relance de la vaccination contre le Covid-19 au Mali : où en est-on ?
Le Mali peine à atteindre son objectif de vaccination contre le Covid-19, avec un taux de couverture vaccinale bien en dessous des attentes.
Avec un taux de vaccination contre le Covid-19 avoisinant seulement 8 % de la population cible, le Mali est loin d’atteindre l’objectif fixé de 70 %. Ce constat a poussé les autorités à solliciter l’aide d’une délégation onusienne début octobre 2024 pour renforcer les efforts de vaccination dans le cadre du Plan national de déploiement et de vaccination (PNDV).
Ted Chaiban, coordonnateur en chef de la préparation des pays à la vaccination contre le Covid-19 à l’ONU, a souligné l’importance des campagnes en cours. « Plusieurs campagnes sont actuellement en cours. Nous collaborons avec le gouvernement et ses partenaires pour soutenir ces efforts et protéger la population contre le Covid-19 », a-t-il déclaré.
des défis majeurs pour convaincre la population
À Bamako, Ted Chaiban a salué les initiatives de la Croix-Rouge malienne, qui a mis en place un vaste dispositif organisationnel pour lutter contre la pandémie. Ce dispositif inclut la formation de bénévoles, la sensibilisation des populations et la distribution d’équipements de protection. Cependant, convaincre une partie de la population, réticente à la vaccination malgré la baisse de la virulence du virus dans la région, reste un défi de taille.
pourquoi la réticence persiste-t-elle ?
Plusieurs facteurs expliquent cette méfiance, notamment la désinformation, les craintes liées aux effets secondaires et un manque de confiance dans les institutions sanitaires. Pourtant, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination pour éviter une résurgence de l’épidémie.
Face à ces obstacles, les actions de sensibilisation et les partenariats internationaux pourraient jouer un rôle clé dans l’augmentation du taux de vaccination au Mali.
dengue au Burkina Faso : une crise sanitaire sans précédent
Un bilan tragique : 214 décès depuis le début de l’année, principalement à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, selon les autorités sanitaires burkinabè. Une épidémie de dengue, transmise par le moustique Aedes albopictus, frappe le pays de plein fouet.
Les moustiques tigres (Aedes albopictus) se multiplient au Burkina Faso, provoquant une épidémie dévastatrice de dengue et de chikungunya. Les chiffres officiels sont alarmants : 50 478 cas suspects enregistrés entre janvier et octobre 2023, dont 25 502 cas probables et 214 décès. « Pour la seule semaine du 9 au 15 octobre 2023, 10 117 cas suspects ont été notifiés, avec 4 377 cas probables et 48 décès », précise le gouvernement dans un communiqué.
Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, alerte également sur la présence de plus de 200 cas de chikungunya depuis septembre. Ces deux maladies, transmises par le même vecteur, frappent particulièrement les zones urbaines. La dengue, souvent confondue avec une grippe banale, peut évoluer vers des complications graves comme des hémorragies mortelles.
Des conditions climatiques favorables aux moustiques
Le réchauffement climatique et les fortes pluies récurrentes créent un environnement idéal pour la prolifération des moustiques. « Les températures élevées associées à l’humidité favorisent la reproduction rapide des Aedes albopictus et la transmission du virus », explique-t-on.
Les mesures d’urgence mises en place
Face à cette crise, les autorités sanitaires ont lancé plusieurs actions :
La gratuité des tests de dépistage rapide dans les centres de santé publics ;
Une campagne de pulvérisation d’insecticides à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso ;
Une surveillance renforcée des cas suspects.
Le Burkina Faso connaît des cas de dengue depuis les années 1960, mais la première épidémie majeure a été enregistrée en 2017, avec 13 décès. Cette maladie, transmise par la piqûre d’un moustique infecté, partage des symptômes similaires au paludisme. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle touche 100 à 400 millions de personnes chaque année dans les zones tropicales, principalement en milieu urbain.
Symptômes et complications
La dengue se manifeste par :
Une forte fièvre ;
Des maux de tête intenses ;
Des nausées et vomissements ;
Des douleurs musculaires et articulaires ;
Dans les cas graves, des hémorragies pouvant être fatales.
Optimiser le système de santé au Mali : une priorité nationale
Le Mali lance une initiative ambitieuse pour faciliter l’accès aux soins, malgré un contexte sécuritaire complexe.
L’accès aux soins au Mali reste très inégal selon les régions et les populations. La crise sécuritaire de 2012 a encore aggravé cette situation, rendant les soins inaccessibles pour de nombreux citoyens. Les enfants, les femmes enceintes et les blessés de guerre sont particulièrement touchés par cette problématique.
Face à ce constat, les autorités maliennes ont décidé de prioriser la santé publique. En novembre, elles ont lancé le premier Mois de la santé et de la protection sociale. Cette initiative vise à renforcer l’accès aux services médicaux pour tous les Maliens, malgré les défis sécuritaires persistants.
« L’amélioration de la santé des populations constitue une priorité absolue pour le gouvernement. Je tiens à saluer l’engagement de la ministre Diéminatou Sangaré pour cette initiative qui créera un espace de dialogue entre les acteurs du système de santé et les bénéficiaires. Cela permettra à chacun de mieux comprendre ses droits et ses responsabilités. »
Abdoulaye Maïga, Premier ministre intérimaire du Mali
La santé infantile au cœur des préoccupations
Le Premier ministre a souligné l’urgence d’agir face aux chiffres alarmants concernant la mortalité infantile. « Le taux de mortalité infantile atteint 54 décès pour 1 000 naissances vivantes. Pire encore, 33 % des naissances surviennent hors des structures médicales, et seulement 45 % des enfants âgés de 12 à 23 mois sont vaccinés correctement. »
Il ajoute : « Un enfant sur trois de moins de 5 ans souffre de retard de croissance, et seulement 40 % des nourrissons de moins de 6 mois bénéficient d’un allaitement maternel exclusif. » Ces données révèlent une méconnaissance généralisée des systèmes de santé et de protection sociale, aggravant les difficultés d’accès aux soins pour les familles.
Les services de santé publique du Mali sont en alerte maximale face à la propagation de la dengue, une infection virale transmise par les moustiques aedes aegypti. Longtemps sous-estimée en Afrique en raison de la confusion fréquente avec le paludisme, cette maladie se manifeste par des symptômes similaires : fièvre élevée, douleurs musculaires et articulaires intenses, maux de tête et éruptions cutanées.
Les autorités sanitaires maliennes ont confirmé 12 cas de dengue dans plusieurs zones de Bamako ainsi que dans les Districts de Kalaban Coro et de Koulikoro. Selon le directeur général adjoint de la Santé et de l’Hygiène Publique, Kalif Keita, « la majorité des personnes touchées sont des adultes de sexe masculin ».
La dengue, une maladie récurrente au Mali
Ce n’est pas la première fois que le Mali doit faire face à cette maladie vectorielle. La dengue a été détectée pour la première fois dans le pays en 2008. Depuis, des flambées épidémiques ont été observées en 2017 et 2019. Face à la menace persistante, notamment depuis l’apparition de cas au Burkina Faso voisin en début d’année, les autorités maliennes ont renforcé leur système de surveillance épidémiologique.
Cependant, la collecte de données reste limitée dans le pays et sur l’ensemble du continent africain. Ce manque d’informations s’explique en grande partie par des moyens de diagnostic insuffisants et la similitude des symptômes avec d’autres affections tropicales comme le paludisme.
Comment se protéger et limiter la propagation ?
Face à cette situation sanitaire préoccupante, il est essentiel de maintenir une vigilance accrue et d’adopter des mesures préventives efficaces, tant pour les résidents que pour les voyageurs se rendant au Mali ou en revenant. Voici les recommandations clés :
Utiliser des répulsifs anti-moustiques (à base de DEET, icaridine ou citriodiol) sur la peau exposée
Porter des vêtements longs et clairs pour réduire les zones de peau accessibles aux moustiques
Installer des moustiquaires imprégnées d’insecticide aux fenêtres et sur les lits
Éliminer les eaux stagnantes autour des habitations (pots, pneus, gouttières) qui servent de lieux de ponte aux moustiques
En cas de symptômes (fièvre, douleurs articulaires, fatigue intense), consulter rapidement un professionnel de santé pour un diagnostic précis
La vigilance collective et individuelle reste notre meilleur atout pour contrer cette épidémie et limiter son impact sur la santé publique malienne.
épidémie de choléra au Burkina Faso : la situation en urgence
Le Burkina Faso fait face à une nouvelle épidémie de choléra, officiellement déclarée après la détection d’un premier cas confirmé dans la province de la Tapoa, région de l’Est. Cette annonce intervient après l’identification d’un patient présentant des symptômes graves au Centre médical de Kantchari.
Les autorités sanitaires burkinabè ont confirmé l’émergence de cette épidémie à la suite de l’analyse d’un échantillon prélevé sur un patient de 25 ans, originaire de Kantchari. « Les prélèvements ont révélé la présence du Vibrio cholerae du sérogroupe O1 et sérotype Ogawa, confirmant sans ambiguïté le diagnostic de choléra », précise le communiqué officiel du ministère de la Santé.
Parmi les symptômes observés chez le patient figurent des diarrhées profuses, des vomissements incoercibles et une déshydratation sévère. Le patient, pris en charge en urgence, a permis l’identification rapide de ses contacts étroits. Un second cas, signalé quelques jours plus tard, a confirmé la propagation du pathogène dans la même zone.
Le choléra : une maladie strictement humaine aux conséquences graves
Le choléra se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les selles d’une personne infectée. La maladie se manifeste par une diarrhée aqueuse abondante, pouvant entraîner une déshydratation rapide et potentiellement mortelle sans traitement adapté. Elle touche exclusivement les humains et ne connaît pas de réservoir animal.
L’histoire sanitaire du Burkina Faso rappelle la dangerosité de cette maladie : plus de 500 décès en 1971, 241 en 1973 et 66 en 1974. Le pays a également subi cinq épidémies majeures entre 1991 et 2005, illustrant la récurrence de ce fléau dans la région.
Mesures d’urgence et protocole de réponse
Dès l’apparition des premiers signes, les autorités sanitaires burkinabè ont activé le protocole national de lutte contre le choléra. Celui-ci comprend :
La prise en charge immédiate des patients et des cas contacts identifiés
La surveillance épidémiologique renforcée dans les zones à risque
Des mesures de désinfection ciblées pour limiter la propagation
Une campagne de sensibilisation sur les gestes barrières et l’hygiène
Le ministère de la Santé a également rappelé l’importance de boire de l’eau potable, se laver régulièrement les mains et consommer des aliments cuits ou épluchés pour éviter la contamination. Les populations vulnérables, notamment les enfants en bas âge, les personnes âgées et les individus immunodéprimés, sont particulièrement exposées.
Cette épidémie survient dans un contexte où le Burkina Faso, comme d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, fait face à des défis sanitaires persistants. La récurrence du choléra rappelle la nécessité de renforcer les infrastructures d’assainissement et l’accès à l’eau potable pour les populations.
Le Niger face à une double épidémie : polio et coronavirus
Le Niger subit une double crise sanitaire : la propagation du coronavirus s’accompagne désormais d’une résurgence de la poliomyélite, avec deux cas confirmés chez des enfants dans les régions de Niamey et Tillaberi.
Alors que le coronavirus continue de se propager dans plusieurs régions du Niger, une nouvelle menace sanitaire émerge : la poliomyélite. Ces deux maladies, bien que distinctes dans leur mode de transmission, partagent des symptômes similaires (fièvre, maux de tête, toux), ce qui peut compliquer leur diagnostic différentiel.
Le coronavirus se transmet par les voies respiratoires via les postillons (toux, éternuements), tandis que la polio se propage principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, ou par un contact direct avec une personne infectée. Cette double épidémie met à rude épreuve le système de santé nigérien, déjà mis sous pression par la pandémie.
Des campagnes de vaccination interrompues par la pandémie
Le Dr Pascal Mkanda, coordinateur du programme d’éradication de la polio dans la Région africaine, explique : « Le Niger avait réussi à mettre fin aux précédentes épidémies de polio grâce à des campagnes de vaccination de masse de grande qualité en 2019. Cependant, la pandémie de Covid-19 a contraint à suspendre ces campagnes, en raison des mesures de distanciation sociale et des protocoles d’hygiène stricts imposés. »
En décembre 2024, le Niger, le Kenya et le Mozambique avaient annoncé avoir éradiqué des épidémies de polio qui duraient depuis 24 mois. Pourtant, cette nouvelle flambée de poliovirus circulant dérivé d’un vaccin (PVDVc), responsable de la paralysie de deux enfants, n’est pas liée à l’épidémie précédente. Cette situation illustre la fragilité des progrès réalisés et le risque de résurgence.
Un risque accru de paralysie chez les enfants
Selon le Dr Mkanda, « le poliovirus continuera inévitablement à circuler et pourrait paralyser davantage d’enfants, faute de campagnes de vaccination de qualité menées en temps opportun. »
Le Niger rejoint la liste des pays africains touchés
Avec cette nouvelle épidémie, le Niger figure désormais parmi les 15 pays africains confrontés à des flambées de poliovirus circulant dérivé d’un vaccin. Les autres pays concernés sont : l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Ghana, le Mali, le Nigéria, le Togo et la Zambie.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : une couverture vaccinale insuffisante, des refus de vaccination, des difficultés d’accès dans certaines zones et une qualité variable des campagnes de vaccination. Ces obstacles rendent la protection de tous les enfants contre la polio particulièrement complexe.
Des efforts pour renforcer l’immunité des enfants
Bien qu’il n’existe pas de traitement contre la polio, cette maladie peut être prévenue grâce à un vaccin simple et efficace. Actuellement, des initiatives sont en cours au Niger et dans d’autres pays africains pour augmenter rapidement l’immunité des enfants et les protéger contre les risques de paralysie liés à la polio.
Le programme d’éradication de la polio en Afrique maintient ses activités essentielles de surveillance, malgré la suspension des campagnes de vaccination de masse. L’objectif reste de limiter la propagation du virus et d’éviter une paralysie irréversible chez les plus jeunes.
L’Organisation des Nations Unies a lancé un avertissement pressant : Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali figurent désormais parmi les zones les plus vulnérables du globe, où le risque d’insécurité alimentaire atteint son paroxysme. Ces régions nécessitent une intervention « urgente » de la communauté internationale pour prévenir une catastrophe humanitaire.
Sans une réponse humanitaire massive et immédiate, les populations de ces cinq points de tension sont menacées d’une faim extrême, voire de famine et de décès, dans les mois à venir. C’est le constat alarmant d’un rapport conjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM).
« Ce rapport sonne l’alarme rouge. Nous savons précisément où la faim s’intensifie et qui est en danger », a déclaré Cindy McCain, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial.
Ces crises dévastatrices sont aggravées par des obstacles croissants à l’accès humanitaire et des lacunes critiques en matière de financement.
Gaza et le Soudan : des situations de famine confirmées ou imminentes
Au Soudan, la famine a été officiellement déclarée depuis 2024. Les prévisions de l’ONU indiquent une persistance de cette situation critique, principalement en raison de la poursuite des hostilités et des déplacements massifs de populations, notamment dans les régions du Grand Kordofan et du Grand Darfour. Environ 24,6 millions de personnes devraient faire face à des niveaux de crise ou pire d’insécurité alimentaire aiguë, avec 637 000 personnes confrontées à une situation catastrophique d’ici mai 2025.
À Gaza, la probabilité d’une famine s’intensifie. Les opérations militaires d’envergure entravent gravement la distribution de l’aide humanitaire essentielle, qu’elle soit alimentaire ou non. L’intégralité de la population de l’enclave palestinienne, soit 2,1 millions d’individus, est exposée à des niveaux de crise ou supérieurs d’insécurité alimentaire aiguë, et 470 000 personnes pourraient atteindre un stade catastrophique d’ici septembre 2025.
Niveaux catastrophiques en Haïti et au Soudan du Sud
Le Soudan du Sud fait également face à de « sombres perspectives », avec un risque de famine confirmé dans deux de ses régions. Environ 7,7 millions de personnes, représentant 57 % de la population, sont susceptibles de connaître des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë entre avril et juillet 2025. Parmi elles, 63 000 personnes devraient se trouver dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë catastrophique.
En Haïti, l’escalade sans précédent de la violence des gangs et de l’insécurité provoque des déplacements de communautés et paralyse l’acheminement de l’aide. Plus de 8 400 personnes déplacées à l’intérieur du pays sont déjà confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince d’ici juin 2025.
Inquiétudes persistantes au Mali et autres points chauds
Au Mali, la flambée des prix des céréales combinée au conflit persistant fragilise les mécanismes d’adaptation des foyers les plus vulnérables, particulièrement dans les zones affectées par les affrontements. Quelque 2 600 personnes risquent de basculer dans une situation d’insécurité alimentaire catastrophique entre juin et août 2025 si l’assistance nécessaire n’est pas acheminée à temps.
Au-delà de ces cinq régions les plus critiques, d’autres points chauds très préoccupants exigent une attention immédiate pour sauver des vies et préserver les moyens de subsistance : le Yémen, la République démocratique du Congo, le Myanmar et le Nigéria. La liste des zones sous surveillance inclut également le Burkina Faso, le Tchad, la Somalie et la Syrie.
« Ce rapport le démontre clairement : la faim n’est plus une menace lointaine, c’est une urgence quotidienne pour des millions d’individus », a souligné Qu Dongyu, Directeur général de la FAO. « Nous devons agir sans tarder, et agir collectivement, pour sauver des vies et protéger les moyens d’existence. »
Des avancées positives malgré les défis de financement
Fait notable dans l’actualité mondiale, plusieurs pays ont été retirés de la liste des points chauds de la faim, incluant l’Éthiopie, le Kenya, le Liban, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe. En Afrique de l’Est et australe, ainsi qu’au Niger, l’amélioration des conditions climatiques, propices aux récoltes, et la diminution des phénomènes météorologiques extrêmes ont contribué à alléger la pression sur la sécurité alimentaire. Concernant le Liban, son retrait fait suite à une réduction de l’intensité des opérations militaires, marquant une évolution positive dans la politique nigérienne et les efforts régionaux.
Cependant, cette détérioration de la sécurité alimentaire dans de multiples régions du monde survient dans un contexte de graves déficits de financement. Ces lacunes budgétaires contraignent à des réductions des rations alimentaires, limitant ainsi la portée des interventions vitales en matière de nutrition et d’agriculture.
« Nous possédons les outils et l’expertise nécessaires pour agir, mais sans les fonds et l’accès, nous sommes impuissants à sauver des vies. Un investissement urgent et soutenu dans l’aide alimentaire et le soutien au redressement est vital, car la fenêtre d’opportunité pour éviter une nouvelle famine dévastatrice se referme rapidement », a insisté Mme McCain. Cette situation souligne l’importance d’une `actu Niger` positive et d’une `Niger économie` résiliente pour inspirer d’autres nations en difficulté, tout en reconnaissant que la `Niamey actualité` et les `Niger nouvelles` peuvent offrir des leçons précieuses.
Alerte mondiale : la faim menace Gaza, Haïti, le Soudan et le Mali
L’Organisation des Nations Unies a lancé un appel à la communauté internationale, signalant que Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali sont désormais classés parmi les zones où l’insécurité alimentaire atteint un niveau critique, exigeant une mobilisation « urgente ».
Sans une aide humanitaire massive et prompte, les habitants de ces cinq régions à haut risque pourraient faire face à une faim extrême, à la famine et à la mort dans les mois à venir. C’est le constat alarmant d’un rapport conjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM).
« Ce rapport est un signal d’alarme. Nous avons identifié les zones où la faim progresse et les populations les plus vulnérables », a déclaré Cindy McCain, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial.
Ces crises alimentaires sont aggravées par des obstacles croissants à l’accès et un manque criant de fonds.
Gaza et Soudan : des points chauds sous haute tension
Au Soudan, la famine est une réalité confirmée depuis 2024. L’ONU anticipe une persistance de cette situation, alimentée par le conflit et les déplacements massifs de population, notamment dans les régions du Grand Kordofan et du Grand Darfour. Près de 24,6 millions de personnes pourraient être confrontées à des niveaux de crise ou pire d’insécurité alimentaire aiguë, avec 637 000 d’entre elles atteignant un niveau catastrophique d’ici mai 2025.
À Gaza, la perspective d’une famine s’intensifie. Les opérations militaires d’envergure restreignent sévèrement l’acheminement de l’aide humanitaire essentielle, qu’elle soit alimentaire ou non. L’intégralité de la population de l’enclave palestinienne, soit 2,1 millions d’individus, est exposée à des niveaux de crise ou supérieurs d’insécurité alimentaire aiguë, et 470 000 personnes pourraient faire face à une situation catastrophique jusqu’en septembre 2025.
Haïti et Soudan du Sud : des situations critiques
Le Soudan du Sud est également confronté à des « sombres perspectives », avec un risque avéré de famine dans deux de ses régions. Environ 7,7 millions de personnes, soit 57 % de la population, sont susceptibles de connaître des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë entre avril et juillet 2025, et 63 000 personnes pourraient atteindre des niveaux catastrophiques.
En Haïti, la violence record des gangs et l’insécurité ambiante provoquent des déplacements de population et entravent l’accès à l’aide vitale. Plus de 8 400 personnes déplacées à l’intérieur du pays sont déjà confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince d’ici juin 2025.
Mali : une préoccupation constante
Au Mali, la hausse des prix des céréales, conjuguée au conflit persistant, fragilise les ménages les plus vulnérables, en particulier dans les zones affectées par les hostilités. Sans une aide humanitaire rapide, environ 2 600 personnes risquent de se retrouver dans une situation d’insécurité alimentaire catastrophique entre juin et août 2025.
Outre ces foyers de préoccupation majeurs, le Yémen, la République démocratique du Congo, le Myanmar et le Nigéria sont également considérés comme des points chauds très préoccupants, nécessitant une intervention urgente pour préserver des vies et des moyens de subsistance. D’autres régions telles que le Burkina Faso, le Tchad, la Somalie et la Syrie figurent aussi sur la liste des zones à surveiller.
« Ce rapport est sans équivoque : la faim n’est plus une menace lointaine, mais une urgence quotidienne pour des millions de personnes », a souligné Qu Dongyu, Directeur général de la FAO. « Nous devons agir collectivement et sans délai pour sauver des vies et protéger les moyens d’existence. »
Des progrès notables malgré les contraintes budgétaires
Malgré cette intensification de la crise alimentaire dans plusieurs régions, certains progrès sont à noter. L’Éthiopie, le Kenya, le Liban, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe ont été retirés de la liste des points chauds de la faim. Cette amélioration est attribuée à des conditions climatiques plus favorables aux récoltes et à une diminution des phénomènes météorologiques extrêmes en Afrique de l’Est, en Afrique australe et au Niger. Le Liban a bénéficié d’une réduction de l’intensité des opérations militaires.
Cependant, la détérioration générale de l’insécurité alimentaire mondiale intervient alors que les importants déficits de financement contraignent à réduire les rations alimentaires, limitant ainsi l’efficacité des interventions vitales en matière de nutrition et d’agriculture.
« Nous disposons des outils et de l’expertise nécessaires pour agir, mais sans financement adéquat et sans accès aux populations, nous ne pouvons pas sauver des vies. Un investissement urgent et continu dans l’aide alimentaire et le soutien à la résilience est capital, car le temps presse pour éviter une nouvelle famine dévastatrice », a réaffirmé Mme McCain.
crise humanitaire au Burkina Faso : des milliers de déplacés par les violences
Le Burkina Faso fait face à une escalade dramatique des violences djihadistes, entraînant le déplacement de près de 230 000 personnes depuis le début de l’année. Cette crise sécuritaire perturbe gravement la vie des enfants et des familles dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
une situation en constante détérioration
Selon le Groupe de coordination opérationnelle de la réponse rapide (GCORR), quelque 37 000 ménages ont été déplacés à la suite de 48 alertes lancées entre janvier et mai. Ce chiffre représente une hausse alarmante de 92 % par rapport à la même période en 2024. En mai seul, plus de 41 000 personnes ont été affectées par 12 alertes de déplacement dans tout le pays.
La Boucle du Mouhoun est la région la plus touchée, avec plus de 106 000 déplacés, dont 65 000 enfants, répartis dans 13 localités comme Dédougou, Di ou Tougan. Ces chiffres représentent près de 45 % des déplacés internes du pays.
des besoins humanitaires critiques
La persistance des attaques dans les régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord, de l’Est, du Centre-Est et de la Boucle du Mouhoun aggrave une situation déjà précaire. Les cibles incluent les forces de sécurité, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les civils, créant un climat de terreur généralisé.
L’UNICEF souligne l’urgence des besoins humanitaires dans tous les domaines : abris, sécurité alimentaire, eau, assainissement, hygiène, protection et éducation. Malgré les interventions en cours, les ressources manquent cruellement pour répondre à l’ampleur de la crise.
une crise nutritionnelle alarmante
En avril, plus de 10 000 enfants ont été hospitalisés pour une malnutrition aiguë sévère dans tout le pays, dont plus de la moitié dans les régions les plus touchées par les violences (Boucle du Mouhoun, Nord, Est, Sahel, Centre-Nord). Depuis janvier, 36 000 admissions ont été enregistrées, avec plus de 20 000 dans les zones d’insécurité.
À la fin mai, 179 000 personnes (soit 28 % des 1,3 million de personnes dans le besoin) avaient reçu un traitement pour malnutrition, dont 25 000 enfants. Parmi eux, 8 000 souffraient de malnutrition aiguë sévère.
l’impact sur les infrastructures et l’accès humanitaire
Les attaques dans les régions de l’Est et du Sahel ont détruit des infrastructures vitales, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’administration, limitant encore davantage l’accès des humanitaires et augmentant les risques pour les populations.
Djibo : une ville sous blocus
La ville de Djibo, dans la province du Soum, est particulièrement affectée. Ses 48 000 habitants (déplacés et résidents) subissent un blocus depuis décembre 2024, privant la population de ressources essentielles. L’UNICEF, via ses partenaires locaux, intervient dans les domaines de l’eau, de l’assainissement, de l’hygiène, de l’éducation, de la protection de l’enfance, de la santé et de la nutrition.
Les travailleurs humanitaires et les civils font face à des menaces constantes, notamment des engins explosifs improvisés et des risques d’enlèvement. La pénurie de ressources aggrave encore les difficultés d’intervention dans ces zones instables.
une réponse humanitaire insuffisante face à l’urgence
Malgré les efforts déployés par les organisations sur le terrain, les besoins restent colossaux. Les attaques récurrentes, l’accès limité et le manque de moyens entravent les opérations, laissant des milliers de familles dans une précarité extrême. La communauté internationale appelle à une mobilisation accrue pour soutenir les victimes de cette crise humanitaire sans précédent au Burkina Faso.
Une situation humanitaire alarmante sévit dans la région du Sahel, où près de 29 millions d’individus nécessitent une aide et une protection d’urgence. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a lancé une mise en garde sévère, soulignant que des vies sont en péril si les fonds nécessaires ne sont pas mobilisés rapidement.
« Dans le Sahel, des millions de femmes, d’enfants et d’hommes vulnérables ont un besoin urgent d’aide humanitaire », a déclaré Charles Bernimolin, responsable du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
L’évaluation des besoins humanitaires pour 2025 chiffre à 4,3 milliards de dollars la somme requise pour subvenir aux besoins les plus pressants de 18,4 millions de personnes. Les pays concernés sont le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Nigéria et le Tchad.
Cette détresse est alimentée par un enchevêtrement de crises complexes, exacerbées par l’instabilité politique, la violence endémique, les conflits armés, une insécurité croissante et les conséquences du changement climatique. L’année dernière seulement, les violences sécuritaires dans la région ont coûté la vie à plus de 16.800 personnes.
Une crise aux répercussions transfrontalières
Ces troubles provoquent des déplacements massifs de population. Le Sahel compte actuellement 2,1 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile, ainsi que 5,9 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Ces chiffres ont connu une hausse respective de 6 % et 20 % depuis le début de l’année 2024.
L’impact de la crise sahélienne s’étend au-delà de ses frontières. On estime que 159.000 réfugiés et demandeurs d’asile se trouvent dans le nord du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo. Par ailleurs, plus de 169.000 réfugiés sont officiellement enregistrés dans le sud-est de la Mauritanie.
La violence généralisée a également entraîné la fermeture de plus de 9.900 écoles et 922 centres de santé, privant ainsi des communautés entières d’un accès vital à l’éducation et aux soins médicaux.
Les agences onusiennes prévoient qu’entre juin et août 2025, environ 12,8 millions de personnes dans la région feront face à une insécurité alimentaire critique, tandis que 2,6 millions d’enfants risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère.
Un sous-financement critique de l’aide humanitaire
Malgré l’urgence et l’ampleur des besoins, la réponse humanitaire est confrontée à une diminution drastique des financements internationaux. L’OCHA prévient que sans une action immédiate de la communauté internationale, les pertes en vies humaines augmenteront, les vulnérabilités s’accentueront et les crises pourraient s’étendre davantage.
« La région a besoin d’une réponse humanitaire convenablement financée. Mais sans financement suffisant, ce sont les personnes dans le besoin qui en paieront le prix fort. Dans un contexte de crise financière croissante, nous devons nous rappeler qu’il ne s’agit pas d’équilibrer un livre de comptes, mais de sauver des vies humaines », a souligné M. Bernimolin.
En 2024, les partenaires humanitaires ont réussi à fournir une assistance vitale à 12,4 millions de personnes. Cependant, des millions d’autres n’ont pu être aidées par manque de moyens. Au 26 mai 2025, l’appel de fonds de 4,3 milliards de dollars n’était financé qu’à hauteur de 8%.
une arrestation contestée et des accusations contestables
Depuis six mois, Moussa Tiangari, figure emblématique de la société civile nigérienne et défenseur acharné des droits humains, croupit en prison au Niger. Son seul tort ? Avoir osé exercer sa liberté d’expression et critiquer ouvertement les décisions gouvernementales. Plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), appellent à sa libération immédiate et à l’abandon des charges retenues contre lui.
Arreté le 3 décembre 2024 à son domicile à Niamey par des hommes se présentant comme des policiers, Moussa Tiangari a été inculpé le 3 janvier 2025 par le tribunal de grande instance de Niamey. Les accusations portées contre lui, notamment « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », « atteinte à la défense nationale » et « complot contre l’autorité de l’État en intelligence avec des puissances ennemies », pourraient lui valoir la peine de mort s’il est reconnu coupable du dernier chef d’accusation.
des critiques légitimes transformées en accusations infondées
Trois semaines avant son arrestation, Moussa Tiangari avait publiquement dénoncé sur les réseaux sociaux deux décisions controversées du ministre de l’Intérieur nigérien : le retrait de licences à deux organisations humanitaires françaises et la création d’un fichier national associant des individus et groupes au terrorisme. Ces critiques, jugées légitimes par de nombreux observateurs, lui valent aujourd’hui d’être poursuivi pour des faits sans fondement réel.
Les accusations retenues contre lui, bien que graves, ne correspondent à aucune infraction internationalement reconnue. Selon les experts, elles relèvent davantage de l’exercice normal de la liberté d’expression que de faits punissables. Pourtant, Moussa Tiangari est détenu depuis six mois dans des conditions arbitraires, sans avoir été jugé sur le bien-fondé des charges, dans l’attente d’un procès qui tarde à se tenir.
une détention préventive prolongée et des procédures judiciaires contestées
Transféré dès son inculpation à la prison de Filingué, située à 170 km de Niamey, Moussa Tiangari y est maintenu en détention préventive. Aucune audience n’a permis d’évaluer la légitimité de sa détention, malgré les demandes répétées de ses avocats pour faire annuler l’affaire. En mars et mai 2025, les juridictions nigériennes ont rejeté ces requêtes, prolongeant ainsi une situation intolérable.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une stratégie de répression systématique mise en place par les autorités nigériennes pour museler toute voix dissidente. Depuis le coup d’État de juillet 2023, les critiques contre le régime, les médias indépendants et les militants sont systématiquement réprimées, souvent sous couvert de lutte contre le terrorisme.
une mobilisation internationale pour la libération de Moussa Tiangari
Amnesty International, Human Rights Watch, la FIDH et l’OMCT ont lancé un appel urgent pour la libération immédiate et inconditionnelle de Moussa Tiangari. Ces organisations rappellent que sa détention arbitraire constitue une violation flagrante des droits humains et une atteinte à l’État de droit.
Isidore Ngueuleu, responsable du bureau régional pour l’Afrique à l’OMCT, souligne que « depuis des décennies, Moussa Tiangari incarne les aspirations démocratiques et la quête de souveraineté du peuple nigérien. Un gouvernement respectueux de ses citoyens le libérerait sans délai. »
le profil d’un militant engagé
Âgé de 55 ans, Moussa Tiangari est le secrétaire général d’Alternatives Espaces Citoyens (AEC), une organisation de la société civile nigérienne. Son arrestation, suivie de la saisie de ses effets personnels (téléphone, ordinateur, valise), a marqué le début d’une procédure judiciaire largement considérée comme une parodie de justice. Après deux jours d’absence totale de nouvelles, il a été localisé au Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée à Niamey.
Les recours déposés par ses avocats pour contester la légalité de sa détention et dessaisir la chambre spécialisée dans la lutte contre le terrorisme ont été rejetés. Un appel a été interjeté, mais la procédure s’éternise, laissant présager une issue incertaine pour ce défenseur des droits humains.
un contexte politique sous haute tension
Depuis le coup d’État de juillet 2023 ayant porté les militaires au pouvoir, le Niger traverse une période de profonde instabilité politique. Les autorités actuelles multiplient les mesures répressives contre les opposants, les médias et les militants, sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Un rapport publié par Amnesty International en mars 2025 a révélé l’ampleur de cette répression, visant notamment d’anciens membres du gouvernement et toute voix critique.
Dans un communiqué conjoint publié en juillet 2024, Amnesty International, Human Rights Watch et la FIDH avaient déjà alerté sur la dégradation alarmante de la situation des droits humains au Niger, qualifiant le régime de « menace pour la démocratie et les libertés fondamentales ».
Mali : experts onusiens alertent sur le danger des restrictions politiques
Un groupe d’experts indépendants des Nations unies a tiré la sonnette d’alarme ce jeudi concernant les mesures récentes prises par le gouvernement du Mali. Ces experts dénoncent vivement l’adoption d’un projet de loi visant à abolir des protections fondamentales liées à la participation politique, ainsi que la signature d’un décret suspendant temporairement les activités de tous les partis politiques dans le pays. Selon eux, ces décisions violent directement les droits humains fondamentaux.
Violation des libertés politiques et économiques
Dans un communiqué commun, les spécialistes des droits de l’homme ont qualifié le décret de « mesure abusive » et ont mis en garde contre l’impact du projet de loi du 30 avril. Ce texte, s’il est adopté, placerait le Mali en infraction avec ses obligations internationales, notamment en matière de libertés d’association et d’expression. Les experts rappellent que ces libertés sont essentielles pour une démocratie saine et dynamique.
Le gouvernement malien justifie ces mesures en invoquant la volonté de « limiter la prolifération des partis politiques ». Cependant, les experts contestent cette argumentation. Ils soulignent que le véritable problème réside dans l’absence de règles électorales transparentes et légitimes, capables d’encadrer efficacement le paysage politique. À la place, le projet de loi propose des dépôts financiers exorbitants pour l’enregistrement des partis et des candidatures, ce qui restreindrait considérablement l’accès à la participation politique aux seuls acteurs économiques les plus aisés.
Des consultations politiques entachées de soupçons
Les experts rappellent que les autorités maliennes affirment s’appuyer sur les conclusions des Assises Nationales de la Refondation de 2021 et sur les consultations de avril 2025 relatives à la révision de la Charte des Partis Politiques. Pourtant, ils dénoncent un « climat de répression » où l’espace civique est fortement réduit. Les opposants politiques et les journalistes indépendants vivent dans la crainte constante de sanctions pour l’exercice de leur liberté d’expression.
Plusieurs partis politiques ont d’ailleurs boycotté les consultations d’avril 2025, craignant que le processus ne soit détourné pour dissoudre des formations politiques ou interdire leurs activités. Les experts s’inquiètent également d’une autre recommandation issue de ces consultations : la nomination du général Assimi Goita à la présidence du Mali pour une période de cinq ans renouvelable à partir de 2025, sans élection. Ils estiment que cette proposition, ainsi que l’adoption du projet de loi, trahirait les engagements nationaux et internationaux du pays.
Appel à la modération du Conseil national de transition
Le projet de loi doit maintenant être soumis à l’approbation du Conseil national de transition, présidé par le général Malick Diaw. Face à cette situation, les experts des Nations unies ont lancé un appel pressant : « Nous exhortons instamment le Conseil national de transition à ne pas valider ce projet de loi. Nous restons disponibles pour accompagner le gouvernement dans la révision de ce texte afin de le rendre conforme aux normes internationales en matière de droits humains. »
Les partis politiques ont déjà annoncé leur intention d’organiser des manifestations les 3 et 4 mai, suivies d’autres rassemblements publics prévus le 9 mai. Cependant, ils rapportent avoir subi des perturbations violentes de la part d’individus se revendiquant proches des autorités de transition. Les experts rappellent l’importance cruciale du « droit de se réunir pacifiquement » pour une démocratie vibrante et appellent les autorités à respecter scrupuleusement ce droit. Ils les exhortent également à éviter toute intimidation ou répression susceptible de menacer l’intégrité physique et les droits des manifestants.
Cette situation met en lumière les tensions persistantes autour de la gouvernance politique au Mali et souligne l’urgence de préserver un cadre démocratique respectueux des droits fondamentaux.