Catégorie : Politique locale

  • Gabon : un pacte national pour une cohésion durable proposé par mbatchi pambou

    Gabon : un pacte national pour une cohésion durable proposé par mbatchi pambou

    À l’occasion des 66 ans de l’Indépendance, Joachim Mbatchi Pambou, président du Forum pour la Défense de la République (FDR) et ancien candidat à la présidentielle d’août 2023, lance une initiative ambitieuse : la création d’un « Pacte national de consolidation ». Cette proposition vise à rassembler les forces vives du pays autour des priorités essentielles pour un avenir commun.

    Contrairement à une logique de partage du pouvoir ou à une demande de renoncement de l’opposition, ce pacte se veut un engagement collectif. « L’idée est de nous mettre d’accord sur l’essentiel, de façon simple mais exigeante », souligne-t-il. Dans un contexte où le débat public se dégrade, il appelle à un retour à un dialogue respectueux, où les désaccords politiques ne se transforment pas en affrontements personnels.

    Les piliers du pacte pour un Gabon unifié

    Joachim Mbatchi Pambou définit plusieurs axes prioritaires pour ce pacte :

    • Paix civile et cohésion nationale : un impératif pour éviter les fractures sociales.
    • Respect des institutions et de l’État de droit : garants de la stabilité et de la confiance.
    • Justice sociale et réduction des inégalités : pour une répartition plus équitable des richesses.
    • Création d’emplois et amélioration des services publics : des leviers pour le développement économique.
    • Transformation locale des ressources naturelles : une valorisation au service du progrès.

    Pour lui, ce pacte doit aussi restaurer la confiance entre citoyens et institutions, entre acteurs politiques, ainsi qu’avec la diaspora gabonaise. Il permettrait de rétablir un dialogue national constructif, de définir des priorités indépendantes des alternances politiques et de garantir un suivi rigoureux des engagements pris.

    Une démarche inclusive pour un engagement collectif

    Joachim Mbatchi Pambou ne limite pas cette initiative aux seuls acteurs politiques. Il propose un cadre de dialogue élargi, réunissant :

    • Les institutions publiques et les forces politiques.
    • La société civile, le secteur privé et les syndicats.
    • Les confessions religieuses, les universitaires, les jeunes et les femmes.
    • La diaspora, dont le rôle est essentiel pour le développement du pays.

    L’objectif ? Identifier des priorités nationales claires, fixer des engagements précis et permettre aux citoyens d’en suivre l’évolution. Chaque composante de la société aurait un rôle à jouer : le pouvoir devrait « écouter davantage et rendre davantage de comptes », tandis que l’opposition continuerait à critiquer tout en proposant des solutions. La société civile et le secteur privé, eux, contribueraient activement à cette dynamique.

    Sortir des divisions pour bâtir l’avenir

    Joachim Mbatchi Pambou insiste sur la nécessité de dépasser les logiques de confrontation. Pour lui, le développement du Gabon ne repose pas uniquement sur ses ressources naturelles ou son potentiel économique, mais sur sa cohésion nationale. « Aucune richesse ne remplace la cohésion. Notre première richesse, c’est notre capacité à vivre ensemble », affirme-t-il.

  • Mahamat Idriss Déby Itno : véritable champion de l’indépendance tchadienne ou simple héritier du pouvoir ?

    Mahamat Idriss Déby Itno : véritable champion de l’indépendance tchadienne ou simple héritier du pouvoir ?

    Mahamat Idriss Déby Itno est reçu par Ibrahim Traoré, président de la junte du Burkina Faso, lors d'une visite officielle à Ouagadougou le 21 février 2025.

    Un leadership contesté entre héritage familial et ambitions nationales

    Depuis son arrivée au pouvoir, Mahamat Idriss Déby Itno incarne une transition politique complexe au Tchad. Fils du défunt président Idriss Déby Itno, il a su s’imposer comme une figure centrale du régime, tout en cultivant une image de réformateur. Mais derrière cette façade se cache une question cruciale : son engagement pour le souverainisme tchadien est-il sincère ou simplement le prolongement d’un système familial ?

    Les observateurs soulignent que Mahamat Idriss Déby Itno a hérité d’un pays marqué par des décennies de gouvernance autoritaire. Son ascension rapide, après la mort de son père en avril 2021, a suscité des débats sur la légitimité de son pouvoir. Pourtant, il a tenté de se distancier de l’héritage controversé de son prédécesseur en promettant des réformes démocratiques et une réduction de l’influence étrangère.

    Les alliances régionales qui redéfinissent l’influence du Tchad

    La politique étrangère de Mahamat Idriss Déby Itno s’est recentrée sur des partenariats stratégiques en Afrique de l’Ouest. Son rapprochement avec les juntes du Mali, du Burkina Faso et du Niger a marqué un tournant dans la diplomatie tchadienne. Ces collaborations, regroupées sous l’Alliance des États du Sahel, visent à renforcer l’autonomie des pays membres face aux puissances extérieures.

    Cependant, cette orientation a aussi soulevé des interrogations. Certains analystes estiment que ces alliances pourraient affaiblir la souveraineté du Tchad en le plaçant sous l’influence d’autres régimes militaires. Mahamat Idriss Déby Itno a-t-il les moyens de négocier avec des partenaires aussi puissants que les Émirats arabes unis ou la France sans sacrifier les intérêts nationaux ?

    Un souverainisme à l’épreuve des réalités économiques

    Le Tchad, pays enclavé et dépendant des ressources naturelles, fait face à des défis économiques majeurs. Mahamat Idriss Déby Itno a mis en avant la nécessité de diversifier l’économie et de réduire la dépendance aux partenaires traditionnels. Pourtant, les résultats concrets tardent à se matérialiser.

    Les tensions avec la France, ancienne puissance coloniale, illustrent ces difficultés. Bien que Mahamat Idriss Déby Itno ait critiqué l’ingérence étrangère, son gouvernement a dû négocier des accords complexes pour maintenir la stabilité économique. La question reste entière : son souverainisme est-il compatible avec les réalités d’un pays en développement ?

    Entre réformes et continuité, quel avenir pour le Tchad ?

    Le bilan de Mahamat Idriss Déby Itno est contrasté. D’un côté, il a engagé des réformes institutionnelles et tenté de moderniser l’administration. De l’autre, il perpétue des pratiques autoritaires et maintient une mainmise sur les leviers du pouvoir. Les prochaines élections, si elles ont lieu, seront un test décisif pour sa crédibilité.

    Dans un contexte de montée des régimes militaires en Afrique, le Tchad sous Mahamat Idriss Déby Itno incarne les contradictions d’une transition politique en suspens. Son souverainisme affiché doit encore prouver sa capacité à concilier indépendance nationale et stabilité régionale.

    • Alliance des États du Sahel
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    • Emmanuel Macron
  • Lomé : formation des collectivités locales pour booster la mobilisation des ressources financières

    Lomé : formation des collectivités locales pour booster la mobilisation des ressources financières

    Lomé, 17 août 2026 — Sans une gestion rigoureuse et des ressources financières stables, les communes peinent à honorer leurs missions essentielles. C’est ce constat qui a réuni, du 17 au 19 août 2026, les responsables des collectivités du Golfe 2, du Golfe 3, d’Agoè-Nyivé 5 et d’Agoè-Nyivé 6, au sein de la commune du Golfe 7. L’objectif ? Se perfectionner dans l’optimisation des recettes locales et leur utilisation stratégique.

    Organisée sous l’égide du Plan national de formation piloté par l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT), cette session vise à renforcer les compétences des acteurs communaux en matière de mobilisation et de gestion des fonds publics. Une démarche cruciale pour concrétiser les projets locaux et améliorer le quotidien des habitants.

    Autonomie financière des communes : un défi quotidien

    Les collectivités locales font face à un double enjeu : non seulement accroître leurs recettes, mais aussi en optimiser l’allocation pour répondre aux besoins prioritaires. La santé des finances communales détermine directement la qualité des infrastructures, l’entretien des équipements publics et la mise en œuvre de politiques sociales adaptées.

    Dans ce cadre, la formation dispensée à Lomé se concentre sur le renforcement des capacités des agents territoriaux. L’échange d’expériences entre communes participantes permet de mutualiser les bonnes pratiques et d’identifier des solutions adaptées aux réalités locales.

    Mairie Golfe 7
    Des méthodes innovantes pour des finances communales saines

    L’ouverture des travaux, présidée par le préfet du Golfe Kossivi Agbodan et le troisième adjoint au maire du Golfe 7, Adaka Koffi, a marqué le lancement de cette initiative. Ce dernier a souligné l’importance de cette formation pour bâtir une autonomie financière durable au sein des communes.

    Les échanges entre participants ne se limitent pas à des enseignements théoriques. Ils permettent d’analyser les obstacles rencontrés sur le terrain et de proposer des pistes d’amélioration concrètes, directement applicables dans chaque collectivité.

    Mairie Golfe 7
    Transparence et rigueur : les piliers d’une gestion financière locale efficace

    Le préfet du Golfe a rappelé une vérité souvent négligée : collecter davantage de ressources ne suffit pas si leur gestion n’est pas maîtrisée. La discipline financière, la transparence et l’orthodoxie budgétaire sont des conditions sine qua non pour que chaque franc mobilisé profite réellement aux citoyens.

    Cette session de formation s’inscrit donc dans une logique globale : transformer les recettes en résultats tangibles pour les populations. L’accent est mis sur l’efficacité opérationnelle, afin que les communes deviennent des acteurs incontournables du développement local.

    Mairie Golfe 7
    Vers une décentralisation renforcée grâce à l’ANFCT

    Jusqu’au 19 août, les participants bénéficient d’un espace d’apprentissage collaboratif pour approfondir leurs connaissances et affiner leurs stratégies de mobilisation et de gestion financière. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’ANFCT d’accompagner les collectivités dans leur processus de décentralisation.

    Pour les communes du Golfe 2, du Golfe 3, d’Agoè-Nyivé 5 et d’Agoè-Nyivé 6, l’enjeu est clair : capitaliser sur cette formation pour instaurer des pratiques durables, capables de renforcer leur autonomie financière et, par ricochet, leur impact sur le terrain.

  • Tshisekedi et Oligui Nguema scellent trois accords à Libreville pour booster les relations Congo-Gabon

    Tshisekedi et Oligui Nguema scellent trois accords à Libreville pour booster les relations Congo-Gabon

    VISITE OFFICIELLE

    Tshisekedi et Oligui Nguema scellent trois accords à Libreville pour booster les relations Congo-Gabon

    Les présidents Félix Tshisekedi et Brice Clotaire Oligui Nguema ont marqué un tournant dans les relations bilatérales entre la République démocratique du Congo et le Gabon. Lors d’une rencontre à Libreville, ils ont paraphé trois textes majeurs visant à renforcer leur coopération dans des domaines clés : dialogue politique, libre circulation des personnes et cadre global d’entente. Parallèlement, le Gabon a affiché son soutien à la candidature de Juliana Amato Lumumba pour diriger l’Organisation internationale de la Francophonie.

    Les présidents Tshisekedi et Oligui Nguema lors de la signature des accords

    La République démocratique du Congo et le Gabon franchissent une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique. La visite de Félix Tshisekedi à Libreville a abouti à la conclusion de trois accords bilatéraux sous le haut patronage des deux chefs d’État. Le premier instaure des consultations politiques et diplomatiques régulières pour approfondir leur collaboration. Le deuxième prévoit une exemption réciproque de visas, un levier concret pour fluidifier les déplacements entre les deux nations. Le troisième définit un cadre général destiné à encadrer les futurs projets communs. Cette dynamique vise à institutionnaliser le dialogue entre les administrations des deux pays tout en ouvrant la voie à une intégration économique accrue. L’assouplissement des formalités de voyage promet des retombées immédiates pour les citoyens des deux États, sous réserve des modalités d’application à finaliser.

    Partenariats économiques et valorisation des ressources naturelles au cœur des échanges

    Les discussions entre les présidents congolais et gabonais ont aussi porté sur les opportunités économiques. Leur objectif ? Stimuler les investissements croisés et renforcer les synergies entre les entreprises des deux pays. La transformation locale des matières premières a été identifiée comme un axe prioritaire. Le Gabon, avec sa stratégie industrielle axée sur le bois, et la RDC, riche en ressources forestières et minières, voient dans cette coopération un moyen de maximiser la valeur ajoutée de leurs exportations. La visite de Félix Tshisekedi dans la Zone économique spéciale de Nkok illustre cette volonté de s’inspirer du modèle gabonais. Cette plateforme industrielle, symbole de la politique gabonaise de valorisation locale, devrait servir de terrain d’étude pour identifier des projets communs et échanger des bonnes pratiques.

    Une vision commune pour l’Afrique centrale

    Les enjeux régionaux ont occupé une place centrale dans les pourparlers. La République démocratique du Congo et le Gabon, tous deux membres de l’espace d’Afrique centrale, font face à des défis sécuritaires, économiques et diplomatiques. Les deux dirigeants ont convenu de renforcer leur concertation sur les questions de paix, de stabilité et de développement. Alors que Kinshasa reste particulièrement attentive à la situation dans l’est du pays, Libreville ambitionne de jouer un rôle accru sur la scène diplomatique régionale. L’idée est de transformer le dialogue politique en un mécanisme permanent, plutôt qu’en une série de rencontres ponctuelles.

    Le Gabon apporte son appui à la candidature congolaise à la Francophonie

    La rencontre a également débouché sur un engagement diplomatique fort. Brice Clotaire Oligui Nguema a confirmé le « soutien sans réserve » du Gabon à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. Cette annonce, officialisée à l’issue de la première journée de travail, représente un atout majeur pour la campagne de la candidate congolaise. Juliana Amato Lumumba, en lice pour succéder à Louise Mushikiwabo, multiplie les démarches pour rallier les États membres de l’organisation. Ce soutien gabonais renforce la position de Kinshasa dans cette compétition diplomatique.

    La visite à Nkok couronne le séjour de Félix Tshisekedi par une dimension économique tangible. Cette zone industrielle gabonaise, vitrine du modèle de transformation locale du bois, accueille diverses activités manufacturières. La RDC, dotée d’un potentiel forestier et minier considérable, cherche à réduire la part de ses exportations brutes. L’exploration des mécanismes adaptables à son contexte industriel propre figure parmi les priorités identifiées lors de cette étape.

  • Tchad. Tchad: l’opposant Succès Masra prône la réconciliation

    Tchad. Tchad: l’opposant Succès Masra prône la réconciliation

    Politique

    Présidentielle américaine. Les démocrates démarreront les primaires 2028 en Caroline du Sud

    Exit l’Iowa et le New Hampshire, le Parti démocrate a choisi samedi de désigner la Caroline du Sud comme premier Etat à voter aux primaires pour la présidentielle de 2028. Un choix censé mieux représenter la diversité des électeurs.

  • Vers une nouvelle ère pour le Gabon : entre transition politique et réalisations concrètes

    Vers une nouvelle ère pour le Gabon : entre transition politique et réalisations concrètes

    Le Gabon s’engage résolument sur la voie d’un renouveau, où les actes remplacent peu à peu les promesses d’un passé moins glorieux. Les réalisations visibles et une dynamique politique affirmée témoignent d’une volonté sans faille de répondre aux aspirations d’une population en quête de progrès. Chaque jour apporte son lot de changements, confirmant que l’avenir se construit désormais sur des bases solides.

    Un tournant historique avec une transition maîtrisée

    Le 30 août 2023 a marqué un jalon décisif : l’adoption d’une nouvelle constitution par référendum a scellé la fin d’une transition politique complexe. Ce texte fondateur a permis l’instauration de la Ve République, un régime présidentiel renforcé, et a jeté les bases d’un calendrier électoral ambitieux pour 2025, avec des scrutins présidentiel, législatif et local. Ces étapes cruciales ont abouti à la mise en place d’institutions rénovées, prêtes à incarner une gouvernance moderne et transparente.

    L’année 2026 est perçue comme l’horizon où les premiers fruits de cette refonte politique devraient se matérialiser. Le projet porté par le chef de l’État, soutenu par une large majorité de Gabonais, prend peu à peu forme, promettant une transformation durable du pays. Les attentes sont immenses, mais les signes concrets de changement se multiplient, alimentant l’espoir d’une amélioration tangible des conditions de vie.

    Des infrastructures en pleine mutation

    Le paysage urbain du Gabon se transforme radicalement, notamment à Libreville. Le projet Grand Libreville redessine la capitale avec des chantiers phares, des édifices modernes et des monuments emblématiques. La plupart des travaux sont désormais achevés, offrant au pays une image renouvelée, synonyme de dynamisme et d’attractivité. Ces réalisations illustrent l’engagement du gouvernement à moderniser les infrastructures pour soutenir le développement économique et social.

    Une gouvernance alignée sur les nouvelles ambitions

    La refonte institutionnelle s’accompagne d’une exigence accrue en matière de cohésion entre les pouvoirs. L’Exécutif, le Parlement, la Cour constitutionnelle et les instances judiciaires doivent désormais œuvrer en synergie pour répondre aux attentes d’un peuple déterminé à tourner la page d’une gestion passée souvent critiquée. Chaque acteur est appelé à jouer son rôle avec responsabilité, afin de garantir une gouvernance efficace et tournée vers l’intérêt général.

    Prudence et pragmatisme : les maîtres-mots

    Si les avancées sont indéniables, la prudence reste de mise. Une analyse objective des résultats s’impose pour éviter les écueils d’une précipitation malvenue. Comme le rappelle l’adage,  »l’enfer est pavé de bonnes intentions », et les défis à relever sont encore nombreux. Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes : les réalisations concrètes s’accumulent, et 2026 ne sera que le début d’une dynamique positive et mesurable.

  • La prétendue discorde entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko : un écran de fumée politique ?

    La prétendue discorde entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko : un écran de fumée politique ?

    L’histoire récente de la scène politique révèle des dynamiques complexes. Il fut un temps où Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko formaient un front uni. Ensemble, ils ont œuvré pour que le Président actuel ne se retire pas du Conseil supérieur de la magistrature, une décision qui allait à l’encontre d’une réforme pourtant maintes fois promise.

    Leur entente s’est également manifestée par une indifférence notable aux appels à candidature pour les postes de direction, un principe pourtant clairement énoncé dans leur propre programme politique. Cette omission soulève des questions quant à la cohérence entre les engagements et les actions.

    Par ailleurs, la promesse d’abroger la loi d’amnistie, un engagement fort auprès de l’électorat, est restée lettre morte. Cette législation controversée demeure intacte, en dépit des attentes qu’ils avaient suscitées.

    Quant à la gestion des fonds politiques, ils ont procédé à un partage discret, sans la moindre contestation publique. Il est à noter que la mise en place d’un cadre réglementaire pour ces fonds n’exigeait qu’une majorité à l’Assemblée nationale, une majorité qu’ils ont obtenue quelques mois seulement après leur prise de fonction. Cette inaction sur un point aussi crucial interpelle.

    Curieusement, ceux-là mêmes qui ont fait preuve d’une passivité déconcertante en matière de réformes lorsque Sonko et Diomaye étaient solidaires, affichent aujourd’hui un empressement remarquable pour des changements qu’ils auraient pu initier bien plus tôt. Ce revirement tardif donne à réfléchir.

    L’Assemblée nationale, pilier de la République, se doit de transcender les simples querelles d’ego, les postures calculées et les mises en scène d’une rupture. Une telle diversion ne saurait en aucun cas effacer les responsabilités partagées et les engagements non tenus.

  • Société civile et opposition au Sénégal s’accordent sur la refonte constitutionnelle

    Société civile et opposition au Sénégal s’accordent sur la refonte constitutionnelle

    À Dakar, les discussions autour de la future Constitution du Sénégal s’intensifient. La société civile, réunie au sein de la Coalition pour l’application des Assises nationales, a engagé un dialogue avec Takku Wallu, principal groupe parlementaire d’opposition. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le président Bassirou Diomaye Faye fait de la refonte des institutions une priorité absolue. L’objectif ? Élaborer une feuille de route commune avant que le Parlement ne s’empare officiellement du dossier.

    Vers un consensus transpartisan sur les réformes institutionnelles

    Les consultations actuelles visent à clarifier les attentes des différentes forces politiques concernant le contenu et le calendrier de la révision constitutionnelle. Les Assises nationales, organisées à partir de 2008, avaient déjà formulé des propositions majeures : limitation du mandat présidentiel, renforcement de la séparation des pouvoirs et modernisation administrative. Ces recommandations, reprises par la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) en 2013, n’ont jamais été pleinement appliquées.

    En sollicitant Takku Wallu, la société civile rappelle que la refonte des institutions ne peut se faire sans l’adhésion de l’opposition. Ce groupe parlementaire, héritier des idées de l’ancien président Macky Sall et de figures libérales, dispose d’une influence majeure pour façonner les futurs projets de loi organique.

    Takku Wallu cherche à peser dans le débat parlementaire

    Après la victoire écrasante du parti Pastef aux législatives de novembre 2024, l’opposition cherche à se repositionner. Takku Wallu mise sur ces échanges avec la société civile pour influencer l’agenda législatif sans s’engager prématurément. Ce format informel permet aux deux parties d’explorer des pistes de compromis avant toute prise de position officielle.

    Plusieurs sujets clés sont sur la table : la suppression ou la réforme du Conseil économique, social et environnemental, la réorganisation du Conseil constitutionnel, la définition des pouvoirs présidentiels, le renforcement du rôle du Premier ministre et la protection statutaire de l’opposition. Certains acteurs plaident également pour un changement du mode de scrutin, avec l’introduction d’une dose de proportionnelle afin de mieux refléter la diversité politique.

    Un calendrier constitutionnel sous haute tension

    Le gouvernement a laissé entendre qu’un texte de révision pourrait être présenté au Parlement dans les mois à venir. Cependant, la Constitution impose des règles strictes : toute modification d’envergure nécessite soit une majorité qualifiée des trois cinquièmes des députés, soit un référendum. Bien que Pastef dispose d’une majorité absolue, le pouvoir exécutif n’exclut pas de recourir au vote populaire pour légitimer la réforme.

    Cette stratégie explique l’importance des consultations en cours. Une mobilisation précoce de la société civile et une opposition intégrée en amont réduisent les risques de polarisation lors de la campagne référendaire. À l’inverse, un processus perçu comme imposé pourrait reproduire les tensions de 2016, lors de la révision controversée sous Macky Sall, marquée par un fort taux d’abstention.

    Les prochaines semaines seront décisives. La coalition citoyenne prévoit d’étendre ses discussions aux autres groupes parlementaires, y compris Pastef, ainsi qu’aux formations politiques non représentées à l’Assemblée. L’enjeu ? Construire un socle minimal de consensus avant le lancement officiel des travaux législatifs. Pour Dakar, la crédibilité de la promesse de rupture institutionnelle, portée depuis mars 2024, dépendra largement de la qualité de ce processus préparatoire.

  • Khalifa Sall soutient la publication des déclarations de patrimoine au Sénégal

    Khalifa Sall soutient la publication des déclarations de patrimoine au Sénégal

    Le débat sur la transparence patrimoniale refait surface avec acuité au Sénégal, et Khalifa Sall, figure emblématique de l’opposition, entend bien marquer sa position. L’ancien maire de Dakar, leader du mouvement Taxawu Sénégal, s’est prononcé publiquement en faveur de la divulgation des déclarations de patrimoine des hauts responsables étatiques. Cette prise de position s’inscrit parfaitement dans le climat politique actuel, où les nouvelles autorités, issues du scrutin présidentiel de mars 2024, placent la transparence au cœur de leurs priorités.

    Khalifa Sall : un engagement clair pour la publicité des patrimoines

    L’ex-premier magistrat de la capitale sénégalaise a exprimé sans ambiguïté son soutien à la publicité des déclarations de patrimoine des dirigeants publics. Pour Khalifa Sall, la transparence des biens des élus et des hauts fonctionnaires dépasse la simple obligation légale ; elle constitue un fondement essentiel pour bâtir la confiance entre ceux qui gouvernent et les citoyens. Le chef de file de Taxawu Sénégal est convaincu que la publication de ces documents est un levier puissant pour assainir la vie publique et dissiper les soupçons d’enrichissement illicite qui entachent trop souvent la classe politique.

    Cette déclaration n’est pas anodine. Khalifa Sall, longtemps une voix critique sous l’administration de Macky Sall, se positionne désormais sur un terrain où le pouvoir en place, incarné par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, a érigé la reddition des comptes en pilier de son programme. En se joignant à l’appel général pour une plus grande transparence, l’ancien maire de Dakar démontre son alignement avec l’aspiration citoyenne à une moralisation profonde de la vie publique.

    Le cadre juridique sénégalais : une obligation existante mais confidentielle

    La déclaration de patrimoine n’est pas une innovation dans l’arsenal institutionnel sénégalais. Une loi de 2014 encadre déjà cette obligation, imposant à plusieurs responsables publics, dont le chef de l’État, de déposer leur déclaration auprès de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Le président de la République, notamment, est tenu de le faire au début et à la fin de son mandat. Cependant, dans la pratique, ces documents sont restés confidentiels et n’ont jamais été rendus publics.

    C’est précisément cette confidentialité qui est au cœur du débat actuel. De nombreuses voix, issues de la société civile comme de la sphère politique, militent pour une évolution vers un régime de publicité, à l’instar de ce qui est en vigueur dans certaines démocraties européennes ou latino-américaines. La véritable question n’est donc plus le dépôt des déclarations, mais l’accès du public à ces informations, condition sine qua non pour un contrôle citoyen efficace.

    La transparence patrimoniale : un enjeu majeur pour la politique sénégalaise

    Au-delà de la position de Khalifa Sall, l’attitude de chaque acteur politique face à cette question devient un indicateur essentiel. Le président Bassirou Diomaye Faye lui-même a rendu publique sa déclaration de patrimoine peu après son investiture en avril 2024, un acte salué comme une rupture symbolique avec les pratiques antérieures. Depuis, la pression s’est accentuée sur les autres responsables – ministres, députés, présidents d’institutions et directeurs généraux – pour qu’ils suivent cet exemple.

    L’adhésion de figures de l’opposition ou d’anciens cadres à cette exigence de publicité pourrait transformer la dynamique politique. En affichant son soutien à ce principe, Khalifa Sall adopte une posture de responsabilité, tout en conservant sa capacité à critiquer la mise en œuvre de l’agenda de transparence par le pouvoir en place. Cette double approche est caractéristique d’un opposant expérimenté cherchant à éviter d’être cantonné dans un rôle purement contestataire.

    Il reste que la concrétisation de ces intentions dépendra du calendrier législatif. Une révision de la loi de 2014, ou l’adoption d’un nouveau texte rendant obligatoire la publicité des déclarations, nécessitera un consensus parlementaire. La majorité pastefienne, renforcée par les élections législatives anticipées de novembre 2024, est en position de porter un tel projet. La question demeure de savoir jusqu’où le pouvoir exécutif souhaitera aller dans cette logique, et dans quelles conditions les autres formations politiques accepteront de s’engager pleinement dans une transparence intégrale.

  • Badara Gadiaga expose une gestion controversée des fonds politiques à la Primature

    Badara Gadiaga expose une gestion controversée des fonds politiques à la Primature

    Le chroniqueur Badara Gadiaga a lancé une vive critique concernant la gestion des fonds politiques par Ousmane Sonko, alors qu’il occupait la fonction de Premier ministre. Lors de son intervention télévisée ce vendredi, il a souligné que cent quarante-deux jours s’étaient écoulés depuis le départ de l’ancien chef du gouvernement, intervenu le 22 mai 2026. Durant cette période, Ousmane Sonko aurait, selon ses dires, quasiment épuisé l’intégralité de l’enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA allouée à ces fonds. À son départ, il n’aurait laissé qu’une somme dérisoire, inférieure à 70 millions de francs CFA, à son successeur, Al Aminou Lo.

    En procédant à un calcul simple, Badara Gadiaga a estimé que cette consommation représentait une dépense quotidienne d’environ 12 millions de francs CFA tout au long du mandat d’Ousmane Sonko à la Primature. Il a mis en lumière ce chiffre en le comparant à la situation alarmante des étudiants, rappelant notamment le décès du jeune Abdoulaye Ba, qui réclamait le versement de sa bourse de 40 000 francs CFA. Pour le chroniqueur, ce contraste frappant révèle une profonde contradiction entre le discours officiel prônant le Plan de redressement économique et social (PRES) et la réalité de la gestion des deniers publics par l’ancien Premier ministre, qui aurait disposé de plus de 300 000 francs CFA par mois de ces fonds. C’est précisément cet écart, entre la détresse des étudiants et l’ampleur des sommes mobilisées à la Primature, que Badara Gadiaga a qualifié de « vampirisme ».

  • Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Le Tchad vient de franchir une étape symbolique avec la libération de plusieurs leaders de l’opposition par le président. Une décision qui, selon le Dr. Ahmat Yacoub Dabio, président du Centre d’études pour le développement et la prévention de l’extrémisme (CEDPE), s’inscrit dans une logique d’apaisement immédiat, mais ne suffit pas à elle seule pour rétablir la confiance entre les acteurs politiques.

    Tchad : pourquoi l’amnistie des opposants change la donne politique

    Un signal fort pour désamorcer les tensions

    Pour Ahmat Yacoub Dabio, cette mesure d’amnistie représente bien plus qu’un simple geste symbolique. Elle envoie un message clair de volonté de dialogue aux forces politiques et à la société civile tchadienne. En libérant des figures opposantes, le pouvoir cherche à apaiser un climat politique marqué par des années de crispation et de confrontations.

    Pourtant, le spécialiste des conflits tempère son enthousiasme. Si cette décision peut atténuer les tensions à court terme, elle ne résout pas les causes profondes des divisions. « La grâce présidentielle est un premier pas, mais elle ne suffit pas », souligne-t-il. Le vrai défi reste de transformer cette ouverture en un processus de réconciliation durable.

    L’inéligibilité : un paradoxe qui persiste

    Un détail essentiel éclipse en partie la portée de cette amnistie : de nombreux opposants libérés restent frappés d’inéligibilité. Une situation qui crée un paradoxe déroutant : des responsables politiques bénéficient d’une clémence présidentielle tout en étant exclus du jeu démocratique.

    Selon le CEDPE, cette contradiction pourrait profondément remodeler le paysage politique tchadien. D’un côté, elle pourrait affaiblir les partis traditionnels, contraints de se réinventer face à cette nouvelle donne. De l’autre, elle pourrait favoriser l’émergence de jeunes leaders, plus connectés aux préoccupations quotidiennes des Tchadiens : emploi, pouvoir d’achat, sécurité et justice sociale.

    Les risques d’un apaisement incomplet

    Malgré son importance, cette mesure ne garantit pas une réconciliation politique complète. Le risque de frustration est réel : si les exclusions persistent, elles pourraient alimenter un sentiment d’injustice et de marginalisation parmi les partisans de l’opposition.

    Pour Ahmat Yacoub Dabio, la clé réside dans la mise en place d’un cadre inclusif et transparent. Sans cela, la grâce présidentielle ne sera qu’une parenthèse dans une crise politique plus large. Le Tchad a besoin d’une vision partagée pour sortir définitivement de l’impasse et construire un avenir stable et prospère.

  • Opposition sénégalaise : les deux figures qui résistent sur le terrain

    Opposition sénégalaise : les deux figures qui résistent sur le terrain

    Dans le paysage politique sénégalais, une poignée de dirigeants d’opposition se distinguent par leur engagement concret auprès des citoyens. Parmi eux, Barthélémy Dias et Maguette Sène incarnent une opposition active, loin des débats stériles et des communiqués sans lendemain.

    Portrait de Barthélémy Dias, figure de l'opposition sénégalaise

    Des dirigeants qui privilégient l’action plutôt que les déclarations

    Tandis que certains responsables de l’opposition se contentent de publier des communiqués ou de participer à des réunions à Dakar, Barthélémy Dias, Maguette Sène et quelques autres misent sur une stratégie différente : le contact direct avec les populations. Leur objectif ? Contourner les jeux politiques traditionnels et répondre aux attentes concrètes des Sénégalais.

    « La politique ne se fait pas dans les salons feutrés, mais auprès des citoyens », souligne un observateur politique dakarois. Barthélémy Dias, ancien maire de la capitale, incarne cette approche en multipliant les déplacements sur le terrain. Après avoir lancé le mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk en mai 2025, il a sillonné le pays, rencontrant des militants, initiant des projets comme Dokh Mbokk et même des tournées à l’international pour promouvoir son parti.

    Magguette Sène, de son côté, a créé la coalition And Liguey Gokh Yi – La Marche des Territoires, regroupant une trentaine d’organisations. Depuis son investiture comme candidat aux municipales de Malicounda et sa nomination à la tête de cette coalition en août 2026, il mise sur l’installation de cellules locales pour renforcer l’ancrage territorial de son mouvement.

    Une opposition qui tourne le dos aux querelles internes

    Contrairement à d’autres figures de l’opposition qui s’épuisent dans des querelles entre anciens alliés, Barthélémy Dias et Maguette Sène axent leur discours sur les besoins des Sénégalais. « Notre priorité, c’est d’être aux côtés des populations pour les aider à surmonter leurs difficultés, pas de nous perdre dans des rivalités personnelles », explique Dr Macoumba Diouf, premier vice-président de la coalition And Liguey Gokh Yi et maire de Latmingué.

    Le sociologue Alioune Badara Kandji appuie cette vision : « Les attaques contre Ousmane Sonko ou Bassirou Diomaye Faye ne sont pas une stratégie gagnante. Ce qui compte, c’est la proximité et l’écoute. Maguette Sène et Barthélémy Dias l’ont bien compris. »

    D’autres acteurs engagés

    Ils ne sont pas les seuls à investir le terrain. L’ancien Premier ministre Amadou Ba, Serigne Mboup, Mansour Faye ou encore Moustapha Diop complètent ce tableau d’une opposition qui refuse de rester en marge. Leurs actions, bien que moins médiatisées, montrent que le paysage politique sénégalais n’est pas figé dans l’immobilisme.

    Alors que d’autres dirigeants se contentent de commenter l’actualité politique, ces figures prouvent que l’opposition peut encore se réinventer, non pas en s’opposant pour le plaisir, mais en proposant des solutions concrètes aux défis du pays.