Catégorie : Internacional

  • Tanzanie : le bilan officiel des violences post-électorales de 2025 sous le feu des critiques

    Tanzanie : le bilan officiel des violences post-électorales de 2025 sous le feu des critiques

    Six mois après l’élection présidentielle du 29 octobre 2025, la Tanzanie reste sous le choc des violences qui ont suivi le scrutin. La Commission d’enquête gouvernementale, chargée d’éclaircir les événements, a dévoilé ce 23 avril son rapport final à Dar es Salaam. Parmi les chiffres avancés : 518 morts, un bilan qui soulève davantage de questions qu’il n’en résout.

    Un rapport contesté par l’opposition et les défenseurs des droits humains

    Alors que les autorités tanzaniennes présentent ce rapport comme une étape vers la transparence, l’opposition et les organisations non gouvernementales (ONG) dénoncent une tentative de minimiser l’ampleur des violences. Pour ces derniers, le chiffre de 518 victimes est une sous-estimation grossière des pertes réelles.

    Le gouvernement, par la voix de ses représentants, attribue la majorité des décès à des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, ainsi qu’à des tensions intercommunautaires. Selon le rapport, ces événements seraient le résultat de débordements incontrôlés lors de rassemblements non autorisés. Une version des faits que l’opposition qualifie de simpliste et trompeuse.

    Des chiffres qui divisent : 518 morts ou des milliers ?

    • L’opposition politique : Les partis d’opposition persistent à affirmer que le nombre réel de victimes dépasse largement les 518 morts. Ils évoquent des milliers de disparus et dénoncent l’absence totale de mention, dans le rapport, des disparitions forcées, un phénomène que les autorités seraient tenues de reconnaître.
    • Les ONG internationales : Des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch s’appuient sur des témoignages de terrain et des analyses par imagerie satellite pour étayer leur thèse d’une répression systématique et préméditée. Contrairement aux conclusions du gouvernement, elles rejettent l’idée de bavures isolées et parlent d’une stratégie délibérée de répression.

    Un bilan qui interroge : vérité ou manipulation politique ?

    La publication de ce rapport intervient dans un contexte où la Tanzanie tente de redorer son image sur la scène internationale. En reconnaissant une partie des violences, le gouvernement cherche peut-être à éviter des sanctions ou des poursuites devant des instances comme la Cour pénale internationale (CPI). Pourtant, cette approche est perçue par beaucoup comme une tentative de contrôle des narratifs plutôt qu’une quête de vérité.

    « Ce document n’a pas pour but de rétablir la vérité, mais de réhabiliter diplomatiquement le régime », a déclaré un représentant d’une organisation de la société civile, sous couvert d’anonymat. Un avis partagé par de nombreux observateurs, qui soulignent que le rapport omet volontairement des éléments clés pour protéger les responsables politiques.

    Réconciliation nationale ou nouvelle source de tensions ?

    Alors que le gouvernement présente ce rapport comme une étape vers la guérison, la société tanzanienne reste profondément divisée. L’exigence d’une enquête internationale indépendante se renforce chaque jour, portée par des voix de plus en plus nombreuses au sein de la population et de la communauté internationale.

    Pour les analystes, tant que les zones d’ombre persisteront – notamment sur le nombre exact de victimes et l’identification des commanditaires des violences – le pays risque de s’enliser dans un cycle de défiance et de divisions. La Tanzanie se trouve aujourd’hui face à un choix crucial : soit elle engage un processus de vérité et de réconciliation, soit elle laisse les traumatismes de 2025 alimenter une crise politique sans fin.

  • Gabon : un ancien premier ministre incarcéré dans un contexte de transition politique

    Gabon : un ancien premier ministre incarcéré dans un contexte de transition politique

    Une arrestation qui secoue le paysage politique gabonais

    Le Gabon traverse une période de turbulences politiques depuis l’arrestation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre du régime d’Ali Bongo Ondimba. Interpellé le 15 avril 2026, il a été immédiatement placé en détention provisoire, marquant un tournant dans les investigations menées par les autorités de la transition depuis le coup d’État d’août 2023.

    Des accusations qui pèsent lourd dans la balance judiciaire

    Les charges retenues contre l’ex-chef du gouvernement sont d’une gravité exceptionnelle. Selon les informations judiciaires disponibles, les faits reprochés à Alain-Claude Bilie-By-Nze incluent :

    • Abus de confiance : utilisation personnelle ou détournement de fonds publics à des fins non conformes à leur destination initiale.
    • Escroquerie : obtention illicite de ressources financières ou d’avantages par des moyens frauduleux.

    Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre d’une opération d’envergure visant à assainir les finances publiques, orchestrée par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI).

    Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) crie à l’injustice

    Dès l’annonce de l’incarcération, le PDG, parti de l’ancien Premier ministre, a réagi avec virulence. Dans un communiqué officiel, ses dirigeants dénoncent une manœuvre politique déguisée en procédure judiciaire.

    Ils déclarent notamment : « Le traitement réservé à Alain-Claude Bilie-By-Nze révèle une volonté manifeste de l’écarter de la scène politique. La rapidité et les modalités de son placement en détention laissent présager une instrumentalisation des institutions. »

    Ses partisans s’inquiètent des conditions de son arrestation et de la célérité du processus, évoquant un « théâtre judiciaire » destiné à impressionner l’opinion publique.

    Transition politique : entre fermeté et interrogations

    Cette arrestation survient dans un contexte où les anciennes figures du régime déchu sont sous haute surveillance. Si certains Gabonais y voient la fin de l’impunité, des observateurs internationaux s’interrogent sur le respect des garanties juridiques et des droits fondamentaux durant cette phase de transition.

    Pour les autorités en place, il est crucial de démontrer que la lutte contre la corruption s’applique à tous, sans distinction de rang. Quant à Alain-Claude Bilie-By-Nze, son incarcération à la prison centrale de Libreville marque le début d’un long parcours judiciaire.

  • Mali : quand les otages libérés par Mariko exposent la faiblesse de l’état

    Mali : quand les otages libérés par Mariko exposent la faiblesse de l’état

    Une photographie qui révèle les failles d’un État sous tension

    Une image, circulant à la vitesse de l’éclair sur les réseaux sociaux malien, a fait l’effet d’un électrochoc. On y distingue l’opposant Oumar Mariko, en exil, aux côtés de 17 otages tout juste libérés par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda. Si cette libération sauve des vies, elle soulève une question brûlante : pourquoi la souveraineté de Bamako semble-t-elle s’effriter, laissant place à des acteurs non étatiques ?

    Une médiation privée qui interroge la légitimité des institutions

    L’intervention d’Oumar Mariko dans cette opération interroge. Comment un homme en rupture avec le pouvoir peut-il négocier et circuler dans des zones où l’État malien peine à s’imposer ? La réponse réside dans un constat alarmant : le vide sécuritaire.

    Dans certaines régions du pays, la capacité à dialoguer ou à se déplacer ne relève plus des autorités officielles, mais de réseaux informels. Pour les spécialistes, cette situation illustre une perte progressive de contrôle de l’État sur son propre territoire. Une réalité qui alimente le doute : Bamako maîtrise-t-elle encore son destin ?

    Le JNIM, maître du jeu médiatique et politique

    Pour le JNIM, cette libération n’est pas un geste humanitaire, mais une stratégie calculée. En se présentant comme un interlocuteur « crédible » et en orchestrant des négociations filmées, le groupe cherche à se donner une image plus acceptable. Mais l’objectif est bien plus profond : remplacer l’État.

    En offrant protection et justice dans des zones où l’administration républicaine a disparu, les terroristes s’imposent comme la seule autorité visible. Un phénomène qui érode encore davantage la confiance dans les institutions maliennes.

    Les dangers d’une diplomatie parallèle

    Derrière le soulagement des familles se cachent des risques majeurs pour l’avenir du Mali :

    • Le financement du terrorisme : Les rançons versées, bien que non officielles, alimentent les caisses des groupes armés, financant de nouvelles attaques contre les forces de sécurité.
    • Une légitimité renforcée pour les insurgés : Accepter de négocier avec un chef de guerre revient à reconnaître son pouvoir sur une région. Un aveu de faiblesse qui conforte la domination du JNIM sur les populations rurales.

    Deux Mali en confrontation : la capitale contre le terroir

    Le pays est désormais divisé en deux réalités distinctes :

    • Le Mali des institutions : À Bamako, le discours officiel vante les avancées militaires et la reconquête progressive du territoire.
    • Le Mali des campagnes : Dans les zones reculées, les populations, livrées à elles-mêmes, n’ont d’autre choix que de composer avec les groupes armés pour survivre.

    Rétablir l’autorité de l’État : un défi politique et sécuritaire

    Cet épisode ne se limite pas à une simple réussite humanitaire. Il révèle une fragilité structurelle : lorsque des acteurs privés ou des opposants gèrent des questions de sécurité nationale, l’État malien perd non seulement le contrôle, mais aussi sa crédibilité.

    Pour Bamako, le vrai combat n’est plus seulement militaire. Il est politique : retrouver une souveraineté perdue, là où les négociations se font aujourd’hui sous le regard des kalachnikovs.

  • Site partenaire Burkina Faso – ANRS MIE

    Site partenaire Burkina Faso – ANRS MIE

    Site partenaire Burkina Faso

    Dernière mise à jour le 28 avril 2026

    L’essentiel sur le Site partenaire Burkina Faso

    Le Site partenaire Burkina Faso s’articule principalement autour du Centre Muraz de l’Institut national de Santé publique (INSP) à Bobo-Dioulasso et du Centre de Recherche international pour la Santé (CRIS/UO) de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou.

    • Acteurs clefs : ministère de la Santé du Burkina Faso, Centre Muraz/INSP, CRIS, PCCEI UMR 1058 Montpellier, ambassade de France au Burkina Faso, ANRS MIE
    • Actions principales : renforcer les collaborations nationales et internationales, soutenir les jeunes chercheurs, appuyer les équipes burkinabè dans la réponse aux appels à projets et renforcer le Centre Muraz/INSP et le CRIS
    • Priorités de recherche : VIH, hépatites virales, papillomavirus humains, tuberculose, Covid-19, arboviroses
    En savoir plus sur le réseau international

    En bref

    Date de création
    2001

    Responsables
    Dr Dramane Kania (Coordinateur Burkina Faso), Pr Nicolas Nagot (Coordinateur France)

    Hébergement physique du partenariat
    Centre Muraz/INSP, Bobo-Dioulasso, et CRIS/UO, Ouagadougou, Burkina Faso

    Genèse du partenariat

    Les premières collaborations franco-burkinabè ont débuté dès 1999. Le partenariat s’est mis en place en 2001 et a été officialisé en 2006 par la signature d’un accord-cadre entre l’ANRS et le ministère de la Santé, autour du Centre Muraz à Bobo-Dioulasso.

    La collaboration s’est ensuite développée autour d’un second centre de recherche, le Centre de Recherche Internationale pour la Santé (CRIS/UO), située à l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) à Ouagadougou.

    Depuis quelques années, les collaborations et champs d’action du Site partenaire Burkina Faso ont été élargis aux maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes pour mieux répondre aux enjeux de santé publique et scientifiques du Burkina Faso et de la région. Leur étude se fait selon l’approche One health (une seule santé), dans un contexte de santé globale.

    Le Centre Muraz et le CRIS

    Le Centre Muraz, à Bobo-Dioulasso, est une Direction technique de l’Institut national de Santé publique (INSP). Ses missions sont la recherche, la formation et l’expertise en lien avec quatre grands programmes de recherche : maladies infectieuses, maladies à potentiel épidémique, santé sexuelle et reproductive, politique et gestion des systèmes de santé et capitalisation. Le Centre dispose d’un laboratoire doté d’un plateau technique de niveau relevé pour le diagnostic et l’innovation diagnostique des maladies infectieuses ainsi que d’un Centre de méthodologique et de gestion des données de la recherche.

    Le Centre de Recherche Internationale pour la Santé (CRIS/UO) est une structure de recherche et de formation au sein de l’université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) à Ouagadougou. Il a pour ambition de favoriser la création d’une plateforme de recherche internationale pour la santé à l’UJKZ et de former de jeunes professionnels de santé à la recherche médicale. Les activités de recherche concernent différents problèmes de santé publique liés au VIH/sida et à la santé globale.

    Les dates clés de la collaboration franco-burkinabè

    Gouvernance du partenariat et collaborateurs


    Coordinateur Burkina Faso : Dr Dramane KANIA
    Centre Muraz/INSP, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso


    Coordinateur France : Pr Nicolas NAGOT
    PCCEI/UMR1058, Inserm, EFS, université de Montpellier, université des Antilles, France


    Coordinateur adjoint : Dr Désiré DAHOUROU
    Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), Bobo-Dioulasso, France


    Coordinateur honoraire : Pr Nicolas MEDA
    CRIS/UO, Ouagadougou, Burkina Faso

    Le Site partenaire fut précédemment coordonné par le Pr Nicolas MEDA (coordinateur Burkina Faso) et le Pr Philippe VANDE PERRE (Coordinateur France).

    Les collaborateurs (liste non exhaustive)

    De nombreux partenaires tels que des universités, des ONG, des ministères, des institutions de recherches, des structures de santé ou des acteurs communautaires sont en lien avec le Centre Muraz et le CRIS à travers le Site partenaire. On trouve également d’autres partenariats institutionnels, financiers ou sur projet.

    Les principales activités du partenariat

    • Collaboration avec les associations de malades, les acteurs du système de santé et les décideurs, dès le développement de nouveaux projets de recherche pour faciliter la production et le transfert des connaissances
    • Animation scientifique : organisation de journées d’échange avec les acteurs de la recherche et de la santé autour de thématiques spécifiques en lien avec les priorités du Burkina Faso et de la région
    • Ouverture et renforcement de collaborations au niveau national (IRSS de Nanoro, Nouna, CNRFP, CORUS, LCR, ONSP, …) et aux niveaux régional et international avec les acteurs du Réseau international de l’ANRS MIE, l’OMS …
    • Poursuivre l’offre de formation et de renforcement des capacités des jeunes chercheurs et équipes de recherche (écriture de projets, de notes de politique, transfert de connaissances, rédaction d’articles…)
    • Appui aux équipes de recherche burkinabè pour répondre aux appels à projets et mettre en place des projets
    • Renforcer le plateau technique du Centre Muraz/INSP pour poursuivre des recherches de qualité et renforcer l’infrastructure du CRIS pour un espace suffisant consacré à la coordination des projets de recherche

    Evolution des axes de recherche

    Recherche sur le VIH, les IST et les co-infections par la tuberculose et les hépatites virales

    Depuis les années 1990, la collaboration franco-burkinabè en recherche en santé s’est concentrée sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge du VIH.

    Des essais thérapeutiques ont été menés et se poursuivent encore aujourd’hui sur la prévention de la transmission mère-enfant (Kesho-Bora, Promise PEP, PREVENIR PEV, TRI MOM) ; le renforcement de l’observance et les thérapies antirétrovirales (THILAO, MOBIDIP, 2LADY) ; le diagnostic de la tuberculose chez les enfants infectés par le VIH (PAANTHER).

    La recherche sur la prévention du VIH et des IST dans les populations clés (cohortes Yérelon pour les travailleuses du sexe et CohMSM pour les HSH) a permis d’évaluer la faisabilité et l’efficacité opérationnelle de stratégies comportementales et biomédicales.

    Les sciences sociales ont exploré le vécu des malades et l’accès aux soins des femmes séropositives.

    La recherche biologique a analysé la transmission du VIH (sexuelle et de la mère à l’enfant), la résistance aux traitements, la diversité génétique du virus et l’impact de la co-infection VIH-tuberculose.

    Des études sur les hépatites virales, révélant une forte prévalence du VHB et du VHC avec une répartition hétérogène dans le pays, ont proposé la mise en place de stratégies d’intervention spécifique (REVERSO).

    Recherche sur les maladies infectieuses émergentes (MIE)

    De nouveaux axes de recherche ont émergé plus récemment, notamment sur les arboviroses (ARBOFASO) ou le Covid-19, avec des études sur l’évaluation de traitements (COVERAGE Africa), le diagnostic, la compréhension et l’impact du virus, selon une approche One Health.

    Priorités de recherche actuelles

    Les activités de recherche menées et soutenues par les acteurs principaux du Site partenaire Burkina Faso et leurs collaborateurs portent sur le VIH, les hépatites virales, le papillomavirus humain (HPV : human papillomavirus), la tuberculose, le Covid-19 et les arboviroses. Différents domaines de recherche sont sollicités comme l’innovation, le diagnostic, la recherche clinique, la recherche fondamentale, la santé publique et les sciences sociales. Plus précisément :

    • Recherche clinique : stratégies d’allègement thérapeutique, diagnostic et prise en charge du cancer du col de l’utérus chez les personnes vivant avec le VIH, traitement des maladies émergentes (Covid-19), innovation diagnostique (VHB : virus de l’hépatite B )
    • VIH au cours de la vie : prévention de la transmission mère-enfant du VIH , adolescence et transition vers l’âge adulte, vieillissement
    • Populations vulnérables : HSH* (PrEP**, IST***), travailleurs et travailleuses du sexe, enfants des rues, usagers de drogues
    • Hépatites : épidémiologie de l’hépatite C et de l’hépatite E, effet de l’environnement (VHB et aflatoxine)
    • Quadruple élimination de la transmission mère-enfant (VIH, VHB, syphilis, maladie de Chagas)
    • Maladies infectieuses émergentes : dengue et autres arboviroses, Covid-19 et préparation aux épidémies

     

    * hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes

    ** Pre-exposure prophylaxis (prophylaxie pré-exposition)

    *** infections sexuellement transmissibles

    L’apport du Site partenaire Burkina Faso

    Le partenariat a permis de renforcer les capacités de recherche du Centre Muraz et d’autres équipes de recherche du Burkina Faso, favorisant l’innovation scientifique, la formation des jeunes chercheurs, l’élaboration de politiques sanitaires et l’engagement communautaire.

    Le partenariat a permis de renforcer le Centre Muraz, aboutissant à sa reconnaissance nationale et à son intégration en 2018 comme Direction technique de recherche de l’Institut National de Santé Publique (INSP). L’ANRS MIE a soutenu son équipement, notamment avec une structure d’accueil pour les cohortes, un laboratoire de virologie moléculaire P2, un laboratoire d’immunolo­gie et un centre de calcul.

    En 2021, grâce au Site partenaire, le Centre Muraz a rejoint le réseau AFROSCREEN pour le séquençage des variants SARS-Cov-2 et d’autres agents pathogènes, avec l’installation d’une plateforme de génomique et l’acquisition d’un séquenceur Illumina MiniSeq.

    Le Site partenaire a aussi permis la création du CRIS/UO, facilitant la coordination des recherches à Ouagadougou.

    Le Site partenaire du Burkina Faso collabore avec l’université Nazi Boni (UNB) et l’UJKZ pour soutenir la formation d’étudiants en master et doctorat. Ce soutien a favorisé l’émergence de jeunes chercheurs qui sont les principaux animateurs de la recherche et de l’orientation des politiques sanitaires sur les maladies infectieuses au Burkina Faso.

    Des chercheurs associés participent à divers groupes techniques nationaux et internationaux pour l’élaboration de recommandations. Parmi ces groupes, on peut citer les Comités nationaux de surveillance des variants SARS-CoV-2 et de validation des algorithmes de dépistage du VIH, et les groupes de réflexion de l’OMS sur les thérapeutiques VIH/hépatites/IST et sur l’allaitement.

    Le partenariat permet également de soutenir les associations et des comités communautaires engagés contre le VIH et les hépatites virales au Burkina Faso. Ces acteurs contribuent à l’animation scientifique et aux projets de recherche, permettant ainsi de réaliser notamment des projets auprès de populations vulnérables.

    Malgré les défis géopolitiques, le Site partenaire continue de fédérer les acteurs de la recherche, valorisant les recherches menées et explorant de nouvelles perspectives pour le Burkina Faso et la région.

    Pour aller plus loin

    Actualités

    AFROSCREEN, un programme de riposte contre la Covid-19

    L’Agence française de développement (AFD) et l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes, en partenariat avec l’Institut Pasteur, l’IRD et des laboratoires de 13 pays d’Afrique lancent conjointement le projet AFROSCREEN. Ce projet répond à un besoin urgent de surveillance de…

    19 juillet 2021

    Actualités

    Rencontre avec Adama Sana, dans le cadre du projet COVID4P

    Rencontre avec Adama Sana, dans le cadre du projet COVID4P

    18 octobre 2021

    Actualités

    Journées scientifiques 2022 du site partenaire de l’ANRS au Burkina Faso

    Les 11es Journées scientifiques du site partenaire de l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes au Burkina Faso ont lieu les 21 et 22 novembre 2022, à Ouagadougou et en ligne. C’est l’occasion de présenter plusieurs projets de recherche menés au sein du site : ORHEB, TRI-MOM et AFROSCREEN

    22 novembre 2022

  • Sahel : entre développement et rivalités, les stratégies du Maroc et de l’Algérie

    Sahel : entre développement et rivalités, les stratégies du Maroc et de l’Algérie

    À première vue, les nations du Sahel, cette vaste zone géographique s’étendant du Mali au Tchad, ne présentent pas les caractéristiques économiques d’un nouvel eldorado. Loin d’être un pôle d’attraction majeur pour les investissements directs étrangers, les indicateurs économiques des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont marqués par de profondes fragilités. Au Mali, par exemple, 47 % de ses 25,9 millions d’habitants ont moins de 15 ans, seulement un quart des terres est cultivable, et le pays se classe au 188e rang sur 193 à l’Indice de Développement Humain (PNUD). Près de 45 % de la population y vit sous le seuil de pauvreté. Le Burkina Faso et le Niger affichent des statistiques similaires, avec respectivement 40 % et 60,5 % de leur population sous le seuil de pauvreté (Banque mondiale). Ces trois nations, toutes enclavées, sont actuellement gouvernées par des régimes militaires issus de coups d’État et ont formé l’Alliance des États du Sahel (AES), bénéficiant d’un soutien discret du Kremlin cherchant à affaiblir l’influence française. Leur discours anti-français, anti-occidental et anti-démocratique promettait la prospérité à leurs citoyens, une richesse qu’ils accusaient l’Europe d’avoir confisquée. Cependant, cette prospérité tarde à se matérialiser. Face à cette situation, deux puissances régionales voisines, l’Algérie et le Maroc, proposent leurs services.

    Maroc : un accès stratégique sur l’Atlantique

    Le Royaume du Maroc met en avant un projet d’envergure avec la construction du port Dakhla Atlantique. Cette infrastructure vise à devenir un hub majeur pour l’Afrique de l’Ouest et une passerelle vers les Amériques, à l’image du port Tanger Med. Les travaux devraient s’achever en 2028, pour une mise en service prévue l’année suivante. La vision derrière ce projet est de créer une porte d’entrée maritime essentielle. Géopolitiquement, l’offre est séduisante : un port qui, à terme, pourrait être relié par une ligne ferroviaire (encore à l’étude) aux trois pays de l’AES, leur offrant ainsi un désenclavement vital et un accès direct à l’océan Atlantique. L’objectif clair est de stimuler leurs économies. Pour le Maroc, qui fait face à un isolement géographique relatif dû à son conflit avec l’Algérie, c’est une opportunité de démontrer que son plan de développement pour le Sahara occidental peut bénéficier à toute la sous-région. Ce développement économique est également perçu comme un moyen indirect de contrer les groupes djihadistes qui déstabilisent le Sahel en offrant des perspectives d’avenir à une jeunesse désœuvrée, d’autant plus que la région connaît une croissance démographique rapide, sa population étant susceptible de doubler en une décennie.

    Algérie : un gazoduc transsaharien vers l’Europe

    L’Algérie, après une période de tensions avec le Niger, a renoué le dialogue mi-février avec le chef du pouvoir militaire à Niamey, Abderrahmane Tiani. Alger a proposé la construction, « dès la fin du ramadan », du tronçon nigérien du gazoduc transsaharien. Ce projet ambitieux, d’une longueur totale de 4 800 kilomètres, acheminera le gaz naturel du Nigeria, via le Niger, jusqu’en Algérie, pour ensuite être exporté vers l’Europe. La Sonatrach, la compagnie nationale algérienne des hydrocarbures, serait en charge de la construction sur le territoire nigérien et s’engagerait à former des Nigériens à son exploitation. Ce dernier point représente un avantage comparatif notable par rapport à d’autres acteurs, comme la Chine, qui ne privilégient pas toujours la formation locale pour la gestion des ressources nationales.

    Deux visions complémentaires mais en confrontation

    Des discussions ont eu lieu à Madrid puis à Washington (les 23 et 24 février) concernant le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental. Si ce conflit, qui dure depuis un demi-siècle, venait à trouver une résolution, l’Algérie et le Maroc pourraient alors envisager une approche conjointe face aux défis sécuritaires et démographiques explosifs du Sahel. Une telle collaboration empêcherait les États de l’AES de tirer parti des rivalités existantes entre les deux capitales régionales. Le djihadisme, en effet, prospère sur le terreau fertile de la pauvreté et des gouvernements autoritaires. Alger et Rabat cherchent, chacun de leur côté, à briser cette spirale infernale. Chacun met en avant ses atouts spécifiques : Alger propose ses ressources en hydrocarbures et l’expertise de la Sonatrach, tandis que Rabat mise sur sa stratégie de grands projets d’infrastructure et son ambition de se positionner comme un carrefour entre l’Afrique, l’Amérique et l’Europe. Ces deux stratégies, bien que potentiellement complémentaires, se trouvent malheureusement en opposition directe en raison du conflit du Sahara occidental. En septembre 2025, le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, avait publiquement exigé que l’Algérie « cesse de soutenir le terrorisme international », une accusation à laquelle Alger avait répondu, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, en qualifiant ces propos de « logorrhée de soudard ».

  • Renforcement des systèmes de santé au Burkina Faso : un partenariat clé avec les États-Unis

    Renforcement des systèmes de santé au Burkina Faso : un partenariat clé avec les États-Unis

    Les États-Unis et le Burkina Faso ont scellé un accord de santé d’une durée de cinq ans, visant à élever la sécurité sanitaire au rang de priorité mutuelle dans la région du Sahel. Ce cadre de coopération est conçu pour doter le Burkina Faso des moyens nécessaires pour gérer de manière autonome les menaces infectieuses, tout en contribuant à la protection de la population américaine. L’initiative promeut une vision de résilience locale, axée sur des systèmes de santé plus robustes et gérés directement sur le territoire burkinabè. Cette collaboration bilatérale est structurée autour d’objectifs précis, de ressources dédiées et d’un suivi régulier. Dans un environnement régional complexe, l’ambition est claire : anticiper, détecter et réagir promptement face aux épidémies.

    Une alliance stratégique et axée sur les résultats

    Cette coopération a été élaborée pour s’inscrire dans la durée et produire des résultats tangibles. Des mécanismes de coordination seront mis en œuvre pour harmoniser les priorités nationales avec le soutien international. Les responsabilités seront partagées, et une grande transparence sera exigée dans la gestion des fonds. Grâce à une planification pluriannuelle, les programmes bénéficieront d’une stabilité accrue, permettant une évaluation précise de leur impact. Une approche basée sur la performance est privilégiée, avec des cibles sanitaires clairement définies et des indicateurs de suivi rigoureux.

    Des investissements échelonnés et ciblés

    Un soutien financier substantiel est prévu pour intensifier la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies infectieuses. Ces fonds seront alloués à la prévention, au diagnostic et à la prise en charge, avec un accent particulier sur l’efficacité opérationnelle. Parallèlement, le Burkina Faso s’est engagé à augmenter ses dépenses publiques en matière de santé. Cette montée en puissance nationale vise à renforcer l’appropriation locale des programmes et à garantir leur pérennité. Une part spécifique des ressources sera consacrée à la préparation et à la réponse aux urgences sanitaires.

    Des priorités de santé publique bien définies

    Une feuille de route détaillée a été établie pour concentrer les actions sur des domaines à fort potentiel d’amélioration sanitaire. La lutte contre le paludisme sera poursuivie à travers des campagnes ciblées, la distribution de moustiquaires imprégnées et l’élargissement de l’accès aux tests rapides. La riposte au VIH/sida sera renforcée par des stratégies de prévention combinée, une prise en charge continue et un soutien à l’observance thérapeutique. Les soins de santé maternelle et infantile seront intégrés aux services de proximité pour assurer une continuité des parcours de soins.

    Modernisation de la surveillance épidémiologique

    La détection précoce des menaces infectieuses est un pilier central de cet accord. Des plateformes numériques seront privilégiées pour accélérer la notification, fiabiliser les données et éclairer les décisions. Les systèmes d’alerte seront interopérables pour permettre des réponses rapides et adaptées. Des formations seront dispensées pour améliorer la qualité des rapports et la traçabilité des cas. Cette modernisation vise à contenir rapidement les flambées épidémiques et à réduire leur coût humain.

    Laboratoires : mieux équipés et interconnectés

    La capacité des laboratoires sera considérablement augmentée pour identifier les agents pathogènes avec une grande fiabilité. Des équipements adaptés seront fournis, et des protocoles harmonisés seront adoptés. Les réseaux de référence seront consolidés pour accélérer les confirmations diagnostiques et favoriser le partage d’expertise. Des audits réguliers garantiront la qualité, la biosécurité et la maintenance des infrastructures. Ces améliorations permettront de réduire les délais de diagnostic et d’optimiser la prise en charge des patients.

    Renforcement des services de santé de proximité

    Les agents de santé communautaires constitueront l’épine dorsale de ce dispositif. Leur rôle central est de rapprocher la prévention, le dépistage et le traitement des populations. Ils bénéficieront de dotations en outils, de formations continues et d’une supervision constante. Les parcours de soins seront simplifiés pour limiter les abandons. En complément, des campagnes d’information seront menées pour encourager l’adoption de gestes protecteurs et l’accès aux services.

    Intégration durable du personnel de santé

    À l’issue de la période couverte par l’accord, l’intégration des agents de première ligne financés par les partenaires dans la fonction publique de santé est prévue. Cette transition vise à éviter toute interruption des activités et à stabiliser l’offre de soins. Les techniciens de laboratoire seront également valorisés pour consolider l’expertise locale. Ce choix stratégique permettra de bâtir un système résilient, fondé sur des compétences nationales, avec une meilleure rétention des talents et une gouvernance clarifiée.

    Ancrage national et redevabilité accrue

    L’appropriation par le Burkina Faso est un principe directeur de cette collaboration. Les priorités budgétaires seront ajustées pour sécuriser l’investissement social et sanitaire. Des cadres de suivi seront mis en place pour mesurer les résultats, corriger les écarts et partager les enseignements. Une redevabilité conjointe sera recherchée pour garantir la bonne utilisation des fonds. De plus, des consultations régulières avec les acteurs locaux seront encouragées.

    Un impact régional escompté

    La dimension régionale a été intégrée pour prévenir la propagation transfrontalière des épidémies. Les échanges d’informations seront facilités avec les pays voisins et les instances techniques. Des exercices conjoints de simulation seront organisés pour tester les plans d’urgence. En renforçant un pays pivot du Sahel, un effet d’entraînement positif est attendu. Les chaînes d’approvisionnement seront également sécurisées pour fluidifier l’acheminement des intrants essentiels.

    Prise en compte du contexte politique

    La période de transition militaire a été prise en considération pour inscrire les actions dans une stabilité institutionnelle. Les programmes de santé seront protégés des aléas politiques par des plans de continuité. Les partenaires techniques et financiers collaboreront avec les autorités sanitaires pour préserver la neutralité des services. Cette approche vise à maintenir l’accès aux soins essentiels, même en période de recomposition politique.

    Une stratégie américaine cohérente et articulée

    La Stratégie de santé mondiale America First est mise en avant pour lier sécurité sanitaire et résilience des systèmes. De nombreux engagements bilatéraux ont déjà été conclus en Afrique pour amplifier la prévention et la réponse. Cette cohérence favorisera l’alignement des soutiens, évitera les doublons et accélérera l’atteinte des résultats. En pratique, des synergies seront recherchées entre les initiatives thématiques et le renforcement global du système de santé.

    Des résultats mesurables et partageables

    Des indicateurs précis seront suivis pour évaluer la couverture des services, la qualité des soins et l’efficacité des dépenses. Des tableaux de bord seront utilisés pour guider les décisions, ajuster les priorités et documenter l’impact. Les bonnes pratiques seront diffusées pour inspirer d’autres programmes dans la région du Sahel. À terme, l’objectif est une réduction durable des infections évitables ainsi que des décès maternels et infantiles.

    Perspectives positives pour les citoyens

    Des bénéfices concrets sont attendus pour les ménages grâce à des services de proximité plus fiables. Des délais de diagnostic réduits, une meilleure disponibilité des intrants et une information sanitaire améliorée contribueront à renforcer la confiance. Parallèlement, les mécanismes de protection des populations les plus vulnérables seront renforcés. Avec des moyens appropriés et une gouvernance vigilante, une trajectoire de progrès durable est désormais à portée de main pour le Burkina Faso.

  • Le Mali dynamise sa santé publique : 39 véhicules 4×4 Gavi pour les zones reculées

    Le Mali dynamise sa santé publique : 39 véhicules 4×4 Gavi pour les zones reculées

    Un événement significatif a marqué le jeudi 5 février 2026 à Bamako : le ministère de la Santé et du Développement Social du Mali a pris possession de 39 véhicules tout-terrain. Ces robustes 4×4 sont spécifiquement alloués à la consolidation du système de santé national et à l’amélioration de l’accès aux prestations sanitaires essentielles, en particulier les campagnes de vaccination, au sein des localités les plus isolées et défavorisées du territoire malien. La cérémonie officielle s’est déroulée au cœur de la Cité administrative, au siège du ministère.

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    D’une valeur estimée à 689 millions de francs CFA, cette nouvelle flotte représente le fruit d’une collaboration fructueuse entre le ministère de la Santé et l’Alliance mondiale pour les vaccins (Gavi), comme l’a précisé la ministre de la Santé, Assa Badiallo Touré. Elle a tenu à souligner que cet apport s’inscrit dans la continuité d’un engagement durable, rappelant l’acquisition de 68 véhicules en 2023, grâce au soutien de la Banque mondiale, pour renforcer la vaccination contre la COVID-19. La ministre a également évoqué l’arrivée prochaine d’autres équipements au cours de l’année 2026, confirmant la dynamique de renforcement des infrastructures sanitaires au Mali.

    Dans son discours, la ministre a affirmé que ces véhicules tout-terrain sont essentiels pour « dynamiser les capacités opérationnelles de nos établissements de santé, notamment pour le suivi des programmes de santé et des initiatives de vaccination ». Elle a vivement encouragé les futurs utilisateurs et les conducteurs à assurer une maintenance méticuleuse de ces équipements. La ministre a insisté sur l’importance de la conservation de ce matériel précieux, même face aux défis actuels, alors que le ministère s’efforce continuellement d’étoffer sa flotte de véhicules de service.

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    Fosca Giulidori, représentante de l’UNICEF au Mali, s’est exprimée au nom des partenaires techniques et financiers, soulignant la signification profonde de cette initiative. Elle a déclaré : « Au-delà d’une simple remise de clés, cet événement incarne un geste fort de solidarité internationale, concrétisé par l’engagement constant de Gavi à accélérer les efforts de vaccination à l’échelle mondiale et à assurer une égalité d’accès aux vaccins essentiels. »

    Selon Mme Giulidori, ces 39 véhicules sont des atouts cruciaux pour le système de santé malien. Leur rôle sera multiple : ils faciliteront le transport sécurisé et conforme des vaccins et autres fournitures médicales vers les établissements de santé les plus éloignés, permettront le déploiement d’équipes médicales mobiles dans les zones enclavées, et consolideront les programmes d’immunisation, la surveillance nutritionnelle ainsi que d’autres prestations de soins vitales pour l’ensemble des citoyens.

  • Burkina Faso : 2025, l’année des transformations sanitaires et de l’accessibilité aux soins

    Burkina Faso : 2025, l’année des transformations sanitaires et de l’accessibilité aux soins

    L’année 2025 s’est imposée comme un moment clé pour le système de santé au Burkina Faso. Malgré un contexte national marqué par des enjeux sécuritaires et économiques importants, le secteur sanitaire a enregistré des progrès remarquables, tant au niveau des infrastructures que des soins spécialisés et de l’accessibilité financière aux services.

    En 2025, pour la toute première fois, le Burkina Faso a réalisé une transplantation rénale sur son propre territoire.

    Cette prouesse chirurgicale, fruit d’une collaboration exemplaire entre les équipes burkinabè et turques au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo, constitue un jalon historique dans la prise en charge de l’insuffisance rénale. Elle vise à diminuer significativement le recours aux évacuations sanitaires vers l’étranger, auparavant indispensables pour ce type de pathologie.

    Dans la même dynamique, une autre réussite médicale notable a eu lieu à Kaya, dans la région du Kuilsé. Une équipe dirigée par le neurochirurgien Dr Lassané Taoko, avec l’appui du Dr Fabrice Lompo, anesthésiste-réanimateur, a mené à bien une intervention complexe sur une patiente atteinte d’une tumeur cérébrale. Cette opération illustre le renforcement de l’expertise en chirurgie spécialisée au niveau national.

    Concernant les infrastructures, l’année 2025 a été marquée par l’inauguration du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pala. Dotée d’équipements de pointe, cette nouvelle structure contribue à améliorer considérablement l’offre de soins spécialisés dans sa zone d’influence.

    À cela s’ajoute l’ouverture du centre d’hémodialyse de Gaoua, une solution concrète face aux besoins croissants des patients souffrant de maladies rénales dans la région du Djôrô.

    De plus, des avancées significatives ont été observées en matière d’accessibilité financière aux soins. Les autorités sanitaires ont mis en œuvre une réduction des coûts pour certains examens médicaux essentiels dans les hôpitaux publics. Ainsi, le tarif du scanner a été divisé par deux, passant de 50 000 FCFA à 25 000 FCFA, et celui de l’IRM a baissé de 60 %, de 100 000 FCFA à 40 000 FCFA.

    Pour l’hémodialyse, la caution de 500 000 FCFA a été purement et simplement supprimée. Ces mesures sociales ont pour objectif d’alléger le fardeau économique des patients et de favoriser une détection plus précoce des affections graves.

    Dans le domaine de la prévention et de la santé publique, les efforts se sont poursuivis. La campagne nationale de chimio-prévention du paludisme saisonnier a atteint la majorité des enfants ciblés (âgés de 3 à 59 mois), contribuant ainsi à une baisse des formes sévères et des décès liés à cette maladie endémique. Parallèlement, la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale a été intensifiée grâce à l’implémentation de nouveaux mécanismes de suivi et de gestion des décès évitables.

    L’année 2025 a également été le théâtre de transformations structurelles essentielles, incluant le renforcement des soins de santé primaires, la numérisation graduelle des services de santé communautaire et l’intensification des politiques de prévention, à l’image du durcissement de la réglementation anti-tabac.

    En somme, 2025 représente une année de réalisations tangibles et de progrès remarquables pour le système de santé burkinabè. Si des défis persistent, ces développements témoignent d’un engagement clair à construire un système de santé plus robuste, plus ouvert et davantage orienté vers les besoins des populations.

  • Le Mali face à une propagation alarmante de la diphtérie dans un contexte humanitaire tendu

    Le Mali face à une propagation alarmante de la diphtérie dans un contexte humanitaire tendu

    Le Mali est aux prises avec une résurgence préoccupante de la diphtérie depuis la mi-septembre. Cette maladie, pourtant évitable par la vaccination, trouve un terrain propice à sa propagation dans un système de santé affaibli, des manques persistants de ressources et un accès humanitaire de plus en plus complexe.

    Au début du mois de décembre, les données officielles faisaient état de plus de 530 cas de diphtérie et d’une trentaine de décès. Cependant, les Nations Unies alertent sur une possible sous-estimation significative de ces chiffres, suggérant que l’ampleur réelle de l’épidémie est vraisemblablement bien supérieure.

    Les zones les plus durement touchées, affichant les taux de mortalité les plus élevés, se situent dans les régions centrales de Mopti et Ségou, ainsi qu’à Tombouctou, au nord-ouest du pays. Ces territoires sont déjà gravement affectés par l’insécurité, les entraves aux déplacements et la dégradation des services essentiels. La diffusion de la maladie y est exacerbée par une carence en vaccins et un accès insuffisant aux soins médicaux, des problématiques amplifiées par les mouvements de populations et une instabilité chronique.

    Un million de dollars pour une réponse immédiate

    Devant cette situation critique, Tom Fletcher, le responsable des opérations d’urgence des Nations Unies, a alloué un million de dollars provenant du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF). Ce financement vise à soutenir une action sanitaire prompte. Grâce à cette aide, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourra déployer des unités médicales d’urgence, distribuer des antibiotiques et des antitoxines, intensifier les mesures de prévention des infections, améliorer la gestion des cas, assurer le traçage des contacts et sensibiliser activement les populations locales.

    Cependant, cette riposte sanitaire se heurte à des obstacles majeurs : l’accès pour les acteurs humanitaires au Mali devient de plus en plus difficile. Dans de nombreuses zones du centre et du nord du pays, le manque de carburant, les limitations de déplacement et l’insécurité ont fortement ralenti les opérations sur le terrain ces dernières semaines. Les capacités d’intervention des cliniques mobiles sont limitées, les circuits d’approvisionnement sont sous tension, et les communautés les plus reculées demeurent privées d’accès aux services de santé.

    Cette recrudescence de la diphtérie s’inscrit donc dans une crise humanitaire de grande ampleur. Dans un pays où plus du quart de la population a besoin d’aide, cette épidémie met en lumière, de manière poignante, la fragilité des infrastructures étatiques.

  • Le Burkina Faso reçoit un appui majeur pour son capital humain

    Le Burkina Faso reçoit un appui majeur pour son capital humain

    Une collaboration fructueuse entre le Gouvernement du Burkina Faso et la Banque mondiale se concrétise par la signature d’un accord de crédit. Ce financement additionnel, d’un montant de 100,4 millions de dollars, est spécifiquement alloué au Projet de protection du capital humain. Il vise à garantir la pérennité des services sociaux essentiels à travers le Burkina Faso, un pilier fondamental pour le développement.

    Ces fonds stratégiques sont destinés à des initiatives clés : la consolidation de la gratuité des services de santé pour les femmes et les jeunes enfants, l’intensification des campagnes de vaccination régulières, l’organisation rigoureuse des examens nationaux, et le soutien indispensable à la formation des professionnels de l’enseignement. Ces actions sont cruciales pour préserver et valoriser le capital humain, tout en offrant une protection vitale aux segments les plus fragiles de la population burkinabè.

    Lancé en septembre 2024, le projet a déjà démontré son efficacité par des réalisations probantes. Dans le domaine de la santé, il a facilité plus de 16 millions de consultations médicales gratuites pour les femmes et les enfants de moins de cinq ans. De plus, 1,13 million d’enfants ont bénéficié de la vaccination, un succès majeur. L’amélioration du taux de remboursement des frais de soins gratuits, passant de 75 % en 2023 à 82 % fin 2024, témoigne également de la bonne gestion du dispositif.

    Concernant le secteur éducatif, le projet a joué un rôle déterminant. Il a notamment permis l’organisation de neuf sessions d’examens nationaux, enregistrant un excellent taux de participation de 98 %. La certification de 99,8 % des enseignants souligne l’engagement envers la qualité de l’enseignement, complétée par la distribution de 69 000 kits pédagogiques, essentiels au processus d’apprentissage.

    Hamoud Abdel Wedoud Kamil, représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso, a souligné l’importance cruciale de cette initiative : « L’impact du capital humain sur le développement national est indéniable. Ce financement supplémentaire viendra incontestablement amplifier les actions du Gouvernement visant à protéger et à optimiser ce capital. C’est un facteur primordial pour la croissance économique et l’avancement social du Burkina Faso. »

    Soutenu par l’Association internationale de développement (IDA), le Projet de protection du capital humain s’intègre parfaitement dans la stratégie régionale de la Banque mondiale, dédiée à l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour la période 2021-2025. Cette stratégie vise à consolider les institutions fondamentales pour la fourniture de services. Il est également en parfaite adéquation avec le Cadre de partenariat-pays spécifique au Burkina Faso.

    Ousmane Deme, spécialiste principal du secteur public, et Daniel Pajank, économiste senior, tous deux responsables du projet à la Banque mondiale, ont insisté sur l’importance de ce soutien : « Cet apport financier additionnel est essentiel pour renforcer les progrès réalisés dans les domaines de la santé et de l’éducation, particulièrement fragilisés par la situation sécuritaire. Il garantira que toutes les populations, y compris les personnes déplacées à l’intérieur du pays, puissent continuer à jouir d’un accès amélioré aux services sociaux fondamentaux. »

  • Mauritanie : nouveaux ministres clés dans un remaniement gouvernemental partiel

    Mauritanie : nouveaux ministres clés dans un remaniement gouvernemental partiel

    Un décret présidentiel en Mauritanie officialise un remaniement partiel du gouvernement. Plusieurs personnalités sont nommées à des postes stratégiques. Voici les principaux changements.

    Qui sont les nouveaux ministres en Mauritanie ?

    Le gouvernement mauritanien connaît une réorganisation partielle avec la nomination de plusieurs ministres. Mohamed Ould Soueidatt prend la tête du ministère de la Justice, tandis que El Vadil Ould Sidaty Ould Ahmed Louly est chargé des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel.

    Dans le domaine économique, Abdellahi Souleymane Cheikh Sidiya devient ministre des Affaires économiques et du Développement, et Codioro Moussa N’Guenore est nommé à la tête du ministère des Finances.

    Le ministère de la Santé est confié à Mohamed Mahmoud Ely Mahmoud, et celui de la Fonction publique et du Travail à Marièm Boidiel.

    Parmi les autres nominations notables :

    • Moctar Ahmed Bouceif prend en charge le ministère de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires ;
    • Sidi Ahmed Ould Abouh devient ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire ;
    • Sid Ahmed Ould Mohamed est responsable du Développement animal ;
    • Mamadou Mamadou Nianank dirige le ministère de l’Immobilier, du Patrimoine de l’État et de la Réforme foncière ;
    • Naha Hamdi Meknas est nommée à la tête du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire.

    Un nouveau ministre-conseiller à la Présidence

    Par ailleurs, un autre décret présidentiel officialise la nomination de Mohamed Mahmoud Cheikh Abdallahi Ould Boya au poste de ministre-conseiller à la Présidence de la République.

  • Massacres de civils au Burkina Faso : des groupes armés sèment la terreur

    Massacres de civils au Burkina Faso : des groupes armés sèment la terreur

    • Depuis le mois de mai, deux organisations armées islamistes ont perpétré trois attaques distinctes dans le nord du Burkina Faso, causant la mort de plusieurs dizaines de civils.
    • L’insurrection menée par ces groupes depuis 2016 a entraîné des attaques répétées et le déplacement forcé de milliers de civils, tandis que le gouvernement est également accusé de viser des civils dans ses opérations de contre-terrorisme.
    • Il est impératif que les autorités garantissent une meilleure protection des civils, mènent des enquêtes sur toutes les exactions, y compris celles commises par l’armée et ses milices alliées, et traduisent les responsables en justice dans le cadre de procès équitables.

    Deux groupes armés islamistes ont ôté la vie à des dizaines de civils lors de trois offensives distinctes menées dans le nord du Burkina Faso depuis mai 2025. Ces attaques constituent des violations flagrantes du droit international humanitaire et pourraient être qualifiées de crimes de guerre.

    Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, a frappé la ville de Djibo dans la région du Sahel le 11 mai, puis le village de Youba dans la région du Nord le 3 août, tuant au moins 40 civils au total. De son côté, l’État islamique au Sahel (EIS) a pris pour cible un convoi civil acheminant de l’aide humanitaire vers la ville assiégée de Gorom Gorom, également dans le Sahel, le 28 juillet, entraînant la mort d’au moins 9 civils.

    Les groupes armés islamistes au Burkina Faso sont à l’origine d’atrocités récurrentes contre les populations civiles depuis le début du conflit en 2016. Il est crucial que les autorités actuelles améliorent la protection de tous les civils menacés, investiguent les abus, y compris ceux perpétrés par l’armée et les milices supplétives, et jugent les responsables lors de procès équitables.

    Depuis leur soulèvement en 2016, ces groupes ont maintes fois attaqué et provoqué le déplacement forcé de dizaines de milliers de civils. Le gouvernement burkinabè, issu d’un coup d’État en 2022, a lui aussi été impliqué dans des opérations de contre-insurrection qui ont de plus en plus visé des civils.

    Attaque du GSIM à Djibo, région du Sahel, 11 mai

    Le 11 mai, le GSIM a lancé une offensive d’envergure à Djibo, visant à la fois les forces de sécurité et les civils. Des centaines de combattants ont envahi la base militaire de la ville, s’emparant d’armes avant de se répandre dans plusieurs quartiers où ils ont exécuté sommairement au moins 26 civils et incendié des commerces et des structures médicales.

    La ville de Djibo subit un siège du GSIM depuis plus de trois ans, privant ses habitants de nourriture, de biens essentiels et d’assistance humanitaire, ce qui a engendré une situation de famine et la propagation de maladies.

    Des témoins rapportent que l’attaque a débuté vers 5 heures du matin. « J’ai entendu une forte détonation provenant du Secteur 4, où se situe la base militaire, suivie de tirs qui fusaient au-dessus de nos têtes », a confié une femme de 35 ans. « Les tirs ont duré presque toute la journée. »

    Un forgeron de 46 ans a raconté comment quatre combattants du GSIM ont fait irruption chez lui pour exécuter son frère, l’accusant d’avoir dénoncé leur père à l’armée. « Il a tiré [trois fois] sur mon frère, une balle dans la tête et deux dans la poitrine. »

    Les habitants sont restés terrés chez eux pendant trois jours. « Quand nous sommes sortis, nous avons découvert que de nombreuses personnes avaient été tuées, principalement dans le Secteur 2 », a témoigné un homme de 50 ans. Un autre a décrit avoir trouvé le corps d’un homme de 93 ans « criblé de balles » sur son lit. Une liste de 26 victimes, dont 3 femmes et 23 hommes âgés de 27 à 93 ans, a été établie par les résidents.

    Les combattants ont également incendié des dizaines de boutiques et pillé un centre médical. Selon des témoins, les assaillants ont spécifiquement visé des civils de sous-groupes de l’ethnie peule, comme la famille Tamboura, accusés de soutenir les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des auxiliaires de l’armée.

    Dans une réponse écrite, le Comité chariatique du GSIM au Burkina Faso a nié viser intentionnellement les civils, qualifiant les morts de « projectiles perdus » ou d’« allégations dénuées de fondement ».

    Les habitants de Djibo ont exprimé leur inquiétude face à la stratégie de l’armée qui, pour sécuriser la ville, s’appuie sur les VDP, créant un « climat de terreur » et divisant la communauté peule. Le gouvernement n’a fait aucune déclaration officielle sur l’attaque, mais la télévision nationale a confirmé qu’une riposte aérienne avait eu lieu.

    Attaque du GSIM à Youba, région du Nord, 3 août

    Le 3 août, le GSIM a assassiné au moins 14 civils, dont une femme et quatre enfants, dans le village de Youba. L’attaque était une punition contre la communauté qui n’avait pas respecté l’interdiction de cultiver des plantes hautes comme le maïs et le millet, jugées gênantes pour les opérations du groupe. « Ne vous avions-nous pas ordonné de ne pas cultiver cette année ? », auraient lancé les combattants.

    Deux des enfants, âgés de 12 et 14 ans, sont morts dans l’incendie d’une boutique où ils s’étaient réfugiés. Les assaillants ont également tué au moins 10 VDP. Des témoins ont raconté que des centaines de combattants ont pris d’assaut le village, pourchassant et abattant les hommes qu’ils croisaient. Les VDP locaux, dépassés, ont fui sans pouvoir protéger la population.

    Les forces armées, basées à 12 kilomètres, ne sont intervenues qu’après l’attaque. Le 11 août, le GSIM a de nouveau attaqué Youba, tuant cette fois des dizaines de soldats et de VDP qui construisaient une tranchée défensive autour du village.

    Attaque de l’EIS près de Gorom Gorom, région du Sahel, 28 juillet

    Le 28 juillet, l’EIS a pris pour cible un convoi humanitaire civil escorté par l’armée près de Gorom Gorom. Au moins neuf civils ont été tués. Le convoi, composé d’une centaine de camions, transportait de la nourriture et des fournitures essentielles vers la ville, assiégée par l’EIS depuis plus de trois ans.

    « Les camions transportaient de la nourriture […]. Aucune arme ou munition n’était à bord, c’était un convoi civil », a précisé un témoin. L’attaque s’est produite près du village de Balliata. « J’ai entendu de nombreux coups de feu et des cris. J’ai sauté du camion, je me suis accroupi les mains sur la tête et j’ai attendu mon sort », a raconté un survivant de 52 ans.

    Les assaillants ont incendié plusieurs camions. Les témoins ont identifié neuf victimes, dont deux femmes et sept hommes. Ni l’EIS ni le gouvernement n’ont communiqué sur cette attaque.

    Obligations légales et quête de justice

    Toutes les parties au conflit armé au Burkina Faso sont tenues de respecter le droit international humanitaire, qui interdit les exécutions sommaires et les attaques contre les civils. Le gouvernement a l’obligation d’enquêter et de poursuivre les responsables de crimes de guerre.

    Bien qu’un Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme ait été créé en 2017 à Ouagadougou, ses enquêtes progressent lentement en raison d’un manque de moyens. Parallèlement, peu de progrès ont été réalisés pour poursuivre les membres des forces de sécurité gouvernementales impliqués dans de graves violations des droits humains.

    La nomination récente par l’Union africaine d’Évariste Ndayishimiye, président du Burundi, comme envoyé spécial pour le Sahel, représente une opportunité de renforcer la réponse de l’UA aux défis des droits humains au Burkina Faso. L’envoyé spécial devrait exhorter le gouvernement burkinabè à garantir que justice soit rendue pour les crimes commis par toutes les parties au conflit et à soutenir le Pôle judiciaire spécialisé.