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  • La crise humanitaire au Mali : un million d’enfants menacés de malnutrition aiguë

    La crise humanitaire au Mali : un million d’enfants menacés de malnutrition aiguë

    Une fillette déplacée joue dans l'espace ami des enfants de l'UNICEF dans le camp de déplacés de BAWA. ©UNICEF/UNI430551/N'Daou

    La crise humanitaire au Mali : un million d’enfants menacés de malnutrition aiguë

    Le Mali est confronté à une situation d’urgence où les conflits incessants et les entraves à l’accès humanitaire exacerbent la vulnérabilité des populations.

    Dans l’actualité Mali, le conflit armé prolongé, conjugué aux déplacements massifs de populations et aux restrictions d’accès pour l’aide humanitaire, menace de plonger près d’un million d’enfants maliens de moins de 5 ans dans une situation de malnutrition aiguë d’ici à la fin de l’année 2023. Parmi eux, on estime que pas moins de 200 000 pourraient succomber à la faim si l’assistance vitale ne leur est pas fournie de toute urgence.

    L’insécurité alimentaire impacte déjà gravement près d’un quart de la population malienne. Pour la première fois dans l’histoire du pays, plus de 2 500 personnes, dont de nombreux enfants, sont confrontées à un risque imminent de famine dans la région de Ménaka, sévèrement touchée par cette crise.

    Cette alerte a été lancée à la suite d’une mission de hauts responsables humanitaires de l’UNICEF et du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) au Mali cette semaine. Leur objectif était de réaffirmer l’engagement des deux agences à soutenir les populations maliennes, en collaboration étroite avec les autorités locales et les partenaires humanitaires.

    « Le Mali traverse une crise humanitaire d’une complexité sans précédent et nécessite un soutien immédiat pour prévenir une catastrophe pour les enfants, qui, une fois de plus, paient le prix le plus élevé d’une crise dont ils ne sont pas responsables », a déclaré un représentant de l’UNICEF, soulignant que l’organisation et ses partenaires ont toujours été présents sur le terrain, même pendant les années les plus difficiles, et continueront d’intervenir tant que leurs services seront nécessaires.

    Au total, près de cinq millions d’enfants au Mali ont un besoin impérieux d’aide humanitaire, couvrant la santé, la nutrition, l’éducation, la protection et l’accès à l’eau potable. Ce chiffre représente une augmentation alarmante d’au moins 1,5 million d’enfants en détresse depuis 2020.

    « Il est primordial de veiller à ce que la crise humanitaire au Mali reçoive l’attention qu’elle mérite. Dans un monde où les crises se multiplient, nous ne pouvons pas choisir qui sauver. Nous avons le devoir collectif de travailler pour sauver et transformer des vies », a affirmé un dirigeant du PAM. Il a insisté sur l’importance d’aider les familles vulnérables, en particulier les enfants et les femmes, pour prévenir la famine, s’attaquer de front à l’insécurité alimentaire aiguë et à la malnutrition, et renforcer la résilience des communautés.

    En plus des violences et des conflits, les chocs climatiques ont entraîné des déplacements massifs de populations au cours des derniers mois. Au 30 juin 2023, plus de 377 000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, ont été contraintes de fuir leur domicile. Les dernières estimations indiquent qu’au moins 1,6 million d’enfants au Mali ont un besoin urgent de protection.

    En 2022, les Nations Unies ont recensé 1 024 violations graves à l’encontre des enfants au Mali, incluant le recrutement et l’utilisation par des forces et groupes armés, ainsi que des meurtres et des mutilations. Le conflit et le manque de moyens ont également provoqué la fermeture de plus de 1 700 écoles, privant au moins un demi-million d’enfants de leur droit à l’éducation.

    Malgré l’urgence de la situation, les appels humanitaires pour le Mali demeurent sévèrement sous-financés. À ce jour, en 2023, seulement 21 % des 751,4 millions de dollars requis par les Nations Unies ont été mobilisés. L’appel humanitaire 2023 de l’UNICEF pour les enfants du Mali n’a reçu qu’un tiers de son financement, soit 8,5 millions de dollars au cours du premier semestre de l’année.

    L’UNICEF et le PAM sollicitent de toute urgence 184,4 millions de dollars pour assister 8,8 millions de personnes en 2023, dont 4,7 millions d’enfants. Ce financement est crucial pour fournir une aide alimentaire d’urgence aux personnes vulnérables, soutenir les services médicaux, assurer l’approvisionnement en carburant pour la chaîne du froid des vaccins et acquérir des traitements vitaux pour les enfants souffrant de malnutrition.

    La situation critique des enfants et des familles au Mali s’inscrit dans le cadre d’une urgence régionale plus vaste au Sahel central, qui inclut également le Burkina Faso et le Niger. L’actu Niger, tout comme celle du Mali, met en lumière des défis humanitaires importants dans la région. Malgré ces crises persistantes, il est impératif que les travailleurs humanitaires et les fournitures puissent atteindre en toute sécurité les enfants et les familles les plus vulnérables. Toute interruption ou tout délai dans l’acheminement de l’aide aurait des conséquences dévastatrices sur la survie de ces populations.

  • Crise au Niger : les députés de l’opposition béninoise interrogent leur gouvernement

    Crise au Niger : les députés de l’opposition béninoise interrogent leur gouvernement

    Le Bénin face à la crise nigérienne : une opposition critique envers l’engagement militaire

    Le coup d’État survenu au Niger le 26 juillet 2023 a provoqué une vague de réactions internationales. Des acteurs majeurs comme la CEDEAO, l’Union Africaine et plusieurs pays, dont les États-Unis, la France et la Russie, ont rapidement réagi. Au Bénin, l’annonce d’une possible intervention militaire aux côtés de la CEDEAO divise. Si le président Patrice Talon envisage cette option, des voix s’élèvent, y compris au sein de l’Église catholique et parmi les responsables politiques, pour privilégier la diplomatie plutôt que la force.

    Parmi les détracteurs de cette stratégie, les élus du parti d’opposition « Les Démocrates » ont adressé 19 questions pressantes au gouvernement béninois. Leur principale préoccupation porte sur la légitimité de l’engagement militaire du Bénin, en particulier dans un contexte où les relations entre les deux pays sont traditionnellement fraternelles. Ils s’interrogent également sur le respect de la constitution béninoise, la sécurité des soldats déployés, ainsi que sur les risques d’escalade du conflit et ses répercussions pour les populations civiles et le Bénin lui-même.

    Les enjeux économiques et diplomatiques ne sont pas en reste. La fermeture des frontières avec le Niger pourrait avoir des conséquences lourdes pour le Port Autonome de Cotonou et l’économie béninoise, déjà fragilisée par les sanctions de la CEDEAO. Avec la hausse des prix des produits de première nécessité, l’opposition exige des réponses concrètes du gouvernement pour atténuer l’impact sur les citoyens et les acteurs économiques.

    Le dialogue, une priorité face à l’option militaire

    Plusieurs acteurs, tant au niveau régional qu’international, considèrent le dialogue comme la solution la plus adaptée pour résoudre la crise. Les députés de l’opposition rappellent à Patrice Talon son engagement en faveur du dialogue comme alternative aux coups d’État. Ils l’exhortent à mettre en place un dialogue inclusif au Bénin, afin d’éviter une escalade violente et de préserver la stabilité de la région.

    Les questions clés posées par l’opposition

    Le 26 juillet 2023, un coup d’État militaire a renversé le président nigérien Mohamed BAZOUM, déclenchant une série de réactions à travers le monde. La CEDEAO a organisé un sommet extraordinaire le 10 août 2023, aboutissant à la décision de déployer une force en attente pour rétablir l’ordre constitutionnel au Niger.

    En réponse, le gouvernement béninois a annoncé son intention d’engager des troupes béninoises dans le contingent de la CEDEAO. Cette décision suscite de vives interrogations, notamment au regard de l’article 101 de la constitution béninoise, qui stipule que la déclaration de guerre doit être autorisée par l’Assemblée Nationale. Face aux sanctions économiques déjà en vigueur et à leurs répercussions sur la sécurité, l’économie et la société, l’opposition a soumis 19 questions au gouvernement, exigeant des éclaircissements sur les points suivants :

    • Quelles mesures le gouvernement a-t-il prises pour obtenir l’avis du Parlement avant d’engager les troupes béninoises dans une opération militaire au Niger, conformément à la constitution ?
    • Quelles dispositions ont été mises en place pour assurer la sécurité et l’évacuation éventuelle des ressortissants béninois au Niger, à l’instar de ce que font les États-Unis et la France ?
    • Sur quels fondements le Bénin justifie-t-il son engagement militaire contre le Niger, alors que d’autres pays de la CEDEAO, non frontaliers, refusent de participer ?
    • Quel est l’effectif prévu des soldats béninois, ainsi que la logistique et le budget alloués à cette opération militaire ? Qui financera ces dépenses ?
    • Le gouvernement peut-il garantir la protection des populations civiles nigériennes et des soldats béninois en cas d’intervention ?
    • Quelles sont les compensations financières prévues pour les soldats béninois et leurs familles en cas de décès ou de blessures ?
    • Comment le gouvernement compte-t-il éviter des victimes civiles béninoises en cas de riposte de l’armée nigérienne ?
    • Quelles mesures sont envisagées pour empêcher une infiltration de groupes djihadistes au Bénin, comme cela s’est produit en Libye ?
    • Pourquoi ne pas privilégier le dialogue politique, comme cela a été fait au Mali, au Burkina Faso ou en Guinée ?
    • Le Bénin pourrait-il jouer un rôle pionnier au sein de la CEDEAO en luttant contre les exclusions électorales et les coups d’État institutionnels, comme ceux observés en Côte d’Ivoire en 2020, en Guinée en 2021 ou au Bénin en 2019, 2020 et 2021 ?
    • La restauration du pouvoir de Mohamed BAZOUM est-elle une priorité absolue au détriment de la vie de milliers de Nigériens et de soldats de la CEDEAO ?
    • Quel sera l’avenir du Niger après une éventuelle intervention militaire ?
    • Comment le Bénin compte-t-il restaurer la confiance des populations envers la CEDEAO, souvent perçue comme un « syndicat des chefs d’État » ?
    • Quand le président Patrice Talon mettra-t-il en œuvre le dialogue inclusif promis comme alternative aux coups d’État ?
    • Quels sont les impacts de la fermeture des frontières avec le Niger sur le Port Autonome de Cotonou ?
    • Comment les sanctions de la CEDEAO affectent-elles l’économie béninoise et les populations ?
    • Quelles actions immédiates ont été mises en place pour limiter la hausse des prix des produits de première nécessité ?
    • Quel soutien le gouvernement prévoit-il pour les acteurs économiques, notamment les opérateurs portuaires et les transporteurs, déjà victimes des sanctions ?

    Vers une solution pacifique pour éviter l’escalade

    Alors que les tensions persistent, la nécessité d’une solution pacifique et consensuelle s’impose. L’opposition béninoise insiste sur l’urgence de rétablir le dialogue et de trouver des réponses adaptées aux défis politiques, économiques et sécuritaires posés par la crise au Niger.

  • Crise politique au Niger : le parti les démocrates prône le dialogue face à la menace de la CEDEAO

    Crise politique au Niger : le parti les démocrates prône le dialogue face à la menace de la CEDEAO

    Crise au Niger : une situation explosive qui interroge l’Afrique de l’Ouest

    L’instabilité politique qui secoue actuellement le Niger, couplée à la menace d’une intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suscite de vives inquiétudes au sein du parti ‘Les Démocrates’ au Bénin. Dans un communiqué publié récemment, le président de ce parti d’opposition béninois, Eric Houndété, a souligné que le coup d’État militaire nigérien plonge ce pays voisin dans une « situation des plus critiques », tout en attirant les profiteurs de crises comme des vautours en quête de gains faciles.

    Les Démocrates rejettent fermement les prises de pouvoir par la force

    Le parti ‘Les Démocrates’ a fermement condamné toute accession au pouvoir par des moyens illégitimes, quelle qu’en soit la forme. Eric Houndété a pointé du doigt les causes profondes de cette instabilité récurrente en Afrique de l’Ouest : « l’injustice sociale, les privations de libertés fondamentales, l’exploitation éhontée des populations, la mainmise d’une minorité sur les ressources nationales, la confiscation des institutions démocratiques, la répression systématique des citoyen·ne·s et les manipulations constitutionnelles à répétition ». Autant de facteurs qui alimentent un terreau propice aux dérives autoritaires.

    Privilégier le dialogue : une solution pragmatique et africaine

    Face à cette crise, Les Démocrates appellent les pays membres de la CEDEAO à adopter une approche diplomatique plutôt qu’une escalade militaire. Le parti béninois insiste sur l’importance du dialogue comme « voie privilégiée de résolution des conflits », en phase avec les valeurs et traditions culturelles partagées par les nations de la région. Il recommande également de renforcer les mécanismes de prévention pour éradiquer les coups d’État constitutionnels, la mauvaise gouvernance et les politiques d’exclusion.

    Le parti, dirigé par le député Eric Houndété, s’interroge sur la légitimité juridique d’une déclaration de guerre contre un État membre de la CEDEAO. Il questionne également les modalités selon lesquelles le gouvernement pourrait obtenir l’approbation du Parlement pour engager des forces militaires contre un pays voisin, mettant en lumière les risques humains et financiers d’une telle entreprise.

    Une alternative à la guerre : la voix de la raison

    Pour Eric Houndété, la solution réside dans le dialogue et la négociation plutôt que dans le recours à la force. « Plutôt que d’emprunter une voie hasardeuse et dangereuse, nos dirigeants doivent incarner l’esprit de dialogue, de réconciliation et de coopération », affirme-t-il. Selon lui, cette approche est le seul gage de paix pour le Niger et de préservation des intérêts communs entre les deux nations. C’est pourquoi Les Démocrates réitèrent leur appel à un dialogue politique national au Niger, considéré comme un levier essentiel pour promouvoir la stabilité et le développement durable.

  • Renforcer la protection des droits humains au Sahel : une conférence régionale cruciale face à l’insécurité

    Renforcer la protection des droits humains au Sahel : une conférence régionale cruciale face à l’insécurité

    Une initiative régionale majeure s’est tenue à Niamey le mardi 23 mai 2023 : l’ouverture d’une conférence dédiée aux mécanismes de protection des droits humains au Sahel. Présidée par M. Maty El Hadj Moussa, président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), cet événement rassemble des acteurs clés pour aborder les défis posés par l’insécurité grandissante dans la zone des trois frontières, englobant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Parmi les personnalités présentes figuraient le Secrétaire général adjoint du Ministère de la Justice, la directrice Afrique du DCAF et l’ambassadeur d’Allemagne au Niger, aux côtés de nombreux experts.

    Organisée sur deux jours, cette rencontre stratégique vise plusieurs objectifs fondamentaux. Elle cherche notamment à sensibiliser les parties prenantes aux bonnes pratiques en matière de défense des droits fondamentaux et à consolider leurs compétences concernant les outils et dispositifs de prévention des violations. De plus, la conférence aspire à contribuer activement à l’amélioration de la gouvernance et de l’état de droit en renforçant les capacités des institutions de contrôle, tant internes qu’externes, afin qu’elles puissent pleinement exercer leurs prérogatives et missions.

    Lors de la séance inaugurale, M. Maty El Hadj Moussa, président de la CNDH, a alerté sur l’ampleur de l’insécurité qui frappe les régions frontalières du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Cette situation se traduit par des violations massives des droits humains, perpétrées non seulement par des groupes armés non identifiés, semant terreur et désolation parmi les populations civiles, mais aussi, parfois, par certains éléments des forces de défense et de sécurité engagés dans la lutte contre cette instabilité. Il a souligné que ces populations sont confrontées aux horreurs d’une guerre asymétrique, d’une violence inouïe, où l’ennemi se fond dans les communautés, faisant de toute suspicion de dénonciation une sentence de mort certaine.

    Face à la persistance de cette crise, le président de la CNDH a exhorté tous les défenseurs des droits de l’homme à s’engager, comme lors de cette conférence, dans des réflexions constructives pour élaborer des solutions répondant aux aspirations légitimes des citoyens à la paix, à la sécurité et à la stabilité.

    De son côté, M. Moussa Sahirou Tchida, Secrétaire général adjoint du ministère de la Justice, a insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions entre tous les acteurs pour la mise en œuvre des initiatives vitales pour les pays du Sahel. Il a salué le soutien des partenaires, notamment celui des pays membres de l’Union Européenne, dont l’appui à l’organisation de cette conférence est une illustration parfaite, renforçant leur détermination. Il a réaffirmé l’entière disponibilité de son ministère à collaborer pour concrétiser toutes les initiatives visant à stabiliser la zone des trois frontières.

    Mme Anne Benette, Directrice Afrique du DCAF, a mis en lumière la complexité de la gouvernance au Sahel, exacerbée par une série de crises politiques, sociales, humanitaires, sanitaires et environnementales. L’escalade de l’insécurité, les conflits, les assauts des groupes armés, les activités criminelles transnationales et les tensions communautaires sont autant de facteurs qui génèrent des violations des droits humains et dégradent progressivement le tissu social. Elle a ainsi souligné l’importance capitale de cette conférence régionale, qui offre un cadre d’échanges sur les bonnes pratiques, met en lumière les défis actuels et permet un apprentissage mutuel pour optimiser la réponse collective aux menaces sécuritaires pesant sur l’état de droit et le respect des droits humains.

    Enfin, M. Herman Nicolai, Ambassadeur d’Allemagne au Niger, a déploré l’intensification tragique des violences dans l’espace sahélien, un phénomène plus rapide que dans toute autre région d’Afrique. Il a évoqué la propagation ininterrompue d’événements violents liés aux activités des groupes extrémistes et des acteurs de la criminalité transnationale organisée, qui ont, depuis plus d’une décennie, causé des milliers de morts civils et militaires, ainsi que des déplacements massifs de populations.

  • Liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso : un collectif appelle à la fin des intimidations

    Liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso : un collectif appelle à la fin des intimidations

    Sous l’impulsion de Reporters sans frontières (RSF), près d’une trentaine d’organisations médiatiques et de défense des droits humains ont conjointement adressé une lettre ouverte aux autorités du Mali et du Burkina Faso, ainsi qu’aux instances régionales et internationales. Leur objectif est de réclamer la cessation immédiate des atteintes à la liberté de la presse dans ces nations ouest-africaines.

    RSF a orchestré cette mobilisation d’une trentaine de médias et d’associations œuvrant pour les droits humains afin de défendre activement la liberté d’informer au Mali et au Burkina Faso. Dans leur communication officielle, ils interpellent les dirigeants de ces deux pays, les institutions régionales et la communauté mondiale pour exiger la fin des pressions et intimidations ciblant les journalistes, qu’ils soient locaux ou étrangers. Ils insistent également sur le respect des engagements internationaux pris par ces nations en matière de liberté d’expression et de presse, en particulier la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

    Cette démarche solidaire souligne l’importance primordiale de la protection et de la promotion de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso. À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, il est crucial que les autorités de ces deux États en saisissent pleinement la signification et prennent sans délai les mesures nécessaires pour garantir que chaque journaliste puisse exercer sa profession sans craindre de représailles.

    Sadibou Marong
    Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF

    Parmi les signataires figurent des médias nationaux comme Joliba Tv News au Mali et Lefaso.net au Burkina Faso, ainsi que des organisations majeures dédiées à la défense de la liberté de la presse et des droits des journalistes. On retrouve notamment la Fédération des Journalistes Africains (FAJ), l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF) et la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), aux côtés de plusieurs médias internationaux.

    Sans surprise, le Mali et le Burkina Faso ont enregistré une chute dans le récent Classement mondial de la liberté de la presse, publié le 3 mai 2023. Le Burkina Faso est désormais classé 58e et le Mali 113e sur 180 pays évalués.

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    Lettre ouverte pour la protection des journalistes et la défense de la liberté d’expression et de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso

    • Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine,
    • Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’UEMOA,
    • Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,
    • Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,
    • Monsieur le Président du Parlement panafricain,
    • Monsieur le Secrétaire général de l’ONU,
    • Monsieur le Président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU,
    • Madame la Directrice générale de l’UNESCO,
    • Madame la Secrétaire générale de l’OIF,
    • Mesdames et Messieurs les Présidents des instances de régulation des médias des 15 pays de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président du Réseau francophone des régulateurs des médias,
    • Monsieur le Président de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée,
    • Mesdames et Messieurs les ministres de la Communication des 15 pays de la CEDEAO,
    • Monsieur le Président de l’Union africaine de radiodiffusion (UAR),

     

    Les menaces pesant sur la liberté d’expression et la presse sont alarmantes au Burkina Faso. Des appels au meurtre de journalistes et leaders d’opinion, des intimidations ciblant la presse nationale, des campagnes de désinformation contre des reporters, la suspension des médias internationaux RFI et France 24, ainsi que l’expulsion des correspondants des journaux français Libération et le Monde, témoignent d’une situation critique. Les décisions prises par les autorités burkinabè, particulièrement ces derniers mois, compromettent gravement le droit fondamental des citoyens à une information libre. L’accès à l’information est un pilier essentiel de la liberté.

    Au Mali, la situation n’est guère meilleure, avec une multiplication des pressions et intimidations envers les journalistes et les figures d’opinion. Le 20 février 2023, la Maison de la presse de Bamako a été vandalisée. Le 13 mars, le chroniqueur radio Mohamed Youssouf Bathily, connu sous le nom de Ras Bath, a été incarcéré et inculpé pour avoir dénoncé l’assassinat de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.

    Le 15 mars, Rokia Doumbia, alias « Rose vie chère », a été arrêtée après avoir communiqué sur la hausse des prix et « l’échec » de la transition. Le 6 avril, le journaliste Aliou Touré a été enlevé par des individus armés et masqués, avant d’être retrouvé libre quatre jours plus tard. La presse internationale n’est pas épargnée non plus.

    En février 2022, un reporter de Jeune Afrique a été expulsé de Bamako. Un mois plus tard, RFI et France 24 ont été coupées sur l’ensemble du territoire malien. De novembre à décembre 2022, la chaîne Joliba TV a été suspendue par la Haute Autorité de la Communication (HAC) suite à la diffusion d’un éditorial jugé critique envers le pouvoir.

    Au Burkina Faso comme au Mali, ces agressions sont amplifiées sur les réseaux sociaux par des « influenceurs » soutenant les régimes militaires. Ces derniers se posent en justiciers et menacent de mort les journalistes et leaders d’opinion perçus comme trop indépendants. La violence s’accompagne désormais d’une vague de « fake news » inondant les plateformes, comme l’a souligné le quotidien burkinabè L’Observateur Paalga en évoquant l’instauration d’un « régime de terreur ». Les principales victimes de ces actions sont les populations malienne et burkinabè, privées d’un débat démocratique éclairé.

    Face à la grave crise sécuritaire qui touche ces deux pays, les journalistes, essentiels à l’information des citoyens, sont conscients de leurs responsabilités. Ils appréhendent la complexité du contexte politique, géopolitique et militaire, et subissent eux-mêmes les lourdes conséquences de cette crise. Comme tous les citoyens, ils aspirent à un retour rapide à la paix. Cependant, la lutte contre le terrorisme ne doit en aucun cas servir de prétexte pour imposer une nouvelle norme de l’information et restreindre les droits fondamentaux des populations malienne et burkinabè à rechercher et obtenir des informations via des médias professionnels et indépendants.

    Au Burkina Faso, la situation des journalistes est devenue si précaire que même l’instance de régulation en est préoccupée. Dans un communiqué du 29 mars 2023, le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) « constate avec regret la récurrence des menaces proférées à l’endroit d’organes de presse et d’acteurs des médias ». Le CSC exhorte les autorités burkinabè à « prendre les mesures idoines pour assurer la sécurité des médias et des journalistes dans l’exercice de leur profession ». De son côté, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, s’est dit « profondément troublé » par la situation des médias au Burkina Faso, ajoutant que « en cette période de transition, la protection des voix indépendantes est plus nécessaire que jamais ».

    Le 20 février, Alioune Tine, l’expert indépendant des Nations Unies sur les droits de l’homme au Mali, a exprimé sa « vive préoccupation face au rétrécissement de l’espace civique, de la liberté d’expression et d’association » dans le pays.

    Forts de ces constats, nous, signataires de cette lettre ouverte :

    • Exhortons les autorités du Mali et du Burkina Faso à mettre un terme à toutes les mesures portant atteinte à la liberté de la presse.
    • Soulignons l’absence de protection de la part des forces de sécurité et le silence de la justice face aux campagnes d’intimidation et aux menaces de mort visant les journalistes de ces deux pays. Tout en respectant l’indépendance judiciaire, nous appelons les procureurs et officiers de police judiciaire à une plus grande réactivité face à ces actes répréhensibles par le droit pénal.
    • Demandons aux autorités de ces deux pays de garantir la protection et la sécurité de tous les professionnels des médias victimes de menaces, intimidations, harcèlement et agressions physiques.
    • Demandons aux autorités d’ouvrir des enquêtes impartiales, efficaces et indépendantes pour élucider les abus commis contre les journalistes, identifier les responsables et les traduire en justice.
    • Appelons les deux gouvernements à respecter les obligations internationales qu’ils ont signées et ratifiées concernant la liberté d’expression et de la presse, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
    • Appelons les responsables nationaux et les instances panafricaines et internationales destinataires de cette lettre ouverte à soutenir cette démarche au plus haut niveau : l’accès à l’information est un droit fondamental des peuples. À la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, il est essentiel de le défendre et de le protéger.

    SIGNATAIRES

    1. AfrikaJom Center

    2. Association des Journalistes du Burkina Faso (AJB)

    3. Association des Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL Sénégal)

    4. Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation (CENOZO)

    5. Centre National de la Presse Norbert Zongo (CNP-NZ Burkina Faso)

    6. Courrier confidentiel (Burkina Faso)

    7. Fédération des Journalistes Africains (FAJ)

    8. Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)

    9. Fédération Internationale pour les Droits de l’Homme (FIDH)

    10. France 24 (France)

    11. Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA)

    12. Human Rights Watch (HRW)

    13. International Press Institute (IPI)

    14. Jeune Afrique (France)

    15. Joliba TV News (Mali)

    16. Le Pays (Burkina Faso)

    17. Le Monde (France)

    18. Lefaso.net (Burkina Faso)

    19. Le Reporter (Burkina Faso)


    20. L’Événement (Burkina Faso)

    21. Libération (France)

    22. L’Observateur Paalga (Burkina Faso)

    23. Radio France Internationale (France)

    24. Reporters sans frontières (RSF)

    25. Société des Editeurs de la Presse Privée du Burkina Faso (SEP)

    26. Omega Médias (Burkina Faso)

    27. Union Internationale de la Presse Francophone (UPF)

    28. Union des Journalistes d’Afrique de l’Ouest (UJAO)

    29. 24heures.bf (Burkina Faso)

    30. Wakat Sera (Burkina Faso)

  • Le Niger et la liberté de la presse : la France dénonce la suspension de France 24 et RFI

    Le Niger et la liberté de la presse : la France dénonce la suspension de France 24 et RFI

    La France exprime sa plus ferme désapprobation suite à la décision de suspendre la diffusion des chaînes France 24 et RFI sur le territoire nigérien.

    Paris réaffirme avec force son engagement indéfectible en faveur des principes essentiels que sont la liberté de la presse et la liberté d’expression. Cet engagement s’étend à la protection des journalistes et de toutes les voix qui contribuent à un paysage médiatique diversifié, à une information indépendante et à la vitalité du débat public, partout dans le monde.

    Au Niger, les mesures répressives visant les médias s’inscrivent malheureusement dans un climat de répression autoritaire orchestré par les instigateurs de la tentative de coup d’État.

    Après avoir illégalement détenu le Président démocratiquement élu de la République du Niger, ces acteurs mènent désormais une série d’arrestations arbitraires ciblant les représentants légitimes du peuple. La France condamne sans équivoque ces graves atteintes aux libertés fondamentales des citoyens.

  • Urgence humanitaire : l’insécurité alimentaire s’aggrave au Sahel et dans la Corne de l’Afrique

    Urgence humanitaire : l’insécurité alimentaire s’aggrave au Sahel et dans la Corne de l’Afrique

    Le Sahel et la Corne de l’Afrique face à une détresse alimentaire sans précédent

    Les régions du Sahel et de la Corne de l’Afrique traversent actuellement une période critique où s’entremêlent pauvreté extrême, conflits armés et inégalités sociales. Cette situation est exacerbée par les dérèglements climatiques, les séquelles économiques de la pandémie de Covid-19 et l’explosion des coûts des produits de base, tels que les céréales, le carburant et les engrais.

    En 2024, le bilan est alarmant : au Sahel central, englobant le Mali, le Niger et le Burkina Faso, environ 7,2 millions de personnes sont frappées par une crise alimentaire sévère. Parallèlement, dans la Corne de l’Afrique, la sécheresse persistante prive de nourriture 31,5 millions d’habitants en Éthiopie, au Kenya, en Somalie et au Soudan du Sud. Dans ces deux derniers pays, les statistiques révèlent qu’une personne sur deux souffre de la faim.

    Les chiffres clés de la crise

    • 1 individu sur 2 est victime de la faim en Somalie et au Soudan du Sud.
    • 45,74 millions de personnes nécessitent une intervention humanitaire d’urgence dans la Corne de l’Afrique (Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan du Sud).
    • 24 millions de personnes sont privées d’un accès sécurisé à l’eau potable, favorisant la propagation d’épidémies comme la rougeole ou le choléra.

    Une dégradation rapide de la sécurité alimentaire

    L’actu Niger et celle des pays limitrophes soulignent une détérioration fulgurante. Au Sahel central, si l’on inclut le Tchad, ce sont 24 millions de personnes qui ont un besoin vital d’assistance pour se loger, se nourrir, se soigner et accéder à l’éducation. Cette zone représente aujourd’hui l’une des crises humanitaires les plus évolutives à l’échelle mondiale.

    En Somalie, l’insécurité alimentaire aiguë touche 40 % de la population, soit 6,5 millions de personnes. Au Soudan du Sud, le constat est tout aussi sombre avec 7,7 millions d’habitants en situation de précarité alimentaire extrême. Pour rappel, l’insécurité alimentaire aiguë signifie qu’une personne ne peut plus subvenir à ses besoins nutritionnels de base, mettant sa vie en péril immédiat. La famine, stade ultime de cette crise, se définit par une mortalité accrue et une malnutrition critique.

    Le poids du changement climatique sur les récoltes

    Le Mali subit sa pire crise nutritionnelle en une décennie. Au Niger, les chocs climatiques et l’insécurité ont entraîné une baisse de près de 40 % de la production de céréales. Si le réchauffement global franchit le seuil des 2 °C, les récoltes de millet et de sorgho, piliers de la Niger économie rurale, pourraient encore chuter de 25 %. Au Burkina Faso, les prévisions de baisse oscillent entre 15 % et 25 %.

    Dans la Corne de l’Afrique, les années de sécheresse consécutives ont laissé place à des pluies torrentielles début 2024. Loin de résoudre le problème, ces inondations ont dévasté des milliers d’hectares de cultures et déplacé des centaines de milliers de personnes en Éthiopie, au Kenya et en Somalie, compliquant davantage la politique nigérienne et régionale de gestion des risques.

    Inégalités de genre et résilience locale

    La crise frappe de manière disproportionnée les femmes et les jeunes filles. Au Mali, bien qu’elles constituent plus de la moitié de la main-d’œuvre agricole, seules 5 % des femmes possèdent leurs propres terres. Pour contrer ces discriminations, des initiatives de fermes collectives voient le jour.

    Alizeta Sawadogo, agricultrice de 55 ans au Burkina Faso, témoigne de ce combat. Face à la raréfaction des pluies, elle a intégré une ferme collective avec l’appui de partenaires locaux pour apprendre des techniques horticoles bio et diversifier ses revenus malgré les aléas climatiques.

    Quelles solutions pour endiguer la famine ?

    Le financement international reste largement insuffisant. Entre 2000 et 2021, les fonds alloués aux pays les plus exposés aux risques climatiques n’ont couvert que 40 % des besoins. Pourtant, les pays du G7 et la Russie sont responsables de l’immense majorité des émissions mondiales de CO2, loin devant le Kenya, l’Éthiopie ou la Somalie.

    Actions concrètes et plaidoyer politique

    Sur le terrain, les interventions se concentrent sur trois axes :

    • Soutien alimentaire : distribution de cash ou de bons d’achat, fourniture de semences résistantes et vaccination du bétail.
    • Accès à l’eau : réhabilitation de points d’eau et promotion de l’hygiène pour freiner les maladies.
    • Protection et autonomisation : formations techniques et fourniture de matériel pour renforcer la résilience des communautés.

    Au niveau politique, des mesures radicales sont nécessaires. La mise en place d’un impôt de 1 % sur les bénéfices des entreprises d’énergies fossiles permettrait de récolter 10 milliards de dollars, comblant ainsi la majeure partie du déficit humanitaire de l’ONU. De plus, l’annulation de la dette des pays vulnérables et un engagement accru de pays comme la France sont indispensables pour protéger les populations face à l’urgence climatique et alimentaire.

  • Akwa Africa officialise le rachat de Total Mauritanie après validation du Conseil

    Le Conseil de la concurrence a donné son feu vert définitif au projet de rachat de Total Mauritanie S.A par le groupe Akwa Africa S.A, selon une annonce publiée dans le Bulletin officiel. Cette opération stratégique, validée lors de la réunion du 12 décembre 2022, concerne l’acquisition de la totalité du capital social ainsi que des droits de vote associés à la filiale mauritanienne de TotalEnergies.

    Un projet de concentration économique sous haute surveillance

    Dès le 3 novembre 2022, le Conseil de la concurrence avait été informé de cette opération de concentration économique. Selon les informations relayées par Financial Afrik, le montant de cette transaction s’élèverait à environ 185 millions de dollars, marquant ainsi une étape majeure dans le développement du groupe Akwa Africa en Afrique subsaharienne.

    Akwa Africa : un acteur stratégique dans le secteur énergétique africain

    Filiale du groupe marocain Akwa, Akwa Africa S.A se positionne comme une société d’investissement spécialisée dans le secteur des carburants et lubrifiants. Son activité couvre l’importation, le stockage, le négoce et la distribution de produits pétroliers, ainsi que la gestion des chaînes de valeur du gaz de pétrole liquéfié (GPL). Cette acquisition s’inscrit dans une logique d’expansion régionale pour renforcer sa présence sur le continent.

    De son côté, Total Mauritanie S.A, société de droit mauritanien et filiale de TotalEnergies Marketing Afrique, est un acteur clé dans l’aval pétrolier du pays. Son intégration au sein du groupe Akwa Africa devrait permettre de dynamiser les activités de distribution et de logistique énergétique en Mauritanie.

  • Akwa africa rachète total Mauritanie : le conseil de la concurrence informé

    Le Conseil de la concurrence a récemment été notifié d’une opération majeure dans le secteur énergétique mauritanien. Selon un communiqué officiel, le groupe marocain Akwa Africa projette de racheter l’intégralité des parts sociales et droits de vote de Total Mauritanie.

    une acquisition stratégique dans le secteur pétrolier mauritanien

    Cette transaction, déjà annoncée par plusieurs médias locaux, s’inscrit dans une démarche de restructuration du paysage énergétique du pays. Des sources mauritaniennes confirment que les salariés de Total Mauritanie ont été informés de cette décision, reflétant une volonté de modernisation du secteur. Selon Financial Afrik, ce rachat s’aligne sur la politique énergétique mauritanienne, qui vise à renforcer ses alliances avec des partenaires fiables. Le montant estimé de l’opération s’élèverait à 185 millions de dollars, d’après cette même source.

    qui est akwa africa ?

    Akwa Africa, holding d’investissement marocain, se spécialise dans l’acquisition de participations au sein d’entreprises africaines. Son cœur de métier couvre l’importation, le stockage, le négoce et la distribution de carburants et lubrifiants, ainsi que le GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié). Cette opération en Mauritanie marque une nouvelle étape dans son expansion en Afrique subsaharienne.

    total Mauritanie : une filiale clé du géant totalenergies

    Total Mauritanie, filiale du groupe TotalEnergies Marketing Afrique, est un acteur incontournable de l’aval pétrolier en Mauritanie. Elle intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la distribution à la logistique des produits pétroliers. Son rachat par Akwa Africa pourrait donc redessiner le marché énergétique local.

    À noter : cette transaction doit encore obtenir l’aval des autorités de régulation pour être finalisée.

  • La guerre informationnelle franco-russe en Afrique : une confrontation sans merci

    La guerre informationnelle franco-russe en Afrique : une confrontation sans merci

    Sur le continent africain, la confrontation informationnelle entre la France et la Russie s’intensifie, se manifestant de manière directe et sans équivoque. Initiée par Moscou, notamment après son intervention en République centrafricaine en 2018, cette facette de la guerre d’influence russe cherche à éroder et supplanter l’emprise historique de Paris en Afrique. Pour y parvenir, la stratégie du Kremlin repose sur une manipulation ciblée des opinions publiques locales. Ayant tardivement pris la mesure de cette tactique, déjà mise en œuvre par les Russes sur d’autres fronts depuis 2014, les autorités françaises s’efforcent aujourd’hui de riposter avec détermination.

  • Crise de la malnutrition au Mali : enjeux et solutions pour la santé des enfants

    Crise de la malnutrition au Mali : enjeux et solutions pour la santé des enfants

    Enfant souffrant de malnutrition au Mali

    crise de la malnutrition au Mali : enjeux et solutions pour la santé des enfants

    Avec plus de 15 millions d’habitants, le Mali fait face à une crise sanitaire majeure liée à la malnutrition, particulièrement dans la bande sahélienne. Malgré les efforts de prévention déployés ces dernières années, cette problématique touche de nombreuses régions du pays. Voici un état des lieux complet.

    Plusieurs zones du Mali enregistrent des taux élevés de malnutrition. Face à un taux de mortalité infantile alarmant – près d’un enfant sur cinq ne survit pas au-delà de 5 ans –, les autorités maliennes ont fait de la lutte contre ce fléau une priorité nationale. La malnutrition, souvent qualifiée de maladie silencieuse, engendre des conséquences néfastes à court, moyen et long terme, tant pour les familles que pour la société dans son ensemble.

    Dans les foyers maliens, les naissances sont fréquemment rapprochées, ce qui aggrave les risques de malnutrition chez les jeunes enfants et les mères. Par ailleurs, plus le nombre de membres dans un ménage est élevé, plus le risque de malnutrition augmente significativement.

    Des chiffres dépassant largement les seuils d’alerte

    La malnutrition aiguë globale (modérée et sévère) touche 15 % de la population malienne, alors que le seuil d’alerte international est fixé à 10 %. Quant à la malnutrition chronique, elle affecte 38 % des enfants de moins de 5 ans, contre un seuil d’alerte de 20 % défini par l’Organisation mondiale de la santé. Le Mali se trouve ainsi bien au-dessus des limites recommandées.

    Plus de 80 % des enfants de moins de 5 ans et 65 % des femmes au Mali souffrent d’une carence en fer, l’un des taux les plus élevés au monde. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’une carence en fer entrave fortement le développement intellectuel et les capacités d’apprentissage chez les enfants. Pour les mères, une anémie peut avoir des répercussions directes sur la santé de leur enfant dès la grossesse, augmentant les risques de malnutrition néonatale.

    Avec près de 40 % de sa population touchée, la malnutrition représente un défi sanitaire colossal pour le Mali.

    Les actions engagées pour endiguer la crise

    Pour combattre efficacement la malnutrition, le gouvernement malien a mis en place « une stratégie nationale claire en matière de nutrition ». Cette politique s’accompagne d’un plan d’action visant à mobiliser des financements et à améliorer la prise en charge des populations affectées.

    « Cette politique s’accompagne d’un plan d’action ambitieux, conçu pour mobiliser des ressources financières essentielles à la lutte contre la malnutrition »
    Expert en nutrition à l’Unicef Mali

    Le Mali a récemment adopté l’iodation universelle du sel pour lutter contre les troubles liés à la carence en iode. Aujourd’hui, 79 % des ménages maliens utilisent du sel iodé, mais cet objectif reste en deçà de la cible fixée à 90 %.

    Depuis 2005, les semaines d’intensification des activités nutritionnelles (SIAN) sont organisées deux fois par an et couvrent 95 % du territoire. Destinées aux enfants âgés de 6 à 59 mois, ces campagnes sont désormais ancrées dans les pratiques communautaires, favorisant ainsi la sensibilisation et la prévention. Pendant les SIAN, l’État et les partenaires humanitaires, dont l’Unicef, promeuvent notamment la vitamine A et les comprimés de déparasitage, des mesures efficaces pour réduire les maladies et la mortalité infantile.

    Parmi les initiatives menées par le Mali, l’Unicef et les ONG locales, ces actions ont permis de réduire significativement le taux de mortalité infantile dans le pays.

    Les SIAN s’inscrivent dans une démarche communautaire globale, portée par l’Unicef, visant à éduquer les populations sur la détection précoce des signes de malnutrition. L’organisation forme les communautés à identifier les symptômes, à dépister les cas avérés et à intervenir rapidement. « Pour renforcer l’impact de ces campagnes, l’Unicef et ses partenaires intègrent le dépistage de la malnutrition dans les services de santé de base », explique Médiatrice Kiburente Touré. Elle ajoute : « Il est crucial de continuer à informer les populations sur les causes de la malnutrition, en mettant l’accent sur l’accès à une eau potable de qualité ».

    En 2010, seulement 50 % des enfants maliens atteints de malnutrition aiguë sévère bénéficiaient d’une prise en charge. Aujourd’hui, cette couverture s’améliore progressivement.

  • Financement santé Niger : enjeux et réformes pour une couverture sanitaire universelle

    Financement santé Niger : enjeux et réformes pour une couverture sanitaire universelle

    Pourquoi le Niger mise sur une réforme du financement de la santé ?

    La République du Niger, pays d’Afrique de l’Ouest confronté à des défis majeurs comme les conflits armés et les sécheresses répétées, affiche des indicateurs sanitaires parmi les plus préoccupants au monde. Avec des taux de mortalité maternelle et infantile records, le système de santé nigérien peine à offrir des services accessibles à tous. Face à cette situation, les autorités ont lancé une politique de gratuité des soins en 2006, ciblant d’abord les femmes et les enfants de moins de cinq ans. Pourtant, malgré des résultats initiaux encourageants, cette initiative s’est heurtée à un financement insuffisant, ne couvrant que la moitié des besoins réels jusqu’en 2011. Résultat : des factures de soins impayées se sont accumulées, paralysant partiellement le système.

    Un financement fragmenté et des dépenses de santé en dents de scie

    Les dépenses publiques de santé au Niger ont fluctué entre 4,9 % et 5,7 % du PIB entre 2007 et 2020, sans jamais atteindre les 6 % recommandés par l’OMS. Les dépenses directes des ménages représentent plus de 40 % des dépenses totales, un fardeau insupportable pour les populations les plus vulnérables. Dès 2006, le Gouvernement nigérien avait tenté de structurer le financement de la santé via le Fonds Commun Santé (FCS), en collaboration avec des partenaires comme l’Agence française de développement (AFD) et la Banque mondiale. En 2020, ce cercle s’est élargi avec l’arrivée de l’UNICEF, de l’UNFPA, de Gavi et de l’AECID (Espagne).

    Maman câlinant son bébé dans un village du Niger

    Maman câlinant son bébé, dans le village de Soki situé dans le centre du Niger. © UNICEF/Dejongh

    Réseau P4H et Plan d’action mondial : une coordination renforcée pour un financement pérenne

    Pour pallier les lacunes du système, le Niger s’est tourné vers des mécanismes de collaboration internationale. Depuis 2018, le pays bénéficie du soutien du réseau Providing for Health (P4H), une plateforme mondiale dédiée au financement de la santé et à la protection sociale. En 2021, les membres de P4H et les signataires du Plan d’action mondial pour la réalisation de l’ODD 3 ont uni leurs forces pour recruter un point focal national. Ce dernier, soutenu par le Gouvernement et des partenaires comme Gavi, joue un rôle clé dans la coordination des financements et l’alignement des aides sur les priorités nationales.

    Ce poste, initialement financé par l’OMS et l’AFD, a été transféré à la Banque mondiale en 2022, avec le soutien du Mécanisme de financement mondial. Son objectif ? Désengorger le Ministère de la santé des sollicitations multiples des bailleurs et harmoniser les interventions pour une couverture sanitaire universelle (CSU) plus efficace.

    Quelles réformes pour un système de santé plus résilient ?

    Le Niger a identifié cinq priorités stratégiques pour moderniser son financement de la santé :

    • Alignement budgétaire : harmoniser les dépenses de santé sur des indicateurs stratégiques communs.
    • Réforme du FCS : transformer cet outil de gestion en un système de financement plus flexible et fongible.
    • Achats stratégiques : optimiser les acquisitions médicales avec l’appui de l’INAM.
    • Prévisibilité des contributions : sécuriser les engagements des partenaires techniques et financiers.
    • Mobilisation des ressources locales : plaider pour une augmentation des budgets alloués aux soins primaires et à la vaccination.

    Ces réformes s’articulent autour de quatre axes majeurs :

    • Harmonisation du financement : recensement des donateurs, analyse des flux financiers et trajectoire du FCS.
    • Harmonisation du soutien : évaluation critique de l’assistance technique disponible.
    • Outils de financement : analyse des stratégies de gratuité des soins et d’assurance-maladie universelle.
    • Optimisation des ressources : développement d’outils de simulation des coûts et identification d’innovations peu coûteuses.

    Résultats attendus et défis persistants

    Cette approche collaborative vise à réduire les doubles emplois entre partenaires et à cibler les interventions là où elles sont le plus nécessaires. Par exemple, le Mécanisme de financement mondial permet de suivre précisément l’allocation des ressources, évitant ainsi le gaspillage. À terme, cette réforme devrait améliorer l’efficacité de l’INAM et réduire les dépenses directes des ménages, soulageant ainsi les populations les plus pauvres.

    Cependant, des obstacles subsistent :

    • Surcharge des points focaux : le personnel des organismes partenaires doit consacrer plus de temps à ces missions.
    • Financement à long terme du poste de point focal : des discussions sont en cours pour pérenniser ce mécanisme, avec un soutien de Gavi et du Mécanisme de financement mondial.

    Les leçons tirées de cette expérience pourraient être partagées avec d’autres pays confrontés à des enjeux similaires, renforçant ainsi la coordination internationale en matière de santé.

    Focus sur le Plan d’action mondial pour l’ODD 3

    Le Plan d’action mondial pour la réalisation de l’ODD 3 rassemble 13 organismes clés (OMS, UNICEF, Banque mondiale, etc.) pour accélérer la progression vers les cibles sanitaires des Objectifs de développement durable. Son originalité réside dans la collaboration renforcée entre acteurs, alignant leurs actions sur les stratégies nationales. Mis à jour en octobre 2021 pour intégrer une stratégie de reprise post-COVID-19, ce plan vise une relance équitable et durable des systèmes de santé.