Catégorie : Politique locale

  • Ousmane Sonko met en garde contre les divisions internes de Pastef à Mbacké

    Ousmane Sonko met en garde contre les divisions internes de Pastef à Mbacké

    Lors de l’inauguration du nouveau siège de Pastef à Mbacké, le président du parti, Ousmane Sonko, a lancé un appel vibrant à l’unité de ses principaux responsables. Il a fermement mis en garde contre les rivalités internes, qu’il estime capables de fragiliser la dynamique de la formation politique. S’adressant directement aux cadres présents, le leader de Pastef a souligné l’importance cruciale de la cohésion, qu’il considère comme l’unique rempart face aux défis futurs.

    Ousmane Sonko a reconnu que l’ambition individuelle n’est pas répréhensible en soi. Cependant, il a averti qu’elle devient problématique dès lors qu’elle compromet l’unité collective et l’efficacité de l’action du mouvement. Fort de l’assise populaire de Pastef, il a affirmé que le parti reste solide, bénéficiant du soutien d’environ 70% de la population. Selon lui, Pastef n’a pas de véritables adversaires extérieurs à craindre. Le risque majeur, a-t-il insisté, proviendrait de l’intérieur même du parti, d’où son appel pressant à la responsabilité individuelle et collective des cadres.

    Le président de l’Assemblée nationale a vivement encouragé les responsables à œuvrer main dans la main pour affronter les prochaines échéances. Il a également prévenu que si cette union venait à faire défaut, il n’hésiterait pas à prendre ses responsabilités et à faire les choix qui s’imposeraient, laissant entendre la possibilité de sanctions ou de réorganisations internes au sein de Pastef.

  • Crise en ituri : le mouvement de thomas lubanga peine à fédérer autour de lui

    Crise en ituri : le mouvement de thomas lubanga peine à fédérer autour de lui

    La CRP/FRP de Thomas Lubanga peine à rallier un large soutien en Ituri

    La Convention pour la Révolution Populaire/Forces pour la Révolution Populaire (CRP/FRP), dirigée par Thomas Lubanga, figure controversée de la politique congolaise, continue de rencontrer des difficultés majeures pour étendre son influence dans la province de l’Ituri. Selon le dernier rapport des experts de l’ONU, ce mouvement politico-militaire, officiellement créé en janvier 2025, n’a toujours pas réussi à obtenir une coopération officielle avec d’autres groupes armés, notamment l’AFC/M23.

    Une stratégie d’alliance avortée

    Dès juillet 2025, Thomas Lubanga avait exprimé publiquement son soutien à l’AFC/M23, une faction active dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Pourtant, malgré cette volonté affichée de s’inscrire dans une dynamique régionale, aucune collaboration officielle n’a été enregistrée entre les deux entités à ce jour. Les experts de l’ONU soulignent dans leur rapport que cette absence de coopération freine considérablement les ambitions du mouvement.

    Parmi les membres de la CRP/FRP figurent d’anciens chefs de guerre, des responsables politiques locaux et des militaires en exil, principalement en Ouganda. Le groupe, dirigé par Lobho Gokpa Justin, un ancien colonel des FARDC, compte aujourd’hui près de 1 000 combattants, recrutés majoritairement au sein de la communauté Hema, mais aussi parmi d’anciens éléments du groupe Zaïre et des camps de déplacés en Ituri.

    Un recrutement en difficulté et un soutien limité

    Malgré une légère augmentation de ses effectifs, passés de 300 à près de 1 000 combattants, la CRP/FRP peine à consolider sa base. Les tentatives de recrutement parmi les jeunes Lendu ou les communautés locales n’ont pas abouti, limitant ainsi son ancrage territorial. Innocent Kaina, visé par des sanctions internationales, a récemment collaboré avec le mouvement en recrutant d’anciens combattants du M23 dans des camps de réfugiés en Ouganda. Toutefois, cette initiative n’a pas suffi à renforcer significativement la légitimité du groupe.

    Le rapport des experts de l’ONU met en lumière l’isolement croissant de la CRP/FRP, qui n’a toujours pas réussi à rallier un large soutien parmi les autres groupes armés opérant en Ituri. Les communautés locales, confrontées à des années d’insécurité, de violences et de violations des droits humains, restent méfiantes envers ce mouvement, dont les méthodes et les objectifs restent flous pour beaucoup.

    Le parcours controversé de Thomas Lubanga

    Thomas Lubanga, ancien condamné par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crimes de guerre, a été libéré en 2020 après avoir purgé une peine de 14 ans pour conscription et enrôlement de mineurs de moins de 15 ans. Malgré sa participation à une task force présidentielle, visant à sensibiliser les populations de l’Ituri à la paix, ses résultats ont été limités. Son élection comme député de l’Ituri a même été annulée, marquant un revers dans sa carrière politique.

    Le mouvement qu’il dirige, la CRP, se présente comme une alternative face à ce qu’il qualifie de démission de l’État. Dans un communiqué, il dénonce la mauvaise gouvernance, la corruption, le tribalisme et la kleptocratie qui minent la RDC. Pourtant, malgré ce discours, la CRP/FRP peine à se positionner comme une solution crédible pour les populations locales, qui continuent de subir les conséquences d’un conflit persistant.

    Un avenir incertain pour la CRP/FRP

    Avec une base sociale fragile et une absence de reconnaissance officielle, la CRP/FRP de Thomas Lubanga semble condamnée à rester un acteur marginal dans le paysage sécuritaire de l’Ituri. Les experts de l’ONU alertent sur le risque d’une fragmentation accrue des groupes armés dans la région, qui pourrait aggraver encore les tensions et l’insécurité.

    Dans un contexte où la RDC cherche à stabiliser l’est du pays, l’échec de la CRP/FRP à fédérer autour d’elle pourrait prolonger les cycles de violence et retarder la reconstruction de la région.

    Clément Muamba

  • Développement territorial au Gabon : le Woleu-Ntem, vitrine des ambitions d’Oligui Nguema

    Développement territorial au Gabon : le Woleu-Ntem, vitrine des ambitions d’Oligui Nguema

    Développement territorial au Gabon : le Woleu-Ntem, vitrine des ambitions d’Oligui Nguema

    Les tournées présidentielles, souvent perçues comme de simples exercices de communication politique, prennent une toute autre dimension au Gabon.

    La récente immersion du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema dans la province du Woleu-Ntem, initiée dès jeudi, révèle une ambition bien plus profonde : transformer les régions intérieures, longtemps considérées comme périphériques, en véritables moteurs du développement national. Cette démarche marque un tournant décisif dans la stratégie d’aménagement du territoire gabonais.

    De Minvoul à Oyem, en passant par les infrastructures routières, les établissements éducatifs, les projets agricoles et les équipements sanitaires, cette visite présidentielle esquisse les contours d’une nouvelle doctrine gabonaise. Elle s’articule autour de la proximité, d’investissements ciblés sur le terrain et d’une volonté affirmée de résorber les disparités géographiques et économiques qui ont historiquement freiné le pays. Au-delà des inaugurations et des inspections de chantiers, c’est une vision renouvelée du développement qui est mise à l’épreuve dans cette région frontalière du nord du Gabon.

    Le Woleu-Ntem : un choix stratégique pour le Gabon

    Le choix du Woleu-Ntem n’est pas anodin. Cette province, frontalière avec le Cameroun et la Guinée équatoriale, représente une porte d’entrée terrestre majeure pour le Gabon vers l’Afrique centrale. Pourtant, à l’instar de nombreuses régions de l’intérieur, elle a longtemps souffert d’un paradoxe : un potentiel riche mais une connexion insuffisante aux dynamiques économiques du pays.

    La visite du président sur l’axe routier stratégique reliant le Gabon au Cameroun illustre une prise de conscience cruciale. Dans les économies modernes, les routes sont bien plus que de simples liaisons urbaines ; elles sont des vecteurs essentiels pour les flux commerciaux, les investissements et les opportunités économiques, influençant même les équilibres géopolitiques régionaux. En faisant de l’infrastructure routière un levier de croissance et d’intégration régionale, le Gabon se repositionne au cœur des corridors économiques d’Afrique centrale, une démarche d’autant plus pertinente avec l’avènement de la Zone de libre-échange continentale africaine.

    La décision historique d’un président gabonais en exercice de passer la nuit à Minvoul revêt une forte portée symbolique. Elle incarne la conviction qu’aucun territoire ne doit être laissé pour compte dans le processus de développement national ou se sentir éloigné de la République.

    Agriculture et capital humain : piliers de la souveraineté économique du Gabon

    Un autre enseignement majeur de cette tournée est le repositionnement stratégique de l’agriculture au sein de l’économie gabonaise. Le lancement du complexe agricole d’Oyem et la formation des premiers jeunes bénéficiaires marquent une rupture avec un modèle économique historiquement dépendant des hydrocarbures et de l’exportation de matières premières brutes.

    L’objectif va au-delà de la simple création d’emplois. En formant 240 jeunes aux métiers de la terre, en soutenant la création de coopératives et en renforçant les compétences entrepreneuriales, le Gabon bâtit les fondations d’une nouvelle génération d’acteurs ruraux. Ces derniers sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la réalisation de la souveraineté alimentaire du pays.

    Le partenariat entre ACM Exploitation, le Fonds de Développement Communautaire Local et le ministère de l’Agriculture témoigne également d’une évolution significative des politiques publiques africaines. Les entreprises extractives sont désormais de plus en plus sollicitées pour contribuer directement au développement des territoires où elles opèrent. La visite d’une exploitation agropiscicole près d’Oyem confirme cette orientation vers des modèles de production intégrés, capables de générer des emplois durables tout en réduisant la dépendance alimentaire du Gabon vis-à-vis de l’extérieur.

    Une nouvelle méthode de gouvernance pour le développement du Gabon

    La multiplication des visites de terrain, des inspections techniques et des décisions prises directement sur les chantiers reflète une transformation profonde de la gouvernance publique gabonaise. L’hôpital de Minvoul, le marché municipal de Gouéma, la réhabilitation du Mvett Palace, les logements des chefs de village, le centre de formation des enseignants Manfred Mendame Ndong, le plateau sportif de Nkum Yenguï ou encore le lycée moderne doté d’un internat s’inscrivent tous dans une logique d’investissement territorial intégré.

    L’idée sous-jacente est claire : un développement n’est durable que si les infrastructures économiques progressent de concert avec les équipements sociaux et les services publics. Cette approche vise à harmoniser croissance économique, cohésion sociale et montée en compétences du capital humain. Le centre de formation des enseignants ou le lycée de Nkum Yenguï, équipé de laboratoires scientifiques et d’infrastructures numériques, illustrent cette volonté de préparer dès aujourd’hui les compétences futures dont le Gabon aura besoin.

    La remise de logements aux chefs de village répond à une autre priorité souvent sous-estimée dans les politiques de développement africaines : le renforcement des administrations de proximité et des relais locaux de l’État. La véritable transformation d’un pays commence rarement dans ses grandes métropoles. Elle prend souvent racine dans les territoires capables de devenir des pôles d’équilibre, d’innovation et de production. À travers cette tournée dans le Woleu-Ntem, le pouvoir gabonais démontre qu’une nouvelle géographie du développement est non seulement envisageable, mais déjà en marche. Une géographie où les frontières deviennent des opportunités économiques, où les provinces ne sont plus des périphéries et où les investissements publics visent à produire autant de cohésion nationale que de croissance économique. Le défi majeur réside désormais dans la capacité à traduire cette ambitieuse vision territoriale en résultats concrets, mesurables et durables, aptes à modifier en profondeur la trajectoire économique et sociale du Gabon pour les années à venir.

  • Le sénateur Salomon Kalonda dénonce les coups d’État constitutionnels en afrique depuis Addis-Abeba

    Le sénateur Salomon Kalonda dénonce les coups d’État constitutionnels en afrique depuis Addis-Abeba

    Le sénateur Salomon Kalonda fustige les coups d’État constitutionnels depuis Addis-Abeba

    Le sénateur congolais Salomon Kalonda Idi Della, figure politique majeure du Haut-Katanga, a prononcé un discours percutant ce vendredi à Addis-Abeba lors du Forum parlementaire sur le renseignement et la sécurité. L’événement, centré sur l’intégrité électorale et la démocratie en Afrique, a été marqué par une critique sans concession des dérives constitutionnelles qui menacent les systèmes politiques du continent.

    La RDC, exemple d’une démocratie en péril

    Dans son intervention, le sénateur a pris la République démocratique du Congo comme cas d’étude emblématique. Il a alerté sur un processus de changement constitutionnel en cours visant à permettre un troisième mandat au Président actuel, une initiative qu’il qualifie d’illégitime au regard de la Constitution. Selon lui, cette démarche s’apparente à une forme de coup d’État constitutionnel, bien plus dangereux que ses équivalents militaires en raison de son apparence de légalité.

    Une répression sanglante des voix contestataires

    Le Haut représentant du peuple a détaillé les conséquences dramatiques de cette réforme constitutionnelle. L’opposition et la société civile se sont mobilisées massivement, entraînant une répression violente de la part des autorités. Des manifestants ont été tués, du sang a coulé sur le sol congolais, a-t-il témoigné avec émotion. Il a vivement critiqué le silence complice des partenaires internationaux, qu’il accuse de fermer les yeux sur ces dérives au nom d’une prétendue neutralité.

    Coup d’État militaire vs. coup d’État constitutionnel : une distinction fallacieuse

    Le sénateur a établi une comparaison cinglante entre deux formes de prise de pouvoir illégitime : le coup d’État militaire, immédiatement condamné et sanctionné, et le coup d’État constitutionnel, plus insidieux car masqué par des procédures légales. Il n’existe pas de bons ou de mauvais coups d’État, a-t-il martelé. Tous violent l’esprit démocratique et doivent être combattus avec la même fermeté.

    Il a illustré son propos en évoquant des pratiques électorales douteuses : référendums sur mesure, magistrats acquis à la cause du pouvoir, commissions électorales sous influence. Ces mécanismes, selon lui, permettent aux dirigeants de contourner les limites constitutionnelles tout en donnant une façade de légalité à leurs ambitions.

    Quatre propositions pour restaurer l’intégrité électorale

    Pour lutter contre ces dérives, Salomon Kalonda a formulé des recommandations concrètes :

    • Créer une cellule africaine permanente de veille électorale : un organe indépendant chargé de surveiller les processus électoraux et de signaler les irrégularités.
    • Investir dans une souveraineté numérique électorale africaine : sécuriser les systèmes de vote contre les cyberattaques et les manipulations externes.
    • Renforcer la confiance par des audits transparents et inclusifs : impliquer la société civile et les observateurs internationaux dans l’évaluation des scrutins.
    • Instaurer un protocole parlementaire d’observation pré-électorale : couvrir l’ensemble du processus, de l’enregistrement des électeurs jusqu’à la proclamation des résultats.

    Le sénateur a également pointé du doigt les coupures d’internet lors des proclamations de résultats, qu’il considère comme un aveu de défiance envers les propres chiffres du pouvoir.

    L’impact sur l’économie africaine

    En conclusion, Salomon Kalonda a souligné les répercussions économiques de l’absence de démocratie. Les partenaires occidentaux sont désavantagés face à une concurrence qui ne joue pas selon les mêmes règles, a-t-il expliqué. L’instabilité politique et les réformes constitutionnelles opportunistes découragent les investissements étrangers, privant le continent de ressources essentielles pour son développement.

    Son intervention, diffusée depuis les plus hautes instances politiques africaines, a marqué un tournant dans le débat sur l’intégrité démocratique du continent. Les prochains mois diront si ses propositions trouveront un écho suffisant pour inverser la tendance.

  • Maroc 2026 : les profils qui pourraient diriger le prochain gouvernement

    Maroc 2026 : les profils qui pourraient diriger le prochain gouvernement

    Maroc 2026 : les profils qui pourraient diriger le prochain gouvernement

    Autour d’Aziz Akhannouch (au premier plan), l’actuel chef du gouvernement marocain, des personnalités susceptibles de lui succéder en septembre 2026. De g. à dr. : Mostafa Terrab, Nizar Baraka, Abdelouafi Laftit, Younes Sekkouri, Nadia Fettah Alaoui et Fouzi Lekjaâ.
    analyse politique

    Maroc 2026 : qui briguera le poste de premier ministre ?

    Avec les élections législatives de septembre 2026 en ligne de mire, plusieurs figures politiques marocaines se positionnent pour le fauteuil de la primature. Mais qui possède réellement les atouts nécessaires pour diriger le prochain gouvernement ?

    À quelques semaines d’un scrutin décisif, la course à la succession d’Aziz Akhannouch s’intensifie au Maroc. Les candidats potentiels au poste de premier ministre s’agitent, chacun mettant en avant ses arguments pour convaincre l’électorat et les instances dirigeantes. Mais derrière les ambitions affichées, quels profils ont vraiment leur chance face aux urnes ?

    les prétendants les plus en vue pour la primature

    Parmi les personnalités qui retiennent l’attention, Mostafa Terrab figure en bonne place. Actuel président-directeur général de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), son expertise économique et sa stabilité dans le secteur public en font un candidat crédible. Son profil technique pourrait séduire les électeurs en quête de sérieux et de résultats concrets.

    Autre nom souvent cité, Nizar Baraka, actuel ministre de l’Économie et des Finances. Son parcours au sein du gouvernement et sa connaissance approfondie des dossiers budgétaires lui offrent une visibilité certaine. Cependant, son affiliation à un parti politique pourrait jouer en sa défaveur selon les dynamiques électorales à venir.

    des profils aux parcours variés

    Dans cette compétition, Abdelouafi Laftit, actuel ministre de l’Intérieur, représente une force majeure. Son ancrage dans les rouages de l’État et son expérience en matière de sécurité rassurent une partie de la classe politique. Pourtant, son image pourrait être un frein face à des électeurs plus progressistes.

    Younes Sekkouri, ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, mise sur son ancrage social pour séduire les classes populaires. Son discours axé sur l’emploi et la formation professionnelle trouve un écho particulier dans un contexte économique encore fragile. Mais son manque d’expérience au plus haut niveau reste un point d’interrogation.

    Enfin, Nadia Fettah Alaoui, ancienne ministre du Tourisme, et Fouzi Lekjaâ, secrétaire général du Rassemblement National des Indépendants (RNI), complètent cette liste de favoris. Leurs réseaux politiques et leur capacité à fédérer pourraient faire la différence lors des négociations post-électorales.

    les critères qui feront la différence

    Pour s’imposer, les prétendants devront conjuguer plusieurs atouts. D’abord, la crédibilité économique sera un argument clé pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux. Ensuite, la légitimité électorale de leur parti respectif conditionnera leur accès à la primature. Enfin, la capacité à fédérer au-delà de leur camp politique sera déterminante pour former une coalition stable.

    Alors que les débats s’intensifient, une chose est sûre : le prochain gouvernement marocain devra répondre aux attentes d’une population en quête de stabilité et de progrès. Entre ambitions personnelles et réalités politiques, la bataille pour le Mechouar Saïd s’annonce intense.

  • La politique industrielle européenne menace-t-elle l’alliance franco-marocaine ?

    La politique industrielle européenne menace-t-elle l’alliance franco-marocaine ?

    La France pousse l’Union européenne à revoir en profondeur sa stratégie industrielle. Pour Paris, la compétitivité du continent ne peut plus reposer uniquement sur l’ouverture des frontières et la compétition internationale. Il est désormais question d’une politique industrielle proactive, privilégiant les acteurs européens dans les secteurs stratégiques et limitant les dépendances critiques, notamment vis-à-vis de la Chine. Le vice-président exécutif de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, porte ce projet de règlement, bien que les ambitions initiales aient été revues à la baisse lors des arbitrages internes. Pourtant, la France maintient une position ferme : étendre les mécanismes de préférence européenne au-delà des technologies vertes, de l’énergie et des véhicules électriques pour englober des domaines comme la construction navale, les équipements ferroviaires ou encore la chimie.

    Cette extension des critères soulève une question cruciale : comment concilier cette stratégie avec les partenariats industriels déjà bien établis entre la France et le Maroc ? Depuis deux décennies, les deux pays ont tissé des liens productifs étroits, faisant de la France le partenaire européen le plus intégré au tissu industriel marocain. Les sites de production automobile de Renault à Tanger et de Stellantis à Kenitra fonctionnent désormais comme des prolongements des chaînes de fabrication hexagonales. Les équipementiers locaux fournissent des composants directement utilisés dans les usines européennes. L’aéronautique illustre également cette dynamique, avec des groupes comme Safran, Daher ou Latécoère ayant intégré les capacités industrielles marocaines à leurs propres réseaux de valeur. Le Royaume n’est plus un simple prestataire de services : il contribue activement à la compétitivité de l’industrie française et européenne.

    «Avec le Maroc, la France dispose du partenaire industriel le plus intégré de l’ensemble de l’Union européenne.»

    L’enjeu pour Paris n’est pas de créer une forteresse européenne, mais d’éviter que la notion de Made with Europe, appliquée à près de quatre-vingts partenaires commerciaux, ne dilue la préférence européenne. La France propose donc une approche ciblée : distinguer les pays qui participent activement à la compétitivité et à la sécurité des approvisionnements européens de ceux qui restent de simples fournisseurs extérieurs – voire représentent une menace pour la souveraineté des Européens.

    Cette vision trouvera-t-elle un écho auprès des autres États membres ? En juillet, les 27 devront évaluer les avancées du règlement sur l’accélération industrielle. La position de l’Allemagne sera déterminante. Longtemps réticente face aux propositions françaises de préférence industrielle, Berlin craint désormais les représailles commerciales de Pékin et les tensions internes liées à la montée des partis eurosceptiques. Une ouverture sélective aux partenaires de confiance pourrait-elle servir de compromis entre la France et l’Allemagne ? C’est autour de cette idée que se jouera l’avenir du partenariat franco-marocain. Bien que Paris n’ait jamais officiellement intégré le Maroc dans la liste des partenaires privilégiés, l’ensemble de sa stratégie industrielle et diplomatique en fait un candidat idéal pour ce statut.

    Le Parlement européen jouera également un rôle clé, avec deux députés français en première ligne pour défendre cette approche. Leur mission : s’assurer que les nouvelles règles définies par l’UE ne fragilisent pas l’alliance industrielle entre la France et le Maroc, un partenariat devenu essentiel à la résilience économique européenne.

  • Sénégal : la réforme du Pastef retoquée, Sonko fragilisé

    Sénégal : la réforme du Pastef retoquée, Sonko fragilisé

    PolitiqueSénégal

    Sénégal : la réforme du Pastef retoquée, Sonko fragilisé

    Bob Barry
    10 juillet 2026

    Le Conseil constitutionnel inflige un nouveau revers à Ousmane Sonko dans le bras de fer qui l’oppose à Bassirou Diomaye Faye.

    Ousmane Sonko après sa nomination au poste de Premier ministre.

    Le Conseil constitutionnel sénégalais a invalidé, hier, jeudi, la réforme institutionnelle portée par la majorité parlementaire du Pastef. Le Conseil a estimé que la réforme introduite par le Pastef était contraire à la Constitution. Le texte soutenu par les partisans d’Ousmane Sonko visait, selon eux, à rééquilibrer les pouvoirs entre les institutions. 

    C’est un coup d’arrêt pour la vaste réforme institutionnelle portée par la majorité du Pastef, adoptée par l’Assemblée nationale, où le parti au pouvoir dispose d’une confortable majorité.

    Saisi par le président Bassirou Diomaye Faye lui-même, le Conseil constitutionnel a relevé deux irrégularités majeures : l’absence de dispositif de financement pour la future Cour constitutionnelle prévue par la réforme, et le non-respect de certaines procédures parlementaires lors de l’examen des amendements gouvernementaux.

    Selon l’ex députée Adji Diarra Mergane Kanouté qui dirige le parti USD/A et présidente de la coalition Ensemble Demain, l’arrêt du Conseil met fin à l’organisation éventuelle d’un référenduim. Même si elle estime que tout n’est pas encore joué : 

    « Oui, on peut dire, dans la mesure où le Conseil a rejeté le texte de loi, mais cela ne veut pas dire que l’Assemblée nationale ne peut pas initier une autre révision en respectant bien évidemment les procédures, parce que la proposition de loi crée des charges publiques comme l’organisation des élections, la Cour constitutionnelle… Donc, il faut que cela soit assorti de recettes compensatrices, conformément à l’article 82, donc de la Constitution, alinéa deux. Autre chose sur laquelle le Conseil constitutionnel s’est penché, c’est effectivement sur, lorsque l’Assemblée nationale a refusé d’appliquer la procédure du vote bloqué à la demande du gouvernement en violation de l’article 82, alinéa quatre. Donc, en conséquence, le Conseil constitutionnel est véritablement dans son droit de déclarer la réforme, contraire à la Constitution », rappelle Adji Diarra Mergane Kanouté. 

    Autre disposition sensible   

    Le renforcement des enquêtes parlementaires. Les députés auraient pu obtenir davantage d’informations sur les contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles et étendre leurs prérogatives de contrôle à plusieurs domaines jusqu’ici peu accessibles.

    Les réactions politiques ont été rapides. Ousmane Sonko a reconnu la décision du Conseil constitutionnel dans un message publié sur les réseaux sociaux. Du côté de la coalition présidentielle, on souligne au contraire le bon fonctionnement des institutions et la nécessité de poursuivre les discussions sur les réformes. Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, salue  l’arbitrage du Conseil constitutionnel.

    « En tant que membre de la société civile, je pense que c’est une initiative à saluer parce que, tout à fait au début, avant la mise en œuvre de cette de cette loi, on voulait quand même qu’il y ait un processus beaucoup plus inclusif. Malheureusement, tel n’a pas été le cas. C’est comme si c’est un parti politique qui a pris l’initiative de changer des dispositions constitutionnelles, sans pour autant qu’il y ait un dialogue en amont, sans qu’il y ait un consensus. Donc, c’est tout heureux que le Conseil constitutionnel nous rappelle que nous sommes dans une République, et, même si on a la majorité, on doit aussi prendre en compte les avis des uns et des autres. »

    Le Sénégal sous tension politique

    La décision de la plus haute instance judiciaire du Sénégal survient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux principales figures du Pastef.

    Fatiya Diene Mazza, étoile montante de l’architecture

    04:58

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    Écarté de la Primature en mai dernier, Ousmane Sonko avait rapidement rebondi à la présidence de l’Assemblée nationale.

    Depuis, les divergences apparaissent de plus en plus ouvertement entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye. Mardi encore, Ousmane Sonko évoquait une situation de « cohabitation » avec le chef de l’État.

    Pour de nombreux observateurs, l’invalidation de cette réforme constitue un nouvel épisode dans la rivalité qui s’installe au sommet du pouvoir sénégalais et qui pourrait marquer durablement la vie politique du pays. 

  • Bénin: François Silibi fait son entrée au parlement en remplacement remplace de Louis Vlavonou

    Bénin: François Silibi fait son entrée au parlement en remplacement remplace de Louis Vlavonou

    Bénin

    Bénin: François Silibi fait son entrée au parlement en remplacement remplace de Louis Vlavonou

    François Silibi a officiellement fait son entrée à l’Assemblée nationale ce vendredi 10 juillet 2026. Il succède à Louis Vlavonou, qui a quitté son siège de député après son entrée au Sénat en qualité de membre de droit, en raison de ses anciennes fonctions de président de l’Assemblée nationale.

    Edouard Djogbénou
    Edouard Djogbénou
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    POLITIQUE
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    Assemblée nationale du Bénin Photo: @LSI Africa
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    La cérémonie d’installation du nouveau député s’est déroulée à l’issue de la séance plénière tenue au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo ce jour.

    Né en 1982, François Silibi est professeur d’anglais. Originaire d’Ifangni, comme Louis Vlavonou, il représentera désormais cette circonscription au sein de la 10ᵉ législature.
    Avec cette installation, François Silibi devient officiellement député à l’Assemblée nationale et poursuivra le mandat laissé vacant par Louis Vlavonou jusqu’au terme de la législature, prévu en février 2033.

    Suppléant de l’ancien président de l’Assemblée nationale, François Silibi a fait son baptême en qualité de parlementaire. Il bénéficie ainsi de la démission de l’ex agent de la douane à la retraite qui va siéger à partir du 30 juillet prochain au sein de la chambre haute en qualité de membre de droit.

  • Le Gabon rejoint le cercle des États évaluateurs

    Le Gabon rejoint le cercle des États évaluateurs

    Politique

    Le Gabon rejoint le cercle des États évaluateurs

    Libreville, Vendredi 10 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Dans les organisations internationales, certaines distinctions passent souvent inaperçues auprès du grand public alors qu’elles constituent de véritables marqueurs de crédibilité institutionnelle. La désignation du Gabon par les Nations Unies pour participer à l’évaluation des mécanismes de lutte contre la corruption des Seychelles appartient à cette catégorie d’événements discrets mais hautement stratégiques.

    À travers cette mission, Libreville ne se contente pas d’intégrer un exercice technique de coopération internationale. Le pays accède désormais au cercle restreint des États appelés à apprécier la conformité des politiques publiques d’autres nations aux standards internationaux de gouvernance et de transparence.

    Cette responsabilité conférée par les Nations Unies constitue un signal diplomatique fort dans un contexte où les questions de lutte contre la corruption, de redevabilité publique et d’intégrité institutionnelle occupent une place croissante dans les relations internationales et dans les critères d’évaluation des économies émergentes.

    Une reconnaissance des compétences nationales

    La désignation du Gabon intervient à l’issue du deuxième cycle d’évaluation consacré à la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la corruption, principal instrument juridique international dans ce domaine.

    Ce processus, conduit sous l’autorité de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, vise à mesurer les progrès réalisés par les États signataires dans la prévention de la corruption, la coopération judiciaire internationale, le recouvrement des avoirs et le renforcement des institutions chargées de la transparence publique.

    À la suite de la validation de son propre cycle d’évaluation, le Gabon a été sélectionné lors d’un tirage au sort pour codiriger l’examen des dispositifs mis en place par la République des Seychelles. Cette mission consiste à analyser les cadres législatifs, les mécanismes de contrôle ainsi que les politiques de prévention et de répression développés par l’archipel de l’océan Indien afin d’en mesurer la conformité avec les exigences de la Convention.

    Loin d’être une simple formalité administrative, ce type d’évaluation exige des compétences juridiques, techniques et institutionnelles reconnues au niveau international.

    Les Seychelles sous le regard des experts gabonais

    Pour conduire cette mission, la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite a mobilisé ses experts les plus expérimentés. Le travail des évaluateurs consiste notamment à examiner les dispositifs nationaux de prévention, les mécanismes de déclaration de patrimoine, les procédures de contrôle des finances publiques ainsi que les outils de coopération judiciaire internationale.

    L’objectif n’est pas de sanctionner les États évalués mais de favoriser le partage des bonnes pratiques, d’identifier les axes d’amélioration et de renforcer l’efficacité collective de la lutte contre la corruption. Ce mécanisme d’examen mutuel repose sur un principe de coopération entre États membres qui constitue l’un des piliers du système international de gouvernance promu par les Nations Unies.

    Dans un environnement mondial où la corruption est estimée à plusieurs milliers de milliards de dollars chaque année, l’efficacité de ces dispositifs devient un enjeu majeur pour la stabilité économique, la confiance des investisseurs et la qualité des institutions publiques.

    Le retour d’une diplomatie d’influence

    Au-delà de sa dimension technique, cette désignation traduit également l’évolution de la place occupée par le Gabon dans les enceintes multilatérales. La participation à l’élaboration, à l’évaluation et à la diffusion des normes internationales constitue aujourd’hui l’un des principaux indicateurs de l’influence diplomatique des États au sein des organisations internationales.

    En devenant évaluateur plutôt qu’évalué, le Gabon franchit une étape symbolique dans son positionnement international. Cette évolution intervient dans un contexte où Libreville cherche à renforcer sa présence dans les institutions régionales et mondiales, qu’il s’agisse des questions environnementales, de gouvernance, de sécurité ou de coopération économique.

    La mission confiée par les Nations Unies aux experts gabonais dépasse ainsi largement le seul cadre des Seychelles. Elle témoigne d’une reconnaissance internationale des capacités techniques nationales et d’une confiance accordée à la capacité du pays à contribuer à la définition des standards contemporains de bonne gouvernance.

    Dans le système multilatéral actuel, l’influence ne se mesure plus uniquement à la puissance économique ou militaire. Elle se construit aussi dans les salles de négociation, les mécanismes d’évaluation et les espaces où se définissent les règles qui organisent la gouvernance mondiale.

    En rejoignant le cercle des États évaluateurs, le Gabon ne participe plus seulement aux débats internationaux. Il contribue désormais à façonner les normes qui guideront les politiques publiques de demain.

    FIN/INFOSGABON/SO/2026

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  • Le modèle gabonais s’exporte en Afrique

    Le modèle gabonais s’exporte en Afrique

    Afrique Politique

    Le modèle gabonais s’exporte en Afrique

    Libreville, Vendredi 10 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Trois ans après le basculement politique du 30 août 2023, le Gabon n’est plus seulement observé pour sa propre trajectoire. Il devient désormais un objet d’étude pour d’autres États africains engagés dans des processus de transformation institutionnelle.

    À Libreville, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu jeudi une mission conjointe de l’Union africaine et des Nations Unies venue s’inspirer de l’expérience gabonaise afin d’accompagner le processus de refondation engagé à Madagascar. La symbolique est forte. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, un pays sorti d’une transition militaire africaine est présenté par les grandes organisations internationales comme une source de bonnes pratiques institutionnelles susceptibles d’être reproduites ailleurs sur le continent.

    Cette reconnaissance marque un changement profond dans la perception du cas gabonais et ouvre une nouvelle séquence diplomatique pour Libreville.

    D’une transition sous surveillance à un modèle étudié

    Lorsque les militaires conduits par Brice Clotaire Oligui Nguema prennent le pouvoir en août 2023, la communauté internationale s’interroge sur l’avenir politique du pays. Les précédents africains nourrissent alors les inquiétudes concernant un éventuel enlisement institutionnel ou un prolongement indéfini du pouvoir militaire. Trois années plus tard, le récit a changé.

    Selon les représentants de l’Union africaine et des Nations Unies reçus à Libreville, plusieurs éléments distinguent l’expérience gabonaise. Le respect du calendrier annoncé dès les premiers mois de la transition constitue l’un des principaux marqueurs. À cela s’ajoutent l’organisation d’un dialogue national inclusif, la mise en œuvre de réformes institutionnelles, la révision des mécanismes électoraux ainsi que la préservation de la stabilité politique et sociale durant l’ensemble du processus.

    Les autorités gabonaises mettent également en avant le retour à l’ordre constitutionnel à travers l’organisation d’élections jugées libres, transparentes et crédibles par de nombreux observateurs internationaux. Dans un continent où plusieurs transitions ont parfois débouché sur des crises prolongées ou des ruptures institutionnelles durables, le parcours gabonais attire désormais l’attention des organisations régionales et multilatérales.

    Madagascar regarde vers Libreville

    La mission à Libreville conduite par Mohamed Idrissa Farah pour l’Union africaine et Parfait Onanga-Anyanga pour les Nations Unies s’inscrit directement dans cette logique de transfert d’expérience. Le séjour de l’envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar et du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies auprès de l’Union africaine, dépasse le cadre d’une simple visite diplomatique.

    Il traduit l’émergence d’un nouveau rôle pour le Gabon dans les débats africains sur les transitions politiques, la reconstruction institutionnelle et les mécanismes de retour à la légitimité constitutionnelle après les périodes de rupture politique. la Grande Ile veut s’en inspirer.

    Madagascar poursuit actuellement son propre processus de refondation sous l’autorité du président, le colonel Michaël Randrianirina. Le pays envisage notamment une réforme constitutionnelle, l’organisation d’un dialogue national ainsi que la préparation d’échéances électorales destinées à consolider la légitimité institutionnelle. Autant de chantiers déjà traversés récemment par le Gabon.

    Le choix de Libreville comme terrain d’échanges traduit la volonté des organisations africaines et internationales de promouvoir davantage les solutions produites sur le continent lui-même. L’Union africaine défend depuis plusieurs années le principe des solutions africaines aux défis africains. L’expérience gabonaise offre aujourd’hui une illustration concrète de cette doctrine.

    Le fait que cette démarche soit soutenue conjointement par les Nations Unies renforce encore sa portée politique et diplomatique.

    Une nouvelle influence diplomatique pour le Gabon

    Cette reconnaissance internationale dépasse largement le seul cadre des questions institutionnelles. Elle participe au repositionnement diplomatique du Gabon sur la scène africaine. Le pays est désormais parmi les références africaines en matière de gestion des transitions politiques.

    Longtemps identifié principalement comme un acteur pétrolier d’Afrique centrale, le pays cherche désormais à construire une influence fondée également sur son expérience politique, sa stabilité et sa capacité à conduire des réformes institutionnelles complexes. Cette évolution pourrait offrir à Libreville un rôle croissant dans les mécanismes africains de médiation, d’accompagnement des transitions et de consolidation démocratique.

    Elle renforce également le poids politique du président Oligui Nguema au sein des enceintes continentales, au moment où plusieurs États africains restent confrontés aux défis du retour à l’ordre constitutionnel. Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de transformer ce capital politique en influence durable.

    Car en Afrique comme ailleurs, les États qui exportent leurs expériences institutionnelles exportent aussi leur vision du pouvoir, de la gouvernance et de la stabilité. L’histoire retiendra peut-être que la transition gabonaise n’aura pas seulement changé le destin politique du pays. Elle pourrait aussi contribuer à redessiner la manière dont l’Afrique accompagne ses propres transformations institutionnelles.

    FIN/INFOSGABON/SO/2026

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  • Gabon : Mbanié, l’heure du règlement africain

    Gabon : Mbanié, l’heure du règlement africain

    Politique

    Gabon : Mbanié, l’heure du règlement africain

    Libreville, Vendredi 10 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Le différend territorial entre le Gabon et la Guinée équatoriale autour de l’île Mbanié est revenu au cœur de l’agenda diplomatique africain. À Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu l’envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine, Albert Shingiro, venu évaluer l’évolution du processus de règlement de l’un des contentieux frontaliers les plus sensibles d’Afrique centrale.

    Cette rencontre marque une nouvelle étape dans l’implication croissante de l’Union africaine dans un dossier longtemps dominé par les procédures internationales et les tensions bilatérales. Elle traduit surtout une volonté politique forte de replacer les mécanismes africains de médiation au centre de la gestion des différends stratégiques du continent.

    Au-delà d’un simple litige territorial, Mbanié est devenue le symbole d’une nouvelle diplomatie africaine qui cherche à résoudre les crises du continent par le dialogue plutôt que par la confrontation.

    Une île minuscule aux enjeux considérables

    Située dans le Golfe de Guinée, l’île Mbanié couvre à peine quelques hectares. Pourtant, sa valeur géopolitique dépasse largement sa superficie.

    Le différend entre Libreville et Malabo remonte aux années 1970 et concerne également les îlots voisins de Conga et Cocotiers. Derrière cette rivalité territoriale se cachent des enjeux maritimes considérables liés à la délimitation des zones économiques exclusives et à l’accès potentiel aux ressources pétrolières, gazières et halieutiques de la région.

    Le Golfe de Guinée représente aujourd’hui l’un des espaces maritimes les plus stratégiques du continent africain. Il concentre une part importante de la production pétrolière africaine et constitue un corridor essentiel pour le commerce international.

    La maîtrise des espaces maritimes y est devenue un enjeu majeur de souveraineté nationale et de sécurité économique. Pendant plusieurs décennies, les deux pays ont défendu leurs positions respectives devant différentes instances internationales, tout en évitant soigneusement l’escalade militaire.

    Cette retenue diplomatique a permis d’éviter que le dossier Mbanié ne devienne un foyer de déstabilisation régionale.

    L’Union africaine veut imposer la solution africaine

    La visite d’Albert Shingiro s’inscrit dans une stratégie plus large portée par l’Union africaine. L’organisation continentale souhaite désormais renforcer son rôle dans le règlement des différends frontaliers entre États membres afin de limiter la judiciarisation systématique des crises africaines devant les institutions extérieures au continent.

    Cette doctrine repose sur une conviction simple. Les solutions africaines aux problèmes africains demeurent les plus durables lorsqu’elles reposent sur le dialogue, la médiation et le compromis politique.

    Lors des échanges avec le chef de l’État gabonais, les différentes parties ont réaffirmé leur attachement aux principes du droit international, au respect des frontières reconnues ainsi qu’aux mécanismes pacifiques de règlement des différends prévus par la Charte de l’Union africaine.

    Libreville a également réitéré sa volonté de poursuivre les discussions dans un esprit de responsabilité et de coopération régionale. Cette posture est loin d’être anodine dans une région où plusieurs différends frontaliers continuent encore d’alimenter les tensions politiques.

    La stabilité du Golfe de Guinée en question

    La résolution du dossier Mbanié dépasse les intérêts immédiats du Gabon et de la Guinée équatoriale. Elle constitue désormais un enjeu majeur pour l’ensemble du Golfe de Guinée.

    La région fait déjà face à de nombreux défis sécuritaires, notamment la piraterie maritime, les trafics illicites, les mouvements criminels transnationaux ainsi que les risques liés à la compétition autour des ressources énergétiques. Dans ce contexte, toute incertitude territoriale représente un facteur supplémentaire de vulnérabilité.

    Une solution négociée permettrait au contraire de renforcer la coopération économique régionale, de sécuriser les investissements internationaux et de créer un environnement plus favorable au développement des infrastructures énergétiques et portuaires.

    Pour le Gabon, l’enjeu est également diplomatique. En privilégiant la concertation et les mécanismes multilatéraux, Libreville cherche à consolider son image de partenaire stable, respectueux du droit international et attaché à la paix régionale.

    L’Union africaine, de son côté, joue une partie importante de sa crédibilité institutionnelle. Car si Mbanié trouve une issue durable grâce à la médiation africaine, le continent disposera alors d’un précédent majeur démontrant sa capacité à régler lui-même ses différends stratégiques.

    Dans le Golfe de Guinée comme ailleurs, la souveraineté ne se mesure plus seulement à la capacité de défendre ses frontières, mais aussi à celle de construire la paix autour d’elles.

    FIN/INFOSGABON/SO/2026

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  • L’assemblée nationale du Bénin en session cruciale ce vendredi

    L’assemblée nationale du Bénin en session cruciale ce vendredi

    La 10e législature de l’Assemblée nationale du Bénin tient une séance plénière essentielle ce vendredi 10 juillet 2026. Les parlementaires sont rassemblés au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo pour examiner des dossiers majeurs qui façonneront l’avenir politique et institutionnel du pays.

    Assemblée nationale du Bénin Photo: @LSI Africa

    Cette rencontre parlementaire d’importance capitale s’articule autour de l’analyse de plusieurs propositions législatives. Celles-ci concernent directement les réformes institutionnelles au Bénin, l’approbation de financements pour des projets publics ambitieux, et surtout, la refonte des normes encadrant le processus électoral national.

    L’ordre du jour de cette session inclut des points législatifs cruciaux. Les députés béninois étudient notamment un projet de loi visant à amender l’article 94 de la législation du 26 juillet 2024, qui régit la mise en place des ordres nationaux du Bénin. Parallèlement, une proposition de loi portant sur la révision de la loi organique du Conseil économique et social est également soumise à leur examen, bien que cette instance ait déjà vu ses statuts modifiés en mars 2026.

    Sur le plan économique et culturel, l’Assemblée se penche sur un décret capital. Il s’agit de l’autorisation de ratification d’une convention de crédit conclue le 24 juin 2025 entre la République du Bénin et l’Agence française de développement (AFD). Cette enveloppe financière est spécifiquement allouée au soutien et à l’achèvement du futur Musée d’art contemporain de Cotonou, un projet culturel majeur pour le Bénin.

    Le Code électoral au cœur des débats parlementaires

    Le point central de cette séance se concentre sans conteste sur le cadre juridique des élections au Bénin. Les parlementaires sont invités à débattre d’une proposition de loi qui vise à annuler des articles du titre II du premier livre du Code électoral du Bénin, tel qu’il a été révisé en 2024.

    L’analyse de cette proposition d’abrogation, touchant une partie fondamentale du Code électoral en vigueur au Bénin, suscite un intérêt considérable. Des observateurs s’attendent à ce que cette décision puisse avoir des conséquences significatives sur l’institution responsable de l’organisation des scrutins nationaux, marquant ainsi un tournant potentiel pour la politique béninoise.