Catégorie : Internacional

  • Paysage politique béninois : les Démocrates confirment leur rôle d’opposant

    Paysage politique béninois : les Démocrates confirment leur rôle d’opposant

    Au Bénin, le paysage politique connaît une réorganisation majeure. Tandis que le parti Les Démocrates a réaffirmé son ancrage dans l’opposition ce samedi 9 mai, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) ont choisi de se retirer de ce bloc. Cette divergence de trajectoires fait suite à l’élection présidentielle qui a vu la victoire de Romuald Wadagni.

    À l’issue d’un Conseil national extraordinaire centré sur les « défis structurels et perspectives », la formation politique présidée par Nourénou Atchadé a clarifié sa position. Par la voix de Lambert De La Pierre Sodji, qui a lu le communiqué final, le parti a rappelé son statut officiel d’opposant, enregistré auprès du ministère de l’Intérieur depuis le 26 avril 2022. Le texte souligne que « Le Parti Les Démocrates réaffirme solennellement son appartenance à l’opposition politique ». Convaincus qu’« aucune démocratie moderne et équilibrée ne saurait prospérer sans une opposition crédible, structurée et responsable », ses dirigeants entendent incarner une force de contradiction face au nouveau président Romuald Wadagni, tout en s’engageant à agir « dans le respect des institutions républicaines ».

    Les FCBE choisissent de rejoindre la mouvance présidentielle

    La confirmation du positionnement des Démocrates survient dans un contexte de recomposition politique post-électorale. En effet, le parti FCBE, perçu jusqu’alors comme une force d’opposition modérée, a formalisé sa sortie de ce camp après une réunion de ses instances.

    Ce revirement stratégique est motivé par les résultats décevants des récents scrutins. Le candidat du parti à la présidentielle, Paul Hounkpè, qui a par la suite quitté ses rangs, n’avait recueilli que 5,95 % des voix, un score très éloigné de celui du vainqueur, Romuald Wadagni.

    À cette défaite s’ajoute l’échec aux élections législatives, où les FCBE n’ont remporté aucun siège au parlement. Yaya Garba, un des cadres du parti, a expliqué que le verdict des urnes dictait cette nouvelle trajectoire : « Le peuple a fait son choix, et ce choix nous engage ». Par ailleurs, la formation a salué le président sortant, Patrice Talon, pour ses deux mandats et pour la tenue d’élections présidentielles jugées « sereines ».

    Le départ des FCBE du camp de l’opposition propulse de fait Les Démocrates au rang de principal mouvement d’opposition déclaré au Bénin. Il est à noter que ce parti n’avait pas pu présenter de candidat à l’élection présidentielle, faute d’avoir réuni le nombre de parrainages exigé par le Code électoral. Cette réaffirmation de leur positionnement par Les Démocrates coïncide avec la période de transition qui précède l’investiture du nouveau gouvernement, suite à la validation finale des résultats du scrutin présidentiel.

  • Centrafrique : le dilemme sécuritaire entre Wagner et l’Africa Corps

    Centrafrique : le dilemme sécuritaire entre Wagner et l’Africa Corps

    L’ombre de l’Africa Corps plane sur la Centrafrique

    Alors que la Centrafrique se trouve à la croisée des chemins, le remplacement des paramilitaires de Wagner par l’Africa Corps soulève de vives inquiétudes. Si le président Touadéra semble privilégier la continuité avec Wagner, Moscou pousse pour l’installation de cette nouvelle structure. Ce changement n’est pas qu’administratif : il redéfinit le coût de la sécurité et les méthodes d’intervention sur le terrain.

    Un coût exorbitant pour un résultat identique

    Le modèle économique de ces deux entités diffère radicalement. Là où Wagner se rémunérait par l’exploitation directe des ressources naturelles du pays, l’Africa Corps exige un paiement mensuel de 10 milliards de francs CFA de la part du Kremlin. Pour la population centrafricaine, le constat est amer : peu importe le nom de l’organisation, le climat de terreur et les exactions restent une menace constante, seul le mode de financement évolue.

    Le précédent malien : un avertissement pour Bangui

    Depuis la disparition d’Evguéni Prigojine, l’Africa Corps a pris le relais au Mali, offrant un aperçu de ce qui pourrait attendre la Centrafrique. Les témoignages recueillis auprès de réfugiés maliens en Mauritanie sont glaçants. Malgré le changement d’appellation, les civils dénoncent une continuité dans la violence. Un chef de village exilé confirme que les hommes sont les mêmes et que les massacres se poursuivent sans distinction.

    • Structure de commandement : Contrairement à l’autonomie relative de Wagner, l’Africa Corps est sous la tutelle directe du ministère russe de la Défense, engageant ainsi la responsabilité de l’État russe.
    • Recrutement : Les effectifs, estimés à 2 000 hommes au Mali, incluent des combattants russes, biélorusses et plusieurs recrues issues d’États africains.
    • Impact humain : Des récits font état d’exécutions sommaires, de viols systématiques et d’une politique de la terre brûlée.

    Des témoignages de rescapés insoutenables

    À la frontière mauritanienne, des survivants racontent l’horreur. Fatma, une mère ayant perdu ses enfants dans le village de Kurmare, décrit des pillages et des meurtres gratuits perpétrés par des « hommes blancs ». Une autre réfugiée, Mougaloa, témoigne du sort tragique de la communauté peule, souvent prise pour cible sous prétexte de lutte contre les djihadistes.

    Selon des représentants de l’ONU, bien que les chiffres officiels des victimes civiles attribués aux forces russes semblent en baisse, la réalité pourrait être bien plus sombre. La peur des représailles réduit de nombreux témoins au silence. En Centrafrique, l’incertitude demeure sur la capacité de l’Africa Corps à apporter une stabilité qui ne soit pas synonyme d’oppression sanglante pour les populations locales.

  • Togo : le meeting du CNCC à Akassimé peine à mobiliser les foules

    Togo : le meeting du CNCC à Akassimé peine à mobiliser les foules

    Un rassemblement marqué par une faible affluence à Lomé

    Le grand rendez-vous politique organisé par le CNCC (Cadre national de concertation pour le changement) n’a pas atteint ses objectifs de mobilisation. Le samedi 09 mai 2026, le terrain d’Akassimé, situé au cœur de Lomé, présentait un visage inhabituellement vide. Malgré une communication offensive en amont, les foules attendues par cette coalition de l’opposition ne se sont pas manifestées, laissant place à quelques groupes de sympathisants isolés.

    Un décalage entre les slogans politiques et les attentes sociales

    Alors que l’événement devait débuter à 14 heures, le site ne comptait que très peu de participants une heure plus tard. Pour de nombreux observateurs de la vie publique au Togo, ce manque d’intérêt illustre une lassitude vis-à-vis des formes traditionnelles de protestation. Aujourd’hui, les préoccupations des citoyens semblent se porter davantage sur des enjeux concrets tels que l’accès à l’emploi, la fourniture d’eau potable ou le déploiement de l’Amu (Assurance maladie universelle), délaissant les discours partisans classiques.

    Une stratégie de l’opposition remise en question

    Les têtes d’affiche du mouvement, incluant plusieurs députés de l’Assemblée nationale, n’ont pas réussi à fédérer. Cette dualité entre l’action parlementaire et la mobilisation de rue sème le doute sur la cohérence de leur démarche. Le ton adopté, souvent perçu comme alarmiste, paraît désormais déconnecté d’une population en attente de solutions pragmatiques pour améliorer son quotidien.

    La transformation du CRAC en CNCC n’a pas produit l’étincelle espérée. Pour une partie de l’opinion, ce changement de dénomination n’est qu’une modification superficielle qui n’impacte pas le fond des revendications. L’ambiance sur le terrain d’Akassimé s’apparentait plus à une réunion locale qu’à une démonstration de force politique d’envergure nationale.

    Vers une nécessaire réinvention des modes d’action

    Pour espérer retrouver une certaine influence, l’opposition togolaise devra impérativement repenser ses méthodes. Le désintérêt pour les discours répétitifs prouve que les électeurs réclament une implication plus directe dans le développement du pays. L’avenir de ces partis politiques repose désormais sur leur aptitude à proposer des alternatives crédibles et constructives, loin des mobilisations éphémères et des critiques systématiques.

  • Vers un apaisement entre le Bénin et le Niger avec l’élection de Romuald Wadagni

    Vers un apaisement entre le Bénin et le Niger avec l’élection de Romuald Wadagni

    Le gouvernement de Niamey semble adopter une posture d’ouverture prudente vis-à-vis de la future administration béninoise. À l’approche de l’investiture du président élu Romuald Wadagni, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a évoqué la perspective d’un rapprochement entre le Bénin et le Niger, après une période marquée par de fortes tensions.

    S’exprimant sur la chaîne nationale nigérienne RTN, le chef de la diplomatie a admis qu’aucun contact officiel n’avait encore été établi avec l’équipe de transition à Cotonou. Toutefois, il a manifesté un intérêt réel pour l’instauration d’un nouveau dialogue constructif entre les deux nations voisines.

    « Nous accueillerions avec beaucoup de satisfaction une démarche du nouveau gouvernement béninois allant dans ce sens », a précisé le ministre, tout en soulignant l’importance de signes concrets de bonne volonté pour restaurer la confiance mutuelle.

    Un climat diplomatique délétère depuis le putsch de 2023

    Les liens entre le Bénin et le Niger ont subi une dégradation majeure suite au coup d’État de juillet 2023, qui a placé le général Abdourahamane Tiani à la tête du pays. Depuis cet événement, le Niger maintient sa frontière terrestre fermée, ce qui entrave considérablement les flux commerciaux bilatéraux.

    La crise a franchi un nouveau palier en janvier 2026, marquée par l’expulsion réciproque de diplomates et l’arrêt des services de l’ambassade du Bénin à Niamey. Les autorités nigériennes reprochent notamment à Cotonou de servir de base arrière à des mouvements hostiles au pouvoir militaire, des allégations que le gouvernement béninois a toujours fermement démenties.

    Enjeux pétroliers et frontaliers : les points de discorde

    Au-delà des divergences politiques, la discorde s’enracine dans des dossiers économiques stratégiques. Le projet de pipeline géré par Wapco demeure une priorité absolue dans les échanges entre les deux États. Cette infrastructure est vitale pour l’exportation de l’or noir nigérien via le port béninois de Sèmè-Kpodji.

    Par ailleurs, le blocage persistant de la frontière terrestre pèse lourdement sur le quotidien des populations locales et sur l’activité des transporteurs empruntant l’axe stratégique Niamey-Cotonou.

    Romuald Wadagni face à son premier défi diplomatique

    L’élection de Romuald Wadagni, le 12 avril 2026, et son entrée en fonction prévue pour le 24 mai, marquent peut-être le début d’une ère nouvelle. À Niamey, les propos de Bakary Yaou Sangaré sont interprétés comme une main tendue, bien que conditionnée par des actes concrets de la part du futur président.

    Malgré l’échec d’une tentative de médiation tripartite en 2025, impliquant d’anciens chefs d’État, la normalisation avec le Niger s’impose comme l’un des chantiers prioritaires du mandat de Romuald Wadagni. Un dénouement positif permettrait de redynamiser l’économie régionale et d’améliorer la sécurité collective dans une zone sahélienne en proie à une instabilité croissante.

  • Mali : une crise humanitaire en aggravation constante due à l’insécurité

    Mali : une crise humanitaire en aggravation constante due à l’insécurité

    Une situation humanitaire critique au Mali

    Le Mali fait face à une dégradation alarmante de sa situation humanitaire, selon le Comité international de secours (IRC). L’insécurité grandissante et les violences armées qui se multiplient depuis fin avril entravent gravement les déplacements et l’acheminement des denrées essentielles, comme le carburant et les produits alimentaires, vers la capitale, Bamako.

    Des conséquences dévastatrices pour les populations vulnérables

    Cette crise humanitaire s’intensifie, privant des millions de Malien·ne·s de l’accès aux soins médicaux, à l’eau potable et aux bienfaits nutritionnels. Les communautés locales, déjà éprouvées par des années de tensions, subissent une anxiété croissante et une incertitude persistante quant à leur avenir.

    Matias Meier, responsable des opérations de l’IRC au Mali, souligne : « Ces deux dernières semaines, nos équipes ont constaté une peur grandissante au sein des familles, qui luttent contre une crise aux racines profondes. » Il ajoute que les interruptions de transport et les menaces sécuritaires rendent l’accès aux services vitaux de plus en plus difficile dans de nombreuses régions.

    Un contexte aggravé par des défis structurels

    Le Mali reste l’une des crises humanitaires les moins médiatisées au monde. Selon les projections, 5,1 millions de personnes auront besoin d’une aide d’urgence d’ici 2026, dont plus de 415 000 déplacé·e·s internes. Plusieurs facteurs aggravent cette situation :

    • Les conflits armés récurrents et l’instabilité politique ;
    • Les chocs climatiques qui menacent les récoltes ;
    • L’insécurité alimentaire chronique ;
    • L’accès limité aux infrastructures de base (santé, eau, électricité).

    Les populations les plus touchées incluent les femmes, les enfants, les personnes âgées et les handicapé·e·s, dont la vulnérabilité est exacerbée par un accès réduit aux services essentiels et des risques accrus de violence.

    L’action humanitaire face à l’adversité

    Malgré les obstacles, l’IRC maintient sa présence sur le terrain et adapte ses interventions pour répondre aux besoins urgents. Les équipes sur place réalisent des évaluations régulières et déploient des programmes dans des domaines clés :

    • Santé et nutrition ;
    • Protection des populations vulnérables ;
    • Accès à l’eau potable et à l’assainissement ;
    • Relance économique locale.

    Pour pallier les difficultés d’accès, l’organisation met en place des solutions flexibles, incluant des distributions à distance et des mécanismes sécurisés de prestation de services. Depuis 2012, l’IRC intervient dans les zones les plus isolées du Mali, où les infrastructures sont quasi inexistantes ou fortement dégradées.

    Un engagement historique et mondial

    Fondé en 1933, l’IRC est aujourd’hui actif dans plus de 50 pays et 28 villes américaines. Son objectif ? Aider les populations affectées par les crises à reconstruire leur vie et à retrouver une dignité. Au Mali, malgré les défis, l’organisation continue de collaborer étroitement avec les autorités locales et les acteurs communautaires pour garantir une réponse humanitaire adaptée et durable.

  • Le Niger suspend des médias français : une décision pour la stabilité nationale

    Le Niger suspend des médias français : une décision pour la stabilité nationale

    Le Niger suspend des médias français : une décision pour la stabilité nationale

    Depuis le coup d’État de juillet 2023, la junte au pouvoir au Niger, affichant une position critique envers les nations occidentales, notamment la France, a annoncé ce vendredi 8 mai la suspension d’une dizaine de médias français. Cette mesure, expliquée via un communiqué diffusé sur la télévision nationale, vise à prévenir tout contenu susceptible de « mettre gravement en péril l’ordre public ».

    Le chef de la junte militaire du Niger, le général Abdourahamane Tiani, à Niamey, capitale du pays, le 15 février 2025. (- / AFP)

    L’Observatoire national de la communication (ONC) a énuméré les entités médiatiques concernées par cette interdiction. Parmi elles figurent des noms bien connus de l’actu Niger et de la scène internationale : France 24, RFI (Radio France internationale), France Afrique Média, LSI Africa, AFP (Agence France-Presse), TV5 Monde, TF1 Info, Jeune Afrique et Mediapart. Selon le communiqué de l’ONC, ces médias sont suspendus sur l’ensemble du territoire national pour la « diffusion récurrente de contenus susceptibles de mettre gravement en péril l’ordre public, l’unité nationale, la cohésion sociale et la stabilité des institutions de la République ». Cette décision prend effet immédiatement et s’étend aux bouquets satellitaires, aux réseaux câblés, aux plateformes numériques, aux sites internet et aux applications mobiles, impactant ainsi l’accès aux Niger nouvelles pour de nombreux citoyens.

    Il est à noter que RFI et France 24 avaient déjà été interdits quelques jours après le putsch qui a porté la junte au pouvoir. La radio britannique BBC avait également subi une suspension en décembre 2024, illustrant une tendance de la politique nigérienne à restreindre l’information étrangère. Cette Niger actualité s’inscrit dans un contexte régional tendu. Quelques jours avant cette annonce, le Burkina Faso, membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Niger et du Mali, avait également bloqué la diffusion de TV5 Monde, l’accusant de « désinformation et apologie du terrorisme », et avait précédemment suspendu d’autres médias occidentaux. L’annonce de Niamey intervient juste avant un sommet crucial entre la France et plusieurs pays africains, prévu au Kenya, ce qui ajoute une dimension diplomatique significative à cette Niamey actualité.

  • Kemi seba : détention prolongée en Afrique du Sud, l’audience reportée

    Kemi seba : détention prolongée en Afrique du Sud, l’audience reportée

    Une décision judiciaire ferme pour Kemi Seba

    L’activiste Kemi Seba, figure controversée franco-béninoise, reste incarcéré en Afrique du Sud. Le 29 avril, la justice de Pretoria a statué sur son maintien en détention, écartant les arguments de sa défense sans équivoque. Entre l’invalidité d’un passeport diplomatique allégué et l’existence de deux mandats d’arrêt internationaux émis par le Bénin, le sort de l’emblématique leader d’Urgences Panafricanistes semble scellé, du moins temporairement. L’audience a été reportée au 11 mai, prolongeant ainsi une procédure judiciaire déjà complexe.

    Un verdict aligné sur la rigueur juridique

    Contrairement aux espoirs de ses partisans, qui espéraient une libération sous caution, le magistrat a confirmé la détention de Kemi Seba. Pour la cour sud-africaine, les risques de fuite et la gravité des poursuites engagées à son encontre, notamment par le Bénin, justifient pleinement cette décision. Ce revers judiciaire marque un tournant pour l’activiste, dont les stratégies de provocation se heurtent désormais à une procédure légale implacable.

    L’échec du passeport diplomatique

    La défense de Kemi Seba a tenté de s’appuyer sur un passeport diplomatique pour contester son arrestation. Cependant, la cour a rejeté cet argument, soulignant que sa validité n’était subordonnée à aucune accréditation officielle auprès des autorités sud-africaines. L’absence d’un ordre de mission formel, attestant d’une mission pour un État souverain, a réduit ce document à un simple titre de voyage sans valeur juridique supérieure. La justice a ainsi interprété cette démarche comme une tentative de contournement des règles en vigueur.

    Les mandats d’arrêt du Bénin : un enjeu central

    Le cœur du dossier repose sur deux mandats d’arrêt internationaux émis par la justice béninoise. Ces demandes d’extradition, motivées par des accusations graves, placent Kemi Seba dans une situation particulièrement délicate. L’Afrique du Sud, en maintenant sa détention, prépare le terrain pour un examen approfondi de ces requêtes. Cette issue pourrait, à terme, conduire à son extradition vers le Bénin, le privant définitivement de toute marge de manœuvre.

    L’activisme face à la réalité judiciaire

    Depuis des années, Kemi Seba cultive une image de prisonnier politique, utilisant chaque audience comme une tribune pour dénoncer les institutions. Pourtant, l’Afrique du Sud, réputée pour son système juridique rigoureux, ne semble pas influencée par cette rhétorique. En réaffirmant son respect des conventions internationales, Pretoria rappelle que les démonstrations médiatiques ne prévalent pas sur la légalité. La stratégie de victimisation de l’activiste se heurte désormais à un mur judiciaire infranchissable.

    Un avenir incertain pour l’activiste

    Les semaines à venir seront déterminantes. La justice sud-africaine devra statuer sur la recevabilité des demandes d’extradition du Bénin. Si les conditions légales sont remplies, Kemi Seba pourrait être transféré vers Cotonou, où il serait jugé pour les chefs d’accusation à son encontre. Déchu de sa nationalité française après avoir brûlé son passeport, il ne bénéficie désormais d’aucune protection consulaire européenne. L’audience du 29 avril a clairement démontré que les ambitions politiques ne suffisent pas à ébranler les institutions.

    Le dossier s’alourdit avec des éléments accablants : des enregistrements audio révèlent des projets de déstabilisation au Bénin, évoquant même un coup d’État lors des festivités des Vodun Days, au prix de pertes civiles potentielles. Pour Kemi Seba, le temps des discours enflammés semble révolu. Il se retrouve désormais confronté au silence des cachots de la prison de Pretoria, où chaque espoir de liberté s’éloigne un peu plus.

  • Au Mali, la déroute d’Africa Corps à Kidal : un revers majeur pour l’influence russe

    Au Mali, la déroute d’Africa Corps à Kidal : un revers majeur pour l’influence russe

    La perte de Kidal, un point d’appui touareg d’importance stratégique reconquis en 2023, représente un échec retentissant pour les effectifs russes. Africa Corps, l’emblème des ambitions militaires de Vladimir Poutine sur le continent africain, subit un revers qui ternit l’aura de puissance du Kremlin.

    Le spectacle évoque une véritable déroute. Au cœur du nord malien, à Kidal, une colonne de véhicules militaires s’est hâtée de quitter la zone, tandis que les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) exultaient. Les membres d’Africa Corps, la force armée russe appuyant la junte locale, étaient à bord. Bien que cette évacuation ait été le fruit d’un arrangement, elle s’est déroulée dans une atmosphère d’humiliation flagrante. Selon divers témoignages, les soldats ont été désarmés et identifiés individuellement avant d’abandonner cette position cruciale.

    Devant les yeux des partants, les insurgés manifestaient leur joie, brandissant même un drapeau français, un geste perçu comme une provocation et un rappel cinglant du passé récent de la région. « L’unique véritable victoire stratégique des Russes depuis leur déploiement au Mali en 2021 fut précisément la capture de Kidal, un ancien bastion touareg », souligne Djenabou Cissé, chercheuse associée à la Fondation pour la recherche stratégique. La reconquête de Kidal par les rebelles représente donc un camouflet majeur.

  • Tanzanie : le bilan officiel des violences post-électorales de 2025 sous le feu des critiques

    Tanzanie : le bilan officiel des violences post-électorales de 2025 sous le feu des critiques

    Six mois après l’élection présidentielle du 29 octobre 2025, la Tanzanie reste sous le choc des violences qui ont suivi le scrutin. La Commission d’enquête gouvernementale, chargée d’éclaircir les événements, a dévoilé ce 23 avril son rapport final à Dar es Salaam. Parmi les chiffres avancés : 518 morts, un bilan qui soulève davantage de questions qu’il n’en résout.

    Un rapport contesté par l’opposition et les défenseurs des droits humains

    Alors que les autorités tanzaniennes présentent ce rapport comme une étape vers la transparence, l’opposition et les organisations non gouvernementales (ONG) dénoncent une tentative de minimiser l’ampleur des violences. Pour ces derniers, le chiffre de 518 victimes est une sous-estimation grossière des pertes réelles.

    Le gouvernement, par la voix de ses représentants, attribue la majorité des décès à des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, ainsi qu’à des tensions intercommunautaires. Selon le rapport, ces événements seraient le résultat de débordements incontrôlés lors de rassemblements non autorisés. Une version des faits que l’opposition qualifie de simpliste et trompeuse.

    Des chiffres qui divisent : 518 morts ou des milliers ?

    • L’opposition politique : Les partis d’opposition persistent à affirmer que le nombre réel de victimes dépasse largement les 518 morts. Ils évoquent des milliers de disparus et dénoncent l’absence totale de mention, dans le rapport, des disparitions forcées, un phénomène que les autorités seraient tenues de reconnaître.
    • Les ONG internationales : Des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch s’appuient sur des témoignages de terrain et des analyses par imagerie satellite pour étayer leur thèse d’une répression systématique et préméditée. Contrairement aux conclusions du gouvernement, elles rejettent l’idée de bavures isolées et parlent d’une stratégie délibérée de répression.

    Un bilan qui interroge : vérité ou manipulation politique ?

    La publication de ce rapport intervient dans un contexte où la Tanzanie tente de redorer son image sur la scène internationale. En reconnaissant une partie des violences, le gouvernement cherche peut-être à éviter des sanctions ou des poursuites devant des instances comme la Cour pénale internationale (CPI). Pourtant, cette approche est perçue par beaucoup comme une tentative de contrôle des narratifs plutôt qu’une quête de vérité.

    « Ce document n’a pas pour but de rétablir la vérité, mais de réhabiliter diplomatiquement le régime », a déclaré un représentant d’une organisation de la société civile, sous couvert d’anonymat. Un avis partagé par de nombreux observateurs, qui soulignent que le rapport omet volontairement des éléments clés pour protéger les responsables politiques.

    Réconciliation nationale ou nouvelle source de tensions ?

    Alors que le gouvernement présente ce rapport comme une étape vers la guérison, la société tanzanienne reste profondément divisée. L’exigence d’une enquête internationale indépendante se renforce chaque jour, portée par des voix de plus en plus nombreuses au sein de la population et de la communauté internationale.

    Pour les analystes, tant que les zones d’ombre persisteront – notamment sur le nombre exact de victimes et l’identification des commanditaires des violences – le pays risque de s’enliser dans un cycle de défiance et de divisions. La Tanzanie se trouve aujourd’hui face à un choix crucial : soit elle engage un processus de vérité et de réconciliation, soit elle laisse les traumatismes de 2025 alimenter une crise politique sans fin.

  • Gabon : un ancien premier ministre incarcéré dans un contexte de transition politique

    Gabon : un ancien premier ministre incarcéré dans un contexte de transition politique

    Une arrestation qui secoue le paysage politique gabonais

    Le Gabon traverse une période de turbulences politiques depuis l’arrestation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre du régime d’Ali Bongo Ondimba. Interpellé le 15 avril 2026, il a été immédiatement placé en détention provisoire, marquant un tournant dans les investigations menées par les autorités de la transition depuis le coup d’État d’août 2023.

    Des accusations qui pèsent lourd dans la balance judiciaire

    Les charges retenues contre l’ex-chef du gouvernement sont d’une gravité exceptionnelle. Selon les informations judiciaires disponibles, les faits reprochés à Alain-Claude Bilie-By-Nze incluent :

    • Abus de confiance : utilisation personnelle ou détournement de fonds publics à des fins non conformes à leur destination initiale.
    • Escroquerie : obtention illicite de ressources financières ou d’avantages par des moyens frauduleux.

    Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre d’une opération d’envergure visant à assainir les finances publiques, orchestrée par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI).

    Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) crie à l’injustice

    Dès l’annonce de l’incarcération, le PDG, parti de l’ancien Premier ministre, a réagi avec virulence. Dans un communiqué officiel, ses dirigeants dénoncent une manœuvre politique déguisée en procédure judiciaire.

    Ils déclarent notamment : « Le traitement réservé à Alain-Claude Bilie-By-Nze révèle une volonté manifeste de l’écarter de la scène politique. La rapidité et les modalités de son placement en détention laissent présager une instrumentalisation des institutions. »

    Ses partisans s’inquiètent des conditions de son arrestation et de la célérité du processus, évoquant un « théâtre judiciaire » destiné à impressionner l’opinion publique.

    Transition politique : entre fermeté et interrogations

    Cette arrestation survient dans un contexte où les anciennes figures du régime déchu sont sous haute surveillance. Si certains Gabonais y voient la fin de l’impunité, des observateurs internationaux s’interrogent sur le respect des garanties juridiques et des droits fondamentaux durant cette phase de transition.

    Pour les autorités en place, il est crucial de démontrer que la lutte contre la corruption s’applique à tous, sans distinction de rang. Quant à Alain-Claude Bilie-By-Nze, son incarcération à la prison centrale de Libreville marque le début d’un long parcours judiciaire.

  • Mali : quand les otages libérés par Mariko exposent la faiblesse de l’état

    Mali : quand les otages libérés par Mariko exposent la faiblesse de l’état

    Une photographie qui révèle les failles d’un État sous tension

    Une image, circulant à la vitesse de l’éclair sur les réseaux sociaux malien, a fait l’effet d’un électrochoc. On y distingue l’opposant Oumar Mariko, en exil, aux côtés de 17 otages tout juste libérés par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda. Si cette libération sauve des vies, elle soulève une question brûlante : pourquoi la souveraineté de Bamako semble-t-elle s’effriter, laissant place à des acteurs non étatiques ?

    Une médiation privée qui interroge la légitimité des institutions

    L’intervention d’Oumar Mariko dans cette opération interroge. Comment un homme en rupture avec le pouvoir peut-il négocier et circuler dans des zones où l’État malien peine à s’imposer ? La réponse réside dans un constat alarmant : le vide sécuritaire.

    Dans certaines régions du pays, la capacité à dialoguer ou à se déplacer ne relève plus des autorités officielles, mais de réseaux informels. Pour les spécialistes, cette situation illustre une perte progressive de contrôle de l’État sur son propre territoire. Une réalité qui alimente le doute : Bamako maîtrise-t-elle encore son destin ?

    Le JNIM, maître du jeu médiatique et politique

    Pour le JNIM, cette libération n’est pas un geste humanitaire, mais une stratégie calculée. En se présentant comme un interlocuteur « crédible » et en orchestrant des négociations filmées, le groupe cherche à se donner une image plus acceptable. Mais l’objectif est bien plus profond : remplacer l’État.

    En offrant protection et justice dans des zones où l’administration républicaine a disparu, les terroristes s’imposent comme la seule autorité visible. Un phénomène qui érode encore davantage la confiance dans les institutions maliennes.

    Les dangers d’une diplomatie parallèle

    Derrière le soulagement des familles se cachent des risques majeurs pour l’avenir du Mali :

    • Le financement du terrorisme : Les rançons versées, bien que non officielles, alimentent les caisses des groupes armés, financant de nouvelles attaques contre les forces de sécurité.
    • Une légitimité renforcée pour les insurgés : Accepter de négocier avec un chef de guerre revient à reconnaître son pouvoir sur une région. Un aveu de faiblesse qui conforte la domination du JNIM sur les populations rurales.

    Deux Mali en confrontation : la capitale contre le terroir

    Le pays est désormais divisé en deux réalités distinctes :

    • Le Mali des institutions : À Bamako, le discours officiel vante les avancées militaires et la reconquête progressive du territoire.
    • Le Mali des campagnes : Dans les zones reculées, les populations, livrées à elles-mêmes, n’ont d’autre choix que de composer avec les groupes armés pour survivre.

    Rétablir l’autorité de l’État : un défi politique et sécuritaire

    Cet épisode ne se limite pas à une simple réussite humanitaire. Il révèle une fragilité structurelle : lorsque des acteurs privés ou des opposants gèrent des questions de sécurité nationale, l’État malien perd non seulement le contrôle, mais aussi sa crédibilité.

    Pour Bamako, le vrai combat n’est plus seulement militaire. Il est politique : retrouver une souveraineté perdue, là où les négociations se font aujourd’hui sous le regard des kalachnikovs.

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    Site partenaire Burkina Faso

    Dernière mise à jour le 28 avril 2026

    L’essentiel sur le Site partenaire Burkina Faso

    Le Site partenaire Burkina Faso s’articule principalement autour du Centre Muraz de l’Institut national de Santé publique (INSP) à Bobo-Dioulasso et du Centre de Recherche international pour la Santé (CRIS/UO) de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou.

    • Acteurs clefs : ministère de la Santé du Burkina Faso, Centre Muraz/INSP, CRIS, PCCEI UMR 1058 Montpellier, ambassade de France au Burkina Faso, ANRS MIE
    • Actions principales : renforcer les collaborations nationales et internationales, soutenir les jeunes chercheurs, appuyer les équipes burkinabè dans la réponse aux appels à projets et renforcer le Centre Muraz/INSP et le CRIS
    • Priorités de recherche : VIH, hépatites virales, papillomavirus humains, tuberculose, Covid-19, arboviroses
    En savoir plus sur le réseau international

    En bref

    Date de création
    2001

    Responsables
    Dr Dramane Kania (Coordinateur Burkina Faso), Pr Nicolas Nagot (Coordinateur France)

    Hébergement physique du partenariat
    Centre Muraz/INSP, Bobo-Dioulasso, et CRIS/UO, Ouagadougou, Burkina Faso

    Genèse du partenariat

    Les premières collaborations franco-burkinabè ont débuté dès 1999. Le partenariat s’est mis en place en 2001 et a été officialisé en 2006 par la signature d’un accord-cadre entre l’ANRS et le ministère de la Santé, autour du Centre Muraz à Bobo-Dioulasso.

    La collaboration s’est ensuite développée autour d’un second centre de recherche, le Centre de Recherche Internationale pour la Santé (CRIS/UO), située à l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) à Ouagadougou.

    Depuis quelques années, les collaborations et champs d’action du Site partenaire Burkina Faso ont été élargis aux maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes pour mieux répondre aux enjeux de santé publique et scientifiques du Burkina Faso et de la région. Leur étude se fait selon l’approche One health (une seule santé), dans un contexte de santé globale.

    Le Centre Muraz et le CRIS

    Le Centre Muraz, à Bobo-Dioulasso, est une Direction technique de l’Institut national de Santé publique (INSP). Ses missions sont la recherche, la formation et l’expertise en lien avec quatre grands programmes de recherche : maladies infectieuses, maladies à potentiel épidémique, santé sexuelle et reproductive, politique et gestion des systèmes de santé et capitalisation. Le Centre dispose d’un laboratoire doté d’un plateau technique de niveau relevé pour le diagnostic et l’innovation diagnostique des maladies infectieuses ainsi que d’un Centre de méthodologique et de gestion des données de la recherche.

    Le Centre de Recherche Internationale pour la Santé (CRIS/UO) est une structure de recherche et de formation au sein de l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) à Ouagadougou. Il a pour ambition de favoriser la création d’une plateforme de recherche internationale pour la santé à l’UJKZ et de former de jeunes professionnels de santé à la recherche médicale. Les activités de recherche concernent différents problèmes de santé publique liés au VIH/sida et à la santé globale.

    Les dates clés de la collaboration franco-burkinabè

    Gouvernance du partenariat et collaborateurs


    Coordinateur Burkina Faso : Dr Dramane KANIA
    Centre Muraz/INSP, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso


    Coordinateur France : Pr Nicolas NAGOT
    PCCEI/UMR1058, Inserm, EFS, université de Montpellier, université des Antilles, France


    Coordinateur adjoint : Dr Désiré DAHOUROU
    Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), Bobo-Dioulasso, France


    Coordinateur honoraire : Pr Nicolas MEDA
    CRIS/UO, Ouagadougou, Burkina Faso

    Le Site partenaire fut précédemment coordonné par le Pr Nicolas MEDA (coordinateur Burkina Faso) et le Pr Philippe VANDE PERRE (Coordinateur France).

    Les collaborateurs (liste non exhaustive)

    De nombreux partenaires tels que des universités, des ONG, des ministères, des institutions de recherches, des structures de santé ou des acteurs communautaires sont en lien avec le Centre Muraz et le CRIS à travers le Site partenaire. On trouve également d’autres partenariats institutionnels, financiers ou sur projet.

    Les principales activités du partenariat

    • Collaboration avec les associations de malades, les acteurs du système de santé et les décideurs, dès le développement de nouveaux projets de recherche pour faciliter la production et le transfert des connaissances
    • Animation scientifique : organisation de journées d’échange avec les acteurs de la recherche et de la santé autour de thématiques spécifiques en lien avec les priorités du Burkina Faso et de la région
    • Ouverture et renforcement de collaborations au niveau national (IRSS de Nanoro, Nouna, CNRFP, CORUS, LCR, ONSP, …) et aux niveaux régional et international avec les acteurs du Réseau international de l’ANRS MIE, l’OMS …
    • Poursuivre l’offre de formation et de renforcement des capacités des jeunes chercheurs et équipes de recherche (écriture de projets, de notes de politique, transfert de connaissances, rédaction d’articles…)
    • Appui aux équipes de recherche burkinabè pour répondre aux appels à projets et mettre en place des projets
    • Renforcer le plateau technique du Centre Muraz/INSP pour poursuivre des recherches de qualité et renforcer l’infrastructure du CRIS pour un espace suffisant consacré à la coordination des projets de recherche

    Evolution des axes de recherche

    Recherche sur le VIH, les IST et les co-infections par la tuberculose et les hépatites virales

    Depuis les années 1990, la collaboration franco-burkinabè en recherche en santé s’est concentrée sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge du VIH.

    Des essais thérapeutiques ont été menés et se poursuivent encore aujourd’hui sur la prévention de la transmission mère-enfant (Kesho-Bora, Promise PEP, PREVENIR PEV, TRI MOM) ; le renforcement de l’observance et les thérapies antirétrovirales (THILAO, MOBIDIP, 2LADY) ; le diagnostic de la tuberculose chez les enfants infectés par le VIH (PAANTHER).

    La recherche sur la prévention du VIH et des IST dans les populations clés (cohortes Yérelon pour les travailleuses du sexe et CohMSM pour les HSH) a permis d’évaluer la faisabilité et l’efficacité opérationnelle de stratégies comportementales et biomédicales.

    Les sciences sociales ont exploré le vécu des malades et l’accès aux soins des femmes séropositives.

    La recherche biologique a analysé la transmission du VIH (sexuelle et de la mère à l’enfant), la résistance aux traitements, la diversité génétique du virus et l’impact de la co-infection VIH-tuberculose.

    Des études sur les hépatites virales, révélant une forte prévalence du VHB et du VHC avec une répartition hétérogène dans le pays, ont proposé la mise en place de stratégies d’intervention spécifique (REVERSO).

    Recherche sur les maladies infectieuses émergentes (MIE)

    De nouveaux axes de recherche ont émergé plus récemment, notamment sur les arboviroses (ARBOFASO) ou le Covid-19, avec des études sur l’évaluation de traitements (COVERAGE Africa), le diagnostic, la compréhension et l’impact du virus, selon une approche One Health.

    Priorités de recherche actuelles

    Les activités de recherche menées et soutenues par les acteurs principaux du Site partenaire Burkina Faso et leurs collaborateurs portent sur le VIH, les hépatites virales, le papillomavirus humain (HPV : human papillomavirus), la tuberculose, le Covid-19 et les arboviroses. Différents domaines de recherche sont sollicités comme l’innovation, le diagnostic, la recherche clinique, la recherche fondamentale, la santé publique et les sciences sociales. Plus précisément :

    • Recherche clinique : stratégies d’allègement thérapeutique, diagnostic et prise en charge du cancer du col de l’utérus chez les personnes vivant avec le VIH, traitement des maladies émergentes (Covid-19), innovation diagnostique (VHB : virus de l’hépatite B )
    • VIH au cours de la vie : prévention de la transmission mère-enfant du VIH , adolescence et transition vers l’âge adulte, vieillissement
    • Populations vulnérables : HSH* (PrEP**, IST***), travailleurs et travailleuses du sexe, enfants des rues, usagers de drogues
    • Hépatites : épidémiologie de l’hépatite C et de l’hépatite E, effet de l’environnement (VHB et aflatoxine)
    • Quadruple élimination de la transmission mère-enfant (VIH, VHB, syphilis, maladie de Chagas)
    • Maladies infectieuses émergentes : dengue et autres arboviroses, Covid-19 et préparation aux épidémies

     

    * hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes

    ** Pre-exposure prophylaxis (prophylaxie pré-exposition)

    *** infections sexuellement transmissibles

    L’apport du Site partenaire Burkina Faso

    Le partenariat a permis de renforcer les capacités de recherche du Centre Muraz et d’autres équipes de recherche du Burkina Faso, favorisant l’innovation scientifique, la formation des jeunes chercheurs, l’élaboration de politiques sanitaires et l’engagement communautaire.

    Le partenariat a permis de renforcer le Centre Muraz, aboutissant à sa reconnaissance nationale et à son intégration en 2018 comme Direction technique de recherche de l’Institut National de Santé Publique (INSP). L’ANRS MIE a soutenu son équipement, notamment avec une structure d’accueil pour les cohortes, un laboratoire de virologie moléculaire P2, un laboratoire d’immunolo­gie et un centre de calcul.

    En 2021, grâce au Site partenaire, le Centre Muraz a rejoint le réseau AFROSCREEN pour le séquençage des variants SARS-Cov-2 et d’autres agents pathogènes, avec l’installation d’une plateforme de génomique et l’acquisition d’un séquenceur Illumina MiniSeq.

    Le Site partenaire a aussi permis la création du CRIS/UO, facilitant la coordination des recherches à Ouagadougou.

    Le Site partenaire du Burkina Faso collabore avec l’université Nazi Boni (UNB) et l’UJKZ pour soutenir la formation d’étudiants en master et doctorat. Ce soutien a favorisé l’émergence de jeunes chercheurs qui sont les principaux animateurs de la recherche et de l’orientation des politiques sanitaires sur les maladies infectieuses au Burkina Faso.

    Des chercheurs associés participent à divers groupes techniques nationaux et internationaux pour l’élaboration de recommandations. Parmi ces groupes, on peut citer les Comités nationaux de surveillance des variants SARS-CoV-2 et de validation des algorithmes de dépistage du VIH, et les groupes de réflexion de l’OMS sur les thérapeutiques VIH/hépatites/IST et sur l’allaitement.

    Le partenariat permet également de soutenir les associations et des comités communautaires engagés contre le VIH et les hépatites virales au Burkina Faso. Ces acteurs contribuent à l’animation scientifique et aux projets de recherche, permettant ainsi de réaliser notamment des projets auprès de populations vulnérables.

    Malgré les défis géopolitiques, le Site partenaire continue de fédérer les acteurs de la recherche, valorisant les recherches menées et explorant de nouvelles perspectives pour le Burkina Faso et la région.

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