Catégorie : Internacional

  • Faure Gnassingbé et Yoweri Museveni renforcent les liens pour la paix et l’intégration africaine

    Faure Gnassingbé et Yoweri Museveni renforcent les liens pour la paix et l’intégration africaine

    Le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, a intensifié ses actions diplomatiques à travers l’Afrique centrale et de l’Est. Ce déplacement stratégique vise à consolider la coopération régionale et à promouvoir la stabilité dans la zone des Grands Lacs. À Kampala, le dirigeant a assisté à l’investiture du président ougandais Yoweri Museveni, marquant ainsi une nouvelle étape dans les relations entre les deux nations.

    La sécurité régionale au cœur des échanges à Kampala

    En marge des cérémonies officielles, les deux présidents ont tenu une séance de travail approfondie sur les problématiques sécuritaires majeures. Leurs discussions se sont focalisées sur la situation instable dans l’est de la République démocratique du Congo. Lomé et Kampala maintiennent un dialogue constant pour appuyer les processus de paix et garantir la sécurité dans cette région névralgique du continent.

    Un axe diplomatique entre le Togo et le Congo

    Avant son étape ougandaise, Faure Gnassingbé s’est rendu à Oyo, en République du Congo, pour s’entretenir avec le président Denis Sassou N’Guesso. Cette visite de travail a permis d’aborder le renforcement des liens bilatéraux et divers dossiers économiques cruciaux.

    Les échanges ont notamment mis en lumière le partenariat entre le Port autonome de Lomé et le Port autonome de Pointe-Noire. Ces deux infrastructures majeures, liées par des accords signés en août 2020, jouent un rôle moteur dans le dynamisme des échanges commerciaux entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

    Médiation et intégration continentale

    Au-delà des aspects purement économiques, le président togolais a réaffirmé son engagement envers les défis politiques africains. En sa qualité de médiateur pour l’Union africaine dans la crise congolaise, Faure Gnassingbé poursuit ses efforts diplomatiques pour instaurer une paix durable et favoriser une véritable intégration africaine.

  • Offensive militaire sur le lac Tchad : les combattants de Boko Haram battent en retraite

    Offensive militaire sur le lac Tchad : les combattants de Boko Haram battent en retraite

    Sous la pression d’une vaste opération aéroterrestre, les insurgés de Boko Haram ont été contraints d’abandonner leurs positions stratégiques sur le lac Tchad. Cette manœuvre d’envergure, dirigée par le Tchad avec le soutien logistique et opérationnel du Nigeria et du Niger, a provoqué une déroute manifeste dans les rangs jihadistes.

    Boko Haram , Kano, Nigeria, lac Tchad , Niger

    Une pluie de frappes sur les bastions insulaires

    Depuis plusieurs jours, l’aviation tchadienne pilonne intensément les campements terroristes dissimulés sur les îles isolées de cette zone marécageuse. Ce territoire, partagé entre le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad, constitue depuis 2009 le sanctuaire de Boko Haram et de la faction rivale de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

    Ces bombardements n’ont pas été sans conséquences pour les populations civiles. Des dizaines de pêcheurs nigérians, contraints de verser des taxes aux jihadistes pour travailler dans ces eaux, ont été victimes des frappes. Plusieurs blessés graves, souffrant de brûlures importantes, ont été évacués vers les structures hospitalières de Bosso, au Niger.

    Fuite massive vers des zones incertaines

    Face à l’avancée des troupes, les combattants évacuent précipitamment leurs bases. Des témoins rapportent que les insurgés quittent les îles de la zone de Shuwa, à la frontière tripartite, emportant leurs familles à bord de petites embarcations de fortune. Les localités de Dogon Chukwu, Kangarwa, Gashakar, Yawan Mango et Kwatar Mota sont particulièrement concernées par cet exode.

    Sur le terrain, des affrontements directs ont opposé les forces tchadiennes aux terroristes sur l’île de Kaukeri, considérée comme l’un des piliers logistiques du groupe dans la région du lac.

    Une riposte régionale coordonnée

    Cette offensive d’envergure fait suite à une série d’attaques sanglantes contre l’armée du Tchad. Récemment, une embuscade a coûté la vie à deux officiers généraux, tandis qu’un assaut contre une base militaire riveraine avait provoqué le décès de 24 soldats tchadiens.

    Pour répondre à cette menace, une coalition aérienne a été mise en place. Le Nigeria et le Niger ont chacun déployé deux avions de chasse pour appuyer les escadrilles tchadiennes. Acculés sur les rives, les fuyards se retrouvent désormais dans une impasse, craignant de pénétrer dans les territoires contrôlés par l’Iswap, avec qui ils entretiennent une rivalité meurtrière depuis leur scission en 2016.

    L’insurrection, qui a déjà provoqué des milliers de décès et des millions de déplacés, principalement dans le nord-est du Nigeria, continue de mobiliser la Force multinationale mixte. Cette alliance régionale, réactivée pour stabiliser la zone, tente de mettre un terme définitif à une décennie de violences transfrontalières.

  • Urgence au Tchad : le quotidien périlleux des femmes réfugiées

    Urgence au Tchad : le quotidien périlleux des femmes réfugiées

    Le Tchad traverse actuellement une phase de pression humanitaire sans précédent. Avec plus de 1,3 million de réfugiés et de rapatriés, dont une immense majorité de femmes et d’enfants, le pays peine à absorber ce flux massif. Cette situation s’inscrit dans un contexte de pauvreté endémique et de fragilité des services publics de santé.

    L’impact dévastateur du conflit soudanais

    Les répercussions des affrontements au Soudan voisin sont particulièrement visibles dans l’est du territoire. À Abéché, Adré (province d’Ouaddaï) ou encore dans le camp d’Iridimi, situé à plus de 1 000 kilomètres de N’Djamena, les femmes et les jeunes filles paient un lourd tribut.

    À Adré, à proximité immédiate de la frontière, la sécurité quotidienne est un défi permanent. De nombreuses femmes témoignent des violences subies lorsqu’elles s’aventurent hors des zones sécurisées, notamment pour ramasser du bois de chauffe. Ce qui devrait être une tâche domestique ordinaire se transforme en un moment de terreur, marqué par des risques de harcèlement et d’agressions sexuelles.

    Malgré ce climat de peur, des initiatives de soutien psychosocial et de formation professionnelle tentent de renforcer la résilience de ces survivantes, leur offrant des perspectives d’autonomie financière.

    Le drame des soins de santé est illustré par l’histoire d’une jeune femme à Abéché, victime d’une fistule obstétricale après un accouchement sans assistance à l’âge de 15 ans. Délaissée par son entourage et souffrant de complications graves pendant une décennie, elle n’a pu bénéficier d’une intervention chirurgicale que très récemment, tout en restant confrontée à de fortes pressions sociales.

    Le directeur exécutif adjoint de l'UNFPA, Andrew Saberton, vêtu d'une tenue médicale et d'un bonnet de protection, observe un incubateur dans une maternité d'un hôpital au Tchad.

    Un système de santé à bout de souffle

    Dans la province du Wadi Fira, l’afflux continu de réfugiés sature les infrastructures médicales. Le camp d’Iridimi, qui fait partie d’un réseau de huit sites accueillant plus de 333 000 personnes, illustre cette détresse. Les sages-femmes y gèrent jusqu’à 300 naissances mensuelles avec des ressources dérisoires.

    La pénurie de produits anesthésiants est telle que certaines césariennes ne peuvent être pratiquées dans des conditions de dignité et de sécurité acceptables. Andrew Saberton, cadre de l’UNFPA, a fermement rappelé qu’aucune femme ne devrait subir une telle intervention sans anesthésie.

    Un cri d’alarme face au désengagement financier

    La crise est accentuée par une chute brutale des financements internationaux. Les ressources allouées à l’UNFPA au Tchad ont fondu de 44 % par rapport à l’année précédente. Pour l’exercice 2026, sur les 18,7 millions de dollars indispensables à la protection et à la santé maternelle, seuls 2,5 % ont été collectés pour le moment.

    Le Tchad détient déjà l’un des records mondiaux de mortalité maternelle, avec 860 décès pour 100 000 naissances vivantes. Sans un renforcement immédiat de l’aide internationale, la survie des femmes et des filles dans l’est du pays restera gravement compromise.

  • Dissolution de la commission électorale en Côte d’Ivoire : les enjeux d’un tournant politique

    Dissolution de la commission électorale en Côte d’Ivoire : les enjeux d’un tournant politique

    Le président ivoirien Alassane Ouattara, le 17 juin 2025. © Issouf SANOGO / AFP

    Longtemps au cœur des désaccords entre le pouvoir exécutif et les forces d’opposition, la Commission électorale indépendante (CEI) a été officiellement dissoute. L’annonce a été faite le 6 mai par Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien, marquant une rupture majeure dans l’organisation des scrutins en Côte d’Ivoire.

    Vers une nouvelle ère pour les élections ivoiriennes

    Cette décision radicale vise, selon les autorités, à ouvrir une nouvelle période de stabilité. L’objectif principal est de mettre en place un système capable de garantir durablement la tenue d’élections calmes et transparentes sur l’ensemble du territoire.

    La CEI, qui cristallisait les tensions politiques depuis de nombreuses années, laisse désormais la place à une restructuration attendue. En agissant ainsi, le gouvernement souhaite désamorcer les conflits liés aux processus électoraux et instaurer un climat de confiance pour les futures échéances nationales.

  • Tchad : l’opposition dénonce un verrouillage politique total sous Mahamat Idriss Déby

    Tchad : l’opposition dénonce un verrouillage politique total sous Mahamat Idriss Déby

    Face à la lourde condamnation de huit figures de la contestation au Tchad, Alifa Younous Mahamat, le représentant du Parti socialiste sans frontières (PSF) pour la France et l’Europe, s’insurge contre les méthodes du gouvernement de Mahamat Idriss Déby. Selon lui, le pouvoir en place s’efforce de neutraliser toute forme de contradiction politique.

    Tchad : «Toute voix dissidente est systématiquement réduite», alerte l’opposant Alifa Younous Mahamat

    Une justice tchadienne sous influence politique

    Le verdict est tombé à N’Djamena : huit cadres appartenant au Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), la coalition majeure de l’opposition, ont écopé de huit ans de réclusion criminelle. Alifa Younous Mahamat fustige ce qu’il qualifie de sentences arbitraires. « Ce dossier est la preuve que le Tchad s’enfonce dans une dérive dictatoriale, où la pensée unique est imposée par la violence et l’intimidation », martèle-t-il. Ces arrestations étaient intervenues juste avant une mobilisation citoyenne que les autorités avaient interdite.

    L’étouffement systématique des libertés publiques

    D’après le cadre du PSF, l’incarcération des leaders du GCAP participe d’un plan global visant à écarter toute alternative politique sérieuse. Il affirme que « chaque voix discordante est désormais étouffée sans exception », décrivant un espace civique totalement obstrué. Au Tchad, les droits les plus élémentaires seraient bafoués : « Il est devenu impossible pour une formation d’opposition d’exister, de se réunir ou d’exercer son droit syndical ».

    Ce durcissement s’ajoute au précédent de Succès Masra, figure de proue de l’opposition et ancien Premier ministre, qui avait été condamné à une peine de 20 ans de prison il y a environ un an.

    La diaspora tchadienne comme rempart international

    Installée en France et dans le reste de l’Europe, la communauté tchadienne à l’étranger tente d’alerter l’opinion mondiale sur la dégradation des droits humains dans le pays. Alifa Younous Mahamat souligne que la diaspora se fait le porte-parole de ceux qui sont réduits au silence sur le territoire national. Pour ce faire, il multiplie les plaidoyers auprès des instances internationales et des ONG spécialisées.

    Des échanges avec la classe politique française

    Le coordinateur du PSF a également entrepris des démarches auprès des élus français pour dénoncer la situation sécuritaire et politique au Tchad. Il indique avoir échangé avec des députés et des sénateurs, notamment issus des rangs de La France insoumise. Il confirme par ailleurs avoir rencontré Jean-Luc Mélenchon. Pour les opposants tchadiens vivant en exil, la pression diplomatique internationale reste l’un des derniers leviers pour contrer l’autoritarisme croissant de Mahamat Idriss Déby.

  • Sécurisation des zones frontalières : le Tchad et la RCA intensifient leur coopération militaire

    Sécurisation des zones frontalières : le Tchad et la RCA intensifient leur coopération militaire

    Les forces mixtes Tchad-RCA renforcent leur dispositif à la frontière

    Les commandements militaires du Tchad et de la République centrafricaine (RCA) passent à la vitesse supérieure pour stabiliser leurs zones frontalières communes. Sous l’égide du général Moubarak Abakar Nassour Hor, une séance de travail stratégique a permis de faire le point sur les interventions sécuritaires en cours et de définir les prochaines étapes de leur collaboration.

    Un bilan des opérations Al-Hamamia 1 et 2

    Cette session a rassemblé les hauts gradés des deux nations impliqués au sein de la force mixte. L’ordre du jour s’est focalisé sur les résultats concrets des manœuvres « Al-Hamamia 1 » et « Al-Hamamia 2 », tout en identifiant les zones encore vulnérables aux incursions et à l’insécurité transfrontalière. L’objectif est d’ajuster le tir pour garantir une protection optimale des populations locales.

    Lancement imminent de la mission Sentinelle

    Pour répondre efficacement aux défis persistants, le général de brigade Moubarak Abakar Nassour Hor a validé le lancement de l’opération « Sentinelle ». Ce nouveau plan d’action, élaboré par la cellule G5, prévoit une restructuration de la présence militaire sur le terrain.

    Le dispositif s’appuiera sur les piliers suivants :

    • Le déploiement d’unités militaires mobiles pour une plus grande flexibilité.
    • L’installation de postes de surveillance fixes dans les secteurs névralgiques.
    • L’intensification du contrôle des flux et des mouvements suspects.
    • L’amélioration de la vitesse de réaction des troupes en cas d’alerte.

    En renforçant cette synergie bilatérale entre le Tchad et la RCA, les autorités militaires aspirent à instaurer un climat de paix durable et à contrer efficacement les menaces qui pèsent sur cette région stratégique.

  • Renforcement des liens diplomatiques : Faure Gnassingbé en visite officielle en Ouganda

    Renforcement des liens diplomatiques : Faure Gnassingbé en visite officielle en Ouganda

    Le chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, est attendu ce mardi 12 mai 2026 à Kampala pour une mission diplomatique de premier plan. Répondant à l’invitation de son homologue ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, ce déplacement marque une étape clé dans la consolidation des rapports bilatéraux entre le Togo et l’Ouganda.

    Un dialogue stratégique sur la sécurité et l’intégration

    Au cours de ce séjour officiel, le président togolais s’entretiendra en tête-à-tête avec Yoweri Museveni. Les échanges se concentreront essentiellement sur les problématiques de paix et de sécurité à l’échelle continentale, ainsi que sur les progrès de l’intégration africaine. Ces discussions interviennent dans un climat régional complexe, particulièrement marqué par les instabilités dans la zone des Grands Lacs.

    Cérémonie d’investiture à Kampala

    Faure Gnassingbé assistera également à la prestation de serment solennelle de Yoweri Museveni, dont la réélection a été actée suite au scrutin général du 15 janvier dernier. Cette cérémonie d’envergure réunira dans la capitale ougandaise un parterre de dirigeants africains, de hauts fonctionnaires et de représentants de diverses institutions internationales.

    Une volonté commune de stabilité régionale

    Selon les informations émanant de la présidence togolaise, cette rencontre témoigne de l’ambition partagée par Lomé et Kampala de densifier leur coopération politique. Les deux nations maintiennent des échanges réguliers sur les défis sécuritaires majeurs du continent, à l’instar de la situation critique dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région en proie à des conflits armés et à une détresse humanitaire profonde.

    À travers cette initiative diplomatique, le Togo réitère son soutien indéfectible au dialogue interafricain et à la recherche de solutions concertées pour assurer la stabilité et le développement harmonieux des États du continent.

  • La Côte d’Ivoire réaffirme son engagement pour une migration humaine aux Nations Unies

    La Côte d’Ivoire réaffirme son engagement pour une migration humaine aux Nations Unies

    Une présence remarquée au siège des Nations Unies

    La Côte d’Ivoire a marqué de son empreinte la deuxième session du Forum international d’examen des migrations (FEMI), qui s’est tenue au cœur de New York. Cette participation stratégique illustre la détermination du pays à promouvoir une gestion migratoire centrée sur la coopération globale, le respect de la dignité humaine et les impératifs du développement durable.

    Le suivi du Pacte mondial au cœur des échanges

    Cet événement d’envergure mondiale visait à évaluer les progrès du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, un accord historique validé à Marrakech en 2018. Sous l’égide des Nations Unies, divers États ont partagé leurs solutions et leurs engagements face aux défis de la mobilité internationale.

    Des avancées concrètes portées par l’Office National de la Population

    Dr Hinin Moustapha, à la tête de l’Office National de la Population (ONP), a porté le message de la Côte d’Ivoire en lieu et place du ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba. Lors des débats de haut niveau, il a exposé les réussites ivoiriennes, notamment en matière de collecte de données, de lutte contre les discriminations et de renforcement de la coopération internationale.

    L’importance des données statistiques

    L’un des piliers de la stratégie ivoirienne repose sur la modernisation du système statistique. Pour mieux piloter les politiques publiques, le pays mise sur des informations précises, désagrégées et actualisées. À cet égard, une enquête nationale d’envergure sur la migration est prévue pour 2025, positionnant la Côte d’Ivoire comme un leader africain dans l’usage des données probantes pour la gouvernance.

    Protection et inclusion sociale

    Au-delà de l’aspect technique, Abidjan privilégie la protection des individus. Le renforcement des mécanismes de réintégration et l’adoption de politiques sociales inclusives permettent de mieux accompagner les migrants et de réduire leur vulnérabilité. Le cadre institutionnel a également été consolidé pour garantir le respect des droits fondamentaux et promouvoir une société plus tolérante.

    La migration comme moteur de développement

    La délégation ivoirienne a plaidé pour une solidarité internationale accrue et une responsabilité partagée entre les nations d’origine, de transit et d’accueil. Pour la Côte d’Ivoire, la mobilité humaine ne doit plus être perçue uniquement sous l’angle sécuritaire, mais comme un véritable levier de croissance économique, culturelle et sociale.

    En restant fidèle à ses valeurs d’accueil, le pays s’efforce de transformer les flux migratoires en vecteurs de prospérité partagée, en s’appuyant sur une gestion intelligente et humaine des populations en mouvement.

  • Vers une nouvelle ère politique au Togo ?

    Vers une nouvelle ère politique au Togo ?

    Après une longue période marquée par des restrictions sévères sur les rassemblements publics, l’opposition au Togo a franchi une étape symbolique ce week-end en tenant un meeting à Lomé. Cette manifestation, ayant reçu l’aval des autorités, soulève une interrogation majeure : le pays s’engage-t-il vers une véritable ouverture politique ou s’agit-il d’une simple parenthèse éphémère ?

  • Quel avenir pour l’opposition au Tchad après la dissolution du GCAP ?

    Quel avenir pour l’opposition au Tchad après la dissolution du GCAP ?

    Le paysage politique du Tchad traverse une zone de fortes turbulences. Suite à la décision de la Cour suprême de dissoudre le GCAP et à l’incarcération de huit de ses figures de proue pour une durée de huit ans, l’opposition organisée semble vaciller. Pour l’expert en sciences politiques Abouna Alhadj, ce tournant judiciaire révèle un malaise plus vaste : l’incapacité des forces contestataires à s’unir et à proposer une alternative solide face à un pouvoir qui dicte ses conditions.

    Une stratégie de l’effacement ou un choix délibéré ?

    Selon Abouna Alhadj, l’affaiblissement des forces d’opposition est indéniable. La réaction immédiate des cadres du GCAP, qui ont cessé toute mobilisation après leur condamnation, suscite des interrogations sur leur solidité organisationnelle. Le politologue se demande si ce retrait n’était pas une tentative de mettre en lumière la dérive autoritaire du régime en place au Tchad. Toutefois, l’efficacité d’une telle approche reste à prouver dans un contexte de répression systématique.

    Un bloc d’opposition morcelé face à l’agenda sécuritaire

    Le constat est amer : l’opposition tchadienne peine à trouver un terrain d’entente. L’arrestation des membres du GCAP n’a pas déclenché d’élan de solidarité massif parmi les autres formations politiques. Le gouvernement a réussi à verrouiller le débat public autour des thèmes de la sécurité et de la cohésion nationale. Quiconque s’écarte de cette ligne se retrouve marginalisé, voire neutralisé, avec l’assentiment tacite d’une partie de la classe politique qui préfère s’aligner sur le discours officiel.

    Vers une recomposition du paysage politique

    Bien que des entités comme le Parti réformiste tentent de maintenir un semblant d’activité, Abouna Alhadj estime que le salut de la démocratie au Tchad passera par une profonde restructuration. L’émergence d’un nouveau leadership semble inévitable pour briser l’impasse actuelle. En s’appuyant sur la pensée de Michel de Certeau, il rappelle que même dans les situations les plus verrouillées, des issues finissent toujours par apparaître pour ceux qui savent se réorganiser.

    L’appel à la communauté internationale et à la diaspora

    Le politologue souligne également le rôle crucial de la diaspora tchadienne pour porter le plaidoyer à l’échelle mondiale. Il exhorte les institutions telles que l’ONU et l’Union africaine à ne plus ignorer la situation des droits de l’homme au Tchad. Pour lui, le respect des procédures judiciaires équitables et la fin des condamnations arbitraires doivent redevenir une priorité absolue pour les partenaires internationaux du pays.

  • Mobilisation de l’opposition au Togo contre la nouvelle Constitution

    Mobilisation de l’opposition au Togo contre la nouvelle Constitution

    Mobilisation de l’opposition au Togo contre la nouvelle Constitution

    Le paysage politique au Togo a été marqué par un rassemblement significatif le samedi 9 mai à Lomé. Le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC), une coalition inédite, y a tenu son premier meeting officiel. En regroupant quatre partis politiques et plusieurs organisations de la société civile, le CNCC entend redonner du souffle à la contestation contre la Constitution adoptée en 2024, laquelle a permis à Faure Gnassingbé de renforcer son autorité.

    Togo. Le CNCC, nouveau regroupement d'opposition, organise son premier meeting

    Ce samedi 9 mai, la capitale togolaise a accueilli la première manifestation publique du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC). Ce nouveau front regroupe quatre formations de l’opposition ainsi que des membres de la société civile. Cet événement marque un tournant, car les rassemblements de l’opposition étaient devenus extrêmement rares au Togo, le précédent remontant à plus d’un an.

    Une opposition vent debout contre la Constitution de 2024

    L’objectif principal de cette mobilisation est de relancer la lutte contre la réforme constitutionnelle votée en 2024. Les opposants au régime y voient une stratégie permettant au président Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir sans limite de temps. « Il était primordial que les citoyens togolais montrent qu’ils restent mobilisés et qu’ils rejettent la forfaiture représentée par cette nouvelle Constitution », a déclaré David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD). Il a également annoncé le début d’une phase de remobilisation intense.

    Le texte controversé instaure désormais un régime parlementaire, supprimant de fait l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Dans ce nouveau système, le pouvoir exécutif réel est concentré entre les mains du président du Conseil, un poste actuellement occupé par Faure Gnassingbé.

    Dénonciation des détentions arbitraires

    Lors de ce meeting, des figures majeures de l’opposition ont pris la parole, notamment Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Ce dernier a vivement critiqué l’incarcération de l’activiste et poète Honoré Sitsopé Sokpor, alias « Affectio », survenue le lundi 4 mai. Affectio, connu pour ses positions critiques envers le gouvernement, a été remis en prison quelques mois seulement après une libération sous contrôle judiciaire. Jean-Pierre Fabre a qualifié cette situation d’acharnement et de détention arbitraire.

  • Bilan tragique au lac Tchad après des raids aériens contre les terroristes

    Bilan tragique au lac Tchad après des raids aériens contre les terroristes

    Des soldats tchadiens patrouillent sur le lac Tchad, le 6 mai 2026. © JORIS BOLOMEY / AFP

    Dans le nord-est du Nigéria, une tragédie humaine se dessine suite à des opérations militaires. Des dizaines de travailleurs de la pêche auraient perdu la vie lors de bombardements menés par l’aviation du Tchad contre des positions jihadistes sur le lac Tchad. L’information a été rapportée par plusieurs témoins oculaires et des membres de milices locales d’autodéfense.

    Bien que le décompte exact reste complexe en raison de l’instabilité persistante dans la zone, les premiers rapports font état d’une situation alarmante. Depuis plusieurs jours, les forces aériennes tchadiennes ciblent des zones insulaires stratégiques occupées par Boko Haram, en représailles à une offensive sanglante subie par l’armée du Tchad le 4 mai dernier, laquelle avait coûté la vie à au moins 24 soldats.

    Des dizaines de disparus parmi les civils

    Les frappes se sont concentrées sur l’île de Shuwa, un carrefour frontalier entre le Nigéria, le Niger et le Tchad. Cette zone, bien que sous le joug de Boko Haram, reste un pôle d’attraction pour les pêcheurs qui s’acquittent d’une taxe auprès des terroristes pour pouvoir travailler. Un responsable syndical a indiqué qu’environ 40 pêcheurs nigérians manquent à l’appel, craignant qu’ils n’aient péri par noyade ou sous les tirs.

    Les rescapés, originaires de Doron Baga ou de l’État de Taraba, décrivent des scènes de chaos. Le recours à ces zones de pêche, malgré le danger, est une nécessité économique pour ces populations civiles piégées entre les exigences des insurgés et les ripostes militaires.

    Un précédent récent dans la région

    Ce drame n’est pas un cas isolé. En octobre 2024, une opération similaire sur l’île de Tilma avait déjà suscité de vives critiques. À l’époque, l’armée tchadienne avait été pointée du doigt pour la mort de nombreux civils lors de raids visant à venger la perte de 40 de ses hommes. Les autorités militaires avaient cependant démenti tout ciblage de populations innocentes.

    Le conflit lié à l’insurrection jihadiste, qui a débuté en 2009, a provoqué une crise humanitaire sans précédent avec plus de 40 000 décès et deux millions de déplacés selon les données de l’ONU. Le bassin du lac Tchad demeure un sanctuaire pour Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Malgré l’existence d’une force multinationale regroupant le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Niger, la coopération régionale a été affaiblie par le retrait du Niger en 2025.