exempte d’irrégularités. Dans sa décision n°024-2026 rendue le 19 juin 2026, le CRD a mis fin aux allégations de dysfonctionnements portées contre cette consultation publique.

    Après un examen approfondi du rapport d’investigation et une audition de la Personne responsable des marchés publics de la CEET, les membres du Comité ont conclu sans ambiguïté que les accusations portées n’étaient pas fondées.


    Une procédure scrutée à la loupe mais validée

    Plusieurs dénonciations anonymes, déposées les 28 mars et 8 avril 2026, avaient pointé du doigt des irrégularités présumées dans la gestion de cet appel d’offres piloté par la CEET. Parmi les griefs avancés figuraient :

    • l’existence d’une liste restreinte sans phase de préqualification ;
    • la domination d’entreprises étrangères parmi les candidats ;
    • l’absence de découpage du marché en lots distincts ;
    • le maintien de critères de sélection jugés disproportionnés.

    Toutefois, l’enquête menée par le CRD a démontré que ces reproches ne résistaient pas à l’analyse. En réalité, la procédure avait bel et bien intégré une phase officielle de préqualification, permettant de sélectionner 9 candidats parmi 15 manifestants d’intérêt.


    PEREL PLUS : une conformité garantie par les partenaires du projet

    Le marché s’inscrit dans le cadre d’un financement assuré par l’Agence française de développement. Les documents d’appel d’offres ont par ailleurs obtenu les non-objections de la Direction nationale du contrôle de la commande publique (DNCCP Togo) et de l’AFD.

    Le Comité a rappelé un principe essentiel : dans les projets financés par des ressources externes, les exigences du bailleur l’emportent sur certaines règles nationales, en particulier pour ce qui touche à l’organisation des lots. Une nuance cruciale pour comprendre la légitimité de cette consultation.

  • Diomaye Faye met en lumière les atouts économiques du Sénégal à berlin

    Diomaye Faye met en lumière les atouts économiques du Sénégal à berlin

    Lors d’un déplacement en Allemagne, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a défendu avec conviction les atouts économiques et géostratégiques du Sénégal devant des investisseurs internationaux. À Berlin, il a participé à un Forum économique germano-africain, où il a présenté les opportunités qu’offre son pays aux entreprises étrangères, avant d’être reçu par le chancelier allemand.

    Ce mardi, Bassirou Diomaye Faye rencontrera le chancelier allemand, suivi d’un entretien avec le président de la République fédérale. Ces discussions s’inscrivent dans une démarche visant à renforcer les partenariats économiques entre Dakar et Berlin, alors que le Sénégal cherche à attirer des investissements privés et à promouvoir son climat des affaires.

    Bassirou Diomaye Faye s'exprime lors du Forum économique germano-sénégalais à Berlin

    Un pays aux ressources stratégiques et à l’atout géographique

    Dans son allocution, le chef de l’État sénégalais a souligné plusieurs points forts de son pays. Il a mis en avant la stabilité politique et la tradition démocratique du Sénégal, tout en rappelant sa position clé entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Bassirou Diomaye Faye a qualifié le Sénégal de « plateforme incontournable » pour accéder à un marché de plus de 300 millions de consommateurs via la Cédéao, et jusqu’à 1 milliard dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine.

    Le président a également évoqué l’abondance des ressources naturelles du Sénégal, avec des gisements de pétrole et de gaz récemment découverts, ainsi que des minerais stratégiques comme le phosphate, le fer, l’or, le zircon et l’uranium. Il a également souligné le potentiel d’une main-d’œuvre jeune et qualifiée, un argument de poids pour les investisseurs étrangers.

    Amélioration du climat des affaires et réformes en cours

    Pour séduire les partenaires internationaux, Bassirou Diomaye Faye a présenté les réformes engagées par son gouvernement. Parmi elles, la révision du code des douanes et du code des investissements, visant à simplifier les procédures et à éliminer les lourdeurs administratives. Il a aussi évoqué des avancées dans la lutte contre la corruption, un levier essentiel pour rassurer les investisseurs.

    L’Allemagne et le Sénégal : des intérêts économiques réciproques

    L’Allemagne, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, voit dans le Sénégal une solution potentielle. Les entreprises allemandes s’intéressent particulièrement aux secteurs de l’énergie et de la formation professionnelle, deux domaines où Dakar pourrait jouer un rôle clé.

    Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a récemment évalué l’économie sénégalaise, saluant sa résilience malgré un contexte mondial difficile. Le FMI a indiqué que les autorités sénégalaises ont réaffirmé leur volonté de mettre en place un nouveau programme de soutien, bien que ce dossier fasse l’objet de débats internes.

    En conclusion, ce déplacement de Bassirou Diomaye Faye à Berlin s’inscrit dans une stratégie globale visant à positionner le Sénégal comme une destination privilégiée pour les investisseurs, tout en renforçant les liens économiques avec l’Allemagne.

  • Rebasage des comptes nationaux : le pib du Bénin en 2023 bondit de 25,2 %

    Rebasage des comptes nationaux : le pib du Bénin en 2023 bondit de 25,2 %

    Rebasage des comptes nationaux : le PIB du Bénin en 2023 bondit de 25,2 %

    L’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD) a finalisé le reclassement de l’année de base des comptes nationaux du Bénin. Désormais, l’année 2023 remplace 2015 comme référence pour évaluer les performances économiques du pays. Cette mise à jour a permis de réévaluer le PIB 2023 à 14 020,2 milliards FCFA, soit une progression de 25,2 % par rapport à l’ancienne estimation.

    Logo de l'Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD)

    Une réforme majeure pour une économie mieux mesurée

    Cette opération s’inscrit dans le cadre des recommandations du Système de comptabilité nationale 2008 des Nations Unies, qui préconise un renouvellement régulier de l’année de base afin d’améliorer la précision des indicateurs économiques. Le Bénin n’a pas pu respecter le cycle quinquennal classique en raison des perturbations économiques mondiales entre 2019 et 2022. Le choix de 2023 comme nouvelle année de référence repose sur sa relative stabilité macroéconomique, ainsi que sur l’accumulation de données statistiques fiables durant cette période.

    Des secteurs clés dynamisés par cette réévaluation

    L’INStaD souligne que cette hausse de 25,2 % du PIB ne reflète pas une création soudaine de richesse, mais bien une meilleure couverture statistique et une capture plus fine des activités économiques. Plusieurs domaines ont particulièrement bénéficié de cette révision :

    • Secteur secondaire : en forte hausse de 56,1 %, porté par les industries, la construction et les infrastructures;
    • Formation brute de capital fixe : réévaluée de 36,6 %, grâce à une meilleure intégration des investissements dans les équipements productifs et les zones économiques spéciales;
    • Activités tertiaires : également revues à la hausse, reflétant une économie plus diversifiée.

    Une collaboration régionale pour des données plus robustes

    Ce projet ambitieux a bénéficié du soutien de partenaires techniques et financiers majeurs, dont la Banque mondiale, AFRISTAT, le FMI, la GIZ, la Banque africaine de développement, STATFRIC, la CEDEAO et l’UEMOA. Des échanges techniques avec les instituts nationaux de la statistique du Burkina Faso et du Mali ont également permis d’enrichir les méthodologies employées.

    L’INStaD a également annoncé la rétropolation des comptes nationaux de 1999 à 2022, afin d’offrir au Bénin une série complète et cohérente sur la base 2023. Cette étape cruciale permettra d’affiner les analyses macroéconomiques et d’éclairer les décisions des pouvoirs publics et des investisseurs.

  • Mission du FMI au Sénégal : les clés de la dette dévoilées

    Mission du FMI au Sénégal : les clés de la dette dévoilées

    Rencontre entre une représentante du FMI et le président sénégalais à Dakar en janvier 2026

    La visite d’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) à Dakar a marqué un tournant dans la gestion de la dette publique du Sénégal. Entre analyses techniques et échanges politiques, cette mission a permis de clarifier plusieurs points essentiels pour l’avenir économique du pays.

    Contexte et enjeux de la dette sénégalaise

    Le Sénégal fait face à une situation budgétaire complexe, avec une dette publique représentant une part significative du produit intérieur brut. Les discussions avec le FMI ont porté sur la transparence des comptes, les réformes structurelles et les perspectives de croissance. Ces échanges visent à rassurer les partenaires financiers tout en garantissant une stabilité macroéconomique à long terme.

    Les priorités abordées lors des négociations

    • Renforcement de la transparence financière : un audit détaillé des engagements passés a été demandé pour éviter toute opacité.
    • Réforme des dépenses publiques : optimisation des budgets alloués aux secteurs clés pour réduire le déficit.
    • Croissance inclusive : mise en place de politiques favorisant l’emploi et l’investissement privé.

    Réactions et engagements du gouvernement

    Le président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement à respecter les recommandations du FMI. « La rigueur budgétaire ne doit pas sacrifier les programmes sociaux », a-t-il déclaré lors de la clôture de la mission. Une approche équilibrée entre rigueur et développement est désormais au cœur des priorités nationales.

    Prochaines étapes et perspectives

    Les conclusions de cette mission devraient déboucher sur un nouveau programme de coopération avec le FMI. Les négociations en cours pourraient aboutir à un accord sous réserve de l’adoption des mesures proposées. Une fois validé, ce cadre permettrait au Sénégal de bénéficier d’un soutien financier accru pour ses projets de développement.